Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

La clé pour s'aligner sur son véritable moi consiste [rétroactivement] à reconnaître et à comprendre que nos échecs font également partie de la volonté divine.
[rav Tsadok haCohen de Lublin - Tsidkat Tsadik - chap.40 ]

Il arrive parfois que le Créateur dépose un sentiment de sainteté dans le cœur d’une personne l’espace d’un instant, tel un éclair fugace. Son but est d’inciter cette personne à prendre cela à cœur et à s’efforcer de le rendre durable.
[rav Tsadok haCohen de Lublin - Pri Tsadik- Kédouchat Shabbat 2 ]

Celui qui respecte, est respecté.
[ séfer 'Hassidim - 157 ]
[המכבד יכובד]

Lorsqu’une personne ressent de la peur, c’est parfois parce qu’elle est entrée dans un lieu où un démon a marché. Dans ce cas, la peur disparaîtra si elle s’éloigne de trois pas.
[ séfer 'Hassidim - 1146 ]

Si les prières d’une personne ne sont pas exaucées, c’est parfois parce que la douleur ou la souffrance de son prochain n’a pas touché son cœur et qu’elle ne l’a pas incluse dans ses prières.
[ séfer 'Hassidim - 553 ]

Si vous voulez savoir ce qu’il y a dans le cœur d’une personne, placez différents livres devant elle. Celui qu’elle consultera le plus souvent révélera ce que son cœur désire.
[ séfer 'Hassidim - 291 ]

Une réprimande naît de la proximité

-> Un signe significatif de la proximité entre Hachem et Son peuple s’est manifesté à un moment où il semblait que nous étions le plus éloignés. Lorsque peuple juif venait à Jérusalem pour les Shalosh Régalim, on pouvait voir la proximité entre l'assemblée d'Israel et Hachem à travers les Kérouvim (chérubins) sur la paro'hét, qui s’unissaient miraculeusement en signe de cette proximité.
Lorsque le peuple juif accomplissait la volonté d'Hachem, les kérouvim se faisaient face.
Lorsque le peuple juif n’accomplissait pas la volonté d'Hachem, les kérouvim se détournaient l’un de l’autre. [guémara Baba Batra 99a]

Cependant, bien que l’on puisse supposer que lors de la destruction du 2e Temple, les kérouvim se seraient détournés l’un de l’autre, ce ne fut pas le cas. Au contraire, la proximité entre Hachem et le peuple juif transparaissait à travers les kérouvim, ce qui poussa ceux qui détruisaient à ce moment le Temple à se moquer de ces kérouvim en position si intimes (dans un lieu normalement si saint). [Yoma 54b]

L’étreinte des kérouvim au moment de la destruction du Temple témoignait de l’amour d'Hachem pour Son peuple, comme cela avait toujours été le cas. Cette étreinte montrait au peuple juif que ce n’est qu’après avoir manifesté Son amour profond pour lui qu'Hachem avait donné libre cours à Son attribut de justice (rigueur) pour détruire le Temple.
Une véritable réprimande et un véritable châtiment ne peuvent provenir que d’un amour sincère envers celui qui est réprimandé.
[rav 'Haïm Shmoulévitz - Si'hot Moussar 85]

=> Hachem nous enseigne que même pris d'une grande colère, on doit d'abord réveiller autant que possible notre amour envers autrui, avant d'en venir à le réprimander.
A l'image des chérubins, d'abord met ton coeur totalement face à celui d'autrui (en l'aimant, en le comprenant, en voulant son bien), et ensuite tu peux réagir.

<--->

-> La destruction du Temple fut une manifestation de la miséricorde de Hachem, car Il déversa Sa colère sur un édifice inanimé et épargna ainsi le peuple.
[midrach Eikha raba 4,14]

Lorsque le machia'h viendra, il se tiendra sur le toit du Temple et s’écriera : "Anavim, anavim (ô humbles, ô humbles), l’heure de votre rédemption est venue". [Yalkout Chimoni - Yéchayahou 62,60]

Le machia'h appelle les humbles, car c’est grâce à ces personnes que la rédemption (guéoula) viendra.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

La sinat ‘hinam

1°/ découle du fait de trop s'aimer :

-> À l’époque du 2e Temple, le peuple juif étudiait la Torah et accomplissait les mitsvot. Pourtant, il fut détruit à cause de la sinat 'hinam. [Maharcha - Guittin 55b]

-> Selon l'Atler de Kelm ('Hokhma ouMoussar 2:161), la sinat 'hinam découle d’un amour excessif de soi-même, qui se transforme ensuite en haine envers autrui.

Une telle haine est 'hinam (gratuite), c’est-à-dire sans raison. On n’a aucun objectif à atteindre, et on n’accomplira rien avec une telle haine. Le feu de l'orgueil alimente cette haine, poussant à vouloir être au sommet et à ne pas pouvoir tolérer le succès ou l’existence d’autrui. [rav Eliyahou Dessler - Mikkhtav méEliyahou 3:215]

Il faut certes s’aimer soi-même, mais pas au point que cet amour se transforme en haine envers autrui. [rav Wolbe - Alé Sor II, p.509]

<--->

2°/ découle d'un manque de bita'hon :

-> La racine de toute sinat 'hinam (se matérialisant en jalousie et haine d'autrui) réside dans un manque de midat bita'hon. Une personne qui possède une solide assise en tant que baal bita'hon n’est jamais dérangée par de mauvaises midot envers autrui.
Cette personne est toujours en "relation" avec Hachem ; elle prie sans cesse Hachem, lui demande et espère, sachant que Hachem est la source de toute bénédiction pour elle et pour son prochain juif. Elle sait qu’elle ne peut rien gagner ni perdre vis-à-vis d’autrui à moins que Hachem ne le décrète ainsi.
[ex: il n'y a pas de concurrence en autrui, puisque aucun centime, bien, qualité, ... ne peut venir ou partir sans un accord du Ciel, et Hachem peut donner l'infini à chacun. ]

À l’époque du 1er Temple, ce sentiment de bita'hon était profondément enraciné. Le yétser ara les faisait trébucher dans d’autres domaines, et même lorsqu’ils fautaient, cela n’entraînait qu’un bref exil de 70 ans.
Cependant, à l’époque du 2e Temple, l’absence de bonnes midot indiquait qu’Israël n’était pas en "relation" avec Hachem. Leur bita'hon était plus faible qu’à l’époque du 1er Temple, et par conséquent, ils ne vivaient pas correctement sous la hachgakha d'Hachem. Leur haine et leur jalousie ont conduit à un exil qui se poursuit encore aujourd’hui.
Lorsque le cœur d’une personne est fort en bita'hon, lorsque sa sécurité et sa confiance reposent entièrement en Hachem, elle est libérée d’une vie de soucis et n’est jamais prisonnière d’une haine ou d’une jalousie infondée envers autrui.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot , Even Shéléma 3]

-> Nos Sages (Tana déBé Eliyahou Zouta 14,5) affirment que ce n’est pas la douleur de l’exil qui provoque la guéoula, mais plutôt dix juifs assis ensemble et s’appliquant à l’étude de la Torah.
Nous constatons aujourd’hui qu’il y a tant de personnes qui s’assoient pour étudier, et pourtant le machia'h n’est toujours pas venu. Que manque-t-il?
Ils doivent "s’asseoir ensemble", ils doivent faire preuve d'unité, sans qu’aucune barrière de mauvais midot ne les sépare. Les mauvais midot, cause première de cet exil (galout), sont ce qui empêche le machia'h de venir.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

<--->

-> Ces midot ne se limitent pas aux relations avec les autres. On peut agir de manière négative même envers soi-même, lorsqu’on ne reconnaît pas sa valeur ou qu’on laisse la tristesse nous accabler.
Une personne remplie de tristesse ne peut se supporter ni supporter les autres.
C’est un élément qui doit être supprimé, et lorsqu’on y parvient, on peut s’épanouir et laisser resplendir la véritable grandeur qui réside en soi.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

=> On a vu que la sinat 'hinam peut venir soit : si l'on s'aime trop, et là on voit également : si on a une image trop négative de soi-même.
L'idée est si on n'est pas épanoui, en paix avec soi-même (ex: à sa place et en phase avec ce qu'on veut réellement dans la vie), alors plutôt que de travailler ce problème en nous, on va projeter cette frustration à l'extérieur avec de la haine gratuite (sans raison propre à cette personne).
On va alors céder à la facilité de dévaloriser, dénigrer autrui, pour mieux se valoriser (momentanément).

La émouna (bita'hon) est une aide vitale dans notre chemin d'être heureux en nous-même (ex: peu importe ce qu'on les autres), par le regard, l'approche que nous avons dans la vie.

<---->

+ Utiliser avec intelligence l'orgueil ou l'humilité de soi :

Il est intéressant de trouver que nos Sages nous conseillent des choses apparamment contraires :
-> Dans la michna (Pirké Avot 1,15) :
"Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi?" (im en ani mi li) = on a le devoir de penser à soi, de se sentir important, de s'aimer, ...
On ne doit pas servir Hachem en se négligeant, dont notre confiance en soi, ce que nous avons besoin de nécessaire (non accessoire) pour être épanoui, apprécié l'impact que nous avons dans le monde, ...
Le Pirké Avot poursuit : "Et si je ne suis que pour moi, que suis-je donc?" (oukhchéani léatsmi ma ani) = on ne doit pas trop s'aimer au point d'oublier d'être à l'écoute de notre environnement, de laisser de la place à autrui pour qu'il puisse s'épanouir, ...

-> Rabbi Eliyahou Lopian enseigne :
La signification de l’humilité ne veut pas dire qu’on ne connaît pas sa propre valeur, mais au contraire il faut qu’on connaisse les forces de son âme, et en fonction de cela on n’en viendra pas à l’orgueil, la preuve en est que l’un des 13 principes de la foi est de croire d’une foi sincère que Moché notre Maître est le maître de tous les prophètes. Et Moché, comme tout homme d’Israël, doit lui aussi croire cela.
On doit donc nécessairement dire qu’il est possible que les 2 choses coexistent, d’une part être le plus humble de tous les hommes, et croire qu’on est le maître de tous les prophètes.

[cela fait penser aux paroles de rabbi Sim'ha Bounim de Peschi'ha :
"Que l'Homme ait toujours 2 poches.
Dans l'une, il inscrira : "Je ne suis que poussière et cendre."
Dans l'autre : "Le monde n'a été créé que pour moi"."

=> Au cours de notre vie à nous d'utiliser le message de la bonne poche au bon moment.
(le trop peu de confiance en soi n'est pas bon, et l'inverse aussi)

(notre yétser ara va nous pousser à inverser les choses, nous dévalorisant quand on devrait se valoriser, et inversement.)]

Lorsque l'on fait honte à autrui, cela lui fait mal jusqu'au plus profond de son être, au point où même son âme (sa néchama) ressent l'embarras.
[rav Avraham 'Haïm Shor (1560–1632) - Torat 'Haïm - Baba Kama 90a ]