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La téchouva

+ La téchouva :

-> ""Tu aimeras Hachem ton D., de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir" (Vaét'hanan 6,5)

Le midrach (michnat Rabbi Eliézer chap.15) commente "de toute ton âme" = en faisant téchouva.

Selon le rav 'Haïm Kanievsky, cela indique que la téchouva n'est pas qu'une simple action, elle utilise toute l'âme d'une personne.

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-> "La téchouva est si grande qu'à partir du moment où une personne a une pensée de téchouva dans son cœur, elle s'élève ... pas de 10 km, pas de 20 km ... pas jusqu'au 1er Ciel ... mais jusqu'à atteindre le Trône de Gloire de Hachem."
[Pessikta Rabbati 44]

-> Les juifs ont été libérés d'Egypte à partir du moment au Hachem a vu que les fauteurs parmi eux pensaient à faire téchouva, même si à ce moment ils ne l'avaient pas encore fait.
[midrach Chémot rabba 1,36]

=> Une pensée de téchouva, même si ce n'est pas la téchouva idéale, a déjà importance considérablement.

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-> "Rien ne peut tenir sur le chemin de la téchouva" [Rambam - Hilkhot Téchouva 3,14]

-> "Il n'existe pas de faute qui soit au-delà de la téchouva" [Rav 'Haïm Kanievsky]

-> Après avoir été témoin de la téchouva de Caïn, Adam s'est écrié : "Je ne savais pas que la téchouva a une telle force!"
[midrach Béréchit rabba 22,13]

-> Lorsque quelqu'un dit : "J'ai fauté", ses accusateurs au Ciel sont vaincus, et le Satan ne peut pas le poursuivre."
[Zohar Bamidbar 231a-b]

-> La Téchouva est grande, car elle apporte la guérison sur le monde"
[guémara Yoma 86a]

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-> "Si les juifs font téchouva, ils seront délivrés de leur exil ...
Sinon, Hachem nommera un roi dont les décrets seront aussi durs que ceux de Haman, et cela fera revenir les juifs sur le bon chemin [après quoi ils seront délivrés]."
[guémara Sanhédrin 92b]

Au final, nous devrons tous obligatoirement faire téchouva.
=> Soit nous le ferons dans la joie et par amour pour Hachem, soit nous le ferons dans les souffrances et par la crainte que D. va nous imposer.
A nous de choisir ...

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-> D. a créé le repentir avant même d'avoir créé le monde, car par sa nature même, l'homme est porté à la faute.
[...]
Le repentir a une puissance si illimité que rien ne lui résiste ...
Rabbi Yichmaël a dit : "Si la téchouva n'avait pas été créée, le monde n'aurait pas survécu."
[Méam Loez - sur Nitsavim 30,14]

"Tant que l'on est en vie, les Portes de la téchouva (repentir) ne sont jamais fermées."

[midrach Dévarim rabba 20,7]

-> A partir du moment où le machia'h arrivera, la téchouva ne sera plus acceptée.
[Rachba, guémara Shabbath 151b ; Maharil 153a]

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-> De la même façon qu'une personne qui ne se prépare pas la veille de Shabbath n'aura rien à manger pendant Shabbath, une personne qui ne rectifie pas ses actions dans ce monde, va souffrir de manques dans le monde à venir.
[midrach rabba - Kohélet 1,15]

-> "Ce qui est tordu ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut entrer en compte" (Kohélét 1,15)
Le midrach (Kohélét Rabbati 1) commente :
"Dans ce monde, ce qui est tordu peut être redressé, et si quelque chose est manquant, on peut le remplacer.
Cependant, dans le monde à venir, l'opportunité de redresser ce qui est tordu ou de remplacer le manquant est déjà passée."

"Quand il y a un jugement en bas, il n'y a pas de jugement en haut. Et quand il n'y a pas de jugement en bas, il y a un jugement en haut" (midrach Dévarim rabba 5,4)

Si l'homme s'inculpe lui-même (en faisant téchouva), il devient alors son propre juge, et en agissant ainsi, il fait disparaître la nécessité d'être jugé par le Ciel. Puisqu'il s'est lui-même incriminé, Hachem le dispense de tout dédommagement, car il a procédé à son propre procès.

L'homme dispose d'un moyen efficace pour être épargné du Jugement Céleste, ressortir indemne, et être préservé de graves punitions. Il lui suffit d'être convaincu que sa sentence est parfaitement justifiée et de reconnaître sa culpabilité.
Et telle est la grandeur de la justification du jugement. Car grâce au fait que l'homme reconnaisse pleinement la véracité du jugement, prenne conscience de sa petitesse et avoue ses fautes, il écarte de lui toutes les sanctions qu'il était censé recevoir en raison de ses péchés.

La guémara (Baba Kama 64b) se base sur le verset (Michpatim 22,8) : "Celui que le tribunal condamnera paiera le double à son prochain", pour déduire l'enseignement suivant : en général, c'est toujours le Tribunal Rabbinique qui condamne l'homme. Mais si l'homme "se condamne lui-même", en reconnaissant que le jugement est justifié et qu'il est coupable, il devient alors son propre juge.
Et grâce à cela, il sera exempté des remboursements, puisque c'est lui-même qui a fixé son propre jugement.

+ "L'un des bienfaits que D. a accordés à Ses créatures est celui de leur avoir préparé une voie leur permettant de s'élever au-dessus de l'abîme de leurs actes et d'échapper au piège de leurs fautes ; un chemin par lequel se préserver de la destruction et détourner de soi la colère divine.
Dans Sa grande bonté et Sa droiture, Il a montré à Ses créatures la façon de se tourner vers Lui, et les y a encouragées, dans le cas où elles auraient fauté contre Lui, car Il connaît leur penchant naturel, comme il est dit : 'D. est bon et droit ; Il montre donc aux pécheurs le chemin' (Téhilim 25,8).
Même si Ses créatures ont considérablement fauté et ont fait preuve de révolte, même si elles ont été infidèles, Il ne leur a pas fermé les portes du repentir ...
[...]
Il faut savoir que le châtiment du fauteur tardant à se repentir s'alourdit chaque jour. En effet, le fauteur, conscient d'être l'objet de la colère divine et connaissant l'existence d'un sanctuaire, le repentir, où se réfugier, persiste néanmoins dans sa révolte et ses mauvaises actions.
Alors qu'il a la possibilité d'échapper à la tourmente, il ne craint pas le courroux divin. C'est la raison pour laquelle son méfait est considérable."
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva]

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-> Rabbi Nissim Gaon écrit : "La force de Ta miséricorde ne sera dévoilée que lorsque Tu pardonneras les transgressions de ceux qui Te craignent".

=> Nous n'avons pas idée de l'immense bonté contenue dans la notion de téchouva. Nous ne pouvons pas imaginer combien de miséricorde divine est englobée dans le concept de téchouva.
[seul un père aimant peut pardonner à ses enfants et accepter leur repentir. Nous devons réaliser et apprécier la grandeur de ce cadeau qu'est la téchouva. ]

Trouver notre faute répugnante

-> Nos Sages (Yoma 86b) disent qu’en faisant téchouva, les fautes intentionnelles sont considérés comme des fautes non intentionnelles.
[Cependant,] lorsqu’une personne se repent, la faute dans laquelle elle avait auparavant trébuchée doit lui devenir répugnante.
Même si nos Sages disent qu’avant la faute "une personne ne doit pas dire : "Le jambon me dégoûte", une fois qu’elle a fauté, cela doit véritablement lui être répugnant.
[Rachi (Kédochim 20,26) : "on ne doit pas dire : "La viande de porc me dégoûte!" .... mais plutôt : "Cela me serait possible, mais que puis-je faire, alors que mon Père céleste me l’a interdit!"" ]

Alors [ses fautes] deviennent comme des mérites, car il n’éprouve aucune inclination au mal à leur égard. De cette manière, il n’aura plus aucun désir de fauter.
[Baal Shem Tov - Keter Shem Tov - partie 2, p.19d ]

-> Le Baal Shem Tov enseigne que là où une personne porte ses pensées, c’est là qu’elle se trouve en réalité. Avant qu’une personne ne faute, la faute est quelque chose d’extérieur à elle. Elle peut se dire qu’il est possible qu’elle y prenne plaisir, si ce n’était l’interdiction d'Hachem.
Cependant, une fois qu’elle a goûté à la faute et que celle-ci s’est introduite en elle, le souvenir agréable qui en découle ramène ses pensées et son âme vers l’acte interdit. Une personne doit trouver la faute répugnante afin de le chasser de son âme.

"Même si mon âme est malade par les fautes, je suis toujours le bien-aimé de Hachem"

[midrach Chir haChirim 2,14 - af al pi chéani 'holé, aouva ani lo]

=> Quoiqu'on ait pu faire dans notre vie (même les pires fautes), en tant que juif, je resterai toujours aimé, précieux aux yeux de Hachem.

"Même après avoir commis de nombreuses fautes, il ne faut jamais tomber dans la tristesse.
Le repentir doit se faire dans la joie.

En effet, le simple fait de réfléchir à la grande Bonté d’Hachem, comment Il réside avec nous même dans toutes les impuretés de nos fautes et Il nous accompagne, cela même doit déjà suffire à nous remplir de joie intense de mériter tant d’amour de la part de notre Créateur."

[Rabbi de Slonim - Torat Avot]

Les portes de la téchouva restent toujours ouvertes.
[midrach Dévarim rabba 2,6]

Le sionisme et la téchouva nationale

+ Le sionisme et la téchouva nationale :

-> Le rav Avraham Kook (Orot - Eretz Israël 8 ) enseigne que même dans le retour des sionistes non religieux en Israël, il y a un noyau sacré profond. La source intérieure de leur désir de retour est l'Idéal divin lui-même.
Avec le temps, ce noyau sera sûrement réveillé (à la téchouva), quelque soit le temps que cette transformation prendra.

-> "Le désir éveillé du peuple juif dans son ensemble de retourner sur sa terre, à ses racines, à son esprit et à son mode de vie, en vérité, il y a là la lumière de la téchouva" (rav Kook - Orot haTéchouva 17,2).

-> Il faut se rappeler que le mouvement sioniste n'a pas commencé avec Herzl, mais plutôt avec les géants de la Torah, le Baal Shem Tov et le Gaon de Vilna, plus d'un siècle auparavant.
Ainsi, le Gaon de Vilna (1720-1797) envoya ses élèves s'installer en terre d'Israël, enseignant que la réinstallation active de la Terre était le chemin vers la guéoula tant attendue.
[un des élèves du Gaon de Vilna, rabbi Hillel de Shklov développe ce sujet dans son livre le Kol Hator. ]

D'autres grands rabbins, le rav Tzvi Hirsh de Kalish, le rav Eliyahou Guttmacher et le rav Shmouel Mohliver, furent les véritables bâtisseurs des premiers groupes sionistes tels que les "Amoureux de Sion".
[il faut bien évidemment remettre cela dans le contexte de l'époque avec le déplacement, la vie très dure en Israël, avec pauvreté et discrimination locale, ... pour ressortir l'amour fou pour notre Terre qu'ils avaient. ]

À mesure que le mouvement se répandait, son message attirait également de nombreux juifs non religieux. Le rav Avraham Kook explique que les nouveaux venus ont embrassé l'appel à Sion d'une manière qui correspondait à leur propre compréhension, à leurs aspirations nationales et à leurs rêves.
Si cela a temporairement réduit la noblesse du message, cela a permis d'assurer la première étape nécessaire à la reconstruction matériel.

-> Le rav Kook (Orot haTéchouva 12,12) écrit :
"Il arrive parfois qu'un concept perde de sa noblesse et de sa pureté originelles après avoir été ancré dans la vie [de ce monde], lorsque des personnes peu raffinées s'y associent, assombrissant ainsi son éclat.
Cette descente n'est que temporaire, car une idée qui embrasse la bonté spirituelle ne peut être transformée en mal. La descente est passagère, et elle constitue également un pont vers une ascension prochaine."

L'idée originale, pure et noble du sionisme, telle que transmise par nos Sages, est que la renaissance de la nation juive en Israël est le fondement terrestre de la révélation du Royaume d'Hachem dans le monde.
Pour les sionistes laïques, le retour en Israël est devenu autre chose. Pour certains, la terre d'Israël n'était qu'un refuge contre les persécutions des no juives. Pour d'autres, c'était un endroit où construire une société socialiste utopique.
En raison de leur nombre important, l'influence des sionistes laïques était très répandue. De plus, explique le rav Kook, les juifs laïques étaient plus aptes à coloniser cette terre aride et marécageuse. Les juifs religieux de l'époque vivaient dans un monde spirituel, ayant peu de contacts avec les questions terrestres. Le côté physique de leur nature était négligé et faible. Les juifs laïques, en revanche, avaient une énergie physique et des capacités abondantes, ainsi que "la volonté et le désir de travailler et de réussir, de réaliser leurs objectifs par la force physique et des efforts concrets" (Orot haTéchouva 12,13).

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-> Lorsqu'une idée sacrée doit s'ancrer dans la réalité, elle descend nécessairement de son piédestal.
Lorsque cela se produit, les personnes moins sensibles à la spiritualité s'emparent de l'idée et en profanent la véritable intention. Comme un plus grand nombre de personnes peuvent saisir l'idée sous sa forme minimisée, ses adeptes se multiplient, apportant plus de force et de vigueur à sa mise en œuvre pratique.
Cette tendance se poursuit jusqu'à ce que surgissent de puissantes figures spirituelles, revêtues de la force de la justice divine. Elles saisissent l'idée dans sa pureté originelle et la maintiennent en haut, la sauvant des profondeurs où elle avait plongé, dépouillée de sa sainteté et de sa splendeur spirituelle.
Grâce à cette nouvelle infusion de lumière, l'idée originelle renaît dans toute sa majesté et sa puissance.
Tous ceux qui l'embrassent sont élevés par son ascension. Même ceux qui s'étaient attachés à l'idée dans son état déchu sont élevés et inspirés à une téchouva puissante et noble.

-> Le rav Kook (Orot haTéchouva 12,12) écrit :
"Ce processus se produira certainement. La lumière d'Hachem, qui est enfouie dans le point fondamental de Sion et qui est maintenant cachée par les nuages, apparaîtra certainement. Depuis la basse vallée, elle élèvera le Temple et le Royaume d'Hachem et toutes ses branches.
Tous ceux qui s'y accrochent, proches ou lointains, seront élevés avec elle, pour un véritable renouveau et un salut éternel."

-> Au tournant de ce siècle, alors que le mouvement sioniste gagnait en influence et attirait de plus en plus d'adeptes, de nombreux juifs religieux se sont élevés pour protester. À leurs yeux, le mouvement visant à repeupler la terre d'Israël était ouvertement laïc, voire contraire à la Torah.
Si le rav Avraham Kook exhortait les pionniers à revenir à une vie sanctifiée selon la Torah (Orot haTéchouva 4,3), il voyait également la source intérieure et le côté positif de leur courageuse entreprise.
Le retour de la nation en Israël était en soi un acte grandiose et sacré. Simplement parce qu'ils étaient juifs, au plus profond de leur âme juive fière, les sionistes partageaient également le désir ardent d'une vie juive épanouie (Orot - Erets Israël 8).
Leur mépris des commandements était une imperfection destinée à être guérie.

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+ Rébellion spirituelle :

-> La profonde perspicacité spirituelle du rav Kook ne l'empêchait pas de voir le mode de vie impie (racha) des pionniers laïques. Cependant, il savait que l'essence sacrée du peuple juif garantissait que la nation reviendrait à ses racines. Bien avant la création de l'état d'Israël, le rav Kook (dans Orot) décrivait ce processus en termes presque prophétiques :
"Nous reconnaissons qu'une rébellion spirituelle se produira en terre d'Israël parmi le peuple juif au début du renouveau de la nation. Le confort matériel dont bénéficiera une partie de la nation, la convainquant qu'elle a déjà complètement atteint son objectif, étouffera l'âme, et des jours viendront qui sembleront dépourvus de tout esprit et de toute signification.
Les aspirations à des idéaux nobles et sacrés cesseront, et l'esprit de la nation plongera et sombrera jusqu'à ce qu'une tempête de rébellion apparaisse, et les gens finiront par voir clairement que la puissance d'Israël réside dans sa sainteté éternelle, dans la lumière d'Hachem et de Sa Torah, dans l'aspiration à la lumière spirituelle qui est la valeur ultime, triomphant sur tous les mondes et toutes leurs puissances."

[divré Torah traduction & compilation personnelle issues de commentaires sur le Orot haTéhouva par le rav David Samson et Tsvi Fishman ]

"La téchouva, le retour vers Hachem, non seulement expie les fautes, mais encore transforme l'homme en une réalité différente : il devient un homme nouveau, il n'est plus le même."

[Le 'Hafets 'Haïm]