Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Les cris de joie des ennemis, qui se réjouissaient de la destruction [du Temple], résonnaient tout aussi fort que lorsque les juifs y chantaient et s'y réjouissaient.
[Rachi - Eikha 2,7]

La téchouva peut tout changer

-> Névou'hadnétsar ordonna à son général, Névouzaradan, que lorsqu’il conquerrait Jérusalem, il ne devait pas laisser au peuple un seul instant pour prier, car leur D. est toujours disposé à accepter la téchouva. S’ils ouvraient leur cœur dans la prière, leur téchouva serait acceptée et ils ne seraient pas exilés. [midrach Eikha raba 5,5]

Dès le début de l'exil, Israël n’a pas eu le temps de se reposer. (voir Eikha raba 1,3)
Lorsque le peuple d’Israël a été exilé, ses ennemis ne lui ont pas permis de se reposer avant d’avoir atteint les fleuves de Babylone. S’il avait eu un instant pour se reposer, il aurait eu le temps de faire téchouva et aurait alors pu retourner sur sa terre. Ses ennemis se sont donc empressés de le faire sortir de la terre d'Israël. C’est pourquoi il est dit : "Sur les rives de Babylone, nous nous sommes assis et nous avons pleuré" (Téhilim 137,1), c’était leur première occasion de s’asseoir. [midrach Téhilim 139]

Nous voyons ici que le racha Névou'hadnétsar connaissait la midat hara'hamim d'Hachem (son Attribut de miséricorde).
Si Hachem entendait ne serait-ce qu’un instant de téchouva, l’ensemble du décret serait modifié. C’est pourquoi il ne pouvait pas les laisser prier. Névou'hadnétsar fit marcher Israël pendant 15 jours d’affilée, sans repos, jusqu’à ce qu’ils atteignent Bavel.

<--->

=> Même si nous sommes dans une situation catastrophique, à l'image du Temple qui doit se faire détruire, avec une téchouva sincère, de tout notre être, on peut tout réparer.

Lorsque Hachem a dit : "Construisez-Moi un Temple" ([pour y résider] véassou li Mikdach - Térouma 25,8), Il parlait à trois niveaux : dans l’espace, le temps et l’âme, c’est-à-dire le Temple physique, le Shabbat et le cœur humain.
[rav Tsadok haCohen de Lublin - Pri Tsadik - Térouma 1 ]

L’étude de la Torah comme protection divine

Rabbi Yaakov dit : "Celui qui va en chemin et étudie et interrompt son étude pour dire : "Comme cet arbre est beau, comme ce sillon est beau", l’Écriture le considère comme mettant sa vie en péril (ké'ilou mit'hayev bénafcho)."
[Pirké Avot 3,7]

-> Ainsi, s'interrompt son étude pour s'émerveiller devant la beauté des arbres ou des champs, est considéré comme si on était passible de perdre notre âme. Cela semble être un jugement exceptionnellement sévère pour ce qui apparaît comme une simple observation innocente de la magnifique création d'Hachem.

Le Zéra Shimshon (dans son Toldot Shimshon) s’interroge sur plusieurs aspects de cet enseignement.
Premièrement, pourquoi Rabbi Yaakov mentionne-t-il spécifiquement quelqu’un qui voyage en chemin? Pourquoi pas simplement toute personne qui interrompt son étude (chez lui par exemple)?
Deuxièmement, pourquoi choisit-il précisément l’exemple d’une remarque sur un beau paysage ?
Troisièmement, quel verset implique réellement cette grave responsabilité? Et enfin, que signifie "être passible de perdre son âme" (mettre sa vie en péril)?

-> Le Toldot Shimshon trouve la réponse en reliant 2 enseignements de Rabbi Yaakov : celui qu'on voit dans le Pirké Avot, et un autre dans le midrach (Béréchit raba 10,2).
Là, Rabbi Yaakov explique un principe fondamental concernant la création du monde. Il
enseigne que tant qu'il existait dans le monde l'état de : "tohou va'vohou" (l’état de vide chaotique - תהו ובהו), alors le service d'Hachem ne pouvait être correctement établi ni s’épanouir.
Ce n’est qu’après que le "tohou va'vohou" eut été éliminé et que l’ordre eut été établi que le service divin put véritablement s’imposer.

Le Yéfé Einayim approfondit ce concept : lorsque nous éliminons notre quête de plaisirs purement physiques et de matérialisme, nous créons un espace permettant au service de Hachem de régner en maître dans nos vies. L’élimination du "tohou va'vohou" représente le triomphe du focus spirituel sur la distraction physique.

<--->

+ Pourquoi le voyageur est-il vulnérable?

-> Nous comprenons désormais pourquoi Rabbi Yaakov mentionne spécifiquement un voyageur (quelqu'un en chemin). Lorsqu’une personne voyage, en particulier à travers la campagne et les zones rurales, elle se trouve dans une position de vulnérabilité spirituelle.
La guémara (Yérouchalmi - Béra'hot 4,4) nous enseigne que les forces spirituelles néfastes sont plus présentes dans de tels lieux, et que ces influences destructrices sont englobées dans le concept de "tohou va'vohou".

Cette réalité spirituelle est si bien établie que nos Sages ont institué des mesures pratiques pour y remédier. Ils ont établi une courte prière spéciale à réciter après la Amida le vendredi soir, spécifiquement pour protéger ceux qui pourraient s’attarder dans les champs après la prière (Shabbat 24b, Tossefot Béra'hot 4b).
Cela nous montre que le danger est réel et reconnu par nos Sages.

La protection la plus efficace contre ces forces néfastes est l’immersion totale dans l’étude de la Torah.
Lorsque nous nous plongeons profondément dans la Torah, nous créons un bouclier spirituel qui tient ces influences destructrices à distance. La Torah nous sert d’armure contre le chaos du "tohou va'vohou".

<--->

+ L’erreur tragique :

-> C’est là que réside la tragédie contre laquelle Rabbi Yaakov nous met en garde.
Lorsque le voyageur interrompt son étude de la Torah, même pour ce qui semble être une raison positive, comme louer la beauté de la création de Hachem, il perd immédiatement le pouvoir protecteur que lui procurait son étude de la Torah. À cet instant, il s’expose aux dangers spirituels mêmes que son étude lui évitait.

Cela explique pourquoi Rabbi Yaakov a choisi précisément l’exemple d’un commentaire sur un beau paysage. On pourrait raisonnablement penser : "C’est sûrement une bonne chose de reconnaître et de louer la beauté du monde de Hachem! Comment cela pourrait-il être mauvais?"
Mais Rabbi Yaakov nous enseigne que le contexte a une importance capitale. Dans une situation de vulnérabilité spirituelle, où les forces néfastes sont plus actives, même des activités en apparence positives deviennent dangereuses si elles interrompent notre étude de la Torah.

Le voyageur (celui en chemin) dans la campagne se trouve précisément dans une telle position de vulnérabilité. En choisissant de se concentrer sur la beauté physique plutôt que de poursuivre son étude de la Torah, il renforce les entités spirituelles destructrices qui l’entourent.

En privilégiant le paysage plutôt que la contemplation spirituelle, il "abandonne son âme" dans le sens où il choisit d’affaiblir ses défenses spirituelles et de s’exposer à des forces qui menacent son bien-être spirituel. Il échange la protection de son âme contre un moment de plaisir physique.
[on a vu les termes du Toldot Shimshon : notre étude de Torah = "bouclier spirituel qui tient ces influences destructrices à distance. La Torah nous sert d’armure".]

<--->

[ => Cet enseignement révèle un point fondamental. L’étude de la Torah n’est pas simplement un exercice intellectuel : c’est notre principal moyen de protection spirituelle, en particulier lorsque nous nous trouvons dans des situations de vulnérabilité.
Le pouvoir protecteur de la Torah est si fort que l’interrompre, même pour des raisons apparemment innocentes ou positives, peut nous exposer à un véritable danger spirituel. ]

Etudier la Torah = élévation & purification

Rabbi Yo'hanan ben Zakaï dit : "Si tu as beaucoup étudié la Torah, n’en tire pas de mérite (d'éloge) pour toi-même, car c’est pour cela que tu as été créé".
[Pirké Avot 2,8]

=> À première vue, cet enseignement soulève une question déroutante.
Comment mesure-t-on exactement "beaucoup" de Torah (im lamadéta Torah arbé)? Si la Torah est véritablement infinie (puisque divine), comme écrit : "Elle est plus longue que la longueur de la terre" (Iyov 11,9), comment un être humain pourrait-il prétendre en avoir étudié "beaucoup"?
Quelle norme pourrait bien s’appliquer à quelque chose qui n’a pas de limites?

Nous allons voir le développement du Zéra Shimshon (dans son Toldot Shimshon).

<--->

+ Le parcours unique de Rabbi Yo'hanan ben Zakaï :

-> Pour comprendre cet enseignement, il faut d’abord saisir la position unique de Rabbi Yo'hanan ben Zakaï. La Michna nous indique expressément qu’il a étudié à la fois auprès de Hillel et de Shamaï, les deux plus grands sages de leur génération.
Ce détail n’est pas simplement biographique : il détient la clé pour comprendre l’ensemble de son message.

Hillel et Shamaï étaient réputés pour leurs fréquents désaccords sur des questions de halakha. Il ne s’agissait pas de simples différends, mais de profondes divergences d’opinion entre deux figures majeures, chacune présentant des arguments fondés sur une logique rigoureuse et une compréhension approfondie de l’ensemble de la Torah. Les deux points de vue étaient valables et convaincants, chacun s’appuyant sur un raisonnement sophistiqué susceptible d’amener une personne à suivre l’une ou l’autre voie.

Pour la plupart des élèves confrontés à ces désaccords, il en résultait souvent de la confusion et de l’incertitude. Lorsque deux grands maîtres présentent des arguments tout aussi convaincants, mais opposés sur une même question, comment décider de la conduite à tenir?
La réaction humaine naturelle est d’être paralysé par la complexité, incapable de choisir entre deux approches qui semblent toutes deux correctes.

Mais Rabbi Yo'hanan ben Zakaï était différent. Bien qu’il comprît toute la profondeur et la validité des positions de Hillel et de Shamaï, il suivait systématiquement les décisions de Hillel.
Il possédait une capacité remarquable à s’y retrouver dans cette complexité avec une clarté parfaite, sachant toujours quelle voie emprunter même lorsque les deux options semblaient tout aussi valables l’une que l’autre.

<--->

+ Ce que signifie réellement "beaucoup de Torah" :

-> Ce contexte nous aide à comprendre ce que Rabbi Yo'hanan ben Zakaï entendait par "étudier beaucoup" la Torah. Il ne faisait pas référence à quelqu’un qui s’était simplement constitué un vaste bagage de connaissances sur la Torah ou qui avait mémorisé d’innombrables pages de texte.
Il décrivait plutôt quelqu’un qui, comme lui, pouvait saisir toute la profondeur des arguments halakhiques contradictoires tout en conservant la clarté et la sagesse nécessaires pour suivre la bonne voie.

Cela représente un niveau profond de maîtrise de la Torah. Cela signifie non seulement comprendre la surface de l’étude de la Torah, mais aussi développer la sensibilité spirituelle et la subtilité intellectuelle nécessaires pour naviguer à travers les débats halakhiques les plus complexes avec confiance et précision.
Cela signifie être capable de garder à l’esprit plusieurs points de vue valables simultanément, tout en sachant lequel suivre dans la pratique.

Une telle réalisation est en effet "beaucoup" de Torah : elle représente un niveau de compréhension qui va bien au-delà de la simple accumulation de faits et s’étend au domaine de la véritable sagesse et de la perspicacité spirituelle.

<--->

+ Le processus de purification :

-> Nous avons un yétser atov (ex: l'élan spirituel positif qui pousse à agir avec droiture, la crainte d'Hachem qui nous pousse à faire les mitsvot) et un yétser ara (le mauvais penchant qui œuvre constamment contre nous, semant le doute dans nos esprits et nous emplissant d'orgueil lorsque nous réussissons).

-> Le Kavod 'Hakhamim offre un aperçu profond des raisons pour lesquelles cette lutte interne est inscrite dans notre nature même. Il explique que les mitsvot nous ont été données précisément pour purifier et affiner nos âmes.
Le processus consistant à se pencher sur des questions halakhiques complexes, l’effort intellectuel et spirituel nécessaire pour comprendre les différentes perspectives et choisir la bonne voie, est en soi un processus de purification.

Lorsqu’une personne étudie les arguments de Hillel et de Shamaï, en saisit toute la profondeur, puis parvient à une décision halakhique, elle ne se contente pas d’étudier la Torah : elle purifie activement son âme à travers la lutte inhérente à ce processus.
L’effort même consistant à naviguer au cœur de la complexité tout en conservant la clarté contribue à élever et à affiner son essence spirituelle.

Cela signifie que la personne qui atteint ce niveau de maîtrise de la Torah ne doit pas s’attribuer le mérite de son accomplissement. La capacité à démêler ces questions complexes et à en sortir avec clarté n’est pas seulement une réussite personnelle : c’est l’accomplissement de la raison même pour laquelle elle a été créée.
La lutte elle-même, avec tous ses défis et ses difficultés, est exactement ce dont son âme a besoin pour se purifier et s’élever.

<--->

-> Même si quelqu’un étudie de manière approfondie pour accomplir la mission individuelle de son âme, il ne doit pas étudier la Torah uniquement pour son profit personnel. Son étude de la Torah doit viser à apporter la rectification et une élévation spirituelle, non seulement à lui-même, mais aussi au monde tout entier.
Celui qui a étudié "beaucoup" la Torah, qui a développé la capacité d’aborder avec clarté des questions spirituelles complexes, a la responsabilité d’utiliser cette sagesse au profit de toute la création.

<----------------------------------------->

-> Nous allons rapporter un enseignement similaire du Zéra Shimshon (dans son Toldot Shimshon) sur ce même passage des Pirké Avot.

<--->

+ Etude de la Torah = purifier, affiner et élever notre âme :

-> "Hachem s’adressa à Avram dans une vision, en disant : "Ne crains rien, Avram, je suis ton bouclier"" (Lé'h Lé'ha 15,1).

-> Le midrach (Bérechit raba 44,1) établit un lien entre ce verset et le Téhilim qui déclare : "La parole d'Hachem est pure et sert de bouclier à tous ceux qui recherchent Sa protection" (imrat Hachem tséroufa maguen ou lé'hol a'hossim bo - Téhilim 18,31).
À travers ce lien, le midrach nous enseigne que la promesse faite par Hachem à Avram n’était pas seulement personnelle, mais qu’elle reflète une vérité universelle : Hachem sert de bouclier à tous ceux qui recherchent sincèrement Sa protection et Son refuge. Cette protection divine est accessible à toute personne qui se tourne vers Hachem avec une foi et une confiance sincères.

Le midrach approfondit encore ce concept, en expliquant que lorsque le Téhilim fait référence à "la parole d'Hachem", il parle des mitsvot elles-mêmes. Ces mitsvot sont décrites comme "pures", mais que signifie cette pureté?
[le Téhilim affirme aussi que ces paroles (les mitsvot) nous "servent de bouclier" divin de protection. ]
Le midrach révèle que chaque détail complexe de chaque mitsva a été délibérément et soigneusement conçu par Hachem dans un but précis : purifier et élever ceux qui les accomplissent.

Il ne s’agit pas simplement de suivre des règles ou des commandements.
Au contraire, chaque mitsva, avec toutes ses exigences et spécifications détaillées, sert d’outil spirituel de raffinement. La complexité et la spécificité des exigences halakhiques ne sont pas des fardeaux, mais des opportunités de croissance spirituelle et de purification.
Lorsque nous nous penchons sur ces détails, nous participons à un processus divin d’amélioration de soi.

<--->

[plus nous nous perfectionnons et purifions par les mitsvot, plus nous pouvons bénéficier de davantage de proximité avec Hachem, ce qui est le bien ultime. ]

La sagesse de Rabban Yochanan ben Zakai :

-> Le Toldot Shimshon applique cela à un enseignement tiré des Pirké Avot (2,8), où Rabban Yo'hanan ben Zakaï dit : "Si tu as beaucoup étudié la Torah, n’en tire pas de mérite pour toi-même, car c’est pour cela que tu as été créé."
Cette affirmation semble au premier abord déroutante : qu’est-ce qui constitue exactement "beaucoup de Torah" alors que l’étude de la Torah est infinie et illimitée?

Le Toldot Shimshon apporte une réponse en examinant la position unique de Rabban Yo'hanan ben Zakaï dans l’histoire juive. Contrairement à d’autres étudiants qui suivaient généralement l’approche d’un seul maître, Rabban Yo'hanan a étudié à la fois auprès de Hillel et de Shamaï, deux grands sages qui étaient souvent en désaccord sur des questions de halakha. Chacun d’eux avançait des arguments convaincants et un raisonnement sophistiqué pour défendre sa position.

Pour maîtriser véritablement leurs enseignements, Rabban Yo'hanan ben Zakaï a dû se livrer à un travail sur la Torah extrêmement exigeant. Il a dû analyser minutieusement leurs débats, examiner leurs preuves, comprendre leur raisonnement et, en fin de compte, déterminer la voie correcte pour accomplir les mitsvot. Cela a nécessité de passer au crible plusieurs niveaux d’argumentation, de peser différentes perspectives et de prendre des décisions halakhiques précises.

<--->

+ Le sens de l’humilité intellectuelle :

-> Ce qui rend l’enseignement de Rabban Yo'hanan si remarquable, c’est que bien qu’il ait accompli avec succès cet exploit intellectuel extrêmement difficile, ce qui le distinguait de ses pairs, il soulignait que même une telle réussite extraordinaire ne devait pas conduire à l’orgueil ou à un sentiment de supériorité.
L’expression "une grande part de Torah" fait spécifiquement référence à ce travail intellectuel intense, à ce processus exigeant qui consiste à naviguer au cœur de controverses halakhiques complexes pour en ressortir avec clarté.

Son message est empreint d’une profonde humilité : même lorsque nous accomplissons des tâches intellectuellement exigeantes dans l’étude de la Torah, même lorsque nous parvenons à résoudre avec succès des questions halakhiques complexes, nous devons nous rappeler que cette capacité elle-même est un don de Hachem.
La conclusion de son enseignement, "car c’est pour cela que vous avez été créés", nous rappelle que nos capacités ne sont pas des réalisations personnelles dont il faut se vanter, mais plutôt des dons divins destinés à être utilisés conformément à leur finalité.

<--->

+ La finalité divine de l’effort intellectuel :

-> Le Toldot Shimshon relie cet enseignement au midrach originel sur la nature purificatrice des mitsvot.
Pour quelqu’un qui a la chance de posséder les capacités intellectuelles nécessaires pour s’y retrouver dans les débats halakhiques complexes, comme le faisait Rabban Yo'hanan ben Zakaï, cet effort même fait partie intégrante de son processus de purification personnelle. L’effort mental, l’analyse minutieuse, la lutte avec des concepts difficiles : tout cela sert à affiner et à élever l’âme.

La preuve que cet effort fait bel et bien partie de notre finalité divine réside dans le fait que Hachem nous a accordé, en premier lieu, la capacité de nous livrer à un tel travail. Nos dons intellectuels ne sont pas le fruit du hasard, mais sont spécifiquement adaptés à nos besoins et à nos objectifs spirituels.
Lorsque nous mettons ces dons au service de la compréhension et de l’accomplissement des mitsvot, nous participons au processus même qu'Hachem a conçu pour notre purification.

Cette compréhension transforme notre approche même de l’étude de la Torah et de l’accomplissement des mitsvot.
L’effort que nous investissons pour comprendre les détails halakhiques, l’énergie mentale que nous dépensons pour résoudre des questions complexes, le temps que nous consacrons à l’accomplissement correct des mitsvot, tout cela ne relève pas simplement d’une conformité extérieure, mais d’une participation active à notre propre raffinement spirituel.
Chaque défi auquel nous sommes confrontés dans l’étude de la Torah, chaque difficulté que nous surmontons dans l’accomplissement des mitsvot, devient une étape de notre cheminement vers la pureté et l’élévation spirituelles.

<--->

[ => Nos capacités et nos acquis dans l’étude de la Torah sont des dons d'Hachem, destinés à être utilisés dans le seul but de notre croissance spirituelle et de notre purification.
La véritable sagesse ne réside pas dans le fait de s’attribuer le mérite de nos réalisations, mais dans le fait de les reconnaître comme des outils divins au service de notre propre perfectionnement, en conservant notre humilité tout en nous consacrant pleinement à l’œuvre sacrée que constituent l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot. ]

À l’époque de Pourim, avant la yéchoua (délivrance), il y avait de la souffrance, de l'obscurité et du hester panim (une apparente dissimulation d'Hachem). Il est alors apparu que Pourim est l’un des jours les plus saints de l’année.
Il en va de même pour le 9 Av. La lumière qui réside en ce jour est grande, bien qu’elle soit cachée dans les ténèbres et le hester panim.
La grande obscurité que nous ressentons en ce jour fait écho à la grande lumière et à la joie qui seront révélées lors de la guéoula.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot]

Puisse cette lumière de guéoula et de joie briller sans tarder de notre vivant!

Les ‘hévlé machia’h

-> Le Nétivot Shalom (Kountres ha'Harouga Alékha - Tsipita L'yéchoua 4) fait remarquer que, pendant la Shoah, le peuple juif a enduré dans leur intégralité les 'hevlé machia'h (les souffrances précédant la venue du machia'h), sans en omettre le moindre détail.
Puisque nous avons déjà subi les douleurs du machia'h, il ne fait aucun doute que chaque jour est désormais propice à l’arrivée du machia'h. Car après les douleurs de l’accouchement, la naissance est imminente.
Autrefois, quand quelqu’un disait : "Je m’attends à ce qu’il [le machia'h] vienne chaque jour", une question subsistait toujours : ne devons-nous pas d’abord subir les " 'hevlé machia'h"?
Cependant, dans notre génération, cette question est caduque. Le peuple juif a déjà acquitté la grande dette de ses souffrances et attend avec impatience l’arrivée imminente du machia'h.
Dans cette perspective, un juif de notre génération doit ressentir : "Je m’attends à ce qu’il vienne chaque jour", comme si "Il se tient derrière notre mur" (hiné zé omed a'har kotlénou - Shir haShirim 2,9).
Hachem attend que le peuple juif anticipe la Délivrance, car celle-ci sera renforcée par notre foi et notre attente.

<--->

=> Le machia'h est comparé à un processus de naissance ('hevlé machia'h) qui s’accompagne de douleur (voir Yéchayahou 26,17, Rachi). Cependant, il s’achève dans la joie, à l’image du bonheur qui suit le travail de l’accouchement.

La première génération de la venue du machia'h, qui commencera à s’établir en terre d’Israël, préparera les besoins matériels du peuple juif ... Et lorsque la force matérielle de la nation sera établie, les qualités spirituelles intérieures se révéleront, et la Torah reviendra avec toute sa puissante lumière.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 1:88 ]

<--->

-> Certains se demandent : qu’a fait notre génération pour mériter la rédemption?
La réponse est simple. Son mérite est d’avoir pris part à la plus grande de toutes les mitsvot, une mitsva qui équivaut à toute la Torah (le fait de résider en terre d'Israël). Elle a pris part à la rédemption du peuple juif.
En réalité, non seulement elle y a participé, mais elle y participe encore, et continuera d’y participer, sans un instant de répit, à la rédemption du peuple juif. C’est cette force divine qui l’élève et la conduit vers le salut.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 7:201 ]

<--->

+ Qui possède la plus grande âme ?

-> Le néfech (l’élément physique de l’âme) des juifs non pratiquants qui sont profondément attachés aux affaires de la nation juive, à la terre d’Israël et au renouveau de son peuple, est plus accomplie que celle des juifs religieux qui ne partagent pas cette profonde préoccupation pour le peuple juif et pour l’édification de la terre d’Israël.
En revanche, le roua'h (l’élément spirituel de l’âme) de ceux qui sont religieux et suivent la Torah et les mitsvot est plus accompli.

La solution ne viendra que par le machia'h, qui unifiera le peuple juif. Le néfech des religieux sera réparée grâce au néfech accomplie que l’on trouve chez les non pratiquants, en ce qui concerne les questions relatives à la nation et à la dimension physique, comprises par l’intellect et les émotions humaines.
D’autre part, le roua'h des non pratiquants sera réparée grâce à l’influence de ceux qui sont religieux, observants de la Torah et forts dans la foi.
À la suite de tout cela, une grande lumière se répandra sur les deux groupes, et une transformation spirituelle holistique émergera dans le monde. Le peuple juif sera alors prêt pour la rédemption (guéoula).

Les plus grands justes, les âmes les plus profondes, agiront comme un canal unificateur par lequel passera la lumière d’une néfech corrigée de gauche à droite et la lumière d’un roua'h corrigé de droite à gauche. Ce n’est qu’alors qu’il y aura un grand bonheur.
[rav Avraham Kook - Orot - Hatékhiya 43]

<----->

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2026/09/15/52016

Vivre en Israël pour provoquer la guéoula

-> Le 'Hatam Sofer (1762-1839) déduit du Rambam (Sanhédrin 1:3) que le peuple juif se rassemblera en terre d'Israël avant la venue du machia'h, même si le Temple n’aura pas encore été reconstruit. [Drachot 'Hatam Sofer sur le 27e jour d’Elloul en 1820).

-> Dans l’ouvrage Shevili Emouna (Nétiv 10, chap.1), du petit-fils du Roch, il cite un midrach qui dit que de nombreux juifs venus des quatre coins du monde se porteront volontaires pour vivre et s’installer en terre d'Israël avant la rédemption finale (guéoula).
Lorsque de nombreuses personnes habiteront ici et prieront avec ferveur sur la Montagne Sainte, Hachem écoutera leurs prières et hâtera la guéoula.

-> Rabbi Hillel Kolmoya (Beit Hillel, 31) cite cela dans ses responsa. En conséquence, il écrivit une lettre très enthousiaste à rabbi Zalman Spitzer de Vienne, l’exhortant à convaincre le baron Rothschild de s’impliquer dans cette affaire et de la financer avec son propre capital. Rabbi Hillel y écrit : "Qui, parmi le peuple juif, la nation d'Hachem, ne souhaiterait pas prendre part à cette mitsva?"

<--->

+ Embellir Israël = déclencher la guéoula :

-> Le rav Yissa'har Shlomo Teichtal écrit :
"Dans son Hon Achir (fin de Sotah), le Michnat 'Hassidim commente la michna (Sotah 9:15) qui dit que le Gallil sera dévasté et ses maisons détruites. [il s'agit de Raphael Immanuel ben Abraham Hai Ricchi (1688–1743)]
Il y écrit :
"Lorsque Hachem m’a accordé le privilège de me rendre en terre d'Israël, à Tsfat, j’ai vu de mes propres yeux comment cette malédiction s’était réalisée. En raison de nos nombreuses fautes, elle est remplie de maisons en ruines. Cependant, au cours des deux années que j’y ai passées, j’ai eu la joie de voir qu’elle se reconstruisait jour après jour.
J’affirme que c’est là un signe de l’arrivée imminente du Rédempteur (machia'h), car s’il venait alors que la terre d'Israël est en ruines, il n’y aurait aucun endroit où les exilés rassemblés pourraient s’établir.

La même chose s’est produite la première fois que nous sommes entrés dans la Terre. Nos rabbanim affirment qu'Hachem a retenu le peuple juif dans le désert pendant 40 ans afin que la Terre [d'Israël] puisse retrouver sa vigueur d’origine. Lorsque les juifs ont quitté l'Egypte, les Amorites ont détruit et déraciné les arbres et les bâtiments, pensant que le peuple juif entrerait immédiatement dans la Terre et la trouverait dévasté. Hachem les y a fait entrer lorsque la Terre fut enfin régénéré (midrach Chémot raba 20,16 ; Rachi sur Téhilim 40,6).
Il en sera de même lorsque le machia'h viendra."

Cela démontre que la terre doit être aménagée avec des maisons et des arbres avant la venue du machia'h. Sinon, l’entrée du peuple juif en terre d'Israël et la rédemption finale seront retardées.
En revanche, si la terre est aménagée, c’est un signe prometteur de la rédemption (guéoula) imminente.
Sachez que l’auteur de ces paroles (le Michnat 'Hassidim) était l’un des plus grands, des plus saints et des plus redoutables kabbalistes des dernières générations. Il a reçu des révélations d’Éliyahou Hanavi et toutes ses paroles ont été prononcées sous l’inspiration du Roua'h Hakodech.
Qui, dans notre génération, est assez noble pour le contredire?"

<--->

=> Chaque juif qui vient vivre en Israël, participe à son niveau à bâtir et rendre plus jolie la terre d'Israël, ce qui la rend plus jolie et propice pour recevoir le machia'h, cela hâte donc la venue du machia'h.

[Imaginons la joie et le plaisir qu'on apporte à Hachem en étant parmi ceux qui activent le fait qu'Il pourra se dévoiler à Ses enfants adorés! ]

Quand ton objectif (final) est la Torah et la spiritualité, le travail que tu effectues est reconnu comme les 39 travaux nécessaires à l'édification du Tabernacle. Cela signifie que ton labeur quotidien, même dans le domaine profane, est saint.
Si cependant cette foi te fait défaut et que tu n'aspires pas à la sainteté, ton œuvre fait partie des 39 travaux ardus et pénibles.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I 11,14 ]