Aux délices de la Torah

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Même Hachem se repose à Shabbath

-> Le 7e jour est-il saint parce qu’il est intrinsèquement saint, ou est-il devenu saint parce que ce jour-là, Hachem a cessé de travailler? Et si Hachem avait cessé de travailler un mercredi, ce jour-là serait-il alors devenu un jour saint?

Le verset dit : "Car en ce jour-là, Il s’abstint de toute l’œuvre que Hachem avait créée pour accomplir" (Béréchit 2,3).
Cela semble impliquer qu'Hachem avait encore du travail à accomplir, mais qu’Il s’est arrêté en raison du caractère sacré du 7e jour.

Ce n’est pas l’arrêt du travail qui a rendu ce jour saint. Le Shabbat a toujours été revêtu de sainteté. Son caractère sacré était tel que même Hachem s’est reposé ce jour-là.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan - Béréchit ]

Gravité de parler à la synagogue & terre d’Israël

+ Gravité de parler à la synagogue & terre d'Israël :

-> "Hachem, dans Son immense miséricorde, nous a laissé un mikdach méat (petit Sanctuaire, Temple en miniature). Ce sont les synagogues et les maisons d'étude (baté midrachot). [depuis la destruction du Temple, ces lieux tiennent viennent en place du Temple - Méguila 29a ]
Si nous les traitons avec sainteté, ils se déplaceront vers la terre d'Israël (suite à la venue du machia'h) ... Même maintenant, ils ont la sainteté de la terre d'Israel.
Les prières montent de là vers les portes du ciel. Cependant, si les gens manquent de respect au beit midrach et y tiennent des propos futiles, le Sar (l'ange) de 'houts la'Aretz vient et devient le chef du beit midrach (ex: laisse passer ce qu'il veut, se nourrit en mal/impureté de nos prières), que D. préserve".
['Hatam Sofer - drachot - vol.2, 309: ]

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-> Le Tzla'h écrit : "[Nos Sages enseignent] que si quelqu'un a un beit midrach (ou synagogue) dans sa ville et qu'il ne s'y rend pas pour prier, il est considéré comme un mauvais voisin (cha'hèn ra).
Même s'il y a un minyan dans la maison de quelqu'un, cela ne se compare pas à la sainteté d'un beit midrach (ou synagogue), qui est un mikdach méat, où réside Hachem.
Lorsqu'une personne se trouve dans un beit midrach (ou synagogue), le yétser ara est déraciné de son cœur, et l'atmosphère devient similaire à celle de la terre d'Israël. Les prières montent au ciel ...
Le sar (ange de 'houtz la'Aretz) n'a aucun contrôle sur l'atmosphère d'une synagogue.
En revanche, lorsqu'on prie chez soi, on perd tous ces avantages ...
Nous devons être prudents avec tout ce qui peut faire partir la Chékhina du peuple juif, ce qui était le but des Grecs. En exil, à cause de nos nombreuses fautes, la Chékhina n'a pas d'endroit où résider car le Temple a été détruit. Mais Hachem, dans Sa miséricorde, nous a laissé un reste, comme il est dit : "Je serai pour eux un Mikdach miniature dans les pays où ils entreront" (Yé'hezkel 11,16). Ce sont les baté midrachim (et synagogue). La Chekhina y réside."

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-> L'un des miracles du Temple était que la fumée du mizbéa'h (Autel) s'élevait en ligne droite. Les vents ne dispersaient pas cette colonne de fumée qui s'élevait directement vers le ciel. Comme il est dit (Pirké Avot 5,5) : le vent ne dispersait pas la colonne de fumée qui sortait du mizbéa'h.

-> Le Avodat Israël écrit :
"L'explication est que le Temple de la terre est directement opposé au Temple du ciel. Lorsque la fumée du mizbéa'h s'élevait vers le Temple d'en-Haut, elle était reçue avec amour par le Créateur, apportant des bienfaits à tous les mondes. Cela n'aurait pas pu se produire si le vent avait dispersé la colonne de fumée.
Maintenant, voyez ... Chaque bit midrach (synagogue) a certainement un beit midrach correspondant dans le ciel qui lui fait face. Les prières montent vers le beit midrach dans le ciel.
C'est pourquoi il faut veiller à ne jamais parler dans le beit midrach, sauf pour prononcer des paroles de prière, car lorsque l'on y tient des propos futiles, c'est comme si l'on était en pleine conversation avec le roi et que l'on disait : "Je ne peux pas te parler maintenant" (j'ai plus intéressant, important, que Toi!), puis que l'on s'adressait à d'autres personnes. Cela éloigne la Chékhina, que D. préserve.
De plus, il est possible que les prières de ceux qui prient dans le beit midrach avec kavana ne soient pas exaucées à cause des fautes de ceux qui parlent pendant la prière.
Pire encore, lorsque quelqu'un parle pendant la répétition de la Amida et la lecture de la Torah, car le moment de la lecture de la Torah est comme Moché Rabbénou debout sur le mont Sinaï, répétant la Torah de la bouche d'Hachem au peuple juif. "
[imaginons-nous en plein don de la Torah, avec Hachem nous parlant directement, et nous préférant raconter des potins à nos voisins! (ça va avec Sa Torah, tu connais pas la dernière ...) ]

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-> La guémara (Béra'hot 8a) dit que Rabbi Yo'hanan était étonné devant le nombre très important de personnes âgées vivant à Bavél.
La raison était car elles allaient le matin et le soir prier à la synagogue.

Comment comprendre que les gens de Bavél vivaient très longtemps, alors que selon nos Sages (guémara Béra'hot 8a) seule la terre d'Israël confère à ses habitants le privilège de vivre longtemps?

Rabbi Yossef Adès explique que lorsque le Temple fut détruit, Hachem dispersa ses pierres dans le monde, et en tout lieu où tomba l'une d'elles, une synagogue fut construite.
C'est pourquoi celles-ci sont surnommées "mikdach méat" (petit sanctuaire).
Ainsi, lorsque les juifs de Babylone s'y rassemblaient, ils rejoignaient un endroit où se trouvait une pierre du Temple, si bien qu'ils étaient considérés comme se trouvant dans le pays d'Israël.

De plus : "Les synagogues et les lieux d’étude de Bavél sont destinés à être implantés en Israël" (guémara Méguila 29a).
A ce titre, toutes les synagogues dans le monde sont considérées comme partie intégrante du pays d'Israël.
[ -> La guémara (Méguila 29a) rapporte qu’au moment d’être exilés, les juifs ont pris avec eux des pierres, et c’est avec ces pierres d’Israël qu’ils ont construit les synagogues et les lieux d’étude en exil.
Cette pratique a continué à toutes les époques.]

-> Le Alchikh haKadoch (Torat Moché - Kédochim 20,22-24) écrit :
Un juif qui vit dans en 'houts LaArets est comme quelqu'un qui n'a pas de D. (guémara Kétouvot 110b), car il est sous [la domination de forces] extérieures.
En revanche, sur la terre [d'Israël], la divinité d'Hachem nous concerne, car la Chékhina y plane, et [D.] ne l'a pas attribuée [la terre d'Israël] aux [forces] extérieures.
De plus, quiconque y habite se trouve dans une atmosphère sainte, sous les ailes de la Chékhina.
[en dehors d'Israël, il y a l'ange Tutélaire de la nation où l'on se trouve qui sert d'intermédiaire entre nous et Hachem, tandis qu'en Israël on est directement sous la supervision d'Hachem. ]

=> Ainsi, avec ce qu'on a vu précédemment, lorsque l'on est dans une synagogue c'est dans une certaine mesure comme si l'on était en terre d'Israël, et nos prières peuvent monter directement à Hachem (sans un ange des nations qui va les affaiblir [en prenant une commission de cette force de sainteté qu'est notre prière pour renforcer les forces du mal], les remettre en question [ex: sommes-nous méritants?]).
En parlant dans une synagogue, on fait fuir la Chékhina, se reposant sur les anges des nations pour transmettre nos prières.

[en 'houts laAretz, chaque fois que nous sommes dans une synagogue (où nous nous tournons vers Jérusalem), nous devons renforcer en nous notre amour et notre désir d'y vivre, car on a envie d'être dans un lieu où papa Hachem est beaucoup plus présent.
Et même si notre vie en galout peut être agréable, notre amour intense d'Hachem (qui désire que l'on vive en Israël - mitsva de la Torah), doit nous pousser au maximum à désirer vivre en Israël (même si pour le moment cela n'est concrètement pas possible). ]

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+ Parler dans la synagogue :

-> Un problème qui découle du fait de parler pendant la prière est que cela empêche les prières de la communauté de monter. Il faut donc être très prudent et éviter de parler dans la synagogue, car cela pourrait ruiner la prière de toutes les personnes présentes.

-> Le 'Hida écrit que si l'on sait que l'on va parler pendant la prière, il vaut mieux prier chez soi, car le fait de parler empêche les prières de monter au ciel.

-> Le Zohar (Vayakel 205) enseigne que parler pendant la prière le jour du Shabbat est une violation encore plus grave.
Le Kaf Ha'Haïm (151,8) explique que c'est parce que parler dans la synagogue chasse la Chékhina.
La Chékhina est plus présente dans la synagogue le jour du Shabbat ; par conséquent, parler le jour du Shabbat pendant la prière est une faute encore plus grave.

-> La guémara (Yébamot 6a) déclare : "Ce n'est pas que vous ayez la crainte du Temple, mais plutôt que vous craignez Celui qui réside dans le Temple."
De même, nous ne craignons pas la synagogue et le beit midrach en soi, mais plutôt le fait qu'Hachem y est beaucoup plus présent, Sa Chékhina y repose bien davantage qu'ailleurs, et nous devons veiller à les traiter avec sainteté.

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-> Le Tzla'h écrit :
"Il n'y a pas de plus grande rébellion contre le Roi du monde que de parler dans son heikhal, en sa présence. Il rend l'air sacré impur, à l'instar des Grecs qui ont rendu impur le mizbéa'h. Parler pendant la prière revient à placer une idole dans le heikhal."

-> Le père du Chlah HaKadoch (dans son Yech No'halim) écrit :
"Je jure que, de toutes les fautes que j'ai vues, je n'ai jamais rien vu d'aussi grave, car qu'est-ce que l'on gagne à parler (dans une synagogue)?
Pour tous les autres fautes, tels que le vol, l'adultère, la consommation d'aliments non casher, ..., le yétser ara est fort et pousse parfois la personne à fauter parce qu'elle désire des plaisirs. Mais aucun yétser ara ne le pousse à parler pendant la prière?
De plus, on ne commet jamais cette faute seul. Il faut qu'il y ait au moins deux personnes. Il est donc quelqu'un qui faute et incite les autres à fauter avec lui. Les fautes de beaucoup de gens seront à cause de lui.
Le pire, c'est qu'il déshonore l'honneur de Hachem en public, au milieu de la communauté, au moment sacré destiné à louer Hachem".
[si l'on peut dire Hachem prend plaisir et fierté à voir Ses enfants le louer dans leur prière, et nous plutôt que d'y participer on snobe le Roi, on Lui manque de respect en laissant notre égo parler à autrui. ]

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-> Rachi commente : "Le Temple d'en-Haut fait directement face au Temple d'en bas" (Rachi - Michpatim 23,20).

Le rav Yéhochoua de Belz explique :
"Lorsque les Bné Israël ont fauté et ont été banni de leur terre (suite à la destruction du Temple), errant d'un endroit à l'autre et d'une terre à l'autre, il n'avait plus la sainteté du Temple dans son emplacement permanent sur le mont Moria, et ils n'ont qu'un échantillon de la sainteté du Temple dans les synagogues et les baté midrach, comme l'explique nos Sages (Méguila 29a) sur le verset (Yé'hezkel 11,16) : "Je serai pour eux un petit temple (mikdach méat)".
Dans Sa grande miséricorde, Hachem déplace le Temple d'en-Haut de son emplacement, afin qu'il se trouve directement en face des "baté mikdach" (Temple) d'en bas, les synagogues et les baté midrach où le peuple juif s'adonne à la Torah et à la prière. "

=> On comprend la gravité de parler en bas, puisque directement connecter en face d'en-Haut.

La meilleure façon de nous préparer à couronner Hachem comme roi à Roch Hachana est d’être très joyeux. Lorsque nous sommes joyeux, nous montrons que nous sommes satisfaits de la manière dont Hachem dirige le monde en général et nos vies personnelles en particulier. Cela Lui procure le plus grand kavod (honneur)!
[rabbi Na'hman de Breslev - Si'hot HaRan 21 ]

Les âmes du peuple juif proviennent d’un lieu élevé et saint, car elles trouvent leurs racines dans les mondes supérieurs.
Il y a précisément 600 000 âmes, car elles sont liées à ce nombre de lieux dans les mondes supérieurs.
Chaque fois que le peuple juif est dénombré, cela réveille la sainteté dans les mondes supérieurs qui correspond à ses âmes, ce qui dompte les forces de l’impureté.
Chaque fois que quelque chose est réveillé sur terre, cela réveille quelque chose dans les mondes supérieurs.  

[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Bamidbar 1,2]

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[issu du dvar Torah : https://todahm.com/2026/06/01/recensement-grandeur-des-bne-israel ]

Recensement & grandeur des Bné Israël

+ Recensement & grandeur des Bné Israël :

"Faites le recensement (chéou ét roch - שְׂאוּ אֶת רֹאשׁ) de toute la communauté des Bné Israël, selon leurs familles, selon les maisons paternelles, en comptant les noms, tous les hommes, un par un" (Bamidbar 1,2)

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Pitou'hé 'Hotam sur ce verset) commente :
Quelle est la signification de cette mitsva consistant à recenser le peuple, et pourquoi le peuple juif est-il si souvent dénombré?
On pourrait peut-être avancer l’explication suivante : les âmes du peuple juif proviennent d’un lieu élevé et saint, car elles trouvent leurs racines dans les mondes supérieurs.
Il y a précisément 600 000 âmes, car elles sont liées à ce nombre de lieux dans les mondes supérieurs.
Chaque fois que le peuple juif est dénombré, cela réveille la sainteté dans les mondes supérieurs qui correspond à ses âmes, ce qui dompte les forces de l’impureté. Chaque fois que quelque chose est réveillé sur terre, cela réveille quelque chose dans les mondes supérieurs.

À ce sujet, selon le midrach (Pessikta Zoutra - début de Ki Tissa) : Moché dit à Hachem : "Par quoi vas-Tu élever la puissance du peuple juif?" Hachem répondit : "Par "ki tissa" (lorsque tu feras le recensement, littéralement : "lorsque tu lèveras leurs têtes")."
Faire un recensement ne semble avoir aucun rapport avec l’élévation de la puissance du peuple juif. Cependant, comme il existe une sainteté dans les mondes supérieurs qui correspond à chaque juif, les compter éveille cette sainteté, et par conséquent, leur puissance s’élèvera.
De plus, le mot ישראל (Israël) peut être réarrangé en לי ראש (li roch - littéralement. "pour moi, une tête"), comme si les forces de la sainteté disaient : "Grâce au peuple juif, je relève la tête, je gagne en puissance."

La nation juive dans son ensemble compte 600 000 âme. Lorsque le mot ישראל est écrit avec chaque lettre entièrement (יוד שין ריש אלף למד) les lettres ajoutées (וד ין יש לף מד), plus un pour le mot lui-même (règle du kollel), ont une valeur numérique de 535, ce qui correspond à ראש דל (tête faible/basse), ce qui implique que la tête des forces de l’impureté s’abaisse lorsque la tête du peuple juif est relevée.

De plus, les mots du verset : שְׂאוּ אֶת רֹאשׁ (chéou ét roch - faites le recensement), ont pour initiales pouvant être réarrangées en : ראש (roch - tête).
Cela nous suggère qu’en effectuant un recensement du peuple juif, la tête des puissances de la sainteté est élevée tandis que la tête des forces de l’impureté est abaissée.
De plus, le mot ראש, à l’envers, est un acronyme de שכינת אל רם (Chékhina El ram - la Chékhina du D. exalté). Effectuer un recensement du peuple juif élève également la Chékhina (la présence Divine dans ce monde).

On pourrait dire que, peut-être, le recensement a pour but d’éveiller les cœurs du peuple juif. Ils devraient prendre conscience qu’ils sont les légions d'Hachem, à l’instar des anges dans les mondes supérieurs : chacun a une mission unique à accomplir, et chacun est indispensable.
Le peuple juif est dénombré afin que chacun reconnaisse qu’il a été créé pour servir Hachem à sa manière unique, et qu’il ne néglige pas sa tâche.
Tous sont également indispensables, et personne ne peut s’attendre à ce que sa propre tâche soit accomplie par quelqu’un d’autre, selon nos Sages : "Chacun doit se dire : "Le monde a été créé pour moi"" (Sanhédrin 37a).

Une autre raison possible pour effectuer un recensement pourrait être, que le mot ישראל (Israël) est un acronyme pour "il y a 600 000 lettres dans la Torah" (yéch chichim ribo otiyot laTorah).
De plus, c’est un acronyme pour "les 600 000 façons de comprendre la Torah" (réch chichim ribo ofanim laTorah).
Il y a donc 600 000 âmes du peuple juif, et chacune est digne de comprendre la Torah à sa manière. Le recensement devrait leur rappeler cela et les motiver à étudier la Torah et à ne pas la négliger.
Lorsque le peuple juif est compté, cela devrait mener au raisonnement suivant : ils devraient immédiatement se demander pourquoi ils sont comptés, et ils devraient se demander pourquoi il y a 600 000 juifs. Ils devraient réaliser que c’est un reflet de leur nom, ישראל (Israël), indiquant qu’il existe 600 000 façons de comprendre la Torah. Ils devraient alors prendre conscience de leur obligation d’étudier la Torah [afin que chacun y trouve sa propre compréhension unique].

Lorsque les juifs se trouvaient au bord de la mer Rouge, ils ont eu le privilège d’être imprégnés de la Chékhina d'Hachem, et lorsqu’ils chantaient, c’était comme si Hachem chantait Lui-même.
Le érev rav n’a pas eu droit à ce niveau de révélation spirituelle.

C'est ainsi qu'on comprend le verset : az yachir Moché ouBné Israël (Béchala'h 15,1) = "Alors Moché chanta un chant [avec le roua'h Hakodech] et les juifs chantèrent ce chant [de la même manière que Moché l'avait fait avec le roua'h Hakodech] à Hachem. [Ils, les juifs] dirent [au érev rav] en disant [qu'ils devaient répéter ce qu'ils venaient d'entendre]. "
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan]

Le niveau des dirigeants spirituels dépend du niveau du peuple

-> Le niveau spirituel d’une génération influe sur la stature d’un prophète.
Lorsque Moché se rendit en Égypte pour délivrer le peuple juif, il déclara qu’il était muet. Cependant, lorsque les juifs se tinrent au pied du mont Sinaï pour recevoir la Torah, le verset dit : "Et Moché parla" (Yitro 19,19), ce qui signifie que tous les juifs entendirent la voix de Moché, car il n’avait plus de trouble de la parole.
La capacité de Moché à parler clairement était le résultat du niveau spirituel élevé atteint par les Juifs au mont Sinaï.

De même, lorsque les juifs atteignirent le moment de leur rédemption, le Sifri écrit : "Lorsque Moché dit aux juifs qu’il était temps de quitter l’Égypte, sa voix fut entendue dans tout le pays, car les juifs avaient atteint un haut niveau de sainteté". C’est pourquoi, au départ, Moché dit à Hachem : "J’ai un trouble de la parole", ce qui indiquait sans doute que les juifs n’étaient pas dignes d’être délivrés.
[rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Ekev ]

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-> Le niveau de sainteté d’un prophète est lié au niveau spirituel de la génération.
Le midrach rapporte que lorsque les juifs traversèrent la mer Rouge, les forces célestes s’interrogèrent sur la raison d’être du salut des juifs et de la noyade des égyptiens, car tous deux étaient des adorateurs d’idoles.
Le fait que Moché avait comme des lèvres fermées résultait du déclin spirituel des juifs.
C'est pourquoi Moché déclara : "Comment alors Pharaon m'écoutera-t-il, voyant que je suis muet?"
En d'autres termes : "Pharaon comprendra que mon trouble de la parole est le reflet du déclin spirituel des juifs, et de ce fait, ne voudra pas laisser partir les juifs".
[rav Yonathan Eibshitz - Néfech Yéhonatan - Chémot ]

-> Moché craignait tout autant de ne pas pouvoir persuader les juifs de vouloir partir. Il dit à Hachem :
"J'ai les lèvres fermées".
Pourquoi Moïse pensait-il que le fait d’avoir des difficultés à s’exprimer aurait un impact sur la confiance que les juifs lui accordaient et sur leur détermination à suivre ses instructions?
Les sommets spirituels du prophète sont liés aux sommets spirituels du peuple juif. Plus les juifs sont vertueux, plus grande sera la révélation émanant du prophète.
Moché craignait que lorsque les juifs verraient la difficulté de Moché à transmettre le message d'Hachem, ils y verraient le reflet de leur propre déclin spirituel et se sentiraient indignes d’être délivrés d’Égypte.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan Bo ]

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=> "Donnons de la force à Hachem" (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35). Hachem attend et est dépendant (si l'on peut dire) nos actes d'être humain juif pour en résulter une force de pouvoir agir.
Mais également, par nos actions nous impactons les dirigeants spirituels de notre génération, leur permettant d'avoir un niveau encore plus élevé.

Commenter la Torah sans fondement

"Tu ne feras pas pour toi de forme gravée" (Yitro 20,4)

-> Bien que, selon le sens simple, ce verset fasse référence à l'idolâtrie, le Zohar explique qu'il peut également s'appliquer à celui qui veut délivrer un nouvel enseignement de la Torah qui n'a aucun fondement et qui ne s'appuie pas sur les paroles de nos maîtres.

Voici le langage du Zohar :
"Combien l'homme devra être méticuleux et prendre garde, lorsqu'il étudie la Torah de façon profonde, de ne pas se tromper dans son étude, ne pas dire que quelque chose est pur lorsque c'est impur ou, à l'inverse, que c'est impur lorsque c'est pur.
Il ne devra pas faire sortir de sa bouche des paroles de Torah qui n'ont aucun fondement chez nos maîtres ou qu'il n'a pas reçues lui-même de son maître. En effet, celui qui enseigne des paroles de Torah sans savoir leur source ou leur origine, sans les avoir reçues de son propre maître, il est écrit à son propos : "Tu ne feras pas pour toi de forme gravée".
En d'autres termes, ne te "sculpte" pas une nouvelle Torah."
[Merkavot Argaman al haTorah]

Produits laitiers à Shavouot

+ Produits laitiers à Shavouot :

=> Pour quelle raison y a-t-il une coutume de manger des plats lactés le jour de la fête de Chavouot ?

-> Le 'Hatam Sofer (drachot 'Hatam Sofer - Shavouot p.291) explique qu'à l'origine, Adam Harichon n'avait pas le droit de manger de la viande et ce n'est qu'à l'époque de Noa'h, après le déluge, lorsqu'il sortit de l'arche, qu'Hachem autorisa la consommation de la viande pour l'humanité.
En effet, il est écrit au sujet d'Adam : "Hachem ajouta : Je vous accorde tout herbage portant des graines, sur toute la surface de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ce sera votre nourriture. Quant à tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre et possède une âme vivante, J'assigne toute verdure végétale pour nourriture. "Et il en fut ainsi" ." (Béréchit 1,29-30)

Rav enseigne qu'Adam n'avait pas le droit de consommer de la chair animale, mais seulement des végétaux, et cette interdiction concernait l'homme mais aussi les animaux de la terre. La soumission des animaux qui fut accordée l'homme ne concernait que le travail. (guémara Sanhédrin 59b)

Rachi (sur Béréchit 1,29) explique que les hommes et les animaux sont sur le même plan en ce qui concerne la nourriture. Ainsi, Adam et sa femme n'avaient pas le droit de faire mourir une créature pour manger sa chair. Ils mangeaient tous l'herbe des champs. C'est uniquement à l'époque de Noa'h et de ses enfants qu'Hachem permit de manger de la viande.

[nous apprenons d'ici que la totalité de la création, aussi bien les hommes que les animaux, tous étaient végétariens durant les premières générations de la création. En effet, le Arizal (Ets 'Haïm - chaar ט"ל - pérek 3) nous explique que les aliments contiennent des étincelles de sainteté que l'homme doit élever de la matérialité par le biais de la bénédiction et de sa consommation. Ces étincelles de sainteté retournent à leur source originelle dans les mondes supérieurs. Ce processus est primordial dans la réparation globale du monde.
Lorsqu'Adam pria pour que la pluie tombe et que les végétaux poussent, et lorsqu'il nomma les animaux, en leur attribuant un nom du côté laquelle, durant les premières générations jusqu'au déluge, les hommes ne consommaient pas de viande, car la réparation des étincelles de sainteté n'était pas nécessaire sur le règne animal dont la réparation avait déjà été effectuée par leur simple nomination.
Par la suite, tous les animaux se sont dégradés en s'accouplant avec d'autres espèces.
Le Arizal nous explique donc qu'il était permis de les tuer puis de les manger afin d'effectuer leur réparation. ]

-> Le 'Hatam Sofer poursuit son introduction en rapportant les enseignements du Arizal (haar aMitsvot - Ekev) :
"La finalité de la consommation de viande provenant d'un abattage kasher est d'élever les étincelles sacrées contenues dans la viande, du statut de l'animal à celui de l'homme. Ainsi, lorsque l'homme, après avoir consommé de la viande et reçu de la force, va étudier la Torah et servir Hachem, il élève à son tour les étincelles sacrées qui étaient contenues dans l'animal".

A présent, le 'Hatam Sofer nous révèle un grand 'hidouch : la réparation de la Création ne nécessitait pas de procéder à un abattage rituel sur les animaux pour manger leur chair. Il suffisait, pour apporter la réparation des étincelles de sainteté du règne animal, de consommer leur lait ou des plats lactés.
Toutefois, après la faute d'Adam et de la consommation de l'Arbre de la Connaissance du bien du mal, après que l'humanité et les animaux se furent pervertis, Hachem enclencha le Déluge.
Puis Il permit aux survivants, à Noa'h et ses enfants ainsi qu'aux générations à venir, de manger la chair de l'animal en procédant à un abattage rituel. Car la réparation du règne animal ne pouvait plus uniquement s'effectuer par la consommation de son lait mais en consommant sa chair.
Néanmoins, le jour du don de la Torah, avant la faute du Veau d'or, Israël est revenu à l'état d'Adam Harichon, antérieur à la faute originelle, comme cela est évoqué : "Le peuple juif a accepté la Torah uniquement pour que l'ange de la mort ne les domine plus" (Avoda Zara 5a).
Nos Sages (Shabbath 146b) nous enseignent qu'au moment du don de la Torah, le peuple d'Israël fut complètement épuré de la faute d'Adam le premier homme et lorsque Israël se tint face au mont Sinaï, la souillure de la faute originelle se retira.
Par conséquent, Hachem interdit à Israël de manger de la viande mais autorisa la consommation de plats lactés afin de rectifier toutes les étincelles de sainteté provenant du règne animal, comme ce fut le cas aux prémices de la création.
Toutefois, après la faute du Veau d'or, quand la mort reprit sa place dans le monde, Israël fut de nouveau autorisé à manger de la viande par abattage rituel car il n'était plus possible de réparer le règne animal sans en consommer sa chair.

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-> Ainsi, l'origine de la création, le règne animal ne nécessitait qu'une légère réparation qui pouvait s'effectuer par la consommation de produits issus de leur lait. Toutefois, à cause de la faute de l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal, le dommage sur la création a augmenté, nécessitant un plus grand tikoun qui s'est matérialisé par la consommation de la chair de l'animal.
De ce fait, la consommation de la viande éveille la stricte rigueur de la faute de l'Arbre de la Connaissance tandis que la consommation des produits laitiers éveille le 'Hessed d'un monde plus élevé.

Ainsi, durant la fête de Shavouot, nous avons la coutume de manger des plats lactés afin de nous rappeler que la réalisation de la réparation de la faute originelle a déjà été opérée par la génération de la sortie d'Égypte lorsqu'ils ont reçu la Torah au mont Sinaï.
De fait, en consommant des plats lactés, nous nous rappelons l'ultime réparation qui est totalement symbolisée dans la réception de la Torah et dans l'acceptation du règne d'Hachem dans la création.
Ce devoir nous incombe, à nous, à chaque génération, jusqu'à ce qu'il soit totalement accompli, le plus rapidement possible. Amen.

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+ Quelques autres raisons de cette coutume consistant à manger des plats lactés le jour de la fête de Shavouot?

-> Le 'Hafets 'Haim (Michna Broura siman 494) écrit :
"J'ai entendu, au nom d'un grand homme, que la raison exacte de cette coutume est que lorsque les Bné Israël se sont tenus au mont Sinaï pour recevoir la Torah, ils sont redescendus ensuite de la montagne pour rejoindre leurs demeures et n'ont rien trouvé à manger immédiatement si ce n'est des plats lactés.
En effet, la viande nécessite de nombreuses préparations telles que l'abattage rituel à l'aide d'un couteau respectant les normes de la halakha, comme nous l'a ordonné Hachem. Il fallait ensuite retirer les graisses et le sang, nettoyer la viande et la saler, la cuire dans des ustensiles neufs car leurs anciens ustensiles étaient devenus interdits pour eux.
C'est la raison pour laquelle ils se sont adaptés au moment présent en choisissant de consommer des plats lactés et c'et ainsi que nous agissons, en ce souvenir."

Or, nos Sages ont enseigné que la Torah nous a été transmise le jour de Shabbat.
Puisqu'il en est ainsi, il est évident qu'il leur était interdit de procéder à un abattage rituel avec un couteau, d'extraire les graisses et de saler la viande pour ensuite la cuire.

L'Admour de Gour, écrit au nom du gaon rabbi Sim'ha Zissel :
"Bien que le don de la Torah eut lieu le jour de Shabbat, qui a dit que le peuple était redescendu de la montagne pour retrouver leurs demeures durant Shabbat? Peut-être ne sont-ils rentrés qu'à la sortie du Shabbat? Par conséquent, s'ils n'ont pas mangé de plats carnés, c'était uniquement à cause des lois de cacherout concernant leurs ustensiles et non pas à cause de la loi de Shabbath elle-même".

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-> Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Ressissé Laïla - ot 56) écrit que nous avons la coutume de consommer des plats lactés durant la fête de Shavouot car le lait est tété directement du sein de la mère.
En ce sens, le but premier du don de la Torah est de connaître Celui qui nous l'a donnée, car c'est à partir de Lui que nous "tétons" et puisons toute chose.

-> Dans le livre Kol Bo (siman 52), il est évoqué la coutume de consommer du miel et du lait en l'honneur de la Torah, le jour de Shavouot, car ils sont tous deux comparés à la Torah par le plus sage de tous les hommes, comme il est écrit : "Du miel et du lait sous ta langue" (Chir haChirim 4,11).
Nos Sages (Taanit 7a) nous enseigne que la Torah est comparée à trois sortes de liquides : l'eau, le vin et le lait. Ces trois catégories de liquides se conservent uniquement dans des ustensiles peu coûteux comme l'argile ou le bois, contrairement à des ustensiles en or ou en argent.
Le Zohar (Vayé'hi 240a) souligne également que la Torah est comparée au lait et au vin.
Ainsi, nous consommons des produits laitiers durant la fête afin de rappeler, par allusion, à l'homme, que tout celui qui désire acquérir la couronne de la Torah et la conserver se doit d'être humble.
[de même que ces 3 liquides se conservent dans les ustensiles les plus simples, il en est de même pour la Torah qui se conserve et se répand à travers les hommes les simples. ]

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-> Le Divré Yatsiv écrit que la raison pour laquelle nous avons l'habitude de consommer de la pâte avec du fromage le jour de Shavouot est parce que la Torah nous a été imposée lorsque nous étions menacés de mort sous la montagne (Shabbath 88a).
Finalement, la Torah a été acceptée de plein gré lorsque les enfants d'Israël ont ressenti le goût et la douceur de la Torah. D'après ceci, il convient d'expliquer cette coutume de manger toutes sortes de mets dont la pâte renferme, à l'intérieur, des produits laitiers et du miel.
En effet, au départ, nous ne ressentons pas la douceur mais c'est seulement lorsque nous mâchons que nous commençons à ressentir la douceur du goût qui est contenu à l'intérieur. Ceci est une allusion au don de la Torah.

-> Le Zohar (Emor 97b) demande pourquoi nous devons compter sept semaines durant le omer. Ceci afin de pouvoir mériter la purification par les eaux de bonté du fleuve de la Bina qui se déverseront sans interruption. Ces eaux sont appelées les "eaux de la vie" et il est évident que nous devons compter sept semaines pour pouvoir les mériter.

D'après ce passage du Zohar, le Magen Avraham explique que les sept semaines du compte du omer sont comparables aux sept jours de pureté que la femme effectue avant de retrouver son époux.
En outre, c'est à partir du sang utérin que la femme va pouvoir produire du lait pour allaiter son enfant, ce qui fait allusion aux mets lactés et aux mets carnés consommés en ce jour. Il s'agit ainsi de passer de la stricte rigueur à la Miséricorde et la coutume de nos ancêtres est considérée comme de la Torah.

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2015/06/23/pourquoi-est-il-de-coutume-de-manger-des-produits-laitiers-le-1er-jour-de-shavouot

La veillée de Shavouot

+ La veillée de Shavouot :

-> La nuit de Shavouot, on se consacrera à la Torah sans fermer l'œil. En effet, la particularité de l'étude de cette nuit-là, permet de mériter de nombreux bienfaits dans ce monde ici-bas ainsi que dans le monde à venir. On pourra mériter de devenir un érudit et d'avoir une descendance de Sages. ['Hemdat Yamim - Shavouot - chap.3]

-> Le Arizal (chaar hakavanot Shavouot 89a) explique que l'homme peut obtenir une protection particulière qui lui évitera tout dommage au point de lui assurer la vie jusqu'à la fin de l'année car s'il ne dort pas, son mazal ne dormira pas non plus.
Son grand mérite préservera la Présence divine de l'exil. [Moéd léKol 'Haï - siman 8, ot.16]

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=> Comment les Bné Israël ont-ils pu s'endormir la veille du don de la Torah, quelques heures avant la rencontre sacrée entre l'homme et Hachem?

-> Le Ran (fin de Pessa'him) explique au nom du midrach, à propos de la mitsva du compte du Omer : "Lorsque Moche a déclaré au peuple : "Vous servirez D. sur cette montagne" (Chémot 3,12), le peuple d'Israël demanda à Moché : "A partir de quand devons-nous réaliser ce service divin?". Il leur répondit : "A la fin de 50 jours".
Chacun compta pour lui-même et c'est à partir d'ici que les Sages ont institué le compte du Omer."

-> Le rabbi Israël de Koznitz (Avodat Israël - Shavouot) écrit au nom de rabbi Lévi Its'hak de Berditchev :
"Que D. nous préserve de penser que ce peuple saint ait pu s'endormir cette nuit-là dans un élan de fainéantise, emprisonné par le sommeil en ce jour exceptionnel. En effet, ils savaient parfaitement que Hachem devait leur transmettre Sa Torah.
Il faut donc expliquer que leur intention était au Nom du Ciel car depuis le 2e jour du mois de Nissan, ils avaient intensifié leurs préparatifs pour recevoir la Torah et y avaient investi toutes leurs forces et leurs pensées saintes, à tel point que la fatigue s'empara d'eux.
C'est à ce moment-là qu'ils ont eu peur de recevoir la Torah dans un état de fatigue qui n'était pas convenable. C'est la raison pour laquelle ils ont donné la possibilité à leurs paupières de se fermer pour récupérer leurs forces, afin de renouveler leur énergie et se renforcer dans leur esprit, afin de recevoir la
Torah."

=> D'après cela, comment expliquer la nécessité de procéder à une réparation en restant éveillé durant toute la nuit de la fête?

-> Le Yisma'h Israël (Bamidbar ot.1 & sur Shavouot ot.17) répond que c'est Hachem lui-même qui a délibérément endormi Israël et ceci dans le but que le peuple d'Israël n'en vienne pas à croire qu'il était parfaitement prêt et apte à recevoir ce cadeau du Ciel si précieux.
C'est par l'intermédiaire de cette veillée consacrée à l'étude, et réalisée dans l'effort, que le peuple juif se prépare avec un cœur brisé et avec humilité à recevoir la Torah, comme l'ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : "Un homme doit toujours apprendre des attributs du Créateur, Hachem, qui a délaissé toutes les montagnes et les vallées pour résider sur le mont Sinaï" (Sotah 5a)
En effet, après Roch 'Hodech, ils se sont rapprochés du mont Sinaï dans une totale unité et d'un seul cœur.
Il aurait pu venir à l'esprit de quelques juifs la croyance qu'ils étaient prêts à recevoir la Torah. Ainsi, Hachem a voulu leur montrer que tout le service divin de l'homme ne peut se maintenir sans l'aide divine et que l'homme doit toujours être dans l'effort de sa préparation, afin de constater que tout ce qu'il reçoit est le fruit d'un cadeau céleste.