Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

La kavana dans la prière

+ La kavana dans la prière :

-> "de Le servir de tout ton cœur" (Ekev 11,3)
La guémara (Taanit 2a) explique que le service du cœur, c'est la prière. La concentration est donc essentielle.

-> Hachem désire le cœur.
[guémara Sanhédrin 106b ]
[en prière, on ne doit pas seulement faire bouger nos lèvres, on doit faire faire bouger notre cœur vers Hachem. ]

-> La prière de l'homme n'est écoutée que s'il "met son âme dans sa main", c'est-à-dire s'il prie avec kavana (concentration et ferveur).
[voir le texte guémara Taanit 8a ]

-> La personne qui prie doit orienter son cœur vers le ciel, comme il est écrit : "Guide leur cœur, que Ton oreille soit attentive" (Téhillim 10,17).
[guémara Béra'hot 31a ]

-> Lorsque tu pries devant Hachem, ne laisse pas ta prière devenir un devoir routinier. Elle doit être une demande de miséricorde et une supplication devant Hachem (Pirké Avot 2,13).
Si un homme prie comme une tâche routinière, sa prière n'est pas une supplication [et n'est pas acceptée favorablement].
[guémara Béra'hot 28b ]

-> Celui qui prie doit s'imaginer que la Présence Divine (Chékhina) est devant lui.
[guémara Sanhédrin 22a ]

-> Lorsque vous priez, soyez conscients de Celui devant Qui vous vous tenez.
[guémara Béra'hot 28b ]

-> Si quelqu'un ne se concentre pas bien sur sa prière, [il est considéré comme insolent et] il mérite d'être frappé à coups de marteau afin qu'il se concentre.
[guémara Béra'hot 34a ]

-> Pendant la prière, n'ayez pas un cœur double, une partie portant son attention à Hachem et l'autre partie portant son attention à d'autres choses.
[midrach Tan'houma - Ki Tavo 1 ]

-> Le Roch (Or'hot 'Haïm 36) écrit : "Concentre-toi sur tes prières parce que la prière est le service du cœur. Si ton fils te parlait en pensant à autre chose, cela ne te contrarierait-il pas? Alors à bien plus forte raison lorsque toi, qui viens d'une goutte repoussante, tu t'adresses au Roi du Monde! [...] A quoi bon demander pardon d'avoir dit si souvent 'Pardonne-nous' [dans l'Amida] sans penser à ce que nous disons".

<--->

-> Si un homme s'est bien concentré pendant sa prière, il peut être sûr qu'elle est entendue.
[midrach Dévarim rabba 2,1 ; Yérouchalmi Berakhot 5,5 ]

-> Deux hommes sont alités pour la même maladie, ou sont montés sur l'échafaud pour le même délit. Tous deux prient [d'être sauvés, pourtant la prière de l'un est exaucée et l'autre ne l'est pas.
Pourquoi cela?
Celui qui a fait une "prière entière" [c.-à-d. avec kavana] est exaucé et celui dont la prière était "incomplète" n'a pas été exaucé.
[guémara Roch Hachana 18a ]

<--->

-> La guémara (Béra'hot 32b) énonce quatre choses qui demandent un renforcement constant, l'une d'elles étant la prière.
Rachi commente : un homme doit toujours s'encourager de toutes ses forces pour y parvenir.

-> Dans la guémara (Shabbat 127a), la concentration dans la prière est comptée parmi les choses pour lesquelles un homme reçoit les fruits de la récompense dans ce monde tandis que le capital est gardé pour le monde futur.

-> A D. ne plaise de prendre cela à la légère, car si on le fait et qu'on ne s'efforce pas de se concentrer, c'est comme si l'on montre qu'on ne croit pas que la Chekhina est devant soi. Il faut donc se renforcer et faire des efforts, et au moins vouloir se concentrer autant que possible, et s'en désoler. Et celui qui fait l'effort de se purifier bénéficiera de l'aide divine.

"Le Cohen regardera après que la tâche fut lavée, et voici que la plaie (נֶּגַע) n'a pas changé d'aspect et la tâche ne s'est pas étendue, elle est impure" (Tazria 13,55)

"Il déclama sa parole et dit : discours de Bil'am fils de Béor et discours de l'homme à l'oeil crevé" (Balak 24,3)

-> Rabbi Its'hak Eïsik de Karits (Brit Kéhounat Olam) enseigne :
Il est écrit dans le Séfer Yétsira (2,4) : "Il n'y a pas plus haut dans le bien que le ענג (onèg - délice) et il n'y a pas plus bas dans le mal que le נגע (néga - plaie)." [cela peut également faire allusion à une notion d'infection, de blessures, de tâches ou de dommages.]

Les lettres du mot ענג (délice) sont les mêmes que celles du mot נגע (plaie).
Lorsque l'homme sert Hachem, son acte s'apparente au ענג (délice) mais lorsqu'il faute, son acte s'apparente au נגע (plaie).
L'homme devra donc se repentir complètement afin d'inverser les lettres de נגע (plaie) en ענג (délice).
Ainsi, la Torah nous fait cette allusion : [verset ci-dessus]
- "Le Cohen regardera après que la tâche fut lavée" = le Cohen constate le dégât causé par la faute de l'homme qui nécessite un repentir pour nettoyer cette tâche ;
- "Et voici que la plaie n'a pas change d'aspect" = il n'a toujours pas inversé la lettre ע du mot ענג.
- "Elle est impure" = car il ne s'est pas encore repenti comme il convient.

-> Le Tsor ha'Haïm (Balak) enseigne :
Nous pouvons ajouter que la différence fondamentale entre les deux termes se résume à la place que va prendre la lettre ע (ayin) qui signifie littéralement l'œil (עיו).
Ceci fait allusion au regard porté par l'œil de l'homme. S'il utilise son œil spirituel, son œil de sagesse, il pourra concrétiser la parole de nos Sages : "Quel est l'homme sage? Celui qui voit l'avenir car il devra finalement rendre compte et c'est ce qui l'empêche de fauter" (Tamid 32a).
Ainsi, sa vie est un ענג (délice) car avant chaque acte, il analysera et percevra la finalité en plaçant la lettre ע (ayin) au début du mot.
A l'inverse, si l'homme faute, il utilise son œil à des fins néfastes et par conséquent la lettre ע (ayin) va se placer à la fin du mot pour devenir נגע (plaie).

D'après ce que nous ont enseigné nos Sages, il se trouve donc que chaque fois que l'homme faute et tombe sous l'emprise de son mauvais penchant, c'est parce qu'il n'a pas su placer la lettre ע (ayin) au début du mot ענג (délice) en faisant preuve de sagesse et en percevant la finalité de ses actes, en d'autres termes la mort. [guémara Baba Batra 16a]
Ainsi, lorsque le moment est venu pour l'homme de quitter ce monde, l'ange de la mort se présente "rempli d'yeux" de toutes les lettres y = Ain (qui signifie "cil") qu'il n'a pas utilisées pour se rappeler qu'il devait faire de sa vie un ענג (délice) pour l'éternité.

D'après ceci, nous pouvons expliquer les paroles de nos Sages (guémara Baba Métsia 107b) :
"Hachem écartera de toi toute maladie" (Ekev 7,15). Rav a enseigné qu'il s'agit du mauvais oeil.
La guémara explique que Rav avait la capacité de déterminer, en passant devant les tombes, la cause de la mort de chaque défunt et il déclara : "99% des gens décèdent à cause du mauvais œil, et un pour cent décède d'une mort naturelle".

Nous pouvons expliquer d'après notre enseignement que 99% des morts du "mauvais œil" n'ont pas utilisé leur œil (עיו) pour établir un bon regard, c'est-à-dire celui tourné vers le futur qui est comparable au ענג (délice) mais l'ont utilisé à mauvais escient ce qui est comparable au נגע (plaie) qui mène à la mort.
Ainsi, c'est la raison pour laquelle l'ange de la mort se présente rempli de yeux au mourant, comme il est rapporté dans la guémara (Avoda Zara 20b) :
"Les Sages ont enseigné à propos de l'ange de la mort qu'il est rempli de yeux.
Au moment où le malade doit mourir, l'ange de la mort se tient debout au-dessus de sa tête. Ce dernier tient dans sa main une épée à l'extrémité de laquelle une goutte de poison est suspendue.
Lorsque le malade voit l'ange de la mort, apeuré, il ouvre la bouche et y reçoit la goutte de poison, ce qui le fait mourir. Le poison va le putréfier et sa face va devenir verdâtre."

D'après ceci, voici comment comprendre la prophétie de Bilaam concernant Amalek : "Il vit Amalek et dit : Amalek est le premier des peuples et sa fin sera une destruction éternelle" (Balak 24,20).
La force du peuple d'Amalek provient du mauvais penchant qui fait tomber les hommes sous son emprise en détournant leurs yeux pour qu'ils ne voient pas la finalité.
Ceci se trouve en allusion dans son nom Amalek (עמלק) dont les lettres forment aussi le terme : ע מלק qui signifie littéralement : la lettre "Ayin fut arrachée" car le mauvais penchant arrache la lettre ע qui représente l'œil à l'homme pour l'empêcher de regarder l'avenir.
C'est le sens du verset : "Amalek est le premier des peuples" = c'est le mauvais penchant qui fait tomber l'homme sous son emprise dès le début en lui montrant seulement le début de ses actions, de ses fautes, qui paraissent comme des délices.
Il lui fait oublier qu'il devra rendre des comptes devant le Roi de tous les rois Hachem.

=> Cependant, la Torah nous explique comment nous renforcer face à Amalek : "Sa fin sera une destruction éternelle" (Balak 24,20) = lorsque nous portons un regard au loin, plus seulement sur l'instant présent mais sur la portée de nos actes, nous affaiblissons Amalek.

A présent nous comprenons pourquoi la Torah surnomme Bilaam : "l'œil crevé" (Balak 24,3).
Au lieu de prévenir les nations du châtiment sévère qui les attend si elles continuent leurs transgressions (en tant que prophète des nations, à l'égal de Moché chez les juifs), Bilaam détériora les peuples davantage en leur donnant pour conseil de faire fauter Israël par la débauche.
Cependant, il nous incombe à nous peuple d'Israël d'appliquer le conseil du plus sage de tous les hommes, le roi Salomon : "L'homme sage à ses yeux dans la tête" (Kohélet 2,14) = nous devons tourner notre regard vers l'avenir, depuis les prémices de nos actes jusqu'à leur aboutissement afin de voir s'accomplir la promesse faite par le prophète Yéchayahou : "Et ils verront de leurs propres yeux, Hachem retourner à Tsion" (Yéchayahou 52,8).

"Ceci est le décret de la Torah que Hachem a ordonné en disant : parle aux Bné Israël et qu'ils t'apportent une vache parfaitement rousse" ('Houkat 19,2)

-> L'explication du commandement de la vache rousse fut dévoilé à Moché au moment du don de la Torah avant la faute du Veau d'or. En effet, le Arizal (likouté Torah - Vaét'hanan) nous explique que Moché accéda à la 50e porte de compréhension à ce moment précis.
Le décret de la vache rousse correspond à la 50e porte de compréhension, comme nous
en trouvons une allusion dans le mot אדומה (adouma - rousse) qui a pour valeur
numérique 50.

La vache rousse a la capacité d'annuler l'emprise des klipot et par conséquent d'annuler la mort car le Satan est le mauvais penchant, l'ange de la mort. [guémara Baba Batra 16a]
Les lettres du mot Satan (שטן) sont les acronymes de : נ שער טומה (noun chaar touma - 50e porte d'impureté).

Cependant, à cause de la faute du Veau d'or, la 50e porte de compréhension est devenue inaccessible à Moché, ce qui l'empêcha d'annuler la force des klipot.
Et c'est le sens des paroles de Hacjem à Moché au Sinaï : "Va! Descends! (lé'h réd) Car ton peuple s'est corrompu" (Ki Tissa 32,7)
Lorsque Hakadoch Baroukh Hou dit à Moché לֶךְ (lé'h - va), ce mot a une valeur numérique de 50 ce qui signifie : descends de la 50e porte parce que "ton peuple s'est corrompu" (Arizal - Likouté Torah - Vaét'hanan).

Le jour où Moché dut rendre son âme au Créateur, il réussit de nouveau à atteindre la 50e porte de compréhension. Nous y trouvons une allusion dans l'Ecriture : "Moché monta des plaines de Moav vers le mont Nevo" (Vézot haBéra'ha 34,1)
Le terme Moav (מוֹאָב) a une valeur numérique de 49. Moché monta depuis les plaines de Moav, c'est-à-dire qu'il s'éleva depuis la 49º porte, pour aller vers le Mont Nevo (נבו se décompose en : נ et בו) ce qui signifie littéralement vers le 50.
Moché eut accès à la 50e porte avant de quitter ce monde.

C'est pour cela que la vache rousse a la capacité de rendre pur l'homme qui a été en contact avec un mort, et c'est la raison pour laquelle la Torah qualifie cette mitsva de "décret de la Torah" car la vache rousse provient de la 50e porte de compréhension, qui symbolise la capacité de saisir l'absolu.
Le futur roi d'Israël dévoilera la 50e porte de sagesse, comme nous en trouvons une allusion dans les lettres de son nom : machia'h (משיח) qui sont les acronymes de : machia'h yégalé chaar 'hamichim (le machia'h dévoilera la 50e porte [de compréhension]).
[Tsor ha'Haïm]

Seul un autre couteau peut aiguiser un couteau.
[midrach - Béréchit raba 69,2 ]

[plus on plante des pics à autrui, plus on aiguise ses pics à lui, qui vont faire encore plus mal, encore plus de dégâts. ]

Le rayonnement des âmes saintes est extraordinaire et immense.
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Ki Tétsé 21,11]
[zohar néchamot hakédochot moufla véatsoum ou]

Lorsque Hachem créa Adam, toutes les âmes futures qu’il renfermait étaient des Israélites (juives). Si Adam n’avait pas fauté, les [autres] nations n’auraient jamais existé.
Après sa faute, les âmes des nations se sont mélangées aux siennes.
[Arizal - séfer haLikoutim 429 ]

Une personne qui étudie la Torah et fait plaisir à son Créateur parce qu’elle étudie pour l’amour d'Hachem (léchem chamayim), afin d’observer et d’accomplir les commandements, trouvera le repos à sa mort et ne se réincarnera pas.
[Arizal - séfer haLikoutim 427 ]

Tout ce qui existe sur la terre ferme a son équivalent dans la mer.
[Zohar - Vayétsé 23 - vé'hol ma di béar'a, a'hi namé béyama]

<--->

-> Il est écrit dans la guémara ('Houlin 127a) :
Les Sages ont enseigné dans une baraïta (Tossefta, Kilayim 5:10) : pour chaque animal existant sur terre, il existe un équivalent dans la mer (kol chéyéch bayabacha yéch bayam), à l'exception de la belette, qui n'existe que sur terre.
Rabbi Zeïra demande : quel est le verset dont cela est déduit? Il est écrit : "Écoutez, vous tous, habitants du monde [ 'ḥéled]" (Téhilim 49,2). La terre ferme est appelée 'ḥéled* car elle est l'unique habitat de la belette [ 'houlda].

Poursuivant la discussion sur les créatures vivant dans un environnement spécifique, Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, a déclaré : les castors de la région de Neresh ne sont pas considérés comme des animaux de la terre ferme, car ils vivent exclusivement dans l'eau et non sur la terre ferme. Par conséquent, quiconque consomme leur chair n'est pas passible de coups de fouet pour avoir enfreint l'interdiction : Tout animal rampant qui rampe sur la terre est une abomination ; il ne doit pas être mangé" (Vayikra 11,41).

La Torah orale est difficile à étudier car elle est comparée à l'obscurité, comme il est dit : "Le peuple qui marchait dans l'obscurité voit une grande lueur" (Yéchayahou 9,1).
Selon le midrach (Tan'houma 58 - ot guimel), il s'agit de ceux qui se consacrent à l'étude du Talmud et qui perçoivent une grande lumière car Hachem éclaire leurs yeux pour discerner entre l'interdit et le permis, entre l'impur et le pur"

"Les mots de Torah sont comme du vin. De même que le vin réjouit le cœur, de même les mots de Torah réjouissent le cœur."

[midrach rabba]

"Il est faut de penser qu'une personne qui apprécie d'étudier la Torah, manque le lichma (d'agir de façon désintéressée).
L'essence même de cette mitsva est d'étudier la Torah avec joie et plaisir."
[le Rabbi de Sochatchov dans son introduction du Eglei Tal]