Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Le peuple demanda à Moché : "Que nous réserve Hachem dans le monde à Venir?"
Moché répondit : "Je ne le sais pas, mais ce que je peux vous dire (à vous les juifs), c’est que vous avez de la chance pour ce qui vous attend."
[Sifri - Dévarim 356 ]

À la fin des temps, l’humanité retrouvera son état originel, vivant dans des conditions semblables à celles du Gan Eden.
[Ramban - Nitsavim 30,6 ]

<--->

-> Dans le monde à Venir, il n’y a ni corps ni forme physique, seulement des âmes.
[Rambam - Hilkot Téchouva 8,2 ]

"Tu supprimeras le mal de ton sein" (17,7)

Ce verset a été dit concernant la peine de mort imposée à l'idolâtre.
Le verset qui vient juste après est : "Si une chose t'échappe au sujet d'une loi", qui a été dit à propos du fait d'écouter les Sages quand ils tranchent une question dont on ignorait la façon de procéder.

On peut expliquer le lien entre ces deux versets ainsi :
Quand une personne est éloignée de la Torah et vit dans l'impureté, alors il est clair qu'elle ne se posera même pas la question de savoir si ce qu'elle fait est convenable ou pas.
Quand on baigne dans la faute, on ne se rend même plus compte que ce que l'on fait est mal. C'est seulement quand on décide de se purifier et que l'on se repent de ses fautes que commencent à se poser ce genres de questions.
Seul celui qui veut éradiquer le mal en lui commencera à envisager que peut-être son comportement n'est pas correct et se demandera si ce qu'il fait est bien.

Ainsi tout d'abord, "tu supprimeras le mal en toi" (v.7), et seulement alors : "Si une chose t'échappe au sujet d'une loi" (v.8), tu commenceras à t'interroger sur ta conformité à la loi.
Mais tant que tu vis dans le mal, tout ce que tu fais te paraîtra bien et tu n'auras pas ces questions.
[Tiféret Avot]

"Car si vous garderez bien toute cette loi que Je vous ordonne, pour l'accomplir, pour aimer Hachem votre D., pour aller dans toutes Ses voies et vous attacher à Lui" (Ekev 11,22)

-> Rachi : Comment peut-on s'attacher à D.?
Selon nos Sages, on y parvient en s'attachant aux érudits.

-> Le Ramban interprète "s'attacher à D." comme le devoir de combattre la tentation de l'idolâtrie en se souvenant en permanence de Hachem et en exaltant notre amour pour Lui.

<--->

+ "Car si vous garderez bien" (chamor tichméroun - שָׁמֹר תִּשְׁמְרוּן)

-> La double expression de ce verset peut se lire ainsi : "Car si garder [les mitsvot]" (ki im chamor), alors "tichméroun" (vous serez gardez).
A chaque fois qu'une personne réalise une mitsva, elle va créer un ange qui va agir comme son Défenseur et Protecteur lors de son jugement au Ciel.
[Sifté Cohen]

-> L'âme et la Torah sont comparées à une lampe.
Hachem a dit à Adam : "Ma lampe est dans ta main, et ta lampe est dans Ma main.
"Ma lampe est dans ta main" = cela fait référence à la Torah, et "ta lampe est dans Ma main" = cela fait allusion à ton âme.
Si tu gardes Ma lampe, alors Je garderez la tienne. [d'où le double emploi dans le verset]
Si tu délaisse Ma lampe éteinte, alors J'éteindrai ta lampe."
[midrach Dévarim rabba 4,4]

<--->

-> "Car si vous garderez bien"
La double expression enseigne que nous devons avoir une double protection pour la Torah.
De même que plusieurs protections sont nécessaires pour éviter de perdre notre argent, de même nous devons s'assurer de ne pas perdre notre Torah, qui a beaucoup plus de valeur que l'argent et l'or.
[Panéa'h Raza]

[au-delà de la nécessité de revenir sur notre Torah pour pas la perdre, nous devons établir des barrières personnelles (là où nous avons des faiblesses naturelles), pour ne pas en venir à franchir les barrières établies par la Torah.]

-> Si une personne étudie une michna et veille dessus pour s'assurer de ne pas l'oublier, alors on lui fournit l'occasion d'étudier davantage de Torah et de la retenir.
[רבנו מיוחס]

<--->

"Gardez (ouchmartem) donc tous les commandements que je vous donne aujourd'hui ; alors vous serez forts, et vous obtiendrez la possession du pays où vous allez, pour le conquérir" (Ekev 11,8)

-> La guémara (Kidouchin 30b) commente que le mot : "Gardez" (ouchmartem - וּשְׁמַרְתֶּם) peut se lire : "sam tam" (un remède parfait - סם תם), en référence au fait que la Torah est comparée à un remède/élixir qui donne la vie.
Rachi (dans cette guémara) commente que la Torah est parfaite, que c'est le "médicament" dont il ne manque rien.
Tandis qu'accomplir différentes mitsvot peut être une source d'aide pour certaines situations, la Torah est la seule chose qui est complètement parfaite : elle élimine le yétser ara et rend une personne compète avec Hachem.
['Hen Tov]

[en employant à plusieurs reprises le terme de garder/écouter, Hachem nous fait comprendre l'importance de ne pas considérer la Torah à la légère, mais de lui donner beaucoup de valeur à nos yeux (on garde ce qui est précieux).
Elle nous protège du mal, et nous rapproche de Hachem (si tu fais le 1er pas : (chamor), alors tichméroun, alors D. vient ensuite à ton aide). Seule elle peut nous assurer un monde à Venir sublime!]

<--->

-> "Ce sera, si vous écoutez (chamoa tichméou) Mes commandements que Je vous ordonne aujourd'hui, d'aimer Hachem votre D. et de Le servir de tout votre cœur et de toute votre âme" (Ekev 11,13)

-> Rachi enseigne :
Ce sera, si écouter, vous écoutez = Si tu écoutes [ce qui t’a déjà été enseigné] autrefois, tu comprendras le neuf (guémara Soucca 46b). De même : "Ce sera, si oublier, tu oublies" (Ekev 8,19) : si tu commences d’oublier, un jour viendra où tu oublieras tout. C’est ainsi qu’il est écrit dans une meguila : "Si tu m’abandonnes un jour, deux jours t’abandonnerai-je".

Je vous ordonne aujourd'hui = [Que mes mitsvot] vous soient aussi neuves que si vous les aviez entendues aujourd'hui même.

Pour aimer Hachem = Que tu ne dises pas : "Je vais étudier pour devenir riche, pour que l’on m’appelle : “Maître”, pour percevoir un salaire." Mais tout ce que vous faites, faites-le par amour, et les honneurs finiront par venir (guémara Nedarim 62a).

Et pour le servir de tout votre cœur = Un service qui est dans le cœur, à savoir la prière.

"Ils (les anges) lui dirent : Où est Sarah ta femme?" (Vayéra 18,9)

On peut expliquer cette question de la façon suivante.
Les anges savaient qu’Avraham était un grand homme. En effet, dans le Ciel, on parlait beaucoup de ses mérites et de ses actions extraordinaires. Ainsi, quand ces 3 anges descendirent sur terre pour se rendre chez Avraham, ils tentèrent d’analyser ses actes pour se rendre compte de par eux-mêmes de sa grandeur.
Mais Avraham, qui était humble, dissimulait ses bonnes actions et ne les exposait pas. De la sorte, les anges ne se rendirent pas tellement compte de sa grandeur.

C’est ainsi qu’ils lui demandèrent où est Sarah. En effet, puisque Avraham ne laissait rien apparaître, ils voulaient voir si tout au moins, ils pourraient discerner chez Sarah des attitudes élevées qui expliqueraient la grandeur de ce couple.
Et là Avraham leur répondit : "Elle est dans la tente", que Rachi explique comme voulant dire : "Elle est discrète". Ainsi, Avraham répondit que même de Sarah, ils allaient rien discerner de grand, car elle aussi, elle est discrète et ne montre pas sa véritable valeur.

[rabbi Yé'hiel Mi'hal de Zlotchov]

<------------------->

-> Selon certains commentateurs, les anges sont incapables de lire dans les pensées de l'homme, à moins que D. ne les leur révèle.
C'est la raison pour laquelle l'ange a demandé : "Où est Sarah ta femme?"
L'ange ignorait où elle se trouvait.
[Méam Loez - Vayéra 22,11-12]

Les fautes nourrissent les forces du mal

Les forces de l’impureté (forces du mal), de par leur essence même, ont faim, soif et sont desséchées, car elles ne possèdent aucune énergie vitale qui leur soit propre. Elles prospèrent plutôt en incitant les gens à fauter, en leur enlevant leurs étincelles de sainteté et en s’en nourrissant.
Plus elles poussent les gens à fauter, plus elles gagnent en vie. Ce sont ces fautes qui donnent de la force aux forces de l’impureté ; c’est pourquoi elles aspirent constamment, avec soif et faim, à pousser les gens à fauter afin de pouvoir se nourrir de leur sang innocent ...

Lorsque Hachem voit que cette personne s’est repentie et a exprimé un véritable regret dans son cœur et son âme, Hachem accepte sa prière et l’aide à détruire ces démons ... mais aussi à extraire des étincelles supplémentaires de sainteté de ces forces d’impureté.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - 'Houkat 21,1-3]

L’éducation

+ L'éducation (par le rav Kook) :

-> Une question revient sans cesse concernant l’éducation des enfants : formons-nous simplement un enfant pour qu’il devienne un adulte? Ou bien la période de l’enfance a-t-elle une valeur intrinsèque?

Si l’on considère que la vie tourne autour de la carrière et du travail, alors l’enfance n’a aucune valeur intrinsèque. Selon cette conception de la vie, un enfant n’est qu’un morceau d’argile attendant d’être modelé pour devenir un travailleur solide et efficace.
Or, une telle approche de l’éducation n’est pas valable dès lors que l’on considère que la vie idéale est celle qui incarne la pureté, l’éthique, la bienveillance et l’innocence. Dans cette perspective, l’enfance n’est pas simplement une période où l’on prépare une personne à l’âge adulte. Il s’agit plutôt d’une étape de la vie qui possède sa propre valeur intrinsèque.
En effet, l’enfance d’une personne devient souvent le symbole de la plus haute qualité de vie, que l’on passe toute sa vie d’adulte à tenter de retrouver. C’est là le sens profond de l’affirmation "le monde repose sur le souffle des enfants" (Shabbat 119b).

Certes, même si l’enfance est bonne, pure et sainte, elle a elle aussi ses points faibles. Elle ne permet pas d’affronter bon nombre des épreuves de la vie. C’est donc là notre responsabilité : protéger l’innocence et la pureté de l’enfance, et faciliter une transition en douceur de tout son éclat et de toute son innocence vers l’âge adulte.
Ce processus doit s’effectuer de telle sorte que la personnalité de l’éducateur n’apporte que la force physique et spirituelle ainsi que la discipline qui manquent à l’enfant.
La personnalité de l’éducateur ne doit en aucun cas détruire les précieuses caractéristiques de l’enfance.
Tel est l’objectif de l’éducation juive : "à cent ans comme un jeune de vingt ans, et à vingt ans comme un enfant de sept ans" (midrach Béréchit raba 58,1), "comme un enfant innocent d’un an" (Yoma 22b).
Telle est la vision idéale et la responsabilité des éducateurs de notre peuple. (MR, p. 230)
[rav Avraham Kook - Maamaré haRéiya - p.230]

<---->

+ Préserver la pureté des enfants :

-> Le désir et la compréhension des enfants sont purs. Les germes naturels de leur savoir sont très sains.
L’éducation doit s’attacher davantage à protéger ce germe sain de l’enfant qu’à contribuer à son développement. Ce n’est que lorsque l’objectif principal de l’éducation sera axé sur la préservation de la pureté de l’enfant ... que tout développement ultérieur sera bénéfique.
Les pensées de foi, la conscience éclairante de la grandeur divine, la relation à Hachem, la certitude d'Hachem, la profondeur de la pureté et de l’honnêteté : telles sont toutes les qualités d’un enfant ...
La parole du D. vivant, le fondement de la culture, la clé de nos âmes et une société prospère dépendent tous des enfants.

Tel est le secret que le peuple juif a découvert en exil, et c’est grâce à cela que la Torah s’est épanouie en exil : l’importance de l’éducation des enfants a été placée au rang de priorité absolue. À mesure que le nationalisme juif se renforce, il devra revenir à ce fondement de la vie dans toute sa sainteté et sa force.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 2:258 ]

<---->

+ Protéger l’enfant intérieur :

-> Les sens fondamentaux des enfants se développent bien avant qu’ils n’acquièrent la capacité de comprendre le monde de manière intellectuelle. Cela leur permet de découvrir le monde sans subir les influences négatives de personnes à l’esprit étroit.
Il est essentiel qu’un enfant découvre d’abord le monde sous sa forme originelle, sans aucune explication : il doit d’abord faire l’expérience, puis seulement ensuite comprendre.
Les enfants doivent découvrir le monde qui les entoure sans le comprendre, afin de disposer d’une base pure à partir de laquelle ils pourront commencer à faire fonctionner leur esprit.
Au début, ils ne doivent recevoir ni explications ni raisonnement intellectuel. Ils doivent faire face au monde tel qu’il est : l’œuvre des mains du Créateur, dotée de Son immense pouvoir de compréhension infinie. Tout cela devrait être vécu dans le cœur d’une personne dès l’instant même où elle entre dans la lumière de la vie.
Et ce n’est qu’une fois cette graine saine semée que la graine de la vie spirituelle pourra perdurer.

Tout désir naturel qu’une personne éprouve pour un rêve idéaliste est en réalité un retour vers son enfant intérieur. Au cœur de ce désir réside un attachement à un idéal dépourvu de toute justification abstraite.
Il y a une impulsion qui provient d’un lieu totalement inconscient. Et c’est précisément cet enfant intérieur que nous devons protéger de toutes les influences négatives.
Les éveils innocents de l’âme qui proviennent de la partie la plus pure et la plus naturelle de l’esprit doivent être respectés. Mais en même temps, nous devons veiller à neutraliser toute influence étrangère et déformée.
"Que le prophète qui a un rêve raconte son rêve ; et que celui qui a Ma parole prononce Ma parole fidèlement. Qu’est-ce que l’ivraie comparée au blé ? Ce sont là les paroles de D." (Yirmiyahou 23,28).
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 2:359 ]

Etre en phase avec son véritable MOI

"Le but de tout développement personnel est de replacer chaque force, chaque potentiel et chaque talent à sa juste place, sans perturber leur ordre naturel, ce qui empêcherait leur expression. Hachem a créé les êtres humains et le monde intrinsèquement bons, en leur fournissant tous les outils nécessaires pour améliorer le corps et l’âme.
Quiconque pervertit l’ordre divin ne peut qu’engendrer des dommages et la destruction."
[rav Avraham Kook - Moussar Avi'ha 23 ]

<--->

-> Explication :
Le rav Kook ne croyait pas en cette conception déprimante et pessimiste de la nature humaine (qu'on est par nature égoïste, mauvais - que nos mauvais traits de caractère sont une normalité).
Au contraire, il estimait que tous les fautes et toutes les erreurs proviennent de l’éloignement de son vrai moi. En d’autres termes, nous devenons colériques, jaloux ou haineux pour soulager la douleur de ne pas être en harmonie avec ce que nous sommes véritablement devenus au plus profond de nous-mêmes.

C’est pourquoi, selon le rav Kook, le but de tout développement personnel et de toute téchouva n’est pas de se surpasser, mais de revenir à son moi le plus authentique, non pas de sortir de soi-même, mais d’être fidèle à ce qui se trouve à l’intérieur.

Moments difficiles = témoignages que Hachem nous aime!

+ Nos moments difficiles = témoignages que Hachem nous aime!

- Le rabbi Mendel de Kotsk a demandé à un de ses 'hassid, qui se plaignait que chaque fois qu'il se sentait se rapprocher de Hachem, une épreuve survenait et l'en détournait : "Comment as-tu appris à ton fils à marcher?

- Le 'hassid de répondre : "Je me suis mis un peu devant lui et j'ai ouvert les bras. Quand il s'approchait de moi, je reculais d'un pas."
- Le rabbi de Kotsk de lui dire : "Tu vois bien que quand ton fils voulait se rapprocher, tu t'éloignais. C'était par amour pour lui, pour qu'il puisse apprendre à marcher.
De même, Hachem s'éloigne parfois de nous quand nous nous rapprochons, et c'est aussi une marque d'amour, pour que nous continuions d'avancer."

<------->

-> C'est quand son père le laisse se débrouiller qu'un enfant apprend à marcher.
L'instant où son père lâche sa main est porteur d'un amour bien plus grand que lorsqu'il la tient et l'accompagne.
[rav Akiva Tatz]

<------->

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou vol.3) explique que les instants où les difficultés submergent une personne, où Hachem paraît s'éloigner, n'ont d'autre but que d'obliger la personne à exercer son libre arbitre.
Quand, alors qu'elle se trouve en situation difficile, une personne effectue les bons choix, elle accède à des niveaux spirituels supérieurs, réalise pleinement son potentiel spirituel et se rapproche ainsi de Hachem.

[=> on voit bien que si D. s'éloigne de nous, c'est pour qu'au final nous puissions nous retrouver davantage proches de Lui.
Les épreuves sont un passage temporaire indispensable pour pouvoir resserrer éternellement nos liens d'union avec papa Hachem. Ainsi, lorsque D. nous en envoie, ce n'est pas un signe de rejet, mais au contraire c'est un signe d'amour : Il désire que nous soyons encore plus en proximité avec Lui!]

+ "Si nous retrouvions une confiance sans faille en D., Il nous protégerait Lui-même et nous sauverait des mains de tous nos ennemis"

[Rabbénou Yéhouda (fils du Roch) - responsa Zikhrone Yéhouda 91]

<--------->

-> "Il incombe à tout juif de nourrir une foi parfaite et d'investir toute sa confiance en Hachem. Une telle foi a le pouvoir de modifier le cours de la nature et d'apporter la délivrance."
[rav 'Haïm Pin'has Scheinberg]