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S’éloigner d’un racha :

"Les fils se bousculaient dans son sein. Elle dit : "S'il en est ainsi, pourquoi cela pour moi?"
Et elle alla consulter Hachem". " (Toldot 25,22)

-> Rachi explique : "Les Rabbanim expliquent le mot "vayit'rotsatsou" (luttaient/se bousculaient) comme une expression de course. Lorsqu'elle passait devant les entrées de la yéchiva de Chem et Ever, Yaakov courait et luttait pour sortir. Lorsqu'elle passait devant l'entrée d'un temple idolâtre, Essav courait et luttait pour sortir".

Le rav 'Haïm de Brisk cite son père, le Beit haLévi qui demandait pourquoi Yaakov courait pour sortir lorsque sa mère passait devant un beit midrach (maison d'étude). Nous savons que lorsqu'un bébé est dans le ventre de sa mère, il apprend toute la Torah avec un ange (mala'h). Pourquoi voudrait-il quitter cet environnement?
Il répond que lorsque Yaakov était dans le ventre de sa mère, il était coincé à côté d'Essav. Il savait qu'il serait préférable de partir, même si cela signifiait renoncer à apprendre avec un ange, tant qu'il n'était pas obligé d'être aussi proche d'un racha.

"Cet homme devint grand ; puis sa grandeur alla croissant et enfin il fut très grand. Il avait des possessions en menu bétail, des possessions en gros bétail, des cultures considérables et les Philistins le jalousèrent." (Toldot 26,13-14)

-> Le Ben Ich 'Haï (séfer Adéret Eliyahou) explique ce verset comme suit : Si Hachem veut donner à une personne 1 000 pièces d'or afin de la rendre riche et qu'Il les lui envoie en une seule fois, la personne sera très heureuse à ce moment-là.
S'Il l'envoie en deux ou trois fois, la personne sera heureuse chaque fois qu'elle recevra une partie de l'argent.
Un autre avantage de recevoir quelque chose en petits versements est que les autres ne remarqueront pas un changement soudain dans le statut de la personne, et ne seront donc pas incrédules à son égard.

Le verset dit que Its'hak a grandi graduellement, s'élevant d'un niveau à l'autre jusqu'à ce qu'il devienne extrêmement grand.
Au début, il possédait des moutons. Plus tard, il a acquis du bétail. Par la suite, il a acquis une "grande production" de tous les types d'animaux. C'est la raison pour laquelle les Philistins l'enviaient.
S'il était devenu riche d'un seul coup, ils auraient dit que, tout comme il était devenu riche soudainement, il pouvait aussi perdre tout son argent et devenir pauvre. Mais lorsqu'ils virent qu'il s'enrichissait progressivement et que toutes les entreprises qu'il entreprenait étaient couronnées de succès, ils comprirent que son mazal était si bon qu'il n'échouerait jamais. C'est pourquoi ils étaient jaloux de lui.

"Et maintenant, aiguise tes instruments, ton épée et ton arc, et va dans les champs, et chasse le gibier pour moi" (Toldot 27,3)

-> Pourquoi Its'hak a-t-il demandé à Essav de chasser pour lui. Pourquoi ne pouvait-il pas lui apporter de la viande provenant d'animaux qu'ils possédaient déjà?

Le Avné Nézer (cité dans Chem miChmouel - Toldot) répond que le trait de caractère (mida) déterminant d'Its'hak était la midat haguévoura, le trait de force qui permet de conquérir les forces extérieures (forces du mal) et de les amener du côté de la sainteté (kédoucha).
C'est pourquoi il voulait qu'Essav attrape des animaux sauvages afin de conquérir leur pouvoir et de les rendre saints.

Le fait de piéger quelque chose contre sa volonté symbolise la façon dont Its'hak a piégé les forces impures/négatives et les a amenées du côté de la sainteté.

Yaakov dit : "Vends-moi aujourd'hui ton droit d’aînesse" (Toldot 25,31)

-> Le Yalkout Chimoni (Remez 110) raconte que lorsque Yaakov et Essav étaient dans le ventre de leur mère, Yaakov a dit à Essav :
"Il y a deux mondes devant nous. Tu prends ce monde-ci (olam hazé) et je prendrai le monde à Venir (olam haba), comme il est dit : "Vends-moi aujourd'hui ton droit d’aînesse".
Ce même jour, Essav a refusé l'idée qu'il y a une résurrection des morts, comme il est dit : "Voici que je vais mourir". À ce moment-là, Essav prit la part du Olam hazé et Yaakov prit la part du olam haba."

-> Le séfer M'Zékénim Et'bonen cite le rav Mordé'hai 'Haïm de Slonim qui rapporte l'explication suivante du Yalkut Chimoni au nom du Yessod ha'Avodah :
Après l'accord conclu entre Yaakov et Essav pour diviser les deux mondes, Essav vit que Yaakov faisait des séoudot festives chaque Shabbat, où il chantait avec une joie extrême. À la fin du Shabbath, il faisait également un Mélava Malka festif. Il se rendit compte que Yaakov appréciait en fait ce monde. Il en fut contrarié et se plaignit qu'ils avaient convenu qu'il obtiendrait ce monde et que Yaakov n'obtiendrait que le Olam Haba. Yaakov lui répondit : "Le Shabbath est 'mé'én Olam Haba'. Il est comparable au Olam Haba et fait donc partie de ma part."

Essav se rendit un jour à la maison de Yaakov, un jour de semaine, et le vit assis en train de savourer une séouda. Il lui demanda pourquoi il tirait du plaisir de ce monde un jour de semaine et Yaakov répondit : "Aujourd'hui, c'est Roch 'Hodech. Ce n'est pas un jour de semaine ordinaire. Il s'agit plutôt d'un yomtov mineur et il est inclus dans le Olam Haba."

Essav demanda : "À quelle fréquence célébrez-vous Rosh 'Hodech ?"
Yaakov répondit : "Une fois tous les 30 jours." Essav fut quelque peu réconforté, car il pensait toujours que Yaakov ne tirerait pas de plaisir de ce monde la plupart des jours de l'année et qu'il serait le seul à avoir la portion du Olam Hazé la plupart du temps.

Un autre jour de la semaine, Essav se rendit chez Yaakov et l'entendit chanter de joie. Il entra et le vit à nouveau en train de prendre un repas copieux. Il lui demanda : "Que fais-tu? Ce n'est pas Shabbat ni Roch 'Hodech aujourd'hui !" Yaakov répondit : "Aujourd'hui, je termine la Massé'het Baba Kama. Je fais une séouda pour le siyoum." Essav se mit en colère et dit : "Le Olam Hazé et ses plaisirs m'appartiennent. Pourquoi me les voles-tu ?"

Yaakov répondit : "Si tu penses qu'une séouda pour un siyoum fait partie du Olam Hazé, tu peux en faire une toi aussi! Maintenant que nous avons terminé les Massé'het Baba Kama, nous commençons à étudier Baba Métsia. Viens étudier avec nous, et lorsque nous aurons terminé la massékhta, tu pourras également faire un siyoum et en profiter."

Essav accepta ce conseil. Mais lorsqu'il s'assit devant la guémara, il n'eut immédiatement plus envie d'apprendre. Il se leva et quitta la yeshiva en courant. Essav alla alors demander conseil au frère de son père, Yichmaël.
Yichmaël lui conseilla de dire à Yaakov ce qui suit : Nous avions convenu que j'obtiendrais le Olam Hazé et que tu obtiendrais le Olam Haba. Je vois que je ne profite pas de ce monde. Bien que je mange et boive autant que je veux, je ne ressens pas le vrai bonheur parce que je sais que je n'ai aucune part dans le Olam Haba. Par conséquent, je vis une vie de douleur et de misère. Je n'ai ni Olam Hazé ni Olam Haba. Par conséquent, l'accord que nous avons conclu est nul et non avenu.

Essav accepta le conseil de son oncle et présenta cette demande à Yaakov.
Lorsque Yaakov entendit ce qu'Essav avait à dire, il lui dit : "Je te promets que tu auras une part dans le Olam Haba afin que tu puisses jouir du Olam Hazé sans inquiétude ni peur."

Lorsque Esav mourut et se rendit dans le monde supérieur, il réclama la part de Olam Haba que Yaakov lui a promise. On lui répondit que Yaakov ne lui avait promis une part dans le Olam Haba que pour qu'il puisse jouir du Olam Hazé. Sa promesse a fonctionné, car Essav a pleinement profité du Olam Hazé après l'avoir entendue. Par conséquent, il avait déjà reçu tout ce qui lui revenait et il n'avait aucun droit à une quelconque portion dans le Olam Haba.

+ "Vous vous tenez aujourd'hui devant Hachem, votre D."  (Dévarim 29,9)

= Nous pouvons nous tenir devant D. si nous nous préoccupons que du jour présent.

Rabbi Na'hman de Breslev disait : "Hier et demain constitue la ruine de l'homme.
Aujourd'hui, vous pouvez être dévoués à D.  mais vos hiers et vos demains vous ramènent en arrière."

Nous avons en nous un yétser ara, une force destructive, dont le mode opératoire ne consiste pas exclusivement à nous inciter à commettre un péché.
En effet, s'il parvient à paralyser quelqu'un et à l'empêcher d'avoir un comportement constructif, il aura alors atteint son objectif.

Nous ne pouvons rien faire au sujet du passé et, en général, très peu en ce qui concerne le futur.
Notre préoccupation pour le passé et le futur, qui nous dissuade de toute attitude constructive dans le présent, est donc une machination du yétser ara.

=> Pour être avec D., nous devons nous concentrer sur aujourd'hui  ...   ("aujourd'hui devant Hachem").

L’appel divin quotidien …

"Chaque jour, une voix Céleste émane du Mont Sinaï, proclamant ces mots : "Malheur à l'humanité pour son mépris de la Torah." " 
[Pirké Avot 6,2]

Le Baal Chem Tov pose la question suivante :
"Quel est l'intérêt de cette voix de D. sortant du Mont Sinaï si elle est inaudible?
Personne n'a jamais rapporté avoir entendu cette voix céleste."

Le Baal Chem Tov répond :
"La voix de D. ne peut être entendue par l'oreille, mais elle est perçue par la néchama, l'âme.

Chaque fois que le remord s'éveille en nous et nous incite à examiner notre conduite et à regretter les mauvaises actions que nous avons commises, cela vient de l'appel de D. perçu par la néchama."

L'appel divin est réel.
[A l'image d'ondes au-delà du spectre de perception de l'oreille humaine, et qui ne sont audibles seulement que par certains animaux, certains instruments spéciaux, ...]

Notre néchama qui est sensible, l'entend quotidiennement.
Chaque jour, D. Nous fait signe et nous prie de revenir vers Lui.
Comme nous sommes inconscients de rester sourds à cet appel ...

Avraham & matérialité

+ Avraham & matérialité :

-> "Its’hak était sorti dans les champs pour se livrer à la méditation (lassoua’h) à l’approche du soir (lifnot arev)" ('Hayé Sarah 24,63)

-> Rachi explique que "lassoua’h" (לָשׂוחַּ) signifie prier, comme dans : "Verser sa prière" (yispo'h chi'ho - Téhilim 102,1).
Le Kitvé RaMam dit au nom du Yessod haAvoda que le verset dit que la prière d'Its'hak était "lifnot arev", ce qui signifie enlever la douceur ("arévout") de ce monde de son cœur. Avraham a prié pour supprimer tout lien avec les plaisirs de ce monde, pour ne pas être influencé par la matérialité du monde.

Le reproche …

+++ Le reproche ...

--> Le Rabbi Yossef Its'hak de Loubavitch disait :
"Avant d'opérer un malade, D. nous en préserve, on anesthésie le membre afin de réduire au maximum la douleur.
Et bien, il en va de même pour l'opération de l'âme - le reproche : il faut épargner autant que possible la souffrance."

Le Rabbi a aussi écrit :
"Le reproche, c'est une injection.
Avant de l'administrer, il faut stériliser soigneusement la seringue, l'aiguille et la région à piquer.
Et après l'avoir administré, effacer toute trace de blessure.
Mesures vitales, faute de quoi on risque d'introduire un microbe ou un corps étranger et provoquer d'autres maladies."

--> "L'art du reproche, c'est feindre de l'adresser à la mauvaise personne (qui ne s'en formalisera pas) en présence de celui qu'il vise réellement.
Ainsi, on aura atteint sa cible sans humilier qui que ce soit."
[Le Tséma'h Tsédék]

--> "Tu vois ton ami pécher?
Assure-toi d'abord que tu ne commets pas toi-même ce péché."
[Rabbi Yaakov de Polnau]

--> "Il est difficile de réprimander, mais bien plus de se taire."
[Rabbi Yossef Its'hak de Loubavitch]

--> "Aime la critique, car elle te ramène à ton juste rang."
[Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch]

"Le Patriarche Avraham observait tous les commandements de la Torah, bien qu'ils n'aient pas encore été révélés."
[guémara Yoma 28b]

Comment Avraham a-t-il pu observer des commandements qui lui étaient inconnus?

Les maîtres 'hassidiques mettent en corrélation les 613 mitsvot avec les  613 membres du corps humain.
Chaque partie du corps humain correspond à une mitsva spécifique.

Le patriarche Avraham a complètement dirigé sa vie vers la volonté de D.
Comme sa dernière épreuve le montre, il était prêt à sanctifier son fils bien-aimé dès lors que telle était la volonté de D.

Cette soumission totale à la volonté de D. a conditionné chaque partie de sa personne pour être naturellement attirée vers la mitsva qui lui correspondait et pour s'opposer à tout ce qui empêcherait l'accomplissement de la volonté de D.
De cette manière, toute sa personne réalisait intuitivement la volonté de D.

=> N'oublions pas que nous sommes les descendants d'Avraham et que nous devons consacrer nos vies à la volonté de D.

 

Source (b"h) : issu d'un dvar Torah du rav Avraham Twerski

"Ce fut, lorsque les chameaux eurent fini de boire, que l'homme prit une boucle en or, du poids d'un béka, et deux bracelets sur ses mains, du poids de dix pièces d'or."  ('Hayé Sarah 24,22)

Rachi commente que les 2 bracelets constituaient une allusion aux 2 Tables de la Loi, et le poids de 10 pièces d'or aux 10 Commandements gravés sur elles.
Quel message Eliézer a-t-il voulu transmettre à Rivka?

Le Admour de Belz (Ravvi Yissa'har Dov Rokéa'h) explique en se référant au Tour (Ora'h 'Haïm 417) que les 3 fêtes (les 3 régalim) correspondent aux 3 Patriarches : Pessa'h à Avraham, Shavouot à Yits'hak et Souccot à Yaakov.

Eliézer voulait que Rivka connaisse la grandeur de son futur mari, et il l'a fait par une allusion au don des Tables de la Loi, qui a eu lieu à Shavouot, le jour de fête rattaché à celui qu'elle allait épouser.

Le Admour de Belz propose aussi une explication sur d'autres cadeaux offerts par Eliézer à la jeune fille.
Il est indiqué au verset 53 qu'il lui a donné : "des objets d'argent, des objets d'or et des vêtements."
Pourquoi spécialement des vêtements?
Savait-il seulement s'ils lui iraient?

En réalité, ils lui ont été envoyés comme spécimens des habits modestes en usage chez Avraham.
Celui-ci voulait que Rivka sache bien à l'avance qu'elle devrait respecter des normes strictes de pudeur.

Rav Yéhochoua Leib Diskin en donne une autre explication : Avraham craignait que les vêtements portés chez sa future bru puissent contenir un mélange de laine et de lin, les rendant ainsi Cha'atnèz.
Voilà pourquoi il lui en a envoyé d'autres.
Mais, pour dissimuler son intention et ne pas embarrasser Rivka et sa famille, il les a emballés dans des objets d'or et d'argent.

Source (b'h) : issu du "talélei Oroth" du rav Yssa’har Dov Rubin

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+ "Une boucle en or, du poids d'un béka, et deux bracelets sur ses mains, du poids de dix pièces d'or."

-> Selon Rachi :
- par la boucle en or = Eliezer voulait faire allusion à Rivka au don du demi Shékel, contribution annuelle versée par les juifs aux Sanctuaire, qui se réalisera dans le futur. (1 béka = 1 demi-shékel)
- par les 2 bracelets = c'est une référence aux 2 Tables de la Loi, et leur poids de 10 pièces d'or aux 10 Commandements.

-> Mais pourquoi toutes ces allusions?
Le 'Hidouché haRim donne la réponse suivante :
Le demi Shékel symbolise le service d’Hachem par les sacrifices qui étaient achetés par le don des demis Shékel. D'autre part, les Tables de la Loi rappellent la Torah.

Chimon haTsadik enseigne : "Le monde repose sur 3 piliers : [L’étude de] la Torah, le service [de D.] et les actes de bonté." [Pirké Avot 1,2]
Quand Eliezer constata chez Rivka qu’elle développait le pilier de la bonté de la façon la plus remarquable et exceptionnelle (cf. au puits où elle le servit à boire, ainsi que ses chameaux), il lui "offrit" les 2 autres piliers : celui du service (boucle d'or) et celui de la Thora (les bracelets).

On apprend d'ici que celui qui se donne au maximum pour développer une qualité, les autres qualités lui viendront naturellement, comme si elles lui seront offertes.

-> Le Maharal (Gour Arié - 'Hayé Sarah 24,22) explique qu’Éliézer faisait allusion aux 3 piliers du monde : la Torah, le service de D. et la bonté (Pirké Avot 1,2).
- Le Béka correspond à la bienveillance, parce que la mitsva de Ma’hatsit Hashekel implique le don.
- La boucle au nez fait penser à la bonne odeur des Korbanot (offrandes) grâce auxquels nous servons Hachem dans le Beth Hamikdach. [Le Maharal souligne que la Torah décrit les Korbanot par leur odeur agréable].
- Et les deux bracelets (les Lou'hot) font bien sûr référence à la Torah.

Le Maharal pousuit qu'Éliézer insinuait à Rivka que puisqu’elle excellait dans l’un des 3 piliers, le ’hessed, elle allait également mériter les 2 autres. Son lien avec le service divin allait se faire par son mariage avec Its’hak et celui avec la Torah allait se concrétiser avec Yaakov.
Le Maharal explique que la bonté est la base de toutes les autres qualités. Ainsi, en se distinguant dans ce pilier, Rivka les mérita tous.
Nous comprenons à présent pourquoi la bonté était d’une telle importance aux yeux d’Éliézer. Il réalisa que c’était la base de toute chose positive, et donc que la femme d’Its’hak devait en regorger.

Le Maharal (Gour Arié - Béréchit 12,2) développe une idée similaire sur la paracha Lé'h Lé'ha, quand Hachem promit que le nom d’Avraham serait relié à la première bénédiction de la Amida (Rachi v.12,2). Pourquoi précisément Avraham et non Its’hak ou Yaakov? C’est parce que le ’hessed englobe les qualités d’Its’hak et de Yaakov.

La guémara (Shabbat 31a) appuie cette idée quand elle raconte qu’un homme en voie de conversion demanda à Hillel de lui apprendre la Torah "sur un pied" [de lui enseigner un principe fondamental qui résumait toute la Tora].
Hillel lui répondit : "Ne fais pas à ton prochain ce qui t’es détestable. Ceci est la Torah, tout le reste n’en est que commentaires".
Les commentateurs comprennent que Hillel enseignait à ce non-juif la mitsva d’aimer son prochain comme soi-même (Vayikra 19,18) qui recèle toutes les mitsvot interpersonnelles.
Mais comment comprendre qu’elle incarne tous les autres Commandements : même ceux concernant notre relation avec Hachem?
Le ’Hazon Ich explique que Hillel lui enseignait par là une leçon très profonde. Une personne égocentrique est enfermée dans sa propre façon de penser et de voir le monde. Elle ne peut pas se confronter aux opinions des autres ; elle n’essaie même pas. Un tel individu ne vit pas avec la Torah.
Celui qui ne peut établir de rapport avec son entourage ne peut pas vraiment se lier à Hachem. Hillel voulait faire comprendre au converti que ce n’est qu’en sortant de son monde égoïste que l’on peut accepter la Torah.

Ceci nous aide à comprendre pourquoi la bonté est un point de départ dans la Torah. Un homme bienveillant peut sortir de son petit monde et tenir compte des besoins ou de l’avis d’autrui. Ainsi, il est capable de faire abstraction de ses partis-pris et de se conformer à la conception de le Torah.

Le rav Yéhonathan Geffen dit que c’est ce qu’Éliézer recherchait chez la future femme d’Its’hak. Le ’hessed est essentiel dans toute relation, et plus particulièrement au sein du couple. En travaillant sur le don, on améliore immensément et durablement sa vie de couple, tandis que si l’on reste focalisé sur soi-même, on sera incapable de comprendre et de satisfaire les besoins de son conjoint. Cette étroitesse d’esprit est la cause de nombreux différends. Quand on fait l’effort de se rapprocher de l’autre, le lien du mariage ne peut que se renforcer.

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-> Le Béer Yossef explique l'allusion aux 2 Tables de la Loi.
Il y a 5 Commandements (entre l'homme et son Créateur) et 5 autres Commandements (entre l'homme et son prochain), qui forment un tout indissociable (les 10 Commandements).
Eliézer a déjà pu constater (au puits) la grande générosité et l'altruisme de Rivka. En lui donnant 2 bracelets, il lui fait comprendre en allusion que la perfection morale réside que dans l'union des 2 Tables de la Loi, dans lesquelles figurent à la fois des mitsvot à l'égard de D. et celles qui concernent nos relations avec autres.

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+ "Le serviteur (Eliezer) prit 10 chameaux parmi les chameaux de son maître et partit" ('Hayé Sarah 24,10)

Pourquoi Eliezer prit particulièrement des chameaux pour se rendre à Aram Naharayim trouver une femme pour Its'hak? Il aurait pu prendre des chevaux ou encore des ânes, qui sont des moyens de locomotion plus habituels.

Le midrach rapporte que la Providence Divine a voulu qu’il prenne des chameaux car cet animal a un signe pur (il rumine) et un signe impur (il n'a pas de sabots fendus).
=> Ainsi, cela devait indiquer que du mariage entre Its'hak et Rivka devait sortir 2 jumeaux : un pur (Yaakov) et un impur (Essav).

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"Elle dit : Bois et à tes chameau aussi je donnerai à boire" ('hayé Sarah 24,19)

-> Quand Eliezer remarqua combien Rivka était généreuse et s’est donné à fond pour leur faire du bien, il en déduisit qu’elle est apte à intégrer la maison d’Avraham.
Cependant, on peut s’interroger : certes Rivka a prouvé combien elle est attachée à la bonté, mais Eliezer n’a pas encore vérifié si elle croit en Hachem et si sa foi est comme il se doit.
=> Ainsi, comment Eliezer a-t-il pu se contenter de vérifier sa bonté, et non si elle est croyante, ce qui est aussi fondamental pour intégrer la famille d’Avraham, le père des croyants?

En réalité, chaque être humain croit naturellement en Hachem. Néanmoins, ce qui empêche cette foi de se manifester en lui, c’est l’orgueil.
Le fait de croire en sa force personnelle = cela empêche de réaliser que c’est Hachem Qui est à l’origine de tout et Qui détient réellement toutes les forces. Or, quand Eliezer a vu combien Rivka avait complètement annulé son ego pour leur servir de l’eau et abreuver tous les chameaux, elle toute seule, il en déduisit combien elle est effacée pour l’autre. Dès lors, plus rien ne pourra l’empêcher d’avoir une foi complète en Hachem.
[rav Yé'hezkel Levinstein - Ohr Yé'hezkel]

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-> Comme signe pour vérifier que la femme convenait bien à Its'hak, Eliézer s'est dit : "la jeune fille à qui je dirai: ‘Veuille pencher ta cruche, que je boive’ et qui répondra: ‘Bois, puis je ferai boire aussi tes chameaux’, puisses-tu l'avoir destinée à ton serviteur Its'hak" (v.24,14).
Mais les choses ne se sont pas passées exactement ainsi. En effet, lorsqu'il a demandé de l'eau à Rivka, au début elle n'a fait aucune mention des chameaux.
[v.18 : "Elle répondit: "Bois, seigneur." Et vite elle fit glisser sa cruche jusqu'à sa main et elle lui donna à boire"].
Il est écrit dans le verset suivant (v.19) : "Après lui avoir donné à boire, elle dit : Bois et à tes chameau aussi je donnerai à boire".
=> Pourquoi Rivka n'a-t-elle pas parlé des chameaux, à l'image de l'attente de Eliézer?

Le Ohr ha'Haïm haKadoch (24,18) explique que Rivka a agit avec encore davantage de piété que Eliézer l'espérait.
En effet, elle s'est dit qu'en le disant dès le début, Eliézer boirait moins d'eau ou plus rapidement (en une gorgée) en sachant que Rivka avait encore beaucoup de travail à faire, en devant donner à boire à l'ensemble de ses chameaux.
Ainsi, Rivka a préféré d'abord ne rien dire à Eliézer, pour qu'il puisse boire autant d'eau qu'il en avait besoin, et à en prenant son temps.
Une fois qu'il avait fini de boire, alors seulement elle a déclaré : "tes chameau aussi je donnerai à boire".