La raison pour laquelle nous devons nous souvenir chaque jour de la sortie d'Egypte, c’est pour intérioriser le fait que même si une personne se sent prisonnière du désir ou des ténèbres, elle ne doit pas désespérer. Elle doit faire confiance à Hachem, sachant que personne n’est plus prisonnier que les Bné Israël en Egypte, et que Hachem les en a fait sortir.
[rav Tsadok haCohen de Lublin - Tsidkat Tsadik - Pessah 24 ]
Catégorie : #15- Bo
En essence, la lutte entre Moché Rabbénou et Pharaon représente la lutte entre la da'at de la kédoucha (sainteté), la conscience de la Providence divine, et la da’at de la sitra achra, la croyance dans les lois de la nature.
Pharaon continuait à endurcir son cœur après chaque plaie, car il pouvait expliquer que les plaies n’étaient que des phénomènes naturels.
De plus, rabbi Na'hman de Breslev (Likoutei Mohoran I,1) révèle que la da'at et la 'hokhma sont des aspects du premier-né, appelé "reichit", comme le dit le verset : "Reichit 'hokhma".
Ainsi, lorsque Hachem frappa les premiers-nés des égyptiens, cela brisa complètement le daat hérétique de Pharaon, tout en révélant la Présence d'Hachem au monde entier.
De même, de nos jours, nous devons lutter pour surmonter la croyance dans les lois de la nature. Mais tout comme les juifs en Égypte avaient Moché, nous avons nous aussi d’incroyables tsadikim qui font briller la lumière éclatante de la véritable da'at et de la émouna dans nos cœurs et nous montrent que Hachem veille sur nous, même si nous sommes tombés dans les niveaux les plus bas des ténèbres, de l'obscurité.
Il nous suffit d’étudier leurs séfarim et d’écouter très attentivement ce qu’ils disent.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Nétilat Yadaïm 2 ]
L’amour de la mitsva/matsa …
+ L'amour de la mitsva/matsa ...
-> "Le peuple porta sa pâte avant qu'elle fût levée, attachés à leurs vêtements sur leurs épaules" (Chémot - Bo 12,34)
-> "Sur leurs épaules, bien qu'ils aient eu beaucoup d'animaux de bât (servant au transport de leurs biens), manifestant ainsi leur amour pour les mitsvot"
(la Mekhilta sur ce verset)
-> Le Rav Réouven Melamed (Mélits Yochèr) nous enseigne :
Nous savons que les enfants d'Israël ont quitté l'Egypte "avec de grandes richesses" (Béréchit - Lé'h Lé'ha 15,14), constituées par de l'or et de l'argent.
Ils ont pourtant chargé ces biens matériels sur leurs animaux, et ont pris sur leurs propres épaules les restes de matsa et de maror (de la nuit du Séder) .
Ces simples "restes" de mitsvot leur étaient plus précieux que l'argent et l'or!
De même que nous devons chérir toute occasion d'observer une mitsva, nous devons aussi porter dans nos cœurs tout objet qui a été utilisé pour l'une d'elles, même si elle a déjà été accomplie.
Heureux celui sert son Créateur dans la joie!"
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-> Le rav Schechter enseigne que les vêtements que les juifs ont pu prendre aux égyptiens pouvaient négativement les affecter, puisque provenant d'un environnement rempli d'impuretés, d'immoralités. Comment éviter que cela ne déteindre sur eux?
Le midrach Tan'houma rapporte que les juifs possédaient tous de très nombreux animaux. Bien qu'ils pouvaient les utiliser pour porter la matsa, ils ont témoigné de l'amour pour la mitsva en les porter sur leurs épaules.
En utilisant les habits égyptiens pour emballer les matsot, les impliquant dans la mitsva, cela a permis d'élever ces vêtements, retirant leur impact négatif, et les rendant utilisables pour la suite.
Le 'Hizkouni affirme que les juifs désiraient les luxueux vêtements des égyptiens afin de pouvoir les revêtir en l'honneur des jours de fête (Yom Tov).
Rabbénou miBarténoura ajoute que c'était peu être afin d'être mieux habillés lors du don de la Torah.
[les habits les plus impudiques, car trop courts, étaient donnés aux enfants.]
"Et ce sera lorsque D. t’amènera au pays … qu'il a juré à tes ancêtres de te donner, un pays ruisselant de lait et de miel" (Bo 13,5)
-> "La terre d'Israël sans Torah est comme un corps sans âme. C'est juste un morceau de terre.
C'est uniquement lorsque les 2 existent ensemble, qu'il y a une unité complète."
-> Dans les dernières années de sa vie, le rav Eliyahou Dessler est venu s'installer en Israël, et il parlait alors avec beaucoup d'enthousiasme d'à quel point c'est fabuleux d'être sur la terre sainte.
Absolument pas !
Ici, j’arrive à résoudre des problématiques spirituelles en 2 heures, alors qu'en dehors d'Israël je devais y consacrer plusieurs semaines."
[Marbitsei Torah ouMoussar – vol.3 – p.79]
"Israël ne sera pas sauvé eu égard à ses souffrances, sa servitude, ses tribulations, sa confusion, sa détresse ou le manque de nourriture, mais grâce à 10 hommes assis ensemble, chacun lisant et apprenant l'un avec l'autre à haute voix."
[Tana déBé Eliyahou Zouta - chap.14]
=> Même après tous les malheurs que nous subirons à la fin de notre exil, nous ne pourrons être sauvés que par le mérite de la Torah en groupe.
[ "Afin que la Torah de D. soit dans ta bouche" - Bo 13,9]
"Si un enfant est qualifié d'orphelin parce qu'il n'a ni père ni mère, un peuple est appelé orphelin lorsqu'il n'a pas d'enfants pour perpétuer la tradition des pères."
[rav Yossef Kahanman - fondateur de la yéchiva de Ponievitch]
-> sur le verset : "Nous irons avec nos jeunes gens et nos vieillards ... car nous avons une fête en l'honneur de D." (Bo 10,9)
"Les Bné Israël s’en allèrent et firent ce que Hachem leur avait ordonné" (Bo 12,28)
-> Rachi, citant la Mékhilta, commente : "Avaient-ils déjà accompli ces commandements à ce moment-là? Cette instruction ne leur avait-elle pas été donnée à Roch 'Hodech, deux semaines avant l’offrande du korban Pessah? Mais comme ils ont pris l’initiative d’accomplir ces commandements, le verset le considère comme un mérite pour eux, comme s’ils avaient déjà réellement accompli les commandements".
C’est une idée incroyable. Dès l’instant où une personne décide de servir Hachem de tout son cœur, elle est considérée comme l’ayant fait, et est immédiatement sanctifiée.
[rav Moché Sternbuch]
"Vous le mangerez à la hâte" (Bo 12:12)
-> Pourquoi les juifs devaient-ils consommer l'offrande de Pessa'h à la hâte s'ils n'allaient quitter l'Égypte que le lendemain?
Le Imré Emet (Likouté Yéhouda) explique que c'est au cours de cette nuit qu'ils ont commencé à devenir le peuple élu de d'Hachem, de vrais juifs.
Un juif doit être comme un soldat, en perpétuel état de préparation pour exécuter la volonté de D. avec zèle.
Egypte & La main puissante d’Hachem
+ Egypte & La main puissante d'Hachem :
-> Que signifie le fait que Hachem nous a fait sortir d'une main forte (yad 'hazaka)? Pourquoi Hachem a-t-il eu besoin d'une main forte pour nous sortir d'Egypte?
Le concept de main forte ne s'applique qu'en cas d'une personne forte contre une autre personne forte.
L'un doit dominer l'autre avec sa grande puissance, et cette puissance est nécessaire lorsque son adversaire est également puissant.
Face à Hachem, rien ne peut Lui être comparé, alors pourquoi Hachem a-t-il eu besoin d'utiliser Sa main puissante, forte?
La main puissante que Hachem a utilisée n'était pas contre les égyptiens mais contre la midat ha'din (attribut de Rigueur), qui cherchait à poursuivre le peuple juif. La midat hadin disait à Hachem : "Tu aimes les jugements équitables, alors pourquoi [le peuple juif] est-il différent de ces autres adorateurs d'idoles (ovdé avoda zara)?" [les juifs étaient similaires aux égyptiens, en servant des idoles. ]
C'est la main forte que Hachem a utilisée pour repousser la midat hadin pour le bien des Avot.
[Alchikh haKadoch]
"Et maintenant, pardonnez donc mon péché, rien que cette fois, et implorez Hachem votre D., qu'Il enlève de sur moi seulement cette mort-ci" (Bo 10,17)
Pourquoi Pharaon a-t-il mentionné précisément cette plaie (celle des sauterelles) comme étant : "la mort" ?
Le rav Yossef Dov Soloveitchik (Roch yéchiva de Brisk) cite la réponse ironique proposée par un rabbin.
Le Baal haTourim (verset 10,14) nous apprend que les sauterelles, après s'être gavées de nourriture pendant toute la semaine, se sont reposées le Shabbath.
En d'autres termes, c'était une "plaie religieuse", plus que Pharaon ne pouvait en supporter!
Par ailleurs, le Midrach (Chémot Rabba 10,2) rapporte que les grenouilles avaient sauté dans les fours pour sanctifier le Nom de D.
Elles ont donc été tout autant une "plaie religieuse!"
[Selon Rav 'Haïm Kanievsky, les égyptiens ne forçaient pas les juifs à travailler le Shabbath (midrach Chémot rabba 5,18), c'est pourquoi en ce jour elles se reposaient également.]
Comment se fait-il que Pharaon a mieux supportée cette plaie des grenouilles (ne la caractérisant pas de : la mort)?
Une différence profonde distingue ces 2 fléaux.
Pharaon n'avaient pas lieu de redouter que de nombreuses personnes imitent le comportement "religieux" des grenouilles en sautant dans les fours.
En revanche, il avait de bonnes raisons de craindre que des multitudes suivent l'exemple des sauterelles qui se sont reposées le Shabbath.
Cette forme de "religiosité" risquait de faire beaucoup d'adeptes !
Source (b"h) : issu du "Talelei Orot" du rav Yissa'har Dov Rubin