Aux délices de la Torah

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Peur & être audacieux

+ Peur & être audacieux :

-> La peur, lorsqu’elle n’est pas correctement maîtrisée, transforme une personne en une loque, en un lâche et en une parodie d’elle-même.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim - 1:368 ]

-> Une peur excessive prive une personne et tous les êtres vivants de leur étincelle de vie.
Rien au monde n’est aussi mauvais et cruel qu’une peur excessive.
Elle amplifie tous les maux bien au-delà de ce qu’ils sont réellement, elle ternit la beauté de toutes les bénédictions de la vie et fait croire que le mal est présent même lorsqu’il ne l’est pas.
Elle paralyse une personne, qui s'abstiendra de toute action positive.
Une personne entre dans un état d'esprit du type "de peur que ..." jusqu'à ce qu'elle devienne de plus en plus faible.
[rav Avraham Kook - Ikvé Hatson ]

-> Qu'advient-il de notre amour lorsque notre peur se transforme en peur excessive?
Réponse : il s'éteint.

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-> La vie nous apprend à être prudents, à nous méfier. Nous apprenons à modérer notre amour. Nous apprenons à ne pas aimer.
Comment pouvons-nous doser cette peur/crainte afin qu’elle ne devienne pas excessive?
Comment ne pas laisser la peur "éteindre l’étincelle de la vie"? Quel est le tikoun, la guérison, de la peur excessive?

-> Le rav Kook (Ikvé haTson) écrit :
"L’éradication de la peur excessive s’accomplira par la force opposée, le pouvoir de la 'houtzpa, qui doit devenir irrésistible. Là où il y a de la 'houtzpa, il n’y a pas de peur."

-> Rav Kook ne fait pas référence à la 'houtzpa d’un comportement grossier, qui consiste à passer devant les autres dans une file d’attente ou à agir avec insensibilité. Il appelle à un niveau plus élevé de comportement antisocial, à ne pas être contraint par les normes et les limites établies. À ne pas laisser les attentes et les conventions des autres nous enfermer dans une cage.
Une 'houtzpa idéologique ; une 'houtzpa fondée sur des principes.
L'audace reflète le fait de se libérer des inhibitions et des contraintes. Elle peut être impulsive et scandaleuse. Mais à un niveau plus profond, l'audace, c'est sortir de la cage que nous construisons autour de nous-mêmes. C'est libérateur.

L'amour expansif est, par essence, une proposition audacieuse. Il faut beaucoup de courage pour aimer. Et même de l'audace.
[rav Arié Ben David]

Pessa’h & émouna

Pessa'h est le "Roch Hachana de la émouna" ; la sortie d’Egypte est le fondement de notre foi. La nuit du Séder est une révélation de la Chékhina, qui insuffle la foi dans nos cœurs et nous donne la force de vivre avec émouna tout au long de l’année.
La émouna est la source de notre vie tant dans l’exil que dans la Délivrance. Elle est notre "foyer" où que nous soyons ...
Que nous soyons dans un état de déchéance, ou que tout aille bien et que le bien nous entoure, nous revenons à cette racine de la émouna simple.
Le Baal Shem Tov lui-même a dit : "Même après tout ce que j’ai accompli, je reviens toujours à la foi simple".
[rav Yéhouda Mischel]

Nous, les juifs, sommes devenus un peuple en Egypte.
Le Zohar (Chémot 189a) insiste sur ce "là-bas", "là" : ce n’est qu’là, en Égypte, que les juifs ont pu devenir un grand peuple ; si nous n’avions pas été en Égypte, nous ne nous serions pas transformés en un goy gadol.

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-> Le peuple juif devient grand dans l’adversité. Knesset Yisrael a dû passer de nombreuses années en esclavage pour atteindre son statut de nation et sa grandeur ...
Si nous n’avions pas vécu des années d’horreur, nous n’aurions pas pu grandir et devenir une grande nation. C’est dans la douleur et le désespoir que nous avons atteint la grandeur et l’identité nationale.
[rav Judah Mischel]

"Réponds-moi quand je t'appelle, ô D.0, mon défenseur! Tu m'as secouru dans la détresse ; aie pitié de moi et exauce ma prière" (Téhilim 4,2)

-> Rabbi Na'hman souligne qu'il n'est pas écrit :"Tu m'as secouru de la détresse", mais plutôt : "Tu m'as secouru dans la détresse".
Il écrit : "Car si une personne contemple les bienfaits d'Hachem, elle verra que même au moment où Hachem lui inflige une contrainte, et même au cœur même de la détresse, Hachem lui apporte également un soulagement et accroît Sa bonté à son égard." [Likouté Moharan 195]

-> Rabbi Nathan de Breslev développe : le moment d’exprimer sa gratitude n’est pas après avoir été soulagé de la détresse, mais plutôt pendant la détresse elle-même.

Pourim – Réaccepter la Torah

+ Pourim - Réaccepter la Torah (selon le Sfat Emet) :

Commentant l'apparente redondance "kiyémou vékibélou" (ils ont accompli et accepté) nos Sages (guémara Shabbath 88a) suggèrent que ce verset (Esther 9,27) se réfère à la ré-acceptation de la Torah au moment du miracle de Pourim.
Ils ont accompli (kiyémou) ce qu'ils avaient déjà accepté (vékibélou) au mont Sinaï.

-> Si la loi écrite a été acceptée avec enthousiasme au mont Sinaï, la loi orale n'a jamais été acceptée avec autant d'enthousiasme. À la suite du miracle de Pourim, le peuple juif a également accepté la Loi orale [avec enthousiasme].
Cela peut être corroboré par l'expression "layéhoudim ayéta ora" (ora - lumière (sous forme moins usuelle et féminine) = la Torah), plutôt que "or" (אור).
אורה (ora) implique l'assimilation et l'intégration de la lumière de la Torah dans toutes les fibres de la personne. Cela est possible grâce à une étude approfondie de la Torah orale.
[Sfat Emet - Pourim 5658]

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-> "layéhoudim ayéta ora". Le terme "ayéta" (היתה) se rapportait à נהייתי (niyéti - Daniel 8,27), et il
implique l'acceptation de la Torah même dans les moments difficiles.
Alors qu'avant l'expérience de Pourim, le peuple juif avait accepté la Torah au mont Sinaï au milieu de la grande révélation d'Hachem, il acceptait maintenant la pertinence de la Torah même pour les générations, comme la leur, dans lesquelles Sa Présence semble être cachée, en temps de "astarat panim".
[Sfat Emet - cf.Pourim 5657]

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-> La Torah elle-même est comparée à l'arbre de vie du gan Eden, dont l'accès se fait par " avec la lame de l'épée flamboyante, pour garder les abords de l'arbre de vie (Béréchit 3,24).
Cette épée est détenue par Amalek, qui a hérité de la bénédiction de son ancêtre Essav : "tu vivras de ton épée" (Toldot 27,40).
Une fois Amalek vaincu, Israël pourra contourner l'épée flamboyante et récupérer le fruit de l'arbre de vie.
En fait, l'objectif principal de l'histoire de Pourim, la grande peur à laquelle Israël a été soumis, ainsi que sa libération, est ce qui a incité Israël (les juifs) à accepter à nouveau la Torah. Comme le rapporte la guémara (Mégila 11a) : [Hachem n'a jamais rejeté Israël] ... pour [les] éliminer à l'époque d'Haman", mais Il a exposé Israël à la menace d'Amalek pour nous motiver à revenir à la Torah.
[Sfat Emet - Pourim 5653]

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-> Avant le miracle de Pourim, la relation d'Israël avec la Torah était basée sur la émouna, la foi, plutôt que sur l'enthousiasme. C'est pourquoi Hachem s'est senti obligé de suspendre le mont Sinaï au-dessus de leur tête comme une cuve (guémara Shabbath 88a). Il devait impressionner Israël par la puissance de la Torah et par les conséquences d'un refus.
À l'époque du miracle de Pourim, le peuple juif a accepté la Torah avec enthousiasme. Comme le note Rachi (cf. Shabbath 88a), ils ont accepté la Torah "par l'amour du miracle" (méaavat aness), en raison de leur amour pour Hachem que le miracle de Pourim a généré.
[Sfat Emet - Pourim 5661]

Mordé’haï haTsadik – un dirigeant pour toutes les générations

+ Mordé'haï haTsadik - un dirigeant pour toutes les générations (selon le Sfat Emet) :

Nous avons voir les attributs de Mordé'haï, en particulier ceux qui le distinguent en tant que leader de la Torah.

-> Le midrach note que Mordé'haï ressemblait à Avraham dans sa capacité à influencer les non-juifs à se convertir au judaïsme (cf. Lé'h Lé'ha - Rachi 12,5).
Comme nous le lisons dans la Méguila : "un grand nombre parmi les gens du pays se firent juifs" (Esther 8,17).
Cette caractéristique de Mordé'haï est évoquée ailleurs dans la Méguila. Par exemple, Zéréch note : "im mizéra aYéhoudim Mordé'haï" (Si Mordé'haï est d'origine juive (Esther6,13) = si Mordé'haï est issu de la semence (traduction littérale de "zéra") des juifs, il a la capacité de "planter" de nouvelles âmes. [rendant juifs des non-juifs]
Dès le début, Mordé'haï est décrit comme "ich Yéhoudi (Esther 2,5), un individu qui persuade les autres d'adopter le judaïsme.
[Sfat Emet - Pourim 5658]

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-> Bien que l'unité soit toujours un objectif difficile à atteindre, elle peut être matériellement facilitée par la présence d'un tsadik qui incarne l'unité par sa conduite personnelle.
La description de Mordé'haï par la Meguila comme étant un "ich yéhoudi" peut être interprétée comme "ich yé'hidi, un individu qui rassemble des groupes disparates (ya'had).
Consciente de la capacité de Mordé'haï à promouvoir l'unité, Esther le presse : "Va, rassemble tous les juifs" (4,16).
[Sfat Emet - Pourim 5656]

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-> Haman s'est rendu compte que "Mordé'haï ne s'incline pas et ne se prosterne pas" (Mordé'haï lo yi'hra vélo yista'havé - Esther 3,2).
Non seulement il refuse de rendre hommage à Haman (et à l'image païenne (idole) qu'il porte au cou, cf. midrach), mais Mordé'haï ne se prosternera jamais, comme l'indique le mot "lo yi'hra (litt. ne s'inclinera pas - לֹא יִכְרַע), associé au futur.
Non seulement Mordé'haï, mais aussi les futurs "Mordé'haï", les dirigeants de la Torah à travers les générations, n'envisageront jamais de se prosterner devant une telle icône.
Arrivé à cette conclusion, Haman décide maintenant d'éliminer tous les juifs, et pas seulement Mordé'haï.
[Sfat Emet - Pourim 5653]

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-> Il n'est pas dit : "Mordé'haï ne s'est pas incliné" (Mordé'haï lo kara), mais "Mordé'haï ne s'inclinerait pas" (Mordé'haï lo yi'hra), il n'a même pas envisagé de s'incliner (la lettre י [לֹא יִכְרַע] se réfère toujours à l'intention future).
Ni Mordé'haï ni aucun des dirigeants en Torah ne se compromettraient jamais d'un iota avec Haman ou tout autre futur Haman.

D'où Mordé'haï tire-t-il sa formidable force morale pour défier Haman?
Lui et tous les dirigeants en Torah sont des descendants spirituels de Moché.
Mordé'haï est dénommé : "ich yéhoudi", il y avait un individu exceptionnel dans sa génération et son nom était Mordé'haï. La Méguila nous assure que si les temps l'exigent, d'autres dirigeants spirituels du calibre de Mordé'haï se lèveront à l'occasion.
[Sfat Emet - Pourim 5643]

L'une des grandes vertus du roi David était sa capacité à pardonner à tous ceux qui l'avaient maltraité et lui avaient fait du mal. Hachem s'est inspiré de l'attitude du roi David et lui a également pardonné.
[ rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonathan - Haazinou ]

Yitro se réjouit lorsqu'il entendit parler des miracles incroyables dont bénéficia le peuple juif. Comme l'indique le verset : "Yitro se réjouit de tout le bien qu'Hachem avait fait pour le peuple juif, qu'Il avait sauvé du pays d'Egypte" (Yitro 18,9).

-> Rachi explique que Yitro fut impressionné par l'abondance de bénédictions dont bénéficiait le peuple juif : la manne, le puits de Myriam et la Torah. Toutefois, ce qui l'étonna le plus fut la façon dont le peuple juif était parvenu à fuir la captivité. Aucun esclave n'avait jamais réussi à s'échapper d'Égypte, et voilà qu'une nation de six cent mille hommes s'en allait simplement, traversant la frontière vers la liberté sans aucune difficulté. C'était vraiment miraculeux.

-> Le 'Hida (Na'hal Kédoumim - Yitro) explique le pouvoir mystérieux que les égyptiens exerçaient sur leurs captifs, qui rendait pratiquement impossible à quiconque d'envisager de s'échapper : l'Égypte était connue sous le nom de "Bét HaAvadim" (la Maison des esclaves), car c'était l'habitation permanente de toute personne asservie. Une fois qu'un esclave y entrait, il n'y avait aucun espoir qu'il soit un jour libre avant la fin de son existence.
Les égyptiens accomplissaient cet exploit grâce à l'utilisation de la sorcellerie. Tout esclave qui avait le malheur de se trouver à l'intérieur des frontières de l'Egypte s'y trouvait piégé pour toujours par un sort magique jeté sur le pays.

-> Le Hida (Haggada Baté Néfech) pose la question suivante : contrairement au reste des Bné Israël, la tribu de Lévi ne fut pas soumise à l'esclavage en Égypte. Pour eux, quitter l'Égypte ne signifiait pas la délivrance de la servitude. Pour quelle raison, alors, célèbrent-ils le Zman 'Hérouténou (le temps de notre libération)?

Le 'Hida répond que même s'ils n'étaient pas esclaves, ils étaient quand même piégés en Egypte. La sorcellerie qui empêchait les esclaves de s'échapper des frontières de l'Égypte emprisonna également les Léviim.
Comme leurs frères juifs esclaves, ils étaient dans l'incapacité de quitter l'Egypte sans que la Main puissante d'Hachem ne les guide. Ainsi, eux aussi célèbrent leur libération du Beit HaAvadim, la Maison des esclaves.

-> Le séfer vaYossef David précise que le nom même de מצרים fait allusion à l'idée que le peuple juif était physiquement piégé là-bas.
Lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, la Torah rapporte : "aba'im mitsrayéma" (qui sont venus en Egypte - הַבָּאִים מִצְרָיְמָה - Chémot 1,1). Les 2 lettres מ qui sont présentes dans מצרים (mitsrayim - Egypte), dans ce cas, sont ouvertes, ce qui indique que le pays était ouvert à ce moment-là (il n'y a pas de mém final, fermé, dans מִצְרָיְמָה). Ses frontières étaient parfaitement et couramment franchissables. Au début de leur arrivée, les Bné Israël pouvaient donc aller et venir à leur guise.

Peu de temps après, toutefois, le nom devient מצרים, où le premier מ est ouvert, et le dernier ם est fermé.
Cela indique qu'à l'entrée, le pays était ouvert, mais une fois à l'intérieur, les frontières étaient fermées.
Par le biais de la sorcellerie, il était littéralement impossible à quiconque de quitter l'Égypte.

-> Le Vayossef David explique plus en détail en quoi consistait ce confinement magique. Il y avait dix entrées en Egypte, dix postes-frontières. Par voie de sorcellerie, les égyptiens érigèrent des effigies ayant la forme d'animaux. Il y avait un chien à une porte, un âne à une autre, un lion à une troisième, ...

Si un esclave parvenait d'une manière ou d'une autre à une frontière, l'image de l'animal de cette porte criait. Si quelqu'un essayait de s'échapper par la porte avec le lion, par exemple, le lion rugissait, et des images de lions rugissaient également dans toute l'Egypte. Les gardes de Pharaon étaient ainsi immédiatement informés que quelqu'un tentait de sortir par la porte du lion. Des soldats étaient alors très vite envoyés à cette porte pour traquer et capturer le fuyard.

Lorsque le peuple juif quitta l'Egypte, il sortit par la porte de l'animal le plus important : le chien. Mais, comme le raconte le verset, les chiens restèrent miraculeusement silencieux.
"Mais contre tous les Bné Israël, aucun chien n'aiguisera sa langue" (Bo 11,7) ; malgré le fait que tout un peuple sortit, aucun chien n'aboya.

-> Le midrach rabba (Chémot rabba 20,19) rapporte une opinion selon laquelle les égyptiens eurent également recours à la sorcellerie pour dissimuler l'emplacement des restes de Yossef. Conformément à la coutume égyptienne, celui-ci, en tant que personne royale, fut enterré dans le palais.
Son lieu de sépulture était gardé par des chiens en or massif. Au moyen de la sorcellerie, ces chiens en or étaient programmés pour aboyer chaque fois que quelqu'un s'approchait. Le son de leurs aboiements pouvait être entendu dans tout le pays, jusqu'à une distance aussi grande que l'on peut couvrir en marchant 40 jours.

Lorsque Moché Rabbénou réussit à faire taire ces chiens, la Torah rapporte: "Mais contre tous les Bné Israël, aucun chien n'aiguisera sa langue" (Bo 11,7).
Moché cria alors : "Yossef, Yossef, le moment est venu pour nous de quitter l'Egypte, et nous pouvons maintenant accomplir le serment de "Hachem se souviendra assurément de vous, et vous ferez monter mes os d'ici avec vous" (Vayé'hi 50,25).

Ainsi, les égyptiens n'eurent pas seulement recours à la sorcellerie pour piéger le peuple juif à l'intérieur de leurs frontières, mais également pour s'assurer que les restes sacrés de Yossef ne soient pas emportés.
=> Comment, en fait, le peuple juif parvint-il à vaincre ces forces obscures? De quelle manière le peuple juif put-il surmonter la magie employée pour les enfermer à l'intérieur des frontières d'Égypte?

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-> Rabbi 'Hanina (guémara 'Houlin 7b) explique le verset : "én od milévado" (rien n'existe en dehors de Lui! - Vaét'hanan 4,35) comme faisant référence à la réalité qu'Hachem est omnipotent et que même la magie la plus puissante est inefficace contre Lui.
Il rapporte qu'une femme de son quartier tenta d'utiliser la sorcellerie contre lui. Elle s'efforça avec ardeur de ramasser la poussière sur laquelle il marchait, dans le but de tuer Rabbi 'Hanina par sorcellerie.

Celui-ci la mit en garde que ses efforts seraient vains, car aucune magie ne pourrait lui causer de mal.
La sorcellerie serait inefficace contre une personne juste (tsadik) ; comme le dit le verset : "én od milévado". Même la sorcellerie la plus puissante ne constitue pas une menace pour les tsadikim de Hachem.

La Guemara se demande si cette déclaration ne s'oppose pas à Rabbi Yo'hanan, qui enseigna que כפירה (la sorcellerie - kéchafim), est un acronyme de : "chémakh'hichin pamal'ya chél mal'a", indiquant qu'ils sont capables de contredire l'autorité céleste d'Hachem.
Cela semble impliquer que la sorcellerie est bien, en réalité, une force apte à agir malgré la présence de Hachem.

La guémara concède que, en effet, Rabbi Yo'hanan a raison dans son évaluation de la puissance de la sorcellerie, mais les mérites de Rabbi 'Hanina étaient si grands qu'ils le protégeaient de toute magie employée contre lui.
Ainsi, la guémara conclut que la magie ne peut être tenue à distance que par une personne parfaitement juste. Pour un tel individu, l'adage "én od milévado sert à l'isoler des forces maléfiques de la sorcellerie.

Non seulement nous devons nous considérer comme ayant quitté l'Egypte personnellement, mais nous devons aussi nous considérer comme étant au même niveau spirituel inférieur du peuple juif à cette époque. Nous devons nous considérer comme des adorateurs d'idoles au 49e degré d'impureté que Hachem relève des profondeurs de la dépravation spirituelle au moment de la sortie d'Egypte.
Après avoir quitté l'Egypte, nous arrivons finalement au statut de "véakhchav karvanou amakom" (et maintenant Hachem nous a rapprochés de Son service).
['Hatam Sofer - drachot 'Hatam Sofer]

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-> Nous commençons la nuit du Séder dans les entrailles de l'Égypte et nous sommes à un niveau spirituel très bas. Nous imaginons que nous n'avons même pas encore atteint la kedouchat Israël et que nous sommes inaptes à réciter la bénédiction sur la Haggada. Nous ne pouvons pas déclarer "acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou" jusqu à ce que nous soyons
délivrés et désignés comme la nation d'Hachem.

La grandeur de rabbi Akiva même comparé à Moché

+ La grandeur de rabbi Akiva même comparé à Moché :

-> Dans la Hagada, nous disons : "Et même si nous étions tous des hommes de sagesse, de compréhension, d'expérience et de connaissance de la Torah, il nous incombe toujours de raconter l'Exode d'Égypte" (vaafilou koulanou 'hakhamim koulanou névonim ...).

Pour quelle raison devrions-nous envisager l'idée qu'un érudit, quelqu'un qui connaît très bien la Torah, ne serait pas tenu de s'acquitter de l'obligation de raconter à nouveau la Sortie d'Egypte?
Chaque Juif est tenu d'accomplir toutes les mitsvot applicables de la Torah; alors, pourquoi devons-nous inclure spécifiquement les talmidé 'hakhamim? Pourquoi estimer qu'ils devraient être exemptés de cette mitsva?

-> 'Le Hida aborde cette question dans son interprétation de la Haggada (Sim'hat HaRéguel): le Arizal enseigne que le peuple juif devait être sorti d'Égypte à ce moment précis. S'il était resté là un moment de plus, il serait tombé au point de non-retour. Il serait descendu dans le cinquantième niveau d'impureté, un niveau à partir duquel la Délivrance aurait été impossible.

Pourquoi la Guéoula n'était-elle possible qu'à partir du quarante-neuvième niveau d'impureté, mais impossible à partir du cinquantième? Pour quelle raison le cinquantième niveau était-il considéré comme le point de non-retour?

Le 'Hida explique que lorsque quelqu'un est installé dans l'impureté, il ne peut être sauvé que s'il existe un individu en mesure de le hisser pour le sortir de son état d'impureté

Moché Rabbénou, qui avait été chargé de la mission de sauver le peuple juif d'Égypte, avait atteint le quarante-neuvième niveau de bina, le 49e niveau de sainteté.
La guémara (Roch Hachana 21b) nous rapporte qu'il existe 50 niveaux de Torah, sachant que Moché eut accès à 49 d'entre eux.

Ayant atteint le 49e niveau de Torah, Moché était parfaitement qualifié pour sauver le peuple d'Israël du 49e niveau d'impureté. Cependant, si le peuple d'Israël avait chuté d'un niveau supplémentaire, jusqu'au cinquantième niveau d'impureté, il aurait échappé à la portée de Moché Rabbénou. Il n'aurait pas pu servir de vecteur par lequel la Guéoula se produisit.

Le Arizal révèle de manière étonnante que Rabbi Akiva fut le seul individu à atteindre le 50e niveau de sainteté (kédoucha).

Dans une certaine mesure, il atteignit un niveau de Torah supérieur à celui de Moché Rabbénou.
Si Rabbi Akiva avait été présent en Égypte, il n'y aurait pas eu d'urgence à sauver le peuple juif. Les juifs auraient pu descendre au cinquantième niveau d'impureté, Rabbi Akiva aurait quand même pu les délivrer.

Du point de vue de Rabbi Akiva, les miracles accomplis pour faire sortir d'urgence le peuple juif d'Égypte n'étaient pas nécessaires. S'il avait été présent, ils n'auraient jamais atteint le point de non-retour ; Rabbi Akiva aurait toujours pu les sauver. On pourrait donc penser qu'une personne telle que Rabbi Akiva, quelqu'un ayant atteint le 50e niveau de Torah, n'ait pas besoin de discuter et de relater les miracles s'étant produits pendant la Sortie d'Egypte. Pour lui, ces prodiges n'auraient sans doute pas été essentiels. Alors, pourquoi les évoque?

La Haggada enseigne que même celui qui a atteint le plus haut niveau de Torah, comme Rabbi Akiva, sera toujours obligé de participer à la mitsva de raconter le récit de la sortie d'Egypte.

Le Hida ajoute que, pour cette raison, la Haggada rapporte ensuite une anecdote sur les tsadikim qui ont passé toute la nuit à discuter de la sortie d'Egypte, Rabbi Akiva étant l'un d'eux. L'argument est clair : même Rabbi Akiva, pour qui aucun degré d'impureté n'est au-delà de la Délivrance, est tenu d'investir du temps à raconter les événements miraculeux de l'Exode.

Le 'Hida cite son père, qui employait cette idée pour expliquer l'enseignement de nos Sages selon lequel "chéla'h na béyad tichla'h" (d'envoyer celui que Tu enverras [délivrer la nation juive d'Egypte] - Chémot 4,13) se réfère à Rabbi Akiva.
Il expliquait que c'était justement pour cette raison-là que Moché Rabbénou désirait que Rabbi Akiva soit choisi pour faire sortir le peuple juif d'Egypte. Il avança : "Si je les fais sortir, ce sera avec une grande urgence, de peur que le peuple juif ne glisse au-delà du seuil du sauvetage; que Rabbi Akiva les fasse sortir et il n'y aura aucune pression du temps. Même s'ils chutent au cinquantième niveau d'impureté, Rabbi Akiva pourra encore les sauver."

Ainsi, le 'Hida cite une déclaration de nos Sages interprétant explicitement la demande de Moché, "chéla'h na béyad tichla'h", comme faisant référence à Rabbi Akiva.
Le midrach HaGadol (parachat Chémot) ainsi que le Otiot Divré Akiva (ot dalét) interprètent tous deux "chéla'h na béyad tichla'h" comme se rapportant à Rabbi Akiva.