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Le pouvoir de prière de nos Tsadikim

+ Le pouvoir de prière de nos Tsadikim :

Hachem écoute chacune des prières d'un tsadik parce que ce dernier est très proche de Lui, aussi rapproché de Lui que l'oreille l'est de la bouche.
[Gaon de Vilna - michlé 15,29]

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-> Si le tsadik a le pouvoir de guérir, celui-ci est conféré par la sainteté que l'étude de la Torah offre à toute personne qui s'y consacre avec amour, respect et dévouement.
[Noam Elimélé'h - paracha 'Houkat]

-> La guémara (Soucca 14a) enseigne que les prières et les bénédictions d'un tsadik sont comparées à une fourche. De la même façon qu'une fourche retourne le grain sur la terre et le jette d'un endroit à l'autre, [le mérite] des prières du tsadik [lui donnent la force de] renverser, pour ainsi dire, l'Attribut de Jugement strict de Hachem, en le remplaçant par l'Attribut de Miséricorde.
[c'est pourquoi, une situation qui peut paraître désespérée, peut être complétement transformée par les prières d'un tsadik. En effet, le mauvais décret qui est venu sur nous par la stricte justice Divine, va être réactualisé par la miséricorde/bonté infinie de D.]

-> "Si les enfants d'Israël reçurent l'ordre de se faire recenser par Moché et Aharon, c'est parce qu'en se présentant devant eux et en disant son nom, chacun y gagnait mérite et longévité ... car Moché et Aharon (les tsadikim de la génération) allaient prier pour lui."
[Ramban - Bamidbar 1,45]

[un véritable tsadik a un tel amour pour son prochain juif, qu'il va prier de toutes ses forces pour lui!
Or, il est écrit : "le tsadik décrète et D. accomplit" (guémara Shabbath 59b)]

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-> Il est vrai que : "Hachem est proche de tous ceux qui L'invoquent, de tous ceux qui L'appellent avec sincérité" (Téhilim 145,18).

Si D. est proche de tous ceux qui l'invoquent, pourquoi tant de prières restent-elles sans réponse?

Le rav Avraham Feuer répond que c'est parce qu'Il est proche de : "ceux qui L'appellent avec sincérité" = Hachem répond à ceux qui L'invoquent avec une confiance absolue.
En effet, nous avons tendance à "miser sur 2 chevaux" à la fois, et fonder nos espoirs de réussite sur d'autres facteurs aussi en plus de notre confiance en D.

[un tsadik est arrivé à mettre ses espoirs consciemment et inconsciemment à 100% en Hachem. Il a donc un énorme pouvoir de prier.]

-> Rabbi Na'hman de Breslev dit que l'essentiel de la préparation à la prière, c'est avant tout d'apprendre à se concentrer pour mettre tous ses espoirs en D., d'admettre au plus profond de nous-même que nous dépendons uniquement de Hachem (ex: non également de notre patron, ...)

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-> Celui qui est en quête de Hachem doit rechercher la compagnie des tsadikim, ils sont plus proches de D. que n'importe qui, et Il désire profondément leurs prières.
[Ramban - Chémot 18,15 et Dévarim 33,1]

-> Le Mabit (Beit Elokim - Chaar haYessodot - chap.22) affirme que le pouvoir du tsadik dépasse celui des anges.
Les anges n'ont pas de libre-arbitre, mais le tsadik obéit à Hachem de son propre gré, et ce malgré les tentations qui l'assaillent.
D. lui rend donc la pareille en accomplissant ses désirs.
[faisant Sa volonté à 100%, Il en fait de même avec la leur!]

-> Rabbi Yonathan Eibeschetz (Yaarot Dvach) écrit que les prières du peuple juif sont attirées vers les magnifiques prières des tsadikim, et s'attachent à elles.
Lorsque les portes des cieux s'ouvrent pour laisser passer les prières du tsadik, les prières de tout le peuple pénètrent en même temps.

-> Le 'Hatam Sofer (notes sur Ora'h 'Haïm 102) enseigne qu'il est ainsi particulièrement recommandé, lorsqu'on prie, de se tenir aux côtés d'un tsadik.

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-> Rachi (Vayéra 21,17) écrit : La prière du malade lui-même vaut davantage que celle que les autres récitent pour lui, car elle est exaucée en premier.

Cependant, le Maharcha (Béra'hot 34b) écrit qu'il se peut que la prière du tsadik soit acceptée par D. avec autant d'empressement.

C'est pourquoi le Rama (Yoré Déa 335,10) tranche que lorsqu'une personne est malade, les membres de sa famille doivent se rendre auprès d'une éminente personnalité de Torah de l'endroit pour prier d'implorer Hachem en sa faveur.

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-> La Torah relate, à propos d'Agar et de son fils que Hachem "entendit le gémissement de l'enfant" (Vayéra 21,17).
Or, la Torah ne dit à aucun moment que l'enfant avait poussé le moindre gémissement.
Rabbi Mendel de Vork explique : "C'est qu'il existe des cris silencieux. Ils parviennent à trouver le ciel en profondeur et seul le Maître des cieux les entend".

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+ "Le juste est la fondation du monde" (michlé 10,25)

-> Le Yaarot Dvach nous encourage de prier avec ferveur pour le bien de nos tsadikim, parce que c'est d'eux que nous dépendons : grâce à eux il y a la vie, la bénédiction et le bien dans le monde.

-> La guémara (Nédarim 49a) nous demande de prier quotidiennement pour nos grands érudits, parce qu'ils peinent dans l'étude de la Torah, ce qui les affaiblit physiquement et les rend plus vulnérables aux maladies.

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-> Un exemple de l'impact du mérite de nos Sages dans notre prière :
Une terrible tempête avait attaqué en pleine mer 60 marins, ils supplièrent alors Hachem de les sauver grâce au mérite du tsadik rabbi El'azar ben Chimon, et la mer se calma.
Dès qu'ils regagnèrent la terre ferme, les marins s'empressèrent donc de se rendre chez le tsadik avec de nombreux présents (coffres débordants de richesses) pour lui témoigner leur gratitude.
[ guémara Baba Métsia 84b]

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-> Turnus Rufus, gouverneur de Rome, avait fait le projet d'assassiner Rabban Gamliel, chef spirituel du peuple juif.
Celui-ci fut mis au courant du péril qui le guettait par un message secret envoyé par un romain : "Le maître du nez est en danger.
[guémara Baba Métsia 84b]

Le Maharal explique que l'ensemble du peuple juif ressemble au corps humain ; chaque juif a son propre rôle à jouer, tout comme chacun des organes du corps a une fonction bien définie.

C'est par les narines que D. a introduit la vie dans le corps du 1er homme (cf. Béréchit 2,7), et c'est par elles qu'Il continue à insuffler l'oxygène vital à ses descendants.

De même, le souffle de vie et les forces de l'esprit sont insufflées à tout le peuple par l'intermédiaire de leurs guides, qui sont comparables au "nez" de la nation.

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-> "Rabbi Akiva dit : Le peuple juif est comparé à un oiseau. De même que l’oiseau ne peut voler sans ses ailes, ainsi le peuple juif ne peut rien faire sans Ses Anciens"
[midrach Vayikra rabba 11,8]

-> La guémara (Nédarim 40a) enseigne : "Si les jeunes vous disent de construire tandis que les Anciens vous conseillent de détruire, écoutez donc le conseil des Anciens et ignorez les jeunes ... Car la "construction" des jeunes est destruction, alors que la "destruction" des Anciens est en réalité très constructive."

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-> "Le juste avec la crainte de D." (Chmouël II 23,3). Nos Sages (Moed Katan 16b) commentent : "Hachem demande : Et qui Me gouverne? D. répond : Le juste (tsadik). Lorsque J'émets un décret, les justes l'annulent".
D. a donné la capacité et le pouvoir aux justes, par leurs prières, d'annuler tous les décrets sévères. Ainsi, les justes règnent, pour ainsi dire, sur Hachem.
[...]
Par leurs prières, les tsadikim annulent tout décret sévère et suscitent la bonté et les bénédictions généreuses de D. pour le peuple juif.
[...]
Les justes, par leurs prières, transforment l'attribut du jugement en miséricorde, empêchant ainsi la colère divine.
[...]
Quels sont les tsadikim dont les prières sont exaucées?
Ceux qui s'attachent continuellement à Son grand Nom, qui sont dans un état de "néant" et qui craignent et tremblent d'effroi devant la majesté et la grandeur de D.
Leurs prières et leur crainte de D. sont efficaces. C'est à leur sujet que Dieu dit : "Qui domine sur Moi? Les justes."
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayigach 44,18]

Tsadik & canal avec Hachem

+ Tsadik & canal avec Hachem :

-> "Une bat kol (une voix venue du Ciel) s’élève du mont 'Horev (le mont Sinaï) et dit : "Le monde entier est soutenu bi'chvil (littéralement, en l'honneur) de mon fils 'Hanina" (guémara Béra'hot 17b).
Le mot hébreu "chvil" signifie également un chemin, un canal. Ainsi, les sages veulent dire ici que Rabbi 'Hanina a ouvert un canal et un chemin pour le flux de la bienveillance divine, et par conséquent, "Le monde entier est soutenu par le chvil de mon fils 'Hanina".
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov - 5 ]

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-> On nous enseigne que Moché a servi d’intermédiaire entre Hachem et l’homme pour transmettre la Torah, car Moché était "l’homme de D." : il était divin, tout en étant pleinement homme (ich aélokim Vézot haBéra'ha 33,1 ; Sidouro Shel Shabbath, II,2).

À cet égard, chaque tsadik porte en lui une étincelle de "l’âme de Moché" et est donc un intermédiaire, un canal, entre Hachem et l’homme. [Méor Eynayim - Vayélé'h [fin] ; ibid. Yitro ]

Mais ce canal ne sert pas seulement à apporter des bienfaits matériels, mais aussi spirituels. Par exemple, les grands tsadikim ouvrent de nouveaux chemins spirituels que d’autres peuvent ensuite emprunter, ou parfois, simplement en atteignant eux-mêmes des sommets spirituels, ils permettent aux autres de les atteindre plus facilement et avec beaucoup moins d’efforts. [Noam Elimélé'h - 'Haya Sarah]

Quiconque répète une déclaration [de Torah] faite par les générations précédentes, ceux-ci prieront pour lui et le défendront au gan Eden.
[séfer 'Hassidim - chap.224 ]

Téchouva & réprimande d’un tsadik

+ Téchouva & réprimande d'un tsadik :

Il y a une dimension particulière à la réprimande d'un racha par un tsadik.
En effet, les lettres qui composent les mots que le tsadik prononce de sa bouche lorsqu'il réprimande le racha illuminent les yeux de ce dernier, lui permettant ainsi de se repentir.
Cela se produit lorsque le racha mérite que les paroles du tsadik l'impressionnent et l'illuminent. Il est alors facile pour le racha de se repentir.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayéra 21,25-26]

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[ainsi en réprimandant avec de la considération/amour, une personne qui a fauté, l'énergie spirituelle contenue dans les mots de notre réprimande peuvent l'aider à se repentir. ]

Tsadik et racha sont récompensés dans le monde qu’ils jugent comme principal

+ Tsadik et racha sont récompensés dans le monde qu'ils jugent comme principal :

"Le Rocher, Son oeuvre est parfaite, car toute Ses voies sont justice ; D. de fidélité et sans iniquité, Il est juste et droit" (Haazinou 32,4)

-> Rachi commente : "Hachem récompense les justes dans le monde à Venir. Bien qu'Il retarde leur récompense, Il finira par accomplir Sa parole ; [inversement], Hachem récompense les réchaïm pour toutes les bonnes actions qu'ils accomplissent dans ce monde".

-> Le Maharal (Gour Aryé) explique :
Il est normal qu'Hachem récompense les justes dans le monde à Venir et les fauteurs dans ce monde-ci, car Hachem récompense une personne dans le monde qu'elle considère comme principal.

Les actes d'une personne révèlent ce qu'elle considère comme étant le monde principal.
Ceux qui s'engagent dans des activités spirituelles et négligent leurs besoins matériels considèrent manifestement le monde à Venir comme principal/primordial. Ils n'utilisent ce monde que pour accumuler des mérites en vue du prochain monde.
En revanche, ceux qui ne sont jamais satisfaits de leur situation matérielle dans ce monde et qui ne reculent devant rien pour l'améliorer considèrent manifestement ce monde comme leur monde principal.
Les tsadikim comme les fauteurs méritent d'être récompensés dans le monde qu'ils considère comme principal.

Une autre raison pour laquelle les tsadikim ne sont pas récompensés dans ce monde est qu'un travailleur n'est payé que lorsque son travail est terminé, comme l'enseignent nos Sages (Baba Métsia 65a) : "les salaires ne sont payés qu'à la fin".
Les tsadikim (justes) passent leur vie dans une quête sans fin pour servir Hachem, et leur travail ne s'achève qu'à leur mort. Ainsi, un tsadik n'est récompensé que par le "fruit" de son travail dans ce monde, mais la récompense principale l'attend dans le monde à Venir, une fois son travail achevé.

En revanche, une personne fauteuse passe sa vie à rechercher sans cesse des plaisirs matériels. Lorsqu'elle accomplit une mitsva, elle marque une pause dans ses activités généralement vides de sens.
Pour un fauteur, chaque mitsva est une entité distincte et séparée et ne fait pas partie de la mission de toute une vie. Ainsi, sa récompense est due à la réalisation de chaque mitsva individuelle pendant qu'il est encore dans ce monde.

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=> Un juste est récompensé dans le monde à Venir parce que c'est son monde qu'il considère comme essentiel/principal.
Un fauteur est également récompensé dans son monde principal, ce monde-ci.
De plus, une personne juste (tsadik) est constamment engagée dans des mitsvot, et elle n'achève son travail spirituel qu'à son entrée dans le monde à Venir (où elle recevra son salaire).
Cependant, une mitsva est un acte distinct pour un pécheur et son paiement est dû immédiatement après chaque mitsva.

Quiconque pleure et se lamente sur une personne juste (tsadik), tous ses fautes sont pardonnées.
[guémara Moed Katan 25a]

La force du Tsadik après sa mort

-> La guémara (Sotah, 10b) enseigne : "Le roi David exhaussa son fils Avchalom des sept niveaux de l'enfer jusqu'au Gan Eden".
Selon Rabbi Na'hman de Brelsev ('Hayé Moharan - 94) : "Il est plus facile de rectifier l'âme de mille personnes défuntes que celle d'un Tsadik encore vivant, car il a encore son libre arbitre".

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-> Rabbi Na'hman de Breslev ('Hayé Moharan - 238) enseigne :
"Le Tsadik a le pouvoir d'intervenir dans un Jugement céleste. Il peut sauver celui qui est jugé, en l'envoyant en mission.
Il existe à Jérusalem une synagogue où on apporte tous les défunts de la terre. Aussitôt que quelqu'un meurt, il y est immédiatement porté pour y être jugé et recevoir la place qui lui est assignée.
Certains meurent en Terre Sainte et sont portés en dehors du pays. D'autres meurent en dehors de la terre Israël et peuvent y être amenés. C'est dans cette synagogue que siège la Cour qui rend ces jugements et qui alloue à chacun la place qu'il mérite.
Il y a même des cas où le verdict stipule qu'il n'y a pas du tout de place pour la personne concernée et qu'elle doit être détruite et projetée par la Catapulte (Kaf haKéla).

Les morts sont apportés habillés dans la synagogue.
Les vêtements de certains d'entre eux sont parfois incomplets : à l'un, il peut manquer une manche, à l'autre un pan de vêtement, ... Tout dépend des actions du défunt pendant sa vie (car ses vêtements spirituels de l'âme correspondent à ses actions durant son vivant) et sa place est attribuée en conséquence.

On apporta une fois un mort complètement nu : il ne portait aucun habit. Il fut jugé à être projeté par la Catapulte et détruit. Un Tsadik vint néanmoins, prit un de ses propres vêtements et le jeta sur lui.
"Pourquoi lui jettes-tu un de tes habits? lui demanda la Cour ... Pourquoi cette personne serait-elle sauvée avec un habit qui n'est pas le sien?"
"Je dois l'envoyer en mission pour mes besoins particuliers, répondit le Tsadik, et c'est la raison pour laquelle je me permets d'agir ainsi. Vous savez sans doute qu'un noble a le droit d'envoyer son serviteur chez un autre noble, et qu'il peut arriver que le serviteur s'attarde à accomplir la volonté de son maître. Le maître lui demande : "... Pourquoi n'es-tu pas parti comme je te l'avais ordonné?"
"Parce que je ne possède pas d'habits convenables.bC'est un homme très distingué, et il n'est pas séant de se rendre chez lui avec de pareils vêtements."
"Mets vite un de mes habits, répond le maître, et va vite chez le noble pour accomplir ma mission."

"Il en est de même pour moi. Je dois envoyer cet homme en mission privée, et c'est pourquoi je lui donne un de mes habits."
C'est ainsi que le Tsadik sauva le défunt du châtiment de la Catapulte (kaf hakéla) ..."

Rabbi Na'hman raconta cette histoire pour montrer le pouvoir exceptionnel qu'a le Tsadik authentique de sauver ses disciples dans le monde de la Vérité."

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-> Rabbi Na'hman (Likouté Moharan II, 78) enseigne :
"On doit prier avec une très grande ferveur pour pouvoir s'attacher au vrai Tsadik. Heureux celui qui s'attache à lui dans ce monde et heureux est son lot, parce qu'après la mort, il est extrêmement difficile de créer le lien."

-> Rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot - Hachkamat Haboker 4,4) écrit :
"Quelle est la signification du verset : "Car Tu n'abandonneras pas mon âme au Chéol ; Tu ne laisseras pas Ton 'Hassid voir l'abîme (l'enfer)" (Téhilim 16,10)?
Si on fait preuve de piété, si on est 'Hassid, pourquoi descendrait-on en enfer? Et si les deux parties du verset se réfèrent à la même personne, pourquoi cette répétition?

Rabbi Nathan répond : "C'est que celui qui est attaché au Tsadik authentique ne restera pas au guéhinam (en enfer).
S'il doit subir des souffrances, ce ne sera pas pour l'éternité, car le Tsadik l'en délivrera. Parce que "Toi, ô Hachem, Tu ne laisseras pas Ton 'Hassid, le Tsadik, souffrir les affres de l'enfer (guéhinam)."
Puisqu'il est attaché au Tsadik, le Tsadik doit le sauver. Et puisque le Tsadik ne peut pas rester en enfer (dont il cherche à le faire sortir), car "Hachem ne voudrait pas voir le Tsadik au guéhinam, Hachem doit donc le faire sortir du Chéol."
Ainsi l'attachement au Tsadik est une assurance et une protection contre l'enfer."

"Les tombes des Tsadikim authentiques ont la même sainteté que la terre d'Israël.
Il est par conséquent très important de s'y recueillir pour prier et réciter les Téhilim".
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 109 ]

Il est bien connu que les tsadikim, par leurs justes actions, sont capables de transformer l'Attribut Divin de Jugement (Rigueur) en Attribut de Miséricorde (midrach Béréchit rabba 73,3).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h 6,13 ]

Le notion de Tsadik

-> "Il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres" (Béréchit 1,4).

-> Le midrach (Béréchit raba 1,6) enseigne : "La lumière, ce sont les actes des justes (tsadikim) ; les ténèbres, ceux des mécréants (réchaïm)".

[dans le monde physique où nous vivons, Hachem créa des forces opposées et donna à l'homme le libre arbitre de choisir entre elles : choisir la lumière au lieu des ténèbres (obscurité), le bien au lieu du mal, le vrai au lieu du faux.
Son but dans la Création était que l'homme choisisse et définisse pour lui-même l'itinéraire à emprunter.
Quand l'individu discerne la lumière de l'obscurité, il représente une force positive dans la Création. Il se trouve sur le chemin qui mène à la vérité, sur la voie de l'intégrité.
Hachem créa le monde pour celui qui réussit à dominer complétement ses désirs physiques (matériels), pour le Tsadik. ]

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+ Comment gagner ce titre de Tsadik?

-> "Quand Hachem décida de créer le monde, Il demanda conseil aux âmes des Tsadikim" (midrach Béréchit raba 7,7).
On pourrait se demander : Quels Tsadikim? Pouvait-il exister quelque chose avant la Création? Et même si les âmes existaient, comment pouvaient-ils être Tsadikim avant de subir les épreuves de ce monde? N'est-il pas nécessaire d'exercer son libre arbitre afin de gagner le titre de Tsadik?

-> Nous trouvons à plusieurs reprises dans la Torah que l'âme de certains Tsadikim était prête bien longtemps avant qu'ils ne viennent vraiment accomplir sa mission spéciale dans la vie.
"Avant que Je t'eusse formé au sein de ta mère, tu étais destiné à être un prophète", dit Hachem au Prophète (Yirmiyahou 1,5).
Autre exemple: à la Création, le verset (Béréchit 2,7) stipule que "Hachem façonna l'Homme, Haadam".
Le midrach (Béréchit raba 14,6) enseigne que cet homme se rapporte à Avraham. Mais si le monde était créé pour Avraham, pourquoi ne fut-il pas créé en premier? C'est qu'Avraham vint plus tard pour pouvoir éventuellement rectifier les péchés du fauteur potentiel.
Le midrach (Béréchit raba 30,4) enseigne aussi que Moché fut préparé pour être le rédempteur d'Israël ... Mordé'haï aussi.
En fait, nous savons, d'après le Talmud, que le machia'h fut créé avant l'univers (Pessa'him 54a ; cf. Ets Yossef).
[rav 'Haïm Kramer]

-> Le Tsadik, le Tsadik parfait fut choisi pour accomplir sa mission avant même sa naissance. Doué de grandeur spirituelle, il reçut le pouvoir de descendre sur cette terre pour y servir de chef et de guide de la Nation d'Hachem.
Cependant, l'homme garde toujours son libre arbitre et peut choisir sa voie dans la vie.
Bien que ce Tsadik unique fût destiné et choisi avant sa naissance, il avait malgré tout le libre choix. Cependant, il refoula ses désirs corporels au point de s'élever au-dessus du simple choix entre le vrai et le faux et exhaussa l'exercice de son libre arbitre à un niveau infiniment plus élevé.
[Likouté Moharan I, 190 ]

[Le paradoxe intellectuel entre la Connaissance divine de toutes les actions de l'homme et la possibilité qu'il a d'exercer son libre arbitre, dépasse notre entendement, car nous ne pouvons nous détacher de notre matérialité (Hachem a créé la notion de temps (le béréchit), et Il en est au-dessus) ; cf. Hilkhoth Téchouva 5,5, du Rambam, et le Likouté Moharan I 21,4].

-> Le Arizal (Chaar Haguilgoulim - 36) enseigne :
"Aussi grand qu'il fût au moment de sa naissance, notre maître Moché ne fut pas créé au niveau particulièrement élevé auquel il devait accéder à la fin de sa vie. Il acquit sa grandeur grâce aux nombreuses bonnes actions qu'il accomplit."

-> Autre part, le Arizal parle de Tsadikim qui furent en mesure, durant leur vie, d'élever à un niveau encore plus haut leur âme déjà sublime, à sa racine.
Il mentionne à cet effet le cas de Rabbi Akiva et ses cinq disciples : Rabbi Méir, Rabbi Yéhoudah, Rabbi Yossi, Rabbi Chimon bar Yo'haï et Rabbi Né'hounya.
Leurs âmes provenaient d'un endroit du Ciel beaucoup plus élevé que le Monde des Ames (c'est-à-dire des cinq guévourot du Da'at de Zer Anpin).
Quant à Rabbi Chimon bar Yo'haï, on nous apprend qu'il s'était élevé au niveau de la Binah, le niveau que Moché Rabénou a atteint au Mont Sinai quand il reçut les 2e Tables de la Loi (cf. Zohar III, 132b, 287b, Nitsoutsé Orot ; Chaar hakavanot, Drouché Pessa'h - 12).
Son âme avait ainsi accédé, grâce à ses efforts dans ce monde, à un niveau encore plus élevé que celui auquel elle avait eu droit à la naissance.

-> Rabbi Na'hman met également l'accent sur l'importance extrême de l'effort de l'homme en quête d'intégrité. Quand quelqu'un suggéra une fois à Rabbi Na'hman que l'élévation de son âme lui avait permis ses prouesses, il parut irrité : "Comme vous vous trompez! Vous pensez que les Tsadikim accèdent à leur grandeur simplement parce qu'ils ont une très grande âme. C'est absolument faux! J'ai eu beaucoup de mal à arriver à mes fins. J'ai déployé tant d'efforts! Les gens pensent que je suis digne de ce haut niveau parce que je descends du Baal Chem Tov et que j'ai une grande âme. C'est une erreur! C'est simplement grâce à mes dévotions et aux efforts que j'y ai consacrés".
[Si'hot haRan - 165 ]

-> Il résulte de tout cela que l'intégrité du Tsadik est généralement déterminée par deux facteurs distincts.
Il y a des Tsadikim qui sont voués à leur état depuis l'époque de la Création. Leur intégrité, qu'ils doivent de toutes façons confirmer par leurs bonnes actions, leur est donnée afin qu'ils accomplissent une certaine mission pour Hachem.
Il est d'autres individus qui s'élèvent au niveau de Tsadik en maîtrisant leurs désirs physiques. Ils ont littéralement gagné leur titre.

La différence entre ces deux types de Tsadikim est quelque peu similaire à celle qui existe entre un Cohen et un érudit en Torah. Nous ne pouvons pas choisir d'être des descendants d'Aharon ; c'est un privilège qui nous est accordé ou non à la naissance.
Il n'en est pas de même pour le degré plus haut de maître ou d'érudit en Torah, auquel tout le monde peut accéder, à condition qu'il y consacre effort et dévouement.
La grandeur réelle du Tsadik dépend en fait de ses dévotions, et le Arizal enseigne à cet effet (Chaar haguilgoulim, #1) qu'il est donné à chacun d'accéder au niveau de Moché Rabénou. C'est exactement de cette façon que Rabbi Na'hman conclut sa discussion avec le 'Hassid dont nous avons parlé plus haut: "N'importe qui peut atteindre mon niveau et devenir exactement comme moi. Tout dépend des efforts que l'on investit" (Si'hot haRan - 165).
[rav 'Haïm Kramer]

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+ La grandeur du Tsadik :

-> "Le monde fut créé même pour [le mérite d'] un seul Tsadik" (Yoma 38b).

-> "Si les Tsadikim le désiraient, ils créeraient des mondes" (Sanhédrin 65b).

-> "Le monde entier subsiste grâce à un seul Tsadik, comme il est écrit : "Le juste est le fondement du monde" (tsadik yessod olam - Michlé 10,25)" ('Haguiga 12b).

-> "Hachem décrète et le Tsadik a le pouvoir d'annuler le décret. Mais le Tsadik décrète et Hachem exécute son décret" (Moéd Katan 16b).

-> "Dans l'avenir, les anges contempleront les Tsadikim et s'exclameront : "Kadoch (Saint!)" exactement comme ils le font maintenant devant Hachem" (Baba Batra 75b).

-> "Les Tsadikim ont tellement de mérite qu'ils peuvent apaiser Hachem et annuler Ses décrets" (midrach Béréchit raba 33,3).

-> "Les Tsadikim font descendre [et révèlent] la Présence divine dans le monde" (midrach Chir Hachirim raba 5,1).

-> "Les Tsadikim sont non seulement en mesure d'annuler les décrets, mais ils sont bénis par la suite pour cela" (Zohar I,101b).

-> "Toutes les bénédictions du monde proviennent du mérite du Tsadik" (Zohar I, 189a).

-> "Grands sont les Tsadikim car, même après leur mort, leur mérite subsiste de génération en génération" (Zohar I, 183a).

-> "Le monde ne pourrait pas subsister ne serait-ce qu'un moment sans les prières des Tsadikim disparus" (Zohar III, 71a).

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-> "Le Tsadik est "tout dans les cieux et sur la terre" (Divré haYamim I 29,11).
Qu'est-ce qui relie le ciel et la terre? Le Tsadik (Zohar III, 257a).
Le Tsadik unit le monde Supérieur au monde Inférieur et tout ce qui s'y trouve. C'est ainsi que se révèle la Divinité dans le monde".
[rabbi Na'hman - Likouté Moharan II 7,7 ]

-> Ainsi, le Tsadik est un pont entre le physique et le spirituel.
Il se trouve au-dessus du physique (matérialité), mais il n'est pas, et ne pourra jamais, atteindre le niveau spirituel d'Hachem.
Qu'est donc ce "pont"?
Ayant dépassé toute notion physique, le Tsadik est à même de comprendre vraiment ce qu'est la spiritualité. Il peut de par son autorité "saisir" les aspects les plus prodigieux de la Divinité et les "faire descendre" au niveau de perception de la personne la plus simple.

-> "L'homme devrait prier avec la plus extrême ferveur pour trouver quelqu'un qui lui explique ce qu'est la Divinité. Il est très difficile de rencontrer une telle personne. Seul un très grand maître est capable d'expliquer la grande sagesse d'Hachem
[Likouté Moharan I 30,2]

-> "Nous trouvons que nos Sages étaient très expérimentés dans tous les aspects de ce monde.
[comment est-ce possible d'être compétent dans l'agriculture, l'astronomie, ... alors qu'ils passent leur temps à étudier la Torah?]
C'est que leur compréhension était fondée sur leurs perceptions et connaissances spirituelles. La connaissance des principes spirituels leur permettait de comprendre leur application au monde physique (matériel)."
[Likouté Moharan II, 58 ]

-> Ainsi, parlant de la construction de certains outils et récipients, Rabbi Yo'hanan ben Zakaï fit remarquer une fois (Kélim 17,26) : "Malheur à moi si je révèle! Malheur à moi si je ne révèle pas!"
Malheur à moi: si je révèle ce principe, les gens malhonnêtes apprendront peut-être à tricher avec ces idées ; malheur à moi si je ne l'enseigne pas, parce que les gens diront que les Rabbins sont ignorants dans ces domaines.
De plus, comme l'écrit le Maharcha (Guitin 68b) : "Tu ne peux prétendre qu'il manque une discipline dans le Talmud ... Tu peux y trouver le remède pour n'importe quelle maladie ... à la seule condition que tu comprennes le langage des Sages".

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-> L'âme du juif provient des plus hauts niveaux de la Création (cf. Likouté Moharan I 17,2). Elle est envoyée dans ce bas monde physique pour y être purifiée, sanctifiée et, une fois son niveau découvert, revenir par la suite à sa source spirituelle. Mais, à cause des limites physiques (matérielles) qui lui sont imposées dans ce monde, l'homme, presque sans exception, ne parvient pas à percevoir ce niveau spirituel.
Le Tsadik constitue l'exception. Il saisit le spirituel. Il peut découvrir, non seulement son niveau et son itinéraire, mais également celui des autres.
Un certain nombre de Tsadikim nous transmettent leurs connaissances par leurs enseignements, d'autres par leurs actes. En observant les Tsadikim, soit par leurs leçons orales, soit dans leurs enseignements écrits, nous serons convaincus de leur capacité de discerner ce qui est important.
Le Tsadik sait sur quoi et comment concentrer son énergie ; il sait ensuite comment ajuster ses connaissances à un niveau de perception qui peut être accessible au commun des mortels.

C'est en fait cette capacité à saisir toute cette connaissance qui nous manque, alors que le Tsadik la possède. Nous devons beaucoup œuvrer et accroître notre croyance que les Tsadikim ont en fait accédé au domaine spirituel et sont en mesure de le mettre à la portée du plus petit d'entre nous.
[...]

"Moché a reçu la Loi (Torah) au mont Sinaï et l'a transmise à Yéhochoua. Yéhochoua l'a transmise aux Anciens, et les Anciens aux Prophètes ; ceux-ci, à leur tour, l'ont transmise aux membres de la Grande Assemblée" (Pirké Avot 1,1).
La Loi juive, dans son intégralité, la Torah écrite et orale, a été donnée à Moché par Hachem. Pourquoi ne la donna-t-Il pas directement aux juifs?
... Parce que la lumière de la Torah aurait été trop aveuglante. Etant en soi l'extension de la Sagesse infinie d'Hachem, pas moins, elle est bien trop grande pour être reçue directement par l'individu moyen.
Pour pouvoir soutenir cette lumière, nous avons besoin de "lunettes teintées", sorte de filtre qui "traite" cette lumière et la transforme en quantités supportables. Ce filtre, c'est le Tsadik.
[rav 'Haïm Kramer]

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+ Un Tsadik = un intermédiaire? :

-> Le Tsadik étant quelqu'un qui a réussi à maîtriser la matérialité de ce monde et à s'intégrer dans le royaume de l'esprit, il sert d'agent catalysateur chargé de canaliser la spiritualité dans ce monde.
Ayant accédé à la sagesse et à la compréhension nécessaires pour servir Hachem de façon vraie et correcte, le Tsadik Le sert en révélant Sa volonté à l'humanité et en faisant connaître aux gens Hachem dans tous les aspects de leur vie.
L'individu moyen, étant incapable de percevoir la Volonté divine, doit se tourner vers quelqu'un qui peut le faire. Dans ce sens, le Tsadik est un intermédiaire.

Il y a un autre aspect dans le rôle du Tsadik en tant qu'intermédiaire. Enfants d'Hachem et membres du peuple élu, nous n'avons aucun besoin d'intermédiaire entre Hachem et nous. Mais savons-nous quoi faire? Savons-nous de notre propre chef quelles prières réciter, quelles actions entreprendre? Et qu'arrive-t-il quand nous nous détachons de Hachem par nos méfaits? Qui nous défendra? Qui parlera en notre faveur?
Nous avons besoin de quelqu'un qui, non seulement nous montrera comment nous amender, mais qui prendra notre parti et nous servira d'avocat.
Nos Sages enseignent : "Qui a un malade dans sa famille doit aller chez le sage et lui demander de prier en sa faveur" (Baba Batra 116a).
Le rav Avraham 'Hazan (Biour Halikoutim, 10,17) interprète ainsi cette sentence : "Considérer le Tsadik comme un intermédiaire et un mandataire d'Hachem est absolument interdit. Cependant, se tourner vers lui pour se faire inclure dans ses dévotions, pour obtenir une prière méritoire, est non seulement permis, mais même recommandé."
Dans ce sens, le Tsadik est un porte-parole, un intermédiaire, et même celui qui réconcilie le Père avec son fils.

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-> Nous trouvons également que le Tsadik peut lui-même se trouver tellement éloigné de notre entendement que nous avons besoin d'un intermédiaire entre lui et nous. Ce que le Tsadik dit ou fait est parfois au-delà de l'entendement de l'individu moyen, de sorte que nous avons besoin des services de quelqu'un d'autre, qui est plus proche du Tsadik. Il nous aidera à suivre et à comprendre la voie spirituelle qu'emprunte le Tsadik.
Tout comme le Tsadik sert de médiateur qui nous fait comprendre la volonté de Hachem, cet intermédiaire nous aidera à mieux comprendre la volonté du Tsadik (qui est en tout cas la volonté de Hachem, car il a fait de la volonté d'Hachem sa volonté).

-> En ce sens, rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan I, 140) enseigne :
"Le Tsadik ressemble à un tampon en caoutchouc où toutes les lettres sont inversées. A moins qu'on ne l'imprime d'abord sur du papier et qu'on voie ce qui y est écrit, il est pratiquement impossible de savoir ce qu'il dit.
Il en est de même du Tsadik. Il nous est impossible de comprendre ses voies. Mais il laisse son impact sur ses disciples et ce sont eux qui nous permettent de déceler un faible reflet de sa grandeur."

-> Les Rouleaux de la Torah, les Téfilin et les Mézouzot, enseigne le Talmud (Shabbat 108a), doivent être écrits sur la peau d'animaux propres à la consommation.
Rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot - Téfilin 5,35) écrit : "Même quelque chose d'aussi matériel que la peau d'un animal, peut être élevé au plus haut niveau de sainteté si on y inscrit les lettres de la Torah."
"C'est ce que le Tsadik a fait de son corps. Il a pris sa "peau" et l'a purifiée" ('Hayé Moharan - 234).

-> En examinant le rôle du Tsadik, nous devons donc comprendre que son niveau spirituel se trouve bien au-delà de ce que nous pouvons même imaginer. Tout Juif peut vraiment accéder à un niveau tel qu'il peut servir Dieu sans recevoir de conseils ou de directives du Tsadik, il peut devenir lui-même un Tsadik, mais l'expérience montre que cest rarement le cas, mis à part des êtres exceptionnels.
Nous avons par conséquent besoin du Tsadik comme intermédiaire.

Le terme intermédiaire a malheureusement été trop souvent utilisé par ceux qui ne comprennent pas ou ne peuvent comprendre ce qu'est un Tsadik. Ils dénigrent et remettent en question son rôle et, en agissant de la sorte, ils induisent les gens en erreur et les éloignent du Tsadik.
Déjà dans les temps bibliques, "les gens raillaient les messagers d'Hachem" (Divré Hayamim II 36,16) ; ces "messagers" n'étaient rien d'autre que les Tsadikim et les Prophètes de cette génération-là.
Tout comme de nos jours, les gens n'avaient aucune conception de la grandeur de ces dirigeants. Ils se croyaient capables de choisir eux-mêmes la voie du service divin, ce qui causa la destruction du Temple et l'exil.

Le concept du Tsadik nous a toujours accompagnés.
Une génération après l'autre a vu ses géants spirituels, des hommes qui menaient, dirigeaient le peuple et agissaient comme intermédiaires pour leurs frères.
Cependant, notre compréhension et notre perception de la Torah diminuent avec les siècles, tout comme notre compréhension et notre appréciation du rôle du Tsadik. Nous devons par conséquent nous attacher aux Tsadikim et nous tourner vers eux pour qu'ils nous dirigent dans la compréhension de la volonté d'Hachem. En acceptant et en suivant leurs conseils, en modelant nos dévotions sur les leurs, nous pouvons tous nous rapprocher d'Hachem par leur intermédiaire.
[rav 'Haïm Kramer]

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+ S'attacher à un Tsadik :

-> "On ne peut accéder à la crainte et à l'amour du Ciel que par l'intermédiaire du Tsadik.
Le Tsadik peut révéler la beauté et la grâce de l'âme juive. Cette âme provient des niveaux les plus sublimes, de la source même de la Création ; sa racine remonte aux sphères célestes, à la Pensée Initiale d'Hachem.
Le Tsadik révèle cette beauté et révèle en même temps la signification profonde de cet amour et de cette crainte."
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I 17,1-8 ]

-> "Chaque individu a au moins un trait de caractère où il excelle ; un point par lequel il surpasse de loin son prochain (qui peut lui être supérieur dans plusieurs autres domaines)" (Likouté Moharan I 34,4).

L'individu doit se demander : "Quel trait de caractère me singularise? Dans quel domaine suis-je particulièrement brillant?"
Il a pour cela besoin de conseils judicieux. C'est là que le besoin de s'attacher au Tsadik se fait le plus sentir. C'est lui qui lui révélera le domaine où il excelle, son trésor caché.
Quel est le but de cet attachement? C'est très simple : l'attachement, c'est ce dont l'homme a besoin pour s' "assurer" qu'il suivra de son mieux les conseils du Tsadik, advienne que pourra.
[notre yétser ara a tendance à nous focaliser sur ce qui ne va pas en nous, ou à nous faire oublier ce qu'on a de bien, et le Tsadik est celui qui nous rephase avec ce qu'on est réellement, pour pouvoir passer du potentiel au réel du mieux qu'on peut, et ne pas passer à côté de sa vie (comme le veut notre yétser ara qui nous endort, le temps passant si vite). ]

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-> "Attache-toi aux Attributs d'Hachem ; tout comme Il est miséricordieux, tu dois être miséricordieux; tout comme Il est clément, tu dois être clément" (Shabbath 133b).

-> Le lien que nous cherchons à créer avec le Tsadik est un lien spirituel. Il ressemble en ce sens à celui que chaque juif désire créer entre Hachem et lui : ce lien est naturellement lui aussi spirituel.
Comment peut-on alors s'attacher spirituellement avec Hachem?
Selon nos Sages, nous voyons qu'en suivant l' "exemple" d'Hachem, c'est-à-dire en mettant en pratique Ses Attributs, nous établissons ce lien et cet attachement entre Hachem et nous. En faisant preuve de miséricorde et de clémence, nous nous attachons spirituellement à Lui et ainsi nous nous imprégnons de Divinité.

Il en est de même quand on s'attache au Tsadik. En suivant son exemple et ses attributs, c'est-à-dire en acceptant ses conseils et en suivant ses directives, on se lie à sa personne.
En faisant ce qu'il dit, en agissant comme il le fait, on s'attache spirituellement à lui et on s'imprègne de son intégrité.
Comme enseigne rabbi Na'hman : "Recevoir des conseils d'un Tsadik crée un lien entre celui qui donne et celui qui reçoit. Cela ressemble en quelque sorte à un mariage. Une union se crée entre le Tsadik et la personne qui reçoit ses conseils" (Likouté Moharan I 7,4).

Rabbi Na'hman enseigne aussi que l'on arrive à la spiritualité en écoutant tout ce que dit le Tsadik, sans s'écarter d'un millimètre. Il suffit d'accepter ses enseignements en toute simplicité. (Likouté Moharan I 123)

-> Le Tsadik perçoit avec une acuité incomparable ce que nous devons faire dans la vie (à l'image d'un père avec ses tous jeunes enfants). Plus tard, après vous être fortement attaché au Tsadik, vous arriverez aussi à cette perception.
En ce sens également : "Fais toi un rav, et défais-toi du doute" (assé lé'ha rav, véhistalék min assafék - Pirké Avot 1,16).
Il faut "se faire" un rav, un Tsadik chez qui nous pouvons puiser des conseils judicieux. Non seulement il nous libérera du doute et de l'incertitude, mais il nous guidera sur le bon chemin, rectifiera et perfectionnera notre âme.
Car le Tsadik connaît la source de l'âme de chaque individu et la place qu'il doit atteindre dans les cieux. Il peut nous indiquer la bonne direction et révéler la crainte et l'amour qui existent déjà en nous, la beauté et la grâce au plus profond de notre âme, l'incitant ainsi à s'élever vers sa source.
[d'après le rav 'Haïm Kramer]

-> "Celui qui n'écoute pas et ne suit pas les conseils des Sages peut vraiment arriver à la folie ...
Et même la personne la plus insensée, si elle écoutait les gens normaux et agissait selon leurs dires, se comporterait en personne équilibrée et serait considérée comme telle"
[rabbi Na'hman - Si'hot haRan - 67).
En refusant de suivre leurs conseils, il risque la folie. S'il est sur le mauvais chemin — et il va sans dire que sans directives précises, la vaste majorité des gens s'y trouvent inévitablement — tout ce qu'il essaiera d'entreprendre sera mauvais.

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-> "Il est impossible à l'homme de saisir même la moindre parcelle des enseignements du Tsadik, s'il n'a pas complètement rectifié sa Brit ; c'est-à-dire qu'il doit être très pur et saint.
Les enseignements du Tsadik risquent autrement de le tromper."
[rabbi Na'hman - Likouté Moharan I 36,5 ]

[évidemment qu'on ne doit pas attendre d'être parfait pour se lier au Tsadik, mais plutôt cela doit nous faire réaliser qu'on a besoin d'un réceptacle pur pour recevoir pleinement l'influence du Tsadik.
Si on a une démarche pure (sincère) Hachem nous aidera et guidera sur ce chemin de pureté et de vérité. ]

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+ Le maître et le disciple :

-> Comme nous l'avons vu, on accède à sa propre voie de croissance spirituelle en recevant les conseils du Tsadik et en s'attachant à lui.
Rabbi Na'hman parle des visites au Tsadik comme de "quelque chose dont dépend le judaïsme tout entier" (Likouté Moharan I 66,4).
Cependant, une personne peut être amenée à se demander : "Qu'ai-je à faire avec un Tsadik aussi exceptionnel? Je ne cherche pas à accéder à des niveaux tellement élevés pour avoir besoin d'un maître aussi saint et important. Je me contente de mon niveau actuel ou au maximum, pour commencer, de celui de mon chef spirituel local. Je pourrai par la suite m'efforcer de chercher un plus grand maître. Pourquoi chercher maintenant un Tsadik d'une telle envergure?"

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan I 30,2) enseigne :
"On ne devrait jamais se satisfaire d'un maître moins compétent.
On ne devrait jamais penser qu'il suffit de ressembler à un tel rabbin, à un tel maître, ...
Plus l'individu est ou s'imagine insignifiant, plus il a besoin d'un grand maître pour le guider.
Celui qui est légèrement malade va consulter son médecin de famille ; celui qui est plus gravement malade demandera l'avis d'un spécialiste ; quant à celui dont la maladie est des plus graves, il aura à cœur de consulter les professeurs les plus éminents.
Il en est de même dans le domaine spirituel. Plus l'individu est éloigné d'Hachem, plus il est ancré dans le matériel, plus il a besoin d'un guide qui lui insuffle la sagesse céleste nécessaire à sa guérison spirituelle."

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-> Le Arizal (Chaar Haguilgoulim - 38) écrit que les âmes de la majorité des gens ressemblent en fait à des feuilles qui poussent sur les branches d'âmes plus grandes, celles des Tsadikim.

Chaque Tsadik possède ainsi ses "feuilles" dont il est responsable. Plus le Tsadik est grand, plus ces âmes sont nombreuses. Et le Tsadik authentique a toutes les âmes sous son autorité.
Rabbi Na'hman (Likouté Moharan I, 70) enseigne : "Il existe un Tsadik qui est le fondement du monde. En lui sont enracinées toutes les autres âmes, même celles des Tsadikim. Certains Tsadikim constituent les branches [principales], d'autres les rameaux de ces branches."
Commentant le verset : "600 000 âmes sont celles qui sont à mes pieds" (chéch méot élef ragli - Béaaloté'ha 11,21), le Arizal écrit que "toutes les 600 000 âmes juives n'étaient que des parties de l'âme de Moché" (Chaar Hapéssoukim 2,3 ; cf. Likouté Torah - Béaaloté'ha où il est expliqué que le Prophète Eliyahou accéda au même niveau).

-> Le Tsadik est un homme qui a plusieurs faces. Dans le conte de Rabbi Na'hman, "le Baal Téfilah" (le Maître de la Prière) était une sorte de caméléon habile, capable d'adapter ses paroles à la pensée spécifique de chacun, quel que fût son interlocuteur (Les Contes - n°12).

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-> "Les Tsadikim sont appelés les "yeux de la communauté" (Horayoth 5b).
Nos yeux s'ouvrent grâce aux Tsadikim, et nous voyons alors notre véritable apparence, l'image de ce que nous sommes réellement."
[Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 67 ]

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+ Trouver le Tsadik qu'il faut suivre :

-> C'est seulement par une recherche constante et inlassable, tout comme on recherche le compagnon parfait ou qu'on vise un excellent emploi ; tout comme on désire le meilleur foyer, on doit déployer tous ses efforts pour essayer de trouver le vrai chef spirituel. C'est ce que Rabbi Na'hman nous conseille
(Likouté Moharan I 30,2)

-> Nous devons prier Hachem de nous diriger vers la vérité, de nous faire trouver le Tsadik authentique.
Le moyen de le chercher est limité par notre connaissance ... Ce que nous comprenons de la spiritualité nous guidera vers ce que nous pensons être vrai (selon notre racine d'âme, et notre reparation dans ce monde). La prière peut cependant nous faire accéder à un plus haut niveau spirituel, aux plus hauts niveaux, en fait. Elle peut nous élever bien au-delà de nos capacités et nous permettre de trouver le Tsadik authentique.
[rav 'Haïm Kramer]

-> Rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot - Shabbath 5,13) enseigne :
"Les gens éprouvent un grand trouble dans leur recherche du Tsadik, et plus particulièrement du Tsadik authentique. Il y a tout d'abord les faux dirigeants, ceux qui fondent leur enseignement de la Torah sur la philosophie et l'athéisme. Ce ne sont pas du tout des chefs spirituels."

-> La guémara (Shabbath 69b) enseigne : "Quiconque s'est perdu dans le désert et ne sait pas quel jour c'est, doit compter six jours et considérer le septième comme Shabbath.
Il doit en observer toutes les lois, à l'exception du minimum de travail qu'il doit fournir pour rester vivant. Pendant les "jours de la semaine", il doit également veiller à vivre chaque jour comme si c'était Shabbath. La seule différence entre son Shabbath et ses jours de semaine est qu'il fait le Kidouch et la Havdalah le jour de repos qu'il s'est choisi. Il doit agir de la sorte jusqu'à ce qu'il trouve le vrai jour du Shabbath."

Rabbi Nathan de Breslev compare cette loi au dilemme qui se présente à qui recherche le Tsadik authentique. Le Zohar (III, 144b) compare le Tsadik au Shabbath. Quiconque recherche le Tsadik authentique et ne le trouve pas, doit accepter tous les Tsadikim. Il faut néanmoins qu'il en choisisse un comme son "Shabbath", son dirigeant spirituel, jusqu'à ce qu'il puisse trouver le Tsadik authentique.
Il doit s'engager pendant ce temps à un minimum de travail afin d'utiliser le temps dont il dispose pour la recherche du Tsadik. Ce n'est pas facile.
Il ressemble à celui qui s'est égaré dans le désert. Tout dépend cependant en fin de compte de l'intensité de sa volonté dans cette recherche. S'il est animé d'un désir assez fort, rien ne peut lui faire obstacle.
[Likouté Halakhot - Shabbath 5,13 ]