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Questions/Réponses – Paracha Bo

+ 3 Questions/Réponses - Paracha Bo :

1°/ Le Zohar haKadoch (II,38a) enseigne que la nuit de la libération d'Egypte, une énorme lumière a brillé entraînant qu'il faisait aussi clair qu'en pleine journée.
S'il n'a pas fait sombre et que la journée du 14 Nissan ne s'est jamais terminée, comment ont-ils pu dans ce cas réaliser la mitsva de : "Ils mangeront la viande cette nuit-là" (Bo 12,8)?

-> Le Mirkévet haMichné répond que durant la 1ere moitié de la nuit, lorsque les juifs ont mangé le sacrifice de Pessa'h, il faisait noir obscur comme habituellement la nuit, et c'était considéré comme la nuit du 15 Nissan.
Ce n'est que pendant la 2e moitié de la nuit, après que les premiers-nés égyptiens aient été tués, qu'il a fait clair comme en plein jour.

-> Le Targoum Yonathan ben Ouziel (19,4) écrit que pendant la nuit de la libération d'Egypte, Hachem a emmené les juifs sur l'endroit du Temple à Jérusalem afin d'y offrir et d'y manger leur sacrifice Pessa'h. Il les a ramenés en Egypte plus tard cette nuit là.
La lumière brillait en pleine nuit en Egypte, mais pas en terre d'Israël, ce qui leur a permis de manger le sacrifice durant la nuit du 15 Nissan, à Jérusalem.

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2°/ Selon Rachi (Bo 10,22), un des objectifs de la plaie de l'obscurité était : Israël comptait en son sein des réchaïm qui ne voulaient pas sortir [d’Egypte] et qui sont morts pendant les 3 jours de ténèbres. Il ne fallait pas que les égyptiens puissent assister à leur ruine et dire : "Eux aussi ont été frappés comme nous !"

Un autre Rachi (Béchala'h 13,18) nous apprend : Les juifs sont sortis d’Egypte à raison de 1 sur 5, les 4/5e étant morts pendant les trois jours de ténèbres.

=> Comment est-il possible de cacher autant de morts aux égyptiens, sans qu'ils ne le remarquent une fois la plaie terminée?

-> Le rav Yossef Sorotzkin (Mégued Yossef) suggère que la préoccupation principale était que les égyptiens ne soient pas directement témoins de la mort des juifs, et le fait qu'ils allaient en être au courant par la suite n'était pas un problème.
En effet, le sentiment de satisfaction de voir directement son ennemi dans une situation difficile ou embarrassante, ne peut en rien être comparable à ce qui peut être ressenti en l'apprenant verbalement.

[d'une certaine façon, les égyptiens auraient pu en venir à fêter les plaies, en se persuadant qu'il valait la peine de les subir si cela a finalement pu permettre la mort d'autant de juifs. En effet, dans sa folie l'être humain est prêt à toutes les souffrances, tant qu'il peut voir son ennemi à terre.]

-> Rav Shimon Schwab (Mayan Beit haChoéva - Béchala'h) est d'avis que les paroles de Rachi ne doivent pas être comprises littéralement. En effet, il y aurait eu sinon un deuil massif impliquant émotionnellement chaque juif restant en vie, et surtout cela aurait généré une profanation du Nom d'Hachem parmi les égyptiens.
[ex : nous on les a fait souffrir, et leur D. il a fait encore bien pire : Il les a pratiquement tous tués!]

Après le 1er meurtre de l'Histoire, Caïn a été puni non seulement pour avoir tué Hével, mais également pour toute la descendance qui aurait pu potentiellement venir de lui.
(cf. Rachi (Béréchit4,10) : Son sang (de ton frère) et le sang de ses descendants).

Le rav Schwab affirme qu'il en est de même ici.
En réalité, il y a eu un nombre faible de juifs qui sont morts pendant la plaie des ténèbres, mais il a été pris en compte l'ensemble de leurs potentiels descendants, et l'on arrive alors à un nombre équivalent à 4 fois la population juive totale qui a quitté l'Egypte.

[on peut apprendre de là l'implication que doit avoir un enseignant avec ses élèves. Dans sa classe, il ne doit pas voir un cumul de 1 élève, mais il doit prendre en compte les millions de leurs descendants potentiels, dont leur destin va dépendre de l'éducation, de l'attitude qu'il aura sur leur ancêtre ici présent.]

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3°/ "Le 14e jour du mois, au soir vous mangerez des matsot" (Bo 12,18)

=> Comment comprendre que de nos jours, nous mangeons de la matsa le 15 Nissan au soir?

-> Le Panim Yafot (Noa'h 8,22) répond qu'avant que la Torah ne soit donnée, les juifs utilisaient le même concept de journée que les non-juifs : début le matin pour finir le soir.
Ce n'est qu'après avoir reçu la Torah, que nous avons changé vers un système où une journée démarre la veille au soir.

En se basant sur cela, le rav Aharon Leib Steinman (Ayélet haCha'har) répond à notre question.
En Egypte, les juifs ont reçu l'ordre de manger des matsot pendant ce qui était pour eux la nuit du 14 Nissan, ce qui correspond de nos jours à la nuit du 15 Nissan.

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+ Bonus (b'h) :

-> La Mékhilta nous rapporte que : "Les égyptiens avaient l'habitude d'enterrer leurs morts dans leur maison. Pendant, la nuit de la 10e plaie, les chiens ont creusé et ouvert ces tombes.
Ils en ont retiré les ossements des premiers-nés enterrés, et ils ont joué/promenés joyeusement avec ces os.
Cela a été aussi douloureux pour les égyptiens que le jour où ils ont pu enterrer leurs enfants."

Rabbi 'Haïm Palagi compare cela à la coutume de taper fortement lorsque le nom de Haman est prononcé durant la lecture de la méguilat Esther.
En effet, selon lui, une explication à cela est que chacun de nos coups va entraîner une souffrance terrible à l'âme et aux os de Haman, qui les ressent au plus profond de lui-même.

Ainsi, il en a été de même au cours de cette 10e plaie, lorsque les chiens ont joué avec les os des premiers-nés, cela a entraîné des souffrances énormes à ces âmes égyptiennes déjà décédées.

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-> "Les coursiers sortirent en toute hâte par ordre du roi, et l'édit fut publié ... et la ville de Suse était dans la consternation. Mordé'haï eut connaissance de tout ce qui s'était passé" (Méguilat Esther 3,15 & 4,1)

=> Comment se fait-il que Esther n'était pas au courant du décret, alors que Mordé'haï et tous les habitants de la ville le savaient?

-> Le midrach (Yalkout Chimoni Kohélet 978 ; Kohélet rabba 8,5) explique que Esther n'a pas entendu le décret de Haman car elle était occupée avec la mitsva de biour 'hamets (détruire le 'hamets avant Pessa'h).

-> Dans son commentaire sur ce midrach, le Maharzou note que Haman a émis son décret le 13 Nissan (cf. Méguilat Esther 3,12), et à ce moment Esther était méticuleusement en train de se préparer à Pessa'h et à la mitsva de bédikat 'hamets (rechercher dans sa maison le 'hamets).

-> Le Eits Yossef (sur le midrach) ajoute que ce mérite l'a protégée lorsqu'elle a risqué sa vie en allant parler directement au roi A'hachvéroch sans en avoir été appelée au préalable.

[En effet, il est écrit : "si quelqu'un ... pénètre chez le roi, dans la cour intérieure, sans en avoir été convoqué, une loi égale pour tous le rend passible de mort ; celui-là seul à qui le roi tend son sceptre d'or aura la vie sauve. Or moi, je n'ai pas été invitée à venir chez le roi depuis 30 jours." (Méguilat Esther 4,11)
"... Esther se revêtit de ses atours de reine et se présenta au ... roi ... le roi tendit à Esther le sceptre d'or qui [était] dans sa main" (Méguilat Esther 5,1-2)

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-> "Et vous direz : c’est un sacrifice de Pessa’h"

Le Midrach dit : On tire de là qu’il faut étudier les 'halakhot de Pessa’h 30 jours avant la fête.

Le Séfer "Lé'hem Oni" l’explique ainsi :
- La moitié de la lettre pé (valeur numérique: 80) est la lettre mem (valeur numérique: 40) ;
- la moitié de la lettre samekh (valeur numérique: 60) est la lettre lamed (valeur numérique: 30) ;
- et la moitié de la lettre ‘het (valeur numérique: 8) est la lettre dalet (valeur numérique: 4).
=> on trouve explicitement la lettre lamed (ל soit en forme écrite : למד).
Ce qui signifie: quand tu sacrifies le mot Pessa’h (פסח) en le coupant en deux, il y aura lamed, alors "vous direz" les halakhot de Pessa’h avant la fête, 30 (valeur du lamed - ל) jours avant la fête.
[Yalkout HaOurim]

"Pharaon leur dit : Allez, servez Hachem votre D. Quels sont ceux qui iront?" (Bo 10,8)

-> Pharaon va demander : "mi vami aolé'him" (Quels sont ceux qui iront? - מי ומי ההלכים), qui a la même guématria que : "Kalev bin Noun" (כלב ובן נון), avec 216.

En effet, Pharaon a pu voir par ses astrologues que la totalité de la génération allait mourir dans le désert à l'exception de "Kalev ben Yéfouné" et de "Yéhochoua bin Boun".

C'est pourquoi, Moché lui répond : "C'est avec nos jeunes et nos vieillards [que nous irons]" (v.10,9) = le décret ne concerne pas les jeunes de moins de 20 ans et les personnes âgées de plus de 60 ans.

[Baal haTourim]

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-> "Avec nos jeunes et avec nos vieux nous irons" (Bo 10,9)

On peut expliquer ce verset dans un sens allusif.
Nos Sages disent que toute la valeur de la vieillesse n'existe que si la première partie de la vie était également comme il se doit. A l'image du vin. Un bon vin s'améliorera en vieillissant. Mais un mauvais vin se dégradera et deviendra encore plus du vinaigre en vieillissant.
Cela est en allusion dans ce verset : "Avec nos jeunes", à comprendre dans le sens de : "Avec nos années de jeunesse". Ainsi si un homme est muni de sa jeunesse et de la première partie de sa vie, alors "avec nos vieux nous irons". Un tel homme pourra aller et avancer dans sa vieillesse.
La vieillesse est une bénédiction et permet à l'homme encore plus d'avancer, si la jeunesse aussi était conforme.
[rabbi Moché de Koznitz]

"Ce mois-ci [Nissan] sera pour vous le commencement des mois, il sera pour vous le 1er des mois de l'année" (Bo 12,2)

-> La mitsva de proclamer le nouveau mois, est la 1ere donnée au peuple juif dans son ensemble.

-> Le mot : 'hodech (mois), est similaire à : 'hidouch (nouveau).
En disant que Nissan est le 1er de tous les mois, cela implique qu'il est à l'origine de toutes les nouveautés et de tous les miracles que Hachem va réaliser dans le futur.

Ainsi, bien que Tichri soit le 1er mois de la Création, Nissan est appelé le 1er, car c'est le plus important de tous les mois.
[Rabbi Gavriel Margolis - Torat Gavriel]

-> Le mois de Nissan est appelé : חודש אביב ('hodech aviv - mois du printemps), qui est la contraction de אב et de יב : le père de 12.
Ce mois est le "père" des 12 mois de l'année.
[Mégalé Amoukot]

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-> "Depuis qu’Hachem a choisi Son monde, il a choisi également Son premier mois parmi tous les mois de l’année : Nissan qui sera aussi Roch Hachana laMélakhim.
Lorsqu’Hachem a séparé Yaakov et ses enfants comme peuple, il leur a choisi également le mois de Nissan pour être libérés d’Egypte. Hachem a également choisi le mois de Nissan pour donner les bénédictions à Yaakov ; il a également choisi le mois de Nissan pour la naissance d’Its'hak ainsi que son sacrifice en tant que ‘’ola’’ par Avraham. C’est également ce mois qu’Il a choisi pour la délivrance finale.
C’est ce que dit le verset !: "Ce mois sera pour vous… le premier pour vous", ce qui veut dire le mois le plus important pour vous."
[midrach Chémot rabba 15,11]

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-> La guémara (Roch Hachana 11a) dit que le mois de Nissan a été choisi pour être celui durant lequel le peuple juif a été libéré d'Egypte, et ce sera également celui durant lequel le peuple juif mérita la géoula.

Cependant, puisque nous devons tous anticiper la venue du machia'h à chaque instant, comment concilier cela pendant les autres mois de l'année, où à priori selon la guémara il ne doit pas venir?

Le Agra déKalla, cite le rabbi Ména'hem Mendel de Riminov, qui affirme que les premiers 12 jours du mois de Nissan, représentent les 12 mois de l'année, et ils ont une influence sur l'année toute entière.

En réalité, le machia'h peut venir toute l'année, et c'est pourquoi nous devons l'attendre impatiemment chaque jour.
Nissan étant le 1er mois de l'année juive, ses 12 premiers jours comprennent les racines de tout ce qui va se dérouler durant l'année à venir.
Ainsi, peu importe le mois où la guéoula aura lieu, celui-ci a un jour le représentant durant le mois de Nissan, qui a cette particularité d'inclure en lui tous les autres mois à venir.

De même, la guémara (Béra'hot 56a) dit que le 1er mois est appelé Nissan, car tous les miracles (nissim) sont inclus en lui.
Tous les miracles qui vont avoir lieu pendant toute l'année à venir, ont leur source spirituelle dans le mois de Nissan.

[le Béer Moché]

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-> La guémara (Roch Hachana 10b) rapporte une divergence à savoir si le monde a été créé au mois de Tichri ou bien en Nissan.

Selon l'opinion que le monde a été créé en Tichri, comment comprendre que Nissan puisse être caractérisé de "1er mois de l'année"?

Jusqu'au moment de la sortie d'Egypte, les gens en général étaient faibles dans leur foi en Hachem, et la majorité du monde niait même son existence.
Cependant, au cours de la sortie d'Egypte, tout le monde a pu voir la grande main de D., et ils ont alors cru en Lui.

De ces miracles incroyables, l'humanité a alors compris, que c'est Hachem qui donne en permanence le flux de vie au monde, afin de lui permettre de continuer à exister.
En effet, s'Il arrêtait de donner la vie, ne serait-ce qu'un seul instant, le monde disparaîtrait immédiatement.

Ainsi, c'est pendant le mois de la sortie d'Egypte que la émouna (foi) en Hachem s'est fortement renforcée, et ce fût alors la plus grande chose qui soit arrivée depuis la création.

=> Tichri est le mois où le monde a été créé par Hachem, et Nissan est le mois où le monde a été créé aux yeux de l'humanité, par une prise de conscience de ce fait suite à la sortie d'Egypte.

['Hatam Sofer]

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-> "Ce mois-ci est pour vous le commencement des mois, il est pour vous le premier des mois de l'année" (Bo 12,2)

-> Nos Sages nous ont transmis que la première délivrance de l'exil égyptien contient tous les signes de la délivrance finale. Ainsi la première mitsva de roch 'hodech renferme plusieurs allusions, comme il est écrit : "a'hodech azé la'hem" (הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם). Les dernières lettres inscrivent le nom de Moché (משה).
Les 3 premiers mots de notre verset הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם ont une valeur numérique de 424 qui est aussi celle des mots : machia'h ben David (משיח בן דוד).
Ainsi, le premier commandement qui fut donné à Israël contient en allusion la délivrance future.

D'après nos Sages, le fait que nous soyons sortis d'Egypte prématurément entraîna 4 autres exils durant lesquels les Bné Israël furent sous domination de 4 empires différents.
Ainsi Hachem parla aux Bné Israël par l'intermédiaire de Moché en ordonnant la mitsva de roch 'hodech afin de faire allusion au machia'h ben David par qui adviendra la délivrance définitive.
Depuis la transmission du premier commandement, Hachem nous rassure par la promesse de sa venue.
Cette mitsva fait également allusion à Moché dont le mérite est éternel. Il était le premier libérateur et sera le dernier libérateur de notre exil actuel.

Le Zohar dit que les dernières lettres du verset forment le nom Moché, pour nous enseigner que la délivrance finale adviendra grâce à son mérite.
Nos Sages ajoutent que la mitsva de roch 'hodech fut donnée au mois de Nissan ainsi que la sortie d'Egypte qui eut lieu ce même mois. Il adviendra de même dans le temps à venir où la délvirance finale aura lieu au mois de Nissan (guémara Roch Hachana 11b).

Notre verset fait également allusion aux notions suivantes : puisque le mois de Nissan est le commencement de tous les mois de l'année, il correspond aux 12 combinaisons du Nom Divin (הויה) qui dirige les 12 mois de l'année.
Le premier mois de l'année et pour sa part dirigé par la première combinaison du Nom Divin dans l'ordre יהוה qui représente le commencement, de même le peuple d'Israël est appelé "commencement".
Ainsi Hachem leur donna précisément ce mois, le commencement de tous les autres mois, et lorsque nous multiplions les 12 mois qui représentent les 12 combinaisons du Nom d'Hachem par Sa valeur numérique, nous obtenons : 12*26 = 312. Ce nombre étant la valeur numérique du mot חדש (mois - 'hodech).

Autre allusion qui ressort de notre verset : רִאשׁוֹן הוּא לָכֶם לְחָדְשֵׁי (le premier des mois - richon ou lakhem lé'hodeché) : les initiales des 3 derniers mots forment le mot : Hallel (הלל), ce qui nous indique que nous devons réciter le Hallel chaque roch 'hodech.
[rav Yissa'har Chmouëli Beniahou]

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-> Le rav David Pinto (La voie de à suivre - n°1171 [année 2021]) enseigne :
La seule créature sur laquelle nous pouvons déceler de façon sensible le renouvellement est la lune.
Durant les 6 jours de la Création, Hachem créa un monde parfait, dépourvu de tout péché. Puis, lorsque Adam fauta en consommant du fruit de l’arbre de la connaissance, il porta atteinte à cette faculté de renouvellement, atteinte qui accompagnera le peuple juif tout au long des générations.

Dans Sa grande Miséricorde, Hachem voulut pardonner ce péché à Ses enfants et c’est pourquoi Il leur prescrivit la mitsva de bénir la nouvelle lune. Car, chaque fois qu’ils prononcent la bénédiction sur celle-ci, ils en viennent à renouveler également leur propre âme et à la purifier de la souillure provoquée par le péché d’Adam.

Ainsi donc, cette mitsva a été donnée aux enfants d’Israël en Egypte, car elle détient le pouvoir de renouveler l’âme et de la nettoyer de toutes ses impuretés, ce qui était alors nécessaire, étant donné qu’ils étaient plongés dans le 49e degré d’impureté (Zohar ’Hadach - début de Yitro).
De plus, du fait qu’ils se trouvaient à ce piètre niveau, ils devaient lever leur tête en direction du ciel, afin de se rappeler "qui a créé ceux-là" (Yéchayahou 40,26). D’où une raison supplémentaire à l’accomplissement de cette mitsva, à ce moment-là.

Le jour de Roch ’Hodech est propice au pardon des fautes, car Hachem l’assimile aux 6 jours de la Création, durant lesquels le monde était encore nouveau et dépourvu de tout péché. C’est la raison pour laquelle le peuple juif recevra plus tard la mitsva d’apporter un bouc en sacrifice expiatoire le premier du mois.

-> Le rav David Pinto (La voie de à suivre - n°1067 [année 2019]) écrit :
Hachem dit à Moché : "Ce mois-ci est pour vous le commencement des mois".
Les mots Roch 'Hodech peuvent être interprétés dans le sens de roch mé'houdach, une tête renouvelée, exempte de toute faute, un nouveau départ spirituel. Car, de même que la lune se renouvelle chaque mois, l’homme doit renouveler son esprit et sa manière de réfléchir et les nettoyer de toute impureté qui se serait attachée à eux.
Il lui incombe de procéder mensuellement à un examen de conscience, d’examiner sa conduite et, s’il y trouve la moindre scorie, de la corriger immédiatement.
De cette manière, il méritera d’avoir une "nouvelle tête", toute propre pour servir correctement Hachem.

Si l’on réfléchit aux différentes phases de la lune, on notera qu’au début du mois, elle n’est pas encore visible, le lendemain, elle commence à apparaître faiblement, puis elle devient de plus en plus grande jusqu’à ce qu’on aperçoive finalement la pleine lune.
Le Créateur nous a donné la mitsva de sanctifier la nouvelle lune afin qu’on en déduise une leçon relative à notre service divin : il doit être progressif. Nous devons chaque jour avancer un peu dans notre ascension spirituelle, de sorte à parvenir, en fin de parcours, à la plénitude.

Tel est le profond secret de la mitsva de sanctification de la nouvelle lune. Hachem attend de l’homme, au moins une fois par mois, qu’il lève ses yeux vers le ciel pour contempler la lune et méditer sur son renouvellement.
Il y puisera une leçon édifiante quant à son devoir de progresser sans cesse en Torah et en crainte de D. afin de parfaire son âme.
Quiconque met à profit cette opportunité mensuelle de prendre exemple de la lune peut être assuré qu’il jouira d’un renouvellement et d’une purification de son esprit.
A l’instar de la lune, il s’efforcera de se renouveler dans son service divin, et l’esprit dépourvu de toute souillure s’y vouera avec un élan de pureté revigoré.

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-> "Ce mois-ci est pour vous le premier des mois"

Un jour, on a demandé à un certain Sage comment le mois de Nissan avait mérité d’être le premier mois de l’année.
Il répondit : Parce qu’il contient beaucoup de tracas et d’ennuis, les durs travaux du nettoyage de Pessa’h.
Par conséquent, il semble que le mois de Nissan fasse souffrir Israël, et les Sages (guémara Guitin 56b) ont dit : "Quiconque fait souffrir Israël devient le premier".
[rapporté dans "La voie de à suivre" (n°244) du rav David Pinto]

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-> Selon rabbénou Tam, en Tichri Hachem a créé le monde en théorie, tandis qu'en Nissan, il a mis Ses "pensées" en pratique et a créé le monde dans la réalité.

=> Si le monde a été concrètement créé en Nissan, pourquoi le jour du jugement des Créatures a lieu en Tichri?

Le Ginzé Israël (rabbi Israël Friedman) répond :
De même que Hachem a créé par la pensée l'homme au mois de Tichri, il nous juge en Tichri, car dans Son infinie miséricorde, bonté, Il nous juge en fonction de notre état du moment. Ainsi, Il accepte de nous juger en y incluant nos pensées et nos bonnes intentions au moment du Jugement, en les comptant à notre actif alors même que nous n'avons encore rien fait concrètement.

[les 6 jours de la Création ont commencé le 25 Elloul, pour se terminer le 1er Tichri avec la Création de l'Homme.
C'est véritablement le jour de la Création du monde, car la raison de toute création antérieure ne l'a été que pour la venue de l'homme (et en particulier celle du peuple juif).]

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+ "Chacun des jours du mois de Nissan ont la sainteté de Roch 'Hodech."
[Chla haKadoch]

-> Les 30 jours de Nissan, chacun correspondant à un Roch 'Hodech, représentent 30 mois, soit 2 ans et demi.

Beit Chamaï et Beit Hillel ont débattu pendant 2 ans et demi pour savoir s'il aurait mieux valu que l'homme soit créé ou pas (guémara Erouvin 13b).

Les Tossafot disent que si c'est un tsadik, alors il évident que c'est mieux qu'il ait été créé.
Or, il est écrit : "koulanou tsadikim" = les membres de la nation choisie par D. sont tous des tsadikim.

Hachem a choisi la nation juive au mois de Nissan, et c'est considéré comme le commencement du monde, car c'est à ce moment que la Création du monde s'en est trouvée justifiée. (tous les juifs étant alors des tsadikim)

=> Ainsi, les "2 ans et demi" (30 jours) du mois de Nissan, font allusion à cette dispute entre Beit Chamaï et Beit Hillel.

['Hatam Sofer]

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-> "Moché montra la nouvelle lune à Israël et lui dit : Lorsque vous la verrez ainsi, fixez le nouveau mois pour toutes vos générations" [c'est-à-dire que la sanctification des mois dépend du peuple juif].
[Mékhilta - Bo 12,2]

-> "Voici les moments fixés (moadé) de Hachem que vous désignerez comme convocations saintes" (Emor 23,37)

Le midrach (Yalkout Chimoni Chémot 191) commente :
"Si vous les désignez, elles seront Mes convocations saintes. Et sinon, elles ne seront pas Mes convocations. [...]
Les Anges de service se rassemblent devant Hachem et Lui demandent : "Maître du monde! Quand tombe Roch Hachana?"
Il leur répond : "Est-ce donc à Moi que vous posez la question? Moi et vous devons aller la poser au Tribunal d'en bas!" [cela dépendra de sa déclaration]"

-> Selon le Saba de Slabodka (Ohr haTsafoun), c'est ainsi que lorsqu'une date est fixée ici-bas, même D., si l'on peut dire, ne peut rien y changer, avec toutes les conséquences que cela peut avoir!

Nos Sages (Mékhilta - Bo) disent qu'Adam, le premier des hommes, comptait le temps en fonction du cycle solaire, et que tous les Patriarches agirent de même.
Or voilà que dans ces versets, la Torah ordonne aux juifs de bouleverser tous les calculs antérieurs et d’entamer un nouveau mode de comptage. Désormais la fixation des mois dépend de la décision des hommes.
En effet, dès que le Beit Din proclame : "Sanctifié! Sanctifié!", le nouveau mois débute, même si la date ne correspond pas avec la nouvelle lune.
Ce pouvoir est attribué aux hommes, même s'ils devaient commettre une aberration exprès ou par méprise.

De plus, le Beit Din est également en mesure de déclarer une année embolismique (13 mois au lieu de 12), modifiant alors tout le calendrier.
D'ailleurs, le Yalkout Léka'h Tov (rav Beifuss) enseigne que cette déclaration va en réalité plus loin.
Par exemple, lorsque le Beit Din décide d'ajouter un mois supplémentaire à l'année, cela va entraîner que la puberté de tous les jeunes gens [en âge d'être bar mitsva] va être repoussée d'un mois entier.

=> La mitsva de sanctification du nouveau mois nous permet de se rendre compte à quel point Hachem nous a "cédé" certains de Ses pouvoirs.
Non seulement nous avons une partie divine en nous (l'âme), mais en plus nous avons une capacité à faire des actions qui ont des conséquences digne de D.

Cette prise de conscience du fait que Hachem a mis en nous des capacités phénoménales, doit renouveler notre motivation et notre fraîcheur à les exploiter au mieux, avec responsabilité.
Le 'Hidouché haRim enseigne que la mitsva de sanctifier le mois, peut être comprise comme la capacité que donne D. aux juifs de créer de la nouveauté et de la fraîcheur dans leur vie ((it'hadchout - התחדשות).

[Il est intéressant de constater que le peuple juif décide des dates des moadim (fêtes), mais cependant le Shabbath reste fixe tous les 7 jours depuis la Création.
Cela symbolise bien le fait que Hachem est et restera toujours Le Maître absolu sur tout, même s'il peut nous donnant beaucoup de pouvoirs divins.]

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+ La sanctification de la lune :

-> Rabbi Yo'hanan dit : Prononcer la bénédiction sur la lune est semblable à accueillir la face de la Ché'hina (Présence Divine).
[guémara Sanhédrin 42a]

-> "En sanctifiant la nouvelle lune au début de chaque mois, le peuple juif témoigne que D. renouvelle sans cesse le monde."
[Rabbénou Bé'hayé]

-> Le peuple juif compte ses mois en se basant sur la lune, qui règne de jour comme de nuit.
Cela fait allusion au fait que les juifs mériteront à la fois ce monde-ci (la "nuit", où Hachem n'est pas clairement visible) et le monde à venir (le "jour").
Le peuple juif parvient à voir Hachem même dans l'obscurité de ce monde.
[midrach Béréchit rabba 6,3]

[à l'image de la lune qui va alterner entre une phase pleine, et une phase d'absence, le peuple juif est éternel, avec des périodes "agréables" et d'autres plus difficiles.
De même au niveau individuel, nous avons des périodes d'obscurité, où il peut nous sembler que D. n'est plus là pour gérer le monde, à l'image des moments où la lune n'est pas visible, comme absente.

Nous sanctifions la lune dans sa période de développement, comme pour pleinement remercier Hachem de sans cesse renouveler nos forces individuelles et collectives.
Nous réveillons également notre conscience au fait que de même la lune est toujours là, de même Hachem est toujours présent à nos côtés, même lorsque nous ne le voyons plus!]

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-> Le Maharil ne récitait pas la bénédiction sur la lune (kiddouch haLévana) lorsqu'un yom tov tombait à la sortie de Shabbath.
Pourquoi cela?

Car lorsque l'on récite cette bénédiction, nous recevons la présence divine, et c'est comme si on allait au Ciel.
Or, puisqu'à Yom Tov (comme durant Shabbath), nous n'avons pas le droit de sortir du té'houm (la limite de 2000 ama, après la dernière habitation), il ne récitait pas la bénédiction sur la lune, puisque aller au Ciel est une distance supérieure au té'houm.

[la halakha ne suit pas son avis, et il est possible de dire la birkat halévana à yom tov]

[le Taz - Ora'h 'Haïm 426,1]

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-> On ne doit pas dire la birkat halévana sous un toit, mais directement sous le ciel.
En effet, puisque réciter cette bénédiction est équivalent à accueillir la présence divine, il n'est pas respectueux de se tenir sous un toit, mais on doit être à l'extérieur à l'image d'une personne allant à la rencontre d'un roi mortel.
[Michna Broura 426,1]

-> Un des textes que nous lisons après la Birkat haLévana est :
"On enseigne dans le Beit midrach de Rabbi Ichmaël : Si les juifs avaient uniquement reçu le mérite de recevoir la face de leur Père qui est dans les cieux une fois par mois, cela leur aurait suffi".
=> Cela signifie que ce grand mérite de sanctifier la nouvelle lune, aurait suffi à légitimer l’existence du peuple d’Israël durant toute l’histoire.

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-> Chaque fois que la lune retrouve le soleil, chaque fois qu'elle reçoit de nouveaux rayons de lumière, Hachem veut que Son peuple le retrouve et soit illuminé par de nouveaux rayons de Sa lumière, quels que soient le lieu et la manière dont ils ont dû traverser des périodes d'obscurité et de ténèbres au cours de leur vie.
La lune, qui se retrouve en conjonction avec le soleil, est un modèle pour nous retrouver avec Hachem ; le rajeunissement de la lune est une image de notre propre rajeunissement (spirituel) et une incitation à le faire.
[rabbi Shimshon Raphael Hirsch ]

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-> Selon nos Sages (guémara Erouvin 65a) : "La lune a été créée pour permettre aux hommes de réviser leur étude de la Torah [à sa lumière]."

-> Nos Sages (Pessikta Rabbati 11) enseignent : "Le peuple juif est comparé au sable, à la terre et aux étoiles. Pourquoi est-il comparé aux étoiles? Parce que, de même que les étoiles n'ont d'influence que la nuit, le peuple juif n'acquiert la maîtrise de la Torah que pendant la nuit."

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-> "Les nations du monde construisent leur calendrier autour du soleil, tandis que les juifs se basent sur la lune.

Les non-juifs peuvent survivre tant que la lumière brille sur eux, mais dès qu'ils rencontrent l'obscurité, ils meurent et disparaissent de l'Histoire.
Cependant, à l'image de la lune qui brille même pendant l'obscurité de la nuit, les juifs survivent et diffusent de la lumière dans l'obscurité."
[Sfat Emet]

-> Le rav Eliyahou Lopian dit : les véritables Bné Torah vivent une vie de simplicité matérielle. Leur maison manque beaucoup de luxes et de nécessités, dont leur entourage ne peut pas se passer.
[On pourrait en venir à penser qu'ils vivent dans l'obscurité absolue]
En réalité, ces gens pleinement dévoués à la Torah ressentent une réelle satisfaction, et aucune privation.

[la lune n'a pas de lumière propre, elle ne fait que refléter celle du soleil.
En sanctifiant la lune, nous exprimons la réalité qu'à l'image de la lune, nous n'avons d'existence que grâce aux forces de vie, que Hachem nous envoie.
Toute personne, toute espèce vivante, s'éteint à la seconde même où D. le décide.

Un juif n'a pas de plus grand joie que de se lier à Son Créateur par la Torah, les bonnes actions.
Le fait d'être trop plongé dans la matérialité, agit comme des nuages cachant la lune, cela créé une distanciation, des séparations avec D.

Crées à l'image de Hachem, nous nous devons de travailler à illuminer l'obscurité de ce monde, à l'image du soleil avec la lune (ex: un sourire, des paroles de émouna, être exemplaire selon la volonté de D., ...).]

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-> Moché ne comprenait pas pourquoi il fallait sanctifier le mois précisément au moment de la renaissance de la lune, alors qu'elle était la plus diminuée en taille.
[la majorité des autres nations fixent leur temps en fonction du soleil qui est constamment grand, alors que les juifs se basent sur la lune]
Hachem montra "de Son doigt" la lune dans le ciel, au moment de son renouvellement, alors qu'elle était toute petite et restreinte, puis lui dit : "Lorsque tu la verras ainsi, sanctifie-la" = ainsi, l'homme comprendra qu'il ne pourra se sanctifier réellement que lorsqu'il atteindra l'authentique humilité à la manière de la lune qui sera sanctifiée au moment où elle sera réduite au minimum.

-> Rabbi Moché de Sambour (Téfila léMoché) enseigne :
Selon nos Sages (guémara Kidouchin 40a) : "Hachem considère une bonne pensée comme une bonne action".
On peut expliquer cette enseignement ainsi : une bonne pensée est le point de départ à toute action. Elle éveille l'homme à l'intégrité et le pousse à en atteindre l'objectif ultime : accomplir la volonté d'Hachem.
Cette pensée est pure et authentique, sans défaut. Ce n'est qu'ensuite, lorsque l'homme souhaite passer à l'action, et accomplir la mitsva, que le mauvais penchant s'introduit dans ses pensées.
Il cherche alors à faire en sorte que cette mitsva ne soit plus désintéressée et que son acte soit imparfait.
Mais Hachem dans Sa grande miséricorde et dans Sa grande bonté considère cette pensée initiale aspirant à la perfection comme la concrétisation de son acte. Pour Lui, c'est comme si l'homme avait accompli sa mitsva de façon parfaite.

Lorsqu'Hachem montre la lune du doigt à Moché et lui dit : "Lorsque tu la vois ainsi, sanctifie-la" (Rachi - Bo 12,2), Hachem fait une allusion à Moché : "C'est parce qu'au début du mois, la lune est "ainsi" (toute petite), parce qu'elle est réduite au minimum, que lorsque tu la verras, tu la sanctifieras. C'est précisément celle-ci qu'Israël devra sanctifier."

=> Il en est de même dans le service Divin. La volonté intérieure du juif est pure. Il souhaite plus que tout au monde accomplir la volonté d'Hachem.
Toutefois, la première pensée, bien qu'elle soit de toute intégrité, reste bien petite, voire insignifiante face à l'acte concrétisé. Tel est le sens des paroles d'Hachem à Moché au sujet du renouvellement de la lune.
De la même façon qu'Israël sanctifie le renouvellement de la lune qui est alors un petit point insignifiant, il en est de même dans les cieux : Hachem sanctifie le petit point, comparable à la première pensée par laquelle l'homme est poussée à accomplir Sa volonté de façon parfaite.

Et puisque l'homme accomplit ensuite concrètement la mitsva, même si "le levain qui se trouve dans la pâte" (le mauvais penchant) souhaite détériorer cette mitsva, tout va d'après le commencement, c'est-à-dire d'après la première pensée pure, parfait et intègre.
Ainsi la mitsva, ou la bonne action de l'homme, sera également considérée comme parfaite et intègre, car Hachem dans Sa grande miséricorde et dans Sa grande bonté fait équivaloir une pensée positive à un acte.
[d'après le rav Pin'has Friedman - Shvilei Pinhas]

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"Ce mois-ci [Nissan] sera pour vous le commencement des mois, il sera pour vous le 1er des mois de l'année" (Bo 12,2)

=> Est-ce que les juifs réalisaient la mitsva de sanctifier la lune dans le désert?

-> Rabbénou 'Hananel explique que dans le désert les juifs étaient entourés par les Nuées de Gloire (Anané haKavod), entraînant qu'ils ne pouvaient voir ni la lune, ni le soleil. C'est pourquoi, ils sanctifiaient le nouveau mois, non pas en se basant sur des témoignages de témoins, mais plutôt sur le calcul de quand cela va se produire, comme nous le faisons de nos jours.

La guémara (Baba batra 75a) rapporte que les Anciens du peuple se sont attristés car ils ont remarqué que le visage de Moché étaient comparable au soleil, et celui de Yéhochoua à la lune.
Cela témoignait de la différence de niveaux entre eux 2, et les Anciens se sont attristés à l'idée de ne pas avoir pu profiter davantage de l'incroyable grandeur de Moché, pour encore plus s'élever spirituellement.

Le rav Yonathan Eibschutz fait remarquer que si c'est uniquement les Anciens qui ont pu faire cette comparaison, c'est parce qu'après 40 années dans le désert sans pouvoir observer la lune et le soleil, c'était les seuls qui pouvaient véritablement se rappeler à quoi cela ressemblaient (lune, soleil)!

Pourquoi parle-t-on des Anciens de cette génération et pas aussi des jeunes?
Le rav Eibschutz (Yaarot Dvach 2,4) cite les séfarim des Richonim selon lesquels le peuple juif ne vit pas le soleil et la lune pendant les 40 ans du désert, du fait des nuées de gloire diurnes et de la colonne de feu la nuit. Ainsi, ceux qui sont nés dans le désert n’ont jamais vu le soleil et la lune et ne savaient donc pas comment faire la distinction entre les deux. Par conséquent, ce sont les Anciens qui firent cette déclaration.
Une autre réponse donnée est que les anciens connurent Moché et Yéochoua toute leur vie, contrairement à ceux qui étaient plus jeunes. En conséquence, eux seuls pouvaient faire une telle remarque.

-> Le rav Aharon Leib Steinman est d'avis que les Nuées étaient par nature des réalités spirituelles, et non physiques.
Le 'Hazon Ich maintient également qu'il était tout à fait possible de voir le soleil et la lune au travers des Nuées. Cependant, de même que nous ne pouvons pas faire le kidouch haLévana si l'on regarde une lune voilée par des nuages, de même dans le désert ils ne pouvaient pas sanctifier la lune en la regardant au travers des Nuées.

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-> b'h, également sur le kidouch ha'hodech : https://todahm.com/2013/03/17/38811

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-> Le kiddouch lévana : ce sera une ségoula pour qu'un homme trouve l'épouse que le Ciel lui destine.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - mariage]

"Hachem dit à Moché : Viens chez Pharaon (bo él Pharaon - בֹּא אֶל-פַּרְעֹה)" (Bo 10,1)

-> Viens chez Pharaon : Si l'on va littéralement dans le mot : Pharaon (פַּרְעֹה), on a :
- la lettre pé qui s'écrit pleinement : פה, et sa lettre interne est le : ה ;
- la lettre réch s'écrit en totalité : ריש, avec en intérieur : יש ;
- la lettre ayïn s'écrit pleinement : עין, avec intérieurement : ין ;
- la lettre hé s'écrit en totalité : הא, avec à l'intérieur : א.

Lorsque l'on va à l'intérieur du mot (dans) : Pharaon, on obtient les lettres : ה ; יש ; ין et א, qui ont une guématria totale de : 376.
C'est la même que : Essav (עשו), c'est-à-dire : Edom, qui est le dernier exil. ["Essav, c’est Edom" - Vayichla'h 36,1]

=> Cela fait allusion au fait que nous serons délivrés de l'exil d'Edom par ces mêmes plaies.

Littéralement les mots : בֹּא אֶל-פַּרְעֹה (Viens chez Pharaon) signifient : בֹּא (guématria de 3) chez פַּרְעֹה (valeur de 355), soit : 358, qui est celle de : machia'h (משיח).

[le Gaon de Vilna]

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-> "Hachem dit à Moché : Viens chez Pharaon"

Le rabbi Mendel de Kotzk enseigne que Hachem ne dit pas à Moché : "Va chez Pharaon", car on ne peut jamais s’éloigner du Créateur, Sa gloire emplissant le monde entier.
C’est pourquoi Il lui dit : "Viens chez Pharaon", sous-entendu : "Viens avec Moi chez Pharaon, car Je suis à tes côtés en tout lieu où tu te rends."

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-> La phrase "Viens chez Pharaon" sous-entend : "Allons-y, Moi et toi".
Pourquoi Hachem devait-Il accompagner Moché?
Parce que ce dernier ne voulait plus se rendre chez Pharaon : il s'était tellement sanctifié avec la 7e plaie que ses yeux ne supportaient plus de voir la face d’un racha.
[Zohar - 2e partie, 34a]

-> Le rav David Pinto commente :
Hachem signifiait par cela à Moché : "J'entrerai en premier chez lui et Je supprimerai l'écorce qui l'entoure. Alors, vous pourrez entrer à votre tour sans aucune crainte."
Il est fait allusion à cette idée dans le mot "Bo" (בֹּא) : la lettre "beit" (ב - de valeur
numérique deux) est une allusion à Moché et Aharon, et le "aleph" (א - de valeur numérique un) est une allusion au Maître du monde, à l'Unique (Hachem).
[...]
Selon la guémara (Kidouchin 30b) : "Le yétser ara cherche chaque jour à nous vaincre et à nous tuer, et sans l’aide de Hachem, nous ne pourrions pas le vaincre".
[Pharaon symbolise le yétser ara] ...
Hachem a créé le yétser ara pour qu'il nous importune : de notre côté, nous devons nous éveiller et nous battre contre lui.
En voyant cela, Hachem renforce le yétser ara pour qu'il continue à nous contrarier.
Mais si nous ne cessons pas de lutter et de nous opposer à lui, Hachem nous devance et détruit l'écorce du yétser ara.
En conséquence de l'apparition de la Présence Divine, nous recevons des forces de sainteté exactement au moment où l'écorce se soumet.

["Viens chez Pharaon" = si tu fais l'effort de lutter contre ton yétser ara, alors Hachem vient avec toi et anéantit le yétser ara.
Ceci permet à Hachem de nous donner le meilleur sans que cela le soit gratuitement ("pain de la honte"), mais basé sur ce que nous avons pu faire. (la joie est totale car nous avons l'impression de le mériter, même si en réalité sans D. nous en pouvons rien!)]

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-> "Hachem dit à Moché : Viens chez Pharaon" (bo él Pharaon - בֹּא אֶל-פַּרְעֹה)"

Le Noam Elimélé'h explique que : "bo" signifie aller d'une façon répétée, tandis que "lé'h" (לך) signifie y aller qu'une seule fois.
Hachem demande à Moché d'aller souvent chez Pharaon.
Pourquoi cela?

Pharaon représente le yétser ara.
Or, il est marqué : "Viens chez Pharaon car j'ai endurci son cœur".
Nous devons tous les jours se parler à soi-même des paroles de émouna, de crainte d'Hachem, ... et alors avec le temps elles vont finir par entrer dans les profondeurs de notre être, de notre cœur.
[et alors Pharaon laissera partir les Bné Israël = notre yétser ara nous laissera plus facilement faire la volonté de D.]

Nos Sages disent qu'il ne suffit pas de mettre les téfilin sur la tête, mais nous devons également internaliser le message que les téfilin nous enseignent.
Par exemple, les téfilin doivent nous rappeler tous les jours, encore et encore, que c'est Hachem qui nous a fait sortir d'Egypte, qu'Il peut absolument tout faire, que rien ne se passe sans un décret de Sa part ...
Au fur et à mesure, nous ne mettons plus les téfilin sur la tête, mais bien dans la tête!

-> Le Baal haTanya fait remarquer que dans la 1ere phrase du Shéma, le mot : "é'had" (אחד) a un dalét (ד) qui est écrit en grand. Cela ressemble à un marteau, allusion à l'idée qu'il faut marteler tous les jours ces notions de l'Unicité d'Hachem, pour que cela pénètre vraiment en nous.

-> "éémanti ki adaber" (J’ai de la émouna car je parle – Téhilim 116,10)
Le rav Lévovitz explique que le fait de parler de la émouna amène sur nous de la émouna.

"Pourquoi est-ce que nous remercions Hachem d'avoir entraîné les égyptiens à nous haïr?

La réponse est que lorsque nous essayons de nous assimiler, comme les juifs l'ont fait en Egypte, alors Hachem s'assure que nous ne soyons pas acceptés (par eux)"

[Beit haLévi - Rabbi Yossef Dov haLévi Soloveitchik]

Les chiens & l’Egypte

"Quant aux enfants d'Israël, pas un chien n'aboiera contre eux" (Bo 11,7)

-> "Selon nos Sages (guémara Baba Kama 60b) : "Lorsque le prophète Eliyahou arrive dans une ville, les chiens se mettent à jouer gaiement, mais quand vient l’ange de la mort, ils poussent des cris plaintifs".

Durant cette nuit en Egypte, la guéoula des juifs se déroula en même temps que la mort des premiers-nés égyptiens, ce qui a entraîné que les chiens étaient confus.
[devaient-ils être heureux de la présence de Eliyahou haNavi ou bien triste par celle de l'ange de la mort?]

En résultat de cela : "pas un chien n'aboiera" (11,7) = tous les chiens en Egypte ont gardé leur bouche fermée"

[Rabbi Aharon Yaakov Greenberg - Itouré Torah]

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-> Le 'Hatam Sofer explique que durant la nuit de Pessa'h, les chiens virent 2 choses simultanément : d'un côté, la destruction qui vint frapper l'Egypte, comme il est écrit : "Et Il ne laissera pas le destructeur entrer dans vos maisons pour frapper" (Bo 12,23). Les chiens qui virent l'ange de la mort auraient dû aboyer.
Mais d'un autre côté, Hachem descendit en Personne, comme il est dit : "Moi et non un ange ... Moi et non un envoyé ... Je suis Hachem ... et non un autre" (Ramban - Bo 12).
Lorsque Hachem descendit, Il était accompagné par 9 000 myriades d'anges, avec évidemment parmi eux, Eliyahou haNavi.

A ce moment précis, les chiens se retrouvèrent dans une confusion totale car d'un côté, ils devaient aboyer, mais de l'autre, ils devaient se réjouir ; alors que firent-ils?
Finalement, ils se turent et restèrent silencieux.

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-> Rabbi David Feinstein est d'avis que c’est une preuve que seul Hachem est intervenu en cette nuit (ni l'Ange de la mort, ni Eliyahou haNavi n'étant présent).

-> Diverses statues d'animaux surplombaient les portes de la capitale égyptienne.
Ces statues possédaient des pouvoirs magiques : si un esclave tentait de s'enfuir, l'animal émettait des sons qui ameutaient les gardes, et était imité des voix de tous les animaux de la même espèce.
Hachem avait prévu le départ des juifs par la porte surmontée des statues de chiens. Bien que ces bêtes fassent généralement davantage de bruit que les autres animaux, ils allaient rester totalement silencieux cette nuit-là.

Moché dit au nom de D. : "Contre les juifs, pas un chien n'aboiera, qu'il soit homme ou bête" (v.11,7) = Que le chien fût né d'un animal, ou qu'il fût taillé dans la pierre par un homme et doté de pouvoirs magiques, il allait demeurer silencieux.
Bien que la voix de ces chiens [dotés de pouvoirs magiques] s'entendit habituellement à des centaines de kilomètres, ces chiens allaient rester muets cette nuit-là.

Selon d'autres, les "chiens" mentionnés dans ce verset font allusion aux égyptiens eux-mêmes. Ils méritaient ce qualificatif pour s'être moqués de Moché et avoir eu l'audace de le chasser après son entrevue avec Pharaon.
Moché leur dit : "Pas un de vous, espèces de chiens, n'osera élever la voix contre un juif, homme ou bête" ...
Moché s'adressait à "l'homme et à la bête", aux chiens pourvus de 4 pattes comme à ceux munis de 2 pieds. En effet, comme Hachem avait totalement soumis l'Egypte au pouvoir de Moché, ce dernier n'eut aucune crainte à les qualifier de chiens.
[Méam Loez - Bo 11,6-7]

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b'h, voir également :
- https://todahm.com/2017/02/19/41349
- De la gratitude : même envers les animaux : https://todahm.com/2015/02/16/de-la-gratitude-meme-envers-les-animaux

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-> Dans le livre Chem Michimon sur le Pérek Chira, l'auteur demande : pourquoi Rabbi Yéchaya s'étonna-t-il précisément du chant du chien et non pas de celui du serpent, qui nous fit fauter et engendra la mort dans le monde?

Il cite un commentaire inédit au nom du Mabit.
Dans les Pirké Dérabbi Éliézer (chap.11), il est rapporté qu'après que D. créa Adam Harichone et lui insuffla un souffle de vie en lui octroyant une âme, la taille de l'homme était d'un bout du monde à l'autre. Les créatures le voyaient et le craignaient, ils pensaient qu'il était leur créateur et tous se prosternaient devant lui.

Adam leur disait : « Vous vous prosternez devant moi ? Venez avec moi, vêtissons-nous honorablement pour faire régner notre Créateur, comme le fait un peuple à l'égard de son roi. »
Adam partit et fit régner D., lui et toutes les créatures à sa suite.
Ils s'exclamèrent : « L'Éternel règne, de majesté Il est revêtu.

Le Mabit nous révèle que tous se prosternèrent excepté le chien.

Soudain, Rabbi Yéchaya entendit que les chiens, qui n'avaient pas entonné de chant depuis la création du monde, commencèrent à chanter. Que dirent-ils ? « Allons ! Prosternons-nous, inclinons-nous, agenouillons-nous devant l'Éternel, qui nous a créés. »

Comment est-ce possible ? Les chiens sont effrontés, pendant deux mille quatre cent quatre-vingts ans, ils n'ouvrirent pas leur gueule et soudainement, ils se souvinrent du Créateur du monde ? Que se passa-t-il ?

L'ange dit à Rabbi Yéchaya : depuis 'Habakouk Hanavi, D. ne délivra pas ce secret ! Je te le dévoile : les chiens reconnurent D. depuis le jour où ils sortirent d'Égypte, quand D. leur ordonna de ne pas aboyer cette nuit-là.

S'ils n'avaient pas reconnu D., ils auraient dit : "Nous ne sommes pas prêts à recevoir des instructions, personne ne nous commande ... "
Mais les chiens reconnurent la présence du Créateur, ils se soumirent et se turent.

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-> Le Sifté Cohen nous apporte un merveilleux enseignement (au début de la Parachat Chémot) : avant l'esclavage, l'Égypte était complètement ouverte.
Chacun pouvait y entrer et y sortir à sa guise. C'est ce à quoi fait allusion le mot « Mitsraima»: le « Mem» est ouvert au début et à la fin du mot.
Mais dès que l'esclavage débuta, le mouvement devint à sens unique. On pouvait y entrer, mais pas en sortir, car les portes de l'Égypte étaient scellées par des sorcelleries, pour que personne ne s'évade. C'est l'allusion du mot « Mitsraïm » : le « Mem » est ouvert au début, mais fermé à la fin.
Comment cela marchait concrètement?

Les égyptiens créèrent, par un tour de magie, des formes d'homme et d'animaux qui étaient gravées dans les dix portes de l'Égypte. Au premier portail était dessinée la forme d'un cheval, au deuxième celle d'un âne, au troisième celle d'un chien. Il y avait aussi le dessin d'un chien, d'un lion, d'un agneau, d'un taureau, d'un chameau, d'un mulet, accompagnés d'une forme d'être humain. Si quelqu'un s'échappait, l'animal qui se tenait au portail se mettait à crier. Ainsi, tous les animaux de la même espèce se mettaient à crier. Ils repéraient quelle porte le fuyard avait empruntée et ils pouvaient ainsi le poursuivre.

Mais lorsque les Bné Israël sortirent d'Égypte, D. indiqua à Moché de sortir précisément par la porte où apparaissait la forme du chien, pour montrer les prodiges de D. et diffuser le miracle : que même le chien, le plus éhonté des animaux, est soumis à D., qui domine toutes les forces du monde. D. fit comprendre à Pharaon : Je vais t'infliger une plaie, mais pas seulement à toi, même à tes chiens en lesquels tu croyais tant. Je t'avertis par quelle porte les enfants d'Israël sortiront et à quel moment. Tu t'apercevras que les chiens seront muets de stupeur et ne pourront rien faire, comme il est écrit (11; 7) : « Quant aux enfants d'Israël, pas un chien n'aboiera contre eux » : depuis la forme de l'homme dessinée sur chaque portique jusqu'aux diverses espèces d'animaux apparaissant aussi sur les portails.

Pourquoi les chiens n'aboyèrent-ils pas?

Rabbénou Béhayé rapporte un commentaire selon la Torah ésotérique.
Le chien est un animal matériel, motivé par un pouvoir destructeur, force qui n'est jamais assouvie. Lorsque le cadavre d'un animal ou la chair d'un animal impropre à la consommation se détériore, la Torah ordonne de les donner au chien.

Lors de la plaie des aînés, l'attribut de justice était en vigueur et tous les premiers-nés périrent. Puisque le pouvoir destructeur provient de l'attribut de justice, les chiens crièrent lors de la deuxième garde de la nuit. C'est ce que nous enseigne le Talmud (Bérakhot 3a) que lors de la deuxième garde de la nuit, les chiens crièrent, car ils virent l'ange de la mort arriver sur l'Égypte. Nos Sages (Baba Kama 60a) nous dévoilent que lorsque les chiens aboient, c'est l'ange de la mort qui arrive dans cette ville !

Le trait de caractère des chiens est donc la justice et s'ils aboient lors de la deuxième partie de la nuit, cela nous apprend que l'attribut de justice est en vigueur à ce moment-là.

Le grand miracle fut qu'ils aboyèrent aux visages des Egyptiens, mais non à ceux des enfants d'Israël. C'est ce que dit le verset (id.) : « Quant aux enfants d'Israël, pas un chien ne remuera la langue.... afin que vous reconnaissiez combien l'Éternel distingue entre Mitsraim et Israël. » À cet instant, les Égyptiens furent très sévèrement jugés et les chiens aboyèrent vis-à-vis d'eux alors que les enfants d'Israël firent l'objet de miséricorde. C'est pour cela que les chiens se tinrent muets de stupeur lorsqu'ils franchirent le portique.

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=> Posséder un chien dans une maison est-il bien ou néfaste ?

-> La guémara (Shabbat 63a) contient des paroles caustiques envers celui qui possède un chien. Il affirme que celui qui élève un chien chez lui empêche la bonté de résider dans sa demeure... Rav Na'hman au nom de Rav Its'hak dit qu'il enlève aussi la Crainte du Ciel.

Pourquoi élever un chien est-il une entrave à la générosité? Comment cela retire-t-il aussi la Crainte du Ciel?

Le Maharal dans son livre Nétivot Olam (Nétiv Ha'hessed 85) nous enseigne un principe fondamental. Toutes les créatures détiennent du bien et de la bonté, excepté le chien qui n'a rien de bon. C'est l'essence du chien et en particulier s'il s'agit d'un chien méchant. Celui qui possède une telle créature dans sa demeure et lui donne une place fait fuir la bonté de son foyer.

Il n'y a plus de Crainte du Ciel, car le chien, qui est foncièrement mauvais, n'est pas considéré comme une partie intégrante du monde.
Hachem est la cause de tout et de ce fait, la Crainte du Ciel s'étend sur tout l'univers... Mais le chien, éloigné du monde, qui entre dans une maison enlève la Crainte du Ciel qui s'y trouve.

C'est la raison pour laquelle le chien aime son maître, car il est sous sa direction et il n'est pas soumis au monde que D. dirige. Il affectionne son maître plus que tout et le suit partout. En élevant un chien chez soi, la Crainte du Ciel disparaît.

Le chien croit que ses moyens de subsistance proviennent de ses maîtres et non d'Hachem. Il se révolte ainsi contre D. en disant : "Je n'ai pas besoin de Toi, j'ai mon propre maître!" C'est un mauvais chien, il annihile de la maison de l'homme toute Crainte du Ciel, tout acte de générosité et toutes les bénédictions.

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+ La médisance :

-> Le "chien" fait allusion au péché de la médisance, selon l’affirmation : "Celui qui émet du lachon hara mérite d’être jeté aux chiens" (guémara Pessa’him 119a), parce que ses paroles sont assimilables à des aboiements.

-> Lorsque les juifs sont sortis d’Egypte, les chiens ont réussi à se contrôler en n’aboyant pas.
Hachem a donné à l’homme un intellect, et cependant il est incapable de se contrôler et de refuser d’écouter celui qui lui dit du lachon ara.
Il devient alors même inférieur à un chien.
[le Maharal – rapporté par le ‘Hafets ‘Haïm]

En ce sens, le Séfer 'Harédim (chap.33) enseignent que ceux qui disent du lachon ara sont souvent réincarnés en chiens, et pire encore, ils souffrent alors énormément du fait qu’ils se souviennent de leur réincarnation précédente en tant qu'être humain.

-> Le Pirké déRabbi Eliézer (chap.40,8) affirme qu'une des raisons pour lesquelles les juifs ont mérité d'être libérés d'Egypte est car : ils se sont écartés de toute médisance.
De même, le midrach (Vayikra rabba 32,5) rapporte que les juifs en Egypte n'ont pas dit de lachon ara sur autrui, et qu'ils ont résidé ensemble dans la paix.

=> "aucun chien n’a aiguisé sa langue" = puisque qu'aucun juif n'a aiguisé sa langue contre un autre juif, alors de même Hachem n'a pas aiguisé sa langue contre eux!

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+ La vérité :

-> "Contre tous les enfants d’Israël, aucun chien n’a aiguisé sa langue (לֹא יֶחֱרַץ-כֶּלֶב לְשֹׁנוֹ)" (Bo 11,7)

Le mot pour : "chien" (kélev - כֶּלֶב) peut également se lire : "comme le cœur" (ké lév).
Le verset peut alors se comprendre différemment : kélev léchono (כֶּלֶב לְשֹׁנוֹ) : "comme le cœur (était) la langue (léchono)".

Ce que les juifs ressentaient dans leur cœur était ce qu'il exprimait avec leur bouche.
Leur bouche et leur cœur étant unis dans l’honnêteté et ils étaient totalement attachés à la vérité.

C'est pour cette raison qu'ils ont mérité une protection supplémentaire et que tous les jugements difficiles ont été éliminés.

-> Le Déguel Ma'hané Ephraïn continue en disant que c'est l'application du principe suivant :
"Beaucoup des soucis qui arrivent sur quelqu'un sont dus au fait qu'il est ancré dans le mensonge et qu'il ne s'attache pas à la vérité.
En effet, les mots de sa bouche et son cœur ne sont pas en accord.

Une personne dont la bouche et le cœur sont en cohérence, aura la capacité d'annuler tous les jugements difficiles qui sont sur elle.
Ainsi, le fait de parler des paroles de vérité et de sincérité, a le pouvoir d'entraîner la disparition de ses soucis."

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+ La joie complète :

Au regard de l'énorme joie de sortir d'Egypte après un terrible esclavage, qu'est-ce que cela peut changer que les chiens n'ont pas aboyé?

-> Rabbi Zelig Pliskin répond que Hachem voulait que leur joie soit maximale, à 100%, avec aucune réduction (même minime) en raison de la peur d'entendre tous les chiens d'Egypte aboyer en même temps.

Nous devons apprendre de là que lorsque notre prochain est en train de vivre une occasion particulièrement joyeuse, nous devons faire attention à ne pas lui diminuer sa joie (ex: si un de ses enfants revient avec une super note, ne venons pas lui dire que la majorité de la classe a également eut une bonne note ; si quelqu'un est fier de son nouveau vêtement, ne lui disons pas qu'il aurait pu l'acheter moins cher ailleurs, ...).

-> "Le visage d'une personne est un lieu public (réchout harabim).
Nous devons faire attention à toujours montrer aux autres un visage heureux, car un visage triste entraîne une certaine transmission de cette tristesse à autrui. Or, nous n'avons pas le droit de causer de dommages (nézek) à une propriété publique."
[rabbi Yé'hiel Mordé'haï Gordon]

Les chiens nous apprennent qu'il faut faire attention à nos expressions externes (irritation, tristesse, ...), car cela a le pouvoir de se trasmettre chez nos frères juifs. (en voyant autrui triste, on peut en venir à rechercher dans notre vie des raisons justifiant de la tristesse, ... une spirale négative est enclenché!)
Sachant que nous devons aimer notre prochain, pourquoi leur transmettre de tels sentiments?

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+ La gratitude :

-> b'h, dvar Torah : https://todahm.com/2015/02/16/de-la-gratitude-meme-envers-les-animaux

"Afin que tu racontes aux oreilles de ton fils et du fils de ton fils que Je Me suis joué de l'Egypte" (Bo 10,2)

-> "Le terme : "afin que" (oulmaan - וּלְמַעַן) n'apparaît dans la Torah qu'à une seule autre reprise : "afin que vous prolongiez vos jours" (Ekev 11,9).

Chaque personne possède un nombre d'années de vie prédéfinies.
Cependant, même si quelqu'un a pu vivre une vie longue et bien remplie, s'il enseigne à ses enfants la Torah, alors Hachem lui prolonge sa vie (au-delà de ce qui était prévu initialement).

=> On peut allonger ses jours si l'on raconte de la Torah à ses enfants, et aux enfants de tes enfants.

[le Pardes Yossef - rabbi Yossef Patzanovsky]

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-> b'h, autre divré Torah sur ce verset : https://todahm.com/2018/01/01/5966-2

La 10e plaie : la mort des 1ers nés

+ La 10e plaie : la mort des 1ers nés :

-> Pour la 1ere fois, Hachem a communiqué avec Moché directement dans le palais de Pharaon.

Pour le placer au-dessus de l'espace souillé par l’idolâtrie, D. va élever Moché à une hauteur de 1 mètre (10 téfa'him).
[Daat Zékénim - Bo 11,1]

-> Hachem va réunir Son tribunal céleste, et la sentence décrétée sur tous les premiers-nés d'Egypte sera appliquée à minuit.
C'est D. Seul qui les punira, mais Il "demande conseil" à Son tribunal pour montrer l'importance de l'humilité.
[Rachi - Bo 12,29 ; midrach Chémot rabba 12,4]

-> Brusquement à minuit de la nuit du 15 Nissan, les ténèbres de la nuit se dissipent et l'Egypte toute entière s'illumine comme en plein jour, et ce pendant toute la durée de la plaie.
[Zohar haKadoch 37 - rapporté par le Or ha'Haïm]

Le tonnerre et les éclairs déchirent le ciel. [Rokéa'h]
Un gaz toxique pollue l'air, faisant de nombreuses victimes. [Abravanel]
[le Abarbanel (Bo 12,3) enseigne que la plaie des 1er nés a eu lieu par le fait qu'Hachem a amené un air pollué sur l'Egypte. L'air entré dans la bouche et les narines des 1er nés, et allait directement dans leur coeur, les tuant.
Dans la grande miséricorde d'Hachem, les 1er nés juifs qui avaient le sang du korban Pessa'h sur leur porte, n'ont pas été affectés par cette plaie.]

Un certains nombre de premiers-nés périssent, terrassés par ces bruits terrifiants [Rokéa'h], et d'autres sont frappés par le décret divin sans qu'aucune cause naturelle n'explique leur mort. [Targoum Yonathan]

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-> Tous les premiers nés égyptiens vont y mourir.

Le midrach haGadol rapporte que Moché en prévenant Pharaon, s'est tourné vers les ministres l'entourant et a dit : "Vous, cher monsieur, vous êtes un premier-né et vous allez mourir : je ne vous reverrai plus jamais! Vous, par contre, n'êtes pas premier-né, vous vous humilierez en venant m'implorer."

-> S'il n'y a pas de premier-né dans une maison, c'est la maître de maison qui mourra. [Ibn Ezra] ; ou l'enfant le plus âgé [midrach haGadol].

Les premiers-nés des animaux périssent également. [Baal haTourim]

Les femmes enceintes d'un premier-né accouchent d'un mort-né et périssent en même temps. [midrach Chémot rabba 17,5]

-> Tous les premiers-nés étrangers séjournant en Egypte sont également morts, afin que les égyptiens n'attribuent pas cette plaie aux divinités d'autres peuples. [Rachi - Bo 12,29]

[les premiers-nés égyptiens qui s'étaient sauvés d'Egypte par peur de la mise en garde de Moché, sont également morts]

-> La Mékhilta dit à propos de la plaie des bé'horot, que même les premiers-nés égyptiens qui n’étaient pas dans le pays mouraient où qu’ils soient. Même à des centaines de kilomètres, ils périssaient. De plus, les premiers-nés d’autres nations qui se trouvaient en Egypte à cette époque mouraient également.

-> Les seuls premiers-nés égyptiens à être épargnés sont ceux qui se sont convertis plus tôt dans la journée pour prendre part au sacrifice Pessa'h.
[midrach Chémot rabba 18,10 -> il rapporte également que tous ceux qui haïssaient Israël sont morts, même s'ils n'étaient pas des premiers-nés]

Pharaon est le seul 1er-né non méritant à rester en vie, car Hachem voulait qu'il soit témoin des différents miracles qui vont avoir lieu à la mer Rouge. [Mékhilta Bo 13]

Batya, la fille aînée de Pharaon a été épargnée par le mérite d'avoir sauvée Moché du Nil. Elle était une femme juste aux yeux de Hachem. [midrach Chémot rabba 18,3]

-> Chez les juifs, absolument personne ne va mourir (même ceux à l'agonie), pour ne pas laisser croire aux égyptiens que la plaie les affecte aussi.
[Haggadat haGra]

-> Le midrach haGadol précise que la notion de premier-né est à prendre au sens large : c'est le 1er enfant du père ou de la mère.
Dans un pays aux mœurs légères comme l'Egypte, cela faisait qu'un homme ou une femme pouvait avoir plusieurs enfants considérés comme premier-né (issus de relations cachées).

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-> La plaie des premiers-nés a frappé même les premiers-nés des servantes, bien qu’elles fussent elles aussi des servantes. Rachi (Bo 11,5) explique qu’elles se réjouissaient des souffrances des juifs et méritaient donc elles aussi de mourir.
Cela prouve que lorsqu’une personne se réjouit des mauvaises actions d’autrui, c’est comme si elle avait elle-même commis ces actes, et elle sera punie.
[rav Steinman ]

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-> Le Nétsiv (Bo 12,30) enseigne :
Les soldats de Pharaon n'ont pas été inclus dans la plaie des premiers-nés, puisque les membres de l'armée n'avaient pas de supériorité sur les autres en raison du fait d'être premier-né (à la différence des membres d'une famille qui vivent ensemble).
C'est pourquoi les premiers-nés servant dans l'armée n'avaient pas véritablement le statut de premiers-nés.
Les membres de l'armée de Pharaon seront tous punis plus tard, au moment de la mer Rouge.

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-> Rabbénou Yona (guémara Béra'hot 2b) nous rapporte :
Cette nuit les juifs ont prié d'être épargné de la plaie des premiers-nés.
Bien qu'ils avaient pu recevoir la promesse qu'Hachem passera au-dessus de leur maison, néanmoins ils avaient peur qu'ils aient pu commettre une faute dans l'intervalle, qui aurait conduit Hachem à revenir sur Sa promesse.
En se basant sur cette prière que nous avons dite en Egypte, nous disons également la prière de "Hachkivénou" chaque soir, demandant à Hachem de nous protéger des dangers.

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-> "Il y eut un grand cri en Egypte" (Bo 12,30)

Le rav Ovadia Yossef explique :
Le verset vient nous apprendre qu'il y avait beaucoup de cris en Egypte, et nous apprenons cela du verset "tout premier-né mourut".
Comme l'ont expliqué les Sages, même un aîné de père mourait.
Comme les égyptiennes trompaient leur mari et avaient des enfants d'hommes célibataires, ces enfants étaient des aînés de père. Donc il y avait beaucoup d'aînés dans chaque maison et ils sont tous morts.
Et comme dans la plaie des premiers-nés les maris ont compris que ces enfants qui muraient n'étaient pas les leurs, mais ceux d'un autre, des disputes éclataient à cause de la conduite des femmes égyptiennes.

C'est cela : "Il y eut un grand cri en Egypte" = il y avait une multitude de cris. Non seulement un cri à cause de la mort des fils, mais aussi des cris sur les femmes qui étaient infidèles à leur mari.

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-> Les égyptiens tenaient en grande estime les premiers-nés, et lorsque ce dernier mourrait, sa famille faisait sculpter une effigie du défunt ou une reproduction de son portrait sur les murs de sa maison. Puis tous dansaient et chantaient, comme s'il était encore vivant.
Pendant cette nuit, toutes ces représentations se sont pulvérisées en un clin d’œil. (le métal fondant, la pierre tombant en miette).

La Mékhilta poursuit en rapportant : "Les égyptiens avaient l'habitude d'enterrer leurs morts dans leur maison. La nuit de cette 10e plaie, les chiens ont creusé et ouvert ces tombes. Ils y ont retiré les ossements des premiers-nés enterrés, et ils ont joué, se sont promenés joyeusement avec ces os. Cela a été aussi douloureux pour les égyptiens que le jour où ils ont pu enterrer leurs enfants.

-> Le midrach haGadol raconte le cas d'une vieille femme qui vivait entièrement seule, sans enfant, ni famille. Le seul lien qu'elle avait encore avec le monde qui l'entoure était la statue sculptée à l'image de son premier-né défunt. Le culte idolâtre qu'elle lui vouait représentait toute sa raison d'être et sa consolation.
Cette nuit, lorsque cette statue s'est réduite à néant, cette femme a poussé un cri inhumain, qui dominait tous les autres bruits.

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-> On a vu que les premiers-nés vivants, ainsi que les effigies des défunts, ont été détruits.

Cette plaie va également entraîner l'exhumation de tous les premiers-nés égyptiens, qui sont morts et enterrés depuis longtemps.

Dans tous le pays, les chiens se déchaînent, et déterrent les cadavres, dans les cimetières et sous les maisons, et ils les mettent en pièces, éparpillant les ossements à travers tout le pays.

Les égyptiens en sont affligés, car ils ont tous au moins un ancêtre qui a été tiré de sépulture et profané par les chiens déchaînés.

[Léka'h Tov ; midarch Chir haChirim 2,10]

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-> Quelques égyptiens, craignant la colère de D., essaient de sauver leurs premiers-nés en les envoyant dormir dans les maisons des juifs.

Ce sont les mêmes qui avaient mis leur bétail à l'abri avant la grêle.
Même s'il dort dans un même lit qu'un enfant juif, le premier-né égyptien est frappé à mort.

Cette nuit-là, les juifs dorment si profondément qu'ils n'entendent pas les clameurs que poussent les égyptiens, et ne vont s'en rendre compte qu'à leur réveil.
[midrach Chémot rabba 18,2 ; midrach Yalkout Chimoni 984]

-> Certains égyptiens vont cacher leurs premiers-nés dans les temples égyptiens, s'imaginant qu'ils y seront en sécurité.

Cette nuit-là, Hachem va détruire toutes les divinités des égyptiens, à l'exception de l'idole de Baal Tséfon, fait qui encouragera les égyptiens à poursuivre les juifs, et à se noyer dans la mer.

Ainsi, tout objet en rapport avec les idoles vont se désintégrer (le métal fond, la pierre s'effrite, le bois pourrit), et cette destruction va causer aux égyptiens encore plus de chagrin que la mort de leurs premiers-nés (tellement ils y sont attachés).

[midrach haGadol ; Mékhilta]

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-> Cette plaie a entraîné :

1°/ une révolte des premiers-nés qui ont massacrés leur père.

En effet, après avoir soufferts pendant 9 plaies, les 1ers nés ont pris à cœur l'avertissant annonçant leur mort pendant la 10e plaie. Ils demandent à leurs pères et à Pharaon de laisser partir les juifs, mais ils vont refuser.

Frustrés et terrorisés, ils vont reporter leur colère sur leurs pères, et 600 000 égyptiens vont mourir ainsi.

Ils vont alors essayer de soulever la masse du peuple égyptien, qui va faire la sourde oreille, les laissant affronter l'inévitable : la 10e plaie.

[Chaque plaie a le nom de ce qui a attaqué les égyptiens (ex: celle des sauterelles). Cette 10e plaie est dénommée celle des 1ers-nés, car le principal dégât est provenu de cette révolte des 1ers-nés envers leurs pères.]

-> Jusqu'à présent, seul Pharaon était au courant de cette plaie. Lorsque les aînés le surent, ils se rendirent chez leurs pères, pour qu'ils agissent en leur faveur. Les pères rétorquèrent : "Nous avons dix garçons, peu nous importe d'avoir un enfant en moins, nous ne libérerons pas les enfants d'Israël!"
Face à leur refus, les aînés se dirigèrent chez Pharaon, qui était lui-même un premier-né, en lui demandant de laisser partir le peuple d'Israël pour qu'ils aient la vie sauve.
Même Pharaon s'entêta et ne voulut rien savoir!
Les aînés comprirent que leur fin approchait. Ils prirent donc les armes et tuèrent 60 000 égyptiens. C'est ce qui est écrit : "À Celui qui frappe les Égyptiens, dans leurs premiers-nés" (Téhilim 136,10).
[rav Barou'h Rozenblum]

2°/ la plaie elle-même : la mort des 1ers-nés.

3°/ juste après, Pharaon lui-même a massacré un grand nombre de personnalités de 1er rang. [Zohar haKadoch 45]

4°/ Selon le Beit haLévi, les corps en pourriture des morts de cette plaie, vont répandre largement un grave épidémie. [ceci est développé immédiatement ci-dessous]
On parle de "maka bé'horot" : car il y avait la mort des "bé'hor" (1ers-nés), puis une autre "maka" (plaie) dans la plaie : une épidémie dévastatrice.

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-> "Il n’y aura pas chez vous de prise pour l’exterminateur quand Je frapperai la terre d’Egypte" (v.12,13)
-> "Il ne permettra pas à l’exterminateur d’entrer dans vos maisons pour sévir" (v.12,23)
=> Comment comprendre cette apparente contradiction?

Le Beit haLévi explique : Dès que les égyptiens mouraient dans la plaie des premiers-nés, ils pourrissaient immédiatement, et il s’ensuivait des épidémies supplémentaires.
En plus de la plaie des premiers-nés, il y avait des "exterminateurs" (c’est la signification du verset selon lequel Hachem ne laissera pas l’exterminateur frapper les maisons des juifs : ils ne souffriront ni de la plaie des premiers-nés ni des épidémies qui la suivront).

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-> Après la plaie, Pharaon est allé voir Moché, qui lui a demandé de proclamer publiquement : "Peuple d'Israël, vous n'êtes plus les esclaves de Pharaon. Vous êtes dorénavant les serviteurs de D.!"
[guémara Yérouchalmi - Pessa'him 5,5]

-> Selon le Ibn Ezra, Pharaon a uniquement accordé aux juifs le voyage de 3 jours, qu'ils avaient pu demander.

-> Selon le Rokéa'h et le Alchikh, Pharaon a accepté que les juifs ne reviennent pas du tout.

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+ Les jours précédents la 10e plaie :

-> Le 10 Nissan, Shabbath avant la sortie d'Egypte, les juifs vont se repentir de leurs fautes et se détourner de l’idolâtrie. ['Hatam Sofer]

Dès ce jour, ils vont attacher au lit pour chaque foyer un agneau mâle sans défaut, de première qualité, sous les yeux des égyptiens, montrant ainsi leur bravoure (c'était pour eux une divinité).

-> Les juifs vivaient en Egypte depuis 210 ans, et Hachem avait informé Avraham d'un exil de 400 ans pour ses descendants (Béréchit 15,13).
Selon le Zohar, durant les quelques jours où les juifs gardèrent l'agneau, ils éprouvèrent une si grande terreur d'être tués par les égyptiens que ces 4 jours leur furent comptés comme complétant les 400 ans.

Pour les égyptiens le fait de voir leur animal sacré enchaîné dans une maison juive allait leur causer plus de douleur que ne le firent toutes les autres plaies. [Zohar - Pin'has]

Un jour de Hachem représente 1 000 ans (Téhilim 90,4).
Hachem créa le monde en 6 jours, un jour pour chacun des 6000 ans que le monde est destiné à durer.
Le 7e jour, le Shabbath correspond donc au dernier Shabbath qui sera l'ère messianique.
Cette préparation à la sortie d'Egypte eut lieu [en 2448], soit 2000 après la création d'Adam.
Hachem ordonna que les juifs retinssent le sacrifice Pessa'h pendant 4 jours, correspondant aux 4000 ans à venir jusqu'à la rédemption finale.
[...]
Hachem ordonna aux juifs de se procurer l'agneau le 10 Nissan, 4 jours avant son sacrifice, et de le garder enchaîné dans leurs maisons, là où les égyptiens pourraient le voir.
Aux questions des égyptiens, les juifs seraient bien obligés de répondre qu'ils allaient égorger et manger l'animal, tout en sachant que cette réponse mettait leur vie en danger.
De la sorte, pendant 4 jours entiers, les juifs allaient sanctifier le nom de D. et réparer la profanation des 4 lettres de Son Nom (יהוה).
Cet acte allait également expier les 4 fautes qu'ils avaient commises en participant aux rites idolâtres.

Moché prescrit donc aux juifs : "Conduisez et prenez un mouton pour vous" (Bo 12,21) = ceci signifie qu'ils devaient acheter des agneaux et les conduire dans les rues, là où tous les égyptiens pourraient les voir.
L'agneau devait également être égorgé publiquement, en présence de toute la communauté : hommes, femmes et enfants.
Ce rituel était destiné à offenser les égyptiens et à les faire réagir très vivement à la profanation de leur animal sacré, attaché et rôti au feu.
En effet, ils risquaient de venir avec épées dégainées et d'attaquer les juifs.
Ces derniers mettaient ainsi leur vie en danger en réfutant les divinités égyptiennes et expiaient leur péché d'idolâtrie. En contrepartie, Hachem allait protéger les juifs en rendant les égyptiens aussi faibles que les agneaux n'osant pas même protester contre le "sacrilège" perpétré par les juifs.

[une autre raison à l'attente de 4 jours, est que les juifs devaient se circoncire pour consommer ce sacrifice (v.12,48), et que durant 3 jours les douleurs sont fortes et empêchent les mouvements (la célébration et la sortie d'Egypte n'auraient pu être totales!).]
[Méam Loez - Bo 12,7]

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-> Dans la Haggada avant de réciter les 10 plaies, nous disons : "dam va'éch vétim'rot achan" (du sang, du feu et des colonnes de fumée - Yoël 3,3).

Cela fait allusion : au sang placé sur les portes, au feu de la viande du korban Pessa'h qui était rôtie, et au fait que ce feu a entraîné une colonne de fumée.
Pour les égyptiens le fait de voir leur propre idole (dieu) traité d'une telle manière était aussi douloureux pour eux qu'une autre plaie, puisqu'ils étaient impuissants de pouvoir sauver leur dieu.  [à l'inverse des ex-esclaves qui avaient un D. au-delà de tout!]
[haChir véHachéva'h]

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-> Lorsque Hachem parcourut l'Egypte pour frapper les premiers-nés, Il guérit en même temps les plaies de la circoncision dont souffraient les juifs et leur rendit force et santé.
Moché y fit allusion lorsqu'il dit aux juifs : "Hachem passera au-dessus de l'ouverture" (Chémot 12,23) = Moché aurait dû dire que "Hachem passera au-dessus de vous" (Chémot 12,13), comme D. le lui avait promis.
En réalité, Moché faisait également allusion au fait que Hachem allait passer au-dessus de l'ouverture (péta'h) de la plaie ouverte de la circoncision pour la guérir. [ils ont ainsi pu quitter l'Egypte sans souffrir et danger liés à une très récente circoncision]
[Méam Loez - Bo 12,51]

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-> Cette nuit-là Hachem provoqua la calcination des moutons sacrés d'Egypte. Leur odeur se répandit à travers toute la ville, ce qui causa aux égyptiens autant de souffrance que toutes les autres plaies.

Hachem jugeau également les anges veillant sur l'Egypte ; Il les abaissa et réduisit leur puissance.
A ce moment-là, Douma, l'ange gardien de l'Egypte, parcourut 400 lieues en un instant pour supplier Hachem de ne pas le démettre de sa fonction.
Hachem lui répodnit qu'une fois un décret semblable émis, il ne peut être annulé. Pourtant, puisque cet ange avait supplié D. d'avoir pitié de li, Il le fit régner sur le Guéhinam (purgatoire), où il punirait tous les réchaïm.

[Zohar (Chémot) - rapporté par le Méam Loez - Bo 12,12]

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-> Les égyptien adorait le mouton, et en particulier le signe zodiacal du Bélier (associé au feu), qui est lié au mois de Nissan. [l'Egypte fêtait pendant un mois entier le dieu mouton à partir du 15 Nissan (la pleine lune)]
Le sacrifice Pessa'h était "rôti au feu" (v.12,8) pour fournir un contraste avec Avraham qui jeté au feu en était sorti sain et sauf.
[Taamé haMitsvot]

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-> La veille de Pessa'h, à la suite des milliers de circoncisions effectuées, une véritable rivière de sang se répandit. Le sang de la circoncision se mêla au sang de l'agneau pascal, et par le mérite de ces sangs, les juifs furent libérés.
[...]

Lorsque Hachem parcourut l'Egypte pour frapper les premiers-nés, Il guérit en même temps les plaies de la circoncision dont souffraient les juifs et leur rendit force et santé.
Moché y fit allusion lorsqu'il dit aux juifs : "Hachem passera au-dessus de l'ouverture" (Chémot 12,23) = Moché aurait dû dire que "Hachem passera au-dessus de vous" (Chémot 12,13), comme D. le lui avait promis.
En réalité, Moché faisait également allusion au fait que Hachem allait passer au-dessus de l'ouverture (péta'h) de la plaie ouverte de la circoncision pour la guérir. [ils ont ainsi pu quitter l'Egypte sans souffrir et danger liés à une très récente circoncision]
[Méam Loez - Bo 12,50-51]

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-> Le 14 Nissan, Hachem a donné 2 mitsvot aux juifs à faire : se circoncire et préparer le sacrifice de Pessa'h, afin qu'ils acquièrent des mérites.

En mangeant du sacrifice, ils vont être immédiatement guéris de la brit mila. [Zohar]

Le midrach (Chémot rabba 15,12) dit : "De votre côté, vous égorgerez le sacrifice Pessa'h, et de Mon côté, j'égorgerai les premiers-nés égyptiens".

-> Les juifs appliqueront le sang du sacrifice (associé à celui de la circoncision) sur les montants latéraux et la poutre transversale des portes, en expiation de leurs fautes.

Le sang ainsi mis forme la lettre 'hét (ח), qui est la première du mot : 'haïm (la vie).
Selon le 'Hizkouni cela est une allusion au fait que Hachem passera alors au-dessus d'eux, leurs laissant la vie sauve.

Selon le midrach (Chémot rabba 17,3), cela va rappeler le mérite de la brit mila d'Avraham, faite à Pessa'h, qui va protéger ses descendants pendant la plaie.

Selon le Béer Mayim 'Haïm, les 2 montants latéraux font allusion à Moché et à Aharon, les piliers qui supportent la nation juive. Le sang sur le montant transversal renvoie à Hachem qui regarde le peuple juif avec plein de bienveillance et de bonté.

Selon le 'Hizkouni, certains sont d'avis que les juifs ont inscrit en haut : un youd ; sur le montant à droite : un vav, et à gauche : un hé.
Il y avait ainsi écrit le nom de D. (Tétragramme) dans Sa pleine miséricorde.

Le midrah rapporte également que pour appliquer le sang sur les portes, ils ont utilisé des branches d'hysope, un tout petit arbrisseau.
Cela symbolise, que malgré le mépris des égyptiens qui les considèrent comme un peuple inférieur et sans importance, les juifs sont précieux aux yeux de Hachem.

-> Selon le Zohar (Bo 35b), le sang va mettre une barrière entre les maisons juives et l'idolâtrie répandue en Egypte.

-> "Vous toucherez le linteau et les 2 montants (mézouzot - מְּזוּזֹת) avec le sang" (Bo 12,22)
Le Tikouné Zohar (10,25a) fait remarquer que les lettres du mot : mézouzot (les montants (d'une porte) - מזוזות), permettent de former : "la mort est enlevée" (zaz mavét - זז מות).
De même que le sang sur les montants (mézouzot) a permis de protéger les juifs de la plaie des premiers-nés, de même, de nos jours, chaque mézouza protège la maison.

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-> Hachem voulait dire aux juifs : "Le sang sera pour vous un signe sur les maisons dans lesquelles vous demeurez. Je connais tous vos péchés et Je sais que vous méritez d'être punis. Toutefois, Je vous donne ce commandement du sacrifice afin que vous vous repentiez. Vous devez vous rendre compte que tout ce que vous ferez à cet agneau : l'égorger, le dépecer et le rôtir, ... aurait dû vous être fait à vous.
C'est donc un signe pour vous, afin que vous ressentiez, comme par procuration, la punition que vous méritez ...
Voyez le sang et prenez conscience de Ma miséricorde et de Mon amour envers nous.
Vous vous rapprochez alors de Moi et vous deviendrez Mon peuple".
[Méam Loez - Bo 12,13]

-> Le sang sur les portes [des maisons juives au moment de la sortie d'Egypte] n'a pas empêché la plaie d'entrer dans leur maison, mais c'est plutôt ... tout celui qui croyait et avait confiance en Hachem, et n'avait pas peur de Pharaon et de ses décrets, en sacrifiant publiquement le dieu égyptien (l'agneau) ... celui-ci est considéré comme un tsadik.
Puisqu'il a confiance en Hachem, alors il mérite d'être protégé.
[rabbénou Bé'hayé]

[En ce sens, le Kessef Mézoukak dit que Hachem n'a pas besoin de signe, mais le sang sera la preuve, l'affirmation symbolique de l'indépendance vis-à-vis des croyances égyptiennes. Le mérite de cet acte de confiance va les protéger de la plaie.]

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-> La nuit du 15 Nissan, où tous les juifs se sont réunis, a duré 36 heures.
[Séder haDorot]
Selon le Zohar, le soleil a brillé pendant cette nuit.

-> Au moment où les juifs étaient sur le point de manger, un nuage Céleste est descendu, il s'est élevé et les a transporté à Jérusalem, où tous les juifs ont mangé leur part du korban Pessa'h au-dessus du mont du Temple.
En un instant, ils sont retournés en Egypte.
[Targoum Yonahan - Yitro]

-> Après avoir mangé du sacrifice, ils se sont tranquillement endormis afin de prendre des forces pour le départ dans le désert le lendemain matin.
Le bruit du deuil et des souffrances atroces des égyptiens ne les a pas réveillé, et en rêve Hachem leur a montré tous les miracles se produisant au même moment en Egypte.
[Méam Loez]

-> "Les Egyptiens se réjouirent de leur départ, car ils avaient été saisis de peur à cause d’eux." (Téhilim 105,38)

Le Bné Yissakhar rapporte que les égyptiens leur ont donné leur or et argent, espérant ainsi les persuader de partir au plus vite, mais les juifs ont patiemment attendu le temps fixé par Hachem.

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-> "Que pas un d'entre vous ne franchisse alors le seuil de sa demeure, jusqu'au matin." (lo tétsé'ou ich mipéta'h béto ad boker -Bo 12,22).

=> Quels juifs avaient le droit de quitter leur maison pendant cette nuit?

-> L'ordre contenu dans le verset ci-dessus ne s'appliquait qu'aux hommes juifs.
Les femmes et les enfants avaient le droit de sortir de leur maison.
[c'est pour cela que le verset utilise le terme "ich" [אִישׁ] pour en exclure les femmes et les hommes]
Les femmes allaient et demandaient l'or, l'argent et les vêtements des égyptiens pendant cette nuit.
[Panim Yafot]

-> Le Ibn Ezra explique qu'après l'exécution de la plaie des 1ers nés, Pharaon a appelé Moché et Aharon, qui sont alors apparus devant lui dans son palais.
Cela implique qu'également Moché et Aharon sont allés dehors de leur maison en cette nuit.

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-> "Hachem, Lui-même infligera cette plaie (en un instant), car Lui seul sait quels égyptiens sont réellement des premiers-nés." [Zohar haKadoch - Vayéra 108]

D. qui sait tout n'a pas besoin de signe pour différencier les juifs, des non-juifs.
Rachi (Bo 12,13) dit : "Hachem a-t-Il besoin de voir pour savoir ? D. a dit : "Je saurai, en voyant le sang, que vous êtes occupés à la pratique de mes mitsvot, et je passerai alors sur vous". "

Parfois nous nous interrogeons : En quoi mes actions sont-elles utiles à Hachem, qui a et est tout?

Sans nullement remettre en question l'ordre divin, les juifs ont appliqué la volonté de D. dans la joie, et c'est tout ce que Hachem attend de nous.

Une mitsva peut sembler un acte simple, inutile, mais le fait que Hachem nous l'ordonne, lui confère une valeur infinie, et doit nous remplir de joie d'avoir l'honneur de pouvoir l'accomplir.

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-> "Je verrai le sang et Je passerai par-dessus vous"

L'agneau était l'idole principale des égyptiens, et qu’il fallait beaucoup de dévouement aux Bné Israël pour acheter et égorger leur idole aux yeux de leurs ennemis. Pourtant, ils n’ont pas tardé et n’ont pas hésité, mais l’ont fait avec simplicité, sans aucun calcul.
Les dernières lettres des mots "Et adam oufassa’hti aleikhem" (le sang et Je passerai par-dessus vous - אֶת הַדָּם וּפָסַחְתִּי עֲלֵכֶם) forment le mot "tamim" (simples - תמים), pour nous insinuer que par le mérite d’avoir fait la mitsva avec simplicité, Hachem a passé par-dessus eux.
[Maskil El Dal]

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+ "Hachem passera pour frapper l'Egypte ... et Hachem passera par-dessus l'entrée et Il ne permettra pas au destructeur d'entrer dans vos maisons pour frapper"(Bo 12,23)

-> Selon la guémara (Baba Kama 60a), une fois que l'ange de la mort/destructeur a la permission de tuer, il ne fait pas la distinction entre les tsadikim et les réchaïm.
[c'est pour cela que les juifs avaient l'interdiction de sortir de leur maison cette nuit]

=> Est-ce Hachem ou bien un ange qui a apporté cette plaie?
De plus, si les 1ers-nés égyptiens sont morts vers midi, alors pourquoi les juifs ne pouvaient-ils pas sortir ensuite?

Le 'Hatam Sofer donne la réponse suivante.
A minuit, Hachem a frappé les 1ers-nés égyptiens par une plaie mortelle, mais cependant ceux-ci sont restés en vie jusqu'au matin.
En effet, Hachem ne voulait pas les tuer lui-même, puisqu'un baiser mortel est une mort adaptée uniquement pour les tsadikim, et les égyptiens ne méritaient pas une telle mort.

Le 15 Nissan c'est le jour où la constellation du bélier est au plus haut. Or, le bélier, c'était le signe du zodiaque propre aux égyptiens. Ainsi, le 15 Nissan, la force des égyptiens était au plus haut.
C'est alors qu'au milieu de la nuit du (14 au) 15 Nissan, Hachem frappa dans le ciel la constellation du bélier. La conséquence de cela fut que les 1ers-nés égyptiens en furent extrêmement affaiblis, car le bélier c'est l'aîné et le 1er des 12 signes du zodiaque.

Quand on dit que seul Hachem frappa les 1ers-nés, il s'agit de ce coup qu'Hachem occasionna à l'astre des égyptiens à minuit. Mais, c'était un ange qui termina la plaie et qui mit réellement à mort les 1ers-nés au matin.
Ces deux étapes étaient nécessaires
Les 1ers-nés égyptiens étaient dans un état d'agonie toute la nuit, et au matin, Hachem envoya un ange qui finalisa la mort des 1ers-nés.
En effet, si Hachem ne les avait pas affaiblit, alors l'ange de la mort n'aurait pas pu triompher sur Rahav, l'ange responsable de l'Egypte (Zohar 2:272b).
[les 1ers-nés étant alors au plus haut de leur force, du fait qu'en ce jour leur astre était au plus haut, alors, l'ange n'aurait pas eu assez de force pour les tuer au matin.]

Une fois que l'ange de la mort avait la permission de tuer les 1ers-nés, jusqu'au matin, les juifs devaient rester cachés, et Hachem veillait sur eux.

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+ Pourquoi est-ce que Hachem, Lui-même, a tué les 1ers-nés?

-> Selon le Zohar (Béréchit 117a), il y avait tellement d'impureté en Egypte qu'aucun ange ne pouvait se risquer à y aller, seul Hachem qui est parfait, pouvait le faire tout en restant par la suite complet.

-> Selon le Sfat Emet, les juifs étaient remplis de fautes (ils étaient au 49e degré d'impureté sur 50), et seulement Hachem qui a mis en chaque juif une âme divine était capable de déceler cette trace dans Son peuple, permettant alors de les sauver.

Le Or ha'Haïm voit cette intervention divine, comme un signe de Son énorme amour pour Sa nation : "le 1er-né de Mes fils" (Chémot 4,22).
[D. nous aime tellement qu'Il voulait Lui-même le faire!]

-> Le Maharal rapporte que la naissance est une des 3 clés que D. n'a donné à personne d'autre que Lui-même (guémara Taanit 2a).
Puisque cette nuit de Pessa'h marque la naissance du peuple juif, seulement Hachem pouvait être la "sage-femme".

-> La guémara (Baba Kama 60b) enseigne que les aboiements des chiens sont un signe que l'ange de la mort est présent dans la ville.
Il est écrit : "pas un chien n'aboiera" (Bo 11,7).
Selon Rabbi David Feinstein c'est une preuve que seul Hachem est intervenu en cette nuit.

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-> Le Ramban explique que la mort des 1ers-nés a été réalisée par Hachem. C'est Lui Qui les a mis à mort. Seulement, il est connu que quand dans un endroit, se trouve de nombreux morts rassemblés, cela peut entraîner une infection, car des microbes peuvent se diffuser et entraîner une contamination.
Or, il existe un ange particulier, responsable de cette sorte de contamination suite au rassemblement de nombreux morts. Et la Torah vient ici préciser que non seulement la mort des 1ers-nés en elle-même, qui a été réalisée par Hachem seul, n'a pas atteint les juifs. Mais même une fois tous les morts égyptiens exposés, que cela risquait d'entraîner une infection et une contamination, malgré tout Hachem protégea les juifs pour que cet ange destructeur responsable de cette contamination, ne les touche pas.

-> Le Gaon de Vilna explique que la Torah vient préciser que non seulement la plaie des 1ers-nés n’atteindra pas les juifs, laquelle plaie était réalisée uniquement par Hachem. Mais qu’en plus de cela aucun juif ne mourra cette nuit-là même d’une mort naturelle.
En effet, le peuple d’Israël était très nombreux et il est clair que naturellement plusieurs juifs auraient dû mourir cette nuit-là, ne serait-ce que de vieillesse, leur temps étant arrivé.
Cependant Hachem a empêché l’ange de la mort de faire son travail pour reprendre l’âme du moindre juif et même de celui pour qui le moment de mourir était arrivé.
Tout cela avait pour but de faire taire les égyptiens qui voudraient dire que même chez les juifs il y a des morts.

=> C’est à cela que fait référence la Torah quand elle dit qu’Hachem ne laissera pas l’ange destructeur (il s'agit donc de l'ange de la mort) frapper les juifs, à savoir d’une mort naturelle. Mais il est clair que la plaie de la mort des 1ers-nés en elle-même, n’a été réalisée que par Hachem Lui-Même.

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-> "Lorsque Hachem s’avancera pour frapper l’Égypte, il regardera le sang appliqué au linteau et aux deux poteaux et il passera devant la porte et il ne permettra pas au Destructeur d’entrer dans vos maisons pour sévir" (Bo 12,23)

=> Il est une apparente contradiction entre le début et la fin de ce verset, qui a frappé les égyptiens lors de cette plaie de la mort des premier-nés? En premier lieu il semble que ce soit Hachem lui-même, mais alors pourquoi ensuite dire que c’est l’ange Destructeur?
De plus, pourquoi exiger ce signe du sang? Que ce soit Hachem ou un ange, il pourra très bien faire la différence entre une maison juive et une maison égyptienne.

-> Le Ben Ich 'Haï (Od Yossef 'Haï - Bo) enseigne :
En fait le midrach rabba (Chémot 18,2) nous explique que ce signe a induit les égyptiens en erreur, ils ont cru qu’ils allaient échapper à la plaie des premier-nés en les cachant dans les maison juives et que grâce à ce signe du sang à la porte, ils seraient épargnés. Mais une peine double leur a alors été appliquée.
En effet, l’ange Destructeur n’a pas été autorisé à entrer dans les maisons juives porteuses du signe du sang, il ne s’est aventuré que dans celles des égyptiens et y a tué les premier-nés présents, mais dans celles où le premier-né (béchor) avait été placé en maison juive, il a tué le plus grand de la famille à la place du premier né.
Ensuite Hachem lui-même est entré dans les maisons juives et y a tué les premiers-nés égyptiens. Et pourquoi?
Car l’ange Destructeur, s’il avait eu a tuer les égyptiens dans les maisons juives y aurait tué aussi des juifs, car il est inspiré par l'attribut de Rigueur (midat hadin), mais Hachem, Lui, y a fait usage de miséricorde, Midat Hara’hamim, avec les Bné Israel, même au moment de tuer les égyptiens cachés.
On comprend donc quel est le rôle de l’ange Destructeur, celui d’Hashem et la raison du sang sur les portes.

[c'est exactement ce que dit le verset : "(Hachem) ne laissera pas l’ange destructeur venir dans vos maisons pour frapper" = Ce verset évoque le cas où le 1er-né égyptien se trouvait dans une maison juive. Dans ce cas, Hachem ne laissa pas l'ange entrer dans la maison juive pour frapper l'égyptien, car il risquait de ne pas savoir distinguer. Alors, c'est Hachem Lui-Même qui frappa.]

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-> La guémara (Taanit 2a) enseigne que Hachem Lui-même va réaliser la résurrection des morts.
Hachem a le statut de Cohen (kav ya'hol).

Un Cohen n'a pas le droit de se rendre impur, à l'exception de pour ses enfants.
Ainsi, si le peuple juif n'était pas considéré comme Ses enfants, D. n'aurait pas le droit de se rendre impur pour eux, en réalisant leur résurrection.
Cela démontre que les juifs sont Ses enfants.

Lorsqu'un père envoie ses enfants travailler en tant qu'esclaves, il fait tout ce qu'il peut pour en raccourcir la durée.
De même, Hachem a souffert plus qu'un père en voyant Ses enfants souffrir en esclavage, et Il a tout fait pour en diminuer la durée au maximum.

[le 'Hida - Roch David ]

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+ Le 15 Nissan : une date historiquement favorable aux juifs :

Depuis la Création, cette nuit du 15 Nissan est une date propice pour les juifs, et néfaste pour leurs ennemis.

On peut citer par exemple :

1°/ Adam avait dit à ses enfants Caïn et Evél, que cette nuit-là convenait pour offrir à Hachem un sacrifice.
En effet, c'est cette nuit-là que les juifs apporteront plus tard le sacrifice de Pessa'h.

Caïn, le fils aîné, avait alors apporté un sacrifice de peu de valeur, tandis que Evél, le plus jeune, avait apporté une offrande convenable.
D. avait accepté celle de Evél, et refusé celle de Caïn.
[Pirké déRabbi Eliézer 21]

2°/ Its'hak a choisi de bénir son fils Essav le 14 Nissan.

Essav est un chasseur extrêmement habile, mais Hachem a éloigné les animaux pour le retenir loin du foyer pendant qu'il chassait de la nourriture pour son père.

Pendant ce temps, Rivka demande à son fils le plus jeune, Yaakov, de se préparer à prendre les bénédictions, et lui dit : "Cette nuit (le 15 Nissan), les portes de la bénédiction sont ouvertes. Cette nuit, les anges dans le ciel vont chanter un cantique pour célébrer la délivrance future de nos enfants ..."

Yaakov pris alors 2 chevreaux : un pour que sa mère prépare un plat pour son père, et un autre symbolisant le sacrifice de Pessa'h, qui sera offert plus tard.

C'est ainsi que Yaakov reçoit les bénédictions de son père.
[Pirké déRabbi Eliézer 32]

3°/ A l'époque des Juges, Midiyan opprima les juifs et leur causa des ennuis sans fin.
La nuit du 15 Nissan, Guidéon prendra une armée de 300 hommes et détruira la puissante armée midianite.
[Choftim7,9 ; Rachi sur ce verset]

4°/ A l'époque des Rois, les armées assyriennes opprimeront les juifs, et sous le règne de San'hériv, elles mettront le siège autour de Jérusalem.

La nuit du 15 Nissan, un ange de D. descendra dans le camp assyrien endormi et fera périr 185 000 soldats.
San'hériv retournera seul en Assyrie, sans aucune armée, et mourra assassiné par sa propre famille.
[Méla'him II 19,35 ; Radak sur ce verset]

5°/ Après la destruction du 1er Temple, les juifs ont été exilés dans les territoires de l'empire perse.
Haman, 1er ministre, préparera une potence élevée pour y pendre Mordé'haï, dirigeant spirituel des juifs exilés.

La nuit du 15 Nissan, le roi A'hachvéroch ne trouve pas le sommeil, et c'est le début d'une chaîne d'événements qui vont conduire Haman à sa chute, et au sauvetage des juifs.
[méguilat Esther 6 ; Pessikta déRav Kahana 17]

6°/ Autres : c'est en cette nuit du 15 Nissan que Hachem a détruit Sodome, que Daniel sortira indemne de la fosse aux lions, que Avraham est parti en guerre contre les 4 rois qui ont enlevé Lot, son neveu, et qu'il retrouva sa trace.

7°/ C'est en une nuit du 15 Nissan, qu'une femme juive va pousser des cris déchirants en voyant son nouveau né jeté dans le ciment du puits où elle travaille.
Ces cris vont monter directement au ciel et l'ange Gavriel descendra pour prendre le ciment dans lequel est imbriqué l'enfant et le déposer au pied du trône céleste.

Le tribunal céleste décrète alors qu'un an plus tard, jour pour jour, les égyptiens seront punis pour toutes ces atrocités.
[Pirké déRabbi Eliézer 48]

==> La nuit du 15 Nissan est une nuit de protection contre tout mal (leil chimourim - Bo 12,42 : "une nuit de protection pour tous les enfants d'Israël, pour leurs générations"), et ce de tout temps.

A la fin des temps, c'est ce jour que débutera la rédemption finale avec Eliyahou hanavi et le machia'h. [Or ha'Haïm - Bo 12,42 ; midrach Chémot rabba 18,12]

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-> La nuit de Pessa'h est différente de toutes les autres nuits, et appartient à la miséricorde totale.
Non seulement la nuit de Pessa'h qui a eu lieu en Egypte, mais chaque année c'est une nuit de miséricorde totale.
Le verset (12,42) se termine d'ailleurs par : "pour tous les enfants d’Israël, pour leurs générations".
[le Kaf Cohen]

-> La nuit du Séder nous sommes des gardiens (shomrim), et c'est pour cela que cette nuit s'appelle : "leil shimourim" (la nuit des gardes). En effet, en cette nuit chaque juif est de service et il doit rester debout aussi longtemps qu'il le peut afin de parler à propos de la sortie d'Egypte.
[Ibn Ezra - Bo 12,42]

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+ Mesure pour mesure :

-> Ils ont opprimé et tué Israël, premier-né de D. (cf.Chémot 4,22).
A présent, les premiers-nés, dont les égyptiens vouaient un culte idolâtre vont mourir.
[Malbim]

-> Le Ramban explique que les égyptiens avaient l'autorisation de prendre un juif comme esclave personnel à son service.
Ainsi chaque famille égyptienne avaient plusieurs esclaves juifs.
Le rav Soloveitchik dit qu'à cette époque, les premiers-nés étaient généralement les responsables de la gestion du foyer et avaient la responsabilité des esclaves. Lorsque le père n'était pas là, ils assuraient sa place.
Puisque globalement ils ont tous joué un rôle de premier plan dans l'oppression des juifs, ils ont été punis mesure pour mesure par Hachem.

-> Les prêtes égyptiens étaient composés des premiers-nés égyptiens. [Kol Bo 58]
De plus, les premiers-nés étaient eux-mêmes servis comme idoles par la nation.
Ainsi, Hachem a puni les idoles d'Egypte par le biais de la plaie des premiers-nés. [Panim Yafot]

-> La plaie des premiers-nés était la rétribution des égyptiens pour avoir jetés les bébés juifs dans le fleuve. [Abarbanel 6,6]
Au sujet de la 10e plaie :"Ce fut une clameur immense dans l'Égypte : car il n'y avait point de maison qui ne renfermât un mort" (Bo 12,30)
Les pleurs et les cris que l'on entendait des égyptiens à cause de la plaie des premiers-nés, était une punition directe pour être restés silencieux lorsqu'ils ont entendu les juifs crier pendant tout leur esclavage, et pour être restés silencieux lorsque les enfants juifs ont été tués.
Maintenant, eux-aussi allaient crier de douleur.
[rav Chimchon Raphaël Hirsch]

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-> Dans le livre de Bamidbar, la Torah rapporte le recensement des premiers-nés mâles, qui sont un total de 22 273.
Pourquoi y avait-il si peu de premiers-nés? En effet, puisqu'à cette époque la nation juive comprenait 600 000 hommes, nous pourrions penser qu'il y avait certainement un nombre beaucoup plus important de premiers-nés dans la population.

Le Targoum Yonathan ben Ouziel (Chémot 2,23) écrit que lorsque Pharaon a contracté la lèpre, chaque jour il égorgeait 300 garçons premiers-nés juifs, afin de se baigner dans leur sang.
Puisque le barbarisme de Pharaon a considérablement appauvri le nombre des premiers-nés au sein du peuple juif, mesure pour mesure, les premiers-nés ont été décimés pendant la plaie des premiers-nés.
[rav Binyamin Wurzburger]

[le Gaon de Vilna (Adéret Eliyahou - Béchala'h) dit que Pharaon tuait 150 enfants pour son bain du matin, et 150 enfants pour son bain du soir, soit 300 enfants chaque jour.
Selon l'opinion de Rabbi Akiva (citée dans la Haggada), Hachem a puni les égyptiens de 300 plaies (50 en Egypte et 250 à la mer Rouge). Les égyptiens ont mérité 300 plaies en punition pour le fait que Pharaon tuait 300 enfants juifs tous les juifs.]

La sortie d’Egypte

+ La sortie d'Egypte :

-> A l'aube du 15 Nissan, 1er jour de Pessa'h, les juifs peuvent sortir de leur maison, et ils se rendent alors compte que le pays est rempli d'égyptiens morts (en résultat de la 10e plaie).

Selon le Zohar (Bo 38), Hachem a laissé quelques-uns encore en vie, afin que le peuple juif puisse constater de leurs propres yeux la mort des 1ers nés.

-> Les juifs ne voient pas l'intérêt d'aller chercher les richesses des égyptiens, car cela ne ferait que retarder leur départ et les alourdirait pour le voyage. [guémara Béra'hot 9b]
Néanmoins, ils se plient à la volonté de Hachem, et à la réalisation de Sa promesse à Avraham : "Ils sortiront avec de grandes richesses".

En plein deuil, les égyptiens souhaitent tellement que les juifs partent, qu'ils vont absolument tout leur donner, même si personne ne le leur demande. [Rachi - Bo 12,36]

Au-delà de cela, il y avait un miracle : les trésors que les juifs n'avaient pas pu remarquer pendant la plaie des ténèbres, se sont mis à appeler eux-mêmes les juifs, les suppliant de bien vouloir les prendre. [Tossefot sur la Torah - Bo 11,2]

Chez les juifs, il y avait une entraide exemplaire : aucune trace de jalousie, de mesquinerie ou d'égoïsme (par exemple : les femmes s'aidaient mutuellement pour garder les enfants pendant qu'une autre allait emprunter des objets aux égyptiens).
[Tossefot sur la Torah - Bo 11,2]

-> Les richesses que les juifs vont emporter sont si importantes que chacun a besoin de 90 ânes pour porter ses biens, en plus de son bétail, de ses chevaux et de ses chameaux.

En réalité, chacun d'eux est si riche qu'il pourrait construire le Tabernacle à lui seul, uniquement avec ses biens personnels.
[guémara Béra'hot 5b ; midrach haGadol]

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+ Les ossements de Yossef :

-> Pendant ce temps, Moché s'occupe de préparer le bois de cèdre que Yaakov avait apporté en Egypte en vue de la construction du Tabernacle, et de rechercher les ossements de Yossef pour les emporter et les enterrer en Israël. [midrach Chémot rabba 18,10]

Les juifs laissent ce privilège à Moché, au regard de l'importance de Yossef : le plus important des tribus d'Israël et vice-roi d'Egypte.
En effet, à la mort de Yaakov, seul Yossef était assez digne pour porter les ossements de son père. A la mort de Yossef, seul Moché sera assez digne pour porter sa dépouille.
Et 40 après, lorsque Moché mourra, personne ne sera assez digne pour l'ensevelir, et c'est Hachem Lui-même qui le fera.
[Mékhilta ; Siftei Cohen]

-> Les Bné Israël dirent : "Laissons Yossef être honoré par un grand homme (Moché) plutôt que par des personnes insignifiantes!" (guémara Sota 13b).
=> Quels reproches peut-on alors leur faire de s'affairer à amasser or et argent?

- Selon la guémara (Yérouchalmi Moed Katan 3,1), lorsqu'on retire un mort de sa sépulture pour le transporter dans une autre sépulture (kéver), et même si on retire ses ossements d'un cercueil métallique vers un cercueil de bois, comme pour Yossef, il faut respecter ce jour-là les lois d'un endeuillé.
Donc à ce moment, ils n'avaient pas à s'occuper de récupérer des biens chez les égyptiens.
[Merkavat haMichna]

- Selon le Min'hat Sota, ils auraient pu au moins l'aider un peu.

-> Du fait que Moché était assimilé à un Cohen (cf. guémara Zéva'him 102b), il ne pouvait pas être en contact avec les morts, donc il ne pouvait pas s'occuper des ossements de Yossef.
Il a attendu le moment où les Bné Israël étaient tous investis dans la mitsva de récupérer les biens des égyptiens, pour avoir l'autorisation de s'occuper de Yossef en tant que : "mét mitsva" ; c'est pour cela que Moché a été qualifié de "sage de cœur".
[Pardes Yossef]

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=> La prise du butin aux égyptiens par les Bné Israël serait une mitsva de niveau supérieur à la mitsva accomplie par Moché, car les Bné Israël accomplissaient l'ordre d'Hachem (cf. Bo 11,2), tandis que Mcohé n'accomplissait que l'ordre de Yossef.
=> Pourquoi alors la mitsva accomplie par Moché est-elle considérée comme supérieure à celle accomplie par les Bné Israël?

Le Divré Chaoul répond que c'est parce qu'il y a une différence entre la mitsva intéressée de recevoir un butin d'or et d'argent, et la mitsva désintéressée ('hessed chél émet) où Moché ne reçoit rien.
Le choix de Moché de réaliser cette mitsva désintéressée prouve donc combien il chérissait les mitsvot.

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-> Moché va s'adresser à Séra'h, la fille d'Acher, seule descendante directe des tribus.
Elle lui apprend que les égyptiens ont scellé les restes de Yossef au fond du Nil, espérant que sa présence apportera la bénédiction.

[Rabbénou Ephraïm, fait noter que la guématria de Yossef, est égale à celle de : "Nil".]

-> Debout sur la rive du Nil, Moché prend une plaque d'or sur laquelle il a gravé le nom de D., ainsi que les mots : "Alé Chor" (Monte, taureau!), et la jette dans les eaux du Nil.

Selon certains, cette plaque va être récupérée par Mikha qui la jettera plus tard dans le feu, d'où en sortira le Veau d'or.
[Pour en savoir d'avantage : cf. 4e intentions de Aharon : https://todahm.com/2017/07/25/le-veau-dor ]

Moché dit alors : "Yossef! Yossef! ...Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps. Si ton cercueil remonte à la surface des eaux, nous le prendrons avec nous. Sinon, nous serons déliés de notre serment."
Brusquement, il apparaît, et Moché tendant la main s'en saisit et le tire hors de l'eau.
[Mékhilta]

Nos Sages rapportent que le cercueil de Yossef avait un poids d'environ 15 tonnes (500 kikars d'or).
Moché a écrit le Nom de D. sur un parchemin, et y a enveloppé les ossements de Yossef, qui dès lors s'est porté de lui-même (à l'image de l'Arche dans le désert).

-> Selon une autre version, le cercueil de Yossef était gardé au parlais, dans une chambre funèbre protégée par des statues conçues de façon à aboyer à l'approche d'intrus (les égyptiens étant très forts en sorcellerie et magie noire).
Moché a réduit ces statues à l'impuissance.
[midrach Chémot rabba 20,19]

Il a rapidement trouvé le cercueil de Yossef grâce à l'odeur agréable qui s'en dégageait.
[midrach Yalkout Chimoni - Chir haChirim 981]

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-> Les égyptiens ont déposé le corps de Yossef dans un sarcophage, au fond du Nil, car le Nil (Nilous - נילוס) et Yossef (יוסף) ont non seulement la même guématria 156, mais ont également 3 lettres semblables : le youd (י), le vav (ו) et le samé'h (ס) ; quand à la 4e lettre pé (פ) du nom de Yossef, de guématria de 80, on peut la décomposer en 2 lettres : noun (נ) et laméd (ל) de guématria totale : 50+30= 80.
C'est pourquoi, les égyptiens ont pensé que les eaux du Nil seraient bénies par la présence de Yossef.
[Ben Ich 'Haï - guémara Sota 13a]

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+ Le pain non levé :

-> Bien qu'ils possédaient beaucoup d'animaux, par amour pour Hachem, les juifs vont porter sur l'épaule les restes de matsot et d'herbes amères du Séder. [Rachi - Bo 12,34]

-> En raison de leur départ précipité, ils mettent sur leur tête la pâte qu'ils ont préparé mais qui n'a pas eu le temps de lever, ni de cuire.
Il se produit alors un miracle incroyable : la pâte va cuire sur leur tête aussi bien que dans un four.
[Targoum Yonatan et Rokéa'h - Bo 12,39]

Le Ibn Ezra est d'avis qu'ils n'ont pas cuit les matsot en chemin, mais seulement lorsqu'ils sont arrivés à Souccot.

-> C'est pour cette raison qu'à chaque génération, à Pessa'h, nous avons l'ordre de consommer de la matsa faite de pâte non levée, en signe de ce départ précipité. [Gour Arié]

[De même que la sortie d'Egypte s'est faite exactement lorsque le moment de partir était arrivé, de même, en sera-il au moment de la guéoula finale.]

-> D'autres divré Torah sur ce point (b'h) : https://todahm.com/2018/03/04/la-matsa-a-la-sortie-degypte-et-dans-le-desert

-> Ce départ des juifs pour le désert sans provisions prouve leur profonde confiance en Hachem.
La petite quantité de matsa qu'ils ont prise avec eux va suffire à les nourrir durant un mois exactement (du 15 Nissan au 15 Iyar), jour où ils commenceront à recevoir la manne.
[Mékhilta ; Léka'h Tov]

-> Selon le Méam Loez, le peuple juif devait se dépêcher de quitter l'Egypte pour ne pas franchir le 50e degré d'impureté (et d'y rester alors bloquer pour toujours).

Le rabbi Zalman Sorotzkin (Oznaïm laTorah) affirme également que les juifs sont sortis avec précipitation car ils étaient sur le point de totalement s'assimiler avec la culture égyptienne, arrivant à un point de nous retour.
Comment comprendre que nos ancêtres au bout de 210 années en Egypte (en y gardant leurs habits, leur langue et leurs noms) allaient s'assimiler, alors que nous qui sommes en exil depuis 2000 années, nous restons fortement attachés à notre judaïsme, voir même nous nous y renforçons constamment?
Il répond que l'unique différence avec nos ancêtres, réside dans le fait que nous avons reçu la Torah. En effet, lorsque les juifs sont liés à la Torah, ils sont véritablement éternels!

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-> La grande majorité des juifs vivait alors à Gochen, mais une partie d'entre eux était éparpillé à travers tout le pays.
Il a été convenu d'un lieu de départ : à Ramsès.
Selon le Yalkout Chimoni (Massé 786), normalement cela aurait dû prendre une quarantaine de jours, mais miraculeusement ce rassemblement s'est effectué en à peine 1 heure.

-> Ils vont être escortés par 7 "nuées de gloire" (anané kavod), les protégeant des animaux, de la chaleur, aplatissant la route, ...
Ils vont quitter Ramsès pour se rendre à Souccot, une ville à une distance d'environ 138 kilomètres, qu'ils vont faire en 1 heure au lieu de 3 jours normalement. [Mékhilta ; Rachi - Bo 12,37]
Selon le Targoum Yonathan, le voyage est aussi facile et agréable que s'ils étaient transportés sur les ailes d'un aigle.

-> "Environ 600 000 voyageurs" (Bo 12,37)
Rabbénou Bé’hayé commente : "Ce langage enseigne qu’ils n’avaient pas atteint le nombre de 600 000 puisque la Torah n’a pas précisé le nombre exact. On en déduit qu’il ne manquait qu’une personne pour atteindre ce nombre et le texte n’a pas voulu employer un langage de manque."

Le Pirké déRabbi Eliézer (39) écrit : lorsque les bné Israël ont quitté l’Egypte, ils étaient au nombre de "six cent mille moins un". Qu’a fait Hachem?
[Etant avec les juifs en exil,] Il s’est joint à eux pour qu’ils soient 600 000, comme il est dit "Moi-même aussi Je t’en ferai remonter".

-> Hors tribu de Lévi, nos Sages estiment la totalité du peuple d'Israël entre 1,4 et 3 millions de personnes (selon les principales opinions).

Il faut également y ajouter :
- Batya (fille de Pharaon) et sa famille (selon le Rokéa'h) ;
[il est à noter, qu'en reconnaissance pour son acte de bonté avec Moché, Batya n'a été affectée par aucune des plaies (elle était première-née de Pharaon et a été épargné lors de la plaie des 1er nés - Pessikta déRav Kahana 7).
Elle s'appelait avant Tarmous, et son acte de bonté lui fit mériter l'honneur d'être appelée : "fille de D." (Batya). [Pirké déRabbi Eliézer 47]
De plus, elle aura comme récompense de rentrer vivante au gan Eden. (midrach Michlé 31,15)]

- ainsi que 2 millions d'égyptiens, convertis de dernière minute (juste avant la 10e plaie en voyant les juifs préparer le sacrifice de Pessa'h, à l'odeur du gan eden) et appelés : le érev rav (selon le Ibn Ezra).

Il y avait parmi ces derniers (érev rav) d'illustres magiciens, notamment : Ianous et Iambrous.
Hachem a déconseillé Moché de les accepter, mais il a pris leur défense en affirmant qu'ils sanctifieraient le nom de D. en racontant à tous Sa grandeur et Sa toute puissance.
Finalement, D. a autorisé Moché à les convertir, mais en fin de compte, ce sont eux qui inciteront les érev rav à adorer le Veau d'or.
[Zohar haKadoch - Ki Tissa]

[Pour en savoir plus sur le Veau d'or : https://todahm.com/2017/07/25/le-veau-dor ]

- il y avait aussi des espions de Pharaon, que nous aborderons ci-dessous (au 18 Nissan).

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-> "Et une multitude mélangée (erev rav) monta également avec lui" (Bo 12,38)

-> Il s'agit des égyptiens convertis qui sortirent avec le peuple juif.
Le midrash dit que ce verset exprime la réalisation de la Promesse Divine selon laquelle les descendants d'Avraham sortiront avec de grandes richesses. Mais apparemment, on ne voit pas le rapport?

-> En fait, bien que les Hébreux sortirent avec beaucoup de richesses, malgré tout ils laissèrent encore beaucoup de biens en Egypte, de sorte que le butin qu'ils prendront des égyptiens après la traversée de la mer était plus important que celui qu'ils prirent en quittant l'Egypte, comme le disent nos Sages.
Or, psychologiquement, même quand quelqu'un est libéré avec beaucoup de richesses, le fait de savoir qu'il a laissé encore beaucoup derrière lui, cela lui donne l'impression de ne pas avoir pris beaucoup. Ainsi, les Hébreux n'avaient donc pas eu l'impression d'avoir pris une grande richesse.
Mais quand ils virent tous les égyptiens qui sortirent avec eux, et qui partirent les mains vides, c'est la comparaison avec eux qui les rassurait et fit qu'ils se satisfirent des biens qu'ils emportèrent.

Ainsi, c'est grâce à la multitude d'égyptiens (le erev rav) qui monta avec eux sans aucun bien, que se réalisa la promesse que les Hébreux sortiraient avec de grandes richesses, car cela leur donna le réel sentiment d'être riches (par rapport à ces égyptiens).
[Ktav Sofer]

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+ Petite chronologie :

- le 15 Nissan 2448 : nuit du Séder + rassemblement à Ramsès, puis trajet jusqu'à la ville de Souccot.

- le 16 Nissan : départ de Souccot pour Etam. C'est un vendredi.

- le 17 Nissan : c'est un Shabbath.

- le 18 Nissan : c'est le 4e jour après la sortie d'Egypte.
Pharaon avait demandé à certains de ses soldats de s'infiltrer (comme des espions) dans le groupe qui a quitté l'Egypte, afin de surveiller les juifs.
En ce jour, ils vont rappeler à tous que l'autorisation de sortie n'était valable que pour 3 jours.
N'étant pas écoutés, une partie va prendre la fuite et retourner en Egypte prévenir Pharaon. [Rachi - Béchala'h 14,5]

En 18 Nissan, le peuple juif va se rendre à : Pi ha'Hirot (la porte de la liberté), qui est située dans une vallée étroite entre 2 piliers de pierre formant comme une bouche (pi signifie : bouche).
D'un côté, il y a le désert, de l'autre la mer Rouge.

C'est en ce lieu que se trouve le temple de Baal Tséfon, la seule idole égyptienne que D. a épargnée pendant la 10e plaie.
Cette idole est entièrement faite en bronze, avec un chien en colère qui est gravé dessus.
Son temple est alors la fierté de toute l'Egypte, et une partie importante des trésors royaux y est enterré dessous.

Au nord de ce temple, il y a une énorme et redoutable forteresse égyptienne (appelée "Migdal").

Hachem va endurcir le cœur de Pharaon, qui arrive à la conclusion que c'est l'idole Baal Tséfon, qui a empêché les juifs de s'enfuir en les amenant près d'elle.

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- le 19 Nissan : en ce 5e jour, les égyptiens ont terminé d'enterrer tous leurs morts, et ils ont le temps de réfléchir à nouveau au peuple juif.

Plusieurs sources viennent affirmer qu'ils ont l'intention de s'enfuir :
- les soldats égyptiens "espions" et des membres du érev rav qui étaient jusqu'alors parmi les juifs, mais qui ont préféré retourner en Egypte (Mékhilta) ;
- Amalek (Baal haTourim) ;
- Datan et Aviram (Targoum Yonatan) ;
- ainsi que les gardes postés dans la forteresse de Migdal qui transmettent l'information à distance par signant lumineux (Mékhilta).

-> Hachem a endurci le cœur de Pharaon, qui va déclarer : "Je pense que nous allons pouvoir remettre la main sur nos biens perdus. Les hébreux sont égarés dans le désert.
Baal Tséfon a protégé mes intérêts et a fait échouer leur tentative de s'enfuir.
C'est le moment de profiter de notre avantage!"
[Mékhilta ; Targoum Yonatan]

Selon le Méan Loéz, cette décision de pourchasser les juifs, est l'un des 50 miracles principaux opérés par Hachem lors de la sortie d'Egypte, car les plaies avaient totalement bouleversé et humilié les égyptiens, au point qu'ils ne voulaient prendre aucun risque de subir de nouvelles souffrances.
D'ailleurs, Pharaon avait une telle haine envers les juifs qu'il harnacha lui-même son cheval, faisant fi de tout protocole. [Mékhilta]

-> D'où provenaient les chevaux attachés aux chars?
Rachi (Béchala'h 14,7) de répondre :
"C’était les bêtes de ceux qui "craignaient la parole de Hachem" (qui les avaient rentré à l'annonce de la plaie de la grêle - Vaéra 9, 20).
D'où l’enseignement de rabbi Chimon : "Le meilleur des égyptiens, tue-le ! Le meilleur des serpents, écrase-lui la cervelle !" (Massèkhet Sofrim 15, 10). "

-> Pharaon ignorant que les 4/5e des juifs étaient morts pendant les ténèbres, va rassembler une armée infiniment supérieure à celle dont il avait besoin. [Mékhilta]

Yossef avait demandé aux égyptiens désirant profiter des réserves du pays de se circoncire, cela dans un but de faciliter cette pratique aux juifs qui vivront en Egypte plus tard.
Pharaon va prendre dans son corps d'élite des égyptiens issus de familles ayant gardées cette tradition, pensant que cela serait un avantage. [Siftéi Cohen]

Il va également recruter pour l'occasion des mercenaires aguerris des pays voisins. [Sforno]

-> Pharaon va distribuer à tous les soldats des pierres précieuses, des bijoux, de l'or et de l'argent prélevé sur son trésor.
Les chevaux sont également décorés et harnachés de pierres précieuses et d'ornement précieux.
L'humeur est au beau fixe.

Tous les hommes ont rejoint les rangs de l'immense armée, ne laissant en Egypte que les femmes et les enfants.
[midrach Tan'houma]

-> "[Pharaon] attela son char et prit son peuple avec lui. Il prit 600 chars aux cavaliers d'élite, ainsi que tous les corps de chariots d'Egypte, tous soutenus par des officiers" (Béchala'h 14,6-7)
Le fin du verset peut être traduite ainsi : "tous les corps de chars d'Egypte, avec 3 (chalichim) pour chaque [juif]." (véchalim al koulo)
Pharaon ayant pour but d'attaquer et de tuer, chaque soldat égyptien reçut 3 armes différentes.

A cette époque, les chars de guerre étaient tirés par 2 chevaux et une 2e paire d'animaux de remplacement était attachée à l'arrière. Mais Pharaon fit atteler 3 chevaux à chaque char afin d'avancer plus vite.

Pharaon avait procédé à un recensement de tous les juifs vivant dans son pays. A présent, il fit en sorte d'avoir 3 soldats pour chaque juif. Pharaon ignorait que 4/5e des juifs étaient morts durant la plaie des ténèbres. Il rassembla donc son armée en fonction du nombre initial des juifs.
Selon la Torah, un total de 600 000 hommes juifs quittèrent l'Egypte. Puisque 4/5e étaient morts au cours des jours de ténèbres, le nombre original de juifs était donc de 3 millions.
Si l'on compte 3 soldats pour un juif, Pharaon mena donc 9 millions d'hommes au combat.
[...]
A l'encontre de chacun des soldats de Pharaon, Hachem envoya un ange de destruction pour protéger les juifs.
[Méam Loez - Béchala'h 14,6-7]

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- le 20 Nissan : 6e jour après la sortie d'Egypte.
L'armée égyptienne est prête à l'attaque, et ne va mettre qu'un seul jour pour rattraper les juifs.

Selon le midrach, l'ange au service de l'Egypte : Ouza, va planer au-dessus de l'armée égyptienne, semblant décidé à détruire le peuple d'Israël.

A la vision de tout cela, le peuple va être terrorisé, et va alors se mettre à implorer et à prier Hachem, qui désire entendre la prière de Ses enfants bien-aimés.
[midrach Chémot rabba25,5]

En cette fin du 6e jour, Hachem demande à Moché de se préparer à fendre la mer pour la faire traverser au peuple juif à pied sec. C'est la traversée de la mer Rouge qui débute ...

"Et le séjour des enfants d'Israël qui avaient résidé en Egypte fut de 430 ans" (Bo 12,40)

-> La guémara (Sanhédrin 91a) rapporte qu'une délégation d’égyptiens est venue un jour se plaindre auprès d’Alexandre le grand.
Ils se sont exclamés : "Les juifs nous doivent tout l'or et tout l'argent qu'ils nous ont emprunté au moment de quitter l’Egypte!"

Au nom du peuple juif, Géviha ben Pessissa a répondu, en leur demandant : "Comment savez-vous que nous vous avons pris votre argent et votre or avant de quitter l'Egypte ?"
Ils lui ont répondu : "Cela est clairement écrit dans la Torah !"

Géviha a alors rappelé que 600 000 juifs (Bo 12,37) ont quitté l'Egypte, et que les égyptiens les ont forcé pendant 430 ans (Bo 12,40) à effectuer des travaux très difficiles.
Il leur a dit : "Payez d'abord les salaires des personnes qui ont travaillé pour vous!"

Après 3 jours de réflexion, les égyptiens se sont rendus compte que la somme qu'ils devraient payer était bien supérieure à celle qu'ils pourraient recevoir.

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Pourtant, les juifs n'y ont pas travaillé 430 ans, en effet :
1°/ ils n'ont résidé en Egypte "que" pendant 210 ans, qui est la guématria de : רְדוּ (rédou) : "Descendez!" (Rachi - Mikets 42,2).
De plus, à leur arrivée, étant en famille avec Yossef, ils ont été traité royalement, et ce jusqu'à la mort de chacun des fils de Yaakov.

2°/ selon le midrach (Chir haChirim rabba 2,11), il n'y a eu "que" 86 années de travaux difficiles.
La guématria de "Elohim" (אֱלֹהִים), nom de D. dans Son attribut de justice, est de : 86.

Ces 86 très dures années ont démarré à compter de la naissance de Myriam, la sœur aînée de Moché.
Elle a d'ailleurs reçu son nom de la racine : מר (mar - amer), puisqu'à partir de sa naissance les égyptiens ont rendu la vie des juifs amère ("Ils leur rendirent la vie amère par le dur travail" - Chémot 1,14).

=> Comment Géviha ben Pessissa a-t-il pu demander un salaire sur un période de 430 ans?

-> Selon le Maharal, les 86 années étaient tellement difficiles, qu'elles valaient en réalité 430 années.

-> Selon le rav Marcus Lehmann (grand rabbin allemand du 19e siècle), il est vrai que nous avons travaillé 430 années, mais sachant que pendant la 9e plaie (l'obscurité) les 4/5e des juifs sont morts (Rachi - Béchala'h 13,18), il en résulte que ce ne sont pas 600 000 juifs qui ont été esclaves, mais 3 000 000 (600 000*5).
Ainsi, 3 000 000 de juifs esclaves pendant 86 ans, équivaut à : 600 000 pendant 430 ans (86*5).

=> Géviha ben Pessissa n'a pas émis de rectification, car cela revenait au même.

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-> En se basant sur cela, le rav Marcus Lehmann, fait un enseignement sur les 4 coupes de vin du Séder de la nuit de Pessa'h.

La guématria de : כוס (koss - un verre) est de : 86.

Pendant le Séder, nous levons 4 fois le verre de vin afin de remercier Hachem pour ces 4 כוס, correspondant aux 344 années (4*86), qu'Il nous a retiré d'un difficile esclavage, ne nous laissons accomplir "que" 86 années (un kos sur 5).

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-> La durée de 430 ans, commence à la brit ben habétarim, où Hachem a dit à Avraham que ses enfants iront en exil pendant 400 ans.
Cette période de 400 années a démarré lors de la naissance de Its'hak (cf. Rachi Lé'h Lé'ha 15,13).

-> "Les enfants d'Israël partirent de Ramsès en direction de Souccot " (Bo 12,37)

Le lieu de rendez-vous pour quitter l'Egypte était à Ramsès, c'était exactement 430 ans après la brit habétarim.
La guématria de Ramsès (רַעְמְסֵס) est de : 430.

Ils se sont dirigés vers la localité de Souccot (סכת), qui a une guématria de : 480.
C'est seulement 480 années après avoir quitté l'Egypte, que le roi Salomon va commencer à construire le Temple, la demeure permanente de la présence divine parmi Son peuple.

[Rabbi David Feinstein - Kol Dodi]

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-> "Ce fut au bout de trente ans et quatre cents ans, ce fut en ce jour-là même" (12,41)
Rachi : Cela nous enseigne que lorsque la fin [Délivrance] est arrivée, Hachem ne les a pas fait tarder même de la durée d’un battement de paupière.

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+ 430, 410 ou 210 années en Egypte?

-> D'un côté, la Torah atteste que les Bné Israël ont séjourné 430 années en Egypte : "Or, le séjour des Bné Israël, depuis qu’ils s’établirent dans l’Égypte, avait été de 430 ans" (Bo 12,40).
-> Par ailleurs, lorsqu’Hachem a révélé à Abraham l’Exil de sa descendance [lors de "l’Alliance entre les Morceaux"], Il lui indiqua que celui-ci allait se prolonger 400 ans : "Car ta descendance sera étrangère sur une terre qui n’est pas la leur ... 400 ans" (Lé'h Lé'ha 15,13).
-> Finalement, nos ancêtres ne sont restés en Egypte qu’une période de 210 ans, comme l’enseigne Rachi : "Yaakov ne leur dit pas (à ses fils) : Allez, mais Descendez (Rédou - רדו) [Mikets 42,2]. La Guématria de רדו (Descendez) est 210, allusion aux 210 ans que durera l’esclavage d’Egypte".

=> Comment concilier les paroles de la Torah avec la réalité de l’histoire?

1°/ Les 400 années sont comptées depuis la naissance d’Its’hak, appelé "Ta descendance" (voir Rachi sur Lé'h Lé'ha 15,13).
[A noter que le mot יצחק (Its’hak) est formé des lettres de קץ חי (Kets ‘Haï – fin vivant) qui fait allusion aux 190 années (190 = guématria du mot קץ [Kets] : fin de l’Exil) qu’Hachem a retiré aux 400 années d’Exil prévues : 210 = 400 – 190].

2°/ L’annonce de l’Exil à Abraham a eu lieu trente ans avant la naissance d’Its’hak. L’esclavage d’Egypte a donc plané dans l’air 430 ans! [Rachi].

3°/ "30 ans" avant la naissance d’Its’hak, les Anges צבאות ה׳ (Tsivot Hachem – Armées de D.) sont descendus en Egypte pour préparer l’arrivée des Bné Israël. Le séjour en Egypte des «Armées d’Hachem» [Tsivot Hachem] (cette expression qui désigne les Bné Israël dans Bo 12,41, fait allusion aux Anges) a bien duré 430 ans! [Méam Loez].

4°/ Ménaché et Efraïm, les enfants de Yossef que l’on considère comme 2 Tribus, sont nés 5 ans avec la descente de Yaakov en Egypte, soit une période totale d’Exil de 215 ans.
La souffrance "jour et nuit" du Peuple Juif, donna l’impression que l’Exil avait duré 2 fois plus de temps que ce qu’il avait été réellement, soit 430 ans (215 ans "jours" et 215 ans "nuits")! [Pirké déRabbi Elièzer 48,16].

5°/ La Torah précise que les Bné Israël sont restés en Egypte "30 ans et 400 ans".
"30 ans" correspondent à 30 Chemitot (un an pour une "semaine" d’années) soit 210 ans (30X7) : Le nombre d’année réel du séjour en Egypte.
"400 ans" correspondent au nombre d’années d’Exil, annoncé à Abraham, qu’Hachem a réduit pour compenser la dureté de l’esclavage [Targoum Yonathan Ben Ouziel].

6°/ Le Panim Yafot [au nom du Arizal - Chaar Hakavanot Pessa’h 1] explique que le Nom אלה־ים (Elokim) peut se décomposer en 2 parties : les trois premières lettres אל״ה (Eleh) [Voici] – du côté du ‘Hessed – Bonté, et les deux dernières lettres מ״י (Mi) [Qui] – du côté du Din – Rigueur [à noter que le Nom אלה־ים (Elokim) a la même valeur numérique (86) que le mot הטבע – Hatéva (la Nature).
Les deux lettres מ״י (Mi) – Qui? – suggère l’interrogation sur l’existence du Créateur de la Nature (existence que nia Pharaon), tandis que les trois lettres אל״ה (Eleh) – Voici – suggère la révélation du Maître du Monde (la Divinité – ה״אל HaEl révélée par l’entremise des Plaies).
Il s’avère que lors de la venue de Moché et Aaron, chez Pharaon, porteurs du Message divin de laisser sortir les Bné Israël, le roi d’Egypte s’écria : "Qui est cet Éternel מִי ה׳ (Mi Hachem) dont je dois écouter la parole en laissant partir Israël?" (Chémot 5,2).
Aussi, est-ce tout à fait intentionnellement que Pharaon mentionna les deux lettres מ״י (Mi) du Nom אלה־ים (Elokim), afin de renforcer l’impact de l’Attribut de la Rigueur sur le Peuple Juif. Ainsi, Hachem décida d’atténuer la Rigueur grâce aux trois lettres אל״ה (Eleh) du Nom אלה־ים , allusion à la Clémence, comme l’indique le texte du début de notre paracha : «Va chez Pharaon ; car J’ai appesanti son coeur et celui de ses serviteurs, à dessein d’opérer ces אֵלֶּה (Eleh) prodiges אֹתֹתַי autour de lui» (Bo 10,1).

Le Arizal (Chaar HaPessoukim Bo 12,40) explique par ailleurs que les Bné Israël étaient censés rester en Egypte durant 430 années afin d’atténuer la Rigueur des cinq Noms אלה־ים (mentionnés dans Chémot 2, 23-25) [5x86 = 430].
Toutefois, grâce aux mérites de leurs prières et de leurs cris, le décret de l’Exil a été modifié. Malgré la dissimulation de la Présence Divine, ils ont maintenu en eux la foi en Hachem, Maître de tous les évènements – אל״ה.
Aussi, ont-ils réussi à atténuer la Rigueur émanant des lettres מ״י (Mi) associée aux cinq fois Elokim au moyen de cinq fois אל״ה (Eleh) [36]. Leur Exil réel en Egypte ne fut donc que de 180 années, cinq fois אל״ה (36x5=180).

Pourquoi dans ce cas on-t-ils séjourné en Egypte 210 ans plutôt que 180 (comme expliqué ci-dessus)?
Leur foi en D-ieu avait été alimentée et renforcée grâce au repos du Shabbath que leur avait procuré Moché en l’exigeant auprès de Pharaon [Midrach Chémot rabba].
Or, Shabbath représente un 7e des jours de la semaine. En conséquence, sur les 210 ans d’Exil, il y eut 30 ans de Shabbath au cours desquels ils n’ont pas travaillé [210/7 = 30]. En soustrayant ces 30 années, cela nous laisse exactement 180 années où ils ont été réduits concrètement en esclavage, cinq fois אל״ה (Eleh) [36].
Ainsi, Hachem fit en sorte qu’ils étaient restés en Egypte 430 années : 180 ans d’Exil pur (210 ans de présence en Egypte moins 30 ans de Chabbath) et la durée "fictive" correspondant au radoucissement des cinq fois מ״י (Mi) de valeur numérique 50 [50x5 = 250].