Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Quiconque mange du 'hamets, son âme sera retranchée d'Israël, du 1er jour jusqu'au 7e jour" (Bo 12,15)

-> On peut s'interroger sur la structure du verset qui aurait dû plutôt dire : "Quiconque mange du 'hamets du 1er jour jusqu'au 7e jour (de Pessa'h), son âme sera retranchée d'Israël".

En réalité, nos Sages disent que chaque juif a une part au monde futur. Ainsi, même celui qui a commis une faute passible de retranchement (karét), comme en l'occurrence le fait d'avoir mangé du 'hamets à Pessa'h, son âme ne sera retranchée et coupée de sa source que pendant la période de la durée de ce monde-ci, de son vivant et après sa mort.
Cependant, dans le monde futur, c'est à dire dans le monde qui suivra la résurrection des morts, son âme réintégrera son origine.

Cela est en allusion dans ce verset : "Son âme sera retranchée du 1er jour jusqu'au 7e jour" = allusion à toute la durée de ce monde qui est appelé à durer 6 millénaires.
Son âme sera retranchée jusqu'au 7e jour exclus, allusion au 7e millénaire. Mais après le 7e ''jour'', c'est-à-dire dans le monde futur, monde tout entier appelé Shabbat, son âme retrouvera son origine et il aura lui-aussi sa part dans le monde futur.

['Hatam Sofer]

"Moché et Aharon se rendirent chez Pharaon et lui dirent : "Ainsi a dit Hachem, D. des Hébreux : Jusqu'à quand refuseras-tu de te soumettre à Moi? Renvoie Mon peuple et qu'il Me serve!" (Bo 10,3)

-> Le rav Aharon Yéhouda Leib Steinman fait remarquer :
Si on traduisait Pharaon devant le Tribunal international des crimes de guerre, de quoi l'accuserait-on?
De crimes contre l'humanité, de sévices sur des prisonniers politiques, de graves entraves à la liberté de ses concitoyens, d'avoir jeté des enfants dans le Nil?

Pourtant, la Torah lui reproche uniquement de ne pas s'être soumis à Hachem et d'avoir refusé d'écouter Sa voix, et elle nous révèle que c'était là sa vraie faute.

Le rav Steinman poursuit en affirmant que ce reproche peut être fait à tout un chacun : car la cause de toutes les fautes et la source de tous les maux proviennent du fait que l'homme ne se soumet pas à son Créateur. L’orgueil le pousse à suivre la voie que lui dicte son cœur.

Hachem a beau nous envoyez des signes, plus ou moins clairs, mais nous ne parvenons pas à se défaire de notre orgueil et de nos mauvaises habitudes.

Le rav Steinman conclut qu'il faut étudier la Torah et comprendre la chance que nous avons de l'avoir reçue : elle affine les traits de caractère de l'homme et l'aide à surmonter son orgueil.
Elle entraîne amour et attachement avec Hachem, et nous apporte la réussite.

["Il n’est d’homme libre [dont de notre orgueil] que celui qui se consacre à l’étude de la Torah" (Pirké Avot 6,2)]

<------------->

-> "Jusqu’à quand refuseras-tu de te soumettre à Moi?"

-> Le Ktav Sofer enseigne :
Bien qu’effrayé par les plaies, Pharaon ne s’est pas soumis à Hachem. Il pensait [uniquement] avoir fauté envers ses idoles ...
En réalité, il aurait été prêt à renvoyer les Bné Israël pour être exempté des souffrances, mais Hachem a endurci son cœur pour qu’il finisse par se rendre compte que Hachem est D.

Tel est le sens de la phrase rapportée par Moché au nom de D. : "Jusqu’à quand refuseras-tu de fléchir devant Moi?" = en d’autres termes : "Qu’aurai-je gagné si tu renvoies Mon peuple sans te soumettre à Moi? Plie-toi à Mes ordres, renvoie Mon peuple ‘‘pour qu’il M’adore’’, pour qu’il Me serve justement avec ton accord!"

[Pharaon devait reconnaître D. intérieurement, et non extérieurement dans un but d'éviter les souffrances.]

"Vous garderez les matsot" (Bo 12,17)

-> Rachi commente : "Ne lis matsot, mais mitsvot.
Ainsi, de même qu'on ne laisse pas fermenter les matsot, on ne doit pas laisser "fermenter" les mitsvot : lorsque se présente à toi l'occasion d'accomplir une mitsva, saisis-là immédiatement."

-> De la même façon qu'une matsa qu'on a laissée fermenter perd son statut de matsa et devient 'hamets, et celui qui en mangerait pendant Pessa'h serait passible de retranchement (karét) du peuple à jamais, de la même façon en est-il pour toutes les mitsvot : la différence entre accomplir une mitsva avec empressement (zérizout) ou négligemment ressemble à celle qui sépare une mitsva d'une transgression (avéra).

Cela est également vrai pour les avérot : il est fondamental de les fuir avec une grande rapidité.
C'est pourquoi, nos Sages (guémara Yoma 22b) disent que le roi David fauta à 2 reprises et ne fut pas puni, tandis que Chaoul ne fauta qu'une seule fois et il en fut puni.
En effet, lorsqu'on reprocha à David d'avoir fauté, il s'en repentit immédiatement (cf. Chmouel II 12,3).
En revanche, Chaoul après avoir reçu des reproches (Chmouel I 15,20) affirma avoir accompli la parole Divine, car il était incapable de faire un rapide examen de conscience, et il lui fallut du temps avant de reconnaître sa faute.
[rav Réouven Grozovsky]

<--->

-> "On ne fait pas attendre une mitsva, même si on pense l'accomplir plus tard avec plus de splendeur, car il n'y a pas de qualité plus grande que l'empressement."
['Hafets 'Haïm - michna Broura (90,28)]

-> "N'atteindront le bien que ceux qui s'y précipitent"
[Rabbénou Bé'hayé - 'Hovot haLévavot]

-> "L'homme se lèvera le matin comme un lion pour le service Divin"
[au tout début du Choul'han Arou'h.
Ainsi, le livre compilant les lois juives démarre en mettant en avant l'aspect vital d'avoir du zèle à faire les mitsvot et à ne pas faire des avérot.]

<--->

-> b'h, également sur l'importance du zèle : https://todahm.com/2019/02/14/8341

"Ils mangeront ... cette nuit-là ... des matsot" (Bo 12,8)

La Torah nous ordonne de manger de la matsa la 1ere nuit de Pessa'h.
=> Pourquoi de nombreuses personnes ont l'habitude d'utiliser spécifiquement des matsot rondes pour réaliser cette mitsva?

-> Le rav Yéhouda Assad suggère qu'au moment de sortir les juifs ont cuisiné des "galettes azymes" ("ougot matsot" - Bo 12,39) : la pâte n'a pas fermenté puisqu'ils sont partis sans s'attarder.
Le terme : "ouga" est souvent utilisé pour connoter une forme ronde (ex: guémara Taanit 19a).
=> Ainsi pour s'en rappeler nous utilisons des matsot rondes.

-> Le Réma (Ora'h 'Haïm 476,2) écrit que de nombreuses personnes ont l'habitude de manger un œuf au Séder, comme symbole de deuil, puisque la nuit du 9 Av tombe toujours le même jour de la semaine que la nuit du Séder (1er jour de Pessa'h).

Le Pri Mégadim ajoute (Michbétsot Zahav 476,3) que les œufs sont aussi un signe de deuil pour la mort de Avraham, qui a eu lieu la 1ere nuit de Pessa'h.

Rachi écrit (Toldot 25,30) : L’œuf est rond et entièrement fermé. Une personne en deuil reste également la bouche close.

=> Ainsi, nous mangeons des matsot rondes, également en expression de notre deuil pour la destruction du Temple (9 Av), et pour la mort de notre Patriarche Avraham.

<--->

-> Les égyptiens avaient l'habitude de manger des pains carrés, ayant plusieurs coins, en référence aux multiples dieux qu'ils idolâtraient, tandis que leurs esclaves juifs mangeaient des pains ronds.
C'est pourquoi, afin de se souvenir de cette distinction, nous mangeons également des matsot rondes.
[rav Yéhouda Assad]

-> Le Séfer haDrach véa'Iyoun, cite le Ibn Ezra (Vayikra 2,4), qui écrit que les miches de pain offertes en offrandes dans le Temple étaient rondes, et c'est pour cela que nous procédons de même en ayant des matsot rondes au Séder.

-> Le rav Aharon Levin fait remarquer que Hachem semble apprécier les objets ronds, comme le soleil, la lune, la terre et les étoiles qui sont ronds, tandis que que rien n'a été créé avec une forme carrée (guémara Yérouchalmi Maasserot 25b), c'est pour cela que nous nous efforçons de manger des matsot rondes, forme qui semble appréciée aux yeux de D.

<--->

[la forme ronde peut renvoyer au fait que : les festivités juives sont cycliques, dans le sens où à chaque fête nous revivons la même puissance et influence originelle (ce n'est pas qu'un simple souvenir du passé).
Cela renvoie au fait que le peuple juif est éternel à l'image du cycle de la lune (alternant des périodes de forte présence, avec une absence en apparence quasi totale), et au fait que tout chose de ce monde à un cycle de vie et que seul Hachem est l'Eternel (à par Lui, toute chose à une date de naissance et une date de fin!), ...]

<------------->

-> L’œuf est un symbole de deuil (Choul'han Aroukh - Yoré Déa 378,9)
=> Si c'est ainsi, pourquoi mange-t-on de l’œuf à Pessa'h

-> Le 'Hatam Sofer (dans ses Drachot vol.2 p.236) donne la réponse suivante.

Cela était une coutume des juifs en Egypte, car pour nos Sages et anciens, tels que Aharon et les Lévi'im, la 1ere nuit de Pessa'h était une nuit de deuil comme le 9 Av.
[aussi longtemps qu'ils étaient esclaves en Egypte, les juifs traitaient la date du premier jour de Pessa'h comme un moment de deuil, semblable au 9 Av. Car de nombreux évènements tragiques ont eu lieu en ce jour.
Ainsi, nous mangeons des œufs au Séder pour nous rappeler du deuil que prenaient nos ancêtres en Egypte à cette date.]

La raison est que :
- c'est en cette nuit qu'a été décrétée la brit ben habétarim (Séder Olam rabba 5) ;
- en ce jour Sarah a été prise comme captive dans le palais de Pharaon (Pirké déRabbi Eliézer 26) ;
- c'est ce jour que Yaakov s'est tenu devant Pharaon lorsqu'il est venu en Egypte ;
- c'est en ce jour qu'a été décrété et qu'a commencé la période d'esclavage très difficile/intense d'une durée de 86 années.

Lorsque Hachem a parlé à Moché dans le buisson, lui demanda d'aller chez Pharaon, c'était Roch 'Hodech Nissan.
C'est le moment où l'esclavage était le plus difficile, et leur souffrance ayant été doublée [par les décrets de Pharaon], et ils étaient alors dans un état de désolation.

Soudainement est arrivé le temps de la joie : le peuple était libéré et devenant la nation de D.

=> Cependant, au Séder, nous mangeons des œufs pour se souvenir de nos moments difficiles passés [et d'à quel point Hachem peut nous libérer rapidement de tous nos soucis!].

<------------->

-> Rabbi Leibele Eiger dit que nous mangeons des œufs au Séder pour indiquer que de même qu'un simple œuf devient un poulet lorsqu'il est couvé au chaud sous une poule, de la même façon de nombreuses choses peuvent se passer pour nous durant le Séder. En effet, notre chaleur, notre enthousiasme et notre joie, on la capacité de nous faire mériter d'énormes choses.

<--->

-> En Egypte, chaque année les juifs avaient l'habitude de se rassembler et ils s'endeuillaient sur leur esclavage en mangeant des œufs, le symbole traditionnel du deuil.
Ils se réunissaient ensemble le 15 Nissan, la nuit où leur esclavage avait été décrétée lors de l'Alliance des morceaux (brit ben habétarim) entre Hachem et Avraham, et ils se désolaient sur leur triste état.
Pour se souvenir de cela, nous mangeons également des œufs à notre Séder.
['Hatam Sofer]

-> Le rav Abba Levin dit que d'une façon similaire nous pouvons également nous imaginer qu'un jour nous mangerons des œufs à notre repas de fête du 9 Av [suite à la venue du machia'h et la reconstruction du Temple], commémorant le fait que ce jour était auparavant un jour de deuil, où nous mangions des œufs symbolisant notre peine sur la perte du Temple.

<--->

-> Les œufs, plat symbolisant le deuil, sont mangés selon la coutume au début de Choul'han Orekh, afin de nous rappeler le deuil que subissaient les juifs lorsque Pharaon a décrété de tuer leurs enfants.
[Yafé l'Lev 476,2]

<--->

-> Selon le Gaon de Vilna (Massé Rav 191), il y a un œuf qui est mangé est c'est celui du plateau du Séder, ce qui est un rappel pour le Korban 'Haguiga qui était apporté à Pessa'h au Temple.
De ce point de vue, l'œuf n'a rien à voir avec le deuil, car "que D. nous en préserve de se rappeler du deuil du 9 Av en ce jour [de fête (Yom Tov) de Pessa'h]".

-> De son côté, le Maharil (Seder haHaggada 27) enseigne :
le mot pour "œuf" en araméen est ביעא, qui est également le mot araméen pour : "demander".
Nous mangeons des œufs la nuit du Séder comme un signe : "que nous demandons le Miséricordieux de nous délivrer".

<------->

-> La coutume consiste à manger un œuf cuit dur.
Le Pné Ména'hem explique qu'un œuf est un aliment qui existe à l'intérieur d'un autre aliment, le poulet, qui est également mangé.
Cela indique que même à l'intérieur de l'exil, les graines de la géoula sont déjà cachées.
Et dans l'œuf lui-même, sous sa coquille dure, se trouve la nourriture, capable de nourrir et de soutenir, la géoula cachée dans l'exil (galout).

"Tout premier-né de l'homme parmi tes fils tu rachèteras" (Bo 13,13)

-> Rachi commente : La valeur du rachat est fixée ailleurs (Kora'h 18,16) à 5 Shekels d’argent.

-> "Consacre-moi tout premier-né" (Bo 13,2), Rachi commente : "Je me les suis acquis, en frappant les premiers-nés en Egypte.".

=> Si la mitsva de rachat du premier-né (pidyon haben) vient en souvenir du fait que les premiers-nés juifs ont été épargnés par cette plaie, pourquoi est-ce que nous la réalisons uniquement dans le cas où c'est le premier-né garçon pour la femme, et non pour le père?

-> Le Avné Choham répond en comparant le pidyon haben avec la mitva des bikourim.
Après avoir investi tant d'efforts à labourer et planter la terre pendant des mois, il semble naturel de profiter de sa récolte.
Ainsi, en apportant les bikourim (ses premières récoltes) au Temple, ont combat l'instinct de s'accorder le crédit de notre production (c'est parce que j'ai travaillé!), et d'en oublier Hachem qui a rendu cela possible.

Sur notre trajet au Temple à Jérusalem, on rencontre une foule unie et joyeuse venant de tout Israël, et forcément cela pousse s'interroger : si des millions de personnes quittent tout pour offrir leurs premières récoltes (souvent beaucoup plus importante que la mienne!), alors moi aussi je me dois d'avoir beaucoup de gratitude à l'égard de D. (qui m'as tellement donné => je suis comblé!).

De même, lorsqu'un couple se marie, il lui semble naturel que durant les années suivantes, la femme va donner naissance à un enfant.
[de même que nous travaillons la terre pendant des mois, de même nous subissons des souffrances pendant les 9 mois et à la naissance, qui nous poussent à dire que nous en sommes à l'origine, oubliant D. (c'est comme cela, telle est la nature!)]

=> Pour empêcher que les parents prennent ce processus pour une normalité (ainsi va la vie!), le premier-né doit être racheté auprès d'un Cohen, rappelant qu'en réalité c'est un miracle, un cadeau unique de D.

Un pydian haben se fait uniquement sur le premier-né de la femme, venu d'une voie naturelle, et non pas en césarienne ou fausse-couche, car dans ces cas il est déjà évident que l'ordre naturel n'a pas été respecté, et il n'est alors pas nécessaire d'en avoir un rappel.

<--->

-> Quelle était l'utilité de mettre du sang autour des portes des juifs pour les protéger, sachant que Hachem n'a aucune difficulté à les différencier?

Le rav Akiva Eiger et le rav Yossef Sonnenfeld apportent la réponse suivante.
Un premier-né d'une mère peut être facilement identifiable, tandis que pour un homme cela est plus difficile (surtout en Egypte, cette capitale de l'immoralité).
L'Ange de la mort a ainsi tué tous les premiers-nés maternels, tandis que Hachem a tué les premiers-nés paternels, puisque seul D. pouvait avoir une traçabilité totale du réel père de chaque naissance.

=> Pour les premiers-nés juifs, leur survie n'a pas été miraculeuse, puisqu'ils n'ont jamais été en danger de mort, Hachem ne voulant pas les tuer.
Par contre, pour les premiers-nés maternels, il a fallu un véritable miracle, car comme l'enseigne la guémara (Baba Kama 60a), une fois que la permission de tuer a été accordée à l'Ange de la mort, il ne fait pas la différence entre les tsadikim et les réchaïm.
=> Puisque Hachem les a miraculeusement sauvés (aucun juif n'est mort cette nuit là), ils deviennent sacrés dans toutes les générations à venir, et nécessitent d'être libérés, rachetés par un Cohen.

<------->

-> "Prends les Lévi'im à la place de tous les premiers-nés israélites" (Bamidbar 3,40-45)

Hachem dit à Moché : "Les premiers-nés, destinés à accomplir Mon service, s'en sont rendus indignes depuis la fabrication du veau d'or.
Les Lévi'im ont pris leur place. Cependant, puisque les premiers-nés israélites avaient été mis à part et sanctifiés dans ce but, ils ont gardé une certaine sainteté. Cette sainteté doit à présent être transférée aux Lévi'im, par un procédé de rédemption et de substitution.
Tu dois donc dénombrer tous les premiers-nés israélites, puis effectuer le remplacement de chaque premier-né par un Lévi."

Moché se mit alors à compter tous les premiers-nés israélites âgés de plus d'un mois car c'est seulement à cet âge qu'un nourrisson est considéré comme viable.
Le résultat fut de 22 273 premiers-nés.
[Méam Loez – Bamidbar 3,40-45]

<--->

-> "Tout premier fruit des entrailles d’une créature quelconque, lequel doit être offert à Hachem, homme ou bête, sera à toi. Seulement, tu devras libérer le premier-né de l’homme, et le premier-né d’un animal impur, tu le libéreras aussi. Quant au rachat, tu l’accorderas à partir de l’âge d’un mois, au taux de 5 sicles d’argent, selon le sicle du sanctuaire, valant 20 Guéra" (Kora'h 18,15-16)

-> A l'origine, D. avait destiné la fonction de Cohen au fils aîné de chaque famille juive pour la représenter au Sanctuaire, comme il est dit : "Consacre-Moi tout premier-né, toutes prémices des entrailles parmi les Bné Israël, soit homme, soit animal : c'est Mon bien ['Je Me les suis acquis, en frappant les premiers-nés en Egypte' - Rachi]» (Bo 13,2).
Puis survint l'affaire du "Veau d'Or". Lorsque Moché descendit du Mont Sinaï, à la vue de ce spectacle, il brisa les Tables de la Loi et posa l'ultimatum suivant : "Choisissez! Soit D., soit l'idole" [ "Qui aime Hachem me suive" (Ki Tissa 32,26)].
Seule la Tribu de Lévi, qui n'avait pas adoré l'idole, se rangea du côté d'Hachem [ "Tous les Léviim se groupèrent autour de lui (Moché)"]. Alors D. décréta que les fils aînés de chaque famille seraient désormais privés de leur statut de Cohen et que la Kéhouna (prêtrise) serait l'exclusivité de la Tribu de Lévi, comme il est dit : "Moi-même, en effet, l'ai pris les Léviim entre les Bné Israël, en échange de tous les premiers-nés, prémices de la maternité, des Bné Israël ; les Léviim sont donc à Moi" (Bamidbar 3,12).
Ainsi, tout fils aîné est-il techniquement un "Cohen" en puissance, qui ne peut assumer son rôle. Il doit donc "être remplacé" par un Cohen de la Tribu de Lévi.
Le père de l'enfant, quand celui-ci a 30 jours accomplis, est tenu d'offrir au Cohen 5 pièces d'argent comme valeur d'échange.
Ce Commandement a aussi une motivation plus profonde : celle de nous souvenir de la Sortie d'Egypte, quand D. tua les fils aînés des Egyptiens et épargna ceux des Juifs. Puisque l'amour pour le premier-né est si fort, c'est le moment approprié pour reconnaître de nouveau que tout ce que nous possédons appartient à D;, comme l'enseigne le verset suivant : "Car tout premier-né M'appartient: le jour où l'ai frappé tous les premiers-nés du pays d'Egypte, l'ai consacré à Moi tout premier-né en Israël, depuis l'homme jusqu'au bétail, ils M'appartiennent, à Moi Hachem" (Bamidbar 3,13).

Concernant la somme de "5 sicles d'argent", le Zohar (Bo, 42a) explique que ces 5 sicles correspondent à la lettre "Hé" (valeur numérique 5), qu'Hachem a ajoutée au nom d'Abraham et par laquelle ce Monde a été créé.
En effet, le midrach (Béréchit Rabba 12,9), sur le verset : "Telles sont les origines du Ciel et de la Terre, lorsqu'ils furent créés (béhibaréam - בְּהִבָּרְאָם)" (Béréchit 2,4), fait remarquer que le mot "béhibaréam" (en les créant, qui peut aussi se lire Bé Hé Baréam (בה בראם), avec la lettre "Hé", Il est a créé) est l'anagramme de Bé Avraham" (par le mérite d'Avraham - בְּאַבְרָהָם).

Une autre explication, concernant les "cinq sicles d'argent", est rapportée par le midrach (Béréchit Rabba 84,18) : Puisque les frères de Yossef ont vendu le fils aîné de Ra'hél contre 20 pièces d'argent, soit 5 Sélaïm (Vayéchev 37,28), chacun d'entre eux devra racheter son premier-né contre 5 Selaim [équivalent aux sicles].
[d'après feuillet de la communauté Sarcelles - Kora'h 5779]

<--->

-> [Prends de plus] un rachat ... 5 sicles (Shékels d’argent) pour chacun, selon la valeur du sanctuaire où le sicle équivaut à 20 guéra. Remets cet argent à Aharon et à ses fils comme rachat pour [les premiers-nés]. (Bamidbar 3,46-48)

Cette somme de 5 Shékels d’argent correspond au prix de la vente de Yossef (cf. Vayéchev 37,28) ...
De plus, puisque Yossef était le premier-né de sa mère Ra'hel, Hachem ordonna que chaque premier-né soit racheté en échange de 5 Shékels d’argent.
[Méam Loez]

-> Chacun des 10 frères reçut 2 dinars [sur la vente de leur frère], avec cette somme chacun s’acheta des chaussures.
[Le rabbi Yossef Deutsch affirme que cette somme de 20 dinars d’argent équivaut à 75 dollars actuels, soit uniquement moins de 8 dollars par frère!]
[...]
C’est parce que Yossef, qui était un premier-né, a été acheté pour un prix aussi bas que le rachat des premiers-nés, plus tard, sera également fixé au prix très bas de 5 Shékels d’argent.
[rabbi Yossef Deutsch]

<--->

-> "Consacre-moi tout premier-né, toutes prémices des entrailles parmi les enfants d'Israël" (Bo 13,2)

Pourquoi l’aîné d’une femme doit-il être rachété au Cohen pour 5 sélaïm [pièces]?

Cela correspond aux 5 commandements qui incombent à l’homme et dont les femmes sont exemptes, et qui sont : résider dans la soucca, la mitsva de loulav, écouter le shofar, porter des tsitsit et mettre les téfilin.
Puisque les femmes sont exemptées de ces mitsvot, leurs fils seront rachetés pour 5 sélaïm afin qu’elles reçoivent une récompense comme si elles avaient accompli ces 5 commandements.
Nous apprenons d’ici que Hachem ne prive personne de sa récompense.
[Michnat Rabbi Eliezer]

<---------->

-> Lors du rachat d’un 1er né (pidiyon haben), le Cohen demande au père : "Qu’est-ce que tu préfères : ton enfant ou bien les 5 sélaïm [pièces]?"

=> Quel père va répondre en public devant tous ses proches : je préfères quelques pièces à mon fils?

En réalité, selon le rav de Poniovitch, l’idée est de faire réfléchir le père sur ses priorités dans la vie.
Est-ce qu’il va préférer "sacrifier" son fils pour amasser le plus d’argent possible (se donnant bonne conscience en lui achetant des cadeaux)?
Ou bien va-t-il fixer comme priorité l’épanouissement de son enfant selon ce qu’il est (et non ce que le père aimerait qu’il soit!), le guidant sur le bon chemin et le comblant d’amour?

[un exemple de reformulation de cette question peut être : est-ce que tu préfères donner de l’écoute/de l’affection à ton enfant ou bien être sur ton téléphone, ordinateur?]

-> Le désir pour l’argent est plus important que toute autre attirance matérielle, puisque c’est la seule qui est insatiable.
Il y a une limite à ce qu’une personne peut manger, et au nombre de fois où l’on peut commettre un faute terrible, mais il n’y a pas de limite concernant la quantité d’argent que nous pouvons accumuler.
La quête de richesse peut devenir la plus grande des obsessions, et trop souvent, les enfants sont le prix à payer à cette course vers la richesse.
[rav Tsadok haCohen de Lublin]

<---------->

-> b'h, également : https://todahm.com/2019/02/04/10183-2

-> ce sujet du rachat du premier-né est également abordé dans la paracha Kora'h : https://todahm.com/2023/03/09/40057

Le sang sur les portes [des maisons juives au moment de la sortie d'Egypte] n'a pas empêché la plaie d'entrer dans leur maison, mais c'est plutôt ... tout celui qui croyait et avait confiance en Hachem, et n'avait pas peur de Pharaon et de ses décrets, en sacrifiant publiquement le dieu égyptien (l'agneau) ... celui-ci est considéré comme un tsadik.
Puisqu'il a confiance en Hachem, alors il mérite d'être protégé.

[rabbénou Bé'hayé]

[Plus nous développons une solide confiance en Hachem, plus nous sommes protégés contre toutes les mauvaises choses de la vie.]

"Voici comment vous devez le manger : votre ceinture à la taille, les chaussures aux pieds et le bâton à la main. Mangez-le à la hâte ; c'est le sacrifice de Pessa'h pour Hachem" (Bo 12,11)

-> Les juifs devaient garder "les chaussures aux pieds" pour se rappeler la faute de la vente de Yaakov lorsque ses frères utilisèrent l'argent de la vente pou s'acheter des chaussures.
A cause de cela, les juifs avaient dû pétrir de l'argile de leurs pieds nus [en tant qu'esclaves].
Pour montrer que ce péché était à présent expié, Hachem instruisit les juifs de garder leurs chaussures aux pieds pour consommer le sacrifice.

Ils devaient garder leur bâton à la main pour symboliser leur indépendance.
Jusqu'à présent, les bâtons se trouvaient dans les mains des égyptiens pour les battre chaque fois qu'il manquait une seule brique à leur quota.
A présent, ils pouvaient avoir leur bâton en main, pour montrer qu'ils étaient leurs propres maîtres.

Le sacrifice devait être consommé rapidement afin que les juifs ne jouissent pas de son goût.
S'ils avaient pu le manger lentement, ils en auraient savouré la viande et auraient davantage pensé à leur satisfaction qu'au commandement Divin. La mitsva aurait été alors imparfaite.
Hachem dit donc : "Mangez-le à la hâte ; c'est un sacrifice Pessa'h pour Hachem" = en le mangeant à la hâte, ils ne dériveraient pas de plaisir physique de la viande et n'auraient pour objectif que l'offrande à Hachem.
[...]

"Mangez-le à la hâte" = il y avait un raison mystique à leur empressement. Les juifs avaient déjà franchi 49 des 50 portes d'impureté. S'ils avaient passé la 50e, ils n'auraient jamais pu quitter l'Egypte.

La sortie d'Egypte se produisit par l'intermédiaire de Moché qui ne pouvait lutter contre les Forces du mal existant au-delà de la 50e porte.
Moché lui-même avait pu franchir 49 portes de sainteté. Chaque porte qu'il avait passée lui avait donné le pouvoir de dominer les Forces de la porte d'impureté correspondante.
Or, puisqu'il n'avait eu accès qu'à 49 portes, il ne pouvait faire sortir son peuple que par la 49e porte d'impureté.
Si les juifs avaient traversé la 50e porte, aucun être humain n'aurait pu les en faire revenir.
Hachem avait donné à Avraham le choix que ses descendants connaissent l'exil ou le Guéhinam (purgatoire).
Avraham choisit l'exil afin que s'ils fautaient, ils ne soient pas éternellement condamnés au Guéhinam.

C'est pour cette raison que les juifs devaient être libérés par Moché, et non par D. Lui-même.
Si Hachem en personne avait libéré les juifs aucune nation n'aurait jamais plus été capable de les asservir.
Le choix que fit Avraham, l'exil plutôt que le Guéhinam, n'aurait donc pas pu prendre effet.

Par contre, la rédemption finale se produira par l'intermédiaire de Hachem seul.
A ce sujet, le prophète prédit : "Vous ne partirez pas à la hâte ('hipazon) ; vous ne vous enfuirez pas, car Hachem ira devant vous" (Yéchayahou 52,12).
La rédemption finale aura lieu par Hachem seul et non par un mortel.
Lorsque les juifs quittèrent l'Egypte, ils durent le faire rapidement parce que s'ils avaient franchi la 50e porte d'impureté, Moché n'aurait pas pu les en faire revenir.
Par contre, la rédemption finale sera accomplie par Hachem Lui-même ; de la 50e porte d'impureté, D. pourra les racheter.
Il n'y aurait plus d'exil par la suite puisque personne n'oserait plus jamais asservir les juifs.

[Méam Loez - Bo 12,11]

<---------------------->

+ "Les chaussures aux pieds et le bâton à la main"

-> Selon certains, les Nuées de Gloire conduisirent les juifs au mont Moriah à Jérusalem afin qu'ils puissent offrir le sacrifice de Pessa'h à l'endroit où serait, plus tard, construit le Temple.
Ensuite, les Nuées les ramenèrent à Ramsès d'où ils commencèrent leur périple dans le désert.

C'est en allusion à ce phénomène que Hachem dit, plus tard, aux juifs : "Vous avez vu ce que J'ai fait aux égyptiens, que Je vous ai portés sur des ailes d'aigle et vous ai amenés à Moi" (Chémot 19,4).
Hachem a précisé aux juifs qu'ils pourraient consommer le sacrifice Pessa'h "les chaussures aux pieds et le bâton à la main".
En effet, puisqu'il est interdit de marcher sur le Mont du Temple chaussé ou muni d'un bâton, les juifs avaient besoin d'une dispense particulière de D.
[Méam Loez - Bo 12,37]

"Hachem est passé par dessus les maisons des enfants d'Israël, lorsqu'Il a frappé les égyptiens, mais nos maisons Il [les] a sauvées" (Bo 12,27)

-> Le mot Pessa'h vient du fait que Hachem est passé (passa'h - פָּסַח) sur les maisons des juifs, entraînant qu'aucun juif ne soit mort pendant cette nuit (même de mort naturelle!).

=> Est-ce que nous devons comprendre cela de façon littérale : Hachem est passé directement au-dessus des maisons, tout en punissant les 1ers nés égyptiens?

-> Rabbi Moché de Sassov enseigne qu'en réalité c'est exactement ce qui s'est déroulé.

Lorsque Hachem arrivait à une maison égyptienne, immédiatement il ressentait l'impureté et le manque total de spiritualité qu'il y avait.

Lorsque Hachem arrivait à une maisons d'une famille juive, Il percevait la sainteté qui y rayonnait.
La beauté d'une maison juive, lieu remplie de mitsvot, et possédant un niveau de sainteté élevé, a tellement rendu heureux Hachem, que pour ainsi dire, à chaque fois qu'Il passait sur une maison juive Il s'est mis à danser, et à chanter joyeusement : "Ici vit un juif! Ici vit un juif!"

=> Ainsi, Hachem est littéralement passé sur le toit des maisons juives [y restant, y dansant et exprimant sa joie d'avoir un tel peuple!]
==> Le mot Pessa'h va donc bien au-delà d'un simple passage, puisqu'étant une déclaration d'amour Divine à notre égard!
Combien devons-nous nous en réjouir, en être fier et agir en responsabilité!!

<---------------------------->

-> Lorsque Hachem décida de sortir Ses enfants d'Egypte, ces derniers avaient atteint la 49e porte d'impureté. Ils n'avaient pas la capacité de fournir le moindre effort pour créer un éveil à partir du monde d'en bas.
Ils étaient dénués de toute mitsva. Ainsi, dans l'immensité de Sa miséricorde, Hachem les sortit d'Egypte par de grands prodiges et par un éveil supérieur sans même que ne précède un éveil du monde ici-bas.

C'est le sens du verset : "Hachem sautera par-dessus la porte" (Bo 12,23) = c'est-à-dire que d'habitude, Hachem demande avant tout : "Ouvre-Moi une ouverture de téchouva grande comme le chas d'une aiguille, et Moi [alors] Je te ferai une ouverture telle que des charrues et des bœufs pourront rentrer à l'intérieur" (midrach Chir haChirim rabba).
Or ici, Hachem sauta par-dessus la porte sans même que les Bné Israël n'aient provoqué un éveil de leur part, ce qui est contraire aux lois spirituelles qui régissent tous les mondes.
[...]
Hachem réalisa un acte de bonté immense avec le peuple d'Israël. Car en "sautant" le premier degré de réparation qui incombe à l'homme, "éloigne-toi du mal" (Téhilim 34,15) pour espérer en la délivrance, Hachem éleva Son peuple du fond du puits jusqu'au sommet de la montagne : "... et fait le bien" (Téhilim 34,15).
C'est le sens du verset : "Hachem sauta au-dessus des portes d'Israël" = Hachem les éleva immédiatement au niveau des portes de la sainteté en comblant les 49 niveaux d'impureté, puis Israël se redressa durant les 49 jours qui séparèrent la sortie d'Egypte du don de la Torah.
[rav Pin'has Friedman - Shvilei Pinhas]

"Au 10e jour de ce mois, que chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle" (Bo 12,3)

-> Le 10 Nissan, Shabbath précédant la sortie d'Egypte, les juifs ont reçu l'ordre de prendre un agneau (shé - שֶׂה) pour le Korban Pessa'h.
Les lettres de ce mot sont l'acronyme de : שבת הגדול (Shabbath Gadol).

Ce Shabbath marquait la fin officielle des 430 années d'exil en Egypte.
Une allusion à cela se trouve dans les dernières lettres de Shabbath Gadol : ל et ת, dont la guématria est de 430.

Lorsque l'on prend les lettres restantes (autres que les 1ers et dernières) de ce mot : le ב de Sabbath, et גדו de Gadol, on a une guématria de : 15.
Cela correspond à la date du 15 Nissan, 1er jour de Pessa'h, où ce Korban Pessa'h devait être mangé entièrement, avant la sortie d'Egypte.

[Rabbi Zalman Bass]

"Hachem parla à Moché en ces termes : Consacre-moi tout premier-né, toutes prémices des entrailles parmi les enfants d'Israël, soit homme, soit animal" (Bo 13,2)

-> Rabbi Israël Friedman de Rozhin (Irin Kaddichin) enseigne :
"Consacre-moi tout premier-né" = par "premier-né", la Torah désigne la première pensée qui entre dans votre esprit lorsque vous vous levez le matin.
Dédiez cette pensée initiale à D.

Si vous vous levez en vous sentant joyeux, réjouissez Hachem, quelle que soit la 1ere pensée que vous ayez ("soit homme [liée à la spiritualité], soit animal [liée à la matérialité]"), liez-la à D.