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A Pourim, nous cherchons à compléter le nom de quatre lettres d'Hachem (יהוה), qui a été séparé par Amalek.
Chacune des 4 mitsvot de Pourim (lecture de la Méguila, matanot laév'yonim, michloa'h manot, nichté vésim'ha) correspond à l'une des quatre lettres du nom d'Hachem.
Chaque année, nous faisons de notre mieux pour accomplir ces mitsvot aussi complètement que possible, unifiant ainsi de plus en plus le nom d'Hachem.
Finalement, une année viendra où nous achèverons l'unification du nom de Hachem et où nous ferons venir le machia'h.
[rav Moché Wolfson]

"Sache que toutes les mitsvot (bonnes actions) que l'homme a accomplies ainsi que toute la Torah qu'il a étudiée lorsqu'il était encore un racha dans ce monde ajoutent de la force aux klipot (=forces du mal), jusqu'au moment où il se repent totalement et sincèrement, ce qui permet d'extraire toute cette sainteté"
[le Béer Hétev (dans son commentaire sur le Choulkhan Aroukh), au nom du Arizal ]

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-> Nous apprenons à partir de là que celui qui se consacre à l'étude de la Torah et à l'accomplissement des mitsvot sans se repentir, certes il rassemble une force phénoménale de sainteté, mais qui va directement nourrir les forces du sitra a'hra (forces du mal), augmentant du même coup, considérablement, son emprise destructrice dans le monde, à D. ne plaise.

Qui a financé la construction du 2e Temple? Haman.
Et qui a donné cet argent? A'hachvéroch.
[Yalkout Chimoni - Téhilim 802]

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-> Tout le festin au début du récit de la méguila avait pour but de célébrer le fait que le Temple n'avait pas été reconstruit (pensant que la date prévue de 70 ans était passée). Et même lorsqu'A'hachvéroch a fait comprendre qu'il souhaitait offrir jusqu'à la moitié de son royaume à sa bien-aimée Esther, il n'y a pas inclus le Temple dedans (Méguila 15b).
Et c'est précisément A'hachvéroch qui a donné l'argent d'Haman afin de pouvoir construire le Temple.

Matanot la’Evyonim suite au machia’h

+ Matanot la'Evyonim suite au machia'h :

-> Le Rambam (Hilkhot Méguila 2,18) déclare qu'à l'avenir, après la venue du machia'h, nous ne commémorerons plus les malheurs et les sauvetages qui ont frappé le peuple juif.
Cependant, Pourim est une exception ; il ne sera jamais aboli, et nous continuerons à commémorer notre salut face à Haman, comme le dit la Méguila (Esther 9,28) : ces jours de Pourim ne doivent jamais cesser parmi les juifs, et leur souvenir ne doit pas disparaître de la mémoire de leurs descendants.

-> On a demandé au rav 'Haïm Kanievsky :
Il est dit (voir Shabbat 151b ; Rambam - Hilkhot Mélakhim 12,5) qu'après la venue du machia'h, personne ne manquera de quoi que ce soit sur le plan matériel.
Si tel est le cas, il n'y aura plus de pauvres ; comment accomplirons-nous la mitsva de Matanot La'Evyonim?
Le rav Kanievsky répondit :
"Afin de permettre à d'autres d'accomplir la mitsva, certaines personnes déclareront probablement que tous leurs biens sont sans propriétaire (hefker). Légalement, elles seront alors considérées comme pauvres, et d'autres pourront accomplir Matanot La'Evyonim en leur offrant des cadeaux.

Bien que donner un cadeau à une telle personne ne semble pas remplir l'objectif de Matanot La'Evyonim, qui est de donner des cadeaux à ceux qui en ont vraiment besoin, en vérité, chaque mitsva, même celles instituées par les Sages, a de nombreuses raisons, dont certaines nous sont connues et d'autres non.
Le but principal de Matanot La'Evyonim est en effet de nourrir les pauvres, mais il existe d'autres raisons, dont nous ne sommes pas conscients, qui peuvent être réalisées tant que nous respectons la lettre de la loi, par exemple en donnant de l'argent à quelqu'un qui a le statut légal de pauvre, même s'il n'est pas vraiment dans le besoin."

Jour le plus propice à nos délivrances

+ Jour le plus propice à nos délivrances :

-> Pourim est un moment propice pour redoubler d'efforts dans l'accomplissement des précieuses mitsvot de ben adam la'havéro. Beaucoup de gens ont trouvé le salut dans les domaines de la santé et des finances après avoir prié à Pourim.
Nos séfarim kabbalistiques affirment qu'à Pourim, une personne peut obtenir plus facilement son salut personnel qu'à tout autre moment de l'année.

La raison pour laquelle Pourim est un jour si propice au salut, est que c'est un moment où une personne peut se renforcer dans une mitsva spécifique très chère à Hachem : la mitsva d'aimer son prochain comme soi-même.
A Pourim, plus que lors de toute autre fête, nous recevons des mitsvot spécifiques entre juifs, à savoir les mitsvot de Michloa'h Manot et Matanot LaEvyonim (contrairement aux autres fêtes, où nous recevons des mitsvot ben adam la'Makom).
Pour atteindre le véritable objectif des mitsvot de Pourim, à savoir renforcer l'amitié, il faut envoyer des Michloa'h Manot à ceux avec qui on n'était pas particulièrement proche. De plus, si une relation est tendue, montrer à un ami qu'on tient à lui en lui envoyant des Michloa'h Manot pouvait permettre de réparer les liens qui s'étaient effilochés.
[rav Aharon Leib Steinman]

La potence d’Haman

+ La potence d'Haman :

"Qu'ils construisent une potence de cinquante coudées de haut" (Esther 5,14).

-> Haman construisit une potence de cinquante amot (environ 25 mètres) de haut afin que tout le pays puisse voir Mordé'haï pendu. Cependant, il aurait semblé plus facile de suspendre Mordé'haï à la poutre alors qu'elle était posée au sol, puis de la soulever, plutôt que de le hisser au sommet d'une potence [déja érigée] de cinquante amot.
Cependant, Haman insista pour que la potence soit installée immédiatement, afin que, avant même d'aller demander au roi l'exécution de Mordé'haï, il puisse assouvir son désir de vengeance en contemplant l'imposante potence et en imaginant Mordé'haï pendu à celle-ci.

Ce besoin de Haman a conduit à sa propre pendaison : lorsque Haman est tombé en disgrâce auprès d'A'hachvéroch, 'Harvona a montré du doigt la potence suspendue dans la cour de Haman. Si Haman avait attendu avant d'ériger la potence, 'Harvona n'aurait vu qu'une poutre de cinquante amot posée sur le sol. Haman aurait pu prétendre qu'il l'utilisait comme bois de chauffage ou à d'autres fins.
Mais maintenant qu'elle était érigée, il était évident qu'elle était destinée à servir de potence, et Haman y fut pendu.
[rav 'Haïm Kanievsky]

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-> Le midrach (Otzar midrachim p.56) indique que la circonférence de la potence était de 12 amot (environ 6 mètres).
On peut supposer que le midrach déduit ce chiffre du fait qu'Haman et ses dix fils ont tous été pendus autour de la circonférence de la potence, les uns à côté des autres (Séli'hot pour Taanit Esther dit qu'ils ont été pendus "comme un chapelet de poissons", qui sont enfilés les uns à côté des autres).
Étant donné qu'une personne moyenne occupe une ama d'espace (voir Tossafot - 'Haguiga 11а), Haman et ses fils avaient besoin de 11 amot d'espace, avec une ama supplémentaire pour laisser un peu d'espace entre chaque corps.

[ le Targoum (9,14) n'est pas d'accord avec ce qui précède et soutient qu'Haman et ses fils ont été pendus les uns au-dessus des autres, sur toute la longueur de la potence.

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-> "il fit construire la potence" (Esther 5,14)

-> Le rav 'Haïm Kanievsky énumère les différentes opinions sur le type de bois utilisé pour construire la potence :
selon le midrach (Esther raba 9;2) indique que la potence était en bois épineux.
Le Otzar Midrashim (p.56) indique qu'elle était en cèdre.
Le midrach Abba Gourion indique qu'elle était en bois de gopher.
Le Pirké déRabbi Eliezer (chap.50) indique que la potence était faite de bois provenant du Kodesh HaKodachim dans le Temple, tandis que le Yalkout Shimoni (1056) indique que le bois était un reste de l'arche de Noa'h, qui avait servi de poutre centrale de soutien de la maison d'Haman.
[le Yalkout Shimoni ajoute qu'Haman a acquis cette poutre lorsque son fils Parchandata était gouverneur dans une province lointaine, où il a trouvé des morceaux de l'arche. ]
La Aggadat Esther (4,17) indique que le bois provenait du jardin du palais d'A'hachvéroch.

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-> "Lorsque le roi revint du jardin du palais" (Ester 7,8).

-> La guémara (Méguila 16a) rapporte que dans le jardin, A'hachvéroch vit des anges, qui ressemblaient à des hommes, déraciner des arbres.
Il demanda pourquoi ils détruisaient son jardin, et les anges répondirent que Haman leur avait ordonné d'abattre les arbres.

Le rav 'Haïm Kanievsky note que les anges ne mentaient pas. Le midrash (Aggadat Esther 4,17) indique que la nuit précédente, Haman avait envoyé ses serviteurs déraciner un arbre du jardin du palais afin de le transformer en potence pour Mordé'haï.
Ainsi, les anges montraient simplement à A'hachvéroch ce qu'Haman avait fait en secret la nuit précédente.

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-> "La potence que Haman avait construite pour Mordé'haï [...] se trouvant dans la maison de Haman ; elle mesure cinquante coudées de haut" (Esther 7,9).

-> A première vue, ce verset semble illogique : il semblerait que la hauteur, qui est une description de la potence elle-même, devrait être mentionnée avant son emplacement. Autrement dit, le verset devrait apparemment se lire ainsi : la potence que Haman avait construite pour Mordé'haï, qui mesure cinquante coudées de haut, se trouve dans la maison de Haman.
De plus, pourquoi le verset dit-il que la potence se trouvait dans la maison de Haman alors qu'elle n'était vraisemblablement pas dans sa maison mais dans sa cour?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique que ce verset fait allusion à un midrach qui décrit la provenance du bois utilisé pour la potence. Le midrach (Yalkout Shimoni 1056) indique qu'Haman chercha un morceau de bois de cinquante coudées de long, mais qu'il ne trouva rien, à part la poutre centrale de sa maison (qui était faite d'un morceau de bois provenant de l'arche de Noa'h).
Dans sa fureur de tuer Mordé'haï, il a retiré la poutre, détruisant ainsi sa maison. Notre verset y fait allusion en plaçant les mots "haute de cinquante coudées" juste après les mots "se trouvant dans la maison d'Haman".
Ainsi, le verset "se trouvant dans la maison de Haman ; elle mesure cinquante coudées de haut" indique que la poutre qui a servi à construire la potence se trouvait dans la maison d'Haman à une hauteur de cinquante coudées avant qu'il ne la démolisse pour construire la potence.
C'est également la raison pour laquelle le verset mentionne "dans la maison d'Haman" plutôt que "dans la cour d'Haman", afin d'indiquer que même si la potence se trouvait dans la cour d'Haman, la poutre se trouvait à l'origine dans la maison d'Haman.

La Méguila nous enseigne ce détail afin de souligner l'intensité de la haine d'Haman envers Mordé'haï: Haman était prêt à démolir sa propre maison afin de pendre Mordé'haï.

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-> "Et Parchandata et Dalfon ... les dix fils d'Haman" (Esther 9,7-10).

-> Le Shoulchan Aroukh (Ora'h 'Haïm 690:15) stipule que la personne qui lit la Méguila doit prononcer les noms des dix fils d'Haman, ainsi que le mot "asséret" (les 10), d'un seul souffle, afin d'indiquer qu'ils sont tous morts au même instant.

Le rav Kanievsky dit que l'ordre dans lequel les fils d'Haman sont énumérés dans le verset, ils sont classés par ordre d'âge.

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-> "La plupart de sa descendance, ses biens, sur l'échafaud, tu as été pendu" (rov banav vékinyanav al aétz talita - chant de Maoz tsour)

-> Dans Maoz Tsour, nous mentionnons la chute d'Haman, en disant qu'il a été pendu à la potence. Le sens littéral est la "plupart de sa descendance".
À première vue, dire que la plupart des enfants d'Haman ont été pendus semble incorrect. La guémara donne différentes opinions quant au nombre de fils d'Haman ; il avait soit 30, 90 ou 208 enfants. Les midrachim fournissent d'autres chiffres. Mais selon toutes les opinions, les dix fils qui ont été pendus à la potence ne représentaient pas la plupart de ses enfants ; il avait beaucoup plus d'enfants qui ont échappé à la pendaison. Comment pouvons-nous dire que la plupart des enfants d'Haman ont été pendu?

Le rav 'Haïm Kanievsky explique :
-> Tossafot ('Haguigah 11a) affirme que les dix fils d'Haman ne sont pas morts pendus. Ils ont en fait été décapités la veille ; leurs corps ont simplement été pendus au gibet le lendemain à titre de symbole public.
Sur cette base, nous pouvons comprendre comment "la plupart" des enfants d'Haman (rov banav) ont été pendus : comme les fils d'Haman n'avaient plus de tête lorsqu'ils ont été pendus, seule "la plupart" du corps de chaque fils a été pendue au gibet.

-> De son côté, le Rokéa'h (citées par Michna Béroura 690:54) selon lesquelles les dix fils d'Haman qui ont été pendus étaient de grands nobles. On peut supposer qu'ils ont été pendus à titre symbolique. Les autres enfants d'Haman étaient des citoyens ordinaires et ont donc été épargnés.

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-> La Mékhilta qui indique que les mots "ét zé'her", le souvenir [d'Amalek] (Béchala'h 17,14) font référence à Haman. Haman fut pendu avec ses 10 fils ; sa femme et les femmes de ses fils furent toutefois épargnées.
(les épouses ont été épargnées parce qu'elles appartenaient à des nations autres qu'Amalek ; voir Targoum Esther 5,10.)
Ainsi, seuls les hommes de la famille d'Haman ont été tués.

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-> Le midrach (Esther raba 9,2) indique qu'Haman s'est mesuré à la potence de 50 ama.
Cela signifie qu'Haman mesurait 50 amot.
Cependant, sa femme s'appelait Zérech ; la Torah indique que le 'Hochen, le pectoral du Kohen Gadol, mesurait "un zéret (זֶרֶת) de long et un zéret de large" (Tétsavé 28,16).
Ainsi, si Zérech avait la taille du Choshen, elle était donc très petite, et Haman était exceptionnellement grand de taille.
[rav 'Haïm Kanievsky]

"Haman leur raconta la gloire de sa richesse et de ses nombreux fils" (Esther 5,11).

=> Pourquoi Haman avait-il besoin de dire à sa famille combien il avait de fils? Ils le savaient sûrement déjà?

-> En se vantant de sa grandeur, Haman informa sa femme et ses fils qu'il était le père de nombreux enfants illégitimes issus d'autres femmes (Haman considérait cela comme un signe de son statut et de son attractivité), un fait dont sa femme et sa famille n'étaient pas au courant.
De plus, le verset indique qu'Haman informa sa famille de sa richesse ; bien qu'ils savaient qu'il était riche, il leur dit qu'il avait beaucoup plus d'argent que personne ne le savait. Il le gardait soigneusement caché, sans même en parler à sa famille jusqu'à présent, par crainte que quelqu'un ne le lui vole.

Le rav 'Haïm Kanievsky note également qu'Haman a mentionné la gloire de sa richesse devant ses nombreux fils ; pour Haman, c'était son argent, et non sa famille, qui était sa plus grande source de fierté.

-> Le rav Kanievsky rapporte les différentes opinions sur le nombre d'enfants qu'avait Haman :
La guémara (Méguila 15b) cite trois opinions : il avait 30 enfants ; il avait 90 enfants ; il avait 208 enfants.
Le Pirké déRabbi Eliezer (chap.50) affirme qu'Haman avait 40 enfants.
Le Targoum dit qu'il avait 219 enfants. Le Targoum ailleurs (9,14) laisse entendre qu'il avait 299 enfants.
Le midrach Shocher Tov (chap.22) affirme qu'Haman avait 100 enfants.

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-> Le midrach (Shocher Tov 22) indique que la fortune d'Haman était divisée en trois parts. Une part était donnée à Mordé'haï et Esther, une part était donnée aux érudits de la Torah, et une part était destinée à la reconstruction du Temple.

On demanda au rav 'Haïm Kanievsky : comment l'argent d'Haman, qu'il avait vraisemblablement utilisé à des fins idolâtres et pécheresses, pouvait-il servir à construire le Temple?
Le rav Kanievsky répondit qu'en réalité, Haman n'avait jamais utilisé sa fortune.
Il avait une telle soif de richesse qu'il se contentait d'amasser de l'argent et de le thésauriser ; il était incapable de s'en séparer et ne dépensait donc rien. Par conséquent, après sa mort, son argent était intact et pouvait être utilisé pour construire le Temple.

Haman voulait nous priver de la joie de Pessa’h

+ Haman voulait nous priver de la joie de Pessa'h :

"Les messagers se mirent en route précipitamment" (Esther 3,15).

=> Pourquoi Haman avait-il besoin d'envoyer les messagers si précipitamment ; le décret n'entrait en vigueur que 11 mois plus tard (le décret fut pris en Nissan mais n'entra en vigueur que le mois suivant, Adar)?
On peut comprendre que plus tard dans la Méguila, lorsque Mordé'haï envoya des lettres pour contrer le décret d'Haman, il envoya les messagers à toute vitesse, car les juifs vivaient dans la terreur et il souhaitait apaiser leurs craintes. Mais pourquoi Haman avait-il besoin d'envoyer ses messagers à une telle vitesse?

Haman savait que la fête de Pessa'h approchait et il voulait gâcher cette fête pour les juifs. Il envoya donc les messagers à toute vitesse, afin que la nouvelle de la destruction imminente des juifs parvienne à tout l'empire avant Pessa'h, privant ainsi les juifs d'une dernière fête joyeuse.
[rav 'Haïm Kanievsky]

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[ Haman avait conscience de l'importance pour un juif d'être joyeux, d'où son empressement pour le décret.
Combien notre Haman (yétser ara) met en place de choses pour nous empêcher d'être pleinement joyeux à Pessa'h, impliquant que nous ne revivons pas tout à fait ce moment unique de la libération de notre esclavage en Egypte. ]

Matanot La’évyonim

+ Matanot La'évyonim (par le rav Wolfson) :

-> Bien que les juifs soient exhortés à donner la tsédaka, nous ne sommes pas obligés de donner à tout le monde tout le temps. Il existe des halakhot qui définissent une hiérarchie dans le don.

Cependant, Pourim est différent. Quiconque tend la main reçoit quelque chose, sans se soucier de savoir s'il est méritant. Nous donnons même aux non-juifs à Pourim. [O.C. 694:3 ; Yérouchalmi Méguila 4a]

Cela symbolise ce qui se passe à Pourim : Hachem donne à tous ceux qui tendent la main. Les méritants reçoivent des michloa'h manot, des cadeaux d'amitié, de la part d'Hachem. Mais tout le monde peut recevoir de la tsédaka d'Hashem, à condition de la demander.
Nous méritons des délivrances dont nous ne sommes pas dignes (cadeau gratuit de notre papa Hachem, au-delà de tout mérite personnel).

Un autre nom de Mordé'haï est Péta'hya (פְּתַחְיָה) [lié à la racine potéa'h], qui signifie "ouvert" (comme l'affirme la michna Massé'het Shékalim, qui ajoute qu'il ouvrait les sujets [spirituels qui étaient comme fermés], et qu'il parlait couramment 70 langues [membre du sanhédrin]).
Les portes qui sont toujours fermées [au ciel, le restant de l'année] s'ouvrent à Pourim.
Cela se reflète dans la guémara qui apporte 17 versets servant d'ouvertureà la megillah (les 17 pesikhtas).
A Pourim, tout s'ouvre, et il est beaucoup plus facile de mériter une délivrance.

Prenez le temps, dans le chaos de la journée, de vous confier à un Téhilim. Demandez la parnassa, la santé, les chidouchim, les enfants, ...
Et demandez à Hachem de vous tendre une main spéciale de Pourim pour vous aider à revenir vers Lui, qu'Il plante en vous l'amour de la Torah et des mitsvot, que vous soyez transformé.

Approchez-vous d'Hachem comme un pauvre, sachez que vous n'avez rien et qu'Il a tout, que vous dépendez totalement de Lui pour tous vos besoins, vos envies et vos désirs. "Je n'ai personne d'autre que Toi, Hachem."

En réalité, nous sommes tous des collecteurs à Pourim. Hachem répand Sa bonté [à tout juif], et si nous sommes intelligents, nous profitons pour la recueillir.

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-> Donner la tsédaka est une mitsva centrale et déterminante pour un juif, que nous prenons très au sérieux et que nous nous efforçons d'accomplir aussi généreusement que possible.

Lorsque nous tendons la main et mettons une pièce (ou, espérons-le, une somme plus importante) dans la main du destinataire, nous créons un yi'houd (une unification) du nom d'Hachem.
L'argent que nous donnons représente le youd, la main du donateur avec ses cinq doigts symbolise le premier hé, le bras fait allusion au vav, et la main du bénéficiaire est le hé final.
Lorsque la main du donateur avec le don rencontre celle du bénéficiaire, un yi'houd du nom d'Hachem est créé. [Arizal - séfer Likoutim - parachat Réé]
[lorsque l'on donne la tsédaka à une personne du sexe opposé, il convient de passer l'argent d'une main à l'autre afin de créer soi-même cette unification, car il n'est pas convenable de créer un yi'houd avec un homme/une femme sans lien de parenté. ]

Mais la tsédaka donnée tout au long de l'année n'est rien comparée à la tsédaka de Pourim.
Une mitsva est comme un interrupteur. Combien de watts de lumière une mitsva génère-t-elle? Eh bien, cela dépend de ce à quoi l'interrupteur est connecté. Un interrupteur connecté à une ampoule ordinaire peut générer 120 watts de lumière.
Mais qu'en est-il d'un interrupteur sur le tableau électrique principal d'un gratte-ciel?

De même, tout au long de l'année, la tsédaka génère une lumière spirituelle extraordinaire. Cependant, elle est loin d'égaler la puissance de la tsédaka à Pourim.
Tout comme quatre coupes de vin ordinaires deviennent une mitsva d'une importance colossale la nuit du Séder, la mitsva de la tsédaka revêt une importance considérable à Pourim.

Nous devons préparer beaucoup d'argent à donner aux pauvres. Et puis, nous devons en ajouter un peu plus. Nous devons donner des sommes qui ne sont pas faciles pour nous (chacun selon ses moyens), cela doit faire mal. Mais ensuite, nous devons nous réjouir de ce don afin qu'il ne fasse plus mal.

-> Et c'est en fait notre don qui génère la généreuse distribution par Hachem d'un énorme flux de bonté (chéfa) et de bénédictions en ce jour saint.
Comme l'enseigne le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - fin Kédoucha Sheniya) :
"Heureux celui qui génère de la satisfaction (na'hat roua'h) à son Créateur en célébrant toutes les mitsvot, et en particulier la mitsva de tsédaka et de matanot la'evyonim, et qui le fait avec joie et grande réjouissance.
Lorsque vous donnez aux pauvres, ne laissez pas votre cœur ressentir de la douleur ou de l'avarice [en vous inquiétant] de manquer d'argent, car [en donnant], vous avez généré de la bonté ('hessed) dans tous les mondes.
Alors, à partir de ce 'hessed, Hachem vous donnera 1 000 fois plus et vous bénira, comme Il nous l'a dit.

Grâce à nos matanot la'evyonim, nous provoquons un grande flux de bonté (chéfa) dans le monde matériel, qui s'appelle "evyonim". Lorsque vous ajoutez une grande bonté/générosité à ce monde, votre richesse et votre honneur augmentent, [vous aidant dans] votre avoda, votre yira et votre Torah.

Nous devrions être très heureux de cette mitsva et ne pas nous contenter de dire à notre famille de donner aux pauvres. Au contraire, nous devons nous-mêmes donner généreusement et avec un cœur bienveillant au messager par lequel nous envoyons les matanot la'evyonim.
Et il est très bon de donner par l'intermédiaire de nos jeunes fils et filles afin de les habituer aux mitsvot.

Grâce aux matanot la'evyonim de ce jour, Hachem devrait nous bénir d'une grande bonté ('hessed), de joie et d'allégresse dans tous les mondes, jusqu'à ce monde de la nature (naturalité).
Grande est la tsédaka qui rapproche la géoula."

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-> Une personne doit donner avec tant de générosité à Pourim, "ad délo yada", jusqu'à ne plus savoir, jusqu'à perdre le compte de ce qu'elle donne. Elle devrait atteindre un sommet, comme si elle était ivre, de l'exaltation du don. C'est le don de la tsédaka à Pourim qui génère la joie de ce jour.

[dans le contexte des matanot la'evyonim, le Rambam (Hilkhot Méguila 2,17) écrit qu'il n'y a pas de plus grande joie que de réjouir les pauvres et les opprimés, et qu'il est donc approprié de dépenser davantage pour les matanot la'evyonim que pour les michloa'h manot et la séoudat Pourim. ]

Nous menons une guerre contre Amalek en donnant la tsédaka ; chaque euro (shekel) affaiblit le pouvoir du mal. La tsédaka que nous donnons à Pourim ouvre la voie à la guéoula que nous espérons voir arriver en Nissan, car le machia'h vient grâce au mérite de la tsédaka.
Et si quelqu'un n'a pas d'argent, il peut obtenir tous les bienfaits du don en collectant pour les pauvres.

[rav Moché Wolfson ]

La Méguila

+ La Méguila (par le rav Wolfson) :

-> Contrairement aux autres séfarim du Tanakh, la méguila (qui est dans les Kétouvim), bien qu'elle soit appelée Séfer comme dans : "véni'htav baSéfer" (Ether 9,32), elle est également appelée lettre (iguéret) comme dans : "iguéret aPourim azot" (cette lettre de Pourim - Esther 9,29).
La double nature de la méguila a une incidence sur ses halakhot. Par exemple, le baal kriat (celui qui va la lire) ne roule pas la méguila comme un séfer Torah, mais l'ouvre entièrement comme une lettre (Méguila 19a).

Ses qualités sont à la fois celles d'un séfer et celles d'une lettre. Par exemple, un auteur publie un livre dans l'espoir d'attirer le plus grand nombre de lecteurs possible, mais il ne désigne pas de personnes spécifiques comme lecteurs visés ; toute personne intéressée par le contenu le prendra, le lira et l'étudiera. De même, la méguila contient des informations précieuses pour tout lecteur intéressé.
En revanche, une lettre s'adresse à une personne ou à un groupe de personnes spécifique et n'intéresse que celles-ci et personne d'autre. Mais elle présente un intérêt suprême pour elles (ex: une lettre d'amour, une lettre d'un enfant à ses parents pendant ses vacances loin d'eux).

La méguila est une lettre adressée à chacun d'entre nous, et chaque détail de celle-ci captive notre intérêt. La méguila est fascinante parce que c'est une lettre adressée par notre Père céleste à chacun d'entre nous en particulier.
Personne ne peut dire : "Le livre du roi? Qu'est-ce que cela a à voir avec moi?". La méguila s'adresse à chaque juif ; chaque mot est doux parce qu'il est personnel (comme écrit spécifiquement pour mon moi réel, mon âme).

Parce que chacun de nous trouve son nom sur son enveloppe : "[La méguilat] Esther trouve grâce aux yeux de tous ceux qui la voient" (Ether 2,15). Même si nous sommes tombés très bas spirituellement, une lettre peut voyager très loin. À Pourim, le Roi (le boss absolu : Hachem) tend la main à ceux qui sont rejetés en dehors des Nuées de gloire, en envoyant à chacun d'eux un message personnel.

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-> Cela explique un phénomène unique concernant la méguila. Alors qu'il existe un targoum (une traduction en araméen) pour tout le Tana'h, le targoum de la méguila est particulièrement long, et en outre, il existe un deuxième targum (le targoum shéni).
Une traduction fait sortir un texte des limites de sa langue d'origine. En particulier, l'araméen rend accessible aux profanes un contenu trop élevé dans le lachon kodech original. La méguila comporte beaucoup plus de targoum que tout autre séfer du Tana'h, car elle s'adresse à tout le monde.

[on peut ajouter sur ce sujet que : le Arizal (Likouté Torah - parachat Lé'h Lé'ha) note que תרגום (targoum) a la même gematria que תרדמה (tardéma - sommeil) soit 649. Dans le récit de Pourim, Haman a accusé les juifs d'être : yéchénim - yachnou (endormis par rapport aux mitsvot - Méguila 13b), et Hachem "dormait" en ce sens qu'Il n'était pas visible et actif sur la scène. ]

-> Pour accomplir la mitsva d'étudier la Torah, il suffit d'écouter ou de répéter les mots ; il n'y a aucune obligation de lire à partir d'un séfer Torah casher. Mais la mitsva de lire la méguila ne peut être accomplie qu'en la lisant à partir d'une méguila cashère, écrite avec de l'encre matérielle sur une peau d'animal, et c'est une obligation plus sérieuse encore que la lécture de la Torah.
En effet, il ne suffit pas que la méguila touche notre esprit ou même notre cœur. La méguila doit se manifester au niveau le plus bas, le plus physique (matériel), et y apporter la pureté.
Nous ressentons de la joie après la lecture de la méguila, car [grâce à cette lecture] non seulement notre âme a été élevée, mais notre corps a également été purifié.

Le 'Hatam Sofer note que les lettres מגילה (méguila) sont les premières que : להעביר גלולים מן הארץ (léaavir guiloulim min aarets - paroles que nous disons dans le Alénou léchabéa'h) = "pour enlever l'idolâtrie de la terre", car la lecture de la méguila débarrasse le monde de l'impureté.
La méguila a été écrite pour une génération qui avait commencé à se marier avec des non juifs. Aujourd'hui, alors que la plupart des juifs sont profondément enlisés dans l'impureté et que les mariages mixtes sont monnaie courante, nous avons désespérément besoin de la purification de la méguila.

[on ne se rend pas compte de ce qu'une 'simple' lecture de la méguila (faite selon la halakha) peut avoir comme impact en nous, et dans le monde entier! ]

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-> Habituellement, nous cachons les objets de kédoucha (sainteté). Nous fermons un séfer lorsque nous ne l'étudions pas, et nous gardons un rouleau de la Torah fermé entre les lectures ; même lorsque nous lisons la Torah, nous ne gardons ouverte que la partie qui est lue.
Nous cachons la sainteté afin que les forces d'impureté, si répandues dans notre monde matériel, ne s'opposent pas à nos réussites spirituelles.

Mais Pourim est différent. Nous goûtons un peu à l'avenir, lorsque les mondes les plus élevés purifieront les sphères les plus basses, apportant la sainteté partout.
Nous déployons donc la méguila, nous laissons sa lumière intense se répandre au maximum. Que chacun fasse l'expérience du fait que "laYéhoudim ayeta ora - il y avait de la lumière [spirituelle] pour les juifs - Esther 8,16).

Et, contrairement à toute autre lecture de la Torah, nous lisons la méguila non pas une fois, mais deux fois. Laissons la lumière de la méguila pénétrer à nouveau, élevant plus profondément le monde, le remplissant de divinité.

Nous gardons la méguila grande ouverte (pendant toute la lecture, à l'inverse du séfer Torah qu'on enroule au fur à mesure) pour une autre raison : afin que toutes sortes de délivrances (yéchouot) se manifestent.
Comme le dit le Maor vaChémech (Rimzé Pourim), nous avons parfois besoin [d'une personne importante comme] un roi pour promulguer des lois favorables aux juifs, c'est ce que nous avons dans la méguila. Parfois, nous avons besoin qu'un racha meure, cela se trouve également dans la méguila.
Si les juifs ont besoin d'argent, dans la méguila, Mordé'haï reçoit tous les biens d'Haman.
Alors bien sûr, nous n'enroulons pas la méguila, laissons chaque mot répandre au maximum sa bénédiction unique.
[en lisant le texte on réveille (réactive de nos jours) tous les belles choses qui y sont cachées, et en laissant ouverte la méguila on fait en sorte qu'elles se déversent le plus possible sur nous. ]

Nous écoutons attentivement chaque mot. Chaque mot crée un nouvel ange, un ange de Pourim, qui nous accompagnera tout au long de l'année.
Chaque mot porte ses secrets, ses délivrances et son pouvoir unique de purification.
Nous nous préparons à l'avance en nous familiarisant avec autant de commentateurs que possible. Nous voulons tirer le meilleur parti possible de la lecture de la méguila.

-> Le mot מגלה (méguila) a la même valeur que 3 fois le Nom d'Hachem (יהוה), soit 78.

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=> la méguila est une lettre personnelle adressée à chacun juif.
Sa sainteté purifie le monde, répandant la lumière et les délivrances.

[enseignements du rav Moché Wolfson]