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"Bigtan et Térech se mirent en colère et cherchèrent à s'en prendre au roi A'hachvéroch" (Esther 2,21).

-> La guémara (Méguila 13b) indique que Bigtan et Térech étaient tous deux chargés d'apporter des boissons à A'hachvéroch pendant la nuit, et qu'ils étaient en colère contre lui parce qu'il perturbait leur sommeil.
Ils avaient donc prévu de le tuer avec du poison.

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-> Né'hémia, l'un des chefs des juifs qui retournèrent en terre d'Israël à la fin de l'exil babylonien, était l'échanson du roi Darius (Daryavech). [voir Né'hémia 1,11 ; Tossafot, Roch Hachana 3b ]
En tant qu'échanson, Né'hémia devait goûter tout le vin avant qu'il ne soit servi au roi, afin de s'assurer qu'il n'était pas empoisonné.
[Né'hémia avait reçu une dispense spéciale lui permettant de boire le vin non casher du roi - voir Rachi, Kidouchin 69b. ]

-> Le rav 'Haïm Kanievsky note que ce Daryavesh, Daryavesh le Persan, était le fils et le successeur d'A'hachvéroch. Il est possible que la pratique consistant à goûter tout le vin avant de le servir au roi soit un vestige de l'époque d'A'hachvéroch, qui avait institué cette pratique après que Bigtan et Térech aient tenté d'empoisonner sa coupe.

"Au dixième mois, qui est le mois de Tévet" (Esther 2,16).

=> Pourquoi la Méguila mentionne-t-elle ce détail apparemment inutile que le dixième mois est le mois de Tévet?

-> Ramban (Bo 12,2) affirme qu'à l'origine, les mois juifs n'avaient pas de nom ; ils étaient désignés uniquement par des chiffres : Nissan était appelé "le premier mois", Iyar était appelé "le deuxième mois", et ainsi de suite. Les noms que nous utilisons sont des noms babyloniens ; après le retour des juifs en terre d'Israël après l'exil babylonien, ils ont commencé à désigner les mois par leurs noms babyloniens, afin de rappeler le fait qu'ils avaient été en exil en Babylonie et qu'Hachem les avait ramenés dans leur patrie.

Sur cette base, nous pouvons expliquer notre verset : comme la Méguilaha été écrite avant la fin de l'exil babylonien, elle fait référence à Tévet comme étant le dixième mois, car à cette époque, les mois n'étaient connus que par des numéros.

Peu après, lorsque les juifs sont revenus d'exil et ont commencé à désigner les mois par leurs noms babyloniens, le nom Tévet a été ajouté afin de préciser le mois au cours duquel cela s'est produit.
[rav 'Haïm Kanievsky]

"Il se souvint de Vachti, de ce qu'elle avait fait et de ce qui avait été décrété contre elle" (Esther 2,1).

-> Le sens littéral de ce verset semble être que "ce qu'elle avait fait" = cela fait référence à la désobéissance de Vachti envers A'hachvéroch.

Cependant, la guémara (Méguila 12b) interprète ce verset différemment, et suppose que "ce qu'elle avait fait" = cela fait référence aux fautes que Vachti avait commis avant le festin. Elle exigeait que les jeunes filles juives travaillent pour elle, dénudées, le jour du Shabbat.
Sa punition fut d'être condamnée à comparaître nue devant A'hachvéroh le jour du Shabbat, ce qui entraîna sa mort.
La déclaration de notre verset, ce qu'elle avait fait et ce qui avait été décrété contre elle, indique que ce qui avait été décrété contre elle correspondait directement à ce qu'elle avait fait : elle fut punie "mesure pour mesure" (mida kénégued mida) pour ses fautes.

Shoushan Pourim

+ Shoushan Pourim (par le rav Wolfson) :

-> Le Baal HaTanya demanda un jour à quelqu'un d'aller chercher des mézouzot chez un sofer dans la ville où il se rendait. Le messager décida que si ce sofer était assez bon pour le Baal HaTanya, cela valait certainement la peine de commander quelques mézouzot pour lui-même également.
Quand il vint chercher les mézouzot, le sofer emballait soigneusement celles du Baal HaTanya séparément de celles du messager. Ce dernier se sentit insulté. "Je veux aussi de bonnes mézouzot, pensa-t-il, pourquoi m'en a-t-il donné des moins bonnes?" Il échangea donc les paquets.
Quand il donna les mézouzot au Baal HaTanya, celui-ci demanda : "Ces mézouzot sont pour moi?!"
Oh, j'ai fait une erreur, celles-ci sont pour le rabbi.
Oui, ces mézouzot sont les miennes.

Lorsque le messager retourna voir le sofer, il lui demanda : "Pourquoi me traitez-vous avec tant de désinvolture? Pourquoi ne pouvez-vous pas avoir autant de kavanot en écrivant mes mézouzot qu'en écrivant celles du Baal HaTanya?"
"J'ai les mêmes intentions lorsque j'écris toutes les mézouzot. Cependant, le rabbi veut que j'écrive ses mézouzot spécifiquement le 15 du mois. Vos mézouzot sont identiques aux siennes, mais je ne les ai pas écrites le 15 du mois."

-> Le 14 Adar, nous célébrons le formidable et sublime Pourim, le jour où la lumière du Kéter (la plus haute de séfirot) descend sur les juifs même les plus bas spirituellement dans l'exil.
Le 15 Adar, nous montons d'un cran. Avec la lune qui brille dans le ciel, Pourim atteint sa perfection future, lorsque la lune brillera aussi fort que le soleil. Shoushan Pourim est plus proche du Yom Tov Pourim qui verra l'arrivée du machia'h.

Pourim correspond à Esther, la jeune fille orpheline perdue dans le palais d'A'hachvéroch. Mordé'haï s'était exilé de la terre d'Israël pour l'élever, dit le Targoum Shéni (Esther 2,7). Pourquoi n'a-t-il pas pu la ramener en terre d'Israël et l'élever là-bas?
Parce qu'il savait que les juifs en galout (exil) ont besoin d'un Pourim ; Esther devait être exilée et apporter la lumière dans les endroits les plus bas.

Mais Esther supplia A'hachvéroch : "Demain devrait également être donné aux juifs de Shoushan" (Esther 9,13).
Elle voulait un jour qui commémore Jérusalem, la ville sainte qui avait alors été détruite et profanée. Bien sûr, elle ne pouvait pas le dire à A'hachvéroch, qui détestait Jérusalem de toutes ses forces, alors elle a formulé sa demande comme un hommage à Shoushan. [voir le Ran - au début de Massékhet Méguila]

Esther savait qu'à terme, la ville de Shoushan serait détruite et recouverte, comme tous les empires finissent par être renversés et détruits. Cependant, Jérusalem est éternelle.
Comme nous le voyons aujourd'hui, il n'y a aucune ville au monde qui célèbre Shoushan Pourim avec certitude, à l'exception de Jérusalem.

Shoushan Pourim, selon la halakha, est destiné aux villes entourées de murailles à l'époque de Yéhochoua bin Noun. Comme la seule ville actuelle dont nous savons avec certitude qu'elle était fortifiée à l'époque de Yéhochoua est Jérusalem, c'est seulement là que l'on célèbre Shoushan Pourim.

Pourim est donc un jour dédié aux juifs exilés, comme Esther. Comme ceux qui vivent dans des villes non fortifiées, ils sont vulnérables à toutes sortes de dangers physiques et spirituels.
Shoushan Pourim est destiné à Mordé'haï, ces juifs saints et élevés de Jérusalem, qui peuvent dire d'eux-mêmes "ani 'homa" (je suis un muraille - Shir haShirim 8,10), en référence à leur statut d'immergés et d'érudits dans la Torah, en particulier les secrets de la Torah qui sont enfermés et scellés uniquement pour les quelques-uns qui en sont dignes.

Pourim a été déterminé par le goral (tirage au sort), pour ceux qui ne peuvent mériter quoi que ce soit d'autre, car ils sont trop indignes (n'ont pas les mérites nécessaires). [c'est des cadeaux gratuits de bonté d'Hachem]
Shoushan Pourim a été choisi et déterminé par Esther pour ceux qui ont [les mérites spirituels pour prétendre aux bontés du Ciel] grâce à leur avodat Hachem.

Chacun de ces deux jours saints a son propre avantage.
Shoushan Pourim ne peut pas descendre aussi bas que Pourim, mais Pourim ne peut pas monter aussi haut que Shoushan Pourim. Ensemble, ces jours créent un Pourim complet.

Chaque année, Hachem, dans Son infinie hachgakha pratit (providence divine), donne à chaque personne le type de Pourim dont elle a besoin. Si nous avons besoin du Pourim ordinaire qui descend, descend, descend, Hachem veillera à ce que nous soyons en dehors de la sphère de Jérusalem.
Si nous sommes à un niveau où nous pouvons nous élever jusqu'à Shoushan Pourim, Hachem nous placera dans les environs de Jérusalem.

Même si nous nous trouvons à Brooklyn, Paris ou Londres, nous ne sommes pas coupés de la joie de Jérusalem. Parce qu'un juif est là où se trouve son cœur, si nos cœurs sont tournés vers Jérusalem, alors même si nous ne sommes pas [physiquement] à l'intérieur de Jérusalem, nous sommes au moins dans ses environs.

Et l'une des caractéristiques merveilleuses de Pourim à Shoushan est qu'il n'est pas seulement célébré à Jérusalem elle-même, mais également dans tous les quartiers que l'on peut voir depuis Jérusalem ou qui se trouvent à proximité.

Cela est logique, car après tout, Pourim concerne les juifs expulsés des Nuées de Gloire qui le suivent, qui ne sont que proches de lui. Bien que Pourim à Shoushan soit destiné aux juifs élevés de Jérusalem, il conserve néanmoins la qualité de Pourim, le Yom Tov qui dépasse les limites de la sainteté pour inclure ceux qui n'en font pas encore partie.
Par conséquent, même si nous ne parvenons pas tout à fait à y entrer, tant que nous sommes à proximité de Jérualem (ex: en aspirant y être, en y étant sincèrement proche dans le cœur), la ville sainte étendra ses limites pour nous inclure.

Ainsi, même si nous sommes à des milliers de kilomètres, si nous nous tournons vers Jérusalem, nous sommes proches de Jérusalem et pouvons nous réjouir avec elle de sa fête spéciale, Shoushan Pourim, le jour où elle goûte à son avenir, à la gloire promise, alors que, toute petite, "Jérusalem s'étendra bien au-delà des limites de ses murailles" (pézarot téchev Yérouchalayim - Zé'haria 2,8) pour inclure les multitudes qui affluent vers elle : "Je serai pour elle, dit Hachem, une muraille de feu qui l'entoure, et comme un honneur, Je serai en son sein".
Jérusalem s'étendra bien au-delà de ses frontières actuelles pour inclure, protéger et entourer chaque juif.

[rav Moché Wolfson]

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=> De Pourim, nous passons à Shoushan Pourim, le grand Yom Tov de Jérusalem.

Vente de Yossef par ses frères

+ Vente de Yossef par ses frères :

-> Le Targoum Shéni (3,14) déclare que les juifs ont été "vendus" à Haman en punition pour la vente de Yossef par ses frères, un péché qui n'avait jamais été complètement expié.
Le rav 'Haïm Kanievsky note que bien que la Torah laisse entendre (Vayigach 45,5 & Vayé'hi 50,21) que Yossef a pardonné à ses frères de l'avoir vendu, en réalité, ses frères ont commis deux fautés : ils ont fauté contre Yossef et ils ont fauté contre Hachem.
Si Yossef pouvait pardonner à ses frères leur faute contre lui, il ne pouvait pas leur pardonner leur faute contre Hachem. Par conséquent, cette faute n'a jamais été complètement expiée, et leurs descendants ont été "vendus" à Haman en guise d'expiation.

[de plus, Rabbénou Bé'hayé affirme que Yossef n'a jamais explicitement pardonné à ses frères leur faute contre lui, et que même ce péché nécessitait donc une expiation. ]

La guémara (Roch Hachana 11a) rapporte que Yossef fut libéré de la prison de Potiphar à Roch Hachana.
Si sa libération proprement dite revêt une grande importance (marquant le début de l’exil en Égypte), cela peut être interprété de manière homilétique comme faisant allusion à la libération de l’étincelle divine de chaque juif à Roch Hachana.
Ce noyau de bonté, appelé "yossef" (pour "ajouter"), en raison de notre souhait sincère qu’il soit renforcé, est lié toute l’année au corps et à nos passions physiques (matérielles), mais il est libéré à Roch Hachana.
[Sfat Emet - Elloul véyamim noraïm - Likoutim 5663 ]

L'un des remèdes à une mauvaise conduite sexuelle (contraire à la halakha) est l'observance correcte du Shabbat.
[Yessod Yossef ]

La séquence (tékia, téroua, tékia), rappelle le voyage d'un juif vers la téchouva.
Le premier tékia représente une personne avant de fauter, la téroua, le spectacle bouleversant de la faute, ensuite le tékia final qui représente celui qui retour (baal téchouva), dont la position est plus grande que celle d'un tsadik parfait.
[Sfat Emet - Elloul véyamim noraïm - Likoutim ]

Gravité de parler Shabbath à la synagogue

-> Un problème qui découle du fait de parler pendant la prière est que cela empêche les prières de la communauté de monter. Il faut donc être très prudent et éviter de parler dans la synagogue, car cela pourrait ruiner la prière de toutes les personnes présentes.

-> Le 'Hida écrit que si l'on sait que l'on va parler pendant la prière, il vaut mieux prier chez soi, car le fait de parler empêche les prières de monter au ciel.

-> Le Zohar (Vayakel 205) enseigne que parler pendant la prière le jour du Shabbat est une violation encore plus grave.
Le Kaf Ha'Haïm (151,8) explique que c'est parce que parler dans la synagogue chasse la Chékhina.
La Chékhina est plus présente dans la synagogue le jour du Shabbat ; par conséquent, parler le jour du Shabbat pendant la prière est une faute encore plus grave.

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-> La guémara (Yébamot 6a) déclare : "Ce n'est pas que vous ayez la crainte du Temple, mais plutôt que vous craignez Celui qui réside dans le Temple."
De même, nous ne craignons pas la synagogue et le beit midrach en soi, mais plutôt le fait qu'Hachem y est beaucoup plus présent, Sa Chékhina y repose bien davantage qu'ailleurs, et nous devons veiller à les traiter avec sainteté.

[on peut éventuellement ajouter qu'à Shabbath nous avons davantage de divinité en nous (âme supplémentaire), nous sommes dans un état plus élevé spirituellement, et il est donc plus grave qu'une personne plus noble en vienne à manquer de respect au Roi des rois.
(alors qu'on a davantage de D. en nous, on manque de respect à D.! )]

Le shofar de Roch Hachana symbolise la libération des âmes du yétser ara.
Il n’y a pas de meilleur exemple de cette liberté que les Avot (Patriarches), qui a goûté au monde à venir alors qu'il était déjà dans ce monde (cf. guémara Baba Batra 16b).
Cette perception d'un autre monde, ce sentiment d'être libéré des chaînes du yétser ara, a été vécu par les 3 Patriarches et est préservée à travers les trois sons distincts du shofar (la tékia initiale suivi d’un téroua et de la tékia finale).
S’il peut nous sembler utopique d’aspirer aux niveaux exceptionnels de liberté spirituelle atteints par les Patriarches, en vérité, tout juif qui décide de suivre leurs traces méritera de se libérer du yétser ara.

Tout comme les Patriarches ont maîtrisé leur yétser ara, nous pouvons nous aussi triompher de la mauvaise inclination, aidés par le son du shofar.
Même la tentation de commettre les fautes les plus graves, l’idolâtrie, les mariages interdits, le meurtre et les propos malveillants (lachon ara), peut être maîtrisée à mesure que nous accédons à une liberté renouvelée à Roch Hachana.
[Sfat Emet - Elloul véyamim noraïm 5664 ]