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L’honneur reçu fait perdre nos mérites futurs

+ L'honneur reçu fait perdre nos mérites futurs :

-> Le Yérouchalmi (Péa 8,6) rapporte que Rabbi Eliezer était un gabaï tsédaka qui accueillait des invités.
Lorsque ses invités le bénissaient et priaient pour lui, il disait que pour cette hospitalité, il ne recevrait pas de récompense. Lorsque d’autres invités l’humiliaient et le maudissaient, il disait que pour ces invités, il recevrait une récompense.

En effet, le séfer 'Hassidim (84) déclare : "Que ton cœur ne se réjouisse pas si les gens t’honorent, car selon l’honneur et le plaisir qu’une personne reçoit en ce monde pour ses actes, on lui enlève de ses mérites dans le monde à Venir."

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-> On demanda au 'Hafets 'Haim de prononcer le discours d’ouverture à la Knessia Guédola, mais il refusa. On lui a dit qu’en toute logique, il devrait être le premier à prendre la parole, puisqu’il était un Cohen et le plus âgé des sages du groupe.
"Je ne suis ni un rav, ni un roch yéchiva", répondit-il. "Je ne suis qu’un simple vendeur de séfarim (livres), mais je reçois beaucoup d’honneurs, et je crains qu’il ne me reste plus rien dans l’Olam Haba (monde à Venir). Laissez-moi un peu pour le monde à Venir, et cessez de m’honorer!"

-> On raconte qu’après le décès de rav Méir Shapiro, il apparut à l’un des directeurs de la yéchiva et lui révéla qu’au Ciel, l’accent n’était pas mis sur sa yéchiva 'Hakhmé Lublin ou sur sa fondation du Daf Yomi, mais sur le fait qu’il ait été humble et soumis.
Nous pouvons expliquer que, bien que ses réalisations prodigieuses aient certainement été notées au Ciel, la cour céleste examine d’abord s’il en a tiré de l’honneur et du plaisir, auquel cas il a peut-être déjà "mangé" son monde de son vivant.

-> A la fin de sa vie, le rav Elazar Ménachem Mann Shach demanda à quelqu’un : "Qu’emporterai-je avec moi en Olam Haba?"
La personne ne comprit pas la question. "Le rav viendra avec 70 ans d’enseignement de la Torah!" répondit-elle.
"Qu’emporterai-je avec moi au Olam Haba?" répéta le rav Shach.
"Le rav viendra avec les volumes de son Avi Ezri sur le Rambam", répondit la personne.
"Qu’emporterai-je avec moi dans l’Olam Haba?" demanda-t-il à nouveau.
"Je ne comprends pas la question", dit la personne.
"Pour toutes ces choses, j’ai déjà reçu des honneurs", dit le rav Shach, "et une mitsva pour laquelle on a été honoré est comme un ticket de bus usagé."

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-> Le 'Hafetz 'Haïm dut un jour se rendre à Moscou pour les besoins de sa yeshiva, et il écrivit une lettre à une de ses connaissances dans cette ville, le priant de ne pas faire connaître son arrivée, afin que les gens ne l’accueillent pas publiquement.
Plus tard, son hôte lui demanda pourquoi il empêchait ses nombreux admirateurs de gagner le mérite de lui rendre l’honneur dû à un sage de la Torah.
"Aimez-vous le kugel?" demanda le 'Hafetz 'Haim en réponse.
"Oui", répondit l’homme, surpris par la question.
"Votre femme prépare-t-elle du kugel pour le Shabbat?"
"Oui", répondit-il, de plus en plus perplexe.
"Et mangez-vous le kugel le soir du Shabbat?"
"Non", dit-il. "Je le mange le jour du Shabbat".
"Vous comprenez donc que cet honneur nous est également réservé dans le monde de la récompense", expliqua le 'Hafets Haim. "Si nous en jouissons dans ce monde, que nous restera-t-il dans le monde de l’éternité?"

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-> "Sachez que toute publicité autour d’une mitsva accomplie dissipe nos mérites.
C’est comme un billet de train déjà utilisé! …"
[Rav Chakh]

-> Qu'est-ce qu'une mitsva accomplie à la perfection?
Le rav Chakh disait souvent :
"[Il s'agit] d'une mitsva accomplie si discrètement qu'aucun de ceux qui sont là ne le sauront jamais.
Personne n'en sait rien, c'est là le mérite le plus grand, de loin plus élevé que celui de réunir des masses et de leur enseigner la Torah!

Car la sensation de "gloire" ou de tout autre plaisir escompté réduit considérablement la valeur d'un acte méritoire."

"Une mitsva doit être naki, propre, sans honneur, sans publicité.
Seul D. doit le savoir ...
Et il faut le faire pour Lui et pour rien d'autre ... c'est cela qui fait mériter la vie éternelle"

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-> Parfois, on a besoin de reprendre des forces dans notre service divin, et le regard positif d'autrui (en public) peut nous encourager, nous donner des forces pour repartir plus fort de l'avant dans notre relation personnelle avec Hachem.
Il est aussi nécessaire de faire des actes publiques afin d'impacter par l'exemple nos enfants. Notre comportement positif étant l'outil pédagogique le plus puissant.

-> Occasionnellement, il peut être utile de "composter" notre "billet de train" (mitsva) pour impacter positivement autrui :
- le fait que je donne en public (de l'argent, du temps, ...) va entraîner d'autres à donner ;
- le fait que je fasse publiquement une mitsva, va inciter d'autres à suivre l'exemple (ex: si lui il prie alors pourquoi pas moi!) ;
- partager la Torah à autrui ;
- ...

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-> Rabbi El'azar dit : Celui qui donne la tsédaka en cachette est plus grand que Moché Rabbénou.
[guémara Baba Batra 9b]

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-> Le Pélé Yoets explique que les actes et les conduites obéissant à la halakha peuvent être exécutés en public, mais ceux qui correspondent à des ajouts volontaires faits par piété doivent être accomplis dans la discrétion. Celui qui désire faire des 'houmrot doit le faire entre lui et lui-même, sans publicité.

-> S’appuyant sur le Zohar, le 'Hida écrit que, si quelqu’un publie ses bons actes, il reçoit ainsi sa récompense dans ce monde, tandis que, dans le suivant, il sera puni pour cela. Non seulement il ne recevra pas de récompense, mais en plus, il sera puni.
A l’inverse, celui qui cache ses bonnes actions, Hachem le protège et le cache, le mettant à l’abri des puissances impures, comme le souligne le verset : "Je veux ... suivre la droiture de mon cœur dans l’enceinte de ma maison ... Je déteste les agissements des pervers : rien de commun entre eux et moi" (Téhilim 101, 2-3).
Celui qui œuvre discrètement dans ce monde en sera grandement récompensé dans le suivant, en vertu de la promesse du verset : "Ah! Qu’elle est grande Ta bonté, que Tu tiens en réserve pour Tes adorateurs" (Téhilim 31,20).

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-> Le Sfat Emet résidait dans la ville de Gour où il étudiait la Torah jour et nuit et s'affairait au service d'Hachem. Il ne quittait jamais sa ville. Quand son épouse tomba malade, il voyagea avec elle à Vienne pour consulter les médecins.
Quand le Rav attendait le train dans la gare de Varsovie, ses disciples lui demandèrent de leur transmettre un enseignement avant de se séparer.
Alors le Sfat Emet leur dit : "On doit apprendre des enseignements pour le service Divin à partir de chaque chose. Mais que pouvons-nous apprendre du train?
La locomotive traîne, par la force de la vapeur, des dizaines de wagons, des centaines de personnes, des tonnes de marchandises. Mais d'où vient sa force? Quel est son secret?
Toute sa force vient du fait que la locomotive renferme en elle la vapeur sans la laisser s'échapper.
Il en est de même dans le Service d'Hachem. Plus une personne renferme en elle-même le feu de l'enthousiasme sans le laisser transparaître à l'extérieur, plus il recevra de la force et de la puissance dans le Service Divin!"

La Torah

+ La Torah :

-> Il est rapporté dans le Zohar qu'il y a une mitsva d'étudier chaque jour la Torah car elle représente le secret suprême pour connaître les voies d'Hachem afin de s'en rapprocher. [Zohar - Térouma 134b]
En effet, l'étude de la Torah permet de nous sanctifier, de comprendre comment accomplir les commandements d'après la halakha et comment atténuer la stricte rigueur pour apporter la réparation à son âme. Cela permet à chaque individu de savoir comment mériter le monde à Venir à partir de ce monde actuel et toutes ces notions sont enseignées dans la Torah.

-> Le Zohar (Térouma 134b) poursuit :
"Tout celui qui se consacre à l'étude de la Torah méritera le monde présent ainsi que le monde à Venir, se préservera de tous les accusateurs malveillants, que ce soit dans ce monde, sous la forme de bandits, de peuplades, de démons de toutes sortes, que dans le monde futur, par une protection contre les accusateurs tels que les anges de destruction qui l'accusent perpétuellement et réclament le "remboursement de ses dettes".
Puisque la Torah est le secret de la foi, c'est-à-dire le flux de la lumière divine qui unit le divin et l'humain, celui qui s'y affaire se consacre ainsi à unir la totalité des dimensions de la création.
C'est la raison pour laquelle il sera épargné dans la totalité des mondes, comme le promettent nos Sages : "Tout homme qui accepte sur lui le joug de la Torah, on lui enlève le joug de la royauté et du gouvernement ainsi que le joug des voies de la terre" (Pirké Avot 3,5).

Hachem fait constamment résider Sa Présence Divine à l'intérieur de cette personne, sans jamais la quitter, ce qui n'est pas le cas pour tous les autres commandements que l'homme peut accomplir.
En effet, bien que la Présence Divine réside sur cet homme lorsqu'il accompli une mitsva, ceci ne dure que le temps de l'application du commandement mais lorsqu'il termine sa mitsva, la Présence Divine le quitte aussitôt.
Ainsi, celui qui connaît quelques mots de Torah doit les poursuivre sans relâche pour les étudier (voir Sanhédrin 32b) afin de réaliser le secret du verset : "De tout homme dont le coeur est généreux" (Térouma 25,2).
Il s' agit de chaque homme qui bénéficie d'un don de Lumière de la Présence Divine qui réside dans son cœur car c'est la Chékhina qui lui enseigne la Torah que l'on connaît et c'est Elle qui plane au-dessus de lui et à l'intérieur de lui.
Ainsi, la Torah constitue le secret de l'Arbre de la Vie car elle donne la vie à tout celui qui la trouve. De fait, celui qui s'attache à la Torah s'attache du même coup à l'Arbre de la Vie, comme il est écrit : "Elle est un Arbre de Vie pour ceux qui s'y attachent" (Michlé 3,18), à tel point que même dans la tombe, la Torah d'un homme ne sera pas vaine car ses lèvres exprimeront la Torah qu'il a étudiée, comme il est écrit: "Ton palais sera comme un vin exquis" (Chir haChirim 7,10). En effet, nos Sages nous ont enseigné que les lèvres des érudits s'expriment dans la tombe (Yébamot 97a)."

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-> "Comme est bénéfique le chemin de la Torah, car dans chaque mot, dans chaque lettre, il y a de multiples conseils et de multiples enseignements bons pour l'homme, de multiples pierres précieuses qui vont lui apporter un éclairage prodigieux et qui l'éclairent de toutes parts.
Celui qui s'y affaire jour et nuit ne sera pas comme un arbre asséché mais plutôt comme un arbre qui contient des racines, qui contient des écorces, qui contient des branches, qui contient des feuilles, qui contient des bourgeons et qui contient des fruits qui rassasient.
Il en est de même pour chaque mot de la Torah qui renferme un sens littéral, qui contient des exposés, qui contient des allusions à la sagesse, qui contient des valeurs mathématiques, qui contient des secrets reliés à la 50eme Porte et qui renferme également les secrets des secrets.
Elle dévoile ce qui est casher et discerne ce qui est passoul (on cashère), ce qui est pur et ce qui est impur, ce qui est interdit et ce qui est permis et, à partir de là, étend ses branches de toutes parts. Combien est agréable et belle la comparaison entre la Torah et 1'arbre."
[Zohar - Balak 202a]

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-> Selon le Zohar ('hadach 86b) tout celui qui arrive dans le monde à Venir sans connaissance de la Torah, quand bien même serait-il l'auteur de nombreuses bonnes actions, il serait irrémédiablement repoussé de toutes les portes du monde futur (à Venir).

-> Rabbi Moché Cordovéro (rapporté dans le Matok midvach), le Ramak, écrit que dans les mondes supérieurs, on n'enseigne pas de nouvelles connaissances à celui qui ne les a pas étudiées au préalable, à leur source, dans la dimension du monde matériel, durant sa vie. Par conséquent, dans les mondes supérieurs, on n'enseignera pas à celui qui n'a pas fourni les efforts nécessaires ici-bas, car seules des connaissances supplémentaires à ce qui a déjà été appris sont enseignées.

Le Alchich haKadoch (Vayichla'h 35,1) écrit que si quelqu’un n’apprécie pas ce qu'Hachem lui a donné, Il ne continue pas à lui accorder du bien.
[d'où l'importance de Le remercier autant que possible (pour les petites et grandes choses). ]

C'est pourquoi les Sages disent (Béra'hot 35b) que celui qui profite de ce monde sans réciter une bénédiction vole Hachem et le peuple juif.
Rabbi Akiva Eiger explique que, parce qu'il "vole" à Hachem Sa bénédiction, Hachem retient Sa bénédiction du peuple juif.

L’influence de l’environnement sur notre spiritualité

+ L'impact de l'environnement sur notre spiritualité :

Le peuple juif a vécu des miracles extraordinaires en Égypte, où chaque femme a donné naissance à des sextuplés et où, en 210 ans, la nation est passée de 70 âmes à une nation gigantesque comptant des millions d’individus.
Ayant vu si clairement la main d'Hachem, comment les juifs auraient-ils pu adorer des idoles en Égypte?

La réponse est qu’ils étaient entourés de l’atmosphère corrompue de l'Egypte, avec sa sorcellerie et ses magiciens, et cela a aveuglé leurs yeux et bloqué leurs cœurs, les empêchant de voir et de comprendre.
Nous souffrons, nous aussi, d’une cécité et d’un blocage émotionnel similaires ...
La main d'Hachem est manifeste à chaque instant, sauf que l’impureté de notre environnement nous empêche de le discerner.
[rav Moché Sternbuch]

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[nous voyons l'importance d'être dans des lieux où la sainteté peut nous influencer positivement, comme la terre d'Israël, une synagogue, notre maison tenue dans un esprit de la Torah, ... ]

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-> Le rav Yé'hezkel Levenstein s’est enfui à Shanghai pendant la Seconde Guerre mondiale et de là, il s’est rendu aux États-Unis, où il a rétabli la yéchiva de Mir. Peu de temps après, cependant, il est parti pour la terre d'Israël, car il ne supportait pas l’atmosphère impure de l’Amérique.

Les gens se demandaient quel effet cette atmosphère impure pouvait bien avoir sur lui, étant donné qu’il ne faisait que des allers-retours entre sa maison et la yéchiva.
"Il y a deux façons de s’enivrer", répondit-il. "L’une consiste à boire du vin, et l’autre à passer du temps dans une cave à vin, où les vapeurs du vin embrument les sens. L’Amérique est comme une cave à vin, imprégnée d’une atmosphère de matérialisme, et l’air en est empoisonné."

Un jour, après s’être installé en terre d'Israël, il dut se rendre à Tel-Aviv pour une course. C’était Tel-Aviv il y a 70 ans, mais il fit le trajet en taxi les yeux fermés. Il déclara néanmoins plus tard que ce voyage l’avait affecté négativement, ajoutant qu’il lui avait fallu plusieurs semaines pour retrouver son niveau spirituel antérieur.
[rav Moché Sternbuch]

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-> Le Zohar enseigne (vol. 2, 117a) que bien que les égyptiens ne méritaient pas de mourir de la main de Hachem Lui-même, Il n’envoya néanmoins pas d’ange pour les tuer, de peur que les anges ne soient contaminés par l’impureté des égyptiens.

C'est une leçon pour nous d'être vigilant que sur notre lieu de résidence, ni même les lieux que l'on peut traverser, car l’atmosphère qui y règne a un effet néfaste sur nous.
Personne ne devrait dire : "Je ne serai pas affecté", car si un ange pouvait être blessé, alors nous le serions certainement.
[rav Moché Sternbuch]

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-> Lorsqu'Avraham descendit en Egypte, la Torah dit qu'il regarda sa femme Sarah. Nos Sages commentent que l'environnement égyptien était tellement impur qu'il avait la capacité d'impacter négativement, même un géant comme notre Patriarche Avraham.
Ainsi, le milieu dans lequel nous vivons nous impact passivement.

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-> Le midrach (Béréchit 65,22) décrit un incident qui s'est produit avec un terrible racha, un juif nommé Yossef Méchi'ha. Lorsque les Romains conquirent le Temple, ils eurent peur d'y pénétrer. Yossef Méchi'ha se porta volontaire pour faire ce que même les Romains n'osaient pas faire. Il entra dans le Temple et en ressortit en portant la ménora.
Les Romains furent choqués par cette inconvenance. Ils lui dirent qu'il pouvait prendre n'importe quoi d'autre, mais pas la ménora. Mais il refusa d'y retourner. Ils menacèrent de le tuer, mais il resta inflexible : il ne retournerait pas dans le Temple. Ils lui infligèrent donc une mort des plus douloureuses, et il mourut al Kiddouch Hachem.
Alors qu'il mourait, il s'écria : "Malheur à moi, car j'ai irrité mon maître". Il avait fauté une fois dans le Temple, mais il ne recommencerait pas.

L'histoire est déroutante. Alors qu'il était un terrible racha, il a soudainement changé d'avis (malgré la possibilité de retourner rapidement pour y prendre des objets incroyables en or massifs, qui le mettrait à l'abri jusqu'à la fin de sa fin). Quelle est la cause de cette transformation soudaine?
Ce fut un bref moment dans le Temple, explique le rav Poniovitch. C'était tout ce qu'il fallait pour le changer. Il était entré dans cette ambassade de la sainteté et de pureté, et il était devenu une personne différente.
Pensons-y : un moment dans le Temple (même sans intention, même dans un but d'y voler un élément central comme la Ménora), cela a suffi à transformer une personne aussi racha (en quelqu'un étant prêt à mourir d'un sublime kidouch Hachem [sanctification d'Hachem], au point qu'on en parle même de nos jours! ).

-> Or, "Hachem, dans Son immense miséricorde, nous a laissé un mikdach méat (petit Sanctuaire, Temple en miniature). Ce sont les synagogues et les maisons d'étude (baté midrachot). [depuis la destruction du Temple, ces lieux tiennent viennent en place du Temple - Méguila 29a ]" (['Hatam Sofer - drachot - vol.2, 309)
Ainsi, ces lieux ont une capacité naturelle à nous influencer positivement.
[de même, il existe des endroits qui ont une tendance à nous influencer en mal (de mauvaises actes y ont été faits), et à l'inverse en bien. ]

-> Rabbi Tan'houm bar 'Hiya dit : "Une personne doit désigner un endroit pour elle-même dans la synagogue". [guémara Yérouchalmi Béra'hot 4:4]
De même : "Quiconque désigne un lieu pour sa prière , le D. d'Avraham l'assistera". [guémara Béra'hot 6b]

En relation avec notre sujet, on peut rapporter 2 des explications données par le Tsela'h (Béra'hot 6b) enseigne :
- Chaque place a son propre mazal et son propre ange. En se déplaçant d'un endroit à l'autre, c'est comme si l'on dénigrait l'endroit où l'on était assis à l'origine, ce qui à son tour dénigre l'ange qui se tenait à cet endroit, ce qui pourrait même lui causer du tort. C'est pourquoi il convient de rester à la même place.
- L'endroit où l'on fait la prière acquiert de la sainteté grâce aux prières qu'on a pu y faire, et la prochaine fois que l'on fera la prière à cet endroit, la sainteté de l'endroit contribuera à l'acceptation en-Haut de notre prière.

-> Cette réalité de l'impact de l'endroit explique pourquoi la mitsva d'habiter en terre d'Israël (la seule terre Sainte, alors que les autres sont impures) est aussi fondamentale (équivalente aux 613 mitsvot réunies), car la sainteté et la présence d'Hachem y est énormément plus présente qu'en dehors, ce qui forcément nous impacte positivement (nous réaliserons pleinement cela après notre mort, libre arbitre oblige).
Hachem exprime souvent son désire qu'on vienne résider en terre d'Israël, car ce lieu nous aide à atteindre des hauteurs spirituelles qui nous seraient inaccessibles en 'houts laArets, et grâce à cela on devient plus proche de Lui et Il peut davantage nous combler de bénédictions, ce qui Lui cause beaucoup de joie.

-> Parmi les nombreux enseignements à ce sujet, on peut rapporter celui sur le verset : "Tu ne manqueras de rien là-bas (la terre d'Israël)" (Ekev 8,9).
Nos Sages commentent : Pourtant, il existe de nombreux fruits qui ne poussent pas en terre d'Israël ; comment alors comprendre cette promesse selon laquelle nous n'y manquerons de rien?
La Torah ne veut pas dire que la terre d'Israël contient tout. Elle veut plutôt dire que la terre d'Israël possède un pouvoir (influence) particulier qui aide ses habitants à se sentir proches d'Hachem et de Sa Torah, à tel point qu’ils éprouvent un plaisir spirituel si intense qu’ils ne ressentent aucun manque matériel.

-> "En Egypte, les Bné Israël vivant hors d’Israël, ils ont été influencés par le mazal de ce pays particulier, ce qui les conduisait à adorer des idoles (comme les égyptiens). C'est pourquoi Hachem ordonna à Avraham de s’installer en terre d’Israël. En Israël, une personne est sous l’influence directe d'Hachem, comme le dit le verset : "Les yeux de Hachem, ton D., sont toujours tournés vers elle" (Ekev 11,12)". [rav Yonathan Eibshitz - Pardes Rabbi Yéhonatan ]

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-> b'h, voir aussi : impact de l'environnement : https://todahm.com/2016/12/26/etre-impacter-par-son-environnement

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+ Impact d'une personne à côté de nous :

-> Le Séfer 'Hassidim (siman 770) écrit qu'il faut éviter de s'asseoir à côté d'une personne qui n'est pas convenable, car cela conduirait à des pensées indésirables.
On ne peut que se faire du mal en s'asseyant à côté d'une telle personne.

-> Le Pélé Yoetz (Yaalozou 'hassidim 90b) cite le Séfer 'Hassidim selon lequel, en public, il ne faut pas montrer qu'on est gêné de s'asseoir à côté d'une personne inconvenante, car il ne faut certainement pas embarrasser quelqu'un en public.
Si on ne peut pas éviter subtilement de s'asseoir à côté d'une telle personne, on ne doit pas s'inquiéter,
"même une barrière de métal ne nous sépare pas de notre Père qui est aux cieux".
Néanmoins, si les personnes assises à côté de nous sont des personnes peu recommandables qui parlent pendant la prière, font des commentaires désobligeants tout au long de la prière, perturbent sa prière, et qu'on sent qu'on ne peut rien leur dire, alors on doit s'éloigner d'elles ; on doit simplement s'assurer d'éviter les disputes.

-> 'Hanna a prié pour un enfant alors qu'elle se tenait près d'Eli haCohen, car la proximité d'un tsadik a un effet sur les prières d'une personne et sur leur efficacité.
[drachot 'Hatam Sofer II 357]

-> Si l'on se retrouve assis à côté d'une personne inconvenante, il faut comprendre que c'est un signe qu'il faut intensifier ses prières.
[Toldot Yaakov Yossef]

-> De nombreuses personnes n'ont pas d'endroit précis à la synagogue pour prier ; elles se promènent tout autour pendant qu'elles prient. Si elles se rendaient compte de ce qu'elles gagneraient en désignant un endroit pour faire leur prière, comparé à ce qu'elles perdent en se déplaçant d'un endroit à l'autre pendant la prière, elles n'agiraient pas ainsi.
[Métsouva véOssé - mitsva téfila 9]

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+ Impact d'un habit :

-> "Rivka prit les vêtements propres de son grand fils Essav ... et en revêtit Yaakov son petit fils" (Toldot 27,15)

Le Tsror haMaor (Rabbi Avraham Saba) enseigne que lorsque Rivka a placé les grands habits de Essav sur Yaakov, ils lui allaient parfaitement bien, malgré que ce dernier dernier était plus petit (cf.le verset ci-dessus).
=> Quelle était la nécessité de ce miracle sachant que Its'hak était non voyant, et ne pouvait pas savoir si l'habit lui allait parfaitement ou pas?

La réponse est que le miracle était destiné à Yaakov.
En effet, selon le midrach, Yaakov était très bouleversé et il a même pleuré de devoir être impliqué dans une tromperie. Hachem a alors fait en sorte que l'habit lui aille miraculeusement bien, comme un baiser d'encouragement, lui montrant que du Ciel il avait été convenu qu'il prenne les bénédictions à son frère.

-> Avant de mettre ses peaux, Rivka va d'abord revêtir Yaakov des vêtement de propres de Essav ou bien selon Rachi des vêtements précieux qu'Essav avait volés à Nimrod.
Rav Henoch Leibowitz explique que Rivka a habillé Yaakov de ces vêtements, afin qu'ils l'influencent d'une certaine façon à agir comme Essav, aidant ainsi à l'obtention des bénédictions.

=> On apprend de là le pouvoir d'influence que les habits peuvent avoir sur nous.
C'est ainsi que le Kitsour Choul'han Arou'h (3,3) codifie : "Une personne ne doit pas revêtir des habits très chers car cela amène une personne à être hautaine ; ni des vêtements extrêmement peu chers ou sales afin de ne pas être répugnant aux yeux des autres, mais avoir des habits ordinaires et propres".
[les juifs sont des princes, des fils du Créateur, on se doit d'agir en fonction de ce haut statut, et l'habit contribue à cela.]

[Le rabbi Naftali de Ropschitz enseigne qu'il était très difficile à Yaakov d'émettre le moindre mensonge, comme le souligne le verset : "tu donneras la vérité à Yaakov" (titèn émet léYaakov).
Rivka lui demanda donc d'enfiler le costume d'Essav, afin de se mettre dans la peau du personne, car lorsqu'on s'habille comme un Essav, on devient un peu comme lui, et même notre façon de parler en pâtit. ]

Le rav de Brisk a expliqué que lorsque la guéoula viendra, nous verrons rétrospectivement que, tout au long de ces années d’exil, nous étions comme des rêveurs (ayinou ké'holmim).
Tout ce que nous pensions avoir enduré, les épreuves, les persécutions, la torture, ... nous apparaîtra alors comme un simple rêve et une illusion, car nous reconnaîtrons qu’en vérité, tout ce que Hachem nous a fait n’était que 'hessed (bonté) et ra'hamim (miséricorde), et que tout cela était pour notre propre bien, afin de nous amener au tikoun (réparation) qui nous était destiné.
Nous réaliserons alors que, tout ce temps, nous étions comme dans un rêve, un état de réalité obscurcie dans lequel nous n’avions pas les outils pour reconnaître la vérité.
[rav Moché Sternbuch]

Baisse du prix pour déclencher la guéoula

Le machia'h n’est pas venu à l’époque des Amoraïm, des Guéonim, des Richonim ni des A'haronim. Il n’est pas venu à l’époque de ces générations qui sanctifiaient le Nom de Hachem et comptaient en leur sein de véritables géants spirituels. Comment pouvons-nous donc espérer que le mahia'h vienne de nos jours?

Le 'Hafets 'Haim répondit par une belle parabole. Un homme a été vendu comme esclave et cherche maintenant à racheter sa liberté. S’il lui reste de nombreuses années à accomplir de son servage, le coût de son affranchissement sera élevé, et il aura du mal à réunir la somme considérable nécessaire pour se libérer. Mais s’il ne lui reste que quelques semaines d’esclavage, on ne lui demandera qu’une petite somme pour gagner sa liberté, et il lui sera facile de réunir cette somme.

De même, dit le 'Hafets 'Haim, autrefois, les gens étaient comme des anges, et les générations d’autrefois étaient bien plus dignes (spirituellement) que notre génération d’aujourd’hui, mais à l’époque, il restait encore de nombreuses années d’exil. Il fallait donc d’énormes mérites pour amener la guéoula, et même ces générations n’avaient pas les mérites nécessaires.
Nous, cependant, vivons dans la période finale avant la guéoula, de sorte que seuls de petits mérites sont nécessaires pour hâter la guéoula, et nous sommes capables d’atteindre ces mérites et de devenir dignes de la guéoula.
[rav Moché Sternbuch]

J’ai entendu plus d’une fois de la bouche du rav Mordé'haï Pogromansky qu'une personne qui ne ressent pas la souffrance de son prochain est comme un animal, et que celle qui se réjouit du bonheur de son prochain comme du sien est proche du niveau d’un ange.
[rav Moché Sternbuch]

Une femme doit prier pour que son fils soit un géant spirituel

+ Une femme doit prier pour que son fils soit un géant spirituel :

-> Nos Sages interprètent le verset : "une mitsva est un bougie et la Torah est une lumière" (ki nèr mitsva véTorah ohr - Michlé 6,23), ce qui signifie que c’est par la "nèr mitsva" du Shabbat que vient la lumière de la Torah.
Il convient donc qu’une femme prie, après avoir allumé les bougies et récité la bénédiction, pour que Hachem lui accorde des fils qui illumineront le monde par leur Torah.
[rav Moché Sternbuch]

-> Rabbénou Bé'hayé (Yitro 19,3) écrit qu’une femme doit prier au moment de l’allumage des bougies pour que Hachem lui accorde des fils qui illumineront le monde par leur Torah, et il ajoute que c’est un principe fondamental de l’éducation que les parents ne doivent pas simplement aspirer à ce que leurs enfants soient instruits, par opposition à l’ignorance ; mais plutôt, les parents doivent aspirer à ce que leurs enfants deviennent des géants de la Torah.

-> De même, le Rambam (Hilkhot Déiot 3,3) écrit qu’il faut avoir l’intention "d’avoir un fils ; peut-être sera-t-il un sage et un géant en Israël".

-> Nous pouvons également déduire ce principe de la décision du Rema (Yoré Déa 81:7) selon laquelle un nourrisson juif ne doit pas être allaité par une nourrice non juive si une nourrice juive est disponible, car le lait d’une femme non juive engourdit le cœur.
Cette halakha découle du fait que Moché Rabbénou refusa d’être allaité par des femmes égyptiennes, car il était destiné à parler à la Chékhina. Ce parallèle est surprenant, car tous les nourrissons ne sont pas destinés à parler à la Chékhina comme Moché, le "père de tous les prophètes"!
Le rav Yaakov Kamenetsky explique que nous apprenons ici que chaque parent doit élever chaque enfant en partant du principe qu’il grandira pour devenir aussi grand que Moché Rabbénou.

-> Le rav Yossef 'Haïm Sonnenfeld exprime une pensée similaire dans son explication de la déclaration de nos Sages selon laquelle le verset : "al tagui'ou bimchi'haï" (ne touchez pas à mes oints - Téhilim 105,15), fait référence aux enfants qui étudient la Torah.
L'utilisation du terme "Mes oints" (méchi'haï) pour désigner les enfants indique que chaque enfant doit être éduqué comme s’il était destiné à être le machia'h, l’oint de Hachem!

La Chékhina est avec les juifs en exil & guéoula

+ La Chékhina est avec les juifs en exil & guéoula :

-> Lorsque Adam mangea du fruit de l’Arbre de la Connaissance, un décret fut promulgué selon lequel lui et ses descendants devaient expier leurs fautes à travers les épreuves qu’ils auraient à endurer.
Depuis lors, de nombreuses souffrances ont poursuivi ceux qui ont diffusé le Nom d'Hachem dans le monde. Tel fut le sort d’Avraham Avinou, qui fut cruellement opprimé par les idolâtres qu’il avait défiés.
De même, ses descendants qui lui succédèrent connurent de nombreuses épreuves sous la main de nos ennemis. Adam, Avraham et Moché reçurent tous des visions prophétiques, dans lesquelles ils prévoyaient les épreuves du peuple juif en exil.

Pourtant, même sur les terres de nos ennemis, Hachem ne nous a jamais abandonnés. Partout où nous avons erré en exil, la présence Divine (Chékhina) nous a toujours accompagnés.
Le midrach (Mékhilta déRabbi Yichmaël - Bo 14) déclare ainsi :
"Chaque fois que les Bné Israël sont asservis, la Chékhina (pour ainsi dire) est asservie avec eux, comme il est écrit ... "Dans toutes leurs souffrances, Il souffre avec eux" (Yéchayahou 63,9).
Nous voyons ici qu'Hachem partage les souffrances de la communauté. D’où savons-nous qu’Il partage également la douleur de tout individu (juif)?
Comme il est écrit : "Il m’appellera et je répondrai. Je suis avec lui (singulier = tout juif) dans la douleur" (imo ano'hi bétsara - Téhilim 91,15) ...

Le verset dit également : "Ton peuple que Tu as délivré d’Egypte, un peuple et son D." (II Shmouël 7,23).
Rabbi Akiva dit : Si cela n'avait pas été écrit, nous n’aurions jamais pu le dire, mais ce verset semble indiquer que Hachem s’est délivfé Lui-même avec les Bné Israël.

Partout où les Bné Israël furent exilés, la Chékhina fut exilée avec eux. Ils furent exilés en Égypte, et la Chékhina les accompagna, comme il est écrit : "Ne me suis-Je pas révélé à la maison de ton père en Égypte?"(I Shmouël 2,27).
Ils furent exilés à Bavel, et la Chékhina les accompagna, comme il est écrit : "C’est pour vous que j’ai été envoyé à Babylone" (Yéchayahou 43,14).
Ils furent exilés à Élam, et la Chékhina les accompagna, comme il est écrit : "J’ai établi mon trône à Élam" (Yirmiyahou 49,38).
Ils furent exilés à Édom, et la Chékhina les accompagna, comme il est écrit : "Qui est celui-ci qui vient d’Édom, avec des vêtements souillés de Batzra?" (Yéchayahou 63,1).

Quand ils reviendront, la Chékhina reviendra avec eux, comme il est écrit : "Et Hachem reviendra avec tes captifs" (véchav Hachem Eloké'ha ét chévouté'ha - Nitsavim 30,3).
Le verset n’utilise pas le mot "véhéchiv" qui signifierait : "Hachem ramènera vos captifs". Il utilise plutôt le mot "véchav", qui signifie : "Il reviendra avec tes captifs"."

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-> Lors de l'exil égyptien, la Chékhina fut exilée avec les Bné Israël. [Zohar II,94b]

-> Le Alchikh HaKadoch (Mikets 41,33) écrit que la Chékhina a en réalité précédé le peuple d’Israël dans sa descente vers l’Égypte. Elle est descendue avec Yossef qui, par sa pureté en matière de brit, était plus digne que quiconque d’être le Char divin.

-> Dans nos prières pour la délivrance, nous devons prier non seulement pour l’allègement de nos propres souffrances, mais avant tout au nom de la Chékhina, qui partage toutes nos souffrances. Ce n’est qu’en priant avec cela à l’esprit que nous mériterons la Délivrance (guéoula).

Le Rikanti (Béréchit - chap.3) écrit à ce sujet ce qui suit :
"Hachem dit : "Lorsque la souffrance frappe le peuple juif, et qu’il Me cherche et inclut (des prières pour) Mon honneur dans ses propres prières, Je lui répondrai, comme il est écrit : "Il M’appellera et Je répondrai. Je suis avec lui dans la douleur.

Rabbi Youden a comparé cela à une femme qui attendait un enfant. Elle avait eu une dispute avec sa mère, et celle-ci était montée au 2e étage. Lorsque la fille a commencé le travail (pour donner naissance), elle a crié de douleur depuis le rez-de-chaussée. Sa mère a entendu ses cris et a crié avec elle. Les voisins ont entendu la mère crier et lui ont demandé : "Pourquoi cries-tu? Ce n’est pas toi qui accouches".
Ma fille souffre. Bien que je sois en colère contre elle, je ne peux supporter de l’entendre crier. C’est pourquoi je crie avec elle. La douleur de ma fille n’est-elle pas la mienne?"
Nos Sages nous rapportent que le roi David a dit : "Maître de l’Univers! Penses-Tu que nous priions pour la délivrance pour notre propre bien? Jusqu’à quand Ta main droite restera-t-elle retenue? Afin que Tes bien-aimés soient libérés, déchaîne Ta main droite et réponds-nous" (Téhilim 60,7)."

-> Dans cet esprit, nos Sages ont composé des prières pour le bien de la Chékhina qui est en exil avec nous, comme nous le disons dans les Hochanot : "Comme Tu as sauvé Bné Israel d’Égypte avec Toi-même" (kéochata élim béloud ima'h). Et c'est aussi la signification de "Sauve-nous avec Ton Nom" (ani vaou ochiana).

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Nous allons apporter un développement de rabbi Yaakov Abou'hatséra (dans son Bidgé Hasrad) sur ce sujet de la Chékhina en exil avec les juifs.

+ Les nations qui ont des juifs bénéficient de la Chékhina qui est avec eux en exil :

-> L'amour d'Hachem pour Son peuple élu est sans limite et inconditionnel. Même lorsque nous fautons devant Lui et que nous nous rebellons contre Sa parole, Il continue de nous aimer.
C'est lorsque nous sommes punis pour nos fautes que nous voyons à quel point Il se soucie de nous. Il veille à ce que, même dans nos souffrances, nous ne soyons pas anéantis.
Sa Chékhina nous accompagne dans l'exil, pour nous protéger où que nous allions.

C'est ainsi que le rabbi Yaakov Abou'hatséra explique : "et les empires qui n’invoquent pas Ton Nom" (al mamlahot acher bésim'ha lo karaou - Téhilim 79,6).
Puisque la Chékhina accompagne Bné Israël en exil, tout pays qui accueille les Bné Israël mérite que la Chékhina y réside. En conséquence, ce pays s’élève pour devenir une puissance mondiale.
Tel fut le cas de l’Égypte. C’était un pays modeste et sans importance jusqu’à ce que les Bné Israël y soient exilés. Puis, ils sont rapidement montés en puissance. Tout cela était dû à la Chékhina qui y résidait avec les Bné Israël.

-> Nos Sages (Guitin 56b) nous disent que "quiconque opprime les Bné Israël devient un dirigeant".
Pourquoi en serait-il ainsi? Méritent-ils une récompense pour avoir fait du mal au peuple élu d'Hachem?
Ils devraient sûrement être punis à la place, afin que les autres en tirent une leçon et ne fassent jamais de mal au peuple juif.

La raison en est que la Chékhina réside partout où le peuple d’Israël erre dans son exil. C’est là que la bonté et la bénédiction célestes descendent. La nation qui nous entoure se nourrit de cette bénédiction, qui l’élève au pouvoir.

-> Nous pouvons ainsi comprendre le verset : "Qui ne te craindrait pas, Roi des nations. La royauté te sied, car parmi tous les sages des nations et dans tous leurs royaumes, il n’y en a aucun comme toi" (Yirmiyahou 10,7).
Le Zohar (I,10a) demande pourquoi Hachem est appelé ici "Roi des nations", plutôt que "Roi d’Israël".

D’après ce que nous avons expliqué, nous pouvons comprendre cela comme une référence à la Chékhina qui réside parmi les nations pendant notre exil. Partout où Bné Israël s’installe, la Chékhina s’y installe avec nous, et notre nation d’accueil est élevée à la royauté sur les autres nations.
Cependant, les nations réchaïm, sont trop aveugles pour réaliser que leur réussite est venu grâce au mérite du peuple juif qui vit parmi elles. C’est pourquoi, au lieu d’honorer la Chékhina et le peuple juif, elles nous soumettent à des décrets sévères.
Il s’agit là d’une grave accusation contre les nations, pour laquelle elles méritent d’être doublement punies : d’abord pour avoir fait du tort à Bné Israël, et ensuite pour ne pas avoir reconnu les grands bienfaits qu’elles tirent de la présence de Bné Israël et de la Chékhina parmi elles.

Ce verset vise donc à nous enseigner ce qui suit :
- "Qui ne te craindrait pas, ô Roi des nations?" = Hachem est appelé le Roi de la nation qui accueille le peuple d’Israël et la Chékhina. La Chékhina apporte l’élément de la royauté d'Hachem à ce pays, élevant ainsi ce pays au rang de souverain sur ses voisins.
En ce sens, Hachem est appelé "Roi des nations", car Il apporte le pouvoir de la royauté à cette nation. Le Prophète met ainsi en garde les nations contre leur manque de crainte envers Hachem, qui réside parmi elles et les élève au pouvoir.

- "La royauté T'appartient" = en réalité, la royauté n’appartient qu’à Hachem. Les nations ne voient pas que toute leur puissance et leur succès proviennent d'Hachem, le véritable Roi. La puissance de la royauté n’est pas destinée à elles, mais aux juifs qui se trouvent parmi elles.
- "Car parmi tous les sages des nations et dans tous leurs royaumes, il n’y en a aucun comme Toi" = ils devraient prendre le temps de réfléchir au fait que toutes les autres nations, qui n’accueillent pas de Bné Israël, sont dépourvues de ce pouvoir. Cela devrait les amener à réaliser que cette royauté n’est pas vraiment la leur, mais celle d'Hachem.

-> "Déverse Ta colère sur les nations qui ne Te connaissent pas, et sur les empires qui n’invoquent pas Ton Nom" (chéfo'h 'hamatékha él agoyim - Téhilim 79,6) = elles méritent la colère d'Hachem car elles ne se rendent pas compte que les empires qu’elles ont bâtis ne sont pas le fruit de leurs propres efforts.
"Elles n’invoquent pas Ton Nom" = elles ne reconnaissent pas que tout ce qu’elles possèdent est grâce au mérite de Bné Yisrael et de la Chékhina parmi eux.
"Car elles ont dévoré Yaakov et détruit sa demeure" = non seulement elles refusent aux Bné Israël l’honneur qui nous revient, mais elles nous tourmentent par des décrets sévères.

Bien que le verset fasse référence aux "nations" au pluriel, il ne dit pas "ki akhlou ét Yaakov" mais plutôt "ki a'hal ét Yaakov" au singulier (dans Téhilim 79,6).
Cela fait référence aux forces d’impureté qui pèsent sur elles. Dans le mot "a'hal" (אָכַל), la première et la dernière lettres, א"ל, représentent les dernières lettres du nom du yétser ara, סמא"ל (Sama-El).
La lettre du milieu (de a'hal), le כ, lorsqu’elle est épelée כף (kouf), équivaut à la guématria de ס"מ, représentant les premières lettres de סמא"ל.

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+ Les deux Rédemptions :

-> Puisque la Chékhina se joint aux Bné Israël en exil, elle partage également notre douleur, la moindre de nos souffrances.
Par conséquent, lorsque nous prions pour la rédemption (guéoula), nous devons concentrer nos prières sur la rédemption (délivrance) de la Chékhina, afin que, lorsque la Chékhina sera délivrée, nous puissions l’être à nos côtés.

Sur cette base, le rabbi Yaakov Abou'hatséra (Bigdé Hasrad) explique le verset du Hallel : "Non pas pour nous, Hachem, non pas pour nous, mais pour honorer Ton Nom, par Ta bonté et Ta vérité" (lo lanou Hachem, lo lanou - Téhilim 115,1).
... le roi David n’a pas prié pour que des miracles se produisent (lors de la guéoula) en raison de nos propres mérites, mais plutôt en l'honneur d'Hachem.
Il a prié pour la Chékhina, qui est descendue avec nous en exil. Même si nous ne sommes pas dignes, qu'Hachem ait pitié pour Son propre honneur et qu’Il nous délivre avec la Chékhina (présence Divine dans ce monde).

-> "Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir" (Bé'houkotaï 26,44).
Le Zohar (III,115b) commente : le mot לְכַלֹּתָם (lé'halotam - pour les détruire) s’écrit sans la lettre "vav", ce qui permet de le lire avec d’autres nékoudot (ponctuation) comme lé'halatam, au sens de kalla (épouse). Cela fait référence à la Chékhina, qui demeure avec les Bné Israël en exil.
Grâce à la Chékhina, Hachem ne nous méprisera ni ne nous rejettera jamais. Peu importe à quel point nous pourrions être indignes, Hachem nous délivrera par amour de la Chékhina qui souffre avec nous.

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-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Bidgé Hasrad) poursuit en expliquant la section suivante du Hallel (Téhilim n°116) :
"J'aime (Hachem), car Hachem entend ma voix et ma supplication. Il a incliné Son oreille vers moi, car je crie en mes jours. Des bandes d'assassins m'ont encerclé, et les souffrances de l'abîme m'ont atteint. J'ai trouvé douleur et malheur. Je crie au Nom de Hahem : "S'il te plaît, Hachem, sauve mon âme!" Hachem est miséricordieux et juste, et notre D. est compatissant" (aavti ki yisma Hachem ét koli ta'hanounaï ... 'hanoun Hachem vétsadik vélokénou méra'hem).

Le roi David avait prévu que les Bné Israël manquerait des bonnes actions nécessaires pour nous rendre dignes de la rédemption (guéoula) finale. Pourtant, nous sommes destinés à être délivrés grâce au mérite de notre confiance en Hachem, alors que nous endurons les épreuves de l’exil.
Bien que les nations racha nous soumettent à des tourments et au ridicule, nous ne nous plaignons jamais de notre sort en tant que Nation Élue. Nous supportons tout cela pour Son honneur, et nous acceptons Son jugement comme véridique et juste. Nous plaçons notre confiance et notre espoir en Lui seul pour qu’Il nous sauve. Par conséquent, quelle que soit la durée de l’exil, nous serons finalement délivrés.

-> Hachem voit nos difficultés, et Il reconnaît que c’est l'exil qui est responsable de notre incapacité à Le servir correctement. Sous tant de pression et d’humiliation de la part des nations, nous sommes incapables de servir Hachem comme nous le souhaitons vraiment.
La récompense est à la mesure de la difficulté (Pirké Avot 5,23). C’est pourquoi Hachem attribue à nos quelques mitsvot et bonnes actions une valeur comme s’il s’agissait en réalité d’un très grand nombre.
[...]

Nous ne sommes pas jugés sur nos accomplissements, mais sur la difficulté qu’il y a à les atteindre.
Puisque la croissance spirituelle est si difficile en ces générations, même nos maigres accomplissements sont aussi précieux pour Hachem que les grandes hauteurs des prophètes.

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+ Sauve ta main droite :

-> Le roi David a prié en faveur de la Chékhina en exil. Il a prévu que nous serions délivrés non pas par nos propres mérites, mais en l'honneur de la Chékhina, dont la douleur et le chagrin en exil sont bien pires que les nôtres. Hachem regardera la douleur de la Chékhina et la sauvera de la captivité, avec ses enfants, les Bné Israël.
À ce sujet, il est écrit : "Sauve Ta main droite et réponds-moi" (Téhilim 60,7). La "main droite" d'Hachem fait référence à la Chékhina. Lorsqu'Hachem sauvera la Chékhina, nous serons nous aussi sauvés.
[...]
Nous ne comptons que sur Hachem pour qu’Il ait pitié pour l’amour de la Chékhina et pour la révélation de Sa Royauté dans le monde.
Nous ne pouvons pas nous fier aux mitsvot et aux bonnes actions même des plus nobles d’entre nous, car leurs mérites sont insuffisants pour apporter la rédemption. Nous demandons seulement que Hachem nous sauve pour l’amour de Sa sainte Chékhina.

[enseignements du rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé Hasrad ]

Le Arizal (chaar haGuilgoulim - intro 23) écrit que dans les mondes supérieurs, il existe un côté saint et un côté impur chez l'homme. Grâce à la Torah et aux mitsvot que nous accomplissons tout au long de notre exil, nous libérons les étincelles de sainteté qui ont été capturées par le côté impur de l’homme.
Une fois que toutes ces étincelles auront été libérées, le côté impur de l’homme s’effondrera et se réduira à néant, en accomplissement du verset : "La mort sera engloutie pour toujours" (Yéchayahou 25,8).