Aux délices de la Torah

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Torah & plaintes du Satan

+ Torah & plaintes du Satan :

-> Hachem a donné la Torah au peuple juif dans une manifestation publique de puissance qui a retenti à travers le monde entier. Même les animaux écoutaient dans un silence parfait la voix impressionnante de Hashem alors qu’Il nous donnait la Torah.
Le midrach (Chémot raba 29,9) déclare ainsi :
"Lorsque Hachem a donné la Torah, aucun oiseau ne gazouillait, aucune vache ne meuglait, aucun ange ne volait, et aucun ange de feu ne disait : "Saint, saint, saint". L’océan ne bougeait pas et les créatures ne parlaient pas. Le monde entier était silencieux lorsque la voix s’éleva pour dire : "Je suis Hachem, ton D." ... afin que toute la création sache qu’il n’y a rien d’autre que Lui."

-> Malgré cette grande manifestation publique, la guémara (Shabbath 89a) nous rapporte néanmoins qu’après le don de la Torah, le Satan demanda où se trouvait la Torah et partit la chercher sur Terre :
Après que Moché eut redescendu de la présence d'Hachem, le Satan vint vers Hachem et dit : "Maître de l’Univers! Où est la Torah?"
"Je l’ai donnée à la Terre", répondit Hachem.
Satan se rendit alors sur Terre et lui demanda : "Où est la Torah?"
La Terre répondit en citant le verset : "D. comprend ses voies, Il connaît sa place (Iyov 28,20).
Le Satan se rendit ensuite vers la mer et les profondeurs, et demanda où était la Torah, mais celles-ci répondirent : "Les profondeurs dirent qu’elle n’était pas en elles, et la mer dit qu’elle n’était pas avec elle".
La destruction et la mort dirent : "Nous en avons entendu parler (de la grandeur de la Torah, mais cela dépasse l’entendement) (Iyov 14,22)".
Finalement, Satan retourna vers Hachem et dit : "Maître de l’Univers, j’ai fouillé le monde entier, mais je ne l’ai pas trouvée".
"Va vers (Moché), le fils d’Amram", lui dit Hachem.

Il se rendit alors auprès de Moché et lui demanda : "Où est la Torah que Hachem t’a donnée?"
"Qui suis-je pour que Hachem me donne la Torah?" répondit Moché.
"Moché, es-tu malhonnête?" lui demanda Hachem.
"Maître de l’Univers, la Torah est le trésor caché dont Tu te réjouis chaque jour. Comment pourrais-je prétendre qu’elle m’appartient?" dit Moché.
"Puisque tu t’es humilié, la Torah portera ton nom, comme il est écrit : "Souviens-toi de la Torah de Mon serviteur Moché" (Mala'hi 3,22), dit Hachem.

-> Tossafot demande : si le monde entier a entendu Hachem donner la Torah aux Bné Israël, comment se fait-il que le Satan soit le seul à ne pas en avoir entendu parler?
Tossafot répond en se basant sur le midrach (voir Bamidbar raba 12,3), qui affirme qu'Hachem a détourné l’attention de l’Ange de la Mort (le Satan et l'Ange de la Mort sont les mêmes - Baba Batra 16a), pendant le don de la Torah, afin qu’il n’intervienne pas.

-> Le Maharal de Prague (Tiféret Israël - chap.23) explique que tant que Moché était au Ciel, Satan avait connaissance de le don de la Torah et ne s’y opposait pas.
Ce n’est que lorsque la Torah fut descendue sur Terre qu’il y eut une occasion pour Satan d’intervenir avec ses objections. En effet, l’homme est composé d’une âme sainte et céleste, unie à un corps physique grossier. L’âme est digne de la Torah.
Par conséquent, tant que Moïse était au Ciel, attaché à Hachem, il était clairement apte à recevoir la Torah. Cependant, lorsqu’il s’est détaché du Ciel pour descendre sur Terre, les objections ont commencé, car ce monde physique inférieur n’est pas digne de la Torah.

C’est pourquoi la guémara nous dit que ce n’est qu’après la descente de Moché que Satan est venu vers Hachem et lui a demandé où se trouvait la Torah.
Cela ne doit pas être compris comme une question innocente concernant l’emplacement de la Torah, mais comme une plainte contre le don de la Torah.
Comment la sagesse transcendante de la Torah pouvait-elle trouver sa place dans ce monde physique etsi bas? Hachem envoya alors le Satan fouiller le monde jusqu’à ce qu’Il lui dise finalement d’aller trouver Moché. En raison de sa grande humilité, Moché était un réceptacle apte à recevoir la Torah.

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-> Le rabbi Yaakov Abou'hatséra (dans Dorech Tov) enseigne :
La plainte du Satan, et sa recherche de la Torah, ne se sont pas produites immédiatement après le don de la Torah. Le Satan n’est intervenu qu’après le péché du Veau d’or. Il a alors trouvé un moment opportun pour renforcer les affirmations que les anges avaient faites depuis le début.

"Pourquoi n’as-Tu pas écouté nos plaintes, lorsque nous avons dit que la Torah devait rester au Ciel? Maintenant, il est clair pour tous que les Bné Israël sont incapables d’observer la Torah!", a-t-il dit.

Tel était le sens profond de la question du Satan : "Où est la Torah?"
Il savait que la Torah avait été donnée aux Bné Israël, mais il voulait poser cette question de manière rhétorique, comme pour dire : "Pourquoi as-Tu donné la Torah aux Bné Israël? Pourquoi ne l’as-Tu pas gardée au Ciel? Regarde à qui Tu as donné la Torah, et regarde ce qu’elle est devenue."

Etre défendu par les maîtres que nous avons étudié

+ Etre défendu par les maîtres que nous avons étudié :

-> Celui qui défend la Torah d’un grand maître qui l’a précédé peut mériter de l’accueillir à l’avenir.
C’est ce que nous voyons dans la guémara (Baba Kama 111b), où Rava dit : "Quand je mourrai, Rabbi Ochaya viendra à ma rencontre, car j’ai interprété la Michna conformément à son enseignement."

Le séfer Hassidim (559), rédigé par rabbi Yéhouda 'Hassid (1150-1217), écrit que lorsqu’un tsadik qui a expliqué les paroles d’un autre tsadik, comme un Amora qui a expliqué les paroles d’un Tana, meurt, alors le Tana vient à sa rencontre avec un visage radieux.
Il marche avec lui et demande aux mala'him (anges) d’être indulgents à son égard. Il le présente devant Hachem pour parler en sa faveur.

-> Le Shach (1621-1662) écrit ('Hochen Michpat) qu’il est certain que lorsque son heure viendra de quitter ce monde, les Tanaïm l’accueilleront, car il a défendu leurs positions.

Le Shach est décédé à l’âge de 41 ans et, au cours de sa jeune vie, il a rédigé son commentaire sur Yoré Déa et 'Hochen Michpat. Dans le registre de la famille Rappaport (Otzar Plaot Hatorah, Dévarim p.881), les descendants du Shach ont écrit que, comme le Shach était décédé avant d’avoir pu achever son commentaire, il revenait chaque jour de l’académie céleste (Metivta dérakia) dans sa chambre.
C'était dans cette chambre qu'il avait l'habitude d'étudier et d'écrire, et il continua à rédiger ses 'hidouchim jusqu'à ce que son commentaire soit achevé. Ils découvrirent que le Shach avait écrit ce qui suit dans la marge de ses 'hidouchim, qu'il avait rédigés de son vivant, avant de monter à l'académie céleste : "J'ai d'abord écrit ceci (un 'hidouch), mais après être entré à l'académie céleste, je me suis rétracté." Et il l’explique là, dans la suite de ses propos en marge.
Lorsque les enfants du Shach ont préparé les paroles de leur père pour l’impression, ils ont décidé d’omettre ce qu’il avait écrit en marge à partir de la Torah qu’il avait entendue à l’académie céleste, en vertu du principe "lo bachamayim hi", ce n’est pas au ciel (Dévarim 30,12).
Seul ce qu’il a retenu alors qu’il était encore parmi les vivants est la Torah de vérité pour statuer sur la halakha.

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-> Le séfer Maguid Mécharim (Vayakel) nous dit que, parce que le rav Yossef Karo (1488-1575) a commenté le Rambam (1135-1204) et le Tour (vers 1269-vers 1343), ceux-ci seraient de bons défenseurs pour lui devant Hachem et viendraient accueillir sa néchama (âme) lorsqu’il serait temps pour lui de quitter ce monde.

-> Le rav Yéhochoua Heschel 'Harif (1593-1648) est l’auteur d’un séfer intitulé Maguiné Shlomo. Ce séfer défend Rachi (1040-1105) contre les questions de Tossafot. Il s’appelle donc Maguiné Shlomo, car il a protégé (magen signifie bouclier) Rachi, dont le nom était Shlomo ( Srabbihlomo Its'haki).
Dans la Hakdama, il est écrit que Rachi est apparu à l’auteur de son vivant avec une grande joie et lui a dit : "Tu es digne d’éloges dans ce monde et tout ira bien pour toi dans l’autre monde, car tu m’as sauvé des puissants lions que sont les Baalé Tossafot. Je viens t’accueillir dans l’autre monde avec tous mes élèves."
C’est ce qui s’est produit, car environ une demi-heure avant le décès de rabbi Yéhochoua Heschel 'Harif, des guédolim de Cracovie se trouvaient à son chevet. Rabbi Yéhochoua leur a dit : "Faites de la place, car Rachi et sa sainte suite sont arrivés, et il m’a accueilli avec joie pour me montrer le chemin de la vie. C’est parce que j’ai toujours été à ses côtés pour résoudre les questions posées par Tossafot sur son commentaire."

Les juifs & la Chékhina

+ Le char de la Chékhina est composé de douze anges, trois de chaque côté, avec la Chékhina au-dessus d’eux. Les douze tribus correspondent à ces anges, et Yaakov fait ici référence à la Chékhina au-dessus d’eux.
[rav Elyah Leboff]

-> Yaakov et ses fils correspondent à la Chékhina, comme on le trouve dans le Zohar (Vol.III, 78a) : douze tribus pour douze limites.

-> Il est également dit (Zohar - vol.I, 241a) : douze tribus pour les douze sections de la Chékhina.

-> De plus, nous trouvons (dans Tikounim 9b) que les lettres du Nom d'Hachem (יהוה) peuvent être combinées de douze manières différentes, faisant allusion aux douze tribus.

Les témoins au jugement après notre mort

+ Les témoins au jugement après notre mort :

=> Qui va donc témoigner contre le défunt?

-> Il existe plusieurs réponses à cette interrogation.
Premièrement la guémara ('Haguiga 16a ; Taanit 11a) rapporte que les poutres et les pierres de la maison du défunt témoigneront contre lui.
D'autres avis soutiennent que c'est l'âme qui témoignera.
Rabbi Haïm Vital (Ets 'Haïm - chaar 26, chap.1) enseigne que ce sont les deux anges c'est-à-dire le bon et le mauvais penchant qui accompagnent l'homme durant toute sa vie.
Enfin un avis soutient que ce sont les membres du corps de l'homme qui témoigneront.

Nous pouvons expliquer que ces quatre types de témoignages sont complémentaires : en effet, les poutres et les pierres de la maison témoignent sur les actes que son propriétaire aurait pu commettre de façon cachée dans sa maison. L'âme peut témoigner sur les pensées et les mensonges commis par l'homme. Les anges qui l'accompagnent pourront témoigner des fautes commises à l'extérieur de la maison. Et les membres pourront témoigner notamment lorsque la personne se rend aux toilettes. En effet, les anges n'entrent pas là où l'homme fait ses besoins. (Béra'hot 60b)

-> Toutefois, à propos des anges qui témoignent contre le défunt, un autre avis soutient qu'il ne s'agit pas du bon et du mauvais penchant mais plutôt des anges créés par les fautes commises. (Zohar - Nasso 126b)
Il est également rapporté que le soleil et la lune témoignent contre l'homme. (Zohar - Michpatim 125a)
Par ailleurs il rapporté qu'il s'agit de Samaël et de ses campements. (Zohar - A'haré Mot 63b)
D'autres références encore précisent que la Torah elle-même témoigne contre le défunt. (Zohar - A'haré Mot 75b)

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=> Qui seront les juges du Tribunal céleste et quelles sont les questions posées dans le Tribunal céleste?

-> Avant de rejoindre le Tribunal céleste pour y être présenté pour son jugement, l'âme quitte le monde ici-bas en passant par 'Hevron, où se trouve le caveau des Patriarches. Avant de s'élever dans les mondes supérieurs, l'âme rencontre Adam. (Zohar - Noa'h 65b)

-> Il est rapporté dans le Zohar (Balak 185b) que deux anges saisissent l'âme et l'élèvent jusqu'aux portes du Tribunal céleste. À ce moment-là, l'âme n'a aucune forme précise mais ressemble à un concentré de lumière. Si cette dernière est opaque, des anges de destruction l'accablent tandis que si elle est éblouissante, ces derniers ne peuvent l'approcher. Les Justes (tsadikim) du Gan Eden se rassemblent pour assister au procès et les livres sont ouverts.

-> Rabbi Yéhouda Petaya (dans Yen haRokéa'h) note que les juges du Tribunal céleste sont des Justes de la même génération que le défunt, et ce, afin de prendre en considération le niveau et le contexte spirituel de la personne jugée.

-> Selon le Zohar (Nasso 220a), les proches du défunt se rendent également au jugement. S'ils sont absents, c'est un mauvais signe qui doit inquiéter la personne en question.
Nos Sages (Shabbath 31a) enseignent que lorsque l'homme se présente devant le Tribunal céleste, on lui demande : "As-tu été honnête? As-tu fixé des moments pour l'étude de la Torah? As-tu engendré des enfants? As-tu guetté la Délivrance?"
[il est à noter que ces questions ne représentent que les têtes de chapitres. L'enquête et les questions du Tribunal céleste pour établir le statut du défunt sont d'une profondeur inouïe et difficile d'accès à la
A l'issue du procès divin, l'âme [de tout juif] donne raison à la justice Divine et déclare : "Maître de l'univers! Tu as bien jugé, Tu as bien innocenté, Tu as bien condamné et Tu as bien fait d'avoir institué le Guéhinam pour les réchaïm et le Gan Eden pour les justes (tsadikim)." - guémara Erouvin 19a ]

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-> Il est rapporté dans le Nézer haKodech (sur parachat Matot), dont l'enseignement s'appuie sur le Zohar (fin Adra Zouta) :
"Sache que dans le Ciel, il y a deux Tribunaux célestes : le premier est le Bet Din d'Hachem, dont la rigueur de la justice est atténuée par la miséricorde. Le second est le Bet Din de Matatron (מטטרו"ן), le Sar Hapnim des mondes supérieurs, dont la rigueur de la justice est implacable.
Tu dois savoir que celui qui n'est ni juste (tsadik) ni racha passe par le Tribunal céleste de Matatron. Par contre, seuls les tsadikim guémourim (entèrement Juste) qui soutiennent la Présence divine seront présentés directement devant le Maître de l'univers en personne sans passer par aucun intermédiaire."

-> Tu dois savoir également que le jugement du Tribunal céleste n'est pas figé mais il se modifie constamment dans les mondes supérieurs, lieu où la matière et la temporalité n'existent pas. En effet, bien que le défunt ait été jugé favorablement et mérite d'accéder au Gan Eden, ce dernier a toujours la possibilité de s'élever encore davantage et de progresser grâce notamment à sa descendance ou encore grâce aux mitsvot qu'il a pu accomplir durant son vivant et qui continuent de lui apporter du mérite.
Comme par exemple, une personne qui a fait construire une synagogue ou qui a fait imprimer des livres de Torah. Dans les deux cas, par son mérite, des mitsvot sont accomplies par l'intermédiaire d'autres juifs.

-> Il existe quatre verdicts possibles : le Guéhinam, la réincarnation, le kaf hakéla ou le Gan Eden.
Le Guéhinam est la plus légère des punitions car elle permet de rectifier de légers manquements.
La guémara (Sota 10b ; Erouvin 19a) rapporte que le Guéhinam a 7 compartiments.

Concernant la réincarnation, le Arizal (chaar haguilgoulim - hakdama 8) explique que l'homme se réincarne pour trois raisons essentielles :
la première raison est la transgression d'un commandement de la Torah qui impose à son auteur de revenir en guilgoul (réincarnation) pour réparer son acte.
La seconde est un commandement non accompli, cet homme devra revenir sur terre pour l'accomplir.
La troisième raison est que l'homme peut se réincarner pour le besoin d'autrui, le guider, l'aider à se parfaire et à réparer ses fautes.
Dans la plupart des cas, la réincarnation est une punition très difficile, bien plus que celle du Guéhinam.
En effet, les Sages (Erouvin 13b) nous ont déjà enseigné : Il aurait été préférable pour l'homme de ne pas avoir été créé.

La punition la plus difficile est indiscutablement le kaf hakéla qui se définit par une errance sans fin de l'âme qui ne trouve à aucun moment le repos.

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+ La récompense au Gan Eden :

-> Une fois que l'âme aura réparé tous ses manquements, elle pourra réintégrer ses lévouchim (litt. habits, vêtements). Ce terme désigne l'enveloppe corporelle originelle conçue à partir de lumière pure, que nos Maîtres les Mékoubalim appellent la 'Halouka déRabanan. [Zohar Noa'h 66a ; Zohar Pékoudé 247a ; Ets 'Haïm chaar 49,4]

Cette dernière pourra enfin se réjouir et se délecter d'une autre dimension la Création.
Comme nous le savons, l'âme se subdivise en trois parties essentielles : le néfech, le roua'h et la néchama. Chacune de ces trois parties trouvera repos dans des lieux différents. Le néfech sera en partie attachée encore monde ici-bas dans la tombe. Le roua'h trouvera le repos dans le Gan Eden inférieur tandis que la néchama se délectera du le Gan Eden supérieur. (Zohar - hakdama 7)

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-> Tant que les ossements du corps se trouvent dans la tombe, une partie du néfech s'y trouve également. (chaar hakdamot 26b)
Durant les jours de Shabbat, de Roch 'Hodech et des jours de fête, la néchama s'élève dans le Gan Eden supérieur, renouvelant ainsi sa lumière et portant avec elle le roua'h qui s'élève du Gan Eden inférieur vers le Gan Eden supérieur et jouir de cette nouvelle émanation de lumière infinie.
Puis le roua'h redescend résider dans le Gan Eden inférieur à la sortie du Shabbat, rempli d'abondance et de lumière qu'il a reçu dans le Gan Eden d'en haut.
Puis le néfech qui se trouve dans la tombe se revitalise par cette lumière et chacun des ossements se fortifie dans la tombe et multiplie les louanges au Créateur, comme il est écrit : "Tous les ossements proclameront : Eternel, qui est comme Toi?" (Téhilim 35,10).
Le verset s'exprime précisément au futur pour faire référence à la résurrection des morts lorsqu'ils se relèveront de la tombe. (Zohar - Térouma 141a)

-> Le Arizal (Ets 'Haïm - chaar 22,chap.2) explique que seule une toute petite partie du néfech que l'on appelle "havalé dégarmé" reste dans la tombe afin d'alimenter les ossements pour qu'ils puissent se maintenir jusqu'à la résurrection des morts.
C'est ici que se trouve le secret du louz, os à partir duquel le corps va se reconstituer durant la résurrection.

-> Parallèlement, si la partie du néfech qui reste dans la tombe, le "havalé dégarmé" n'est pas alimentée par la néchama qui a reçu la lumière du Gan Éden supérieur pour la transmettre au roua'h qui la transmettra à son tour au néfech, tous les ossements se décomposeront y compris le louz.
Dans ce cas, cet individu ne pourra pas se relever pour la résurrection des morts et il s'agit tout simplement du secret de karet c'est-à-dire le retranchement d'un individu du peuple d'Israël.

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-> En effet, le Zohar (Térouma 142b) rapporte que le néfech obtient le repos par le mérite d'avoir soumis les klipot à l'aide de son corps durant son vivant. C'est ainsi que l'âme va se réjouir dans le monde des âmes.
L'ange, que l'on appelle ידומיע"ם, accompagné de ses officiers qui sont au nombre de plusieurs milliers de myriades, iront à la rencontre cette âme. Elle sera escortée et on la fera entrer dans tous les portails du Gan Eden afin qu'elle se délecte de la vision exquise du plaisir des Justes (tsadikim).
On lui montrera l'honneur réservé aux Justes qui se trouvent là-bas ainsi que l'honneur qui lui est réservé. Cette âme se vêtira de son vêtement créé à partir de l'air du Gan Eden.
La dimension de sa 'Halouka déRabanan sera en fonction des mitsvot qu'elle aura accompli durant son vivant. Le néfech deviendra un réceptacle pour le roua'h et ils se réjouiront de la récompense des commandements réalisés. Elle sera mise au courant de tous les sujets du monde ici-bas qui se dérouleront à l'avenir.

Tout ceci prendra place durant les jours de la semaine. Cependant, durant le jour de Shabbat, les mondes supérieurs s'unissent et le roua'h s'élèvent durant chabbat pour être couronné avec la néchama qui se trouve dans le Gan Eden supérieur.
Ainsi, le néfech qui s'est attaché au roua'h reçoit l'éclat de sa lumière, comme la lune reflète la lumière du soleil. Lorsque le roua'h s'attache à la néchama, cette dernière bénéficie directement de l'émanation de la lumière sans fin.
C'est alors que le repos atteint son paroxysme car les mondes supérieurs et le monde inférieur s'unissent directement à l'émanation divine, créant un lien et une unité entre toutes les dimensions de la Création.
Hachem se réjouit des actes des hommes et les éclaire.
Ainsi, le repos de l'âme qui se trouve ici-bas bénéficie de la lumière sans fin en s'attachant aux mondes supérieurs, comme il est écrit : "véayéta néfech adoni tséroura bitsrour a'haïm" (Et voici que l'âme de mon Maître est attachée au Tsror ha'Haïm (faisceau de la vie) - Chmouël I 25,29)

-> Il s'agit de la vie éternelle, après la séparation de l'âme et du corps. C'est grâce à cette élévation exceptionnelle que le néfech se nourrit de lumière lorsqu'il redescend à la sortie de chabbat au point que les ossements et tous les membres qui se trouvent dans la tombe se nourrissent et sont rassasiés de cette lumière, comme il est écrit : "Hachem te guidera constamment, Il prodiguera à ton âme des jouissances pures et fortifiera tes membres. Tu seras comme un jardin bien arrosé, comme une source jaillissante dont les eaux ne se tarissent pas" (Yéchayahou 58,11).
[lorsque le Zohar fait référence à une émanation de lumière, il s'agit du ohr haganouz, la lumière originelle de la création qui a été cachée pour que seuls les tsadikim en bénéficient. ('Haguiga 12a)]
Heureux sont les Justes qui ont craint Hakadoch Baroukh Hou dans ce monde ici-bas et dont les trois parties de l'âme vont bénéficier de ces trois niveaux de repos.

-> Il existe 7 portails dans le Gan Eden et ils sont reliés à la source des sept attributs divins qui émanent des mondes supérieurs. De même qu'il existe sept portails dans le Gan Eden inférieur, il existe également 7 portails dans le Gan Eden supérieur. Les six premiers portails du Gan Eden inférieur accueillent les âmes en fonction de leur statut tandis qu'aucune âme ne réside dans le septième portail.
En effet, il a uniquement pour fonction d'élever l'âme du Gan Eden inférieur au Gan Eden supérieur en fonction des mérites. Le Gan Eden inférieur a pour fonction de faire un monde intermédiaire entre le monde matériel ici-bas et le Gan Eden supérieur qui est totalement dénué de matière. C'est la raison pour laquelle le Talmud rapporte à plusieurs reprises, l'existence de notions sensorielles ou matérielles qui ont lieu au Gan Eden.
Par exemple, Rabbi Chimon bar Yo'hai se trouve assis sur 13 trônes en or (Kétoubot 77b) ou encore Hachem qui promet à Rabbi Eléazar ben Pedat qu'il pourra jouir de 13 rivières d'huile de balsamier (Taanit 25a) ou encore Alexandre le Grand qui remonta un cours d'eau l'amenant jusqu'aux portes du Gan Eden (Tamid 32b).

Concernant le Gan Eden supérieur, la guémara (Béra'hot 17a ; Nida 30b) enseigne : "Il n'y a pas de boisson et de nourriture dans le monde futur."

Ainsi, chaque fois où sera évoqué une réalité sensorielle ou matérielle, il s'agira du Gan Eden inférieur où réside le roua'h, intermédiaire entre le néfech qui est totalement rattaché à la matière et la néchama qui est totalement détachée de la matière.
A l'inverse, lorsque la notion de matérialité est absente, il s'agit du Gan Eden supérieur.

[d'après le Tsor ha'Haïm - A'haré Mot 16,1]

Le jour de Roch Hachana, le livre des vivants ainsi que le livre des morts sont ouverts.
[guémara Roch Hachana 16b]

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=> Ainsi, ce ne sont pas seulement les vivants qui sont jugés mais également les morts.
[on met à jour toutes les conséquences directes et indirectes (ex: actions des descendants, mais aussi par exemple une bonne parole qu'on aura dit à une personne et qui aura changé positivement sa journée, vie/descendance, ...) ]

"Parle aux Bné Israël : quand vous entrerez dans la Terrre, ... vous sèmerez votre champ pendant six ans" (Béhar 25,2-3)

-> Le Zéra Shimshon souligne que le verset commence au pluriel, "lorsque vous entrerez dans le pays" (ki tavo'ou él aarets), puis passe au singulier, "pendant six ans, vous semerez votre champ" (tizra sadé'ha).
Pourquoi la Torah procède-t-elle ainsi? La formulation et le temps de ces versets auraient dû rester soit entièrement au pluriel, soit au singulier, puisque Moché s’adresse au peuple juif dans son ensemble et que l’une ou l’autre formulation aurait pu convenir.

De même, il semble que la Torah ordonne à l’individu de travailler son champ, alors qu’en réalité il n’y a pas de mitsva de travailler la terre pendant les six années précédant la Chemita. La seule mitsva est que la terre doit se reposer la septième année.
Pourquoi la Torah formule-t-elle le commandement d’une manière qui donne l’impression que la mitsva inclut également le travail de la terre pendant les six années précédant la Chemita?

Le Zéra Shimshon explique cela comme suit.
Lorsque le machia'h viendra, le peuple juif n’aura plus à travailler. Son travail se fera tout seul. C’est ainsi que le monde avait été conçu avant qu’Adam Harichon ne mange de l’Arbre de la Connaissance.
De même, chaque fois que le peuple juif accomplit la volonté de Hachem, il est béni en ce que sa terre sera cultivée par d’autres en son nom (voir guémara Béra'hot 35b).
[selon la guémara (Shabbath 30b) : "Rabban Gamliel a enseigné que lorsque le Machia'h viendra, le sol de la terre d'Israël est appelé à donner des miches de pain déjà faites et des vêtements de laine fine,]

Cependant, si un individu n’agit pas comme il le devrait, il est tenu de cultiver sa propre terre. En effet, il n’a pas le droit de compter sur le même miracle que ses voisins et il ne lui est pas permis de rester les bras croisés et de faire peser ses besoins sur la collectivité. Il doit donc faire le nécessaire pour subvenir à ses propres besoins.
C’est pourquoi le verset commence au pluriel, car le repos de la terre est une mitsva pour tous. Et si le peuple juif fait ce qu’il doit faire, la terre sera toujours en état de repos, car elle accomplira son propre travail sans avoir à être travaillée par des humains ni par d’autres nations pour le compte des juifs.

Cependant, la Torah passe au singulier lorsqu’elle explique comment chacun doit cultiver son champ, car il peut en effet y avoir une personne qui est tenue de cultiver son propre champ et de ne pas compter sur la bénédiction dont bénéficie la nation dans son ensemble, puisqu’elle n’est pas juste (tsadik) ; elle est donc tenue de cultiver son champ et doit effectivement le faire.

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-> sur cette notion d'effort à faire, de Chemita & Shabbath : https://todahm.com/2016/05/08/49860

Shabbath & Chemita

+ Shabbath & Chemita :

-> Dans l'avenir, lorsque la faute de l'Arbre de la Connaissance du bien du mal sera réparée, il n'existera plus la moindre nécessité de peiner physiquement pour obtenir sa subsistance, comme il est rapporté dans la guémara (Shabbath 30b) : "Rabban Gamliel a enseigné que lorsque le Machia'h viendra, le sol de la terre d'Israël est appelé à donner des miches de pain déjà faites et des vêtements de laine fine, comme il est écrit: «Il y aura une abondance de blé sur la terre" (Téhilim 72,16)."
Ainsi, il n'y aura nul besoin de moudre les grains de blé pour en faire de la farine et réaliser les miches de pain car c'est la terre elle-même qui fera sortir directement des miches de pain prêtes à la consommation, sans aucun effort à fournir pour l'homme. C'est en ce sens que durant le chabbat, qui constitue 1/60ème du monde futur, il sera interdit de faire un travail.

Le Méor Enayim dit : "Ainsi, nous avons reçu l'ordre d'observer durant Shabbat les 39 travaux interdits car la création a été conçue à la condition que l'homme ne fournisse aucun travail, si ce n'est le service divin, tout comme le monde se conduira dans l'avenir. Cependant, à cause de la faute d'Adam Harichon, la terre a été maudite de 39 malédictions et est à l'origine des 39 travaux interdits, tels que semer ou labourer ...
Le Shabbat étant 1/60ème du monde futur, il est donc nécessaire d'imposer un repos des 39 travaux afin que tout soit prêt comme ce sera le cas dans l'avenir". (tikouné Zohar 48,85a)

-> Le Agra déKala (Béhar - dibour 2) explique que l'interdit de travailler la terre durant la 7e année est une allusion au 7e millénaire de la création du monde qui sera entièrement chabbat, en ces termes : "Dans la mesure où les travaux de la terre, des champs et des vignobles sont la conséquence de la faute d'Adam Harichon, en ce sens, le commandement positif de la Chémita est une allusion à la Délivrance future (guéoula), lorsque la terre fournira son fruit sans écorce et sans ronces, c'est-à-dire sans aucun mélange de bien et de mal, ceci en allusion à la disparition de la souillure du serpent dans le monde."

-> Le Shvilé Pin'has ajoute que le 7e jour, nous observons le Shabbat, qui est un 7e de la globalité de la semaine. En cela, tous les sept ans, la terre se repose et observe son chabbat durant la totalité de la septième année.
Ainsi, nous pouvons unir le 7e jour de la semaine avec la septième année car de la même façon que durant le jour de Shabbat, il est interdit de réaliser un travail quelconque parce qu'il représente 1/60ème du monde futur et que l'homme n'aura pas besoin de travailler matériellement la terre, il en est de même pour l'année de Chemita qui présente les mêmes caractéristiques : il s'agit donc d'un chabbat de la terre où il est interdit de travailler les champs.

Elle fait également allusion aux temps à venir lorsque nous aurons obtenu le mérite de compléter la réparation.

Les relations interdites

+ Les relations interdites :

-> Lorsque notre Torah aborde le sujet des relations interdites, elle commence par une longue introduction. En effet, le yétser ara lié à ces relations est le plus puissant de tous ; l’homme y aspire plus fortement qu’à toute autre chose, et ces transgressions sont commises sous l’impulsion du moment, sans délai.
Dès qu’une personne commet une telle transgression, la souillure se répand dans tout son corps, et de plus, il est extrêmement difficile de s’en débarrasser, sauf par la souffrance et des niveaux accrus de pureté, comme nous le trouvons dans les écrits de nos Sages, tant des générations antérieures que postérieures.
[...]

Nos Sages (Kiddouchin 31a) ont dit : Si une personne commet une faute en secret, c’est comme si elle repoussait les pieds de la Chékhina, car "le monde entier est rempli de Sa gloire" (Yéchayahou
6,3), et "la terre est le marchepied de Mes pieds" (Yéchayahou 66,1).
Par conséquent, lorsqu’une personne faute, elle repousse les pieds de la Chékhina [car elle agit comme si la Chékhina n’était pas présente]. Si elle réalisait que Hachem se tient devant elle et l’observe, elle s’abstiendrait immédiatement et ne fauterait pas, comme l’a dit le roi David : "J’ai toujours mis Hachem devant moi ; parce qu’Il est à ma droite, je ne chancellerai pas" (Téhilim 16,8).

... La plus grande barrière et la limite la plus solide pour éloigner une personne des relations illicites, est qu’elle prenne conscience qu'Hachem observe tout ce qu’elle fait. Lorsqu’une personne garde cela à l’esprit, elle a beaucoup plus de chances de ne pas fauter.
... Le fait de savoir que "Je suis Hachem, ton D." = le monde est rempli de Ma Gloire et Je vois tout ce qui se passe. Lorsqu’ils en prendront conscience, cela les empêchera de fauter.

Avertis-les de se garder avec une extrême prudence des relations interdites, car c’est ainsi qu’ils s’attachent à Moi et que Je m’attache à eux.
Cependant, s’ils ne se gardent pas des relations interdites, cela M’amènera à Me séparer d’eux, car ils ne seraient alors pas différents des autres nations du monde.

Les égyptiens étaient plongés dans l’immoralité. La raison pour laquelle vous avez mérité de quitter l’Égypte, c’est parce que vous vous êtes préservés dans ce domaine.
Les Cananéens, eux aussi, étaient débauchés et immoraux. Mais parce que vous vous êtes préservés des relations interdites, Je bannis ce peuple immoral du pays et Je vous le donne.
Cependant, si vous ne vous préservez pas dans ce domaine, il n’y aurait aucune raison pour que vous restiez sur leur terre, car Je n’aurais aucune raison de vous accorder Ma faveur, D. nous en préserve.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - A'haré Mot 18,2-4]

"Ne commettez pas d'iniquité en fait de jugements, de poids et de mesures. 36 Ayez des balances exactes, des poids exacts" (Kédochim 19,35-36)

-> Comme nous le savons (Eitz 'Haïm - cha'ar 33, chap.1), si une personne triche avec ses poids et ses mesures, la faute cause une tache sur les Noms d'Hachem.
Tout sur terre correspond à quelque chose dans les mondes supérieurs ; chaque action accomplie [par un juif(ve)] sur terre aura un effet sur ce qui lui est parallèle dans les mondes supérieurs, que ce soit pour le bien ou pour le mal.
C’est pourquoi une personne doit se soucier profondément de son âme et garder à l’esprit les paroles de la michna : "Sache ce qui est au-dessus de toi : un Œil vigilant, une Oreille attentive, et toutes tes actions sont inscrites dans un livre" (Pirké Avot 2,1).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Kédochim 19,35-36]

Toute faute qu’une personne commet est gravée dans son âme et dans ses os (Tikounim 139b), comme le dit le Zohar (Vol.III, 275a) : "Les fautes de la personne racha sont gravées dans ses os".
Toute la structure du corps dépend des os ; si les fautes sont gravées dans les os d’une personne, alors tout le corps s’effondre et est perdu, comme si le soutien principal du corps avait été rongé par les mites.

... si vous avez fauté et laissé une marque sur vous-même, vous devez immédiatement vous repentir et ne pas laisser cette marque sur vous.
En vous repentant correctement, la faute sera effacée ainsi que toute marque qu’il a laissée.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Kédochim 19,28]