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9 Av – L’orgueil = la racine du mal

+ 9 Av - L'orgueil = la racine du mal :

-> Nous savons que la sinat 'hinam (haine gratuite) est la raison pour laquelle le Temple n'a toujours pas été reconstruit. La plupart des sinat 'hinam que nous avons les uns pour les autres commencent par l'orgueil (gaava).
Le Or'hot Tsaddikim commence son livre en discutant de la gaava. Il dit qu'il n'y a pas de middah pire que l'orgueil, parce que c'est la cause de tant de mauvais comportements.
Pourquoi les gens ont-ils du mal à s'entendre? Comment se fait-il qu'il ne m'ait pas dit bonjour?
Comment se fait-il qu'il ne m'ait pas laissé passer en premier dans la file d'attente? Comment se fait-il qu'il ne m'ait pas acheté un cadeau? Comment se fait-il qu'il n'ait pas fait ceci ou cela pour moi?
Savez-vous qui je suis? Savez-vous ce que je fais?

Le rav Chatzkel Levenstein dit que toutes les mauvaises actions découlent de l'orgueil. Mais comment travailler sur la gaava?
Tout d'abord, nous devons faire la différence entre l'orgueil et l'estime de soi.
Parce qu'on est censé avoir de l'estime de soi, n'est-ce pas ? Mais n'est-elle pas en réalité de la gaavah?
Non, pas du tout. L'estime de soi, c'est avoir confiance en soi (avoir conscience des qualités et capacités que D. nous octroie). Vous vous sentez capable d'accomplir quelque chose.
Cela ne signifie pas que l'on pense que les autres ne sont pas assez bons ou que l'on peut faire mieux que les autres. C'est ce qu'on appelle la gaava.
L'orgueil, c'est quand on pense : "Je suis le seul à pouvoir le faire, personne ne peut le faire comme moi."
Il y a beaucoup de gens qui peuvent faire beaucoup de choses dans ce monde. Il faut avoir confiance en soi. Il faut se sentir à l'aise avec soi-même, croire en soi. C'est ça l'estime de soi.
Lorsque vous regardez quelqu'un d'autre de haut et que vous pensez que vous êtes le seul à en être capable, c'est de la gaava.
[l'estime de soi amène à agir au mieux selon nos capacités, tandis que l'orgueil n'améliorer pas nos actes (on savoure d'être supérieur à autrui plutôt que d'assumer en action cela, on s'octroie ce que Hachem nous donne, ...). ]

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+ Savoir dire : "merci" :

-> Alors, comment travailler sur l'orgueil?
Je crois que la réponse est la reconnaissance : dire merci.
Si vous reconnaissez toutes les personnes qui font des choses merveilleuses pour vous, l'orgueil disparaît, parce que vous remerciez toujours les gens pour ce qu'ils ont fait pour vous.
Vous reconnaissez toujours que vous avez besoin de l'aide d'autres personnes et que vous ne pouvez pas tout faire vous-même.
[...]
Le Sforno dit que la raison pour laquelle les juifs sont appelés Yéhoudim, est parce que cela vient du mot : "hodaa" (remercier). [ = reconnaître que nous sommes redevable d'autrui ]
Par ce petit geste, nous pouvons minimiser notre orgueil [naturelle]. Ensuite, nous pourrons commencer à nous aimer les uns les autres, à nous préoccuper des autres et à construire notre Temple personnel intérieur. Cela nous mènera à notre but ultime, la construction du Temple à Jérusalem.
[d'après le rav Paysach Krohn]

Shabbath ‘Hazon

+ Shabbath 'Hazon :

-> Apparemment, ce Shabbath [précédent le 9 Av] est appelé : Shabbath 'Hazon, en raison de la haftara qui y est lue et qui commence par : 'hazon Yéchayahou (חזון ישעיהו).

-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Eikha) pose la question suivante : "Pourquoi ce Shabbath est-il appelé 'hazon (vison), car il n'évoque certainement pas l'éloge de Israël?"
En effet, on va lire la haftara qui annonce de mauvaises nouvelles : la future destruction du Temple?
[ainsi, est-ce que le nom de ce Shabbath renvoie à cette vision prophétique du prophète Yéchayahou, en raison du mauvais comportement des juifs? (selon nos Sages, chaque génération où le Temple n'est pas reconstruit, c'est comme s'il avait été détruit maintenant. Donc ce message d'avertissement s'applique aussi à nous! )]

-> Le Kédouchat Lévi répond que : 'hazon, qui signifie "vision", fait référence à la merveilleuse vision des récompenses futures qu'Hachem montre à chaque juif avant qu'il ne descende dans ce monde.
Il écrit :
"Lorsqu'une âme juive est envoyée dans ce monde, Hachem lui montre les récompenses : le grand bien caché qu'elle recevra après avoir gagné la grande guerre [dans ce monde, contre le yétser ara].
Ils [es juifs] méritent cette récompense parce qu'ils aiment Hachem, et que leur désir est uniquement pour Lui ..."

Et en réalité, Hachem ne nous montre pas cette vision qu'une seule avant que nous ne descendions dans le monde (avant notre naissance). Chaque année, lors du Shabbat 'hazon, Hachem montre à l'âme de chaque juif les récompenses de l'avenir.
Ainsi, en ce Shabbath, alors que nous nous souvenons de la destruction du Temple, nous nous rappelons de la grand récompense/mérite qui nous attend dans le futur.
Le machia'h nous délivrera de l'exil ; des temps meilleurs approchent, et les récompenses seront énormes.

-> Le Kédouchat Lévi (drouché Tsémé'h Tsaddik, Eikha) explique que ce Shabbath, Hachem montre à [l'âme de] chaque juif comment le monde sera lorsque le 3e Temple sera construit.
Shabbat 'hazon signifie le Shabbat de la visualisation, car nous pouvons voir le monde futur.

-> Le Kédouchat Lévi raconte également le machal suivant :
Un roi avait confectionné les plus beaux vêtements pour son fils. Mais le fils ne comprenait pas la valeur des vêtements, et à cause de sa négligence, il a déchiré et taché son costume coûteux.
Le père fit faire un autre costume pour son fils, mais celui-ci s'abîma également. Le roi lui fit faire un troisième costume, mais cette fois, il le suspendit dans un endroit sûr.
De temps en temps, il le sortait et disait à son fils : "Vois-tu ce costume majestueux? Il n'y a rien de comparable. Je l'ai fait spécialement pour toi. Lorsque tu t'amélioreras et que je verrai que tu sais en prendre soin, je te le donnerai."

L'explication (nimchal) est la suivante : Hachem nous a donné le premier et le deuxième Temple, mais nous n'avons pas été assez prudents avec eux, et ils nous ont été enlevés.
Hachem, dans Sa compassion, a préparé un troisième Temple pour nous, mais il ne nous l'a pas donné, pas encore.
Chaque année, lors du Shabbat 'hazon, Hachem nous montre à l'âme de chaque juif, le troisième Temple.
Hachem dit : "C'est à vous de décider. Si vous ne vous salissez pas par vos fautes, je le ferai descendre du ciel" .
[ Tséma'h Tsadik (drouché Eikha), qui l'a entendu de son père, qui l'a entendu directement du rav de Berditchev]

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+ Shabbath 'Hazon = le Shabbath de l'espoir :

-> Le Shabbat qui précède le 9 Av est appelé "Shabbat 'Hazon" d'après le premier mot de la Haftara lue ce Shabbat, qui relate les fautes du peuple juif, pour lesquels il devait subir la destruction du Temple et l'exil.
Comment comprendre que le nom de ce Shabbath semble à priori pas particulièrement flatteur pour le peuple juif?

La réponse est que : 'hazon signifie "une vision".
Tous les juifs, en ce Shabbat qui précède le 9 Av, ont une vision de l'abondance récompense et de la bonté qui les attendent après qu'ils auront gagné la grande guerre [finale], avec l'aide de D.
... cela prouve de manière irréfutable que tout n'est pas perdu, qu'il y a de l'espoir.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 3,18-22 ]

=> Le premier pas vers la défaite est la perte d'espoir. Les épreuves et les difficultés de notre exil apparemment sans fin peuvent sans surprise conduire à la perte de l'espoir d'un avenir meilleur.
C'est pourquoi, au moment le plus sombre de l'exil, (le Shabbath) juste avant le 9 Av, nous recevons tous une vision des temps à venir. Par conséquent, nous ne perdons jamais espoir!

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-> Le Ohev Israel écrit :
"Au Ciel, Shabbath 'hazon est le plus grand Shabbath de l'année" (שבת חזון הוא יותר גדול במעלה מכל
שבתות השנה).
Pour nous, il semble que le Shabbat 'hazon (dernier Shabbath avant le 9 av) soit le Shabbat le plus triste de l'année, car c'est le Shabbat qui précède la destruction du Temple.
Comment pouvons-nous dire qu'il s'agit d'un Chabbat exalté?
Le midrash dit : "Le peuple juif n'a jamais connu une fête comme celui de la destruction du Temple" (לא היה יום מעוד לישראל כיום שנחרב בית המקדש).

=> Nous avons donc deux questions à poser : Comment pouvons-nous dire que le Shabbat 'hazon, le Shabbat qui se trouve dans les 9 jours de Av, est le plus grand Shabbat de l'année? Et pourquoi la destruction est-elle considérée comme une fête très spéciale pour la nation juive?

-> La guémara (Yébamot 62) dit que lorsqu'un mari prévoit de voyager, il doit montrer son amour à sa femme avant de partir. En effet, avant le départ, l'amour augmente.
Sur la base de ce concept, le Ohev Yisrael explique que lorsque le Temple était sur le point d'être détruit, et qu'il allait y avoir une séparation entre Hachem et la nation juive, c'est à ce moment-là que leur amour était le plus fort.

Nous comprenons maintenant la qualité unique du Shabbath 'hazon, et pourquoi le jour de la destruction est appelé un jour férié (yom moéd).
Avant la destruction du Temple, l'amour entre Hachem et la nation juive était à son apogée.
La Guemara (Bava Basra 99a) nous parle d'un miracle qui s'est produit avec les kérouvim (les deux chérubins qui étaient perchées au-dessus de l'aron). Bien qu'ils aient été faits d'or, ils avaient de la vie et pouvaient bouger, dans une certaine mesure.
Parfois, les 2 kérouvim se faisaient face, et parfois, ils se détournaient l'un de l'autre.
La guémara explique : lorsque les juifs faisaient la volonté d'Hachem, ils se faisaient face. Lorsqu'ils ne faisaient pas la volonté d'Hachem, ils se détournaient l'un de l'autre.

Le premier Temple a été détruit à cause de l'idolâtrie, du meurtre et des relations interdites (arayot). C'était manifestement une époque où la nation juive ne faisait pas la volonté d'Hachem. Il est donc certain que les kérouvim se sont détournés les uns des autres.
Mais la guémara (Yoma 54b) déclare : "Lorsque les non-juifs sont entrés dans le Kodech Kadochim (saint des saints), ils ont trouvé les kérouvim en train de s'embrasser".
Les richonim demandent : comment est-ce possible? À ce moment-là, alors qu'ils étaient en train de fauter (provoquant la destruction du Tmple), les Kérouvim auraient dû se détourner les uns des autres!

Selon le Ohev Yisrael, l'explication peut être :
C'était le moment moment avant la séparation lorsque l'amour était puissant. Les kérouvim ont démontré cet immense amour en se regardant l'un l'autre.
[avant une séparation pour un voyage dans l'exil, alors Hachem a laissé éclater Son amour pour chaque juif! ]

-> Le moment où 2 êtres qui s'adorent vont être séparés pour longtemps, et symbolisé par le fait qu'ils se prendre avec émotions l'un dans les bras de l'autre.

Rabbi 'Haïm de Volozhin (Nefesh HaChaim 1,8) écrit :
"On sait qu'un chérubin (kérouv) représente Hachem et l'autre la nation juive.
Le degré de proximité et de connexion du peuple juif avec Hachem, ou D. préserve, le contraire, a été miraculeusement et merveilleusement observé par la position des kérouvim. Lorsque les yeux de la nation juive étaient tournés vers Hachem, les kérouvim se faisaient face.
Mais si la nation juive se détournait, ou si elle se tournait légèrement sur le côté, cela était immédiatement reflété par les kérouvim. Si, 'has véshalom, ils se retournaient complètement, les Kérouvim se détourneraient soudain complètement les uns des autres".

[ainsi, Shabbath 'hazon (vision) = chaque âme juif voit Hachem, les yeux dans les yeux, à l'image des kérouvim.
Et cela à l'image d'une femme qui voit partir son mari pendant longtemps, et qui lui vide son coeur d'amour, de même Hachem révèle à chaque âme tout l'amour infini et l'impatience de nous revoir qu'Il a (même envers le juif le plus fauteur).
Shabbath 'hazon = Hachem nous exprime que quoique nous ayons pu faire dans la vie, Il nous aime de façon identique, et Il est dans l'attente de notre téchouva (retour à D.), prière (pour avoir la guéoula, il faut forcément la demander!), pour pouvoir enfin se retrouver éternellement.]

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-> Rabbi Yonathan Eibshitz propose une autre explication (pourquoi les kérouvim se faisaient face avant la destruction du Temple).
La guémara (Yérouchalmi Taanis 4,5) dit que pour le premier Temple, les murs de Jésuralem ont été percés le 9 Tamouz, et que les Babyloniens sont entrés dans le Temple 21 jours plus tard, à Roch 'hodech Av.
C'est à ce moment-là qu'ils ont vu les kérouvim s'enlacer. Mais ils n'ont pas détruit le Temple immédiatement. La destruction ('hourban) a eu lieu neuf jours plus tard, le 9 Av.

Roch 'hodech Av (lorsque les Babyloniens sont entrés pour la première fois dans le Temple) était Shabbath. Nous le savons parce que la guémara (Taanis 29a) nous dit que la destruction du premier et du deuxième Temple a eu lieu un dimanche, le 9 avril. Cela signifie que Roch 'hodech Av était un Shabbath.

Rabbi Yonathan Eibshitz explique que les kérouvim se faisaient face, malgré les fautes des juifs, parce que c'était Shabbath, et que Shabbath est un jour de perfection. C'est comme s'il n'y avait pas de fautes. [pendant Shabbat, Hachem montre Son amour pour Israël même s’ils n’accomplissent pas la volonté Divine. ]
Par conséquent, les Kérouvim peuvent se faire face.

-> Dans la paracha Pin'has, les sacrifices moussaf des fêtes sont énumérés, et chaque fête a un korban 'hatat, un sacrifice pour l'expiation [des fautes du peuple]. L'exception à cette règle est le Shabbath.
Pourquoi à Shabbath n'est-il pas nécessaire d'apporter un korban 'hatat?

Le Ramban (Pin'has 28,2) écrit : "Le [service au Temple du] moussaf de Shabbath n'a pas de korban 'hatat comme toutes les autres fêtes parce que l'assemblée juive (Knesset Israël) est comme l'épouse d'Hachem, et tout est paix".
L'écriture de ce Ramban est kabbalistique, mais il semble que son intention soit que le Shabbath il n'y a pas de péchés, et donc il n'y a pas besoin d'un korban 'hatat.
[n'oublions pas que pour un juif, le jour du Shabbath est une autre réalité que celle des autres jours de la semaine. ]

-> Le Tiféret Shlomo enseigne que le Shabbath, c'est comme si le Temple était encore debout.
Le Tiféret Shlomo écrit :
"Il est expliqué dans les écrits du Arizal qu'à notre époque, bien que le Temple ait été détruit et que nous n'ayons pas la avoda (service) et les korbanot, néanmoins, rien ne manque le jour du Shabbath.
Shabbath nous ramène à l'époque d'Adam gaRishon avant sa faute.
C'est la signification du verset : "Vous garderez Mon Shabbath et craindrez Mon Mikdash" (Béhar 26,2) = cela nous dit que lorsque vous faites Shabbath, c'est comme si vous étiez dans le Temple reconstruit.
Le Shabbath en exil est encore plus grand [que le Shabbath à l'époque du Temple] ... L'amour est plus parfait ...
Lorsque nous acceptons le Shabbath correctement et avec joie, cela sera considéré comme si nous avions assisté à la reconstruction de Jérusalem.

Dans l'exil, les Shabbath sont plus grands que lorsque le Temple était debout.
C'est l'intention du verset (Bé'houkotaï 26,34) :
"az" (אז) = dans l'exil ;
"tirtsé aarets ét shabétotéa" = les Shabbath seront désirés ;
"kol yémé hachana" = tous les jours où nous serons dans la désolation de l'exil".

[ nous le disons dans le birkat hamazon : "il n'y aura pas d'angoisse ni de soucis le jour de notre repos [à Shabbath]. Hachem nous montrera la construction de Jérusalem [le Temple]" (chélo téé tsara véyagon vaana'ha béyom ménou'haténou, our'énou Hachem Elokénou béné'hamat tsion).
Le Tiféret Shlomo explique que cela signifie que lorsque nous célébrons Shabbath avec joie, c'est comme si nous avions vu la reconstruction du Temple, en ce jour.]

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
L'explication est que lorsque le Temple se dressait, et que tous les jours de la semaine étaient bons, nous n'appréciions pas Shabbath autant que lorsque nous sommes dans l'exil. [le Temple était dans l'espace ce que le Shabbath est dans le temps, et ainsi sans le Temple nous sommes dans l'obscurité et l'on apprécie davantage la lumière spirituelle du Shabbath. ]
De plus, aux yeux d'Hachem, la joie des Shabbath en exil est plus grande que celle des Shabbath lors qu'il y avait le Temple.

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-> Et cela s'applique tout particulièrement pendant les Shabbath des 3 semaines (du 17 tamouz au 9 av), qui sont des moments très élevés et joyeux.
Le Tiféret Shlomo (Dévarim - Shabbath 'Hazon) écrit qu'il y est fait allusion dans les mots du chant de Shabbath "lé'ha dodi" : "rav la'h chévét béémék aba'ha" (רב לך שבת בעמק הבכא - qui peut se traduire par : "Combien grand est le Shabbath dans la vallée des pleurs)

Le Tiféret Shlomo écrit :
"Les jours de la période de bein hamétsarim entre le 17 Tamouz et 9 Av, sont les 'émék aba'ha, (la Vallée des pleurs [moment où l'on se désole particulièrement sur la destruction du Temple]), et c'est alors que רב לך שבת, =que les shabbath (שבת) sont si élevés.

Les Shabbath de bein hamétsarim sont plus importants que les autres Shabbat de toute l'année.
C'est parce qu'il y a beaucoup de douleur/souffrance pendant les jours de ces semaines, de sorte que le Shabbath, il y a beaucoup plus de joie dans le ciel ...
Le souffrance des gens devrait être que la Ché'hina est en exil. Cependant, le Shabbat, la Ché'hina est heureuse, et nous devons donc l'être aussi. Et lorsque nous sommes heureux/joyeux le Shabbath, cela provoque une joie encore plus grande pour Hachem".
[d'une certaine façon, pendant ces semaines on rendre dans les détails d'à quel point c'est triste d'être en exil, de ne plus avoir le Temple, d'avoir Hachem qui souffre de nos souffrances d'être sans domicile fixe, ... et alors forcément vu que cela ne s'applique plus à Shabbath alors on est encore plus heureux que de normal, l'appréciant davantage la réalité de ce jour. Et de même que Hachem est avec nous dans la souffrance, Il est avec nous dans notre réjouissance à Son sujet. ]

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-> Le point culminant de Shabbath se situe dans l'après-midi, à l'heure de la 3e séouda.
En effet, l'après-midi est généralement un moment de din (jugement sévère), et le Shabbath transforme ce moment en ra'hamim (miséricorde).
Chaque fois que le din se transforme en ra'hamim, il s'agit d'un moment exceptionnel.
[rav Elimélé'h Biderman]

-> Rabbi Bounim de Pschisha enseigne que pendant les 3 semaines, les 24 heures de la journée sont un moment de din, et le Shabbath transforme le din en rachamim.
[en temp normal, c'est dans l'après-midi qu'il a beaucoup de din et de rigueur, et le Shabbath transforme le din en ra'hamim. ]
C'est pourquoi, pendant les 3 semaines, tout le Shabbath est un moment spécial et sacré, semblable au temps de la 3e séouda de Shabbath.
[en cette période il y a davantage de din sur le peuple juif, et donc à Shabbath cela se transforme en davantage de miséricorde d'Hachem, et c'est donc des Shabbath particulièrement élevés pour nous!
Dans la rigueur, papa Hachem cache de grandes miséricordes (les forces du mal ne s'y opposant pas car elles ont aussi reçu beaucoup de rigueur), alors tâchons d'en profiter (au point même qu'on peut provoquer plus facilement la venue du machia'h, avec la reconstruction du Temple!).]

==> Combien cela s'applique au Shabbath qui est dans la période des 9 jours avant le 9 Av, et qui est le dernier sprint des 3 semaines, dans la douleur et la tristesse qui a amené à la profanation et la destruction du Temple, et donc notre exil depuis lors avec tous les malheurs et les souffrances qu'on a pu connaître.
[ce Shabbath 'hazon nous voyons à quel point le jour du Shabbath est grand au point de mettre en parenthèse même les fautes menant à la destruction du Temple, et à quel point Hachem nous aime et a envoie de nous voir proches de Lui. ]

-> Le rabbi de Bobov conseillait d'accepter le Shabbath plus tôt à Shabbath 'Hazon, et ce afin de transformer le deuil/rigueur supplémentaire de cette période en un temps de joie plus fort que d'habitude.

-> Le Chem miChemouel (Massé 5670) rapporte égalemnt cette enseignement du rabbi de Pschisha que durant les Shabbath des "3 semaines" (en particulier Shabbat 'Hazon ; cf. Sifté Tsadik et autres), toute la journée est sous le signe de "רעוא דרעוין" ["agréé d’agréé", à savoir un temps très propice]. Car, à l’heure de Min’ha (l’après-midi), durant tous les jours de la semaine, la Midat Hadin (la mesure de rigueur) s’intensifie, alors que le Shabbat à la même heure, cette Midat Hadin, au contraire, s’adoucit.
Et lorsque le Din (rigueur) se transforme en ‘Hessed (bonté), cela constitue un moment de miséricorde extrêmement propice ; c’est pour cela que cette heure de Min’ha le Shabbat est qualifiée de "רעוא דרעוין".
D’après cela, il y a lieu de dire que, durant la période des 3 semaines, où les jours profanes sont des jours de Din et de malheurs (pas seulement à l’heure de Min’ha comme d’habitude, mais aussi toute la journée), dès lors, lorsqu’arrive le Shabbat et avec lui le repos de l’âme, et que Hachem étend sur le monde entier une voûte de miséricorde, la rigueur (qui règne toute la semaine) est adoucie et le Shabbat entier devient "רעוא דרעוין".

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-> Le ‘Hatam Sofer enseigne : "C’est pourquoi, si je ne craignais pas (de l’innover), je dirais que le jour du 9 Av en lui-même est un jour de joie et d’allégresse puisqu’il est dit à son sujet : "Ta faute est expiée, fille de Sion, Il ne continuera pas à t’exiler".
Mais le deuil et les pleurs de chaque année portent sur la nouvelle destruction, par nos grandes fautes. Car chaque jour, la malédiction est plus grande que la veille et c’est comme si chaque année, le Temple était à nouveau détruit.
Cela signifie qu’il conviendrait en réalité de se réjouir en ce jour sur la destruction passée, mais, comme nos fautes ont retardé le terme de notre délivrance et ajoutent de l’affliction à nos péchés, le deuil actuel repousse la joie passée".

[ ainsi, le message du Shabbath 'hazon, est que nous voyons ('hazon) que toute souffrance que nous pouvons avoir dans notre vie n'est en réalité qu'une petite portion de celle que nous mériterions véritablement d'avoir.
Dans le futur nous verrons à quel point ce qui a pu nous arriver était avec précision pour notre bien ultime, et Hachem a tout fait dans Sa compassion et énorme amour pour nous, pour nous réduire/éviter des difficultés, douleur. (comme en témoigne le fait qu'Il a préféré détruire Sa résidence, le Temple!) ]

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-> Le Shabbat 'Hazon est l’un des Shabbat les plus importants de toute l’année.
Le Arizal dit que même si, pendant les 9 jours (du 1er au 9 Av), nous pleurons profondément la destruction du Temple et les souffrances du peuple juif, néanmoins, le Shabbat, toutes les ténèbres disparaissent et nous entrons dans un monde de lumière pure.
C’est pourquoi, ce Shabbat, nous devons écarter toute notre tristesse et notre deuil pour goûter à la joie d’une véritable proximité avec Hachem.
Ainsi, nous avons un avant-goût de la Rédemption finale (guéoula) du monde à venir, qui éveille en nous un espoir incroyable de sortir de notre exil amer.
Alors, avec nos espoirs renouvelés, nous pouvons trouver la force de pleurer sincèrement notre situation actuelle le 9 Av et d’aspirer à la venue du machia’h.
[rav Nissan David Kivak ]

Le Temple n'avait certainement pas la capacité de gérer l'honneur et la grandeur d'Hachem, comme le dit le verset : "Voici, les cieux et les cieux des cieux ne peuvent Te contenir".
Néanmoins, par amour pour le peuple juif, Hachem a restreint et habillé Sa Grandeur afin de faire reposer Sa Présence dans le Temple pour révéler Sa Souveraineté ; et afin de révéler Sa Royauté, Hachem a revêtu et restreint Sa Grandeur afin que nous soyons capables de supporter Sa Souveraineté reposant sur nous.
Cependant, lorsque peuple juif a fauté devant Lui, Hachem a révélé Sa grandeur, ne voulant plus se restreindre et se voiler, ce qui a entraîné la destruction du Temple, qui ne pouvait plus supporter l'énorme révélation.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan Tinyana 219]

=> Bien qu'il ait pu sembler que les Romains brûlaient le Temple, leur feu n'a en réalité eu aucune conséquence (voir midrach Eikha rabbati 1,43). Ce ne sont pas eux qui ont détruit le Temple, mais plutôt la révélation et le déshabillage de la lumière infinie de D., qui était auparavant enfermée à l'intérieur.

Lorsque le Temple fut détruit, à cause de nos nombreuses fautes, les sources de la sagesse furent scellées et la sitra a'hara gagna en puissance. Cela entraîna un manque de sagesse pour toute l’humanité.
Même si les grands Sages de la génération faisaient des efforts jusqu’à clarifier la halakha, la sitra a'hara avait néanmoins le pouvoir de reseller les sources de la sagesse.

Quoi qu’il en soit, lorsqu’un groupe d’amis étudie la Torah ensemble pour elle-même, ils font en sorte que la Chékhina demeure parmi le peuple juif, et ils apportent la paix entre le peuple juif et son Père céleste.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayétsé 29,2-4 ]

+ Lorsque le Temple était debout, Israël sacrifiait 70 taureaux chaque Souccot, au nom des 70 nations, afin que les nations aient également de quoi se nourrir. En effet, lorsque les juifs vivaient sur leur propre terre [avec le Temple], l'abondance céleste envoyée sur la terre leur parvenait en premier lieu. Les nations du monde recevaient leur part par l'intermédiaire des juifs.

Mais maintenant qu'Israël est en exil, l'abondance va d'abord aux nations, et Israël ne reçoit que ce qui reste. Si les nations du monde s'en emparent les unes des autres, il ne reste pas grand-chose pour les juifs.
[Ben Ich 'Haï - Even Chéléma]

Lachon ara & fin du Temple (selon le Ben Ich ‘Haï)

+Lachon ara & fin du Temple (selon le Ben Ich 'Haï) :

-> Pendant les 40 années qui ont précédé la destruction du [second] Temple, les portes du sanctuaire du Temple s'ouvraient d'elles-mêmes [comme pour inviter l'ennemi à entrer (Rachi)].
Finalement, Rabbi Yo'hanan ben Zakaï les réprimanda. Il dit : "Sanctuaire, Sanctuaire, pourquoi faites-vous une chose aussi effrayante? Je sais qu'en fin de compte, vous serez détruits ..."
[guémara Yoma 39b]

-> Les portes du sanctuaire, lorsqu'elles sont fermées, se rejoignent et se touchent comme 2 lèvres.
Les portes s'ouvrent pour laisser entrevoir que le Temple sera détruit à cause du lachon ara.
Parce que le peuple a ouvert ses lèvres pour dire du mal, les portes du sanctuaire se sont ouvertes pour recevoir le feu qui devait le consumer.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yehoyada]

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-> Qu'Hachem supprime toutes les lèvres douces [ou : divisées], la langue qui parle beaucoup (médabéret guédolot - מדברת גדלות). (Téhilim 12,4)

-> Le mot מדברת (parle), signifie également "conduit/entraîner" ; et réarrangées, les lettres de גדלות (beaucoup), forment ד גלות, (dalét galout - quatre exils) = pour suggérer que les fautes de la langue ont conduit/entraîné aux 4 exils d'Israël.

Le premier Temple a été détruit et le peuple exilé en raison de sa négligence dans l'étude de la Torah, comme il est écrit : "Pourquoi le pays a-t-il péri? Parce qu'ils ont abandonné ma Torah" (Yirmiyahou 9:11-11).
Le lachon ara a également joué un rôle : "Ils ont courbé leur langue, leur arc de mensonge ... Chaque voisin se répand en calomnies" (Yirmiyahou 9:2-3).

Le deuxième Temple a été détruit et le peuple exilé à cause d'une haine infondée et du lachon ara, comme l'illustre le récit de Kamtsa et Bar Kamtsa (Gittin 56a).
[Ben Ich 'Haï - 'Haïm véhaShalom]

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+ Kamtsa et Bar Kamtsa :

-> A cause de Kamtsa et de Bar Kamtsa, Jérusalem fut détruite.
Un homme, ami de Kamtsa et ennemi de Bar Kamtsa. Cet homme préparait un banquet. Il dit à son serviteur : "Va inviter Kamtsa".
Le serviteur alla inviter Bar Kamtsa.
L'homme trouva Bar Kamtsa assis à côté de son banquet.
Qu'est-ce que c'est? s'écria-t-il. "Tu es mon ennemi! Que veux-tu ici? Lève-toi et va-t'en!"
"Maintenant que je suis venu, dit Bar Kamtsa, laisse-moi rester. Je paierai ce que je mangerai et boirai."
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai la moitié de votre banquet", dit Bar Kamtsa.
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai tout votre banquet", dit Bar Kamtsa,
"Non!" dit l'hôte. Il saisit Bar Kamtsa et l'expulsa de force.

Bar Kamtsa alla dire à l'empereur romain : "Les juifs se sont rebellés contre toi."
"Quelle preuve y a-t-il? demanda l'empereur.
"Envoyez un sacrifice, dit Bar Kamtsa, et voyez s'ils l'offrent.
L'empereur envoya un veau de trois ans avec Bar Kamtsa. En chemin, Bar Kamtsa fit un défaut sur la lèvre du veau.
Les non-juifs n'empêchaient pas les animaux présentant une telle imperfection/défaut d'être sacrifiés, mais les juifs le faisaient.
Les Sages pensaient que le veau devait être sacrifié malgré tout, afin d'assurer la paix avec le gouvernement. Rabbi Zacharie ben Avkulas leur dit : "On dira que les animaux avec un défaut peuvent être offerts sur l'autel".

Ils pensaient que Bar Kamtsa devait être tué pour qu'il puisse ne s'en retournerait pas pour le dire.
Rabbi Zacharie leur dit : "On dira que quiconque souille un animal destiné à être sacrifié doit être mis à mort."
Bar Kamtsa envoya un message à l'empereur .... Celui-ci dépêcha Vespasien, qui vint assiéger Jérusalem pendant 3 ans....
Il y avait un groupe de zélotes [à Jérusalem]. Les Sages leur dirent : "Sortons [vers les Romains] et faisons la paix."
Les Zélotes ne laissèrent pas partir les Sages. Au contraire, ils dirent : "Sortons et combattons-les".
Les Sages dirent : "La parole ne sera pas fructueuse."
[guémara Guittin 56a]

=> b'h, nous allons voir quelques explications du Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) :

-> "À cause de Kamtsa et Bar Kamtsa, Jérusalem a été détruite" :
Cette déclaration n'est pas seulement une introduction à l'épisode qui suit. Elle donne une leçon à elle seule : Jérusalem a été détruite à cause d'une écoute imprudente. L'auditeur n'a pas fait la différence entre les mots "Kamtsa" et "Bar Kamtsa".
Choisissez vos mots avec soin. Comme le dit la mishna : "Sages, faites attention à vos paroles!" (Pirké Avot 1,11).
Écoutez aussi attentivement. Le fait de négliger un petit mot peut avoir des conséquences désastreuses.

-> Qu'a fait Kamtsa?
En tant qu'ami proche de l'hôte, Kamtsa aurait pu le convaincre de laisser Bar Kamtsa rester. En ne le faisant pas, il s'est rendu complice de l'infraction. En effet, si une personne est en mesure de protester contre la commission d'un péché mais ne le fait pas, le péché lui est attribué (guémara Shabbat 54b).
Ceci est particulièrement vrai selon l'opinion que Bar Kamtsa (littéralement : "fils de Kamtsa") était le fils de Kamtsa (selon le Maharcha). Le père, qui était certainement conscient des frictions entre son fils et l'hôte, aurait dû essayer de faire la paix entre eux. Il partage donc la responsabilité de la destruction de Jérusalem.

-> L'empereur a envoyé un veau de 3 ans :
Les événements qui ont conduit à la destruction de Jérusalem sont pleins d'allusions au lachon ara.
Le veau de l'empereur romain était âgé de 3 ans et le siège a duré 3 ans = autant d'indices du lachon ara, qui est assimilé aux 3 péchés capitaux (rabbi Yaakov 'Haïm).
Pendant le siège, l'approvisionnement en nourriture de la ville a été interrompu. Pour avoir péché avec leur bouche, les gens se sont vus refuser de la nourriture à mettre dans leur bouche.

-> "La parole ne sera pas fructueuse".
Pourquoi les Zélotes pensaient-ils pouvoir combattre l'armée romaine, pourtant largement supérieure ?
Ils avaient foi en la parole de notre Patriarche Its'hak : "La voix est la voix de Its'hak, ou les mains sont les mains d'Essav" (Toldot 27,22) = lorsque la voix d'Its'hak s'élève dans l'étude de la Torah, Essav n'a aucun pouvoir sur lui (midrach Béréchit rabba 65,16).

[A l'époque du Temple,] Jérusalem possédait de grands sages de la Michna et l'étude de la Torah y était très répandue. Les zélotes pensaient que cela leur garantirait le succès dans une guerre contre les descendants d'Essav, les Romains.

Ils se trompaient. La cause spirituelle du siège de Jérusalem était le lachon ara (guémara Guittin 55b).
Cette faute de la langue a paralysé le mérite de la mitsva de la langue (l'étude de la Torah) de sorte qu'elle n'a pas eu le pouvoir de vaincre les mains d'Essav.
Les Sages ont donc dit aux Zélotes : "La parole" (la promesse d'Its'hak) "n'aboutira pas".

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-> Bar Kamtza conseilla à l'empereur d’envoyer un korban pour voir si les juifs l’offriraient en sacrifice. L’empereur envoya un veau de premier choix avec Bar Kamtza. En chemin, Bar Kamtza abîma la lèvre supérieure du veau. Bien que cela ne soit pas considéré comme un défaut pour un korban offert par des non-juifs (sur un autel privé), c’est un défaut pour un korban offert par un Israélite (ou pour une offrande faite au nom de non-juifs dans le Mikdach).
Bar Kamtza a infligé ce défaut à la lèvre supérieure pour faire allusion au fait que c’était leur langue, le lachon ara, qui constituait le défaut de cette génération.
[Maharcha : Ben Yéhoyada]

Le Temple en « trompe l’œil »

+ Le Temple en "trompe l’œil" :

-> Le ‘Hida (Midbar Kedemot - מערכת מ אות מג) écrit que le Temple n’a jamais vraiment été détruit, Hachem ayant envoyé des anges (mala'him) apportant des briques et des pierres ... pour satisfaire les yeux du racha Titus qui voulait détruire le Temple. Cependant, le Temple lui-même fut inhumé (נבלע בארץ).

-> Le Zohar (Pékoudé 240b) révèle qu’aucune nation n’a d’emprise sur les pierres du Temple et ses fondations, et que ce dernier n’a pas été brûlé. Tout est mis de côté. Lorsque Jérusalem et le 3e Temple seront restaurés, ces pierres regagneront leur place.

-> Le Rama miPano (עשרה מאמרות - חקור הדין - 1:26) écrit même qu’une main émergea du ciel pour prendre les clés du Temple (voir guémara Taanit 29a).
Il écrit aussi que les démons (chédim), ont apporté d’autres pierres, et c'est elles qui ont brûlé afin de satisfaire Titus (פלאות התורה - Vayikra - p.845).

-> On peut citer les paroles 'étonnantes' de rabbi Shlomo Kluger (1785-1869), dans le Séfer ‘Hokhmat haTorah (Yitro).
Il écrit s’être vu révéler en rêve que le futur Temple est déjà construit sur le Har haBaït (mont du Temple), mais il demeure mis en réserve et caché.
Il écrit également qu’on lui a montré dans un rêve la montagne où se trouve le Temple, construit et stocké, surplombée par une autre montagne à sa place. Et ce que nous voyons comme le Kotel haMaaravi n’est qu’une illusion (מראית עין), mais la vérité est que tout est "rangé"...
Par conséquent, ce n’est pas étonnant que les arabes y aient construit une mosquée, car la vérité est que cette zone n’est pas vraiment sainte, tout étant caché et mis en réserve. Ainsi, le "ciel" (שמים ) permet aux arabes d’y faire plus ou moins ce qu’ils veulent.

-> Rabbi Shlomo Kluger dit que dans le rêve, ils lui expliquèrent la signification unique de : "Lève-toi, resplendis, car ta lumière est venue, et la gloire d'Hachem rayonne sur toi ... Oui, tandis que les ténèbres couvrent la terre et une sombre brume les nations, sur toi Hachem rayonne, sur toi sa gloire apparaît" (Yéchayahou 60,1-2) = le Temple est appelé La lumière du monde (oro chel Olam - Baba Batra 4a).
Le Temple est déjà construit mais reste invisible à cause de des ténèbres couvrant la terre et du brouillard sur les mers (l'obscurité de notre exil). Mais quand D. rayonnera, il deviendra visible, étant déjà prêt.

La destruction du Temple = une perte pour les non-juifs

+ La destruction du Temple = une perte pour les non-juifs :

-> "A quoi correspondent ces 70 taureaux [offerts pendant Souccot]? Aux 70 nations [non-juives ]...
Rabbi Yo'hanan dit : 'Malheur aux nations, car elles ont perdu [une chose de grande valeur) et ne savent même pas ce qu'elles ont perdu! Lorsque le Temple existait, l'autel faisait expiation pour elles. Que fera expiation pour elles à présent?'"

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-> Selon le prophète (I Melakhim 8.65), c'est à Souccot que fut inauguré le Temple.

-> Le midrach (Avot d'Rabbi Nathan - chap.5) enseigne :
"Tant que le service du Temple se poursuivait, il y avait la bénédiction dans le monde, les prix étaient bas, du blé et du vin en abondance. Les gens mangeaient et étaient rassasiés, les animaux mangeaient et étaient rassasiés ...
Une fois le Temple détruit, la bénédiction a quitté le monde".

-> Les Drachot HaRan (drouch 8 ) disent :
"Lorsque le Temple existait, cette demeure sacrée était un lieu préparé pour recevoir le flux de prophétie et de sagesse, au point que, par l'intermédiaire de cet endroit, le flux se déversait sur tous les Bné Israël".

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-> Selon le midrach (Bamidbar rabba 1,3) si les nations du monde avaient pu apprécier combien de bénédictions elles recevaient du Temple, elles auraient envoyé des bataillons entiers pour veiller à ce que personne ne vienne perturber le Temple.

-> Le midrach Tan'houma (Bé'houkotaï 2) de nous dire que lorsque les juifs fautent et sont punis, les non juifs en souffrent aussi.
[or le Temple avait cette possibilité de nous laver de l'impact de nos fautes ... ]

D'ailleurs, Rabbi Yéhochoua ben Lévi enseigne que si les nations du monde savaient que la raison de leurs souffrances est : les fautes des juifs, elles affecteraient 2 soldats à chaque juif, afin de s'assurer que la Torah soit scrupuleusement respectée.

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-> b'h, voir également : quelques pertes suite à la disparition du Temple : https://todahm.com/2018/08/08/quelques-pertes-suite-a-la-disparition-du-temple

+ Un jour, Raban Gamliel, Rabbi El'azar ben Azaria, Rabi Yéhochoua et Rabi Akiva étaient en voyage. Ils entendirent le bruit de la foule (qui fêtait la puissance de Rome qui avait détruit le 2e Temple) depuis la place de Rome, à une distance de cent vingt mille (120 kilomètres).

Les trois premiers Sages se mirent à pleurer, mais Rabi Akiva riait. Ils dirent à Rabi Akiva : "Pourquoi ris-tu?". Il répondit : "Et vous, pourquoi pleurez-vous?"

Ils lui dirent : "Ces hérétiques, qui se prosternent devant les idoles et brûlent de l'encens pour les idoles, vivent en sécurité et dans le calme, alors que le Temple, qui était le piédestal de notre D., a été brûlé dans le feu ; n'y a-t-il pas de quoi pleurer?"

Rabi 'Akiva répondit : C'est justement pour cela que je ris : Si tel est le sort de ceux qui transgressent Sa volonté, a fortiori un meilleur sort sera accordé (à l'avenir) à ceux qui respectent Sa volonté.
[guémara Makot 24a-24b]

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=> Comment les 4 Sages ont-ils pu entendre le bruit de la foule à une distance de 120 kilomètres?

-> Le Maharal (Nétsa'h Israël, chap.26) explique :
La distance de cent vingt mille (environ 120 km) correspond à la distance que peut parcourir un homme durant trois jours, à raison d'environ 40 km (ou 10 parsaot) de marche par jour. On retrouve cette distance de 120 km à propos de Lavan qui mit une distance de trois journées entre lui et Yaakov (voir Vayétsé 30,36), ou bien à propos de la demande de Moché à Pharaon roi d'Egypte : "Nous voudrions aller à trois journées de chemin, dans le désert, pour offrir des sacrifices à Hachem notre D." (Chémot 3,18).

Cette distance de 120 km ou plus définit une zone éloignée. Comment les 4 Sages Raban Gamliel, Rabi El'azar, Rabi Yéhochoua et Rabi Akiva ont-ils pu entendre le bruit de la foule romaine à 120 km, alors qu'il est impossible à une oreille humaine d'entendre des sons à une distance aussi éloignée?
En fait, ils ont "entendu" les rumeurs de réjouissance des Romains qui avaient détruit le second Temple, avec leur intuition prophétique (roua'h hakodech), grâce à leur sagesse.

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=> Comment comprendre la tranquillité des idolâtres dans ce monde et la détresse de ceux qui accomplissent la volonté d'Hachem?

-> La réussite et la tranquillité des idolâtres, dans ce monde-ci (olam azé), qui font le contraire de la volonté d'Hachem, peut surprendre. En fait, à propos de ce verset : "Hachempaie ceux qui Le haïssent à leur face, en les faisant périr" (Vaet'hanan 7,10), Rachi fait ce commentaire : "Durant leur vie sur terre, Il leur paie les récompenses qu'Il leur doit pour les éliminer du monde futur où ils ne recevront aucune récompense"

[le roi David développe la même idée : "si les réchaïm croissent comme l'herbe ... c'est pour finir ruinés à jamais" (Téhilim 92,8)]

-> Selon le Arou'h Laner :
Hachem sanctionne les Bné Israël dans ce monde-ci (olam azé), bien qu'ils fassent Sa volonté, afin de leur faire payer les quelques fautes commises, de façon à ce qu'ils obtiennent dans le monde futur (olam aba) leur récompense totale.
Rabi Akiva a vu la récompense des idolâtres dans ce monde-ci et il a vu simultanément avec son regard rou'hani (spirituel) la récompense cachée qui attend les Bné Israël dans le monde futur.

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=> Comment Rabi Akiva peut-il se réjouir à un moment où il devrait se lamenter sur la destruction du Temple?

-> Selon le Maharcha
Certes, Rabi Akiva reconnaît qu'il y a lieu de se lamenter de la destruction du Temple, d'autant plus que nos Sages (guémara Taanit 30b) disent : "Quiconque prend le deuil sur Jérusalem aura le mérite de la voir dans sa joie".
Cependant, sur le fait que les idolâtres qui ont détruit le Temple vivent en sérénité et en toute tranquillité, Rabi Akiva dit à ses compagnons qu'il y a lieu de se réjouir sur la récompense future des Bné Israël.

-> Le Iyoun Yaakov explique :
Rabi Akiva était à la fois attristé par la destruction du Temple devant lequel il a déchiré ses vêtements en signe de deuil et joyeux (traduit par son rire) sur l'avenir de son Peuple.
Il a ainsi appliqué ce verset de Téhilim : "Réjouissez-vous avec tremblement" (Téhilim 2,11), comme dit Rav Adda ben Matana (guémara Béra'hot 30b) : "Là même où vous vous réjouissez, c'est là qu'il faut trembler devant Hachem".

-> Le Arou'h Laner enseigne :
Les 3 Sages Rabi Gamliel, Rabi Yéhochou'a et Rabi El' azar ont pleuré essentiellement pour la grande peine de ne plus pouvoir servir Hachem au Temple, comme il se doit, alors que ces idolâtres, qui ont fauté encore plus que n'a fauté le peuple d'Israël, vivent en toute sérénité et continuent leurs actes hérétiques dans leurs maisons d'idolâtrie non détruites.
A cela, Rabi Akiva répond par un sourire optimiste : la destruction du Temple est pour le bien d'Israël, afin de sauver ce Peuple et de le favoriser dans l'avenir, tandis que ces nations se maintiennent provisoirement dans la tranquillité et leurs temples idolâtres ne sont pas détruits, car ils vont à leur perte.

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-> Dans la suite, la guémara (Makot 24b) il est également écrit :
Une autre fois, (les 4 Sages cités précédemment) montèrent à Jérusalem. Arrivés au Har Hatsofim (Mont Scopus), ils déchirèrent leurs vêtements. Arrivés au Har Habait (Mont du Temple), ils virent un renard sortir du Sanctuaire.
(Trois des quatre Sages) éclatèrent en sanglot tandis que Rabi Akiva se mit à rire. Ils lui dirent : "Pour quelle raison ris-tu?". Rabi Akiva répondit : "Et vous, pour quelle raison pleurez-vous?".

Ils lui dirent : "Cet endroit dont il est écrit : "L'étranger qui en approchera mourra" (Bamidbar 1,51), et à présent, les renards le foulent et nous ne pleurerions pas?".
Rabi Akiva répondit : C'est justement pour cela que je ris ... fait dépendre la prophétie de Zékharia' de celle d'Ouria.
Dans (la prophétie d') Ouria, il est écrit : "C'est pourquoi, à cause de vous, Tsion sera labourée comme un champ" (Mikha 3,12) et dans la prophétie de Zéhharia, il est écrit : "De nouveau, des vieux et des vieilles s'assiéront dans les rues de Jérusaem" (Zéhharia 8,4).
Tant que la prophétie d'Ouria ne s'était pas accomplie, je craignais que celle de Zékharia ne s'accomplisse pas non plus. A présent que la première prophétie (d'Ouria) est réalisée, je sais que la seconde prophétie (de Zékharia) se réalisera".
Les (trois) compagnons de Rabi Akiva lui dirent alors : "Akiva, tu nous as consolés! Akiva, tu nous as consolés!"

Le bitoul Torah & la destruction du Temple

+ Le bitoul Torah & la destruction du Temple :

-> Le Ram'hal (Déré'h Ets 'Haïm) écrit que toutes les souffrances juives ont pour cause à leur racine : un relâchement dans l'étude de la Torah.
Lorsque le peuple juif est engagé comme il le faut dans l'étude de la Torah, alors les tragédies sont tenues en suspens et peuvent être complètement annulées.
Bien que le prophète Yirmiyahou mentionne le manque d'étude de la Torah comme la cause de la destruction du 1er Temple, tandis que la destruction du 2e Temple provenait de la haine gratuite (comme l'enseigne la guémara Yoma 9b), le Ram'hal comprend qu'en réalité notre exil actuel est principalement causé par le bitoul Torah.
Dans les mots du Ram'hal : "il en ressort que toute la colère d'Hachem s'est enflammée sur Son peuple juif uniquement à cause du manque d'étude de Torah" (nimtsa kol akaas chékaas Hachem al amo Israël, ou bichvil aTorah).

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-> La guémara (Yérouchalmi 'Haguiga 1,7) enseigne : "Nous constatons que Hachem a renoncé pour Israël (à lui tenir rigueur) au sujet de l’idolâtrie, de l’inceste et du meurtre (les fautes qui ont conduit à la destruction du Temple) mais pour leur rejet de la Torah, il n’a pas renoncé".

-> Nos Sages enseignent : "Viens et vois combien est considérable la force de la faute de la Torah (la négligence de l’étude). En effet, Jérusalem n’a été détruite, ainsi que le Temple, uniquement par la faute de la Torah" [voir Tana déBé Eliyahou rabba 18,29]

-> "Jérusalem a été détruite seulement à cause du mépris vis-à-vis de l’étude de la Torah" (midrach Ei'ha 20).
[en étudiant moins que ce qu'on pourrait, on exprime qu'il y a mieux, plus intéressant que la Torah]

-> Le rav Shach enseigne que la nation juive est considérée comme une même entité. Si une partie du peuple juif étudia la Torah sérieusement, l'apprenant dans la pureté et sans péché, alors cela est comme une musique pure et enchanteresse pour Hachem. Et même si ce n'est pas toute la nation qui étudie la Torah, néanmoins, l'entité du peuple d'Israël produit des mélodies "magiques" qui captivent Hachem.
Cette étude est si douce et agréable pour Hachem, qu'Il va ignorer les fautes du reste des juifs. Il fera tout ce qui est nécessaire pour préserver cette magnifique musique, même si cela signifie fermer le yeux sur les autres fautes commises par le restant de la communauté juive.
C'est comme cela que le 1er Temple n'a pas été détruit malgré le fait que les 3 péchés capitaux étaient réalisés.

Par contre, si ceux qui sont sérieusement engagés dans l'apprentissage de la Torah devaient s'arrêter, alors le bouclier serait perdu.
A ce moment-là, Hachem n’ignorerait plus les fautes du reste de la communauté, et la nation entière en subirait les terribles conséquences.

Ainsi, pendant les siècles menant à la destruction du Temple de nombreux juifs ont choisi de quitter le chemin de la Torah, et s'engageaient dans des fautes (avérot) comme les péchés capitaux. Hachem a ignoré cela grâce aux douces mélodies de la Torah, permettant au Temple de tenir et aux juifs de rester en terre d'Israël.
Cependant, finalement la situation a changé. Ceux qui étudiaient la Torah se sont relâchés dans leur étude. [d'une certaine façon, la mélodie jouée n'était alors plus si agréable, ... ]
Lorsque l'étude comme il le faut de la Torah a diminué, Hachem n'était plus incité à ignorer les péchés commis par le restant du peuple. Sans la protection de la Torah, alors plus rien n'arrêtait la destruction du Temple, et le peuple juif a reçu sa punition pour avoir violé les 3 péchés capitaux.

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Sur ce sujet, on peut rapporter une autre raison de la destruction du Temple liée à la Torah :
-> "[le Prophète s’interroge]… Pourquoi le pays (Jérusalem) a-t-il été perdu et dévasté comme un désert, de sorte que personne n’y passe? (Yirmiyahou 9,11) ...
Rabbi Yéhouda a dit au nom de Rav : Parce qu’ils n’ont pas récité de bénédiction sur la Torah avant [de l’étudier]" [voir guémara Baba Metsia 85b]

-> A ce propos, le Ran explique au nom de Rabbénou Yona que la Torah n’était pas importante à leurs yeux au point de mériter une bénédiction ; ils n’étudiaient pas dans une intention pure et en conséquence de cela ils négligeaient la bénédiction qui précède l’étude.
-> Le Ba’h [Tour Ora'h ‘Haïm Siman 47] explique quant à lui qu’ils étudiaient pour leurs intérêts matériels et personnels, et non pas pour s’attacher à la dimension spirituelle et divine de la Torah d’où la conséquence logique du retrait de la Chékhina.

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-> La guémara (Yoma 69b) nous dit qu'à l'époque du 1er Temple, nos Sages ont aboli le yétser ara de la tentation pour l'idolâtrie (avoda zara). Ils ont réussi à l'éliminer, et un lion a alors été vu sortant du Temple.

La guémara (Makot 24b) nous apprend qu'après la destruction du 2e Temple, Rabbi Akiva se promenait parmi les ruines du Temple avec quelques Sages, et ils ont vu un renard gambader parmi les décombres (il sortait du Saint des Saints.).

Le Arou'h laNer (Makot 24b) explique la symbolique des 2 animaux qui ont été vus sur le mont du Temple au moment de leur destruction respective.
Le 1er Temple a été détruit principalement à cause du péché flagrant de l'idolâtrie, qui est une tentation puissante et dévorante. Elle était donc représentée par le puissant lion.
Le renard n'est pas particulièrement grand ou puissant, mais il est intelligent et sournois. Cela symbolise la cause principale de la destruction du 2e Temple.
Un yétser ara intelligent et sournois a détruit le 2e Temple : il s'agit de l'inclinaison à être inflexible envers les autres, à se chamailler entre les membres de la communauté et aves ses amis, sans raison importante. La "sinat 'hinam" (haine gratuite, sans fondement) est le stratagème astucieux du yétser ara, symbolisé par le renard, qui a causé la destruction du 2e Temple.

Le 'Hatam Sofer (dans ses Drachot - daf 61) propose une explication différente.
[ la guémara (Béra'hot 61b) rapporte que lorsque les Romains interdirent l’étude de la Torah, Rabbi Akiva continua d’enseigner en public. Un juif qui était sorti du chemin, et qui se nommait Papous Ben Yéhouda, lui demanda : "Akiva, n’as-tu pas peur des Romains?"
Le Rav lui répondit : "Voilà à quoi cela ressemble : un jour, un renard vit des poissons qui fuyaient dans tous les sens. Que faites-vous? demanda-t-il. Nous évitons les filets des pécheurs! Pourquoi ne venez-vous pas sur la terre à côté de moi, au moins vous ne serez plus embêtés par les pièges des pécheurs?
Les poissons lui répondirent : imbécile que tu es! Si nous sommes en danger dans notre environnement naturel, alors à plus forte raison si nous allons dans un endroit où la mort nous est promise. Pareil pour nous : tant que nous étudions, nous sommes en vie comme il est écrit: ‘Car elle est ta vie...’ mais si nous arrêtons de l’étudier, nous sommes déjà morts". ]

Ainsi, Rabbi Akiva disait à ses détracteurs que si sa vie était en danger pendant qu'il étudiait la Torah, alors qu'il nageait dans l'océan de Torah (yam chel Torah) où il est censé s'épanouir, alors à combien plus forte raison sa vie serait-elle en danger s'il abandonnait les propriétés vivifiantes de l'étude de la Torah.

Dans la parabole de Rabbi Akiva, le renard représente la tentation du bitoul Torah, le fait de ne pas s'engageait dans l'étude de la Torah alors qu'on pourrait le faire.
["L’eau ne fait référence qu’à la Torah" - guémara Avoda Zara 5b – én mayim ella Torah]
Le renard exhorte le poisson de quitter l'eau, ce qui est analogue aux romains essayant de persuader Rabbi Akiva et ses étudiants de cesser leur étude de la Torah.

Le 'Hatam Sofer ajoute que le renard, que Rabbi Akiva et les Sages qui l'accompagnaient, ont vu se promener dans les ruines du 2e Temple était une vision symbolique, dépeignant que la grande tragédie de la destruction du 2e Temple trouve son origine dans le bitoul Torah.
Indépendamment des autres facteurs en jeu, la racine ultime du problème était le ralentissement de l'étude de la Torah.

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+ Avoir conscience de l'importance du fait d'étudier la Torah :

-> "A l'époque qui précédera l'arrivée du machia'h, l'effronterie grandira ...
Les Sages de la Torah seront dédaignés et l'on méprisera ceux qui craignent le péché. La vérité sera bannie. Les jeunes outrageront les vieillards et les adultes se lèveront devant les plus jeunes. Le fils méprisera son père, la fille se dressera contre sa mère, la belle-fille se dressera contre sa belle-mère, le père de famille sera haï dans son foyer. La face de la génération sera celle d'un chien. Le fils n'éprouvera aucune honte devant son père.
Sur qui peut-on s'appuyer désormais, sinon sur notre Père Céleste?" (guémara Sota 49b)

-> La michna nous décrit ce que sera le monde à la période précédent la venue du machia'h, énumérant malédiction après malédiction.
La dernière chose de la liste est que le peuple juif jettera son regard au Ciel, reconnaissant qu'il n'y a personne sur qui compter si ce n'est Hachem.

=> En quoi ce dernier élément de la liste est-il une malédiction? Au contraire, cela montre que nous continuerons à avoir foi en Hachem, même lorsque le monde qui nous entoure s'effondre et que nos valeurs sont bafouées. Etant fidèles à notre émouna, certains de ne dépendre que de Lui pour la guéoula : pourquoi est-ce une mauvaise chose? Pourquoi est-elle inclus dans cette michna?

-> Le rav Mordé'haï Gifter et le rav El'hanan Wasserman (Kovets Maamarim) expliquent qu'il s'agit en fait de la tragédie ultime, parce qu'en réalité nous avons sans équivoque quelque chose d'autre sur lequel nous appuyer : nous avons l'étude de la Torah.
Apprendre la Torah pourrait nous sauver, nous protéger et nous garder de tous les maux du monde.
La plus grande tragédie qui devrait se produire dans les jours qui précéderont la venue du machia'h sera que le peuple juif croisera les bras dans un désespoir total, criant : "Que pouvons-nous faire? Tout est entre les mains d'Hachem".
Ceci est la pire ligne de conduite : jeter nos yeux vers le Ciel, croyant qu'il n'y a pas d'autre option qui s'offre à nous. C'est une honte pour la Torah!

Au contraire, Hachem désire que nous comprenions qu'étudier la Torah a le pouvoir de modifier le cours des événements mondiaux. Toutes les situations auxquelles les juifs sont confrontées peuvent être grandement améliorées et résolues si nous nous engageons dans l'étude de la Torah.
Abandonner et placer notre sort uniquement entre les mains d'Hachem est la plus grande catastrophe de toutes (de la liste de la guémara ci-dessus), car cela est une insulte pour la Torah.
La Torah est la source de vie (mékor 'haïm), et en ce sens l'élément de fin de la liste de la guémara ci-dessus est en réalité la pire des tragédies qui se produira avant la venue du machia'h.

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-> Le rav 'Haïm de Volozhin était le disciple principal du Gaon de Vilna. Il ne s'engageait pas dans de la narration d'histoires, et ses livres ne contiennent généralement pas d'anecdote ou de récit. Cependant, à une rare occasion il va rapporter l'incident suivant concernant le Taz. (dans son Roua'h 'Haïm - Pirké Avot 1,1)
Une femme est venue au Taz, pleurant à propos de son fils qui était très malade, et elle avait peur qu'il ne décède, elle implorait donc le Taz de l'aider à sauver la vie de son fils.
La femme a répondu qu'elle ne voulait pas que le Taz intercède personnellement, mais plutôt elle implorait que la Torah qu'il étudiait vienne intervenir pour son fils, puisque : "Hachem et la Torah ne font qu'un" (koudcha bri'h hou véOraïta 'had hou).

Le Taz a ensuite dédié la Torah qu'il apprendrait à ses élèves ce jour-là en tant que mérite pour le garçon malade. La fièvre de l'enfant est immédiatement retombée et il s'est complètement rétabli.
Le rav 'Haïm de Volozhin écrit que cela est valable également à notre époque, et que tout celui qui étudie sérieusement la Torah, son étude a la capacité de ramener les morts à la vie. La Torah peut protéger et sauver le peuple juif.
[libre arbitre oblige, on ne s'en rend pas compte actuellement, mais dans le monde à Venir on nous montrera l'impact incroyable de notre Torah. A quel point on a sauvé des vies (cela est valable aussi spirituellement parlant, en donnant de la vie morale et spirituelle à autrui, et aussi moralement en redonnant de la joie et davantage d'envie de vivre, ainsi que matériellement, ... ).]

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-> Le rav Moché Feinstein était en train d'étudier dans un beit midrach de sa yéchiva lorsque quelqu'un est entré en courant. Il a informé le rav Moché Feinstein qu'un adolescent d'environ 14 ou 15 ans venait d'être renversé par une voiture et avait été transporté à l'hôpital dans un état critique.
Il a demandé au rav Feinstein s'il pouvait interrompre l'étude dans la yéchiva et demander à tout le monde de réciter des Téhilim au nom du garçon blesssé.
Le rav Feinstein a refusé, disant à l'homme que l'étude de la yéchiva continuerait sans interruption.
Lorsque l'homme a insisté sur la question, le rav Feinstein l'a informé qu'il était sûr que l'adolescent blessé n'était pas de notre peuple et qu'ils ne pouvaient pas arrêter d'apprendre la Torah pour prier.
L'homme a été choqué par les paroles du rav Feinstein : "J'ai vu que l'enfant blessé avait une kippa!"
Le rav Feinstein dit à cet homme de lui faire confiance.

Finalement, les détails entourant l'événement sont devenus connus. Un enfant juif marchait sur le trottoir quand soudain un adolescent non-juif est passé par là, lui a arraché la kippa de la tête et a couru dans la rue sans regarder s'il y avait des voitures qui arrivaient. Il a été renversé par une voiture et a été grièvement blessé.

L'homme qui avait initialement demandé la lecture de Téhilim exprima son incrédulité : "Comment le roch Yéchiva aurait-il pu le savoir?"
Le rav Feinstein lui a répondu : "au moment où le garçon a été heurté par la voiture, j'étais en train d'étudier intensément [la Torah]. Mon étude était d'une telle intensité qu'elle offrait une protection à tout juif dans le voisinage. Il serait impossible qu'un enfant juif soit blessé à une telle proximité de l'endroit où j'apprenais avec tant d'efforts".

-> Le 'Hazon Ich est réputé pour avoir dit que tant que le rav Borou'h Ber et le rav Shimon Shkop étaient vivants, Hitler ne pouvait pas perpétrer les atrocités de la Shoa en Lituanie. En effet, la Torah que ces 2 guédolim étudiaient, protégeait la communauté juive lituanienne, et c'est ainsi que la destruction des communautés juives de Lituanie a été retardée jusqu'à ce que ces 2 gédolim soient décédés et que leur étude de la Torah ait cessé.

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-> "Voici les choses dont l'homme jouit des fruits dans ce monde et dont le capital demeure entier dans le monde futur : le respect des parents, la bienfaisance, ramener l'entente entre l'homme et son prochain" (guémara Yérouchalmi Péa 1,1).

=> Normalement, la véritable récompense d'une mitsva ne peut être reçue que dans le monde à Venir (le monde matériel étant limité), pourquoi est-ce différent pour ces mitsvot?

Le Rambam (Pirouch haMichnayot) explique que certes Hachem n'accorde pas la récompense des mitsvot dans ce monde, mais il y a une exception pour des mitsvot spécifiques.
Quand Hachem voit quelqu'un faire du bien aux autres, accomplir des actes de bonté envers autrui, alors Il répond en faisant également du bien à cette personne dans ce monde. Celui qui est magnanime envers les autres recevra la générosité d'Hachem dans ce monde-ci.

Le rav El'hanan Wasserman (Kovets Maamarim) interroge sur la présence de la dernière mitsva dans la liste de la michna (l'étude de la Torah). En effet, c'est une mitsva entre l'homme et Hachem. Pourquoi alors serait-elle inclues dans la liste des mitsvot pour lesquelles on recevra un certain degré de rémunération dans ce monde?
A priori, l'étude de la Torah ne profite qu'à la personne qui l'étudie, en quoi est-elle inclue dans une liste de mitsvot avec autrui?

Le rav El'hanan Wasserman explique que lorsqu'une personne étudie la Torah, elle fait effectivement profiter autrui, car elle protège ainsi le peuple juif, elle soutient le monde entier.
Il ajoute : "L'étude de la Torah d'une personne est le plus grand acte de bonté que l'on puisse accomplir, car il profite à l'ensemble du peuple juif".
[libre arbitre oblige on ne s'en rend pas compte, mais telle est la réalité. Tous les juifs étant liés les uns aux autres, lorsqu'un juif étudie la Torah il injecte du positif qui bénéficie à tous les juifs. ]

On peut citer par exemple :
-> "Plus l’étude de la Torah est répandue, plus on s’évite des temps difficiles, et plus on annule les accusations portées contre Israël."
[le ‘Hafets ‘Haïm – dans son livre : "chem Olam I" – chapitre 22]
-> "Une personne qui étudie assidûment [la Torah] réalise un acte de bonté pour tous les juifs, en leur donnant un mérite protecteur"
['Hazon Ich - Kovets Igros 'Hazon Ich 1,63]

-> Notre engagement dans l'étude de la Torah est un poison pour les forces du mal (sitra a'hra).
Et pour le peuple juif, l'étude de la Torah est un élixir de vie (sam ha'haïm).
[Ram'hal - Dére'h ets 'Haïm]

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-> "A l'époque où le Tempe fut détruit, les Sages de cette génération décrétèrent ... que l'on doit laisser une place [sur le mur], d'une coudée carrée, en face de l'entrée sans peinture" (Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm - siman תקס).

Ainsi, lorsque l'on construit une maison, nous avons l'obligation de laisser un espace d’une ama carrée inachevé en souvenir de la destruction du Temple.
Le Pri Mégadim s'empresse de souligner que cette halakha ne s'applique qu'au domicile d'une personne. Lorsqu'une synagogue ou un beit hamidrach est construit, il n'est pas nécessaire de faire un "zé'her lé'Hourban" (un souvenir pour la destruction [du Temple]).

Le rav Shlomo Zalman Auerbach explique la raison de l'exemption d'une synagogue : "dans un endroit où il y a de l'étude de la Torah, il n'y a pas de destruction" (bémakom chéyech Torah én 'hourban).

=> Tant que le peuple juif étudiait la Torah dans la pureté le Temple n'a pas été détruit. Il en est de même dans nos institutions de Torah, où c'est comme si le Temple se tenait toujours "debout" dans un bâtiment où l'étude de la Torah a lieu.

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-> Pendant la période des 9 jours de deuil précédant le 9 Av, lorsque l'on participe à un siyoum on peut se réjouir, en mangeant par exemple de la viande.
Quelle est la raison derrière cette possibilité de sortir momentanément du deuil?

Le rav Lazer Gordon (le rav et roch Yéchiva de Telz) explique que lorsque quelqu'un termine un traité du Talmud, lorsque son engagement dans l'étude de la Torah l'amène à terminer une partie de la Torah (un traité), il n'y a plus de 'hourban (destruction [du Temple]).
Là où l'étude sérieuse et dévouée de la Torah a lieu, il n'y a pas de destruction.

Le siyoum ne crée pas une occasion joyeuse d’échapper à l'aveilout (endeuillé). Mais plutôt, il va rendre comme s'il n'y avait plus rien à pleurer, puisqu'il n'y a plus de 'hourban.
Comme le dit le rav Zalman Auerbach : "dans un endroit où il y a de l'étude de la Torah, il n'y a pas de destruction".

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-> Le rabbi de Klausenbourg nous enseigne la chose suivante :
"Malheureusement, les gens négligent énormément l'étude de la Torah, ce qui est considéré comme une grave faute. Ils ne réalisent même plus la gravité de leur comportement, au point qu'ils se sont persuadés qu'il est tout à fait autorisé de ne pas étudier la Torah.
L'homme n'arrive pas à prendre conscience que chaque fois qu'il discute de choses futiles, au lieu d'investir ce temps dans l'étude de la Torah, il annule plusieurs mitsvot positives de la Torah. Le Gaon de Vilna (Chenot Éliahou Péa 1,1) nous révèle, qu'à travers chaque mot de Torah qu'on étudie, on accomplit la mitsva d'étudier la Torah ...

Malheur à nous, que va-t-on répondre le jour du jugement?
Car malheureusement, il n'existe aucun homme sur terre qui ne soit pas concerné par cette faute-là. Et même les individus qui sont très pris par leurs occupations professionnelles, s'ils faisaient un bilan sérieux de leur emploi du temps, c'est évident qu'ils se rendraient compte qu'ils perdent beaucoup de temps dans des activités futiles et dérisoires.
Et cette faute a également des répercussions sur la qualité de la prière, comme il est dit : 'Celui qui détourne son oreille pour ne pas écouter des paroles de Torah, même sa prière sera une abomination.' (Michlé 28,9)"