Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

+ "L'un des bienfaits que D. a accordés à Ses créatures est celui de leur avoir préparé une voie leur permettant de s'élever au-dessus de l'abîme de leurs actes et d'échapper au piège de leurs fautes ; un chemin par lequel se préserver de la destruction et détourner de soi la colère divine.
Dans Sa grande bonté et Sa droiture, Il a montré à Ses créatures la façon de se tourner vers Lui, et les y a encouragées, dans le cas où elles auraient fauté contre Lui, car Il connaît leur penchant naturel, comme il est dit : 'D. est bon et droit ; Il montre donc aux pécheurs le chemin' (Téhilim 25,8).
Même si Ses créatures ont considérablement fauté et ont fait preuve de révolte, même si elles ont été infidèles, Il ne leur a pas fermé les portes du repentir ...
[...]
Il faut savoir que le châtiment du fauteur tardant à se repentir s'alourdit chaque jour. En effet, le fauteur, conscient d'être l'objet de la colère divine et connaissant l'existence d'un sanctuaire, le repentir, où se réfugier, persiste néanmoins dans sa révolte et ses mauvaises actions.
Alors qu'il a la possibilité d'échapper à la tourmente, il ne craint pas le courroux divin. C'est la raison pour laquelle son méfait est considérable."
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva]

<--->

-> Rabbi Nissim Gaon écrit : "La force de Ta miséricorde ne sera dévoilée que lorsque Tu pardonneras les transgressions de ceux qui Te craignent".

=> Nous n'avons pas idée de l'immense bonté contenue dans la notion de téchouva. Nous ne pouvons pas imaginer combien de miséricorde divine est englobée dans le concept de téchouva.
[seul un père aimant peut pardonner à ses enfants et accepter leur repentir. Nous devons réaliser et apprécier la grandeur de ce cadeau qu'est la téchouva. ]

"Même si mon âme est malade par les fautes, je suis toujours le bien-aimé de Hachem"

[midrach Chir haChirim 2,14 - af al pi chéani 'holé, aouva ani lo]

=> Quoiqu'on ait pu faire dans notre vie (même les pires fautes), en tant que juif, je resterai toujours aimé, précieux aux yeux de Hachem.

"Même après avoir commis de nombreuses fautes, il ne faut jamais tomber dans la tristesse.
Le repentir doit se faire dans la joie.

En effet, le simple fait de réfléchir à la grande Bonté d’Hachem, comment Il réside avec nous même dans toutes les impuretés de nos fautes et Il nous accompagne, cela même doit déjà suffire à nous remplir de joie intense de mériter tant d’amour de la part de notre Créateur."

[Rabbi de Slonim - Torat Avot]

Les portes de la téchouva restent toujours ouvertes.
[midrach Dévarim rabba 2,6]

Le sionisme et la téchouva nationale

+ Le sionisme et la téchouva nationale :

-> Le rav Avraham Kook (Orot - Eretz Israël 8 ) enseigne que même dans le retour des sionistes non religieux en Israël, il y a un noyau sacré profond. La source intérieure de leur désir de retour est l'Idéal divin lui-même.
Avec le temps, ce noyau sera sûrement réveillé (à la téchouva), quelque soit le temps que cette transformation prendra.

-> "Le désir éveillé du peuple juif dans son ensemble de retourner sur sa terre, à ses racines, à son esprit et à son mode de vie, en vérité, il y a là la lumière de la téchouva" (rav Kook - Orot haTéchouva 17,2).

-> Il faut se rappeler que le mouvement sioniste n'a pas commencé avec Herzl, mais plutôt avec les géants de la Torah, le Baal Shem Tov et le Gaon de Vilna, plus d'un siècle auparavant.
Ainsi, le Gaon de Vilna (1720-1797) envoya ses élèves s'installer en terre d'Israël, enseignant que la réinstallation active de la Terre était le chemin vers la guéoula tant attendue.
[un des élèves du Gaon de Vilna, rabbi Hillel de Shklov développe ce sujet dans son livre le Kol Hator. ]

D'autres grands rabbins, le rav Tzvi Hirsh de Kalish, le rav Eliyahou Guttmacher et le rav Shmouel Mohliver, furent les véritables bâtisseurs des premiers groupes sionistes tels que les "Amoureux de Sion".
[il faut bien évidemment remettre cela dans le contexte de l'époque avec le déplacement, la vie très dure en Israël, avec pauvreté et discrimination locale, ... pour ressortir l'amour fou pour notre Terre qu'ils avaient. ]

À mesure que le mouvement se répandait, son message attirait également de nombreux juifs non religieux. Le rav Avraham Kook explique que les nouveaux venus ont embrassé l'appel à Sion d'une manière qui correspondait à leur propre compréhension, à leurs aspirations nationales et à leurs rêves.
Si cela a temporairement réduit la noblesse du message, cela a permis d'assurer la première étape nécessaire à la reconstruction matériel.

-> Le rav Kook (Orot haTéchouva 12,12) écrit :
"Il arrive parfois qu'un concept perde de sa noblesse et de sa pureté originelles après avoir été ancré dans la vie [de ce monde], lorsque des personnes peu raffinées s'y associent, assombrissant ainsi son éclat.
Cette descente n'est que temporaire, car une idée qui embrasse la bonté spirituelle ne peut être transformée en mal. La descente est passagère, et elle constitue également un pont vers une ascension prochaine."

L'idée originale, pure et noble du sionisme, telle que transmise par nos Sages, est que la renaissance de la nation juive en Israël est le fondement terrestre de la révélation du Royaume d'Hachem dans le monde.
Pour les sionistes laïques, le retour en Israël est devenu autre chose. Pour certains, la terre d'Israël n'était qu'un refuge contre les persécutions des no juives. Pour d'autres, c'était un endroit où construire une société socialiste utopique.
En raison de leur nombre important, l'influence des sionistes laïques était très répandue. De plus, explique le rav Kook, les juifs laïques étaient plus aptes à coloniser cette terre aride et marécageuse. Les juifs religieux de l'époque vivaient dans un monde spirituel, ayant peu de contacts avec les questions terrestres. Le côté physique de leur nature était négligé et faible. Les juifs laïques, en revanche, avaient une énergie physique et des capacités abondantes, ainsi que "la volonté et le désir de travailler et de réussir, de réaliser leurs objectifs par la force physique et des efforts concrets" (Orot haTéchouva 12,13).

<--->

-> Lorsqu'une idée sacrée doit s'ancrer dans la réalité, elle descend nécessairement de son piédestal.
Lorsque cela se produit, les personnes moins sensibles à la spiritualité s'emparent de l'idée et en profanent la véritable intention. Comme un plus grand nombre de personnes peuvent saisir l'idée sous sa forme minimisée, ses adeptes se multiplient, apportant plus de force et de vigueur à sa mise en œuvre pratique.
Cette tendance se poursuit jusqu'à ce que surgissent de puissantes figures spirituelles, revêtues de la force de la justice divine. Elles saisissent l'idée dans sa pureté originelle et la maintiennent en haut, la sauvant des profondeurs où elle avait plongé, dépouillée de sa sainteté et de sa splendeur spirituelle.
Grâce à cette nouvelle infusion de lumière, l'idée originelle renaît dans toute sa majesté et sa puissance.
Tous ceux qui l'embrassent sont élevés par son ascension. Même ceux qui s'étaient attachés à l'idée dans son état déchu sont élevés et inspirés à une téchouva puissante et noble.

-> Le rav Kook (Orot haTéchouva 12,12) écrit :
"Ce processus se produira certainement. La lumière d'Hachem, qui est enfouie dans le point fondamental de Sion et qui est maintenant cachée par les nuages, apparaîtra certainement. Depuis la basse vallée, elle élèvera le Temple et le Royaume d'Hachem et toutes ses branches.
Tous ceux qui s'y accrochent, proches ou lointains, seront élevés avec elle, pour un véritable renouveau et un salut éternel."

-> Au tournant de ce siècle, alors que le mouvement sioniste gagnait en influence et attirait de plus en plus d'adeptes, de nombreux juifs religieux se sont élevés pour protester. À leurs yeux, le mouvement visant à repeupler la terre d'Israël était ouvertement laïc, voire contraire à la Torah.
Si le rav Avraham Kook exhortait les pionniers à revenir à une vie sanctifiée selon la Torah (Orot haTéchouva 4,3), il voyait également la source intérieure et le côté positif de leur courageuse entreprise.
Le retour de la nation en Israël était en soi un acte grandiose et sacré. Simplement parce qu'ils étaient juifs, au plus profond de leur âme juive fière, les sionistes partageaient également le désir ardent d'une vie juive épanouie (Orot - Erets Israël 8).
Leur mépris des commandements était une imperfection destinée à être guérie.

<--->

+ Rébellion spirituelle :

-> La profonde perspicacité spirituelle du rav Kook ne l'empêchait pas de voir le mode de vie impie (racha) des pionniers laïques. Cependant, il savait que l'essence sacrée du peuple juif garantissait que la nation reviendrait à ses racines. Bien avant la création de l'état d'Israël, le rav Kook (dans Orot) décrivait ce processus en termes presque prophétiques :
"Nous reconnaissons qu'une rébellion spirituelle se produira en terre d'Israël parmi le peuple juif au début du renouveau de la nation. Le confort matériel dont bénéficiera une partie de la nation, la convainquant qu'elle a déjà complètement atteint son objectif, étouffera l'âme, et des jours viendront qui sembleront dépourvus de tout esprit et de toute signification.
Les aspirations à des idéaux nobles et sacrés cesseront, et l'esprit de la nation plongera et sombrera jusqu'à ce qu'une tempête de rébellion apparaisse, et les gens finiront par voir clairement que la puissance d'Israël réside dans sa sainteté éternelle, dans la lumière d'Hachem et de Sa Torah, dans l'aspiration à la lumière spirituelle qui est la valeur ultime, triomphant sur tous les mondes et toutes leurs puissances."

[divré Torah traduction & compilation personnelle issues de commentaires sur le Orot haTéhouva par le rav David Samson et Tsvi Fishman ]

"La téchouva, le retour vers Hachem, non seulement expie les fautes, mais encore transforme l'homme en une réalité différente : il devient un homme nouveau, il n'est plus le même."

[Le 'Hafets 'Haïm]

+ "Si vous avez une pulsion de faire téchouva, ne la rejetez pas, car c'est un message de Hachem.
Il est certain que personne ne méprise un message venant directement du Roi des rois.
Existe-t-il un plus grand mépris de D. que cela?

Les sentiments de téchouva proviennent de la crainte de Hachem, qui est Son trésor le plus précieux."

[le Yichma'h Moché]

<----------------------->

-> "La téchouva n'est pas mentionnée dans la Torah comme une mitsva explicite, car sinon une personne devrait fauter afin de l'accomplir.

Si la téchouva était une mitsva, Hachem serait obligé de l'accepter, comme l'ordonne la loi.
Mais Hachem nous accorde la téchouva et pardonne nos fautes, par un acte de grâce et de bonté divine envers le fauteur."

[le Yichma'h Moché]

"Hachem a dit à Israël : 'Ouvrez-Moi une porte de Téchouva comme le chas d’une aiguille, et Je vous ouvrirai une porte dans laquelle des charrettes et des carrosses pourront entrer.'

Des charrettes et des carrosses remplis de quoi?
Pleins d'aide et d'assistance divine et de bénédictions spirituelles sans fin! "

[midrach Chir haChirim rabba 5,6]

-> Selon le rabbi de Kotsk, la téchouva est vraiment à notre portée, puisque Hachem attendant uniquement que nous fassions un tout petit trou de la taille d'une aiguille, mais qui doit pénétrer totalement notre personnalité.
[à l'image d'une aiguille qui produit un trou minuscule, mais qui est très pénétrante en profondeur]

En résultant de cela, "des charrettes et des carrosses ... pleins d'aide, d'assistance divine et de bénédictions spirituelles sans fin" vont venir vers nous.
Alors qu'est-ce qu'on attend pour faire une téchouva de tout cœur?

<--------->

-> Dans ce monde, le yétser ara nous vend du vent, du vide, comme étant une merveille bien réelle! [à l'image de magnifique construction de type châteaux gonflables!]
En recherchant à tout prix la Vérité (celle de Hachem), nous agissons comme ce chas d'une aiguille qui va rentrer dans un ballon et le faire exploser.
En effet, ce n'est qu'en étant honnête dans notre démarche que nous pouvons espérer réduire à néant les manipulations de notre yétser ara.

"Je prends à témoin le ciel et la terre que D. attend le retour de chaque juif, plus qu'un père attend le retour de son fils parti en voyage, et plus qu'une femme attend le retour de son époux.

D. attend qu'on revienne à Lui pour pouvoir nous accorder la délivrance finale et bâtir enfin le 3e Temple, celui qui subsistera à tout jamais."

[Tana déBé Eliyahou Rabba - 31,30]

<----------------------------->

+ "Heureux celui qui n'a pas fauté, et celui qui a fauté, qu'il se repente et il sera pardonné"
[guémara Soucca 53]

<----------------------------->

-> Caïn est le 1er homme à avoir fait téchouva : "Mon crime est trop grand pour qu'on me supporte" (Béréchit 4,13)
La Pessikta rabati (Hossafa 3) rapporte que lorsque Adam appris cela, il se frappa le visage et s'exclama : "Telle est la force de la téchouva et je l'ignorais?"

<----------------------------->

+ "Rapproche nous de toi et nous reviendrons, renouvelle les jours comme à l'époque" (Michlé 5, 21)

Le Ohèv Israël (rav d'Apta) fait remarquer que le mot : "kédèm" (à l'époque - קדם) est l'initiale de :
-> Caïn (קין) ;
-> David (דוד) ;
-> Ménaché (מנשה).

Caïn s'est repenti sur le meurtre de son frère Hévél, il effaça ainsi la terrible faute du meurtre.
David se repentit sur la faute de l'adultère qu'il a commis lorsqu'il convoitât Batchéva qui était alors la femme de son soldat : Ouria ha'Hiti.
Ménaché quant à lui se repentit de sa faute d'idolâtrie.
Il était en effet un des Rois d'Israël qui a introduit et encouragé l'idolâtrie dans son royaume.

Ces 3 personnages ont réussi à se délester de leurs erreurs, et ce même si elles étaient des plus lourdes (meurtre, adultère et idolâtrie).

=> Cela nous apprend qu'il ne faut jamais désespérer de ce qu'on a pu faire, car en regrettant du plus profond de son être ses mauvaises actions, alors D. renouvellera ses jours comme à l'époque (kéKédém).
Rien ne résiste à la téchouva!
Le Ohèv Israël conclut par : "Il n'existe aucune personne dans le monde pour laquelle les Portes de la Téchouva sont définitivement fermées".

-> Le 'Hovot haLévavot nous enseigne que même pour les fautes, que, techniquement il est difficile de réparer, comme le vol à une communauté, si la personne s'efforce de faire téchouva, après qu'elle ait fait le maximum, Hachem comble le manque et fera en sorte que le lésé pardonnera à son agresseur.

"Lorsque l'homme faute, il entache son âme [son ''moi'' le plus profond] et c'est cela qui le fait souffrir ...
Il existe un remède à cela, c'est la téchouva"

[Rav Yéhouda Tsadka]