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La tolérance

+ La tolérance :

-> Rabbi 'Hiya bar Abba dit :
Même un père et un fils, ou un professeur et un étudiant qui se défient dans un débat furieux peuvent atteindre le point où ils deviennent comme des ennemis lorsqu'ils argumentent vigoureusement leurs points. Cependant, s'ils recherchent tous deux la vérité plutôt que la gloire, ils ne s'éloigneront pas l'un de l'autre jusqu'à ce qu'ils parviennent à la vérité et retrouvent leur amour et leur affection véritables.
[guémara Kidouchin 30b]

-> Pendant 3 ans, les académies de Hillel et de Chamaï ont débattu. Chacun prétendait que la halacha devait être décidée selon leurs opinions respectives. Finalement, une voix céleste s'est fait entendre et a proclamé : "Hillel et Chamaï disent tous deux les paroles du D. vivant".
Si les deux sont corrects, pourquoi suivons-nous les décisions de l'académie d'Hillel?
Parce qu'ils étaient humbles et aimables, et parce qu'ils enseignaient toujours les règles de l'académie de Chamaï avant même d'enseigner leurs propres règles.
[guémara Erouvin 13b]

-> Celui qui voit une multitude de juifs [à partir de 600 000 ] récitera la bénédiction : "barou'h ... 'hakham arazim" (béni soit ... le Sage des secrets), car aucune de leurs opinions n'est semblable et aucun de leurs visages n'est semblable.
[guémara Béra'hot 58a]

Le rav Ména'hem Mendel de Kotsk commente :
Tout comme vous ne pouvez pas attendre de votre adversaire qu'il change de visage pour ressembler au vôtre, vous ne pouvez pas non plus attendre de quelqu'un qu'il change d'opinion pour être comme vous.

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-> Lorsque Hachem a créé le monde, dans Son infinie sagesse, il a fait du conflit et de la controverse une partie intégrante de sa nature.
Hachem a voulu qu'il y ait des tensions et des dissensions dans le monde, mais qu'elles soient canalisées comme une force positive. Le conflit que D. a créé peut avoir lieu sur le champ de bataille ou à la table de discussion. C'est le choix de l'homme.
['Hatam Sofer - Drachot vol.1 drouch 7 Adar 1794]

-> Il n'y a qu'une seule façon de savoir si 2 personnes se disputent en l'honneur d'Hachem (léchem chamayim) ou pour leur propre bien.
Si, à la fin du débat, elles s'aiment de tout leur cœur et de toute leur âme, alors vous pouvez être sûr qu'elles se disputent pour l'honneur d'Hachem. Si la discussion aboutit à la haine, alors ils se disputent pour leur propre ego.
[rav Yonathan Eibschutz - Yaarot Dvach - vol.2]

-> Les sages en Torah (talmidé 'hakhamim), même s'ils se disputent, ils se conduisent avec amour et amitié l'un envers l'autre.
Lorsqu'il y a de l'amour envers des sages en Torah qui se disputent, on peut alors dire à des propos de chacun d'entre eux : "ceci et ceci sont les paroles du D. vivant".
[rabbi Tsadok haCohen - intro du Ohr Zara laTsadik]

-> Même en matière de judaïsme, si quelqu'un exprime une opinion hérétique, ce n'est pas pour se moquer, mais pour apprendre et parvenir à la vérité ; ne lui dites jamais de se taire, mais travaillez plutôt à clarifier la vérité ... Il faut permettre à la partie de parler autant qu'elle le veut, car si on lui coupe la parole, on affaiblit sa propre position.
De quelle force faisons-nous preuve si nous ne donnons même pas à l'opposition le droit de parler ?
[d'après le Maharal - Béer haGola - chap.7]

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-> On pourrait être tenté d'agir pensant bien faire, car : "tu réprimanderas ton prochain" (Kédochim 19,17).

Mais :
-> Le Rambam (Séfer haMitsvot mitsva négative 303) dit :
Si quelqu'un l'embarrasse en réprimandant, alors il [celui qui faire la réprimande] faute.

-> Rabbi Tarfon dit : "Je serais très surpris qu'il y ait quelqu'un dans cette génération qui puisse accepter la critique"...
Rabbi Elazar ben Azariya a répondu :"Je doute qu'il y ait quelqu'un dans cette génération qui sache faire des critiques."
[guémara Arakhin 16b]

-> De toutes les 613 mitsvot, la mitsva de la réprimande, du reproche à autrui, est la plus difficile à accomplir, en raison des considérations complexes qui doivent être faites. Pour accomplir cette mitsva correctement, il faut beaucoup de patience, de réflexion et le don de la compréhension, qui ne peut venir que de Celui qui accorde la compréhension.
[Ktav Sofer - Responsa n°57]

Avoir confiance en soi, et en chaque juif

"De même que l'on doit croire en Hachem, de même un juif doit croire en lui-même.
Cela signifie qu'il doit croire qu'Hachem s'intéresse à lui. Il doit croire que son âme provient de la source de vie, d'Hachem, et que Hachem retire du plaisir lorsqu'il accomplit Sa volonté."
[rav Tsadok haCohen - Tsikdat haTsadik 154]

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-> Le Sfat Emet (Vaéra תרס"ג) enseigne :
"Tout comme nous sommes obligés de croire en Hachem, même si nous ne comprenons pas toujours Ses voies, de même nous devons aussi croire dans les juifs, même quand ils semblent "noirs" (obscurs).
Comme il est dit : "Je suis noir, mais je suis beau" (ché'hora ani vénava - Chir HaChirim 1,5) = nous pouvons paraître noirs [de par nos fautes (parfois très graves)], nos bonnes actions sont manquantes, mais pourtant Hachem voit notre beauté."

[notre yétser ara nous pousse à regarder notre comportement, nos fautes, et il nous persuade que : "Je suis noir". Mais la réalité est quoiqu'un juif puisse faire, pour Hachem c'est : "que tu es beau! que Je t'aime mon fils adoré!"
Cela doit nous donner beaucoup de forces, de satisfaction et d'envie d'agir pour que papa Hachem soit encore plus fier de nous! ]

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-> "De même qu'un homme doit croire en Hachem qu'Il existe et que rien d'autre que Lui n'existe, de la même manière il doit croire qu'il est lui aussi important aux yeux d'Hachem"
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 1,61]

[on comprend l'importance suprême dans la vie juive de développer notre croyance en Hachem, et bien il doit en être de même, nous devons constamment faire des efforts pour savoir que nous sommes importants aux yeux d'Hachem. (et à l'image du bita'hon vs émouna, cela doit être pour nous une réalité concrète! )]

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-> Le midrach (Chémot rabba 2,5) enseigne :
"Pourquoi est-ce que Hachem parle-t-il à Moché spécifiquement de l'intérieur d'un buisson d'épines (un sané - סנה) ?" Pourquoi Hachem n'est-il pas apparu à Moché à partir d'un plus bel arbre?
Le סנה (buisson d'épines) était en fait un rosier. Les roses dans le buisson représentent les tsaddikim du peuple juif et les épines représentent les rechaïm de notre nation.
Néanmoins, Hachem résidait également parmi les épines.
[Hachem chérit et réside avec tout juif, que cela soit le plus grand tsadik ou bien le plus grand racha. ]

-> Le Maharal (Guévourat Hachem ch.23) explique que le buisson d'épines représente les juifs qui tombent à des niveaux inférieurs.
La Présence Divine (Chékhina) est apparue dans un buisson d'épines (et non dans un arbre plus beau), afin que nous sachions que Hachem réside avec chaque juif, même le plus bas.

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-> Le rav Levi Its'hak de Berditchev souligne l'importance de "faire connaître à chaque juif son incroyable valeur et l'endroit d'où son âme a été prise [pour venir dans ce monde], car en vérité, chaque âme juive provient du Trône de Gloire [d'Hachem]".
Il ajoute que chaque juif doit avoir conscience de l'immense fierté et de la joie qu'Hachem retire de ses mitsvot, et de la joie qui éclate dans les mondes spirituels supérieurs à chaque fois qu'il accomplit une mitsva.
[Kédouchat Lévi - 'Houkat]

-> Personne n'a jamais été identique à une autre personne depuis le début de la Création jusqu'à aujourd'hui, et personne n'est capable de réparer ce qu'une autre personne est capable de réparer.
[Yessod haAvoda - au nom du Arizal]

-> Chaque personne est douée de quelque chose de valeur qu'aucune autre personne ne possède.
[rav Pin'has de Koritz]

-> Lorsqu'une personne sait qu'Hachem aime chaque juif d'un grand amour, il est plus facile de vouloir de bonnes choses pour les autres de la même manière que l'on veut de bonnes choses pour soi-même.
[Ramban]

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-> b'h, voir également : Hachem nous dit : "Je t'aime!" : https://todahm.com/2016/04/25/4315-2

La jalousie

+ La jalousie :

-> "La jalousie ... chasse l'homme du monde" (Pirké Avot 4,21)
[la jalousie gâche la vie des gens, les faisant se sentir déprimés et éternellement insatisfaits.
Lorsqu'on s'interroge : Pourquoi les gens sont-ils tristes? Généralement c'est à cause de la jalousie, n'étant pas pleinement satisfaits de leur sort, car autrui à mieux. ]

-> Le Réchit 'Hokhma écrit :
"Quelqu'un qui a de la jalousie se 'vole' lui-même parce qu'il est toujours triste.
Tout le monde peut trouver de la douceur dans la vie, sauf pour quelqu'un qui souffre de jalousie."

-> "La jalousie est une maladie qui n'a pas de remède"
[le Roch - Or'hot 'Haïm]

-> Le Messilat Yécharim (chap. 11) écrit :
"Il est insensé d'être jaloux car qu'est-ce qu'on y gagne? Le seul à y perdre est lui-même.
Certaines personnes sont si stupides que lorsqu'elles voient que leur prochain a quelque chose de bien, elles en deviennent dérangées. À cause de leur chagrin, elles ne profitent pas de ce qu'elles ont"

-> "La plupart des mauvais midot commencent plus tard dans la vie, mais le trait de caractère de la jalousie commence dès la naissance d'un enfant" [rabbi Mendel de Kotsk]
[ex: nous voyons même des enfants d'un an qui se mettent en colère lorsque quelqu'un d'autre obtient quelque chose qu'il n'a pas.
Ainsi, nous devons particulièrement travailler ce trait de caractère, car par rapport aux autres il a de l'avance et est davantage ancré dans notre nature. ]

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Nous pouvons surmonter la tendance à la jalousie lorsque nous intériorisons qu'Hachem donne à chacun précisément ce dont il a besoin.
Ainsi, si quelqu'un a une plus grande maison ou une plus belle voiture que nous, c'est parce que Hachem a déterminé que cette personne en a besoin (pour servir Hachem), alors que nous n'en avez pas besoin. Par conséquent, il n'y a aucune raison d'être jaloux des autres personnes.
Comme l'a dit un tsadik : "Si je n'ai pas quelque chose, cela signifie que je n'en ai pas besoin. Parce que si j'en avais besoin, alors je l'aurais."

En ce qui concerne la spiritualité aussi, rappelez-vous que Hachem veut un service différent de chaque personne. Chaque individu crée une satisfaction unique pour Hachem. Alors pourquoi être jaloux des autres? Ils ne font pas ce que nous pouvons faire ...

Nous ne savons pas quel acte est le plus aimé d'Hachem. Nous pouvons penser que nos actions sont médiocres ou dérisoires, et nous sommes alors jaloux de ceux qui semblent en faire beaucoup plus, mais nos actions simples peuvent être les plus appréciées de toutes [aux yeux d'Hachem].

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-> Le dernier des 10 Commandements est : "lo ta'hmod", l'interdiction de la jalousie (Yitro 20,14).

Le Ibn Ezra explique cette mitsva par le machal d'un paysan qui voit une princesse. Bien qu'elle soit très belle, l'idée de l'épouser ne lui viendrait jamais à l'esprit, tant elle est hors de sa portée.
De même, dit le Ibn Ezra, si nous reconnaissons qu'Hachem nous fournit tout ce dont nous avons besoin, il nous sera impossible d'être jaloux des possessions d'autrui, car elles nous sembleraient si éloignées de notre réalité.
Si nous développons en nous la conscience que nous ne pouvons acquérir que ce qu'Hachem a décrété pour nous, nous serons beaucoup plus heureux de notre sort dans la vie et beaucoup moins susceptibles de transgresser l'interdiction de la jalousie.

Dans les mots du Ibn Ezra :
"Comme cela doit se comporter celui qui réfléchit, comme il est connu, car un homme ne trouvera pas une belle femme ou de l'argent en fonction de son intelligence, mais uniquement comme l'aura voulu Hachem ...
Pour cela, quelqu'un de sensé ne convoitera pas la femme de son prochain que Hachem lui a interdite, pas plus que la fille d'un roi dans le cœur du paysan.
Pour cela, il se réjouira de sa part et ne mettra pas dans son cœur quelque chose qu'il lui est impossible d'obtenir, car il sait que Hachem ne veut pas lui donner ; il ne peut pas la prendre de force ni par son intelligence ou ses stratagèmes, c'est pourquoi il croira dans son Créateur qui le nourrira et fera ce qui est bon pour lui."

-> Selon nos Sages, les 10 Commandements englobent toute la Torah (midrach Bamidbar rabba 13,16).
Le midrach haNéelam affirme que "lo ta'hmod" est le dernier des 10 Commandements et représente apparemment la dernière mitsva de la Torah dans ce monde, mais qu'il est le premier par son importance dans le monde de la Vérité (olam haEmet).

Ce midrach fait peut-être référence à la guémara (Shabbath 31a) qui affirme que la première question qui nous sera posée par la Cour céleste, après 120 ans, est de savoir si nous avons agi honnêtement dans nos affaires commerciales.
Une personne qui n'a pas vaincu la midda négative de la jalousie pourrait facilement être tentée d'essayer d'obtenir des richesses monétaires ou matérielles d'une manière interdite, aux dépens d'autrui.

-> Une personne qui prend n'est jamais satisfaite de ce qu'elle a ; elle essaie continuellement d'en obtenir plus, pour ensuite devenir insatisfaite de ce qu'elle a peu de temps après l'avoir obtenu parce qu'elle veut maintenant quelque chose d'autre. Cela décrit également la personne qui est jalouse des autres, puisqu'elle n'est jamais satisfaite de ce qu'elle a.

Le roi Shlomo dit : "Tov ayin hou yévora'h" (une personne qui a un bon œil [c'est-à-dire une vision favorable des autres] sera bénie - Michlé 22,9).
Une personne qui est heureuse de ce qu'elle a et qui est encore plus heureuse lorsque ses voisins ont également ce dont ils ont besoin, donnera volontiers d'elle-même et de ses biens aux autres. Sa vie sera alors remplie de joie et il sera apprécié des autres.

Bien que de nombreux commentateurs interprètent la bénédiction de ce verset comme faisant référence à la bénédiction accordée par Hachem à la personne généreuse (bon oeil), le Malbim explique la bénédiction comme faisant référence aux autres personnes qui béniront cette personne.
Il est apprécié non seulement en raison de sa nature magnanime, mais aussi parce que les autres personnes ne se sentent pas menacées par lui, puisqu'elles savent qu'il ne cherche pas à leur prendre, et qu'il sera donc béni par elles.

-> Nos Sages nous enseignent : "Qui est riche? Celui qui est heureux de sa part" (Pirké Avot 4,1). Une personne vraiment riche mènera une vie pleine de joie et trouvera grâce aux yeux d'Hachem et de ses semblables.

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-> Le manque de confiance [en Hachem] conduit à la jalousie et aux conflits, mais la confiance apporte la sérénité et l'abondance, à la fois matérielle et spirituelle.
['Hida - Na'hal Kédoumim - sur Michlé 28,25 ]

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-> Rabbi Na'hman enseigne que la jalousie trouve racine dans le mauvais œil. Souvent interprété à tort comme un pouvoir mystique abstrait, le mauvais œil auquel se réfère Rabbi Na'hman est la faculté connue de s'immiscer dans les affaires d'autrui avec un regard négatif ou critique ...
La guémara (Baba Batra 2b) le décrit comme "quelqu'un qui regarde constamment la maison de son prochain". Plutôt que de penser positivement à nos voisins et amis et leur souhaiter tout le bien possible, nous avons tendance à convoiter leurs biens et leur bonne fortune.
Ce mauvais œil mène à la calomnie et à tant d'autres forces destructrices qui, une fois déchaînées, brisent toute vie paisible.
[rav 'Haïm Kramer]

-> Rabbi Nathan de Breslev écrit :
"Pour ma part, je pensais au début que c'était l'évidence même : je souhaite et désire ardemment que tous les juifs soient intègres et des Tsadikim authentiques, même si je n'ai pas personnellement ce mérite.
C'est là l'expression de la véritable amitié et de l'amour réel que l'on porte à autrui ... Je compris cependant plus tard que c'est la cause principale des conflits entre juifs : les gens peuvent s'écarter de toute religion, se corrompre dans les plaisirs et tomber dans la faute. Ces personnes éprouvent alors de la haine pour ceux qui demeurent pieux ; elles les ridiculisent et cherchent à les entraîner dans leur chute.
Il arrive souvent que l'on rencontre des personnes qui furent pieuses dans le passé. Lorsque elles voient des jeunes qui souhaitent réellement devenir religieux, elles font preuve d'une profonde intolérance.
Cette attitude est l'expression de leur jalousie. Tout comme elles ont chuté, elles voudraient que les autres en fassent autant ...
Le juif authentique agira de façon diamétralement opposée. Il cherchera à amener les autres à servir Hachel, même si lui ne parvient pas à le faire. C'est bien cela l'amour juif!".
[Si'hot haRan - 119]

-> Ailleurs, Rabbi Nathan de Breslev enseigne :
Le verset spécifie : "J'honorerai celui qui m'honore, mais ceux qui me méprisent seront méprisés" (I Samuel 2,30). C'est à propos d'Aharon qu'il est écrit : "Celui qui m'honore", car il honora Hachem en rapprochant ceux qui s'étaient éloignés de Lui.
Cependant, il en est qui dénigrent les autres, comme si eux-mêmes étaient parfaits. Les fautes, ils les cherchent toujours chez les autres, plus particulièrement chez ceux qui s'efforcent de se rapprocher de Hachem. De tels individus haïssent Hachem et en méprisant les autres, ils jettent l'opprobre sur Hachem.
C'est à propos de tels individus que le verset dit : "Ceux qui me méprisent seront méprisés".
[Likouté Halakhot - Nétilat yadaïm liséouda 6,59 ]

Quand quelqu'un explique la Torah et accomplit les mitsvot d'une manière agréable, ses paroles de réprimande sont écoutées.
Quand il conseille ou instruit les gens, ils acceptent ce qu'il dit. Quand il tente d'établir la paix entre des rivaux, ils écoutent ses suggestions et il n'est pas ignoré.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h 10,4 ]

"Sache que le plus grand plaisir dans ce monde est celui de donner à l'autre, car donner crée un lien entre les hommes, et c'est précisément cet acte élevé qui est le plus souvent la cible des attaques du Satan. Le Satan cherche toutes les excuses possibles pour empêcher toute forme de don."
[rav Elazar Sim'ha Wasserman]

Guéoula & haine gratuite

+ Guéoula & haine gratuite :

-> Le Gaon de Vilna (Maor haGadol - likouté Gaon Vilna) indique clairement que la raison pour laquelle notre exil en particulier dure si longtemps est parce que nous n'avons pas encore corrigé la faute de la haine gratuite.

-> Le Arizal essayait sans cesse de développer l'amour de la paix, en particulier parmi ses élèves.
Il leur a dit un jour qu'une période favorable pour la guéoula venait de passer, l'occasion s'étant volatilisée à cause d'une dispute entre eux.

-> Le 'Hida (Dévarim A'hadim) demande : comment pouvons-nous être troublés par le fait que nous sommes en exil et que nous demandons constamment la guéoula, en disant que nous l'attendons, si en même temps nous n'avons toujours pas corrigé la faute de la haine gratuite.
C'est comme planter un arbre tout en utilisant une hache pour l'abattre.

-> Le rav Israël Yaakov Fisher (haskama Séfer Pédout Yaakov), un légendaire possek de Jérusalem, écrit : si quelqu'un ne travaille pas sur la haine gratuite, lorsqu'il rendra son âme à Hachem et qu'on lui demandera s'il attendait la Délivrance, il sera incapable de répondre par l'affirmative, car de son vivant il n'a pas pris la peine d'essayer de corriger la cause de la destruction du Temple.

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-> Le Malbim (Vayétsé 28,10-18) écrit : "L'exil fut provoqué par le péché de la haine gratuite, et il est impossible que nous soyons délivrés avant, si nous nous unissons et devenons une seule nation".

-> Le Maharal (Nétsa'h Israël 4) explique la raison pour laquelle le 2e Temple a été détruit.
Le Temple de Jérusalem constitue le cœur de l'unité de la communauté d'Israël ; c'est lui qui fait de nous une nation.
Du fait de leur désunion, les juifs déméritèrent ce lieu.
[Si nous nous unissons, alors nous méritons la guéoula et le site qui fait de nous une nation]

-> Le rav Shaptil (le fils du Chla haKadoch) écrit dans son Vavé haAmoudim :
"La haine, l'égoïsme et la médisance sévissent parmi nous ... et tels étaient les péchés de l'époque du 2e Temple.
Nos Sages (guémara Yoma 9b) affirment : "Pourquoi le 2e Temple a t-il été détruit, alors que les juifs se consacraient à l'étude de la Torah, aux mitsvot, et aux actes de bonté? C'est à cause de la haine gratuite".
Ceci explique pourquoi selon nos Sages (guémara Roch Hachana 18b), nous pleurons davantage le 2e Temple que le 1er.
Pourtant ceci est difficile à comprendre. En effet, nous devrions au contraire pleurer plus intensément le 1er Temple, du fait que le 2e Temple ne possédait ni l'Arche sainte, ni le rideau (paro'hét), ni les chérubins, ni les Tables de la loi.

En réalité, du fait que la haine gratuite règne [toujours] parmi nous, notre deuil pour le 2e Temple est plus intense, car si ce péché a causé la destruction, il empêche certainement le machia'h de venir.
"Toute génération qui n'est pas témoin de la reconstruction du Temple est considérée comme ayant causé sa destruction" (guémara Yérouchalmi Yoma 1,1 ; midrach Téhilim 137,10) = nous continuons à pratiquer les mêmes attitudes [si négatives à l'égard d'autrui] de l'époque du 2e Temple, et c'est pour cela que notre malheureux et pénible exil dure tant."

-> On a tendance à se dire que ça va c'est pas si grave (ex: ce n'est que des paroles), mais la guémara (Yoma 9b) enseigne : la haine gratuite équivaut aux 3 transgressions majeures [qui causèrent la destruction du 1er Temple] : l’idolâtrie, l’immoralité et le meurtre."

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-> Le 'Hafets 'Haïm (hakdama séfer chmirat halachon) dit que bien que nos Sages disent que la cause de de la destruction du Temple était la haine gratuite, ils entendaient par là que c'était le lachon ara.
Par conséquent, afin de mériter la guéoula, nous devons corriger la faute du lachon ara.
[cela a également été rapporté par de nombreux Kadmonim, dont le Séfer 'Harédim, le Maharal, rabbi 'Haï Vittal, ... ]

-> Nos Sages enseignent que nous n'avons pas mérité d'être délivrés d'Egypte avant d'avoir corrigé la faute du lachon ara.
[une chose qui nous a permis de sortir d'Egypte est le fait de ne pas avoir dit de lachon ara - midrach Vayikra rabba 32,5 ; midrach Téhilim 114,4 ; Pesikta déRabbi Kahana 11,7 ]

En se basant sur cela, le séfer Kav haYachar (chap.82) et le Maharal (Nétivot Olam - Nétivot halachon - chap.9) disent que nous ne sortirons de cet exil que lorsque nous aurons corrigé ce défaut de lachon ara.

Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon part.2,chap.7) écrit qu'en raison du fait que le lachon ara retient la guéoula, il y a une obligation spéciale pour les bné Torah (ceux qui mènent leur vie selon la Torah) de corriger cette faute, simplement parce que cela aidera à reconstruire le Temple.
Concernant ceux qui hésitent à corriger ce problème, il demande : "Pourquoi devriez-vous êtes parmi les tous derniers qui vont aider Hachem à retourner dans Sa maison?".

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-> Le rav 'Haïm Kanievsky dit que l'on doit se renforcer dans l'humilité et être maavir al midotav (pardonner aux autres, ne pas être rigoureux sur son honneur).
Tout comme le chemirat halachon, l'humilité (anava) dépend également de la reconnaissance du "én od milévado".
Si nous comprenons que Hachem est la source de tout, alors nous n'aurons aucune raison d'être d'être fier de quoi que ce soit.
[règle ton problème avec la source de toute chose [Hachem], et non pas l'intermédiaire (qui aura des comptes à rendre, mais cela le regarde avec D.). Absolument rien ne peut nous arriver si Hachem n'a pas émis un décret en ce sens.
Ainsi, le manque de émouna est la source de tous les défauts entre un homme et son prochain. Dans la mesure où l'on réalise et intériorise que Hachem est la seule et unique cause de tout, on est conscient qu'un humain n'a aucune capacité de lui-même de nous faire du mal de quelque manière que ce soit. [Hachem est la cause de toutes les causes.]]

-> Le Gaon de Vilna explique que lorsque nos Sages disent que le Temple a été détruit à cause de la haine gratuite, ils veulent dire qu'il a été détruit en raison d'un manque de bita'hon, car (comme on vient de le voir) tous les traits interpersonnels négatifs résultent d'un bita'hon inadéquat.

-> Le rav Moché Sorotzkin écrit :
si nous grandissons dans notre reconnaissance de "én od milévado", en plus d'être un mérite positif qui nous rapproche de la guéoula, cela sert également à rectifier la faute qui a causé la destruction du Temple. Une telle réparation (tikoun) des causes originelles de destruction, est la force la plus puissante dont nous disposons pour nous démêler des chaînes de l'exil.

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-> Le rav Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsadik - Chémini - ot 9) enseigne que les décrets contre les talmidé 'hakhamim et les difficultés financières qu'ils subissent à la fin de l'exil viendra en conséquence de querelles entre les talmidé 'hakhamim à cette époque.

-> Le Gaon de Vilna (.אפיקי ים סנהדריו צז) écrit que la domination du erev rav, et plus spécifiquement, leur haine envers les talmidé 'hakhamim et l'aversion effrénée de toute forme de soutien pour eux, sont tous les résultats de la haine gratuite qui a causé la destruction du Temple.

Parfois, 2 personnes s'aiment (s'apprécient beaucoup), et la raison en est que finalement leurs descendants se marieront [ensemble], et leurs âmes le ressentent [déjà]. C'est pourquoi ils éprouvent cet amour l'un pour l'autre.
[Séfer 'Hassidim - 540]

-> Grâce au fait de prodiguer [de la bonté à autrui], un homme verra ... sa descendance bénie et il méritera d'avoir des enfants bons et vertueux.
['Hatam Sofer - paracha Noa'h (commentaire sur Téhilim 89,3)]

-> De même, selon le Sforno (Noa'h 6,10), le fait de prodiguer du bien à autrui est un remède pour avoir des enfants vertueux.

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-> Le 'Hatam Sofer ajoute également que celui qui prodigue le bien à autrui "méritera également la bénédiction, l'abondance et une longue vie, en étant bon avec autrui, à l'instar de Noa'h qui mérita de reconstruire le monde grâce à la bonté qu'il prodigua à tous les animaux."

Peu importe à quel point on peut s'égarer, en chaque juif il ne pourra jamais s'éteindre l'amour sincère pour le Créateur [Hachem] et l'étincelle de judaïcité, comme le dit le prophète : "véamé'h koulam tsadikim" ("Et ton peuple ne sera composé que de tsadikim" - Yéchayahou 60,21).
Ainsi à un égard, chaque juif est totalement tsadik (juste), en ce sens que sa part intérieure de judaïcité (la 'pintele Yid') ne cesse jamais de briller.
[Sfat Emet - 5664]

Juger favorablement autrui = avoir Hachem pour avocat

+ Juger favorablement autrui = avoir Hachem pour avocat :

-> Rabbi Yo'hanan (guémara Sanhédrin 44 b) dit : "On demandera toujours grâce, pour être encouragés et pour que nous n'ayons pas d'ennuis venus d'en-Haut."
Rachi explique : "Qu'il soit assisté par les anges de service pour demander grâce, et qu'il n'y ait pas d'accusateur en-Haut."

-> Rabbi Yaacov Galinski (Lehaguid) écrit à ce sujet :
"Il est arrivé que les anges de service soient les accusateurs, et que D. défende la cause de quelqu'un pour le sauver (Rachi sur la guémara Roch Hachana 16 b dans le midrach), et il est même arrivé que des anges ferment les portes des Cieux, pour empêcher la prière de monter, et que D. fasse tout Son possible dans les Cieux pour la recevoir (guémara Sanhédrin 103a)".

-> La guémara (Shabbath 127b) écrit : "De même que tu m'as jugé favorablement, D. te jugera favorablement."

-> Le rav Yaakov Israël Pozen (Adéraba) enseigne :
Le 'Hafets Haïm (Chmirat Halachon) sur cette guémara commente : "qu'il faut juger son prochain favorablement, même quand la justification est très hypothétique".
Si l'on se conduit ainsi, D. nous jugera favorablement.

On peut se demander comment il est possible de comparer un homme qui juge favorablement à D.
En effet, nous ne pouvons pas deviner ce qui se cache dans le cœur de notre prochain, c'est ce qui rend nécessaire ce principe d'à priori positif, mais D. sait ce qu'il y a dans notre cœur et dans nos reins. Il connaît la vérité ! Si nos intentions sont bonnes, le mérite ne sera pas retiré, et si elles sont mauvaises, comment les considérer en contredisant la vérité?
Le Hafets Haïm explique que l'homme est jaugé en fonction de la majorité de ses actes. Si la plupart sont des mitsvot, il est considéré comme juste, et dans le cas contraire, comme mauvais.

Or nous savons que si D. se conduisait avec nous selon l'attribut de justice, il ne resterait presque rien de nos mérites, car la plupart ont été acquis de façon imparfaite. Quant à ceux qui sont entiers, il se peut qu'ils n'aient pas été acquis dans l'amour, la crainte et la joie, qui conviennent à l'accomplissement de chaque mitsva.
C'est pourquoi c'est seulement si D. se conduit avec nous selon l'attribut de bonté et qu'Il cherche nos mérites, qu'il nous en restera. De même, nos fautes seront moins nombreuses, car D. trouvera toutes sortes d'excuses à nos fautes, qui n'étaient peut-être pas intentionnelles.

=> Qu'est-ce qui influencera le comportement divin à notre égard?
C'est le comportement que l'on adopte nous-mêmes à l'égard des autres. Si l'on a l'habitude de juger les autres favorablement, on est jugé favorablement ; mais si l'on a l'habitude de critiquer et de blâmer, les anges de service diront du mal de nous.

C'est aussi ce que dit le Baal Chem Tov au sujet de la michna : "Juge tout homme favorablement " (Pirké Avot 1,6) = l'homme est considéré comme un juge, car il se juge lui-même en fonction du regard qu'il porte sur l'autre.
Le principe de "mesure pour mesure" n'a pas été annulé après la création, tandis que tous les autres attributs l'ont été (midrach Beréchit rabba 9,11), de sorte que même le principe selon lequel D. "voile Sa face", où Il voit sans qu'on puisse Le distinguer, peut être appréhendé comme un dérivé de "mesure pour mesure".

Nos Sages nous ont ainsi enseigné que le comportement de D. envers nous est influencé par notre comportement envers notre prochain : "c'est avec la mesure que l'homme prend pour mesurer, qu'on le mesure" (guémara Sota 8b), ou encore : "Tout homme qui a pitié des créatures, recevra la pitié du Ciel" (guémara Shabbat 151b).
De même, D. promet (Réchit 'Hokhma - chaar anava) que "tant qu'Israël se conduit devant Lui en accord avec les 13 Attributs de miséricorde, Il leur pardonne". 'Devant Lui' signifie comme Lui, c'est-à-dire "de même qu'Il est miséricordieux, sois miséricordieux".

=> C'est donc ce comportement qui nous sauvera le jour du Jugement : si l'on se fait les accusateurs de notre prochain, D. lui aussi se fera accusateur.
Si l'on juge tous les hommes favorablement, quitte à construire des hypothèses très fragiles, nous sauverons notre personne et notre âme.

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-> "Juge chaque homme favorablement" (évé dan ét kol haadam lékaf zékhout - הֱוֵי דָן אֶת כָּל הָאָדָם לְכַף זְכוּת - Pirké Avot 1,6), dont les initiales forment les mots : HaDA KéHaLaZ, qui signifient : "ceci comme cela".
Ce comportement, que tu as observé chez Untel, correspond à cela; autrement dit, il est conforme à son caractère et à ses qualités. De même que, lorsqu'on rencontre une personne ayant un handicap mental, on n'est pas étonné par ses comportements absurdes, ainsi, lorsqu'on voit son prochain dire ou faire des choses incohérentes, il convient d'imaginer qu'il a un handicap dans son entendement vis-à-vis de ce point, et ne pas se précipiter à le juger sévèrement.

-> Pourquoi est-il écrit qu'il faut juger "tout homme" favorablement, et pas simplement "les hommes"?
Rabbi Yé'hezkel de Kozmir explique : c'est que lorsqu'on considère l'autre superficiellement, on repère rapidement ses défauts, personne n'étant exempt de défaillances. Or la michna nous invite à envisager "tout homme", que l'on peut lire "tout l'homme", et donc à voir aussi ses bons côtés, ce qui change totalement la perspective. L'autre n'aura plus l'air si mauvais, et l'on pourra prendre en compte ses qualités au regard de ses défauts.

-> Le Pné Ména'hem commente la michna : "Juge ton prochain favorablement", de façon littérale : le plateau/la cuillère du mérite (kaf zé'hout).
Quelle est cette cuillère (kaf) du mérite (zé'hout)?
Il l'explique par la métaphore suivante : dans une marmite de Tchoulent, on se sert avec une grande cuillère (kaf). Et que fait-on avec? On cherche [par exemple] un bon morceau de viande, on remue le fond de la marmite et on cherche.
"Juge ton prochain avec la cuiller du mérite", c'est-à-dire cherche en lui, avec ta cuillère, quelque morceau de mérite. Et si tu cherches, tu trouveras à coup sûr.

"Kaf", c'est aussi un chausse-pied. Lorsqu'on achète une paire de chaussures neuves, et qu'on a des difficultés pour y introduire le pied, on utilise un chausse-pied. Qu'a fait le chausse-pied? A-t-il raccourci le pied? Agrandi la chaussure?
Ni l'un ni l'autre. Il a simplement aidé à faciliter l'entrée du pied à l'intérieur de la chaussure.
Il en est de même pour le Kaf Zé'hout, le chausse-pied du mérite si tu pousses bien, cela rentrera, si tu fais l'effort de trouver un quelconque mérite, tu le trouveras.