Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Notre relation avec la matérialité (3e partie) :

+ Notre relation avec la matérialité (3e partie) :

-> Le luxe nécessite de l'argent. L'argent demande un grand investissement en temps.
Qui est-ce qui veut échanger des milliers de pages de guémara pour des extravagances décoratives?"
['Hafets 'Haïm]

[le fait de décorer luxueusement notre maison dans ce monde éphémère, vient au détriment des décorations de notre "maison" dans le monde à venir éternel.]

Au cours d'une visite chez un de ses proches qui avait des stores à ses fenêtres, le 'Hafets 'Haïm a dit : "Je vois des pages de guémara suspendues aux fenêtres".

=> En ce sens, le Steïpler faisait remarquer que l'on met des pages du talmud sur nos murs, des pages de michnayot sur nos tables et nos chaises élaborées, et toutes les halakhot décorent nos habits à la mode.

<--->

-> Chacun ressent qu’il lui manque de l’argent, mais peu de personnes réalisent qu’il leur manque de la sagesse.
[Baal Tsor haMor – Rav Moché Saba]

-> Le 'Hafets 'Haïm déplorait que l'on consacre tellement de temps, de soucis à acquérir des biens dans ce monde passager, et qu'en parallèle, nous ne pensons que très peu à notre monde à venir.
[en témoigne le fait que l'on va jalouser autrui sur ce qui a une durée de vie courte, au lieu d'avoir une jalousie positive afin d'acquérir un maximum de mérites éternels.]

Le 'Hafets 'Haïm disait : "Nous investissons la plupart de nos efforts à agrandir et à décorer notre maison dans ce monde, et nous ne réalisons pas que par cela nous réduisons la taille de notre maison éternelle ".

-> Le Séfer 'Hassidim (84) explique que les plaisirs dans ce monde diminuent notre récompense dans le monde à venir.
[Nous ne devons pas oublier que ce que nous voulons véritablement, ce n'est pas ce monde-ci, mais c'est avoir le plus possible de proximité avec Hachem.]

-> Lorsque nous arriverons dans le monde de Vérité et que nous nous rendrons compte que nous avons préféré échanger des diamants (Torah, mitsvot) contre de vulgaires lentilles, et même pire que nous avons jalousé d'en avoir, en arrivant à critiquer la gestion du monde faite par Hachem, nous en ressentirons alors une honte terrible et éternelle, qui ne diminuera jamais en intensité.
[Rav Shabsai Yudelevitz - Drachot haMaggid]

<--->

Nos Sages font remarquer que la Torah a été donnée :
- dans le désert = lieu où il y a le strict nécessaire, allusion au fait que nous devons savoir être heureux avec peu ;
- avec le feu = il faut avoir un enthousiasme et une dévotion ardentes pour l'étude de la Torah ;
- avec l'eau (selon le Shirat Dvora, les Nuées faisaient aussi tomber de l'eau). Or, selon la guémara (Taanit 7a), l'eau symbolise l'humilité, car dès que possible elle quitte sa place la plus élevée pour aller vers le bas.

=> Pour acquérir la Torah, il faut sacrifier de la matérialité, afin de pouvoir laisser de la place pour se lier au maximum à la spiritualité.

<----->

-> "C’est un avantage pour moi d’avoir connu la misère, pour que j’apprenne Tes préceptes." (Téhilim 119,71)

-> "Soit vigilant à l'éducation des enfants de pauvres, car c'est [plus probable que ce soit] d'eux que sortira la Torah!"
[guémara Nédarim 81a]

-> Le roi David dit à Hachem : "Maître de l’univers! … Le riche se fait remarquer [devant Toi] grâce à sa richesse [qui lui permet d’être généreux]. Mais que doit faire le pauvre?"
"Le pauvre atteindra la célébrité grâce à ses enfants … D. accorde aux pauvres des fils qui deviennent des maîtres de Torah."
[Tana débé Eliyahou rabba – chap.18]

-> Lorsqu'il était jeune, le Nétsiv a rendu visite au Rachash, et ce dernier lui a demandé de clarifier une difficile explication de la guémara (Tossafot), qu'il n'arrivait pas à solutionner.
Le Netsiv lui a brillamment répondu avec un commentaire sublime.
Le Rachash a été ravi de sa réponse, et il a demandé au Nétsiv : "Pourquoi est-ce que cette explication ne m'a-t-elle pas été révélée? [Pourquoi est-ce que moi je n’ai pas trouvé la même chose?]"
Le Nétsiv lui a alors dit : "Parce que vous étudiez la Torah dans l’abondance, la richesse et les honneurs, alors que moi je peine dans l’étude de la Torah. Quand on acquiert la Torah avec difficultés, par des efforts, de nouvelles sources s’ouvrent à l’homme".

=> On voit de là que même si une personne étudie à la perfection dans le luxe, elle aurait pu atteindre des niveaux plus élevés si elle l'avait fait en se contentant du minimum.
[ainsi, lorsque l'on jalouse les biens d'autrui (souhaitant être plus riche), on doit avoir conscience que l'on renonce à de la Torah qui va avec notre situation actuelle!]

<--->

-> Le rabbi Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou II, p.39) explique que : "celui qui tient à son âme s’éloignera de l’abondance en ce monde-ci et se consacrera uniquement à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitsvot avec amour.
Malheur à celui qui aspire à ce monde-ci et le poursuit, s’imaginant qu’il méritera les deux. Il finira par trébucher, car le matérialisme aura une emprise sur lui et le transformera en quelque chose de totalement matériel, et la gloire de la Torah s’en trouvera amenuisée.
Celui qui opte pour la Torah et fuit les désirs de ce monde-ci est comme quelqu’un qui fuit un danger mortel."

<--->

-> Nous apprenons du roi David que le juif ne se lie pas à l'argent et à l'or.

On raconte à son sujet qu'il était paré d'une couronne en ornée de diamants, trophée de guerre, qui pesait plusieurs centaines de kilos.
La guémara (Avoda zara 44a) rapporte qu'il parvenait à la porter par un phénomène magnétique qui la maintenait en l'air, au-dessus de sa tête. [selon rabbi Yossi, ben rabbi 'Hanina]

Le roi David voulait ainsi faire comprendre aux juifs que l'or et l'argent n'avaient aucun rapport avec lui, se trouvant au-dessus de tête, hors de son esprit.
De plus, il ne passait pas son temps à compter sa fortune, si bien que son esprit, ainsi libre, pouvait s'imprégner de Torah et de sainteté, comme il est écrit : "Ta Loi (Toraté'ha) a pénétré jusqu'au fond de mes entrailles" (Téhilim 40,9).

La Torah était en lui, dans son corps et dans sa tête. Quant aux honneurs et à la couronne royale, ils étaient suspendus dans les airs, n'ayant aucune prise sur son corps.
Ce fut de cette manière qu'il combattit le mauvais penchant durant toute son existence.

<--->

-> L'amour de l'argent est comparé à l'idolâtrie.
[Iguéret haKodéch - à la fin du Noam Elimélé'h]

[d'une certaine façon lorsque nous donnons tellement d'importance à notre argent, au point de lui vouer un cule idolâtre, nous ne laissons alors plus de place pour que Hachem réside en nous. Ainsi, plus la matérialité a de la place à nos yeux, moins D. n'a de place pour être avec nous!]

["Tout homme qui a en lui de l'orgueil, c'est comme s'il était idolâtre" - guémara Sotah 4b]

<--->

-> "L’homme court après l’argent et cherche la richesse, mais il ne sent pas et ne comprend pas du tout que plus il reçoit d’un côté, plus les forces du mauvais penchant augmentent en proportion.
Le pauvre croit que s’il avait de l’argent, il serait le maître de son argent, alors que le résultat est que l’argent qu’il a acquis devient son maître."
['Hafets 'Haïm]

<--->

-> "Accorde-moi ni la pauvreté ni la richesse" (Michlé 30,8)
Rabbénou Bé'hayé explique que le roi Chlomo affirme qu'il est préférable de n'être ni pauvre ni riche, car ces 2 états sont mauvais.
Lorsqu'un homme est riche, il devient aisément orgueilleux. Le monde lui appartient, et il ne prête aucune attention au monde futur.
Quand un homme est pauvre, il flatte autrui, ment et accomplit d'autres péchés sans s'en rendre compte.

<--->

-> "La fortune ne sert à rien au jour de la faute" (Michlé 11,4)
-> "Par le 'hessed et la verité, la faute sera expiée" (Michlé 16,6)
-> "Celui qui donne la tsédaka et pratique la justice est préféré par Hachem à un sacrifice" (Michlé 21,3)
-> "La tsédaka sauve de la mort" (Michlé 10,2)
Nos Sages expliquent : Même si quelqu'un a fauté et que l'ange a la permission de le frapper, la tsédaka qu'il a donnée a aidé des gens à vivre, et elle sauvera son âme de la mort.

=> Combien nous devons voir nos richesses comme un moyen magnifique pour améliorer notre vie spirituelle, et non uniquement notre confort matériel éphémère, ou bien encore de le laisser dormir à la banque plutôt que de l'investir pour fructifier nos mérites éternels.

<--------------------------->

-> Une personne qui renonce aux plaisirs matériels obtient [entre autre] le bénéfice suivant : elle ne réduit pas la récompense qui lui est destinée au monde futur. Si un homme profite de la vie en ce monde et assouvit tous ses désirs, il risque de perdre une si grande part de sa récompense qu'il ne lui restera rien au monde futur.
[...]

Dans le domaine spirituel, l'âme vient en ce monde pour acquérir les pierres précieuse et l'or que sont les commandements et les bonnes actions. Ces richesses peuvent être acquises seulement ici-bas.
Au monde futur, elles seront revendues à très bon prix.

Lorsque le voyage se fait long, certains commettent l'erreur d'échanger ces magnifiques "pierres précieuses" contre de vulgaires valeurs matérielles.
Ils perdent ainsi leur capital pour le monde futur.

Par contre, les hommes perspicaces ne vendent pas leurs bonnes actions à bas prix. Ils savent que la différence entre prix d'une bonne action en ce monde et dans le monde futur dépasse l'imagination.
Elle est bien plus importante que celle de la vente d'une pierre précieuse en Inde ou à Venise.
Comme l'enseigne nos Sages : "Une heure de tranquillité au monde futur est meilleure que toute la vie en ce monde" (Pirké Avot 4,22).

[Méam Loez - Kédochim 19,1-2]

<------------------------------------->

-> L'avare n'a pas confiance en Hachem et porte constamment son œil (ayin - עין) sur son argent (késsef - כסף).
Ce lien entre son œil (עין) de guématria 130 et son argent (כסף) de guématria 160, donne une guématria totale de 290, qui est la valeur numérique du mot : "tsar" (étroit - צר).

[lorsque nous regardons notre vie par des yeux matériels (argent), plutôt que spirituels, il en découle que nous avons un regard qui est très étroit. Nous passons à côté de notre vie, se comportant de façon très petite par rapport à nos potentialités! ]

Par contre, l'homme généreux et bienveillant fait confiance à Hachem et porte constamment ses yeux vers Lui.
[Ben Ich 'Haï]

<--->

-> voir également : L'attirance pour l'argent, un esclavage : https://todahm.com/2022/05/18/lattirance-pour-largent-un-esclavage

<------------------------------------->

+ Pourquoi est-ce la sagesse ou la richesse, et non pas les deux?

-> Rabbi Its'hak dit : Celui qui veut acquérir la sagesse (de la Torah) doit tourner son visage vers le Sud et celui qui veut acquérir la richesse (matérielle) doit tourner son visage vers le Nord.
Il existe un signe (pour se souvenir de ces directions) : la Table (dans le Sanctuaire) était placée au Nord et la Ménora était placé au Sud.
[guémara Baba Batra 25b]

-> Selon rabbi Its'hak, un homme tourne son visage vers le sud dans sa prière pour acquérir la sagesse ou bien son visage vers le nord pour acquérir la richesse.
Du fait que s'il tourne son visage vers le sud, il ne peut pas simultanément le tourner vers le nord et inversement, il semble donc qu'il soit impossible de devenir à la fois Sage en Torah et riche ; c'est l'un ou l'autre!
Pourquoi cela?
C'est parce que tout don attribué à un homme (la sagesse ou la richesse) dans ce monde-ci est une épreuve pour lui : va-t-il s'enorgueillir de ce don et ramener les choses à lui, preuve que cette sagesse ou cette richesse matérielle est extérieure à sa personne, ou bien va-t-il utiliser ce don pour autrui et pour mieux servir Hachem?
Or, l'épreuve d'un homme sage est différente de l'épreuve d'un homme riche ; c'est pourquoi le Ciel ne donne pas en général à un même homme riche ; c'est pourquoi le Ciel ne donne pas en général à un même homme sagesse et richesse, car cela constituerait 2 épreuves très difficiles à gérer.
Cependant, si un homme a travaillé sa qualité d'humilité, modestie, alors il ne se sentira pas "propriétaire" de cette sagesse ou de cette richesse matérielle, et pour lui, ces dons ne sont qu'un outil pour mieux servir Hachem ; un tel homme pourrait bénéficier des 2 tables : spirituelles (par sa sagesse) et matérielle (par sa richesse).
[rav Dessler - Mikhtav méEliyahou - tome.4]

<--->

-> "Ce qui se trouve dans les Cieux, en haut, ou sur la terre, en bas" (Vaét'hanan 5,8)

Le Ben Ich 'Haï interprète : pour le niveau spirituel (bachamayim - dans les cieux), regarde plus haut (mima'al) que toi, et pour le niveau matériel (baarets - sur la terre), regarde plus bas (mita'hat) que toi.

<--->

=> Quelle est l'intention des signes : la Table et de la Ménora?

L'emplacement dans le Temple de la Table, symbole de la parnassa, au nord, et de la Ménora, symbole de la sagesse au Sud ont été choisis par rabbi Its'hak pour se remémorer des directions dans lesquelles il faut se trouver pour acquérir la richesse ou la sagesse.

-> Le Maharcha explique :
La Table, placée au Nord dans le Temple, ne contenait que les pains de proposition (lé'hem apanim) consommés par les Cohanim de service. Si cette Table (choul'han) symbolise la richesse matérielle, c'est-à-dire la table des princes et des riches, c'est pour enseigner à ces derniers qu'ils ne doivent pas compter sur leurs excédents financiers et matériels, car ils ne se rassasieront que du pain qui vient de la direction Sud opposée.
La Ménora placée au Sud se suffit de l'huile mise dans les gobelets pour éclairer.
Cette Ménora, qui symbolise la lumière de la Torah et sa sagesse, vient enseigner à celui qu'aspire à la sagesse qu'il doit se suffire (et être content) de peu, afin d'illuminer son âme appelé : lumière Divine (ner Elokim).

-> Le Méor Enayim enseigne :
L'activité essentielle d'un homme doit s'exercer sur les choses qui ont le plus de valeur, c'est-à-dire les paroles de Torah et la sagesse qui sont plus précieuses que l'or fin ...
Si la recherche des besoins matériels devient l'essentiel et l'activité de la Torah provisoire et secondaire, nous ne pouvons acquérir ni l'une ni l'autre.
C'est ce message qui est véhiculé dans les signes de la Table et de la Ménora.
En effet, la Ménora, symbole de la sagesse de la Torah, est placée au Sud, donc à droite (si on se place à l'ouest, face à l'est) et la droite représente le côté fort (comme la main droite) ; la Table symbole de la parnassa (subsistance) est placée au Nord, donc à gauche et la gauche représente le côté faible (comme la main gauche).

Notre relation avec la matérialité (4e partie)

+ Notre relation avec la matérialité (4e partie) :

+++ Le matériel est quand même nécessaire :

-> "L'argent est une bonne chose, tant qu'il est utilisé à de bonnes fins, et tant que l'on n'en devient pas trop attaché."
[l'Alter de Novardok]

-> En donnant la manne avant la Torah, Hachem a indiqué que les besoins matériels nécessaires sont un prérequis pour le service Divin.
[Rabbi Meir d'Apta - élève du 'Hozé de Loublin - Ohr Lashamayim]

-> "Etre excessif avec ses désirs est un extrême, et l'absence totale du moindre plaisir en est l'exact opposé.
Les 2 sont détestables."
[Rambam - Chémona Pérakim - chap.4]

-> Celui qui prend la route de l'ascétisme est appelé un fauteur.
[Rambam - Hilkhot Déot 3,1]

-> Lorsque nous sommes anxieux, tendus, tristes, ... nous ne pouvons pas donner notre maximum à Hachem.
Dans la limite du raisonnable, il peut alors être nécessaire de profiter des plaisirs de ce monde (permis par la loi juive), afin de retrouver nos pleines aptitudes pour servir Hachem dans la joie.
[Rav Yossef Leib Bloch - Chiouré Daat]

-> Le Maharil rapporte que Rabbénou Tam plaçait des pièces en or sur sa table d'étude dans le but d'élargir sa compréhension des passages difficiles de son étude.
[l'idée est qu'il ne faut pas repousser totalement la matérialité, mais faire en sorte de l'utiliser pour que notre spiritualité s'en trouve renforcée!]

<--->

-> Le Pélé Yoets transmet l'idée que le fait de se réjouir des plaisirs matériels de ce monde, n'a pas pour finalité de toujours en vouloir davantage (en enviant ce que possède autrui), mais cela doit être canalisé pour développer notre amour de Hachem.
En effet, si j'apprécie ce bien matériel passager, à plus forte raison je me dois d'aimer mon Créateur qui est la Source de tout amour et de tout plaisir.

-> Le Kli Yakar développe également cette idée, en comparant l'argent au feu.
D'un côté, on ne peut pas s'en passer, mais d'un autre côté, nous ne devons pas en être trop près.
Les plaisirs doivent nous servir afin d'aimer davantage D. (reconnaissance) en réponse à tout ce qu'il fait pour nous.
A l'inverse, une attitude ingrate où la finalité est d'avoir toujours davantage ou différemment, ne fait que développer de la jalousie.

-> Le Réchit 'Hokhma dit que les bontés de D. doivent inspirer en nous de la joie dans notre cœur, comme il est écrit : "Je serai heureux et en joie par Ta bonté" (Téhilim 31,8).

[De nos jours, quoique nous puissions avoir, cela semble ne jamais être assez.
Ce qui étaient les luxes d'hier, sont devenus les indispensables d'aujourd'hui.
=> N'oublions pas de l'apprécier, de remercier Hachem pour ces bontés! En effet, combien notre vie est luxueuses/confortables par rapport à celles de nos ancêtres de par le passé!]

<--->

-> "L'homme doit apprendre de son aspiration pour la matérialité comment aspirer à la spiritualité".
[rav Saadia Gaon]

<--->

-> "L'essentiel de l'amour dont on aime son propre corps et sa propre âme doit provenir de l'amour qu'on porte à son Créateur, comme un homme aime les instruments de son art et veille à ce qu'ils ne se salissent pas et ne se cassent pas, parce qu'il s'aime lui-même et veut pouvoir continuer à s'en servir.
C'est bien plus encore qu'il doit veiller sur son corps et son âme, afin qu'ils ne se souillent ni ne se brisent, car ce sont eux les instruments qui lui permettent de servir Hachem.
C'est là-dessus que doit porter toute l'intention quand on veille sur son corps et son âme, alors Hachem viendra à notre aide et sera notre soutien."
[Pélé Yoets]

<------------------------->

-> "Ne fais pas pour toi d'idoles de métal" (Ki Tissa 34,17)
Selon rabbi Mendel de Kotzk, cela signifie : "ne fais pas du métal un dieu!"

-> "Tu réuniras l'argent dans ta main" (Réé 14,25)
Le rabbi Méir de Prémichlan explique : "Il faut que tu restes, en toute circonstance, le maître de ton argent et que lui ne devienne jamais ton maître".

[ainsi il faut être vigilant à ce que la matérialité soit un outil permettant de mieux servir et grandir Hachem, et non l'inverse comme s'efforce à le faire notre yétser ara.]

<--->

-> "Avraham se leva de bonne heure, sangla son âne" (Vayéra 22,3)
Nos Sages ont dit à propos de cet âne, qu'il est celui qui a porté la femme et les enfants de notre maître Moché, et il sera l'âne qui portera le machia'h ...

Le Maharal explique : l'âne qu'a monté Avraham, Moché, et qui portera le roi machia'h, c'est "le matériel" (un âne en hébreu se dit 'hamor, le matériel se 'homer, la différence est seulement dans la ponctuation, mais les 2 s'écrivent de la même manière : חמר), car ces 3 tsadiim ont complètement vaincu le matériel, au point de le dominer entièrement.

Avraham a dominé son penchant au matériel, et il a pu surmonter ses instincts naturels pour aller sacrifier son fils unique qui est né lorsqu'il avait 100 ans.
Moché a été choisi pour devenir le libérateur du peuple d'Israël, juste après avoir complètement dominé son penchant au matériel.
Le machia'h sera celui qui réussira à dominer le penchant au matériel et le dompter entièrement.

Quant à nous, bien que parfois nous ne réussissions pas à entièrement dominer le matérialisme, il est recommandé de prendre cette tâche à cœur. On s'efforcera au moins de ne pas se laisser dominer par lui ...
Que ce ne soit pas une domination illimitée, afin de ne pas marcher dans la rue avec le matériel sur nos épaules.
[rabbi Nissim Yaguen - Nétivé Or]

La crainte du Ciel

+ La crainte du Ciel (par le rav Nathan Watchfogel) :

-> "Si une personne n'a pas de crainte [d'Hachem], elle n'a pas non plus de sagesse" (Pirké Avot 3,17).
... La seule façon de gagner en crainte d'Hachem est d'étudier du moussar, il adoucit nos cœurs de pierre.
Cela nous ouvre les yeux, nous remarquons la main d'Hachem dans nos vies, et nous ressentons plus de crainte d'Hachem grâce à cela.
[rabbi Nathan Watchfogel]

-> Une personne doit commencer à apprendre le moussar par le biais du yira (crainte d'Hachem), mais cela doit immédiatement se transformer en joie.
Si une personne prend le moussar qu'elle étudie et en fait vraiment une partie de sa vie, et le prend vraiment à cœur, alors cela lui apporte de la joie, parce qu'au fond de nos cœurs, la joie nous vient plus naturellement que la peur/crainte.
Lorsqu'une personne étudie le moussar comme il se doit, elle est immédiatement remplie de joie.
[rabbi Nathan Watchfogel]

<--->

-> Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de gens qui s'assoient et étudient dans le monde entier. Il y a beaucoup plus de yechivot et de kollélim. Avec autant d'étude, nous devrions nous attendre à ce que cette nouvelle génération produise plus de guédolé hador que jamais auparavant, mais nous n'avons pas constaté que c'était le cas. Pourquoi?

Les gens sont occupés à étudier la Torah, mais ils ne font pas d'effort pour acquérir la crainte d'Hachem.
Il est dit : "Sans crainte (d''Hachem), il n'y a pas de 'hochmah (sagesse)" (Pirké Avot 3,21).
Comme le dit le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm), la yirat Chamayim (crainte du Ciel) est l' "entrepôt" de la Torah.
Le rav de Volozhin écrit : "Plus l'entrepôt de yirat chamayim qu'une personne se construit est grand, plus elle peut y mettre de 'grains' de Torah et les garder en sécurité dans son entrepôt" (Néfech ha'Haïm 4,5).
Nos Sages (guémara Yoma 72b) disent : "Malheur aux talmidé 'hakhamim qui étudient la Torah mais n'ont pas de yirat Chamayim".
Etudier le moussar est ce qu'une personne doit faire pour acquérir la yirat chamayim. C'est ce qui permet de réussir dans la Torah.
[rabbi Nathan Watchfogel]

<--->

-> Sans un séder de moussar quotidien, "la chose la plus importante manque".
Le rav Yérou'ham Lévovitz a dit que le yétser ara laissera une personne faire tout ce qu'elle veut, juste pour qu'elle n'étudie pas le moussar!

-> Le rav El'hanan Wasserman parlait un jour au 'Hafets 'Haïm d'une nouvelle yéchiva qui venait d'ouvrir, et il en disait beaucoup de bien.
Le 'Hafets 'Haïm lui demanda s'il y apprenait le moussar.
Lorsque Rav El'hanan répondit par la négative, le 'Hafets 'Haïm dit : "Si c'est le cas, alors la yéchiva ne vaut même pas une bouffée de tabac".

Rabbi Na'hman de Breslev enseignait toujours : "Cherche la vérité, recherche-la sans répit ; élève toi au-dessus de ton nitsa'hon, ton désir de victoire. Elève-toi au-dessus de la sottise de l'orgueil et du courroux. Prie simplement que Hachem t'ouvre les yeux."

Contrôler ses aspirations spirituelles & la simplicité

"L'individu passe constamment d'une pensée à l'autre. Cependant, deux pensées ne peuvent occuper l'esprit en même temps. Nous savons qu'il faut annihiler les mauvaises pensées. Il est également parfois nécessaire de différer les bonnes pensées. Il est sûr qu'on a tendance à ne penser qu'à sa propre idée des choses, ne reconnaissant que leur valeur. Cela peut pousser à l'erreur et à la déception.
Rechercher et désirer la sainteté est parfois au-dessus de ses possibilités. On doit par conséquent se contrôler, limiter ses aspirations et accomplir avec simplicité le service divin dont on est capable à ce moment précis.
On doit ensuite crier vers Hachem, en priant d'être guidé sur le chemin conforme à son niveau personnel, et en servant Dieu avec simplicité et joie."
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Beth Kenesset - 5,24 ]

<--->

-> "Tu seras intègre avec Hachem ton D." (tamim tiyé im Hachem Eloké'ha - Choftim 18,13)

-> Selon Rachi : Marche avec Lui avec intégrité/simplicité, aie confiance en Lui, et ne scrute pas l’avenir. Mais accepte avec intégrité/simplicité tout ce qui t’advient, et alors tu seras avec Lui et tu seras Sa part.

-> b'h sur ce sujet de la simplicité : https://todahm.com/2025/10/09/47846

<--->

-> "Le but principal du juif est de servir Hachem avec simplicité et sans artifices".
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 19 ]

[Servir Hachem en toute simplicité, signifie adhérer à l'essentiel, être soi-même et éviter toute forme de complexité et de sophistication. C'est éviter de laisser notre imaginaire issu du yétser ara polluer notre approches simple (tam) qui est l'expression de notre cœur, de nos sentiments (dans leur forme pure, totale, sincère) envers Hachem. ]

-> Au cours de l'une de ses conversations, Rabbi Na'hman rappela aussi un verset du plus sage des hommes : "Un sot croit tout" (Michlé 14,15).
Rabbi Na'hman dit : "Il est bon d'être un tel sot. Parce que, lorsque vous croyez à des mensonges et à des sottises, vous croyez aussi à la vérité. Dans ce sens, vous valez mieux que la personne compliquée et sceptique envers toute chose. Elle commence par tourner en ridicule la sottise et le mensonge, mais finit par tout remettre en question, déniant même la vérité".
[Si'hot haRan 103]

<--->

-> Quelqu'un demande un jour à Rabbi Na'hman de Breslev : "Lorsque je prie et que je mentionne le Nom saint d'Hachem. Quelles pensées profondes, quelles intentions dois-je avoir à l'esprit?"
Rabbi Na'hman répondit : "Le sens simple, Hachem, ne te suffit-il pas?"
['Hayé Moharan - 414 ]

<--->

-> Rabbi Na'hman fait remarquer : "Mes réalisations, je les dois essentiellement à ma simplicité. J'ai consacré beaucoup de temps à converser simplement avec Hachem et à réciter les Téhilim".
[Si'hot haRan - 154 ]

Rabbi Na'hman nous conseille de tout tenter pour simplifier notre vie et nos dévotions à Hachem.
Rabbi Nathan écrit : "Il désirait que nous servions Hachem, le mieux possible, chaque jour. Notre objectif majeur, disait-il, doit être de servir Hachem sans artifices. Toute bonne action et toute chose sacrée peuvent être menées à bien avec une simplicité absolue. Nous devons étudier la Torah, prier, réciter des Téhilim et d'autres prières, et accomplir des mitsvot sans nulle sophistication et avec une grande joie. [Si'hot haRan - 19]

-> Rabbi Na'hman aimait beaucoup les actes simples des gens : réciter les Téhilim, chanter les chants du Shabbath, ... Il raillait ceux qui se sentent trop intelligents pour agir avec simplicité. D'ailleurs, jusqu'à sa tuberculose, qui devait l'emporter très jeune, il chantait beaucoup à table le Shabbath (Likouté Moharan II, 104).

-> "Parfois, en cherchant à accomplir une mitsva avec perfection, on finit par ne pas la faire du tout"
[rabbi Na'hman de Breslev - Sia'h Sarfé Kodech I, 571 ]

[avec un certain orgueil on pense qu'on doit faire une mitsva, une prière, ... dans des conditions et d'une façon parfaite (bien au-delà du nécessaire par la halakha). (ex: c'est soit ça soit cela ne vaut rien!). Au final, on réalise beaucoup moins, et souvent on est jamais content de ce qu'on a pu faire (ça pourrait toujours être mieux).
Mais si on agit sans chichi, uniquement porté par amour d'Hachem, alors l'essentiel est de faire au mieux de mes capacités du moment. C'est pas forcément tiptop, mais c'est de tout mon cœur! Or, ce qu'Hachem préfère c'est le cœur (nos sentiments), notre intériorité plutôt que tout un cinéma d'actes extérieurs mais vides en nous. ]

[servir Hachem avec simplicité, c'est pas avoir la grosse tête issue de notre égo, mais plutôt c'est être à sa place (aves ses qualités et défauts) et donner/connecter tout ce que nous sommes intérieurement à Hachem, par envie de se lier davantage à Lui, qui est tout pour tout (c'est l'expression que c'est le é'had, le Un dans notre cœur!). ]

<---->

-> Pour illustrer comment notre égo, notre orgueil, peut nuire à notre simplicité :

-> Rabbi Na'hman parlait de vêtements une fois avec un de ses disciples : "Il faut prier pour chaque chose, lui dit-il. Si tes habits sont déchirés et doivent être remplacés, prie Dieu de t'en procurer de neufs. Fais ainsi pour chaque chose. Prends l'habitude de prier pour tous tes besoins, importants ou mineurs ...
Celui qui ne prie pas Dieu pour obtenir ce dont il a besoin est semblable à un animal. Dieu donne à toute créature son pain sans être sollicité.
Pour être considéré comme un homme, on doit, par la prière, obtenir de Dieu tout ce qui est nécessaire à la vie.
[Si'hot haRan - 233]

-> Rabbi Nathan écrit (idem) : "Je parlais un jour avec Rabénou d'une babiole que je désirais. Il me dit: "Prie Dieu pour l'obtenir". J'étais très étonné d'apprendre que l'on doit prier Dieu, même pour des choses aussi banales. Dans ce cas particulier, il ne s'agissait même pas d'une nécessité.
Voyant ma surprise, Rabbi Na'hman me dit : "Te crois-tu trop respectable pour prier Dieu pour une chose mineure aussi insignifiante?"

=> Normalement on devrait avoir conscience que tout vient d'Hachem (sans Lui on n'a rien) et qu'Il peut tout, ainsi on devrait sans cesse demander son aide pour toute chose (même la plus petite, la plus futile, voir qu'on a honte à demander, ...). Cependant notre yétser ara réussit à nous retirer cette simplicité, et du coup on ne se tourne presque pas vers papa Hachem (qui pourtant attend nos paroles pour pouvoir nous combler du meilleur!).
Cela illustre que notre manque de simplicité nous fait perdre beaucoup (dans la prière, notre relation avec Hachem et plus généralement dans toute notre vie).

<--->

-> Rabbi Nathan enseigne :
Je fais preuve de simplicité dans les mitsvot si j'accomplis le précepte divin parce que c'est Hachem qui me l'a commandé. Chercher ma propre motivation dans la mitsva lui octroie une forme spécifique qui, en réalité, la limite et l'étiole.
De plus, quand il me semble comprendre la signification de la mitsva et que je suis motivé pour l'accomplir précisément parce que j'en comprends le sens et la portée, en cela je manque de naturel. Je suis prêt à la chute.
Il peut arriver un moment où les choses seront en contradiction avec la conception que j'en ai, ou une situation pourra se présenter, qui contredira la structure spécifique que j'avais accordée à la mitsva. Qu'arrive-t-il alors?
[Likouté Halakhot - Dévarim min ha'haï 4,49 ]

=> certes il est utile de se renforcer sur le sens et la grandeur des mitsvot pour nous donner davantage de motivations/goûts à les faire, mais souvent c'est justement le fait de comprendre qu'on réalise quelque chose de si énorme que cela nous dépasse (c'est un acte divin, qui impact tous les cieux, l'éternité!), que c'est un honneur qu'Hachem nous fasse confiance de le faire (alors que 99,8% des êtres humains ne sont pas juifs!), ...
On en vient à être petit face à l'immensité d'un ordre du Roi des rois, on en vient à agir avec simplicité car toutes les intentions cachées nous dépassent largement, et alors on connecte notre coeur d'amour avec notre papa Hachem, en espérant agir au mieux et qu'Il soit fier de nous!

<--->

+ Contre toute rigueur non nécessaire :

-> "L'extrémisme sous toutes ses formes est absolument inutile" (Si'hot haRan - 51).

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan II, 44) enseigne :
A propos de ceux qui exagèrent dans le service divin, il est écrit : "Les mitsvot doivent nous aider à vivre, pas à mourir" (A'haré Mot 18,5).
Des gens pareils n'ont pas de vie. Ils sont constamment déprimés parce qu'ils n'ont jamais l'impression d'avoir fait leur devoir en accomplissant les mitsvot. A cause de leur perfectionnisme et de leur rigueur, ils ne retirent aucune force, aucune vie de leurs actions".

-> Le rav 'Haïm Kramer développe :
On n'a pas besoin d'être rabbin ou même quelque peu érudit pour faire preuve de zèle à outrance. Un ignorant peut tout aussi bien affirmer : "C'est interdit!" Au contraire, "tout comme il est interdit de permettre ce qui est interdit, il est interdit d'interdire ce qui est permis" (Beit Yossef - Tour Yoré Déah 115; s.v. Harav Peretz).
Rabbi Na'hman se proposait de mettre à notre portée toute mitsva, fût elle la plus élevée. En agissant avec simplicité, nous pouvons sentir que nous aussi, pouvons accomplir la mitsva. Nous pouvons l'accomplir en toute franchise et en retirer une joie vivifiante.

Il existe cependant des circonstances où il est bon d'observer la loi le plus strictement possible. Le Talmud (Shabbath 118b) enseigne à cet effet : Rabbi Yossef demanda au fils de Rabba : "A propos de quelle mitsva ton père se montrait-il le plus rigoureux?" Chacun des Sages du Talmud choisissait un commandement qu'il s'efforçait d'observer dans ses moindres détails et avec la rigueur la plus extrême.
C'est ce que Rabénou conseille à chacun de faire (cf. Séfer Hassidim n°529).
Il écrit : "Et même pour ce commandement particulier, il ne faut pas faire preuve d'une rigueur anormale qui confine à la folie et à la sottise ... Observe un commandement de façon très stricte, mais pour tous les autres, ne sois pas d'une intransigeance inutile. Si seulement nous avions le mérite d'observer l'ensemble des commandements de la Torah en toute simplicité, sans extrémisme!" (Si'hot haRan - 235).

<--->

-> "Je me demande bien pour quelle raison les gens choisissent toujours d'être stricts dans une mitsuah qui se fait en public, ils devraient plutôt éviter la calomnie, étudier davantage la Torah et se concentrer davantage dans leur prière".
[rabbi Eliyahou 'Haïm Rosen ]

<--->

+ Hachem est un :

-> "La simplicité est la vertu la plus grande possible, puisqu'Hachem, qui est certainement au-dessus de tout, est d'une simplicité extrême" (Si'hat haRan - 101).

-> "Les voies du Tout Puissant sont simples» (Deutéronome 32, 4).

-> Rabbi Na'hman (Likouté Moharan 2, 6) enseigne :
"La Création est constituée d'une variété d'éléments. Mais toutes ces parties émanent d'Hachem qui est UN et qui est simple. Notre mission dans ce monde est de "révéler l'unité parmi la multiplicité".
C'est-à-dire, à partir de nous tous, dans nos différentes pensées et perspectives, dans nos actes, dans les divers milieux, il faut arriver à reconnaître le Dieu unique."

-> Le rav 'Haïm Kramer développe :
Cela n'est pas aussi compliqué qu'il le paraît à première vue. Rappelons-nous que tout émane d'une source unique. Par conséquent, par sa voie propre et ses différences spécifiques, chacun d'entre nous reflète cette source.
Par extension, il n'y a en fait aucune raison de considérer la vie de façon si compliquée, comme la plupart des gens ont tendance à le faire. En réalité, tout provient de l'unité d'Hachem simple et unique.
Les différences viennent du fait qu'Il se manifeste différemment à chacun de nous. Ce que nous avons à faire, c'est de chercher Hachem partout, dans toute chose. Nous verrons ainsi que tout ce qui apparaît compliqué et diversifié est en fait très simple et unique, ce qui apparaît fragmenté est en fait entier, monolithe, ce qui semble requérir de nombreux artifices nécessite la simplicité la plus totale.

Rabbi Na'hman comprit que très rares sont ceux qui réussissent à distinguer l'unité à partir de la pluralité, et ceux qui peuvent mettre vraiment en pratique ce principe sont encore plus rares.
La plupart d'entre nous éprouvent les plus grandes difficultés à respecter la simplicité dans la vie.
Rabbi Na'hman était à même d'apprécier nos luttes incessantes contre toutes les diversités de ce monde et comprenait la complexité de notre tâche. Il se rendait également compte que la plupart des gens tendent à compliquer les choses, au-delà de toute mesure.
Nous passons nos jours et nos années à anticiper et à évaluer les problèmes et les difficultés que nous croyons trouver sur notre chemin.
Nous nous fixons des objectifs, aussi bien matériels que spirituels, et les échecs éventuels nous jugulent.
Nous nous préparons à nous divertir et nous sommes rongés par le souci que tout ne se passe pas comme prévu. Nous passons notre temps à nous soucier de choses qui n'arriveront probablement jamais. Angoisse! Anxiété!

Nul ne peut nier que des moments difficiles surviennent: ils surgissent parfois, c'est vrai! Mais nous n'avons pas la moindre idée de la façon dont ils affecteront notre vie ; on arrive en revanche à résoudre un grand nombre de problèmes sérieux de la vie, si on en a une perspective simple.
C'est la raison pour laquelle Rabbi Na'hman insiste tellement sur la simplicité. Si nous prenions les choses telles qu'elles sont, chacune en son temps, nous pourrions mener une vie beaucoup plus simple et heureuse.

<--->

+ Le conte : le 'Hakham et le Tam :

-> L'un des contes les plus mémorables de Rabbi Na'hman est sans doute "Le Sophistiqué et le Simple" (le 'Hakham et le Tam).
Dans cette histoire, le Tam n'a reçu qu'une éducation formelle minime, et ses capacités sont très limitées. Il coud des souliers triangulaires pour gagner sa vie, n'a que du pain et de l'eau pour toute subsistance, et il est si pauvre qu'il doit partager avec sa femme un "manteau" rapiécé, en peau de mouton. Ce manteau lui sert cependant de "raffinement exquis" en toute occasion, et sa nourriture quotidienne a la saveur des mets les plus exquis.
Bien que, du fait de ses limites, le Tam gagne beaucoup moins que ses collègues savetiers, sa confiance en lui-même et sa joie sont telles qu'il ne ressent aucunement ni jalousie ni besoin.
"Pourquoi devons-nous parler des autres?" dit-il à sa femme, quand elle se plaint de son incapacité à gagner autant que les autres pour son travail.
"De quoi dois-je me mêler? C'est leur travail, et celui-ci est le mien!"
Et lorsque des citadins essayaient d'engager une conversation avec lui pour se moquer de lui, le Simple n'avait qu'une requête : "Sans moquerie, s'il vous plaît!"
S'ils l'assuraient de leur sincérité, il ne la mettait jamais à l'épreuve. Etant une personne simple, il n'engageait jamais dans des spéculations complexes, qui auraient pu inciter les autres à se moquer de lui.

En fait, le Tam ne se pose jamais de questions et n'essaie jamais de rien deviner. Il ne fait que se conduire simplement et honnêtement, étant parfaitement satisfait de son sort.
Quoi qu'il puisse advenir, il est toujours joyeux. Grâce à sa simplicité, il n'a aucune sensation de manque, et c'est elle qui le fait accéder au rang de premier ministre du pays, surpassant ainsi par sagesse son ami le 'Hakham.

Le 'Hakham, quant à lui, a reçu une éducation très poussée; c'est vraiment l'homme du monde, doué d'une grande expérience dans le commerce, l'artisanat et même la médecine, et ayant élargi ses horizons à la suite de ses nombreux voyages dans le monde. Malgré cela, il n'est jamais satisfait de son sort et est toujours à la recherche de quelque chose de meilleur au-delà de ses perspectives.
D'une minutie et d'une exigence extrêmes, il se sent rejeté quand ses travaux d'orfèvrerie ne sont pas appréciés par les autres, et même lorsque les menues imperfections dans le diamant qu'il taille ne sont évidentes pour personne, il se châtie sévèrement en dénigrant son habilité.
Contrairement au Tam, il a constamment besoin de l'approbation du public, et quand ses qualités médicales ne sont pas reconnues, il n'hésite pas à abandonner cette profession. De par sa rigidité, il lui est impossible d'apprécier le travail des autres.
Son habillement, ses conditions de logement ou son style de vie doivent répondre à ses exigences, sinon il est contrarié et tombe dans la dépression. Il est incapable d'apprécier la simplicité dans son mode de vie; en fait, il ne vit pas.

Son manque de confiance en lui-même ne lui permet pas de parler à ceux qu'il considère comme inférieurs, parce que cela risquerait de ternir son statut personnel, qu'il veut protéger à n'importe quel prix. Incapable en fin de compte de trouver quelqu'un sur qui se reposer, c'est un grand malheureux (Hokhmah Outévounah, 8).
Sa complexité ne le rend pas seulement arrogant, mais également sceptique et incapable d'avoir confiance en qui que ce soit. Ne se contentant jamais du contenu logique des choses, il en cherche toujours la "vraie" preuve et le sens réel, ce qui le mène le plus souvent à des conclusions erronées et lui fait perdre en fin de compte à la fois son statut et sa sagesse.

-> Rabbi Na'hman de Tchérin, l'un des disciples de Rabbi Nathan, écrit : "Rabénou nous a relaté ce conte pour nous insuffler en particulier l'importance de la simplicité. Qui suit le sentier de la simplicité mènera une vie heureuse et comblée" (Rimzé Maassiot).

<--->

-> L'une des plus grandes bénédictions de l'homme est de savoir qu'en toute circonstance, il a fait de son mieux.
Hachem ne nous a pas créés pour être des anges (cf. Avoda Zara 3a). Etres humains, nous avons des hauts et des bas et sommes enclins aux variations d'humeur, de sentiments et de désirs. Peu importe si ces changements proviennent de pressions intérieures ou extérieures, un fait est certain: nous y sommes sujets.
C'est pourquoi Rabbi Na'hman enseigne : "Sois simple; ne t'attends pas à ce que la vie soit tous les jours uniforme ; ne t'attends pas à la perfection, même de toi-même. Fais ce que tu peux, quand tu le peux. Tu resteras de la sorte assez souple pour t'adapter à n'importe quelle situation.

C'est exactement la définition du Tam. Il vit dans le présent, ne se soucie jamais de l'avenir et ne se chagrine pas pour ce qui est passé. Il est confiant dans la certitude qu'il fera de son mieux quoi qu'il arrive.
Cela pourrait expliquer pourquoi le même mot tamim est utilisé pour définir la simplicité et l'intégralité. Celui qui est vraiment "sain", a confiance en lui-même et est simple, n'éprouve pas du tout la nécessité d'impressionner les autres par ses sophistications.
Il est en outre, tout comme le Tam, toujours heureux, grâce à son approche simple de la vie.

Le Hakham, par contre, est toujours soucieux. Il désespère de l'avenir et ce que les autres pensent le navre ; "suis-je assuré du pain quotidien jusqu'à la fin de mes jours? Cette mode et ce style conviennent-ils à mon entourage? Que diront de moi les autres, s'ils voient des imperfections dans mon travail?" Cette atmosphère constante d'incertitude lui font prendre des airs sophistiqués, et la déception est souvent son lot. Son angoisse permanente, sa vie active et compliquée le mènent en fin de compte à un malheureux désarroi.

-> Rabbi Na'hman enseigne : "S'il était vrai que les "sagesses" sont indispensables pour servir Hachem, comment pourrait-on s'attendre à ce que les gens simples, qui ne possèdent pas une intelligence brillante, Le servent? Ne te sers que de la simplicité pour servir Hachem, que de la simple crainte du Ciel ; accomplis en toute simplicité les préceptes divins et les bonnes actions. Ne complique pas les choses ; tu dévierais ainsi de la vérité. Avant tout, reste SIMPLE!" (cf. Likouté Moharan II, 19).

<--->

-> La simplicité, surtout en ces temps modernes et compliqués, constitue une très grande bénédiction, bien rare. Rabbi Na'hman enseigne : "Il viendra un temps où un homme pieux et simple sera aussi rare et unique que le Baal Chem Tov" (Si'hot haRan - 36).

[on est à une époque où l'on a accès à pléthore d'informations (ex: internet & IA), et où l'on peut commencer à se prendre pour quelqu'un, notre coeur se sent fort, or l'humilité et la simplicité sont nécessaires pour que notre coeur s'ouvre à Hachem (à l'image de la prière du pauvre qui n'a rien, ne peut compter sur rien d'autre qu'Hachem!).]

Leçon sur la prière – à partir du récit de Kamtsa et Bar Kamtsa

+ Leçon sur la prière - à partir du récit de Kamtsa et Bar Kamtsa :

-> Nos Sages (Guittin 55b) disent : "Jérualem a été détruite à cause de Kamtsa et de Bar Kamtsa".
Un homme, ami de Kamtsa et ennemi de Bar Kamtsa. Cet homme préparait un banquet. Il dit à son serviteur : "Va inviter Kamtsa".
Le serviteur alla inviter Bar Kamtsa.
L'homme trouva Bar Kamtsa assis à côté de son banquet.
Qu'est-ce que c'est? s'écria-t-il. "Tu es mon ennemi! Que veux-tu ici? Lève-toi et va-t'en!"
"Maintenant que je suis venu, dit Bar Kamtsa, laisse-moi rester. Je paierai ce que je mangerai et boirai."
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai la moitié de votre banquet", dit Bar Kamtsa.
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai tout votre banquet", dit Bar Kamtsa,
"Non!" dit l'hôte. Il saisit Bar Kamtsa et l'expulsa de force.

Bar Kamtsa alla dire à l'empereur romain : "Les juifs se sont rebellés contre toi."

[ "Jérualem a été détruite à cause de Kamtsa et de Bar Kamtsa".
Nous comprenons que le Temple a été détruit à cause de Bar Kamtsa, car c'est lui qui a calomnié la nation juive auprès de l'empereur romain et qui a déclenché sa colère. Mais comment Kamtsa a-t-il causé le Churban ?
Le Maharcha écrit que Kamtsa était peut-être le père de Bar Kamtsa.
En suivant cette approche, nous pouvons expliquer que Kamtsa, le père, était également responsable de la destruction du Temple, car s'il avait appris à son fils Kamtsa à rechercher la paix, à pardonner et à oublier, et à rester silencieux lors d'une dispute et lorsqu'il était humilié, Bar Kamtsa aurait réagi d'une bien meilleure manière.
Kamtsa est donc Kamtsa est donc également responsable du Churban.
(éventuellement, on voit également ici l'importance pour les parents d'éduquer leur enfant par l'exemple. En ce sens, prends encore plus sur toi de respecter autrui, comme cela ce comportement sera partie intégrante de ton enfant. (mais si tu le dis sans le faire, alors il est probable qu'il n'y accorde pas beaucoup d'attention, car si même mon père ne le vit pas ... ))]

-> Bar Kamtsa alla dire à l'empereur romain : "Les juifs se sont rebellés contre toi."
"Quelle preuve y a-t-il? demanda l'empereur.
La guémara (Guittin 56) indique que Bar Kamtsa a conseillé à l'empereur romain d'envoyer un korban à Jérusalem et de voir s'ils le sacrifieraient. En effet : "s'ils ne le sacrifient pas, ce sera la preuve que les juifs se rebellent contre vous."

L'empereur envoya un bœuf pour qu'il soit offert comme sacrifice (korban).
Sur le chemin de Jérusalem, Bar Kamtsa coupa la lèvre supérieure du bœuf (ou, selon une autre opinion, il mutila son œil), ce qui rendit le bœuf impropre à être offert en sacrifice.
Lorsque le korban arriva au Temple, les Sages dirent qu'ils devaient le sacrifier, malgré son défaut l'invalidant, car ils savaient que l'empereur romain serait en colère s'ils n'offraient pas son korban.

Rabbi Zé'haria ben Avkoulas n'était pas d'accord. Il dit : "Si nous apportons ce korban, les gens penseront qu'il est permis de sacrifier un korban avec une défaut".
Les Sages eurent une autre idée. Ils tueraient Bar Kamtsa, afin qu'il ne revienne pas dénoncer la nation juive auprès de l'empereur romain.

Rabbi Zé'haria ben Avkoulas n'était pas d'accord.
Il dit : "Si nous tuons Bar Kamtsa, les gens diront que quiconque fait un défaut sur un sacrifice (korban) doit être tué".
Les Sages acceptèrent l'opinion de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas.
Le korban ne fut pas sacrifié et Bar Kamtsa ne fut pas tué. Ce dernier rapporta l'incident au roi, et suite à cela la destruction du Temple eut lieu.

Rabbi Yo'hanan conclut : "L'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit notre maison, brûlé le hei'hal et nous a exilés de notre pays".

<--->

Le Méor Enayim (Guittin) pose les questions suivantes :
1°/ Est-ce l'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas qui a causé la destruction du Temple?
Il semble que ce soit sa prudence excessive qui ait causé la destruction ('hourban). Il semble que ce soit sa crainte que les gens n'en viennent pas commettre une erreur dans la halakha.
Pourquoi Rabbi Yo'hanan attribue-t-il la destruction du Temple à son humilité?

2°/ La halakha stipule que l'on doit transgresser toutes les halakhot de la Torah pour sauver la vie d'un seul juif. Alors pourquoi n'ont-ils pas offert le korban (ou tué Bar Kamtsa) pour sauver de toute la nation juive?
Pourquoi Rabbi Zé'haria s'inquiétait-il que des halakhot allaient être oubliées, alors que la vie de tant de juifs était en jeu?

-> Le Méor Enayim répond que Rabbi Zé'haria était le gadol hador [le géant spirituel de la génération] (la preuve en est que ses opinions ont été immédiatement acceptées par tous les érudits) et qu'il avait du roua'h hakodech (esprit saint prophétique).
Grâce à son roua'h hakodech, il savait que la destruction du Temple était imminente et que rien ne pouvait être fait pour changer ce décret.
C'est la raison pour laquelle Rabbi Zé'haria n'a pas autorisé le meurtre de Bar Kamtsa ou le sacrifice du sacrifice (korban) avec le défaut invalidant.
Il savait que cela ne servirait à rien. La destruction du Temple se produirait de toute façon. C'est pourquoi sa principale préoccupation était de s'assurer que la Torah ne soit pas oubliée.

=> Pourquoi Rabbi Zé'haria n'a-t-il pas dit aux Sage de l'époque ce qu'il savait avec son roua'h hakodech?
Il aurait dû leur dire :
"Vous avez raison, c'est du pikoua'h néfech (question de vie et de mort sur le peuple juif), et selon la halakha, nous devons sacrifier le korban bien qu'il ait un défaut le rendant invalide, et ce pour protéger la nation juive.
Je sais par roua'h hakodech que la destruction du Temple aura lieu, et nous ne pouvons rien y changer. Même si nous apportons le korban ou si nous tuons Bar Kamtsa, le 'hourban aura lieu et la vie de toute la nation juive est en grand danger. Par conséquent, préservons au moins les halakhot."
Pourquoi Rabbi Zé'haria ne leur a-t-il pas dit cela?

La réponse est que Rabbi Zé'haria était humble et ne voulait pas leur dire qu'il avait le roua'h hakodech.
C'est pourquoi Rabbi Yo'hanan dit : "L'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit notre maison, brûlé le hé'hal et nous a exilés de notre terre" = s'il leur avait dit ce qu'il savait avec roua'h hakodech, les Sages auraient prié pour que la destruction du Temple ne se produise pas, et ils auraient également incité les gens à faire téchouva.
Mais Rabbi Zé'haria ne leur a pas dit ce qu'il savait avec le roua'h hakodech, et les Sages n'étaient pas conscients que le 'hourban avait été décrété dans le Ciel, et ils n'ont donc pas investi dans les prières et la téchouva. [pas conscients de la gravité de la situation]

Le Méor Enayim écrit :
"C'est la signification : "l'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit ..." = car sans son humilité, il leur aurait parlé du 'hourban, ils auraient prié, fait téchouva, imploré Hachem d'avoir compassion d'eux, et le décret aurait été annulé.
C'est donc l'humilité de Rabbi Zé'haria qui a causé la destruction. Il ne voulait pas révéler [qu'il avait le roua'h hakodech]".

=> En ce qui nous concerne, nous apprenons de cela que les juifs auraient pu annuler le décret de destruction du Temple avec leurs prières et leur téchouva, mais ils ne savaient pas que cette destruction était imminent.
La téchouva et la prière sont toujours efficaces. Elles auraient permis d'éviter le 'hourban (destruction du Temple).

<--->

-> De son côté, le rav Elimélé'h Biderman donne une autre explication sur le fait que Rabbi Zé'haria a été agit trop humblement, ne croyant pas qu'il avait le pouvoir de la prière.
Il ne croyait pas en sa force. De plus, il ne pensait pas que la nation juive pouvait prier et annuler le décret.
C'est la forme négative de l'humilité. C'est le cas lorsque l'on ne croit pas en ses forces.
Cette humilité mal placée a entraîné la destruction du Temple.
[au contraire, il faut savoir par moment faire preuve d'orgueil de la sainteté (gaava dikedoucha).
Particulièrement le 9 Av, on prie de tout coeur pour la reconstruction du Temple, montrant par là qu'on a appris de nos erreurs, que la prière est quelque chose qui se "tient au sommet du monde" (Béra'hot 6b), que "la prière s’élève jusqu’au ciel" (Rachi - Béra'hot 6b). ]

[le prophète Yirmiyahou dit au roi Tsidkiyahou : "Hachem dit que si tu vas vers les officiers du roi de Bavel [pour conclure un traité de paix avec eux] ... la ville [Jérusalem] ne sera pas brûlée, et toi et ta famille vivrez. Mais si vous n'allez pas vers eux, cette ville sera conquise... ils la brûleront et vous ne survivrez pas" (Yirmiyahou 38,17-18).
Le rabbi de Kamarna demande : puisque le décret de destruction de Jérusalem était déjà scellé dans les cieux, comment le fait que Tsidkiyahou aille vers les officiers de Bavel pourrait-il aider?
La réponse est que l'humilité annule les décrets sévères. Si le roi Tsidkiyahou s'était rendu humblement devant les officiers de Bavel (en suivant la directive du prophète Yirmiyahou), cela aurait protégé le peuple d'Israël et le Temple aurait été épargné.
(on voit ainsi un exemple d'humilité positif (selon la volonté de D., transmise par Yirmiyahou), et également une humilité négative (impulsé par notre yétser sous couvert de bien agir = humble) avec Rabbi Zé'haria. L'une comme l'autre a pu mettre à la destruction du Temple.)]

Ne plus avoir d’aspiration à grandir = faut prier!

+ Ne plus avoir d'aspiration à grandir = faut prier!

-> Il y a des moments où une personne peut se sentir tellement brisée par les circonstances de la vie qu'elle ne peut même pas se résoudre à vouloir grandir (spirituellement).
Elle peut se sentir ainsi dans un domaine particulier de la croissance, ou peut-être même dans tous les domaines. Dans de telles circonstances, y a-t-il un espoir de croissance?

Cependant, il est essentiel de comprendre que même si l'on ne pense pas vouloir grandir (spirituellement), [en réalité, en nous,] on le veut vraiment. Chaque juif veut grandir. C'est inhérent à la nature même de l'âme juive.
La raison pour laquelle une personne peut avoir l'impression de ne pas vouloir grandir est que son désir est enfoui au plus profond d'elle-même. Par conséquent, elle ne le ressent pas. Il est pourtant là.

La preuve qu'elle est là, même si elle n'est pas ressentie, est que malgré le fait qu'on ne veuille pas grandir, on admettra probablement qu'on a envie de grandir.
Et même s'on ne veut pas vouloir grandir, on voudra probablement vouloir grandir. Et même si on ne veut pas vouloir grandir, il est probable qu'on veuille vouloir grandir, et ainsi de suite.
Cela peut être enfoui profondément, mais c'est là parce qu'un juif veut toujours grandir (spirituellement).

L'objectif est donc de permettre à ce "désir" de remonter à la surface. Pour ce faire, il faut d'abord le localiser, c'est-à-dire déterminer à quelle profondeur il est enfoui et à combien de "désirs" il se trouve.

Ensuite, il faut en parler à Hachem : dites-lui que vous n'avez pas d'envie de grandir. Dites-lui à quelle distance se trouve votre "désir". Dites-lui pourquoi vous pensez que vous n'avez pas envie de grandir et ce qui vous en empêche. Demandez-lui de l'aide.

Il faut se fixer un moment régulier pour avoir cette conversation avec Hachem. Ce peut être une fois par jour, une fois par semaine ou même une fois par mois. Si, au bout d'un certain temps, la conversation devient robotique, parlez-lui moins souvent, il est important que la conversation reste significative.

Si, au bout d'un certain temps, on ne sent pas de changement dans son désir et qu'on ne veut pas encore croître plus intensément (même un peu), il faut essayer d'avoir une conversation plus fréquente avec Hachem.
Si cela ne suffit pas, il faut essayer de parler à Hachem du fait qu'on essaie, que cela ne nous aide pas et que c'est frustrant.

Plus on parle à Hachem de ce qu'on veut, plus on s'attaque à ce qui bloque notre "désir", et plus on s'approche de le faire remonter à la surface. Ce faisant ... on grandit.
[rav Kalonymus Shapira - Aish kodech ]

<--->

-> Le rav Kalonymus Shapira révèle que, tout comme la émouna et l'amour pour Hachem, le désir de se rapprocher d'Hachem est naturel pour un juif, et provient de son âme. Toute déconnexion d'avec elle est un sentiment, et non la réalité, et parce que quelque chose s'y oppose.

"Chaque personne doit se demander : 'Quand mes actes atteindront-ils ceux d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov, qui ont acquis ce monde et l'autre grâce à leurs bonnes actions et à l'étude de la Torah?' " (Tana déBé Eliyahou - chap.23)

-> Le Yalkout Chimoni (Vaét'hanan 830) cite cet enseignement d'une manière quelque peu différente : "Une personne est obligée de se demander : 'Quand mes actes atteindront-ils ceux d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov' ".

Cette formulation suggère une obligation réelle, pas moins que toute autre obligation trouvée dans les enseignements de nos Sages, que nous devons nous efforcer d'accomplir avec messirout néfech (abnégation, don de soi).
Dans toutes les situations où l'on peut se trouver au cours de notre vie, nous devons essayer de suivre les traces des Patriarches (Avot), et leur mérite nous aidera à le faire.
Dans la mesure où l'on s'efforce d'atteindre cet objectif avec la messirout néfech (agissant au mieux de nos capacités personnelles), nous méritons la lumière et l'assistance du Ciel.
[rabbi David Abou'hatséra]

Le peuple demanda à Moché : "Que nous réserve Hachem dans le monde à Venir?"
Moché répondit : "Je ne le sais pas, mais ce que je peux vous dire (à vous les juifs), c’est que vous avez de la chance pour ce qui vous attend."
[Sifri - Dévarim 356 ]

Les fautes nourrissent les forces du mal

Les forces de l’impureté (forces du mal), de par leur essence même, ont faim, soif et sont desséchées, car elles ne possèdent aucune énergie vitale qui leur soit propre. Elles prospèrent plutôt en incitant les gens à fauter, en leur enlevant leurs étincelles de sainteté et en s’en nourrissant.
Plus elles poussent les gens à fauter, plus elles gagnent en vie. Ce sont ces fautes qui donnent de la force aux forces de l’impureté ; c’est pourquoi elles aspirent constamment, avec soif et faim, à pousser les gens à fauter afin de pouvoir se nourrir de leur sang innocent ...

Lorsque Hachem voit que cette personne s’est repentie et a exprimé un véritable regret dans son cœur et son âme, Hachem accepte sa prière et l’aide à détruire ces démons ... mais aussi à extraire des étincelles supplémentaires de sainteté de ces forces d’impureté.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - 'Houkat 21,1-3]