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La veillée de Shavouot

+ La veillée de Shavouot :

-> "Le soir de Shavouot, Hachem purifie les juifs pour qu'ils soient aptes à recevoir la Torah.
C'est ce qui est écrit dans le Zohar : "Pendant cette nuit, de la pureté descend ici-bas pour les juifs". "
[Sfat Emet]

-> "Celui qui ne s'endort pas durant cette nuit, même un court instant, et étudie toute la nuit sera assuré de finir l'année, exempt de tout problème ... tout dépend de cette nuit là."
[ le Arizal - Chaar haKavanot]

-> Selon le Zohar (vol.1, 9b), celui qui étudie durant cette nuit sera protégé en haut et en bas, et terminera son année en paix.

-> Selon le 'Hemdat Yamim : "De la même façon que l'homme ne dort pas cette nuit-là, son mazal aussi ne dormira pas pendant cette année".

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-> Le midrach (Pirké déRabbi Eliézer chap.41) rapporte que la nuit précédant le don de la Torah, les juifs allèrent se coucher, et au petit matin, alors qu'approchait l'instant où Hachem se dévoilerait sur le mont Sinaï, ils dormaient toujours.
C'est alors que Moché alla les réveiller en leur disant : "Le 'Hatan (Hachem) est déjà arrivé et il cherche Sa kalla (les juifs)".

C'est pourquoi afin de réparer leur faute, on a pris l'habitude de rester éveillé toute cette nuit en étudiant la Torah.

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+ "Pendant la fête de Shavouot, nous sommes jugés sur les fruits de l'arbre" [guémara Roch Hachana 16a]

Le Chlah haKadoch de commenter :
"Ces fruits-là sont en fait les âmes qui s'envolent de l'arbre de D.
Le monde est jugé en ce jour sur la Torah qui lui a été donné ce même jour et qu'il s'est abstenu d'étudier.
[ qu'avons-nous fait des capacités et des opportunités de Torah que nous avons pu avoir l'année écoulée?]
[...]
Le jugement auquel D. procède lors de la fête de Shavouot ne concerne pas seulement la Torah elle-même, c'est-à-dire de décider quelle perception de la Torah aura chacun de nous, mais aussi quels seront les moyens qui nous permettrons de l'étudier.
[...]
Cette nuit [de Shavouot] est une occasion pour mériter une bonne vie sans aucun dommage tout au long de l'année qui suit.
Et même si à Roch Hachana, on n'aura pas mérité un jugement particulièrement favorable, mais comme moyen pour étudier la Torah, on pourra alors bénéficier de la vie et de toutes bonnes choses. "

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-> "Même si quelqu’un objecte que [sans la veillée] l’on pourrait étudier plus d’heures en gardant un programme normal pendant la journée de Shavouot, l’objectif est tout autre.
Nous montrons notre extraordinaire dévouement, sans compromis, pour l’étude de la Torah le jour où la Torah a été donnée au peuple d’Israël."
[Rabbi Its'hak Berkovits]

-> "Celui qui perd son temps [durant la veillée] est considéré comme ayant dormi."
[michna Broura - "yochèv batèl kéyachène damé "]

"Mes amis, mes frères, enfants chéris de D., comme il est convenable en ce jour élevé du don de notre sainte Torah (Shavouot), qui englobe tout et qui fut enfouie pendant des milliers d'années, de se réjouir plus que pour toute autre fête!

Il faut s'élever en ce saint jour, que ce soit pendant la prière ou pendant l'étude et en particulier pendant que l'on mange ou boit.
Il faut imprégner notre cœur d'une immense joie et être très reconnaissant envers le Créateur, qui nous a donné, à nous aussi, une part dans le peuple saint d'Israël.
Il nous a donné le mérite de le servir par l'étude de la sainte Torah et en gardant les saintes mitsvot."

[le Yessod véChorech haAvoda 9,10]

"Le Or ha'Haïm haKadoch enseigne que la fête de Shavouot tire son nom de la racine : Shévoua, signifiant : serment.
Au pluriel, cela donne : Shavouot.

En effet, il est question de 2 serments : le peuple juif jura devant Hachem qu'il le servirait de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, et Hachem jura devant le peuple juif qu'Il ne les remplacerait pas par une autre nation, quoiqu'il arrive, ils resteraient Ses enfants."
[...]
De même qu'à un mariage, les 2 parties s'engagent à se dévouer l'un à l'autre, ainsi lors de Shavouot, les 2 parties portent serment.
[...]
Chaque année à Shavouot, on renouvelle le serment d'Israël envers Hachem, et celui de Hachem envers Israël."

[Nétivot Shalom]

+ Shavouot : le jour de notre mariage

-> "Au don de la Torah, les juifs sont devenus mariés avec Hachem"
[guémara Taanit 26b]

-> "Shavouot est considérée comme notre jour de mariage, durant lequel Hachem, le fiancé, prend le peuple juif comme Sa fiancée. [...]
Toutes nos fautes sont pardonnées à Shavouot, de la même façon que Hachem pardonne les fautes de chaque fiancé et fiancée le jour de leur mariage."
[Kédouchat Lévi]

-> Rabbénou Efraïm (Chémot 19,1) rapporte ainsi :
- les nuées de Gloire présentes sur le mont Sinaï étaient la 'houpa ;
- Moché et Aharon étaient les parents accompagnant la mariée (le peuple juif) vers le marié (Hachem) ;
- les lou'hot étaient la Kétouba ;
- le Ciel et la terre étaient les témoins du mariage ;
- de même que le 'hatan embellit la mariée par de magnifiques bijoux, de même Hachem a paré le peuple juif par des couronnes précieuses.

-> Selon le Radal (commentaire au Pirké déRabbi Eliézer 41), toutes les coutumes observées pour la cérémonie de mariage ont leur origine au don de la Torah.
Par exemple, la coutume de jongler avec du feu lors de la fête, provient des éclairs et des tonnerres qu'il y avait.

-> Rabbi Baroukh Cohen dit que le 2e commandement : "Tu n'auras pas d'autres dieux" symbolise la déclaration de D. à la communauté d'Israël : 'Je t'ai épousé et tu n'auras donc pas d'autres époux' (mékoudéchét).

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+ "Le mariage juif est à l'image du lien forgé entre D. et le peuple juif au mont Sinaï.
De même que les mariés restent ensemble au même endroit pendant un an, les juifs n'ont pas quitté le mont Sinaï pendant un an après le don de la Torah."
[Rabbénou Bé'hayé]

-> "Lorsqu'un homme prend une nouvelle épouse ... il doit rester disponible pour sa famille pendant un an et se réjouir avec son épouse" (Ki Tétsé 24,5)

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-> "Je suis Hachem votre D." (Yitro 20,2)

Le terme en hébreu pour "Je" est : ani, et en réalité "anokhi" est le mot égyptien pour "je".

=> Pourquoi est-ce que Hachem a commencé par un mot en égyptien?

Le midrach (Tan'houma Yachan - Yitro 16) rapporte l'idée que Hachem a souhaité débuter la lecture des 10 Commandement (la Kétouba) dans un langage que les juifs avaient l'habitude d'entendre (durant leur long séjour en Egypte), et ce en signe d'amour.

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-> "Les Tables [de la Loi] de pierres gravées par le doigt de D." (Ki Tissa 31,18)

Le Rokéa'h (Vaéra 8,15) note que de même qu'un doigt a 3 parties, de même la Torah est composée de 3 parties (Torah, Névi'im et Kétouvim).
[Hachem a écrit la kétouba (les lou'hot) avec Son "propre doigt"!]

"La joie est le récipient dans lequel on reçoit la Torah"

[Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Halakhot - Birkat Haréa'h 3,2]

"Un homme heureux est un homme complet, ceci lui permet de recevoir la Torah, qui est le perfectionnement de l'homme"

[le Maharal de Prague]

"Toutes les fêtes sont incluses dans Shavouot.
Etant le jour où la Torah a été donnée, elle contient l'essence de tous les jours de l'histoire juive et de tous ses événements."

[Kédouchat Lévi]

Shavouot : le dernier jour de la fête de Pessa’h?

+ Shavouot : le dernier jour de la fête de Pessa'h?

-> Pour Pessa'h : "Pendant 6 jours, tu mangeras des matsot et le 7e, il y aura "atsérét" (une fête de clôture) pour Hachem" (Réé 16,8)

-> Pour Souccot : "Le 8e jour sera "atsérét" (une fête de clôture) pour vous" (Pin'has 29,35)

-> Nos Sages appellent Shavouot : "Atsérét" (ex: michna dans Roch Hachana 16a ; guémara Pessa’him 68b)

=> Il y a un lien entre ces 3 fêtes et le nom : Atsérét.

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-> Le midrach (Pessikta déRav Kahane 30,64) dit :
"Pourquoi est-ce que Shavouot a lieu 50 jours après Pessa'h, alors que Chémini Atsérét tombe le 8e jour de Souccot?

Puisque la saison des pluies démarre juste après Souccot, si Chémini Atsérét avait lieu 50 jours après Souccot, il aurait alors été très difficile de revenir à Jérusalem.
C'est pour cette raison que Chémini Atsérét est le 8e jour de Souccot. "

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-> Le Ramban (Vayikra 23) enseigne que les jours du Omer sont : "comme des jours de 'hol hamoéd entre Pessa'h et Shavouot".

=> Ainsi, de même qu'il y a des jours de 'hol hamoéd entre le 1er jour de Souccot et Chémini Atsérét, de même, il y a le Omer qui sépare Pessa'h de Shavouot, et qui est "comme" du 'hol hamoéd.

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-> Rabbi Yéhochoua Ibn Shuiv (1280-1340) fait remarquer que le 7e jour de Pessa'h, nous n'offrons pas un sacrifice spécifique, ni nous ne récitons le Hallel.
Bien que ce soit un jour de Yom Tov, c'est comme si sa célébration était réduite.
Pourquoi cela?

Il répond que c'est parce que Shavouot est : "l'essentiel de la sainteté de la fin de Pessa'h. "
La véritable fin de Pessa'h est Shavouot, et c'est pour cela que nous y fêtons alors un jour de Yom Tov complet, avec un Hallel en entier et des sacrifices propres à ce jour.

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-> Selon le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 306), le message de la période du Omer est de nous montrer le lien entre Pessa'h et Shavouot.
Le fait de compter montre qu'il y a un point de départ et un point d'arrivée, que tout l'objectif de la sortie d'Egypte était de recevoir la Torah au mont Sinaï.

Atsérét signifie "clôture" (la fin).
Shavouot étant l'aboutissement du processus qui a débuté à Pessa'h : c'est l'atsérét de Pessa'h.

Le Ramban (introduction Séfer Chémot) dit que bien que l'on ait été libéré de Pharaon, la délivrance d'Egypte n'a été complète qu'à notre arrivée au mont Sinaï et lorsque que nous avons eu le Michkan, la présence divine résidant avec nous.

Ainsi, Shavouot est l'objectif ultime, la clôture de ce qui a commencé à Pessa'h.

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+ Atsérét dans la Torah :

Si Shavouot est véritablement l'Atsérét (la clôture) de Pessa'h, pourquoi la Torah ne fait pas mention de cette appellation (c'est uniquement nos Sages qui l'ont fait)?

-> La Torah Témima (Dévarim 16,49) répond : "afin de différencier le 7e jour de Pessa'h et Shavouot qui sont dénommés tous les 2 : Atsérét. "

-> Le Sforno (Vayikra 23,39) rappelle que "Atsérét" signifie : "se réunir" et aussi "s'arrêter'".

Le 7e jour de Pessa'h, les juifs se sont réunis et se sont arrêtés pour chanter la Chira à la mer Rouge, et c'est pour cela que la Torah appelle ce jour : Atsérét.

A Shavouot, les juifs se sont réunis et arrêtés pour recevoir la Torah, et nos Sages l'ont également appelé : Atsérét.
Cependant, la Torah ne l'a pas fait car juste après le don de la Torah, les juifs ont fauté avec le Veau d'or, "abîmant" un peu la superbe de l'Atsérét (moment du don de la Torah).

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-> Selon Rabbi Its'hak de Berditchev, l'une des raisons de ce nom est que la Torah donnée à Shavouot, est un outil pour "arrêter" (atsérét) le yétser ara.

Chaque Shavouot, nous recevons à nouveau la Torah

+ A chaque Shavouot, nous recevons à nouveau la Torah :

-> "Chaque Shavouot … nous atteignons, spirituellement parlant, le même niveau de sainteté que nos ancêtres au mont Sinaï.
C'est à nouveau, réellement, "le moment du don de notre Torah", et nous sommes invités à l'accepter à nouveau, comme nos ancêtres le firent il y a 3 300 ans [le 6 Sivan 2448]. "
[Rabbi Eliyahou Dessler]

-> "Il est écrit dans les livres saints que, de même que la Torah est éternelle, la possibilité de recevoir la Torah est aussi éternelle.
Chaque année, à Shavouot, notre aptitude à recevoir la Torah est renouvelée ... il ne s'agit pas d'une fête nous rappelant simplement que D. nous a donné la Torah par le passé, mais qu’au contraire, chaque année à Shavouot, c'est à nouveau le moment du don de la Torah."
[Rabbi Shalom Brézovsky - Nétivot Chalom - Moadim]

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-> "Le don de la Torah au mont Sinaï est éternel et continu ... il ne fut pas un événement unique : au contraire, il nous influence de manière quotidienne.

Le Néfech ha'Haïm l'explique de la manière suivante : "Lorsqu'une personne s'implique et s'attache à la Torah comme il se doit, la joie est aussi grande qu'au mont Sinaï."
Nous trouvons aussi cette idée dans le Zohar : "Celui qui s'investit dans la Torah est considéré comme s'il recevait la Torah sur le mont Sinaï tous les jours".
[...]
Les mots de la Torah doivent nous paraître nouveaux comme s'ils nous avaient été donnés aujourd'hui.
Dans la pratique, à chaque fois que l’homme étudie la Torah de manière appropriée, il reçoit une inspiration de D. semblable à celle qui animait nos ancêtres au mont Sinaï. "

[Rabbi 'Haïm Friedlander - Sifté 'Haïm (vol.3)]

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-> "Hachem dit : Mes enfants, lisez cette paracha [des 10 Commandements] chaque année, et Moi, je considérerais comme si vous vous teniez devant Moi au mont Sinaï et que vous receviez la Torah."
[midrach Yalkout Chimoni Yitro 271]

->"Pendant la lecture de la Torah, on fera attention en écoutant les 10 Commandements de la bouche de l'officiant et l'on essayera de s'imaginer comme si on se tenait au pied du mont Sinaï et que l'on entendait les commandements de la bouche de Hachem, et de son fidèle serviteur, Moché."
[Yessod véChorech haAvoda 9,10]

"L'objectif de la Torah est double : parfaire l'esprit et le corps.
Parfaire l’esprit signifie que la personne doit chercher à atteindre une perception du monde aussi juste que possible …
Parfaire le corps veut dire améliorer ses relations avec les autres êtres humains."

[Rambam - Le guide des égarés]

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-> "Dans le monde du matérialisme, rien n'est vraiment nouveau. Satisfaire ses désirs physiques revient en fait à satisfaire quelqu'un d'autre.
Le plaisir diminue rapidement et la poursuite de la "nouveauté" reprend le dessus, mais le résultat est toujours le même. L’excès de plaisir matériel provoque finalement le dégoût et réduit complètement la jouissance.

A l'inverse, un accomplissement d'ordre spirituel ne perd jamais de son intensité.
La douceur ressentie dans l'étude de la Torah et le service de D. est constante.
Ceci est la preuve la plus convaincante de la vérité de notre héritage spirituel."

[Rabbi Eliyahou Dessler]

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-> "[Les mitsvot] sont là pour nous aider à vaincre notre mauvais penchant et corriger nos traits de caractère.
La majorité des lois de la Torah sont des instructions du Grand Conseiller (Hachem), destinées à nous aider à améliorer notre caractère et retourner dans le droit chemin."
[Rambam - Michné Torah - fin de Hilkhot Témoura]

-> "Quelle différence pour D. si nous abattons un animal en lui tranchant la tête par la gorge ou par la nuque ?

[La réponse est :] "Les commandements ont été transmis à l'homme dans le but unique d'améliorer l'humanité."
[midrach Béréchit rabba 44,1]

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-> "Moché prouva aux anges que … la Torah a été créée principalement pour être donnée aux êtres humains qui peuplent la terre. Car ce sont les [actions physiques des] mitsvot qui augmentent l’honneur de D. et d’elles est bâti Son trône de gloire …

Ceci constitue la grandeur de l’homme : Il peut transformer son corps, qui est par nature éloigné de la lumière de la "face" de D., en un réceptacle à travers lequel la lumière de D. brillera lorsqu'il l’utilise pour accomplir Sa volonté en observant la Torah et les mitsvot …"

[Rabbi 'Haim Friedlander - Sifté 'Haïm ]

-> Lorsque Moché est monté au Ciel pour recevoir la Torah, les anges dirent à Hachem : "Ce précieux trésor caché, que Tu as dissimulé pendant 974 générations, Tu souhaites le donner aux êtres humains ?
Qu’est donc l’homme pour que Tu penses à lui ? "
[guémara Shabbath 88b]

Moché leur expliqua alors que les mitsvot ne peuvent être accomplies que par les hommes sur terre.

Les garants de la Torah

+ Les garants de la Torah :

-> Le midrach (Téhilim 8,4) écrit :
Lorsque Hachem vint donner la Torah au Bné Yisrael (au mont Sinaï), Il leur dit : "Apportez-Moi des garants que vous respecterez la Torah."
"Que nos ancêtres soient nos garants", dirent-ils.
"Je jure sur vos vies qu’eux aussi ont une dette envers Moi. J’espère qu’ils respecteront leurs propres engagements", répondit Hachem.
On peut comparer cela à l’histoire d’une personne qui demanda un prêt à quelqu’un. Le prêteur dit : "Apporte-moi un garant, et emprunte autant que tu veux." L’emprunteur amena alors quelqu’un qui devait déjà de l’argent au prêteur.
"Tu m’amènes quelqu’un qui me doit déjà de l’argent? J’espère qu’il honorera son propre engagement! Va m’amener quelqu’un d’autre qui ne me doit pas d’argent, et alors tu prendras le prêt", dit le prêteur.
De même, Hachem dit aux Bné Yisrael : "Vous m’amenez les Avot (Patriarches) comme garants? Ils sont déjà endettés envers Moi. Apportez-Moi des garants qui ne Me doivent rien ..."

"Qui n’est pas endetté envers Toi?" demandèrent les Bné Israël.
"Les nourrissons", répondit Hachem.
Alors, les enfants à naître dans le ventre de leurs mères furent amenés devant Hachem, ainsi que les nourrissons au sein de leurs mères. Les ventres devinrent transparents comme du verre, et les enfants à naître virent Hachem leur parler.
Il leur dit : "Voulez-vous vous porter garants pour vos parents, afin que s’ils reçoivent la Torah, ils l’observent, et sinon, vous soyez tenus de leur dette?"
"Oui", répondirent-ils.
Hachem exposa alors aux nourrissons les dix commandements un par un, auxquels ils répondirent "oui" aux commandements positifs et "non" aux interdictions. Puis Il leur dit : "Sur votre parole, je vous donne la Torah", comme il est écrit : "De la bouche des nourrissons et des bébés, Tu as fondé la puissance" (Téhilim 8,3).
La puissance fait référence à la Torah, comme il est écrit : "Hahem a donné la puissance à Son peuple" (Téhilim 29,11).

Par conséquent, si D. préserve, les Bné Israël transgressent la Torah, leurs enfants seront réclamés pour leur dette, comme il est écrit : "Mon peuple est devenu insensé, dépourvu de sagesse ... J’oublierai aussi vos enfants" (Hochéa 4,6).
C’est comme si Hachem dit : "J’oublierai que vos enfants m’ont béni."

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-> Le rabbi Yaakov Abou'hatséra (dans Dorech Tov - 1er discours sur le don de la Torah) écrit :
Les anges insistaient pour que les secrets kabbalistiques de la Torah restent entre leurs mains au Ciel, et ne soient pas révélés à l’humanité, dont la sainteté ne peut se comparer à celle des anges.
Cela a été illustré par la crainte de Moché que leur "souffle de feu" ne le consume (voir Shabbath 88b).
Moché a reconnu le bien-fondé de leurs arguments, dans la mesure où leur sainteté était bien supérieure à celle de l’humanité.

Puisque Hachem gouverne le monde avec une justice parfaite, Il ne pouvait laisser cette revendication sans réponse. C’est pourquoi Il montra aux anges qu’il y avait bel et bien, parmi le peuple d’Israël, des personnes dont le souffle sacré était aussi grand que celui des anges.
Peut-être que l’ensemble du peuple n’atteignait pas un niveau aussi élevé, mais les quelques individus saints parmi eux suffiraient à rendre l’ensemble du peuple digne des secrets de la Torah.
Hachem a appelé Bné Israël à fournir de tels individus comme "garants". Tout comme un garant est nécessaire pour convaincre un prêteur d’accorder un prêt, même si l’emprunteur seul est indigne de sa confiance, de même ces "garants" permettraient à toute la nation juive de recevoir les secrets de la Torah, même si beaucoup d’entre nous en sont indignes.
[...]

Les Bné Israël comprirent qu’ils devaient présenter des garants qui fussent véritablement aussi purs et saints que les anges. C’est pourquoi ils offrirent leurs enfants, trop jeunes pour être soumis aux tentations du yétser ara. Leur souffle est donc aussi saint que le souffle ardent des anges, que Moché craignait.
Finalement, Hachem accepta leur offre. Nos enfants sont en effet aussi saints que les anges, et constituent des garants dignes de la Torah.

Nous comprenons ainsi pourquoi nos Sages disent que sans le souffle des jeunes enfants qui étudient la Torah, le monde ne pourrait continuer d’exister. (Shabbath 119b)
Ailleurs, nous apprenons que Hachem a créé le monde à condition que le peuple d’Israël accepte la Torah, sans quoi le monde retomberait dans le chaos et le néant. (Avoda Zara 3a)
Puisque le don de la Torah dépendait de la garantie fournie par les enfants, c’est leur mérite qui a sauvé le monde de la destruction.

Puisque la principale plainte des anges était que le peuple d’Israël n’était pas digne des secrets kabbalistiques de la Torah, en quoi la pureté des enfants nous a-t-elle aidés? Les enfants n’étudient pas la Kabbale et semblent donc n’avoir aucun rapport avec l’ensemble du débat.
Il y a deux réponses à cette question.
Premièrement, même le niveau le plus simple de la Torah, et même simplement les formes et les sons des lettres, contiennent de profonds secrets kabbalistiques. Lorsque de jeunes enfants lisent ces lettres, même sans en comprendre la signification kabbalistique, ils éveillent la grande sainteté inhérente aux lettres, provoquant de puissantes rectifications dans les mondes supérieurs du Ciel.

De plus, à l’époque de rabbi Shimon bar Yo'haï, il existait des enfants exceptionnels qui comprenaient réellement les secrets de la Kabbale. (voir Zohar I,92b ; III,71a)
Ainsi, grâce au mérite des enfants et à leur pureté, qui s’apparente à celle des anges, notre peuple a mérité de recevoir la Torah dans son intégralité, avec tous ses multiples niveaux de sens.