Lorsqu'un véritable tsadik vit et s'enracine dans la terre d'Israël, il perd le type d'amour qu'il avait pour la terre d'Israël lorsqu'il vivait dans la diaspora.
A la place de cet ancien amour, un nouvel amour émotionnel et intellectuel se développe : il sent que son lieu de naissance ne peut être que la terre d'Israël.
[rav Avraham Kook - Kévatsim Yad Kadcho 2, Pinkas 5:149 ]
+ Israël – Ne réfléchissez pas trop :
+ Israël - Ne réfléchissez pas trop :
-> Un jour, un touriste juif de la diaspora est venu voir le rav Kook pour lui demander conseil sur la possibilité de vivre en Israël. Tout au long de la conversation, le touriste a fait différents calculs sous tous les angles pour déterminer s'il valait la peine de vivre en terre d'Israël.
Le rav Kook lui dit : "Avant que le peuple juif n'entre en terre d'Israël, il tua Si'hon, le roi de 'Hechbon » ('Houkat 21,24).
Cela nous enseigne qu'une personne doit venir en terre d'Israël sans " 'hechbon", qui signifie littéralement "calculs".
[rav Avraham Kook - Shiv'hé haRaaya - p.270 ]
[certes on doit faire une alya intelligente pour qu'elle réussisse (hichtadlout oblige), mais on ne doit pas faire trop de calculs (plus que vraiment nécessaires).
L'alya est un acte d'amour de notre âme pour retrouver pleinement Hachem (qui y est beaucoup plus présent), et y faire à chaque seconde Sa volonté de la Torah d'y résider. ]
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-> Un jour, quelqu'un a dit au rav Kook : "Si D. le veut, nous ferons l'Aliya vers la terre d'Israël".
Le rav Kook a répondu : "D. le veut certainement. L'essentiel est que vous le vouliez (sincèrement)".
[rav Avraham Kook - Shiv'hé haRaaya - p.270 ]
Faire son aliya = réparer la faute des explorateurs
+ Faire son aliya = réparer la faute des explorateurs :
-> "Un petit groupe en terre d'Israël est plus précieux qu'un grand Sanhédrin en dehors d'Israël" (Yérouchalmi Nédarim 6,8).
La racine de l'exil et de la négativité qui en résulte dans le monde est que nous ne proclamons pas la valeur et la sagesse de la terre d'Israël.
En effet, nous n'avons pas réparé la faute des explorateurs qui ont parlé négativement de la terre. Pour y remédier, nous devons faire le contraire : proclamer au monde entier la gloire et la beauté de la terre, sa sainteté et son honneur.
Espérons qu'après toutes nos louanges, nous ayons peut-être réussi à exprimer ne serait-ce qu'un dix-millième de l'incroyable beauté de la terre, de la lumière glorieuse de sa Torah, de l'illumination [spirituelle] élevée de sa sagesse et de l'esprit saint qui palpite à l'intérieur de la terre.
Il existe certes de nombreux niveaux en matière de sainteté (kédoucha) et de 'hol.
"Chacun est consumé par la proximité de son ami" (Baba Batra 75b). Néanmoins, il existe en Terre d'Israël une lumière et un bonheur sacrés qui n'existent véritablement nulle part ailleurs en diaspora. [Hachem y est infiniment plus présent! ]
Cela est particulièrement vrai pour les érudits de la Torah qui recherchent activement Hachem. Même dans ma petitesse, je sais que ce principe est vrai pour moi.
[rav Avraham Kook - Igrot haRaaya 1, p.102 - Lettre au rabbin Dr Moché Seidel le 1er janvier 1905 ]
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+ Aliya pour chaque individu ou pour toute une communauté :
-> Le rav Kook a un jour fait la distinction suivante. Si un individu vient vous demander s'il doit faire son Aliya et vivre en Israël, vous devez lui répondre en fonction de sa situation personnelle.
Cependant, toute personne qui dissuade toute une communauté de vivre en terre d'Israël est considérée comme l'un des "explorateurs" qui parlent négativement de la terre d'Israël.
[rav Avraham Kook - Shiv'hé haRaaya - p.271 ]
Si quelqu'un vient vous dire qu'il fait l'expérience de toute la lumière [spirituelle] de la Torah et des mitsvot à l'époque actuelle, ne le croyez pas. C'est le signe que cette personne ne comprend pas la profondeur de l'anticipation de la rédemption (tsfiyat yéchoua).
[rav Avraham Kook - Orot - Orot Israël ]
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[Dans Sa bonté, Hachem peut faire que notre vie en exil soit agréable, au point où l'on ne s'y sente pas si mal, même au niveau spirituel (ex: on a nos restaurants/magasins cashers, nos synagogues, écoles juives, ...).
Mais désirer la venue du machia'h implique de développer en nous le fait que nous avons un manque énorme, que la différence avec ce qu'on pourrait être spirituellement (et notre relation avec Hachem dévoilé) est comme le jour et la nuit. ]
Une alliance a été conclue avec l'ensemble du peuple juif, stipulant qu'il ne deviendrait jamais totalement impur.
Certes, une telle impureté peut l'influencer et lui nuire. Néanmoins, elle ne peut jamais déraciner totalement le peuple juif de la source d'une vie Divine.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 1:70 ; Orot - haTé'hiya 9 ]
La grandeur de notre génération qui précède le machia’h
+ La grandeur de notre génération qui précède le machia'h :
-> Le rav Yérou'ham Lévovitz de Mir (Daat Torah - Chla'h - maamarim) écrit que la guéoula émergera des ténèbres et de la simplicité. Dans ses mots :
"Il est possible que les ténèbres aient un avantage sur la lumière ... car c'est des ténèbres les plus profondes et les plus intenses que viendra le machia'h ...
C'est la génération qui est enveloppée de toutes sortes de ténèbres, et qui est à la tête de toutes les générations, le machia'h viendra dans cette génération ...
Mon maître, l'Alter de Kelm, disait que lorsqu'on offre un sacrifice, la loi stipule qu'une pensée inappropriée disqualifie le sacrifice, mais s'il n'y a aucune pensée, il n'y a pas de disqualification ...
[ c'est une métaphore pour notre génération. Notre service d'Hachem est beaucoup plus simple que celui des générations précédentes. Nous n'avons pas les pensées et les intentions élevées qu'elles investissaient dans leur service divin. Néanmoins, cela ne disqualifie pas notre service, car un service sans réflexion est acceptable, tant qu'il n'y a pas de pensées inappropriées. ]
Dans cette terrible obscurité, nous ne réalisons pas l'effet que peut avoir un seul soupir là-Haut ... Ainsi, dans les générations les plus sombres [spirituellement parlant], il est certain que le peuple juif [qui observe la Torah et les mitsvot] est considéré au Ciel comme composé uniquement de tsadikim."
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-> Cette idée se retrouve aussi dans le Shomer Emounim (1 p.72) :
"Au moment de la Création, cette dernière génération se tenait à la tête de toutes les générations, devant le Maître de la bonté et de la compassion.
En effet, la fin se trouve au commencement, car la fin est le but ultime du commencement. Par exemple, ce monde inférieur est la fin de tous les niveaux, mais il est le but ultime de la Création. De même, la fin de toutes les générations est le but ultime de toutes les générations précédentes, car le commencement contient la fin ...
La génération qui méritera la guéoula, bientôt de nos jours, est l'aboutissement ultime de la Création, même si la génération actuelle se trouve au plus bas. Mais à travers les vagues de troubles et de défis, elle sera purifiée à maintes reprises jusqu'à ce qu'elle soit raffinée sept fois."
-> Une personne capable de relever les défis de ces temps difficiles [précédant le machia'h] reçoit plus d'aide divine que les générations précédentes.
Le rav Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou 1, p.218) écrit : "J'ai entendu dire au nom du rav Israël [Salanter] que dans cette génération, chaque individu reçoit davantage d'aide divine que dans les générations des Tanaïm, car dans une génération où les choses sont hors de contrôle, celui qui investit tous ses efforts dans la Torah et les mitsvot mérite certainement beaucoup d'aide divine."
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-> Le Tana Débé Eliyahou (Rabba 1) écrit que "Hachem est satisfait de Sa part ; et avec Sa sagesse et Sa compréhension, Il a créé Son monde".
Le Yéchouot Yaakov explique :
"Est satisfait de Sa part" signifie que Hachem se réjouit et est fier de Sa part, [c'est-à-dire Israël, comme le dit le verset] : "Car la part d'Hachem, c'est son peuple, Yaakov est le choix de son héritage" (Haazinou 32,9), en raison de leur âme qui fait partie du Divin."
Le Gaon de Vilna (cité dans Mikhtavé 'Hafets 'Haïm - Méat Minimoukav 7) explique cependant différemment. Il dit qu'autrefois, lorsque le Temple existait et que la plupart des juifs observaient la Torah et les mitsvot, il était compréhensible qu'Hachem se réjouisse grandement d'eux. Mais à notre époque, il y a eu un déclin [spirituel] des générations, et de nombreux juifs ne sont plus pratiquants.
Les rares personnes qui servent Hachem au mieux de leurs capacités ne sont pas à la hauteur de l'intensité des générations précédentes, et on pourrait donc penser que Hachem n'est pas aussi heureux avec nous.
Le Tana Débé Eliyahou nous enseigne donc que "Hachem est satisfait de Sa part". ["Qui est riche? Celui qui est satisfait de sa part" - Pirké Avot 4,1 ]
Il est satisfait d'Israël, le peuple juif qui est appelé Sa part, comme le dit le verset : "Car la part d'Hachem, c'est Son peuple".
Hachem est satisfait de nous, même dans la situation actuelle.
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-> Le Méir Ené Israël (2, p.68) écrit que le 'Hafets 'Haïm a dit un jour : "Nous vivons une époque difficile et lorsqu'on accomplit une mitsva dans des temps aussi difficiles, cela vaut cent fois plus que dans des temps normaux.
De nos jours, étudier une seule page de guémara équivaut à en étudier cent dans des conditions idéales. Dans de tels moments, Hachem est satisfait de Sa part!"
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-> Le verset dit : "La pierre qui a été rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire" (éven maassou abonim, ayéta léroch pina - Téhilim 118,22).
Les véritables bâtisseurs du monde [c'est-à-dire les grands tsadikim des générations précédentes], qui ont amélioré le monde par leur étude de la Torah, leurs mitsvot et leur service de Hachem, méprisaient cette génération humble où il est si difficile de servir Hachem en raison des nombreux défis et où l'échec [spirituel] est monnaie courante.
Mais, en vérité, c'est cette génération qui devient la pierre angulaire. L'édifice construit par toutes les générations précédentes est couronné par cette génération qui achèvera l'édifice.
Cette génération devient la pierre angulaire précisément parce qu'elle est si humble et méprisée. Comme l'écrit le Zohar (Chémot 7b) : "Méritoire est la personne qui se montrera fidèle à ce moment-là".
-> "Heureux celui qui mérite, au cours de sa vie, d’établir sa résidence en Terre Sainte".
[Zohar III,72b]
-> "Il n’y a de [véritable] joie que dans le fait d’habiter en terre d’Israël."
[Ohr ha'Haïm hakadoch - Ki Tavo 26,1]
-> "Ce n’est qu’en terre d’Israël que la joie peut être complète"
[rav Elimélé'h de Lizensk]
-> "Lorsque vous habiterez la Terre (d'Israël), vous vivez une vraie vie, comme la vie au Ciel."
[Haktav véHakala - Ekev 11,21 ]
[ une vie au Ciel est une union avec Hachem au plus haut niveau. Vivre une vie avec ce type de connexion avec le divin imprègne l’individu du plus grand sens et de la plus grande joie. Et selon la tradition juive, dans ce monde, cet attachement avec le divin ne peut être vécue dans son sens le plus authentique que lorsqu’on vit en terre d’Israël.
Plus on est proche d'Hachem (le divin) plus on est vraiment joyeux, ce qui est le cas en Israël. ]
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-> "C'est parce que (ékev) vous écouterez ces lois, que vous les respecterez et les mettrez en pratique, qu'Hachem vous garantira l'alliance et la bonté qu'il a jurées à vos Patriarches" (Ekev 7,12-13)
Rachi commente l’utilisation du mot "ekev" (talon) et enseigne que le verset signifie : "Si vous écoutez les mitsvot mineures qu’une personne piétine de son talon [et qui sont souvent considérées comme d’une importance secondaire], alors le Seigneur tiendra Sa promesse envers vous."
Le rabbi de Kotzk s’interroge sur ce que Rachi appelle les commandements (mitsvot) qu’une personne "piétine de son talon". Il enseigne (Parera'ot laTorah - vol.5,63) :
"Quelle mitsva une personne piétine-t-elle littéralement avec ses talons pour l’accomplir?
Il ne peut s’agir que de la mitsva de vivre en terre d’Israël.
Marcher sur le sol de la Terre Sainte et y résider est une mitsva ordonnée par la Torah. Cependant, de nombreux juifs considèrent cela comme une mitsva mineure qui peut être ignorée.
C’est pourquoi la Torah dit : si vous observez la mitsva que l’on accomplit avec son talon, marcher sur le sol de la terre d’Israël, alors Hachem tiendra Sa promesse de vous faire du bien (matériellement et spirituellement)."
Eliminer notre orgueil comme préparation à la guéoula
+ Eliminer notre orgueil comme préparation à la guéoula :
-> Rabbi Levitas de Yavné dit : "Soyez très, très humbles" (méod méod évé chéfal roua'h - Pirké Avot 4,4).
-> Nos Sages (Sanhédrin 98a) disent : "Zéri a dit au nom de Rabbi 'Hanina : Le fils de David (le machia'h) n'arrivera pas tant que les orgueilleux n'auront pas été éliminés du peuple juif, comme le dit le verset : "Car alors, j'éliminerai parmi vous ceux qui se complaisent dans l'orgueil" (Tséfania 3,11).
Il est également dit : "Je laisserai parmi vous des pauvres et des indigents, et ils se réfugieront au nom d'Hachem" (Tséfania 3,12)."
Rachi explique que la guéoula viendra pour eux et qu'ils se réfugieront à l'ombre de la présence d'Hachem.
-> De même, le prophète Yéchayahou (61,1) dit : "Parce que Hachem m'a oint pour informer les humbles, Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé."
Le Radak explique : "Ces prophéties de réconfort que j'ai été envoyé prononcer et écrire proviennent de la bouche d'Hachem. Elles sont une bonne nouvelle pour les enfants de l'exil qui sont humbles et ont le cœur brisé parce qu'ils souffrent de l'exil pour l'amour d'Hachem".
-> Pourquoi l'humilité est-elle spécifiquement la condition de la guéoula? Pourquoi le machia'h ne peut-il venir que lorsqu'il n'y a plus d'arrogants, d'orgueilleux?
Le Maharcha explique : "Les orgueilleux repoussent la Présence divine hors de sa place. Dans le premier chapitre de Sotah (4b), nos Sages disent : "Quiconque est orgueilleux, c'est comme s'il adorait des idoles". C'est pourquoi ce verset conclut qu'au moment de la rédemption, "les pauvres et les démunis [c'est-à-dire les humbles (quoiqu'on puisse avoir, on a rien car tout provient, appartient à D.)] ... se réfugieront au nom d'Hachem, et non comme auparavant [en exil] lorsqu'ils étaient orgueilleux, ce qui revenait à promouvoir de faux dieux."
-> Le Gaon de Vilna (commentaire sur Shmouel I 25,8), écrit qu'avant la guéoula, Hachem détruira les trois principales sources d'arrogance humaine et que ce n'est qu'alors que la guéoula aura lieu.
Il écrit : "Il y a trois propriétés qui font partie de la constitution d'une personne : la connaissance, le pouvoir et la richesse ... Comme le dit le verset (Yirmiyahou 9,22), le sage ne doit pas se vanter de sa sagesse, le puissant ne doit pas se vanter de son pouvoir, et le riche ne doit pas se vanter de sa richesse" ...
[Il y a trois aspects à une personne : l'âme qui est la source de la sagesse, le corps qui est la source de la puissance, et les possessions qui sont la richesse d'une personne. ]
Nos Sages ont abordé ces trois questions dans la guémara (Sanhédrin 97a). Concernant la richesse, ils ont dit : "Le fils de David ne viendra pas tant qu'il restera des pièces de monnaie". Concernant le pouvoir, ils ont dit : "Le fils de David ne viendra pas tant que le royaume insignifiant n'aura pas été éliminé d'Israël". Concernant la sagesse, ils ont dit : "Le fils de David ne viendra pas ... tant que le nombre d'élèves n'aura pas diminué".
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-> Le 'Hafets 'Haïm (Méir Ené Israël 2, p.662) écrit :
"Par quel mérite une génération comme la nôtre peut-elle mériter le machia'h? Ce sera grâce au mérite de chaque personne qui aura honte de ses insuffisances et de ses défauts incessants!"
La dernière génération avant la guéoula sera réduite au niveau le plus bas à bien des égards. Les gens se sentiront insuffisants (spirituellement parlant) et manqueront cruellement de connaissances de la Torah. Ils seront à la traîne dans de nombreux domaines de la sainteté et de l'observance. Pourtant, ces lacunes nous donnent le grand avantage d'éliminer tout sentiment de supériorité et d'arrogance, et nous sommes ainsi prêts à accueillir le machia'h.
-> Par exemple, le ravYé'hezkel Levenstein considérait sa dernière maladie comme un cadeau d'Hachem qui lui permettait d'atteindre un niveau d'humilité afin de se préparer à la venue du machia'h.
À un âge avancé, peu avant son décès, il souffrait terriblement. Ses élèves vinrent lui rendre visite. Depuis son lit de malade, il leur dit : "Je me demande pourquoi Hachem m'a infligé une souffrance aussi terrible. Ma conclusion est que les jours du machia'h approchent et que si une personne a un soupçon d'orgueil, elle ne peut accueillir le machia'h. Hachem m'afflige afin de briser mon orgueil et de me préparer à l'arrivée du machia'h".
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-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav mé'Eliyahou (3, p.214-218) explique pourquoi, dans cet exil, nous devons corriger le trait de caractère qu'est l'orgueil. Il écrit :
"Le premier Temple a été détruit à cause des fautes d'idolâtrie, d'immoralité et d'effusion de sang. La racine de tous ces fautes était la luxure. Nos Sages (Sanhédrin 63b) disent : "Israël n'a servi les idoles que pour se permettre l'immoralité publique. Les effusions de sang visaient également ceux qui tentaient de les empêcher de satisfaire leurs convoitises ... C'est pourquoi, lorsque leur mesure de faute fut comble, ils tombèrent aux mains des Babyloniens, dont la caractéristique principale est la convoitise, et ceux-ci détruisirent le Temple.
A la fin de la 2e période du Temple, la discorde et la haine ont atteint leur paroxysme, comme le disent nos Sages (Yoma 9b) : "Pourquoi le 2e Temple a-t-il été détruit? Parce qu'il y avait une haine gratuite".
C'est-à-dire une haine vraiment sans fondement et non due à un sentiment de rivalité dans la réalisation d'un objectif quelconque. Le désir arrogant d'un contrôle absolu était à l'origine de cette faute qui les a amenés à haïr leurs semblables ... Le manque de respect est une conséquence de cette même racine, qui permet à une personne de fauter sans vergogne. [Quand une personne est égocentrique, elle se concentre sur son pouvoir et ses capacités, et méprise les autres, sans respecter leurs sentiments] ...
Lorsque l'arrogance s'est répandue et a atteint son apogée, et que leur mesure de la faute était comblée, le Temple a été détruit et ils ont été livrés entre les mains du 4e empire [Édom - Rome] dont la caractéristique principale est l'arrogance et l'athéisme, suivant la formule "ma capacité et la force de ma main" et "moi et nul autre" ...
Ainsi, leur orgueil [Édom - Rome] grandit et ils en viennent à nier Hachem et à manquer de respect envers le Ciel (profanant et détruisant le Temple).
Nos Sages (Sotah 49b) nous enseigne qu'à la fin du 4e empire, "sur les pas du machia'h, l'audace augmentera" ... La force de l'orgueil et du manque de respect est complètement mauvaise et n'a absolument pas sa place dans le domaine de la sainteté. Elle ne sert qu'à être surmontée et son élimination complète est la réalisation et l'accomplissement de son but ultime.
A la fin de cet exil ... la Présence divine est piégée sous la main des irrespectueux parmi le peuple juif. Ce sont les âmes de la multitude mêlée qui se sont infiltrées dans le peuple juif. La principale racine de leur corruption est leur manque de respect envers le Ciel, c'est-à-dire la caractéristique d'Amalek ...
C'est l'épreuve à laquelle le peuple juif est confronté sur les pas du machia'h (ikvéta déméchi'ha) ...
Ceux qui ont rejeté le joug de la Torah se vantent comme si leurs réalisations étaient le résultat de leurs propres pouvoirs. À mesure que leur arrogance grandit, leur manque de respect s'accroît, tout comme leur désir d'imposer leur athéisme. C'est l'épreuve finale de l'exil de la Présence divine, et la plus difficile ...
Ceux qui restent héroïquement fermes face à ce défi des plus difficiles, le défi de la fausse croyance en leurs propres prouesses et capacités, restent imperturbables et insensibles à l'audace de l'athéisme, refusant de céder. Au contraire, ils renforcent leur foi et ne s'écartent pas des perspectives correctes de la Torah et de nos Sages, et ils sont totalement engagés dans le service interne d'Hachem à travers la Torah, la prière et la crainte du Ciel.
Ce sont eux qui mériteront la rédemption complète par le juste machia'h, bientôt de nos jours."
=> Ainsi, c'est la faute de la haine gratuite, qui trouve sa racine dans l'orgueil, qui a causé cet exil. C'est pourquoi nous avons été livrés entre les mains d'un peuple orgueilleux qui a détruit le 2e Temple et qui nous domine encore aujourd'hui.
Il est clair que le remède nécessaire pour sortir de cet exil est d'éradiquer l'arrogance, l'orgueil, de nos cœurs et d'apprendre l'humilité. Nous devons nous efforcer d'être l'exact opposé du royaume arrogant et racha d'Edom et de la multitude mêlée.
[pour avoir de l'amour gratuit envers autrui, réparant notre haine gratuite lors du 2e Temple, nous devons d'abord être humble pour laisser de la place à autrui, pour que notre égo soit contenu nous permettant d'aimer autre chose que nous-même. ]
Guéoula & la nécessité des actes de bonté
+ Guéoula & la nécessité des actes de bonté :
-> L'étude de la Torah est un élément nécessaire pour avoir une belle guéoula : https://todahm.com/?s=torah+gu%C3%A9oula
Néanmoins, pour être sauvés de la souffrance qui précède l'arrivée du machia'h et mériter la guéoula, la Torah seule ne suffit pas. Des actes de bonté doivent accompagner notre engagement dans l'étude de la Torah.
-> Le rav El'hanan Wasserman (Kovetz Maamarim - Zé'hor Yémot Olam 2) explique : "Les élèves ont demandé au grand Rabbi Eliezer : "Que peut faire une personne pour être sauvée des souffrances du machia'h?" Il a répondu : "Elle doit s'engager dans la Torah et les actes de bonté"." (guémara Sanhédrin 98b)
Le rav El'hanan demande pourquoi l'étude de la Torah, qui est la plus grande de toutes les mitsvot, ne suffit pas à protéger une personne.
Pourquoi le mérite supplémentaire des actes de bonté est-il nécessaire pour sauver une personne des souffrances du machia'h?
Il répond que lorsque le temps du machia'h approchera, il y aura une grande colère dans le monde. Dans ces circonstances, si le Ciel traite une personne avec une rigueur stricte, l'étude de la Torah seule ne fournira pas une protection suffisante. Une personne qui a le mérite supplémentaire d'accomplir des actes de bonté sera sauvée. Parce qu'elle est compatissante envers les autres, Hachem lui accordera également Sa compassion, car le Ciel nous traite comme nous traitons les autres.
La rigueur céleste est alors mêlé de compassion et le mérite de l'étude de la Torah peut alors prévaloir et offrir une protection. Celui qui n'accomplit pas d'actes de bonté sera traité avec une rigueur stricte et le mérite de l'étude de la Torah seul ne pourra pas le protéger.
-> Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hessed 2,6) écrit : "En réalité, si une personne ne pratique pas les actes de bonté, il est très difficile pour ses prières demandant la faveur et la bonté divines d'être acceptées par Hachem."
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-> Le Mégalé Amoukot (Lé'h Lé'ha) enseigne :
"Les trois Avot (Patriarches) ont institué les trois piliers. Avraham a institué les actes de bonté, Its'hak, la avoda [c'est-à-dire la prière], et Yaakov a institué la Torah. Pendant la période de l'exil, la Torah et la avoda font défaut, mais on peut toujours accomplir des actes de bonté. C'est pourquoi nous concluons [la première bénédiction de la amida] avec Avraham qui était le pilier de la bonté qui existe pour toujours.
C'est ce que veulent dire nos Sages (Rachi - Lé'h Lé'ha 12,2) : "Se pourrait-il qu'il faille conclure [la première bénédiction de la Amida] avec eux tous" [Avraham, Its'hak et Yaakov], c'est-à-dire, existent-ils [leurs piliers] tous pour toujours et restent-ils éternels? À cela, ils répondent : "Tu [au singulier] seras une bénédiction, avec toi ils concluront", pour nous enseigner que le pilier d'Avraham est éternel."
-> Le Shomer Emounim (p. 60) ajoute : "Nous concluons la première bénédiction [de la Amida] par "Le bouclier d'Avraham" (magen Avraham) ... car la fin de l'exil ne sera possible que grâce au mérite de la charité, l'attribut d'Avraham qui était le maître de la bonté."
-> Le Machguia'h, le rav Mattisyahou Salomon (Véchavéha Bitsedaka 3) explique :
"Il semble que la raison pour laquelle le pilier de la bonté est resté aussi solide qu'il l'était [contrairement aux piliers de la Torah et du service], est que dans cet exil, nous avons besoin d'une abondante miséricorde céleste pour survivre et mériter la guéoula.
Afin de susciter l'abondance de la miséricorde qui descend d'en-Haut, nous devons renforcer ces attributs ici-bas en pratiquant des actes de miséricorde et de bonté de toutes nos forces.
C'est pourquoi Hachem, dans Sa grande bonté, nous a laissé le pilier de la bonté inchangé, car c'est ce pilier qui est le plus essentiel pour nous dans notre exil."
Le rav Salomon a également dit (chapitre 9) :
"Un grand secret à connaître et à prendre en considération est que lorsqu'une personne est sollicitée par de nombreuses personnes dans le besoin pour obtenir de l'aide, cela indique qu'elle a besoin de beaucoup de miséricorde Divine."
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-> La michna (Pirké Avot 1,2) déclare : "Shimon Hatsadik était l'un des derniers hommes de la grande Assemblée. Il disait : "Le monde repose sur trois choses : la Torah, la avoda [c'est-à-dire les sacrifices et la prière] et les actes de bonté.""
Dans son commentaire sur cette Michna, le Gaon de Vilna écrit : "À l'époque du Temple, les trois piliers existaient. Mais aujourd'hui, en exil, il ne nous en reste qu'un seul, celui des actes de bonté. C'est ce qu'exprime le verset : "Le monde est fondé sur la bonté" (olam 'hessed yibané - Téhilim 89,3).
Il est fondé uniquement sur la bonté, car nous avons perdu le pilier de la avoda, et de même, nous avons perdu le pilier de la Torah, comme le dit le verset : "Son roi et ses officiers sont parmi les nations, il n'y a pas de Torah" (Eikha 2,9)."
-> Même si nous avons un certain niveau de prière, cela n'est en rien comparable au pouvoir que les prières avaient dans le Temple, le lieu le plus saint sur terre.
Yaakov dit : "Que ce lieu est redoutable ... c'est la porte du Ciel" (Vayétsé 28,17).
Le Targoum Yonatan ben Ouziel explique : "C'est le meilleur endroit pour prier, il correspond à la porte du Ciel."
De même, le roi Shlomo pria Hachem pour que toute prière offerte dans le Temple soit entendue par Hachem dans les cieux (Méla'him I 8,38-43).
Le Temple est la porte par laquelle nos prières montent vers le Ciel. Toutes les prières sont dirigées vers le Temple, comme l'a ajouté le roi Shlomo dans sa prière : même lorsque l'on prie à distance, si l'on se tourne vers Jérusalem et le Temple, Hachem devrait également entendre ces prières (Méla'him I 8,44-45).
Le lieu idéal pour prier est le Temple, mais en se tournant dans cette direction et en concentrant ses pensées là-bas, on peut se connecter à ce lieu saint, même depuis les confins du monde.
Cela ressort également du Rambam (séfer Hamitsvot 5). Il cite le midrach sur le verset "Et tu le serviras" (Réé 13,5), qui dit : "Servez-Le par l'étude de la Torah, servez-Le dans Son Mikdach".
Le Rambam explique que cela signifie qu'il faut servir Hachem en se rendant au Temple pour y prier, debout devant la Présence divine.
-> Comparée à la vitalité et à la profonde compréhension de la Torah qui régnaient lorsque le Temple existait, l'étude de la Torah pendant l'exil pâlit et semble inexistante. C'est pourquoi nous prions [immédiatement après la Amida] : "Que ta volonté soit faite, Hachem ... que le Temple soit reconstruit et nous donne notre part dans ta Torah", car l'acquisition de la Torah dépend de la reconstruction du Temple (Gaon de Vilna - Avot 5).
La profondeur de la compréhension de la Torah qui était possible à l'époque du Temple est illustrée par l'incident suivant. Le prophète Yirmeyahou fut confronté à un philosophe qui ne comprenait pas pourquoi il pleurait la destruction du Temple, après tout, ce n'était qu'un bâtiment fait de bois et de pierre. Yirmeyahou mit le philosophe au défi de lui poser ses questions philosophiques les plus difficiles. Yirmiyahou répondit immédiatement, résolvant ses questions les plus difficiles. Stupéfait, le philosophe demanda à Yirmeyahou d'où il tenait une sagesse aussi profonde.
Yirmeyahou répondit que la source de sa sagesse venait de ce bâtiment de bois et de pierres. (Rema dans le séfer Torat HaOlah).
[b'h, à ce sujet : Diminution de la Torah suite à la destruction du Temple : https://todahm.com/2022/09/20/diminution-de-la-torah-suite-a-la-destruction-du-temple ]
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-> Le Ramak (Tomer Dévorah 1,6) qui explique que les actes de bonté accomplis par le peuple juif dans ce monde ont un tel impact au Ciel que même si leurs fautes méritent l'extermination, que le Ciel nous en préserve, Hachem fait preuve de miséricorde et les sauve, car la bonté "Lui parle", comme le dit le verset "car Il désire la bonté" (Mikha 7,18).
Téfilin et Tsitsit
+ Téfilin et Tsitsit :
-> "Et tu méditeras Sa Torah jour et nuit" (Téhilim 1,2).
Quiconque s'engage dans la Torah, Hachem exauce ses désirs.
Rabbi Eliezer dit : Israël dit devant Hachem : "Maître du monde, nous voulons étudier la Torah jour et nuit, mais nous n'avons pas le temps".
Hachem leur dit : "Accomplissez la mitsva des téfilin, et je considérerai que vous avez étudié la Torah jour et nuit".
[midrach Shocher Tov 1 ]
-> Une personne est tenue de toucher ses téfilin à chaque instant. [Ceci est dérivé] d'un kal va'homer du Tzitz : le Tzitz ne contient qu'une seule mention [du nom d'Hachem], mais la Torah dit : "Il doit toujours être sur son front" (Tétsavé 28,38) et il [le Cohen Gadol] ne doit pas détourner son attention de lui.
À plus forte raison les téfilin, qui contiennent de nombreuses mentions [du nom d'Hachem].
[guémara Shabbat 12a ]
Le Eitz Yossef souligne que ce kal va'homer n'est pas une déduction midé'Oraïta à part entière, mais seulement midé'Rabbanan. Néanmoins, nous voyons que la sainteté des téfilin est comme la sainteté du Tzitz que le Cohen Gadol revêtait.
-> Le peuple juif est aimé, car Hachem l'a entouré de mitsvot : les téfilin sur la tête, les téfilin sur les bras, les tsitsit aux [quatre coins] de leurs vêtements et une mézouza sur leurs portes.
[Ména'hot 43b ]
-> Nos Sages nous ont enseigné que lorsque nous serons jugés [par le Ciel], si nous avons été scrupuleux dans l'accomplissement de la mitsva des téfilin, alors notre balance des mérites pèsera plus lourd ; si nous avons été négligents avec les téfilin, alors notre balance des fautes pèsera plus lourd.
Car il n'y a pas de commandement plus important dans la Torah que la mitsva des téfilin. Toute la Torah est liée aux téfilin, comme il est dit [à propos des téfilin] : "Afin que la Torah d'Hahem soit dans ta bouche" (Bo 13,9).
[Roch - Hilkhot Téfillin 28 ]
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-> Quand une personne accomplit la mitsva des tsitsit, c'est comme si elle saluait la Chékhina ...
C'est comme si elle accomplissait toutes les mitsvot.
[Sifri - Bamidbar 115:1 ]
-> La mitsva des tsitsit équivaut à toutes les mitsvot de la Torah.
[guémara Nédarim 25a ]
-> Le séfer Haflaah demande comment il se fait que le tsitsit soit égal à toutes les mitsvot de la Torah. Le tsitsit n'est même pas une obligation à part entière, mais plutôt la possibilité d'accomplir une mitsva si on le souhaite (dans le cas où l'on porte un vêtement à 4 coins).
Il répond que c'est exactement le but. Le fait que le tsitsit ne soit pas une obligation à part entière et qu'on l'accomplisse quand même montre à quel point les mitsvot sont chères à celui qui les accomplit.
S'il est vrai qu'il est important d'être obligé de faire quelque chose et de l'accomplir, il est également important de montrer à quel point les mitsvot nous sont chères, et en ce sens, les tsitsit équivalent à toutes les mitsvot.
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-> [Le midrach (Bamidbar rabba 17,6) dit: ] "Afin que vous vous souveniez et accomplissiez tous mes commandements" (Chéla'h Lé'ha 15,40).
C'est comparable à quelqu'un qui a été jeté dans l'océan. Le capitaine lui tend une corde et lui dit : "Attrape cette corde dans tes mains et ne la lâche pas. Car si tu la lâches, tu perdras la vie".
De même, Hachem dit à Israël : "Tant que tu es connecté aux mitsvot, tu es connecté à Hachem, ton D., et tu auras la vie pour tous tes jours".
Cette corde fait référence aux fils des tsitsit, dont la vue rappelle toutes les mitsvot que Hachem a ordonnées, et qui empêchent de commettre une faute délibérée.
[Radal - midrach Bamidbar rabba 17,6 ]
-> La guémara (Ména'hot 43b) compare les tsitsit à un sceau d'esclavage.
Tossafot explique qu'on apposait autrefois un sceau d'argile sur les vêtements d'un serviteur pour indiquer qu'il était l'esclave d'un certain maître. De même, les fils des tsitsit indiquent qu'on est soumis à la volonté de Hachem.