Rabbi Yo'hanan dit : Hachem proclame [la louange] chaque jour à propos de 3 personnes : un célibataire qui vit en ville et ne commet pas de faute avec les femmes ; un pauvre qui rend un objet perdu à son propriétaire malgré sa pauvreté ; et un riche qui donne la dîme de ses récoltes en privé, sans rendre public son comportement.
[guémara Pessa'him 113a ]
Catégorie : Moussar/Pensée juive
Lorsqu'une personne s'occupe de la Torah et accomplit de bonnes actions uniquement pour l'amour du Ciel (d'Hachem - lichma), elle soumet la klipa extérieure et la sépare d'elle-même.
[la klipa fait référence à une enveloppe spirituelle extérieure qui dissimule la divinité. ]
Une fois que la klipa a été éliminée, elle n'a plus le pouvoir de causer du tort, ni dans les royaumes spirituels, ni dans le monde physique.
De plus, lorsque les klipot des mondes Supérieurs sont soumises, les nations inférieures sont également soumises et n'ont plus le pouvoir de causer du tort au peuple juif, car les mondes sont interdépendants.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h 10,15]
Les kabbalistes (Shaar Hamitsvot 33a) enseignent que lorsqu'un homme étudie la Torah, il doit déployer toute sa force pour briser la klipa, l'enveloppe extérieure, ce qui lui permet ensuite de s'attacher à la Présence divine.
Cela sert à rectifier et à préserver le corps dans la tombe jusqu'au moment de la résurrection, comme le dit le verset : "Quand tu te coucheras, elle te gardera, et quand tu te réveilleras, elle te parlera" (Michlé 6,22).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Béréchit 3,19]
Tous les mondes, des royaumes spirituels les plus élevés à l'existence terrestre la plus basse, sont soutenus par la prière, car aujourd'hui, la prière remplace les sacrifices [korbanot] (Béra'hot 26b) ...
Ce sont les prières qui illuminent les mondes Supérieurs, ce qui produit à son tour une grande abondance qui se répand sur tous les mondes, y compris le monde le plus bas, la terre, comme le dit le verset : "pour briller sur la terre" (léa'ir kol aarets - Béréchit 1,17).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Béréchit 1,14-16]
Nos Sages (Yébamot 97a) décrivent une personne qui, durant sa vie, étudie la Torah avec des intentions pures. Ils disent qu'après son départ de ce monde, chaque fois que des paroles de la Torah sont prononcées en son nom, ses lèvres s'ouvrent dans la tombe, comme il est écrit : "les lèvres des dormeurs parleront" (dovev chifté yéchénim - Shir HaShirim 7,10).
Même si le corps peut se désintégrer et retourner à la poussière, lorsque des paroles de la Torah sont citées en son nom, ses os se rassemblent pour former un corps complet, et alors ses lèvres parlent, ce qui est vraiment étonnant ...
De plus, la principale récompense pour le corps aura lieu au moment de la résurrection des morts. Il se relèvera pour ne plus jamais faiblir (voir Kétoubot 111b), pour une vie sans mort, sans mauvaise inclination (yétser ara) et sans malheur.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Béréchit 1,9]
"Lorsque le yétser ara est actif, personne ne se souvient du yétser tov" (guémara Nédarim 32b).
-> Le Steipler (dans son Birkat Péretz - Massé) écrit :
"Nous devons inculquer la crainte du châtiment, car lorsque le yétser ara se renforce, la passion bloque le cœur d'une personne jusqu'à ce qu'elle soit presque inconsciente des questions spirituelles ...
Seule une faible impression [de spiritualité] subsiste au fond de son cœur et il devient comme une personne grossière qui n'a rien d'autre que des désirs terrestres (matériels).
Mais la crainte d'un châtiment sévère peut secouer et effrayer même une personne grossière et vile, ..."
Avoir de l’émotion avec Hachem permet de se protéger de son yétser ara
-> Le 'Hovot Halévavot (chaar Ahavat Hachem 7) écrit :
"Ceux [qui servent avec amour] dans une relation d'intimité qu'ils ont avec Hachem dans leur cœur, c'est comme s'ils Le servaient avec les saints anges dans les hauteurs les plus élevées.
Le désir [pour les choses matérielles] se dissout dans leur cœur et l'aspiration au plaisir [matériel] est déracinée de leur être, car elle est remplacée par le désir de servir leur Créateur et de L'aimer.
Les feux de la mauvaise inclination (yétser ara) sont éteints dans leur cœur ... par l'intensité de leur ravissement devant la lumière qu'ils trouvent en servant Hachem, comme ce qui arrive à une bougie lorsqu'elle est exposée à la lumière du soleil. "
[Ainsi, la lumière intense de la spiritualité atténue le feu de la mauvaise inclination et l'éteint.]
-> L'une des joies les plus essentielles pour un être humain est l'émotion. Quand une personne est émotionnelle, elle se sent beaucoup plus vivante. Si ce besoin n'est pas satisfait de manière positive (dans le judaïsme, le spirituel), la personne le cherchera ailleurs.
En ce sens, le rav Kalonymus Shapira (Tsav vérizouz) enseigne :
"L'âme d'une personne aime être émotionnelle, pas seulement avec de la joie, mais avec n'importe quelle émotion ; elle est même prête à ressentir de la tristesse et à pleurer. Les gens aiment voir des images effrayantes et entendre des histoires horribles qui les font pleurer, juste pour être émus. C'est une fonction et un besoin fondamentaux de l'âme, comme toute autre fonction et tout autre besoin essentiels.
Ainsi, seul celui qui comble ce besoin en servant Hachem, en imprégnant son étude de la Torah et sa prière d'émotion, préserve son âme.
Mais ce n'est pas le cas de celui qui accomplit ses devoirs sacrés sans émotion. Soit il cherchera à satisfaire ses émotions de manière superficielle, soit il finira par souffrir d'un trouble mental causé par la privation de l'un des besoins essentiels de l'âme."
-> "Si une personne ressentait la joie que son âme éprouve lorsqu'elle se rapproche de Hachem à travers la Torah, la prière et l'accomplissement des mitsvot, en particulier les shabbat et les yamim tovim, il lui serait alors extrêmement difficile de s'éloigner de ce plaisir suprême et de pécher ou de sombrer dans la matérialité."
[rav Kalonymus Shapira - Hakhsharat HaAvrekhim - début du chap.4 ]
-> Le 'Hazon Ich (Kovetz Igrot 1,9) écrit :
"Les passions et les désirs d'un homme comportent de nombreux aspects. Les choses agréables excitent le corps ... et, dans une certaine mesure, plaisent à l'âme. Mais ces plaisirs ne peuvent rivaliser avec le plaisir sublime du labeur intellectuel qui permet à l'âme de s'élever au-dessus de l'agitation de ce monde pour atteindre les hauteurs du ciel où l'on se délecte de la splendeur de la sagesse suprême. C'est la plus grande et la plus ultime bonté sous le soleil que l'homme puisse connaître."
-> Selon le rav Eliyahou Falk, c'est ce pour quoi nous prions avec les mots "Sabénou mitouvé'ha" (comble-nous de Ta bonté).
Si nous sommes capables d'être comblés par la bonté d'Hachem, c'est-à-dire par tout le bien matériel et spirituel qu'Hachem nous donne, alors nous n'avons pas besoin des "biens" superficiels que le yétser ara tente de nous vendre pour satisfaire nos désirs. Nous sommes déjà comblés par la bonté de Hachem.
<--->
-> Il n'y a rien de tel que le plaisir spirituel et la joie de la proximité avec Hachem pour protéger une personne contre les défis de la mauvaise inclination (yétser ara).
Il est écrit dans le Tana Débé Eliyahou (rabba 3) : "Le roi David dit : "Ma crainte réside dans ma joie".
Le Yéchouot Yaakov explique : "En raison de la joie que j'ai eu, j'avais peur que mon yétser ara ne me domine et que je trébuche, à D. ne plaise."
Le Or'hot Tsadikim (fin de chaar Haahava) écrit : "Ils auront la crainte de transgresser les mitsvot d'Hachem par criante de perdre Son amour. C'est ce que signifie "Servez Hachem avec crainte" (Téhilim 2,11), c'est-à-dire dans la crainte de [perdre] l'amour."
-> "Pour qu'une personne intelligente vainque son yétser ara, rien n'est plus puissant que son âme se souvenant des délices et des plaisirs que l'on trouve dans le service d'Hachem"
[séfer haYachar - attribué à Rabbénou Tam]
<--->
-> "Tu prendras alors plaisir en Hachem" (Yéchayahou 58,14).
Le Radak commente :
"Rav Saadiah Gaon explique qu'il s'agit d'un plaisir physique ... Contrairement aux insensés dont il est dit : "Le plaisir ne convient pas à l'insensé" (Michlé 19,10). Une personne intelligente ne se livre pas à des plaisirs excessifs ; elle le fait plutôt avec discernement, car elle est engagée dans la quête de la connaissance, dont elle tire un plaisir bien plus grand."
Cela suggère qu'une personne intelligente est capable de vaincre ses mauvaises inclinations et de ne pas se livrer à des excès grâce au plaisir plus grand qu'elle tire de la quête de la connaissance (de la spiritualité).
"On ne se cogne pas l'orteil sur terre sans que cela soit décrété d’en haut" [guémara 'Houlin 7b]
-> Le Shomer Emounim (maamar Hachgakha Pratit - chap.9) explique que une faute crée une klipa, une enveloppe d’impureté.
Cette klipa se revêt dans une pierre, un chien, une souris, ..., qui finit par faire souffrir la personne, expiant ainsi sa faute.
<--->
-> Lorsqu'une personne faute et ne se fait pas téchouva, elle tombe malade ou est affligée d'une autre manière (on le voit dans la guémara (Béra'hot 5a) qui dit que si une personne constate des souffrances, elle doit examiner ses actes pour déterminer quelle faute elle a pu commettre et qui pourrait lui causer une telle souffrance. Si, après examen, elle ne trouve aucune faute justifiant une telle souffrance, elle doit attribuer ses souffrances à la négligence dans l'étude de la Torah).
Elle a alors besoin d'une guérison (réfoua).
Ainsi, une faute s'exprime à travers le corps (gouf). Lorsque l'âme a besoin de rectification, le corps tombe malade. Pour obtenir une guérison complète (réfouat hagouf), il faut d'abord obtenir une guérison physique (réfouat hanéfech), c'est-à-dire s'améliorer.
[rav Yéhochoua Alt]
Chaque mitsva, de chaque juif, est très appréciée par Hachem
Parfois, le yétser ara vient et tente de dire à une personne qu'elle est sans valeur, et que toute son avoda et les actions qu'elle a accomplies au service du Créateur sont insignifiantes, tout cela parce qu'elle n'a pas servi Hashem avec amour et crainte, et qu'elle est souillée par les fautes ... tout cela est complètement faux.
Il est prouvé que chaque petite mitsva et chaque prière même brève, qu'une personne réalise pour le bien du Ciel, dans la mesure de ses capacités, atteint des sommets et a un impact énorme et merveilleux au Ciel ...
Si Hachem n'avait désiré que des individus exceptionnellement vertueux, il n'aurait pas retardé si longtemps le don de la Torah, la donnant plutôt à Avraham, Its'hak et Yaakov ... Mais Hachem n'a pas voulu cela et a préféré attendre qu'il y ait exactement 600 000 âmes juives pour leur donner la Torah avec joie et amour.
Chaque mitsva accomplie par les membres les plus bas [spirituellement parlant] du peuple juif soutient des centaines de milliers de mondes qui sont maintenus par cette seule mitsva.
[Béer Mayim 'Haïm - parachat Shoftim ]
Une personne devrait toujours s'engager dans la Torah et les mitsvot, même si ce n'est pas lichma, car en agissant ainsi, elle en viendra à le faire lichma.
[léolam yaassok adam béTorah oumitsvot af al pi chélo lichma, mito'h chélo lichma ba lichma - guémara Pessa'him 50b ]
-> Le rabbi de Loubavitch explique cette guémara comme suit : non seulement il est vrai qu'une personne finit par atteindre le stade de lichma, mais même au sein ("mito'h" signifiant "au sein" par opposition à "à partir de") du chélo lichma, il y a toujours un élément de lichma profondément ancré en chaque juif.
<--->
-> Dans le cœur de tout juif, quel qu’il soit, est implanté le désir intérieur et profond d’accomplir toutes les mitsvot et de s’éloigner des transgressions, et c’est son mauvais penchant qui parfois l’en empêche.
[Rambam - Hilkhot Guérouchin chap.2, halakha 20)]
[Tout juif possède cette qualité, cette aspiration à donner de la satisfaction à Hachem et à accomplir Sa parole avec dévouement. Mais parfois, au fil du temps, elle se recouvre de poussière et s’endort à cause du mauvais penchant et des désirs du monde, et il faut la réveiller et la renouveler.]