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"Aime ton prochain comme toi-même : Je suis Hachem" (Kédochim 19,18)

-> Les lettres hébraïques qui suivent celles de : "réa'ha" (ton prochain - רֵעֲךָ), sont :
- le : ר suivi par :ש ;
- et ע par : פ ;
- et ך par : ל.
Ces lettres forment le mot : "chafal" (שפל) : modeste, humble.

=> Ainsi, nous pouvons traduire : "vé'aavta léréa'ha" = "aimer", c'est-à-dire "choisir", le mot qui est le "prochain" de "réa'ha" dans l'alphabet hébraïque.
Il s'agit de : "chafal" (humble) = "choisissez l'humilité", car ainsi vous aimerez votre prochain comme vous-même.

[rabbi Shalom de Belz - Dover Shalom]

[une personne humble n'est pas remplie par son égo, et a donc de la place pour autrui en elle-même!]

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-> Comment pouvons-nous aimer un prochain qui nous traite mal?

Rabbi Shmelke de Nikolsbourg (Imré Chmouël) répond :
Toutes les âmes individuelles d'Israël sont une partie de l'âme globale d'Adam, le 1er homme.
L'âme de chaque juif constitue une étincelle découlant de cette âme d'Adam.

Considérons les implications de cette idée.
Il arrive parfois qu'une personne se donne un coup à la tête involontairement. Si de rage, elle prend un bâton et frappe sa main pour avoir blessé sa tête, vous allez penser qu'elle a perdu l'esprit.
Pourquoi devrait-elle s'infliger encore plus de douleur?

Il en est de même si un juif blesse volontairement son prochain juif.
Si la personne blessé se venge, elle s'inflige un dommage contre elle-même.

=> Considérons plutôt que tout est décrété par D., et que Hachem possède plusieurs moyens d'administrer la justice.

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-> "Comment pouvons-nous aimer un méchant (racha)?

Pensez de la façon suivante : l'âme de chaque personne est une part du D. Tout-Puissant.
Par conséquent, ayez pitié de l'étincelle Divine qui est emprisonnée à l'intérieur de l'homme méchant, et aimez cette étincelle."
[Rabbi Shmelke de Nikolsbourg - Chémen haTov]

-> "J'espère pouvoir aimer un bon juif autant que D. aime un racha"
[rabbi Aharon de Karlin - Birkat Aharon]

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-> Lorsque vous voyez votre ami commettre une faute, ne l'incriminez pas.
A la place, pensez : "Quelles excuses pourrais-je imaginer pour m'exonérer si j'avais été dans sa situation?"

Appliquez la même excuse à votre ami et faites de votre mieux pour l'exempter de toute faute.
C'est le sens du passage : "Aime ton prochain comme toi-même".
[rabbi Ména'hem Mendel Haguer de Kossov - Even Chtia'h]

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-> "Aime Hachem ton D." et "Aime ton prochain" sont effectivement 2 commandements distincts, mais par essence, aimer D. et aimer son prochain forment un seul et même commandement.
C'est la tâche du tsadik de transformer les 2 amours en un seul.
[le Ohev Israël - Esser Orot]

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-> Le Noam Elimélé'h enseigne :
Le Zohar nous enseigne que l'âme habille le corps comme un vêtement, imprégnant les membres et les organes.
L'âme désire aimer Hachem, mais notre matérialité est un obstacle.

Au sens figuré, la Torah nous instruit par le verset ci-dessus d'aimer notre voisin, c'est-à-dire D. (comme dans le verset de Michlé (27,10) : "N'abandonne ni ton ami, ni l'ami de ton père"), comme nous-mêmes.
De la même façon que votre âme aime Hachem d'un amour entier, ainsi vous, le double corporel, devez aimer D. d'un amour véritable, afin que le corps et l'âme se complètent harmonieusement.

Ceux qui parfaits dans leur midot s'effacent pour préserver l'honneur d'autrui, alors que l'homme ordinaire veut rester honorable, même au prix d'une humiliation du prochain.

[Péniné 'Hokhma 238]

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-> Moché a préféré retarder la Délivrance de tout le peuple juif (des millions de personnes!), qui subissait d'atroces souffrances liées à l'esclavage en Egypte, plutôt que de risquer causer le moindre sentiment de honte à son frère aîné : Aharon.

-> De même nos Sages affirment que si la venue du machia'h, ou bien du 3e Temple, devait entraîner de la honte à un seul juif, alors il ne peut pas venir.

=> Cela nous permet de se rendre compte d'à quel point l'honneur de notre prochain doit être important/vital à nos yeux!

Jalousie – avoir conscience de la responsabilité qui vient avec

+ Jalousie - avoir conscience de la responsabilité qui vient avec :

-> Le rav Chimchon Raphael Hirsch émet l'idée que plus nous possédons de la matérialité, plus nous aurons des comptes à rendre à ce sujet.
Il enseigne (dans 'Horev), que la grandeur d'une personne dépend de l'exploitation de ses capacités personnelles.
Peu importe la grandeur des réalisations que nous avons pu accomplir, ce qui compte c'est ce que nous avons fait de toutes les ressources que Hachem a mis en nous.
[les avons-nous utilisées à 40%, 50%, ... de ce que nous aurions pu faire idéalement]

=> Ainsi, lorsque nous avons davantage de richesses, c'est que Hachem attend davantage de nous.

-> Selon le Pélé Yoets, un riche est une personne chez qui D. a déposé de l'argent dans l'unique but qu'il le transmettre à ceux qui en ont besoin, afin de leur retirer la détresse liée à la pauvreté.
[d'une certaine façon, les pauvres sont à l'origine de notre richesse, afin que nous soyons ce conduit, cette intermédiaire de confiance qui va leur déverser ce que Hachem leur donne.]

-> Le 'Hafets 'Haïm fait remarquer qu'avec la richesse qui arrive, il vient également avec un nouveau yétser plus fort, nous empêchant de donner avec facilité notre argent.
[l'excuse qu'on donnera quand on aura, ne tient pas, car lorsque l'on aura, nous aurons un yétser ara plus fort qui nous empêchera de le faire facilement!]

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-> L'Apter Rabbi enseigne que si l'on néglige nos obligations de reverser notre richesse à la tsédaka, alors Hachem peut nous la reprendre et la donner à quelqu'un d'autre.

[ce que l'on donne est comme un conservateur, qui permet d'augmenter la durée de vie d'un aliment!
Dans tous les cas, on devra en rendre des comptes, à l'image d'un père qui donne à l'un de ses fils de l'argent supplémentaire pour aider un de ses frères, et qu'au lieu de le faire il garde l'argent pour lui.
=> Imaginez la réaction du père, lorsqu'il se rendra compte qu'un de ses enfants a dû souffrir, parce qu'un de ses frères a préféré garder l'argent pour lui! ]

-> Lorsque la femme de rabbi Israël Salanter a apporté un billet de loterie, il a immédiatement fait appelé 2 témoins, et en leur présence a dit : "Je n'ai rien à voir avec ton argent ou sur tout intérêt qui peut lui être lié."
Pourquoi cela?

Rabbi Salanter avait peur que sa femme puisse gagner à la loterie et en devenir riche.
Il s'expliqua : "lorsque Hachem accorde de la richesse à une personne, ce n'est pas uniquement pour le profit de cette personne. Elle est responsable de la reverser à la charité et d'aider les pauvres.
Qui peut accepter une responsabilité si lourde?
Cela nécessite de rechercher à chaque coin de la ville s'il y a un pauvre en détresse, ou bien un malade qui a besoin d'aide, ou bien un petit enfant dont la famille manque d'argent pour lui embaucher un enseignant.
Qui est-ce qui peut tous les retrouver?"

=> Ainsi, ne voulant pas faire face au test de la richesse, le rav Israël Salanter s'est dépêché de se débarrasser de toute somme d'argent que la loterie pouvait éventuellement lui apporter.

==> Dans ce monde, la richesse est particulièrement clinquante (pouvant même à nos yeux être la solution à tous nos problèmes), mais nous oublions de prendre conscience de la responsabilité énorme qui vient avec!
Imaginons que le géant en Torah qu'est le rav Salanter, a préféré ne pas en avoir (se privant de toutes les mitsvot qu'il aurait pu faire avec!), au regard de la difficulté extrême de la tâche!!
Combien à plus forte raison en ce qui nous concerne.

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-> L'épreuve de la richesse est plus grande que celle de la pauvreté.
[Alcheikh haKadoch - Vayikra 25,39]

-> "Kessef" (l’argent) est en connotation avec "kossef" (désirer), car celui qui a des richesses en veut toujours d’avantage.
[Maharal - Nétiv haOcher 2]

-> "Celui qui aime l’argent n’est jamais rassasié d’argent." (roi Chlomo - Kohélét 5,9).
Lorsque l'on en veut non pas pour ce qu’il permet d’accomplir mais parce qu’on aime l’argent, cet appétit n’a pas de limites.

"La même compassion que l'on ressent devant un mendiant qui n'a pas même de quoi se vêtir, doit être ressentie pour ceux qui se sont éloignés de l'étude de la Torah et de l'accomplissement des mitsvot.
Avec quoi pourront-ils habiller leurs âmes dans l'au-delà?

Car les seuls joyaux qui peuvent parer l'âme sont la connaissance de la Torah et l'accomplissement des mitsvot."

['Hafets 'Haïm - Aavat 'Hessed - 3e partie - chap.7]

"Même une personne qui faute durant toute sa vie, elle peut quand même être considérée comme un tsadik, tant qu'elle n'abandonne jamais et qu'elle continue à se battre [pour vaincre son yétser ara]."

[Séfer Ménou'ha véKédoucha - écrit par un élève du rav 'Haïm de Volozhin]

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-> "Ton peuple : tous sont tsadikim" (Yéchayahou 60,21)

+ Si les assiettes sont bien emballées et serrées, l'une reposant sur l'autre, la boîte qui les contient peut être transportées sans qu'aucune assiette ne se casse.
Mais si elles sont disposées approximativement, sans être collées, même la plus petite peut être brisée [lors d'un déplacement].

Il en est de même pour les juifs. S'ils vivent dans l'amitié et la paix, [unis ensemble par le fait de] laisser de la place pour l'autre, alors ils ne peuvent pas être endommagés, et rien de mal ne peut leur arriver.
Par contre, s'il y a des disputes [qu'ils sont distants les uns des autres], chacun demandant une place personnelle [qui empiète sur l'espace de vie d'autrui], alors ils ne peuvent pas résister à la moindre turbulence.

[rabbi Yé'hezkel de Kouzmir]

On a demandé à un sage : "Que peut faire une personne pour soulager son désir de revanche, puisque la Torah interdit de se venger?"

Il a répondu : "Faites quelque chose pour vous améliorer. Lorsque vous deviendrez une personne meilleure, cela tourmentera vos ennemies au plus haut point."

[rabbi Avraham Twerski]

-> "Tu ne te vengeras pas et ne garderas pas rancune" (Kédochim 19,18)

"La joie qu'a un juif pour son prochain et les bénédictions qu'il lui souhaite, sont acceptées par Hachem comme les prières du Cohen Gadol dans le Saint des Saints [le jour de Kippour]."

[Baal Chem Tov - Séfer Kéter Chem Tov]

=> Lorsque nous éprouvons une joie sincère pour autrui, c'est similaire aux prières de la personne la plus sainte, dans le lieu le plus saint, le jour le plus saint.

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2017/09/27/5606

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-> La guémara (Béra'hot 53b) dit : "Celui qui répond "amen" à une bénédiction est plus grand que celui qui a dit la bénédiction" (gadol aoné amèn yotér min amévaré'h).

Le Tiféret Shlomo explique la raison : lorsque quelqu'un récite une bénédiction, il remercie Hachem pour l'objet de sa bénédiction (de la nourriture, des amis, une vision, la santé, ...).
Celui qui va répondre "amen" à cette bénédiction, va quant à lui, remercier Hachem pour le bien que son prochain reçoit.
Or, une personne qui remercie D. pour un bienfait d'autrui, est plus grande que celui qui remercie D. pour son propre bienfait.

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-> "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18)

Le Sfat Emet écrit qu'une partie de cette mitsva est d'être heureux des réussites et autres moments joyeux d'autrui.

Une bonne nouvelle de mon prochain ne change rien à ma vie (ex: le mariage d'un de ses enfants, il a gagné une somme d'argent, ...), mais je dois tendre à ressentir les mêmes sentiments/émotions que lui (ex: c'est comme si j'avais marié un de mes enfants, j'avais obtenue une somme d'argent).

-> Par exemple, la guémara (Béra'hot 6b) dit que réjouir les mariés et partager leur joie est équivalent à reconstruire une des ruines de Jérusalem.
[En effet, tel est le pouvoir de partager les sentiments d'autrui.]

=> Certes, nous devons louer et remercier Hachem pour ce qu'Il fait dans notre vie, mais également pour ce qu'Il fait dans la vie de notre prochain.

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Le roi David écrit :
-> "Beaucoup disent: "Qui nous fera voir le bonheur?" (Téhilim 4,7)
= de nombreuses personnes sont dans l'anticipation de recevoir les bontés qu'ils espèrent (un bon chiddoukh, une maison, de l'argent, ...).

-> "Tu me mets plus de joie au cœur [qu’à eux], au temps où abondent leur blé et leur vin" (Téhilim 4,8)
= le roi David affirme qu'il a davantage de joie dans son cœur lorsqu'il voit Hachem donner des bénédictions aux autres personnes.

=> Le roi David était arrivé à ce très haut niveau, et nous devons aspirer à y arriver autant que possible.

"Je donne de la tsédaka à toute personne dans le besoin, peu importe qui elle est.
Après tout, Hachem m'a donné de l'argent. Pourquoi devrais-je être plus spécifique [que Lui] quant à qui je donne?"

[rabbi Moché Leib de Sassov]

Les juifs sont tous liés au niveau de leur âme, et ne forment qu'une seule unité.
[Sfat Emet]

[le peuple juif est une entité unique, que seule la matière divise]

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+ Avoir de la reconnaissance envers chaque juif :

-> "Même les juifs les plus insignifiants sont remplis de mitsvot comme une grenade [l’est de graines]."
[guémara Sanhédrin 37a]

=> Nous devons avoir de la gratitude envers tout juif, car nous avons pu profiter indirectement du flux positif qu'a entraîné ses mitsvot.

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+ Aimer chaque juif, pour le mal indirect que nous lui avons infligé :

-> "Les juifs sont tous liés entre eux.
Leurs âmes sont unies, chacune contenant [en elle] une partie de toutes les autres [âmes].
C’est pourquoi : "Tous [les juifs] sont responsables les uns des autres." (guémara Sanhédrin 27b )
[En effet,] Lorsqu’un juif faute, il porte atteinte non seulement à son âme, mais également à sa partie de lui-même qui est présente au sein de tous les autres juifs."
[rabbi Moché Cordovero - Tomer Dévora]

-> Selon la guémara (Shabbath 55a), il y a uniquement 4 personnes dans l'histoire du monde qui sont mortes sans n’avoir jamais fait de faute.
Il s'agit de : Binyamin (le fils de Yaakov), Amran (le père de Moché), Yshaï (le père du roi David) et Kilav (le fils du roi David). Selon certains, on peut y ajouter : Lévy et Yéhochoua.

=> Combien nous devons être remplis de honte face à tout juif pour lui avoir infligé indirectement les conséquences de nos fautes.
Rien que pour cela, nous devons toujours être bienveillants, au point d'en venir à aimer chacun de nos frères juifs.

[en effet, quoiqu'on puisse reprocher à autrui, cela sera toujours inférieur à la la souffrance que nous lui avons imposée à cause de notre mauvais comportement!)]

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b’h, par exemple également à ce sujet :
-> https://todahm.com/2020/07/21/14356-2
-> https://todahm.com/2015/06/24/3470-2