Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Vivre en Israël pour provoquer la guéoula

-> Le 'Hatam Sofer (1762-1839) déduit du Rambam (Sanhédrin 1:3) que le peuple juif se rassemblera en terre d'Israël avant la venue du machia'h, même si le Temple n’aura pas encore été reconstruit. [Drachot 'Hatam Sofer sur le 27e jour d’Elloul en 1820).

-> Dans l’ouvrage Shevili Emouna (Nétiv 10, chap.1), du petit-fils du Roch, il cite un midrach qui dit que de nombreux juifs venus des quatre coins du monde se porteront volontaires pour vivre et s’installer en terre d'Israël avant la rédemption finale (guéoula).
Lorsque de nombreuses personnes habiteront ici et prieront avec ferveur sur la Montagne Sainte, Hachem écoutera leurs prières et hâtera la guéoula.

-> Rabbi Hillel Kolmoya (Beit Hillel, 31) cite cela dans ses responsa. En conséquence, il écrivit une lettre très enthousiaste à rabbi Zalman Spitzer de Vienne, l’exhortant à convaincre le baron Rothschild de s’impliquer dans cette affaire et de la financer avec son propre capital. Rabbi Hillel y écrit : "Qui, parmi le peuple juif, la nation d'Hachem, ne souhaiterait pas prendre part à cette mitsva?"

<--->

+ Embellir Israël = déclencher la guéoula :

-> Le rav Yissa'har Shlomo Teichtal écrit :
"Dans son Hon Achir (fin de Sotah), le Michnat 'Hassidim commente la michna (Sotah 9:15) qui dit que le Gallil sera dévasté et ses maisons détruites. [il s'agit de Raphael Immanuel ben Abraham Hai Ricchi (1688–1743)]
Il y écrit :
"Lorsque Hachem m’a accordé le privilège de me rendre en terre d'Israël, à Tsfat, j’ai vu de mes propres yeux comment cette malédiction s’était réalisée. En raison de nos nombreuses fautes, elle est remplie de maisons en ruines. Cependant, au cours des deux années que j’y ai passées, j’ai eu la joie de voir qu’elle se reconstruisait jour après jour.
J’affirme que c’est là un signe de l’arrivée imminente du Rédempteur (machia'h), car s’il venait alors que la terre d'Israël est en ruines, il n’y aurait aucun endroit où les exilés rassemblés pourraient s’établir.

La même chose s’est produite la première fois que nous sommes entrés dans la Terre. Nos rabbanim affirment qu'Hachem a retenu le peuple juif dans le désert pendant 40 ans afin que la Terre [d'Israël] puisse retrouver sa vigueur d’origine. Lorsque les juifs ont quitté l'Egypte, les Amorites ont détruit et déraciné les arbres et les bâtiments, pensant que le peuple juif entrerait immédiatement dans la Terre et la trouverait dévasté. Hachem les y a fait entrer lorsque la Terre fut enfin régénéré (midrach Chémot raba 20,16 ; Rachi sur Téhilim 40,6).
Il en sera de même lorsque le machia'h viendra."

Cela démontre que la terre doit être aménagée avec des maisons et des arbres avant la venue du machia'h. Sinon, l’entrée du peuple juif en terre d'Israël et la rédemption finale seront retardées.
En revanche, si la terre est aménagée, c’est un signe prometteur de la rédemption (guéoula) imminente.
Sachez que l’auteur de ces paroles (le Michnat 'Hassidim) était l’un des plus grands, des plus saints et des plus redoutables kabbalistes des dernières générations. Il a reçu des révélations d’Éliyahou Hanavi et toutes ses paroles ont été prononcées sous l’inspiration du Roua'h Hakodech.
Qui, dans notre génération, est assez noble pour le contredire?"

<--->

=> Chaque juif qui vient vivre en Israël, participe à son niveau à bâtir et rendre plus jolie la terre d'Israël, ce qui la rend plus jolie et propice pour recevoir le machia'h, cela hâte donc la venue du machia'h.

[Imaginons la joie et le plaisir qu'on apporte à Hachem en étant parmi ceux qui activent le fait qu'Il pourra se dévoiler à Ses enfants adorés! ]

Quand ton objectif (final) est la Torah et la spiritualité, le travail que tu effectues est reconnu comme les 39 travaux nécessaires à l'édification du Tabernacle. Cela signifie que ton labeur quotidien, même dans le domaine profane, est saint.
Si cependant cette foi te fait défaut et que tu n'aspires pas à la sainteté, ton œuvre fait partie des 39 travaux ardus et pénibles.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I 11,14 ]

-> La Torah est amour.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 1:226]

-> Le rav Arié Ben David commente :
La Torah n'est pas seulement l'histoire du peuple juif. Elle n'est pas seulement notre guide juridique, moral et spirituel. Elle est bien plus que tout cela.
La Torah est l'expression de l'amour d'Hachem pour nous. Un amour que nous transmettons ensuite aux autres et au monde entier.
La Torah doit nous faire se sentir aimés, [et pas par n'importe qui : ] nous sommes les bien-aimés d'Hachem.

Notez les bienfaits (petits comme grands) qu'Hachem vous accorde.
Lorsque vous récitez la bénédiction de Modim dans la Amida, pensez-y et remerciez Hachem pour chacun d'eux.
C'est une ségoula éprouvée et authentique pour se libérer de l'inquiétude.
[rav Shlomo Zalman Auerbach ]

La taille d’Israël ne sera dévoilée qu’après la venue du machia’h

-> Le midrach (Dévarim raba 4,11) commente l’expression "ki yar'hiv Hachem Elokékha" (quand Hachem élargira tes frontières" (Réé 12,20) :
Rabbi Its'hak dit que lorsqu’un rouleau est enroulé, on ne sait ni quelle est sa longueur ni quelle est sa largeur, mais lorsqu’il est déroulé et ouvert, on découvre alors son étendue.
De même, la terre d’Israël est principalement constituée de montagnes et de collines (voir Ekev 11,11).
Lorsque Hachem l’aura aplanie (c’est-à-dire nivelée) à l’époque du machia'h (voir Yéchayahou 40,4), on connaîtra alors la véritable étendue de la terre d’Israël.

<--->

-> La terre d'Israël est unique, tant d'un point de vue matériel que spirituel.
La guémara (Kétoubot 112a) rapporte que certaines villes d'Israël avaient une population extrêmement nombreuse. Nos Sages s'interrogent en soulignant que la taille de ces villes était relativement petite et qu'ils se demandaient comment elles pouvaient accueillir un si grand nombre d'habitants.
La guémara répond que la terre d'Israël est appelée la terre des cerfs.
Quelle est la particularité du cerf pour qu'il soit comparé à la terre d'Israël?

Tout comme la peau du cerf s'étire au-delà de sa taille réelle pour s'adapter à son corps, il en va de même pour la terre d'Israël. Lorsque les juifs y vivaient, elle était spacieuse et pouvait accueillir un grand nombre de personnes, et lorsque nous avons été exilés, elle s'est contractée et sa nouvelle taille ne pouvait abriter qu'une population beaucoup plus réduite.
Physiquement, la Terre d'Israël est exceptionnelle en ce qu'elle est capable de s'étendre et de se contracter.

D'un point de vue spirituel, le caractère unique de la terre d'Israël réside dans le fait qu'en plus de la terre physique, matérielle (ce que nous voyons), il existe une terre d'Israël spirituelle, céleste.
Et lorsque la guémara parle d'un grand nombre de personnes vivant dans un espace très restreint, elle fait référence à la terre d'Israël au Ciel.
Ainsi, lorsque nous parlons de la terre d'Israël, nous parlons en réalité de deux terres : une terre physique et une terre spirituelle.
[puisque la venue du machia'h impliquera un dévoilement d'Hachem (du divin), il y aura ainsi un dévoilement de ces 2 réalités d'Israël. Ce n'est qu'alors qu'on pourra mesurer sa grandeur non seulement physique, mais surtout spirituelle. ]
[ rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonathan ]

Lorsque le rav Avraham Kook prononçait les mots "le peuple juif" (ou bien : Knesset Israel ; Klal Israël), tout son être s’animait.
C’était comme si le rav Kook avait mis toute son essence et tous les désirs de son âme dans ces mots.
[rapporté par le rav Hutner ]

<--->

-> "L’amour inconditionnel que nous portons à la nation [juive], à la mère de notre peuple, ne peut diminuer pour aucune raison ni à cause d’aucune imperfection dans le monde.
"Hachem ne voit pas le mal en Yaakov ; Hachem n’a pas vu de perversité en Israël. Hachem, son D., est avec le peuple juif, et il bénéficie de l’amitié du Roi" (Balak 23,21).

Nous venons avec un amour loyal et un profond respect. Nous venons avec le plus grand dévouement, l’esprit et l’âme chaleureux. C’est précisément dans cet élan que nous appelons la nation à faire téchouva, à revenir à la Torah et à accomplir les mitsvot. C’est précisément dans cet élan que nous appelons la nation à revenir à une vie de sainteté, de foi, à l’héritage de nos ancêtres et à notre tradition ancestrale.
Et c’est précisément animés par cette motivation que nous appelons la nation à revenir à la lumière d'Hachem. En effet, Hachem établit Sa présence sur Son peuple et sur Sa terre pour toujours et à jamais, par Sa puissance.

Nous devons nous éloigner de toute rancœur. Nous devons nous élever au-dessus de toute pensée et de tout sentiment mesquins. Nous devons nous élever au-dessus de toute haine et de toute frustration.
Au contraire, nous devons nous ouvrir à un amour palpitant, enraciné dans sa source la plus pure."
[rav Avraham Kook - Eretz 'Hemda - p.59 ]

-> On demanda un jour au rav Avraham Kook d’arbitrer un différend dans la colonie de Richon LeTzion.
En chemin, il dit à celui qui l’accompagnait, un parent du rav Moché Leib Shapiro : "Je serais prêt à embrasser chaque pierre de cette Terre [d'Israël]. J’embrasserais même l’âne que nous venons de croiser."
[Sim'ha Raz - an Angel Among Men - p.272 ]

-> Un jour, le rav Avraham Kook se rendait à Tel-Aviv accompagné de quelques gardes du corps lorsque leur voiture eut un problème de moteur. Contraints de se garer et de s’arrêter un moment, tous les passagers se dispersèrent dans différentes directions pour trouver de quoi passer le temps. Le rav Kook disparut lui aussi.
Au bout d’un moment, les gardes du corps du rav Kook décidèrent de partir à sa recherche. Ils le trouvèrent non loin de là, allongé de tout son long sur le sol, murmurant ces mots : "Ma patrie! Ma terre! Ô sol sacré de la terre d’Israël."
Lorsque le rav Kook se releva, il dit aux personnes qui s’étaient rassemblées autour de lui : "Quand ai-je d’autre l’occasion de parler à notre patrie qui aspire à ce que ses enfants reviennent entre ses frontières?"
[Sim'ha Raz - an Angel Among Men - p.273 ]

-> On peut rapporter à ce sujet la guémara (Kétoubot 112a-b) :
"Rabbi Abba embrassait les rochers d'Akko ...
Rabbi 'Hiya fils de Gamda se roulerait dans la poussière [de la terre d'Israël], car il est dit : "Tes serviteurs ont désiré ses pierres et favorisé sa poussière" (Téhilim 102,15)."

<--->

-> Lorsque le rav Avraham Kook revint en Israël après son séjour aux États-Unis, il fit remarquer la grandeur des montagnes : "Il est vrai qu’en Amérique, j’ai vu de grandes et puissantes montagnes, créations de Dieu, Maître de toutes les terres. Cependant, ces montagnes-là ne nous parlaient pas de la même manière que ces montagnes saintes nous parlent ici. Ces montagnes nous parlent dans un langage clair."
[Si'hot haRaaya - p.254]

Une personne n'est pas ce qu'elle sait.
Une personne n'est pas ce qu'elle fait.
Une personne est ce à quoi elle aspire.
[rabbi Na'hman de Breslev ]

"Etre juif, consiste à s'élever sans cesse, à atteindre des niveaux toujours plus élevés!
Quiconque désire être un bon juif ne peut le faire que par le mérite de la Terre Sainte (d'Israël).
Y accéder est le fruit d'un dur combat. Mais, quand un individu mérite d'arriver en Terre Sainte, on reconnaît sa vaillance, car il a gagné la bataille"
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I, 20, fin ]

<--->

Rabbi Na'hman de Breslev fit remarquer une fois : "Les gens m'ont souvent dit que selon les descriptions que l'on donne de la Terre Sainte dans les enseignements traditionnels, la présentant comme quelque chose de tellement sacré, ils ne pouvaient pas concevoir qu'elle pût faire partie de ce monde". (Likouté Moharan II, 116)

L’importance de la parole (par le Abir Yaakov)

+ L'importance de la parole (par le Abir Yaakov - rabbi Yaakov Abou'hatséra) :

-> La fonction principale de l’homme et sa rédemption dans ce monde dépendent de ce qui émane de sa bouche, comme le dit le roi Shlomo : "Tous les efforts de l'homme vont à sa bouche mais son âme n'est jamais satisfaite" (Kohélét 6,7).
Les paroles de la Torah et de la prière qu’une personne prononce de ses lèvres créent des mondes là-Haut.
Lorsqu’une personne médite sur cela et se détache de toute dimension matérielle, elle comprend clairement que ce qui importe le plus, c’est ce qui émane de sa bouche : ces paroles sublimes, spirituelles, qui constituent son énergie vitale.

L’énergie vitale de l’homme est le souffle qui sort de sa bouche et de son nez, et à cet égard, il n’y a aucune différence entre l’homme et les animaux.
En revanche, le pouvoir de la parole, en revanche, est propre à l’homme. C’est la preuve que l’homme est supérieur et plus spirituel que les animaux, car le pouvoir de la parole est comparable à la puissance qui règne dans les Cieux.
Chaque mot qui sort de la bouche d’une personne s’élève, s’attache à sa racine spirituelle dans les mondes supérieurs et les rectifie.

L’inverse est également vrai. L’homme peut aussi détruire des mondes par sa parole. Nos Sages ont en effet dit que le lachon ara équivaut à l’idolâtrie, aux relations interdites et au sang versé (Arakhin 15b).
Si le lachon ara ne causait pas de dommages dans les mondes Supérieurs, pourquoi serait-il considéré avec tant de sévérité?
Nous voyons ainsi que la parole peut soit détruire des mondes, soit les rectifier.

Selon le Zohar (vol.III,191a), la Chékhina est appelée דבר (davar - chose, ou "parole"), car toutes les paroles du Roi s’articulent à travers elle, tout comme le son de Sa voix en émane.
Puisque la Chékhina est appelée "parole", c’est la parole de l’homme sur terre qui la rectifie ou l'endommage. C’est pourquoi nous devons faire preuve d’une extrême prudence dans nos paroles.

À ce sujet, le roi David nous met en garde : "Qui est l’homme qui désire la vie, qui aime les jours où l’on voit le bien? Garde ta langue du mal, et tes lèvres de toute parole trompeuse" (Téhilim 34,13-14).
Pourquoi le roi David a-t-il besoin de faire précéder "Garde ta langue, etc." de la phrase "Qui est l’homme qui désire la vie, etc."?

La réponse est que la plupart des gens ne se soucient pas de garder leur langue. Ils pensent : "Quelle importance ce que je dis? Quel mal peut bien venir de quelques mots?"
En réponse à de telles pensées, le roi David s’adresse à nous : "Réveillez-vous de votre torpeur! Vous êtes aveugles à cet égard! Vos paroles inconvenantes (selon la Torah) vous empêchent de vous attacher à la sainteté comme vous le devriez, et elles dressent une barrière entre vous et votre D."

Le roi David dit : "Vous souhaitez vous attacher à la vie éternelle, et vous vous empressez d’accomplir toutes les mitsvot. Pourtant, vous ne prenez pas la peine de rectifier vos paroles?"
C’est pourquoi il commence par : "Qui est l’homme qui désire la vie?" = qui est la personne qui souhaite mener une vie de sainteté dans ce monde?
Et "qui aime les jours où l’on voit le bien?" = cela fait référence au monde à Venir, où l’on trouvera la vie éternelle et la joie. Si l’on désire ces choses, alors il faut "garder sa langue du mal, et ses lèvres de toute parole trompeuse".
La vie que tu recherches dépend de toi ; lorsque tu surveilles attentivement tes paroles, l’énergie vitale, telle qu’elle s’exprime à travers ta parole sainte, éveille l’énergie vitale dans les mondes Supérieurs où le pouvoir de la parole trouve ses racines. C’est ainsi qu’une personne atteint la sainteté.

Lorsque tu commences par surveiller attentivement tes lèvres, tu seras ensuite capable de "te détourner du mal et de faire le bien" (sour méra vaassé tov - Téhilim 34,15), et de renoncer complètement au mal pour rectifier la Chékhina, que l’on appelle "le bien" (טוב - Zohar vol.III,42b).
C’est ainsi que le roi David dit : "Détourne-toi du mal et fais le bien" ; le mot "faire" implique d’opérer une rectification sur quelque chose qui a déjà été créé, comme le dit le verset : "Hachem fit le firmament" (Bérechit 1,7) [et Rachi explique que le firmament était déjà créé, mais qu’en ce jour de la Création, Hachem le rendit stable].
Comme nous venons de le mentionner, le mot טוב (tov - bien) fait référence à la Chékhina. Ainsi, par sa parole, l’homme peut rectifier la Chékhina. Ce faisant, il instaure la paix dans les mondes Supérieurs ainsi que sur terre.
C’est ainsi que le verset du Téhilim conclut : "Recherchez la paix et poursuivez-la."
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Mattot 30,2-3 ]

<--->

-> Il faut comprendre que la Chékhina est appelée דבר (davar - chose, ou "parole"), et que les paroles qui sortent de la bouche d’une personne (juive) ont un effet sur la Chékhina.
Les bonnes paroles l’aident et la rectifient, tandis que les paroles inappropriées peuvent l’affaiblir.

[cela explique le verset : "Donnez de la force à Elokim" (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35) = si nous faisons attention à nos paroles nous donnons de la force à Hachem, et sinon c'est l'inverse, que D. préserve.
En ce sens, plutôt que de demander : "Il est où Hachem dans ce monde? Pourquoi n'intervient-Il pas contre tant de souffrances, d'injustices?", une réponse est de plutôt se renforcer autant que nous le pouvons dans ce qui sort de notre bouche, car ainsi nous permettons à Hachem de pouvoir davantage intervenir dans ce monde. ]

<--->

-> "Si un homme fait un vœu à Hachem ou prête serment pour établir une interdiction, il ne doit pas profaner sa parole" (Matot 30,3)

-> Par le vœu ou le serment qu’il a prononcé, il a édifié de grandes structures dans les mondes Supérieurs [et a rectifié et renforcé la Chékhina]. C’est pourquoi il doit veiller tout particulièrement à ne pas profaner sa parole.
S'il profane sa parole, il détruit tout ce qu’il a édifié dans les mondes Supérieurs. Car tout dépend de l’homme : par son pouvoir de parole, il édifie ou détruit ...

Une personne peut étudier la Torah, prier et faire des vœux et des serments pour accomplir les mitsvot. Pourtant, si elle ne se garde pas sur la place du marché, dans ses relations commerciales et dans ses paroles, en étant honnête et en agissant de bonne foi, le verset dit à propos d’une telle personne : "En vain le gardien veille" (Téhilim 127,1).
Sa Torah et sa prière sont vaines.

C’est analogue à une min'ha (une offrande de céréales) à Hachem qui doit être présentée dans un récipient pur ; si le récipient est impur, les deux sont rejetés.
La bouche est le récipient par lequel nous offrons nos paroles de Torah et de prière. Si elle est souillée par des propos inconvenants, et a fortiori par des mensonges et des tromperies, alors toutes les paroles de Torah et de prière prononcées par cette même bouche sont souillées et deviennent des abominations aux yeux de Hachem.
Les deux sont indissociables ; si une personne surveille sa bouche dans ses conversations quotidiennes, alors sa Torah et sa prière sont acceptées. Sinon, elles ne le sont pas.

Nous pouvons désormais comprendre le verset comme suit : Si une personne souhaite ériger des barrières par des serments et des vœux afin de renforcer sa Torah et ses mitsvot, alors "elle ne doit pas profaner sa parole" = tout ce qui sort de sa bouche dans les affaires profanes affectera les paroles sacrées qu’il prononce.
Lorsqu’il dit la vérité et que toutes ses actions sont sincères, alors ses paroles de Torah et de prière le seront également. Sinon, elles seront toutes nulles et non avenues.

C’est peut-être ce que le roi Salomon voulait dire lorsqu’il a déclaré : "Celui qui garde sa bouche et sa langue préserve son âme des ennuis" (Michlé 21,23). En d’autres termes, si une personne souhaite que ses prières et sa Torah soient acceptées, elle doit garder sa bouche de l’extérieur [dans la rue, lors de ses conversations quotidiennes] ; si sa bouche est souillée, alors sa Torah et sa prière sont une abomination.

Nous constatons que la guémara (Béra'hot 5b) désigne la prière par le terme "נפש" (néfech - âme), comme le dit le verset : "Celui qui déchire son âme dans sa colère" (Iyov 18,4).
La guémara commente que cela fait référence à une personne qui quitte la synagogue sans attendre que son ami ait fini de prier. [à cette époque, les synagogues se trouvaient en pleine campagne et il était dangereux de rentrer seul chez soi à pied. Si une personne se retrouvait seule pour terminer ses prières, elle perdait sa concentration, sa prière était "brisée", par crainte du trajet de retour. ]

Puisque la prière est appelée "âme", la Torah peut également être appelée "âme", car elles sont liées. En effet, il est tout à fait approprié que la Torah et la prière soient appelées "âme", car elles constituent la vie et l’âme d’une personne (juive).
Nous pouvons expliquer le verset "Celui qui garde sa bouche et sa langue" (cité plus haut) comme suit : si une personne garde comme il faut sa bouche et sa langue, si elle ne prononce ni mensonges, ni paroles trompeuses, ni bavardages inutiles, alors elle "préserve son âme des ennuis (problèmes)", et "son âme" fait référence à ses paroles de Torah et de prière. Elles ne seront pas rejetées, car elles sont intimement liées à son discours profane, comme nous l’avons mentionné plus haut.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Mattot 30,2-3]