Aux délices de la Torah

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Avoir de bons juges

"Vous établirez pour vous des juges et des représentants de la loi dans toutes vos portes ... et ils jugeront le peuple avec droiture" (Choftim 16,18)

-> Un juge doit s’efforcer de rendre un jugement qui soit absolument juste, pour l’amour du Ciel, et exempt de toute autre motivation (ex: son honneur personnel).
Nos Sages (voir Yébamot 109b) disent que lorsqu’un juge siège pour rendre la justice, l’ange de la mort et le Guéhinam se trouvent à sa gauche, tandis que la Chékhina et le Gan Eden se trouvent à sa droite.
Celui qui rend un jugement véridique renforce le côté de la sainteté, qui est la vérité, et détruit le côté de l’impureté, qui est le mensonge.
S’il fait le contraire, ce qui arrive malheureusement en raison de nos nombreuses fautes, il donne au mensonge des appuis sur lesquels se tenir et il renforce la sitra a'hara (force du mal).
En revanche, celui qui rend un jugement véridique hâte la rédemption (guéoula), comme le dit le verset : "Observez la justice et accomplissez [des actes de] droiture, car mon salut est sur le point de venir" (Yéchayahou 56,1), et "Sion sera rachetée par la justice" (Yéchayahou 1,27).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayé'hi 49,16-18]

L’état d’esprit d’un homme libre

La différence entre un esclave et une personne libre n’est pas seulement une question de statut ...
On trouve un esclave intelligent dont l’esprit est plein de liberté, tout comme l’inverse, une personne libre avec l’esprit d’un esclave.
La [véritable] nature de la liberté est cet esprit édifiant qui élève l’individu et la nation tout entière pour qu’ils soient fidèles à leur essence et à leur force intérieures, ainsi qu’au cœur de leur âme avec son image Divine.
Avec ce [type de liberté], il est possible de sentir que sa vie a un sens et qu’elle a une valeur égale à celle de toutes les autres. Cela ne peut être vécu par celui qui a l’esprit d’un esclave.
[rav Avraham Its'hak HaCohen Kook - Maamaré Haraaya - vol.1, p.157 ]

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-> Il existe des hommes libres dotés d’un esprit d’esclave, et des esclaves dont l’esprit est plein de liberté. Celui qui est fidèle à son moi intérieur est un homme libre, tandis que celui dont toute la vie n’est qu’une mise en scène de ce qui est bon et beau aux yeux des autres est un esclave.
[Kook - Maamaré Haraaya - vol.1, p.157 ]

Pessa’h = la naissance du peuple juif

+ Pessa'h = la naissance du peuple juif :

-> Le rav Its'hak 'Haver, fut un disciple du rav Ména'hem Mendel de Shklov, qui était un disciple du Gaon de Vilna.
Dans l'introduction de sa Haggada Yad Mitsraïm, il présente une idée du Arizal : le séjour du peuple juif en Egypte fut analogue à une gestation, une période d'incubation, durant laquelle le peuple juif, le fœtus, se développa et attendit d'émerger en tant que nation.
L'Egypte couvait, pour ainsi dire, le peuple juif. La sortie d'Égypte constitua la naissance de la nation juive.
Tout comme le monde renaît au printemps, le peuple juif naquit durant la période de la sortie d'Egypte.

L'Egypte est appelé par exemple : "la nudité de la terre" (érvat aarets - Mikets 42,9).
Pour quelle raison fut-il nécessaire que le peuple juif soit exilé dans un endroit aussi bas et sombre que l'Egypte?

Le rav 'Haver explique que l'Egypte fut choisie parce que la période que le peuple juif y passa correspondait à celle d'incubation du peuple juif, et pour qu'un embryon se développe correctement, il a besoin d'un endroit sombre et exigu.
Sa meilleure croissance a lieu dans un environnement que l'on peut décrire comme "révulsant" (ma'ous). L'Egypte correspondait parfaitement à ce modèle. Il n'y avait aucun endroit au monde qui soit spirituellement plus sombre que l'Égypte.

-> Le rav Its'hak 'Haver poursuit en expliquant que le temps que le peuple juif passa en Egypte peut se répartir en trois périodes distinctes.
1°/ La première période débuta lorsque Yaakov et ses fils émigrèrent de la terres d'Israël vers l'Egypte. Ils vécurent à Gochen, où ils s'occupaient de leurs animaux.
Tant que Yaakov Avinou et les tribus (chévatim) étaient encore en vie, le peuple juif ne fut pas asservi ; il séjournait simplement dans un pays étranger, comme le dit le verset : "vos descendants seront des étrangers dans un pays qui ne leur appartiendra pas (Lé'h Lé'ha 15,13).

2°/ La deuxième période commença après la mort de Lévi, le dernier des tribus (encore en vie). Pharaon mit le peuple juif au travail, le réduisant finalement à l'esclavage, comme l'avait annoncé Hachem à Avraham, "et ils les serviront" (vaavadoum - Lé'h Lé'ha 15,13).

3°/ La troisième période, la plus amère, débuta avec la naissance de Myriam, qui est liée au mot מר (mar - amer). Cette période dura 86 ans pendant laquelle l'esclavage s'intensifia et le peuple d'Israël connut le "ko'hi ha'hiboud" (la dureté de l'esclavage).

Le rav Its'hak 'Haver illustre comment ces trois périodes coïncident et s'apparentent aux trois trimestres de la gestation.

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+ Les 3 trimestres :

-> Pendant le premier trimestre, le bébé en développement est complètement caché du monde extérieur. Le fœtus n'est pas reconnaissable et on ne voit pas que la femme attend un enfant.
De même, lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, Yaakov vint avec ses fils, les Chévatim, et ils furent traités royalement. Ainsi, leur futur esclavage était encore imprévisible; ils étaient simplement des étrangers dans un pays étranger et n'étaient pas esclaves.

Au cours du deuxième trimestre, l'état de la femme commence à être perceptible et il est évident qu'un bébé est en route. De même, nouveau roi s'éleva sur l'Égypte (Chémot 1,8). La mère d'accueil, Mitsraïm (l'Egypte), commença à contraindre le peuple juif à travailler.
L'asservissement débuta, et il devint évident qu'ils étaient en exil (galout).

Enfin, au cours du troisième trimestre, le bébé grandit, le moment de l'accouchement approche et le travail doit commencer. Les douleurs de l'accouchement sont une indication que la naissance de l'enfant est imminente.
De même, le troisième trimestre pour le peuple juif commença avec la naissance de Myriam. C'est à ce moment-là que l'esclavage s'intensifia. Les conditions de vie du peuple juif devinrent de plus en plus difficiles, et les Égyptiens pensèrent que les Bné Israël resteraient esclaves pour toujours, alors qu'en réalité, c'était exactement le contraire.

L'esclavage devint plus difficile et s'intensifia. Cette situation accéléra le moment de la sortie d'Egypte et donc de sa naissance en tant que nation.

Le rav Its'hak 'Haver affirme que les 210 ans en Egypte constituent la période de gestation du peuple juif.
Le travail et l'accouchement du peuple juif commencèrent la nuit de Pessa'h, lorsque Hachem frappa les premiers-nés, et durèrent jusqu'au septième jour de Pessa'h à l'ouverture de la mer Rouge.

[selon le Séder Olam (raba 3), Lévi survécut à tous les autres Chévatim, et à sa mort l'esclavage débuta pour une durée de 117 ans.
Par ailleurs, l'esclavage très difficile n'a commencé qu'à la naissance de Myriam, soit 86 ans avant la sortie d'Egypte. ]

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+ La plaie des premiers-nés = l'intervention personnelle d'Hachem :

-> Hachem dit au peuple juif : "Je traverserai le pays d'Egypte cette nuit-là, et Je tuerai tous les premiers-nés du pays d'Egypte, et sur tous les dieux d'Egypte J'exécuterai des jugements, Je suis Hachem" (Bo 12,12).

Pourquoi était-il si important que Hachem accomplisse tout cela Lui-même, sans avoir recourt à un ange?

Le rav Its'hak 'Haver explique, en s'appuyant sur une guémara (Taanit 32a), qu'il existe trois clés dont Hachem garde le contrôle et qu'Il ne les confie à aucun émissaire. Ce sont:
- la clé de la pluie, car seul Hachem fait pleuvoir, aucun ange ne peut faire pleuvoir ;
- la clé de la résurrection des morts ;
- la clé de la vie, c'est-à-dire de l'accouchement.
Les médecins essaient de prédire quand un bébé naîtra, mais seul le Maître du monde tourne la clé pour permettre la naissance. La sortie d'Egypte fut la naissance du peuple juif, une chose dont seul Hachem détient la clé. Ainsi, cette tâche était réservée à Hachem Lui-même. Ce n'était pas une mission pouvant être remplie par un ange.

-> Le verset rapporte : "et il y eut un grand cri en Egypte" (Bo 12,30).
En fait, il était si fort que le verset affirme : "il y aura un grand cri dans tout le pays d'Egypte, tel qu'il n'y en a jamais eu et tel qu'il n'y en aura plus jamais" (Bo 11,6).
Lorsque Hachem tua les premiers-nés des égyptiens, il y eut un cri comme on n'en avait jamais entendu auparavant et qu'on n'en entendra plus jamais. Pourquoi ce cri est-il sans précédent dans toute 'Histoire?

Selon le rav Its'hak 'Haver, personne ne crie plus fort qu'une femme en travail (à l'accouchement). Mais qu'en est-il de ce cri s'il s'agit de la naissance d'une nation entière?
Ce serait un cri sans précédent! C'est ce qui se passa la nuit de Pessa'h

Il est dit : "et quelle divinité entreprit jamais d'aller se chercher miraculeusement un peuple au milieu d'un autre peuple" (Vaét'hana 4,34).
Hachem fit sortir le peuple juif de la matrice d'Egypte ; ce fut un travail et un accouchement sans précédent, et par conséquent, cela donna lieu à un cri sans précédent.

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-> Le rav Its'hak 'Haver (Haggada Yad Mitsraïm) aborde le concept selon lequel le peuple juif est né au moment de la sortie d'Egypte, pour expliquer la raison pour laquelle l'interdiction du 'hamets est si stricte.

Le 'Hamets et la matsa (חמץ et מצה) sont deux mots essentiellement composés des mêmes lettres. Ils ont chacun un mem et un tsadi.
La seule différence est que le 'hamets comprend un 'het, tandis que la matsa a un hé. La différence entre un 'het (ח) et un hé (ה) est la petite ouverture sur le côté gauche.

Jusqu'à notre départ d'Égypte, ce pays était fermé, ce qui est symbolisé par le 'het, qui est fermé.
[par exemple, sur le fait que l'Egypte était fermée : https://todahm.com/2016/03/12/49445 ]

La sortie d'Egypte constitua la naissance, et l'ouverte présente le l'ouverture qui permit la naissance du peuple juif.
Pour cette raison, à Pessa'h, nous ne pouvons pas consommer de 'hamets. Nous mangeons de la matsa pour signifier que c'est le moment de notre naissance.
Nous devons être extrêmement prudents et vigilants pour nous éloigner même de la plus petite quantité de 'hamets, afin de nous assurer que l'ouverture du hé de la matsa permettra notre sortie d'Égypte.
Cette mesure est essentielle pour que le peuple juif puisse quitter le ventre de l'Egypte et accéder à la liberté.

Nous devons donc nous tenir à distance du 'hamets d'une manière qui est inédite en ce qui concerne les autres aliments interdits. Le 'hamets symbolise un utérus scellé duquel nous ne pouvons pas nous échapper. Nous prenons donc toutes les précautions possibles pour éviter de rester enfermés dans la matrice spirituelle d'Égypte (nous n'en voulons pas même une seule miette de cette mauvaise influence).

C’est le pain de l’affliction (ha la’hma aniya)

+ "C'est le pain de l'affliction" (ha la'hma aniya) :

-> Ce passage soulève une question fondamentale : si toute la Haggada est écrite en Lachon HaKodech (en hébreu), pourquoi ce passage est-il écrit en araméen?

Le Zohar nous enseigne que le mot haggada implique la révélation de significations cachées.

Le passage d'ouverture (ha la'hma aniya) est écrit en araméen, tout comme le Kadich, qui est récité en araméen. Le Kadich a le pouvoir de briser les forces puissantes de la sitra a'hara (forces du mal) et de les soumettre. Les klipot (forces extérieures représentant le mal) comprennent l'araméen. Lorsqu'elles entendent les louanges que le Kadich adresse à Hachem et à Son Saint Nom, elles sont immédiatement maîtrisées.

C'est pourquoi le Kadich est récité à chaque transition dans nos prières, lorsque nous passons d'un monde kabalistique à un autre (les quatre mondes : Atsilout, Yétsira, Béria et Assiya correspondent tous à différentes sections de Cha'harit, et à chaque transition de monde, le Kadich est récité) dans le but de soumettre les klipot et de les empêcher de prendre pied dans le monde supérieur et de s'élever ainsi au niveau suivant.

Le même principe s'applique dans le sens inverse, lorsque l'abondance céleste descend dans le monde. Nous récitons le Kadich après la Amida lorsque nous commençons notre descente avec l'abondance fournie par le Ciel. [la prière suit une progression jusqu'à un pic dans la Amida où nous sommes dans le monde céleste le plus élevé, en tête à tête avec Hachem (même les anges n'y ont pas accès), puis ensuite nous faisons le voyage inverse pour retourner dans ce monde. ]
Lorsque nous passons d'un monde à l'autre dans les deux sens, le Kadich empêche les klipot de prendre pied.

La nuit de Pessa'h commence par la prière d'Arvit suivi du Hallel, moment où nous avons le privilège de recevoir une conscience mentale supérieure (mo'hin).
Lorsque nous terminons nos prières et quittons la synagogue, ces mo'hin s'en vont, pour revenir lorsque nous commençons la Haggada. Il est alors impératif de réciter un passage en araméen afin de briser le pouvoir des forces extérieures, de les soumettre et de les annuler, de la même manière que nous annulons notre 'hamets.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra (Abir Yaakov 367) dit que l'élimination du 'hamets est associée à une destruction des forces mauvaises et impures. ]
Nous devons nous assurer que les forces du mal ne s'attachent pas à ces illuminations (liées au séder de Pessa'h).

A mon humble avis, ce n'est pas une simple coïncidence si le paragraphe הא לחמא עניא contient 28 mots araméens. [le paragraphe contient en réalité 31 mots, mais les deux derniers mots : "bné 'horin" sont en hébreu, et le mot די (di) est utilisé pour une autre dérivation, comme nous allons le voir]
Le Kadich contient également 28 mots, commençant par "amen yéhé chémé" jusqu'à "daamiran béalma". [la guématria de koa'h (force - כח) est de 28]
De plus le mot די (de [ha la'hma aniya] di]) a une valeur numérique de 14. Les 14 ajoutés aux 28 autres mots araméens donnent un total de 42, la valeur numérique de l'un des noms développés d'Hachem.
Ce nom est invoqué pour soumettre les forces du mal qui tentent de s'emparer des mo'hin de niveau supérieur que nous recherchons.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]

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-> "C'est le pain de l'affliction que nos pères ont mangé dans le pays d'Égypte. Que celui qui a faim vienne et mange" (ha la'hma aniya di a'halou ...)

-> Le Arizal explique que la sortie d'Egypte a rectifié les étincelles impures d'Adam HaRichon qui ont été produites (involontairement) lorsqu'il s'est séparé de sa femme pendant 130 ans, jeûnant et s'affligeant dans un effort pour se repentir de sa faute.
Des âmes saintes étaient incrustées dans ces étincelles impures, ainsi que des forces maléfiques (klipot). Ces âmes sont entrées dans le monde pendant la génération du Déluge, mais en raison des fautes de cette époque, elles n'ont pas été rectifiées et séparées des étincelles. Elles sont réapparues à la génération de la Dispersion (tour de Bavél), et une fois de plus, elles n'ont pas été rectifiées.
Elles sont retournées à Sodome et la même chose s'est produite.

Elles sont revenues vers le peuple juif en Egypte, et grâce à l'esclavage lourd et difficile, elles ont été purifiées et rectifiées.
Le mot עני (la matsa est appelé : lé'hem oni - pain de la pauvreté) a une valeur numérique de 130, correspondant aux 130 années pendant lesquelles Adam Harichon s'est repenti.
Le mot לחם (lé'hem - pain) a une valeur trois fois supérieure au nom Havaya (26 x 3 = 72).
Ces âmes saintes sont imprégnées du nom divin Havaya (יהוה) ; cependant, elles se sont mélangées aux klipot décrites comme le lieu "עני".
Ainsi, l'expression הא לחמא עניא fait référence aux étincelles saintes imprégnées de divinité Havaya qui sont tombées dans le lieu "עני", les klipot.
Au début du Séder, nous levons la matsa et nous précisons quand même que ce même est "עני" (la'hma aniya en araméen) pour clarifier le fait que ces étincelles ont été rectifiées en Egypte.

-> Pourquoi déclarons-nous que nos ancêtres ont mangé le pain en Egypte alors qu'en réalité ils ne l'ont mangé qu'après avoir quitté l'Égypte?
Ce que nos ancêtres ont mangé fait référence au travail difficile qu'ils ont enduré pendant leur séjour en Egypte. Les âmes se sont incarnées en Égypte et nos ancêtres en Égypte les ont rectifiées à travers l'esclavage.
Pessa'h, la fête des matsot, est une rectification annuelle au cours de laquelle les klipot sont maîtrisées et les âmes [juives] purifiées. Nous commençons par un passage en araméen afin d'éveiller le pouvoir de la sainteté et de maîtriser les klipot.

Les âmes ont totalement émergé de ces forces maléfiques au moment de la sortie d'Egypte ; ce phénomène se répète chaque année à Pessah.

Le contrôle que les klipot exerçaient sur les âmes variait en fonction de la profondeur de l'immersion de l'âme dans la faute. Certaines étaient dominées par les klipot sans y être complètement immergées, tandis que d'autres y étaient complètement immergées.

Celles qui sont totalement immergées ont soif de sainteté, et nous nous adressons à elles en disant : "Que celui qui a faim vienne et mange".
Celles qui ne sont pas totalement immergées, qui savent ce qu'est la sainteté, nous les invitons à "venir célébrer [la joie de] Pessa'h avec nous".

Pour résumer, nous pouvons expliquer ce passage comme suit : c'est le pain (les âmes dans les étincelles d'Adam HaRichon qui se sont mélangées aux klipot, le lieu du עני) que nos ancêtres ont mangé (une référence au dur labeur lorsqu'ils ont été esclaves) et rectifié en Égypte.
Quiconque est tellement immergé dans les klipot qu'il a faim de sainteté peut venir manger avec nous ; quiconque est moins immergé peut venir célébrer la joie de la fête avec nous.
Cette nuit, comme lorsque nous avons quitté l'Égypte, ces étincelles sont rectifiées. Cette nuit, nous nous débarrassons de notre lien avec les klipot.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]

Mont Sinaï = don de l’âme juive

"Hachem prononça toutes ces paroles en disant" (Yitro 20,1)

-> Lorsque Hachem déclare : "Je suis Hachem ton D." (Yitro 20,2), les Bné Israël ont tremblé et leur âme (néchama) s'est envolée.
La Torah se présenta devant Hachem : "Maître de l'univers, souhaites-Tu me transmettre à des morts? Pourtant il est écrit : "Ce ne sont pas les morts qui loueront Hachem ni aucun de ceux qui sont descendus dans l'empire du silence!" (Téhilim 115,17).

-> Que fit Hachem? Il fit descendre la rosée de la résurrection des morts, comme il est écrit : "Tu fis ruisseler, ô D., une pluie bienfaisante ; ainsi Toi-même, Tu as restauré Ton héritage" (Téhilim 68,10).

-> D'autres opinions soutiennent que Moché Rabbénou s'est élevé dans les mondes Supérieurs, jusqu'au Trône de Gloire, pour faire redescendre, une à une, les âmes de tout Israël.

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=> Pourquoi les âmes des enfants d'Israël se sont-elles envolées pour finalement revenir et restituer la vie?

-> Le Zohar apporte la réponse suivante : jusqu'au don de la Torah au mont Sinaï, les Bné Israël possédaient des âmes identiques aux descendants de Noa'h et chacun d'entre eux était considéré comme un peuple à part. Ainsi, tout comme Israël, les nations avaient le même niveau de néchamot.
Dans ce cas, comment un juif peut-il prononcer la bénédiction du matin : "Béni sois-Tu Hachem, Roi de l'univers, de ne pas m'avoir fait non-juif"?
C'est la raison pour laquelle Hachem leur a retiré toutes leurs âmes, qui se sont envolées. Moché s'est alors élevé dans les mondes supérieurs pour les faire redescendre car il s'agissait d'âmes neuves, afin que chacun des Bné Israël puisse recevoir l'âme d'un juif.
C'est pourquoi Hachem a fait pleuvoir une rosée de la résurrection des morts.

Exiger le Temple

+ Exiger le Temple :

-> Trois fois par jour, nous récitons la Amida, nous demandons à Hachem de reconstruire Jérusalem : "vélirouchalayim ire''ha béra'hamim tachouv vétichkon béto'ha kaasser dibarta" (et à Jérusalem, Ta ville, puisses-Tu revenir dans Ta miséricorde, et puisses-Tu y reposer, comme Tu l'as dit).

Cela ne doit pas être considéré comme une simple demande, mais plutôt comme une exigence qu'Hachem tienne Sa promesse et reconstruise Jérusalem : "comme Tu l'as promis!" (kaacher dibarta). Nous disons à Hachem que nous voulons qu'Il tienne Sa promesse de reconstruire et de restaurer Tzion.

Rabbi 'Haïm Kanievsky cite un Yalkout Shimoni (Shmouël II remez 165) étonnant.
Ce midrach enseigne que la raison pour laquelle de nombreux soldats sont morts à l'époque du roi David est qu'ils n'ont pas exigé la construction du Temple.
Ces soldats, ajoute le midrach, n'avaient jamais vu le Temple (qui ne sera construit qu'après la mort du roi David), mais ils ont été blâmés pour ne pas avoir exigé sa construction, et ils l'ont payé de leur vie.

=> Nous devons tirer les leçons de ce récit et prendre la résolution d'exiger de tout cœur qu'Hachem reconstruise immédiatement le Temple.

"Si une personne a commis de nombreuses transgressions (avérot), elle doit les compenser par de nombreuses mitsvot"
[midrach Vayikra raba 21,5 ]

"Vous prendrez pour vous un agneau ou un chevreau sans défaut, mâle, âgé d'un an, parmi les moutons ou les chèvres" (Bo 12,5)

-> En raison d'un décret divin, le peuple juif fut réduit en esclavage en Egypte. Ce décret fut prononcé au nom d'Hachem אלהים (Elohim), qui représente l'Attribut divin de Rigueur.
Lorsque le peuple juif devint méritant, le jugement se transforma en miséricorde et le nom Elohim s'adoucit.

Le nom אלהים (Elohim) écrit en entier (comme אלף למד הי יוד מם) a une valeur numérique de 300.
Lorsque nous ajoutons cinq (un pour chaque lettre de אלהים ) la valeur totale est de 305, soit la même que שה (agneau, chevreau).
Cela suggère que, en prenant cet agneau/chevreau pour l'offrande de Pessah, le nom Elohim (représentant la justice) a été adouci.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam ]

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-> "Ils mangeront la viande cette nuit-là, rôtie au feu (tsli éch), et (avec) des matsot ; ils la mangeront avec des herbes amères" (Bo 12,8)

-> Pourquoi Hachem a-t-il ordonné au peuple juif de faire rôtir l'offrande de Pessa'h au feu?
Nous pourrions peut-être l'expliquer ainsi : à ce moment-là, la sitra a'hara et le yétser ara étaient complètement maîtrisés. Le mot צְלִי אֵשׁ (rôti au feu) a une valeur numérique de 431, qui est la même que סמאל יצר : "Samaël", l'ange en chef de la sitra a'hara (force du mal), et "yétser", le yétser ara.
Cela nous enseigne que l'ange maléfique Samaël et le yétser ara (qui tire sa force de Samaël) étaient complètement soumis et brûlés ; c'est pourquoi l'offrande de Pessa'h est "rôtie au feu".
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam ]

Mettre les punitions encourues face au yétser ara

"Et voici les jugements (ordonnances [lois]) que tu placeras devant eux" (élé amichpatim achèr tachim lifné'ém - Michpatim 21,1)

-> Le mot המשפטים (amichpatim - jugements) a la valeur numérique de 484, qui est la même que celle des mots גוך נשמה (kouf - corps et néchama - âme).
Cela nous suggère que lorsque le yétser ara domine quelqu'un, lorsqu'il tente de le retourner contre son Créateur et de lui faire perdre à la fois son corps et son âme, il doit se souvenir des jugements et des punitions qu'il recevra dans l'au-delà pour les avoir transgressés. Ce faisant, son corps et son âme lui seront soumis.

Nous pouvons comprendre le verset comme suit :
"achèr tachim lifné'ém" = que tu placeras devant eux. Tu placeras les jugements devant le corps et l'âme, auxquels fait allusion le mot "les jugements" [car ils ont la même valeur numérique].
"élé amichpatim achèr tachim lifné'ém" (וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים אֲשֶׁר תָּשִׂים לִפְנֵיהֶם) = Et voici les jugements que tu leur présenteras. Les initiales de ces mots sont והאתל, qui forment le mot לתאוה (létaava - par désir).
C'est une allusion au fait que si une personne est submergée par les désirs (taavot) du yétser ara, elle doit garder à l'esprit les jugements et les punitions qu'elle recevra dans le monde à Venir (qui est éternel, alors que les désirs sont éphémères).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Michpatim 21,1]

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[nos Sages nous recommandent avant chaque action de réfléchir : qu'est-ce je gagne, par rapport à ce que je vais y perdre, au prix des souffrances que je vais devoir subir pour cela. ]

Nouvelles interprétations en Torah

-> Lorsqu’une personne conçoit des pensées originales sur la Torah, celles-ci doivent s’appuyer sur des connaissances préliminaires fiables, solidement fondées et irréprochables comme de l’or massif.
Comme le dit le Zohar (vol.I,8b), Hachem prend ces idées vraies [nouvelles de Torah] et en tire de nouveaux cieux et de nouvelles terres, comme le dit le verset : "Et j’ai mis Mes paroles dans ta bouche, et de la paume de Ma main Je t’ai couvert, pour planter des cieux et fonder des terres" (Yéchayahou 51,16).

De plus, le verset dit : "Car, tout comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre que je ferai" (Yéchayahou 66,22) ; il n’est pas dit "que j’ai faits", mais plutôt "que je ferai", faisant référence à une nouvelle création dans le futur.
En revanche, si une personne fonde ses nouvelles idées [de Torah] sur le chaos et la confusion, alors elle crée des cieux vides et des terres stériles, ce qui donne plus de force aux forces de l’impureté, à D. ne plaise.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Chémini 11,9-10]

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=> On ne doit pas prendre à la légère nos nouveautés en Torah, car par cela on renforce le bien (pureté) ou du mal (impureté).

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-> La guémara (Yérouchalmi Péa 2,4) dit que toutes les interprétations de la Torah qui seront jamais conçues, depuis le jour où la Torah a été donnée jusqu’à la fin des temps, ont été révélées à Moché.