La Délivrance se poursuit. La délivrance d’Égypte et la géoula complète du futur ne forment qu’un mouvement et une progression sans fin : l’action de la "main forte et du bras tendu" [d'Hachem], qui a commencé en Egypte, opère sans discontinuer à travers tous les événements.
[rav Avraham Its'hak HaCohen Kook - Orot Israël Ou'Tékhiyato 28 ]
En Egypte, le peuple d’Israël a célébré l’intégralité du Séder cette nuit-là, sous la même forme que celle que nous observons aujourd’hui, en racontant le récit de la sortie d’Egypte avec foi et certitude, avant même d’avoir quitté le pays.
[séfer Méor Enayim - chap.91 ]
Hachem ne nous demande que de faire ce qu'Il fait Lui-même.
Il nous dit d’ouvrir la porte lors de la nuit du Séder ; c’est donc qu’Il fait de même. À Pessa'h, Celui d’en-Haut (Hachem) ouvre toutes les portes et tous les passages à chaque juif.
La nuit du Séder, on peut atteindre les niveaux les plus élevés d’un seul bond (et ce quel que soit le niveau où nous nous trouvons).
[rabbi de Loubavitch - Likouté Si'hot - vol.4 ]
Satisfaction du simple fait d’être juif
+ Gratitude & satisfaction du simple fait d'être juif :
-> Le rav Its'hak Hutner (Pa'had Its'hak - séfer hazikaron 71) attendait de ses élèves qu’ils aspirent à la grandeur, tout en soulignant l’importance de conserver un sentiment de satisfaction "dans un état d’être juif sans avoir atteint aucun niveau" (bé'matsav chél héyot Yéhoudi bli madrégot).
Il insistait que : le point de départ de la croissance et de l’identité spirituelle réside dans l’appréciation de ce que nous sommes, et non dans la lutte pour combler ce qui nous manque.
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[Rabbi Na'hman de Breslev exprime dans sa célèbre chanson : "Si un juif avait conscience de ce qu'est être juif, alors il serait joyeux et il danserait jusqu'à 120 ans!" (im yéhoudi aya yodéa ...).
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-> "Dayénou" est un poème (dans la Haggada) qui célèbre le cheminement et la patience, nous montrant comment apprécier chaque étape (badéré'h) de notre parcours. Le refrain "cela nous aurait suffi" (dayénou) signifie que chaque événement survenu au cours du long processus de la sortie d’Égypte était suffisant en soi pour susciter notre gratitude, même si son aboutissement final n’était pas encore visible à ce moment-là.
Nous pouvons exprimer notre gratitude pour chaque bienveillance que nous recevons, même si nous ne pouvons pas en voir la trajectoire finale. Chaque étape, chaque phase, a un sens en soi.
Le festin d’A’hachvéroch
+ Le festin d'A'hachvéroch :
-> "On buvait à volonté, sans aucune contrainte; car le roi avait recommandé à tous les officiers de sa maison de se conformer au désir de chacun" (Esther 1,8)
-> Rachi explique le sens littéral de cette phrase : A'hachvéroch s'est assuré que chaque personne [au festin] soit servie selon ses désirs.
La guémara (Méguila 12a) donne une autre interprétation. Les mots "laasot kirtson ich va'ich" signifient littéralement "selon le plaisir de l'homme et de l'homme", indiquant que le festin était servi selon la volonté de deux hommes. Quels sont ces deux hommes?
Mordé'haï et Haman, dit la guémara. Ils étaient responsables des échansons lors du festin et toutes les boissons étaient servies selon leur plaisir.
Le rav 'Haïm Kanievsky demande : pourquoi Mordé'haï a-t-il accepté de participer au festin d'A'hachvéroch? Après tout, Mordé'haï lui-même avait averti les juifs de ne pas assister au festin (midrach Esther raba 7,13)?
On peut supposer que Mordé'haï a accepté d'aider afin de faire tout son possible pour sauver les juifs, dont il savait que beaucoup assisteraient inévitablement au festin, de toute transgression.
En tant que superviseur des échansons, Mordé'haï était au moins en mesure de s'assurer que le vin et la nourriture étaient casher dans la mesure du possible, afin d'épargner aux juifs toutes les transgressions qu'il pouvait (voir aussi Maharsha, Megillah 12a).
[ la guemara indique que chaque personne se voyait servir du vin provenant de sa province d'origine, et que chaque personne se voyait servir du vin plus vieux qu'elle-même, entre autres choses. Il s'agissait là de luxes que l'on ne trouvait nulle part ailleurs. ]
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+ "Les boissons étaient offertes dans des récipients en or, qui avaient diverses formes" (Esther 1,7)
-> Rachi explique que cela signifie qu'A'hachvéroch a fourni à ses invités des récipients avec de nombreux types (et formes) différents pour leurs boissons.
Mais pourquoi? Ne pouvaient-ils pas tous utiliser le même type de coupe?
-> La guémara (Méguila 12a) indique qu'A'hachvéroch offrait à chaque invité du vin provenant de sa province d'origine.
Rachi explique qu'A'hachvéroch se donnait tant de mal afin d'offrir à chaque invité ce à quoi il était habitué, afin que personne ne se sente contraint ou même mal à l'aise en buvant.
Il est donc logique qu'A'hachvéroch ait également souhaité servir chaque invité dans le type de coupe qu'il avait l'habitude d'utiliser, car différentes cultures sont à l'aise avec différentes coupes, comme l'affirme le midrach (midrach Abba Gurion 1) : "Les Mèdes ne boivent pas dans des fiole, mais plutôt dans des paniers".
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-> Le midrach (Pessikta Zoutrata) déduit de la description des récipients comme étant "divers" dans la Méguila que lors du festin d'A'hachvéroch, les récipients [en or] n'étaient pas réutilisés. Chaque boisson était servie dans un récipient neuf.
Pourquoi était-ce nécessaire?
Le rav 'Haïm Kanievsky explique que ce festin, le festin de sept jours réservés aux habitants de Shoushan? était principalement destiné aux juifs (voir Targoum au verset 5). A'hachvéroch a donc pris un certain nombre de mesures pour s'assurer que les juifs y assisteraient.
Par exemple, il a servi de la nourriture cashère (voir Maharcha - Méguila 12a). De même, il savait que les juifs ne mangeraient ni ne boiraient dans des récipients qui avaient été utilisés par des idolâtres. Il a donc servi chaque boisson dans un ustensile neuf, jamais utilisé.
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-> Nos Sages (Méguila 12a ; Esther raba 2,11) enseignent que les "divers récipients" (kélim chonim) mentionnés dans ce verset étaient des récipients provenant du Temple. Tout comme son prédécesseur, le roi Belthazar (Daniel 5,2-4), A'hachvéroch célébra en utilisant les récipients du Temple pour son usa0ge personnel.
La guémara (Méguila 12a) ajoute que lorsque A'hachvéroch utilisa ces récipients, une voix céleste proclama : "Les précédents [c'est-à-dire Bélthazar et son peuple] ont été détruits à cause de ces récipients, et tu les utilises à nouveau!"
Cependant, alors que Bélthazar a été puni (il a perdu la vie) après avoir utilisé les récipients sacrés, tout comme Vachti, A'hachvéroch semble avoir échappé à toute punition. Pourquoi a-t-il été épargné?
-> Le rav Shlomo Kluger propose l'explication suivante.
A'hachvéroch connaissait les principes selon lesquels Hachem inflige des punitions. Il connaissait le principe suivant : celui qui renonce à ce qui lui est dû [c'est-à-dire qui n'insiste pas pour exiger ce qui lui est dû] est pardonné pour ses fautes (Roch Hachana 17a).
Ainsi, pour se protéger de la punition, A'hachvéroch a accepté de renoncer à son honneur ; il a annoncé que la nourriture et les boissons servies lors du festin seraient également diversifiées : "kirtson ich va'ich", selon la volonté, le plaisir de chacun (verset 8).
Il savait, à juste titre, que ne pas insister pour qu'on obéisse (à sa volonté) lui épargnerait le châtiment divin.
La sainteté impressionnante du Séder
+ La sainteté impressionnante du Séder :
-> Le séfer Marbé 'Haïm (chap. 4) écrit :
Cette nuit est extrêmement merveilleuse. La nuit du Seder, le monde est illuminé comme par la lumière cachée (ohr haganouz) des six jours de la création qui a été mise de côté pour les tsadikim.
Il n’y a aucune nuit de toute l’année qui soit comme cette nuit, qui est un moment propice destiné à s’élever et à se rapprocher d'Hachem. C’est la nuit dont la sainte Torah dit (Bo 12,42) qu’elle est "une nuit protégée pour qu'Hachem les fasse sortir du pays d’Égypte".
C’est la nuit qui est protégée pour les Bné Israël pour toutes les générations.
Il dit que le concept de "sortie d'Egypte" est renouvelé chaque année à Pessa'h. Cette nuit-là, chaque juif peut être délivré de toute situation difficile et chaque juif est protégé par Hachem.
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-> Le Zohar (II, 40b) déclare :
"Il est prescrit de raconter le récit de la sortie d’Égypte ... Hachem se réjouit de cette histoire.
Il rassemble toute la Cour céleste et leur dit : "Allez écouter les louanges [qui sont récitées] là-bas".
Ce récit transperce les firmaments du ciel et donne de la force à leur Maître. C’est pourquoi quiconque raconte longuement le récit de la sortie d’Égypte est loué devant la Cour céleste.
Hachem est loué à travers elle, comme il est écrit : "Israël, en qui je me glorifie" (Yéchayahou 49,2)."
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+ Garder Hachem à l’esprit à tout moment :
-> Le Chlah Hakadoch écrit ce qui suit au sujet de la sainteté de Pessa'h :
"La sainteté de cette nuit, avec toutes ses halakhot et ses coutumes, est extrêmement élevée.
Cette nuit-là, Hachem nous a choisis parmi toutes les autres nations et nous a sanctifiés par Ses mitsvot. Il convient donc à chacun de veiller à ne prononcer aucune parole profane cette nuit-là et d’enseigner cela aux membres de sa famille. Rien ne doit interrompre, ne serait-ce qu’un instant, l'attachement d’une personne avec Hachem. Au contraire, il faut se plonger uniquement dans les mitsvot de la nuit et raconter l’histoire des miracles à sa famille."
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+ Sans purification préalable :
-> Le Séfer Yisma'h Israël se demande pourquoi le Séder commence par "Kadech" et se poursuit par "Our'hatz". Il explique qu’il semblerait qu’Our'hatz doive venir en premier, car une personne doit d’abord se laver de ses fautes pour pouvoir ensuite prononcer "Kadech" et se sanctifier.
Il répond que lorsque Hachem nous a fait sortir d’Égypte, Il nous a élevés d’un niveau très bas vers les plus hautes sommets. Il n’a pas attendu que nous nous purifiions de nos fautes avant de nous sanctifier.
De même, chaque année à Pessa'h, une personne peut atteindre un niveau élevé même si elle n’a pas lavé tous ses péchés au préalable. Hachem nous offre un cadeau en ce jour qui nous permet de faire Kadech avant Our'hatz.
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-> Le rav Ména'hem Mendel de Rimanov dit que la nuit de Pessa'h, on peut atteindre l’état parfait de émouna en Hachem. Et si l’on veille à s’immerger profondément dans des pensées saintes la nuit de Pessah, on peut atteindre l’état parfait de émouna que tout le peuple d’Israël a atteint lorsqu’il a quitté l’Égypte. C’est un fait éternel qui s'applique chaque année.
-> La nuit du Seder est l’occasion d’atteindre une émouna tangible et d’autres accomplissements spirituels nobles. C’est un moment où chacun doit se considérer comme s’il avait réellement quitté l'Egypte, et c’est une nuit de protection contre les forces maléfiques, durant laquelle nos Accusateurs tombent, impuissants.
Nous devons saisir cette incroyable opportunité et nous transformer véritablement.
[rav Moché Sternbuch]
-> Pessa'h est appelée "zman 'hérouténou", le moment de notre liberté, car c’est le moment où nous avons quitté l'Egypte et où nous avons été délivrés de l’esclavage pour accéder à la liberté éternelle.
Chaque année, lorsque cette nuit arrive, c’est également un moment de liberté spirituelle, et cela représente une occasion de nous libérer de tous les désirs physiques et des tendances matérialistes qui nous enchaînent.
Nos Sages disent que la seule personne véritablement libre est celle qui se consacre à l’étude de la Torah, et la liberté que nous avons acquise cette nuit-là il y a tant d’années fait de cette nuit un moment propice pour nous libérer du yétser ara.
[rav Moché Sternbuch]
Transformer la tristesse en joie
-> Le Zohar explique que les meilleures années de la vie de Yaakov Avinou se sont déroulées en Egypte.
Partant de cette idée, une question évidente se pose : comment se fait-il que, dans la sainteté de la terre d’Israël, Yaakov n’ait pas pu être joyeux, alors que dans l’impureté de l’Égypte, il en a été capable?
La réponse est que pour atteindre la véritable joie, il est nécessaire de transformer notre tristesse en joie (rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,23).
Lorsque nous passons une bonne journée et que tout va bien, les problèmes de notre vie, le manque de parnassa, les difficultés dans les chidoukhim, les problèmes avec nos enfants, nos erreurs passées, ... tentent de s’enfuir.
Cependant, dans ces moments-là, nous devrions les saisir et les forcer à faire la fête avec nous.
Nous devrions dire à nos fautes, pour ainsi dire : "En raison de vous, chaque mitsva que j’accomplis est encore plus importante aux yeux d'Hachem, puisque vous m’avez donné l’occasion d’accorder à Hachem le plus grand honneur en révélant Sa Présence dans les endroits les plus bas".
De même, nous devrions dire à notre manque de parnassa : "Grâce à toi, chaque petit fragment de Torah que j’étudie au milieu de ma pauvreté est incroyablement précieux aux yeux de Hachem".
Ainsi, nous pouvons transformer toute l’obscurité en lumière, de sorte que même après la fin de notre bonne journée, nous restions connectés à la joie.
C’est la raison pour laquelle c’est précisément en descendant en Egypte, un lieu de faute et d’obscurité, que Yaakov a pu atteindre un sommet dans sa joie.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Birkat Hoda’ah 6 ]
L’une des principales ruses du yétser ara est qu’il nous fait oublier toutes les bonnes choses qu'Hachem a faites pour nous tout au long de notre vie. Lorsque nous sommes vraiment aux prises avec une certaine difficulté matérielle, il tente de nous faire désespérer en nous plongeant tellement dans notre situation actuelle que nous ne nous souvenons plus comment Hachem nous a aidés à traverser des moments difficiles dans le passé. A cause de cela, nous renonçons à prier pour le salut dont nous avons besoin.
... Même dans les moments les plus sombres, nous pouvons trouver des moyens par lesquels Hachem nous aide et nous apporte du soulagement. Grâce à cela, nous pouvons rassembler la force de prier Hachem et de croire au pouvoir de nos prières, par lesquelles nous méritons de voir le salut complet, amen!
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Kileï Béhéma 4 ]
-> L’une des principales ruses du yétser ara est qu’il nous fait oublier toutes les bonnes choses qu'Hachem a faites pour nous tout au long de notre vie. Lorsque nous sommes vraiment aux prises avec une certaine difficulté matérielle, il tente de nous faire désespérer en nous plongeant tellement dans notre situation actuelle que nous ne nous souvenons plus comment Hachem nous a aidés à traverser des moments difficiles dans le passé. A cause de cela, nous renonçons à prier pour le salut dont nous avons besoin.
C’est là le sens profond de l’interprétation des rêves de Pharaon par Yossef haTsadik.
Même s’il y aurait sept années de grande abondance, représentées par les sept vaches en bonne santé, toute cette bonté serait complètement oubliée pendant les sept années de famine, représentées par les sept vaches maigres, qui dévoraient les vaches en bonne santé sans que leur faiblesse ne change d’un iota.
Le tikoun pour cette situation, c’est Yossef. Pendant les années d’abondance, Yossef a stocké suffisamment de céréales pour subvenir aux besoins de tous pendant les années de famine.
Cela symbolise l’étonnant pouvoir des tsadikim de rassembler toutes les bienveillances d'Hachem et de les mettre de côté pour les temps difficiles. Ainsi, lorsque nous avons envie d’abandonner, nous devons nous attacher à ces tsadikim, qui nous soutiennent et nous encouragent en nous rappelant qu'Hachem nous a aidés par le passé, et qu’Il nous aidera aujourd’hui.
En effet, même dans les moments les plus sombres, nous pouvons trouver des moyens par lesquels Hachem nous aide et nous apporte du soulagement. Grâce à cela, nous pouvons rassembler la force de prier Hachem et de croire au pouvoir de nos prières, par lesquelles nous méritons de voir le salut complet, amen!
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Kileï Béhéma 4 ]
Pessa’h = une élévation annuelle
+ Pessa'h = une élévation annuelle :
-> La Haggada déclare : "A chaque génération, l'homme est obligé de se considérer comme s'il était sorti d'Égypte" (bé'hol dor vador 'hayav adam lir'ot ét atsmo kéilou ou yatsa mimitsraïm).
Tout au long de l'histoire, le peuple juif bénéficia de nombreux saluts miraculeux. Pourtant, nulle part ailleurs nous ne sommes obligés de nous considérer comme ayant personnellement vécu les miracles que Hachem accomplit pour nos ancêtres. Il s'agit d'une directive propre à la sortie d'Egypte.
Quelle est la raison de cette exigence exceptionnelle? Pourquoi, spécifiquement en ce qui concerne la guéoula d'Égypte, avons-nous l'obligation de "de se considérer comme s'il était sorti d'Égypte" ?
-> La guémara (Pessa'him 6a) nous demande de commencer à étudier les halakhot de Pessa'h 30 jours avant le début de la fête.
Nous comprenons la nécessité de bien la préparer en étudiant et en révisant les nombreuses halakhot relatives au Yom Tov. Mais pourquoi nos Sages choisirent-ils spécifiquement une période de 30 jours comme durée nécessaire à la préparation de la fête?
La guemara (Roch Hachana 11a) enseigne que, tout comme la délivrance d'Égypte eut lieu en Nissan, la Délivrance Finale se produira également en Nissan.
Le midrach va encore plus loin et avance l'hypothèse selon laquelle la Délivrance Finale n'aura pas seulement lieu le même mois que la sortie d'Égypte, mais également le même jour.
Le midrach (Tan'houma Bo - chap.9) déclare : "Le 15 Nissa, ils furent délivrés d'Égypte, et le 15 Nissan, ils seront délivrés de l'exil".
=> Pourquoi, uniquement parce que la première délivrance eut lieu au mois de Nissan, le 15e jour du mois, l'Histoire devrait-elle se répéter de sorte que la Délivrance Finale se produise le même jour du même mois?
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+ La grandeur des 30 jours menant à Pessa'h pour vaincre les forces du mal :
-> Le 'Hida (Lev David - chap.30) cite son arrière-arrière-grand-père, le rav Avraham Azoulai, auteur du 'Hessed LéAvraham, pour expliquer pourquoi nous commençons à étudier les halakhot de Pessa'h précisément trente jours avant la fête.
Il peut y avoir des personnes se livrant à des comportements pécheurs et spirituellement dépravés tout au long de l'année.
Cependant, personne ne peut descendre dans les profondeurs du mal, au 50e degré d'impureté, à moins que l'on ne se conduise mal pendant 400 jours consécutifs. Hachem ne permet toutefois pas que cela se produise.
Le rav Avraham Azoulai enseigne que chaque jour des 30 jours précédant Pessa'h, Hachem purifie un trentième de l'impureté et de la crasse spirituelles de nos âmes, jusqu'à ce que nous soyons prêts à devenir complètement purs et saints au début de Pessa'h.
Quel que soit le nombre de fautes commises par une personne au cours de l'année, leur cours peut être inversé par les 30 jours de préparation à Pessa'h. Ainsi, cette période est désignée par Hachem comme un temps de purification spirituelle, et donc, en conséquence, nous utilisons ces 30 jours pour nous préparer en étudiant les halakhot.
Ainsi, lorsque nous arrivons le soir du Séder, nous sommes dans un état de pureté, ayant été Divinement purifiés pendant une période de 30 jours.
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+ La sortie d'Egypte est un événement annuel :
-> Le Hida (Lev David - chap.30) développe cette idée et explique pourquoi, à chaque génération, nous devons nous considérer comme quittant l'Egypte.
Même à notre époque, chaque jour du mois précédant Pessa'h, Hachem nous aide à nous affranchir de l'influence des forces du mal, tout comme Il le fit lorsque nous quittâmes l'Egypte.
Nous nous considérons comme faisant réellement l'expérience de la guéoula de l'Égypte, car chaque année, dans les 30 jours précédant Pessa'h, Hachem extirpe activement chacun de nous des griffes des forces du mal.
[Pessa'h n'est pas une simple commémoration d'un événement passé, nous revivons à l'identique les influences divines exceptionnelles (que nos ancêtres ont bénéficié en Egypte). ]
Le 'Hida ajoute que c'est précisément la raison pour laquelle le 15e jour de Nissan est le moment idéal et opportun pour la Délivrance Finale, lorsque chaque année nous sommes à notre plus haut niveau spirituel, après avoir été purifiés et débarrassés de l'impureté et de la faute au cours du mois précédent.
Cette purification spirituelle ayant lieu chaque année au cours des 30 jours précédant Pessa'h est mieux perçue grâce à la grande révélation du rav Shlomo Elyashiv (le Baal haLéchem) qui enseigna que ce fut la révélation Divine, qui eut lieu en Égypte, qui nettoya et purifia spirituellement le peuple juif.
De la même manière, cette révélation Divine se reproduit annuellement afin que chaque année nous soyons à nouveau purifiés en préparation de Pessa'h.
Ainsi: "A chaque génération, l'homme est obligé de se considérer comme s'il était sorti d'Égypte" = cela ne fait pas seulement référence à l'idée que si nos ancêtres étaient restés là-bas, nous serions nous aussi encore esclaves. Cela signifie que nous devons réellement nous considérer comme recevant chaque année la même purification spirituelle que celle reçue par nos ancêtres en Egypte.
Tout comme le peuple juif fut catapulté hors de la contamination spirituelle de l'Egypte par la Révélation Divine, nous vivons également chaque année la Révélation d'Hachem qui nous purifie comme ce fut le cas pour nos ancêtres.
Nous anticipons donc le fait que, tout comme cette purification rendit le peuple juif digne d'être délivré, nous serons également dignes de la Délivrance Finale à cette même date.