Aux délices de la Torah

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Etre niftar

+ Etre niftar :

-> Quelle est la différence entre les mots "niftar" et "mét" ?

Le terme souvent utilisé pour désigner une personne décédée est "niftar". Le nom désignant la mort est "pétira".
On le retrouve dans la Michna (Péa 8,9), où il est dit "niftar min haolam" (quitter ce monde).
La racine du mot niftar remonte à patar (sortir), comme dans péter ré'hem, un animal premier-né sortant du ventre de sa mère.
Dans le contexte de la mort, un individu est niftar lorsqu’il quitte ce monde dans l’attente d’entrer dans l’autre monde.

Le terme "patour" est le plus souvent utilisé dans le contexte juridique pour désigner une personne exemptée d’une punition ou d’une obligation donnée.
Cela soulève la question suivante : pourquoi le décès d’une personne est-il associé au concept d’une exemption juridique?

Alors que le corps d’une personne renferme son âme, son âme intérieure fonctionne comme une force directrice, obligeant le corps extérieur à vivre pour un but et une existence supérieurs. Elle représente sa responsabilité envers la loi et l’ordre, ainsi que la supervision divine d'Hachem sur les affaires du monde.

En effet, le mot 'haï, qui désigne un être vivant, est lié à 'hayav, qui signifie "obligé". Lorsque l’âme d’un individu quitte son corps, celui-ci est alors libéré de son engagement envers ces objectifs plus nobles, ce qui le rend exempt de toute obligation. C’est pourquoi le terme utilisé pour décrire une personne qui meurt est "niftar", un mot apparenté à "patour" (exempt).

En réalité, la véritable vie est réservée à ceux qui consacrent leur existence à un but plus noble. À l’inverse, ceux qui ne recherchent que le plaisir sont considérés comme morts, même de leur vivant.
Ce principe trouve un écho dans la guémara (Béra'hot 18) qui souligne que même lorsque les justes (tsadikim) sont morts, ils sont appelés "vivants", tandis que les réhaïm sont appelés "morts" même de leur vivant.
Un individu qui vit avec un but élevé est niftar lorsqu’il meurt. Dans son cas, son existence physique (matérielle) n’était pas l’objectif ultime ; elle servait plutôt de moyen pour atteindre un but plus élevé.
Un tel individu s’apparente à quelqu’un qui sort (patour - sortir) d’une pièce pour entrer dans une autre.

En revanche, le terme "mita" s’applique à tout être vivant, y compris les animaux. Mita marque la fin de la vie et n’implique rien d’autre que cela.
Même les réchaïm subissent ce qu’on appelle la mita, tandis que le terme pétira est réservé aux justes.
[rav yéhochoua Alt]

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-> Le Guécher ha'Haïm (1:5:1:1) écrit que quiconque s’occupe d’un cadavre doit savoir qu’il a affaire à un objet sacré : le corps d’une personne n’est pas simplement un réceptacle de sainteté qui a servi l’âme sainte, mais il est lui-même devenu sacré, à l’instar d’un Séfer Torah (voir Béra'hot 18).
Il ajoute que pendant la vie d’une personne, tant que son âme y réside, le corps est appelé un Séfer Torah vivant. Ainsi, celui qui assiste au moment de la mort d’une personne, c’est comme s’il regardait un Séfer Torah brûler (Moéd Katan 25a).

-> Le mot pour "vie" en lachon Hakodech est " 'haïm", qui est au pluriel.
C’est parce que nous vivons dans deux mondes, puisque les actions que nous accomplissons dans ce monde ont une incidence sur l’au-delà.
Lorsqu’une personne quitte ce monde, seules la Torah et les bonnes actions (maasim tovim) l’accompagnent (Pirké Avot 6,9). Cela est évoqué dans le mot mét (orthographié : מת),qui est un acronyme de : maasim tovim et Torah. Ainsi, le mot mét (מת) nous rappelle de vivre pour un but supérieur.

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-> L’une des façons dont le rav Noa'h Weinberg conseillait aux gens de s’identifier à l’âme et non au corps consistait à parler du corps à la troisième personne.
Par exemple, au lieu de dire "J’ai faim", dites "Mon corps a envie de manger". Au lieu de dire "Je suis fatigué", dites "Mon corps a envie de dormir".

Si une personne s’identifie à son corps, la séparation du corps et de l’âme sera difficile. C’est comme une veuve qui a vécu avec son mari pendant cinquante ans et qui va désormais vivre seule.
Cependant, si une personne s’identifie à son âme, alors l’expérience de la mort ne sera pas difficile, car la séparation du corps et de l’âme sera comme changer de vêtements.

Le rav Noa'h Weinberg était un jour assis avec un juif laïc et tentait de le convaincre de venir à Aich Hatorah. Le rav Noach lui a demandé s’il pensait avoir une âme. Après avoir réfléchi à la question pendant quelques minutes, le juif laïc a répondu qu’il avait très probablement une âme.
Le rav Noa'h a rétorqué : "Vous faites une erreur. Vous êtes une âme et vous avez un corps!"

La principale raison pour laquelle nous fautons est que nous ignorons que ce que nous faisons est interdit. Et même si nous sommes conscients qu’il s’agit d’une faute, nous ne réalisons pas le mal spirituel que cette faute va réellement entraîner.
Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 2) écrit que si seulement nous connaissions des dégâts causés par nos fautes, nous verserions suffisamment de larmes pour former un torrent [d'eau].

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+ Fauter = une forme d'idolâtrie :

-> Notre histoire regorge de juifs qui ont préféré mourir plutôt que d'être contraints de servir des idoles.
Le mot hébreu pour "idolâtrie" est avoda zara, ce qui signifie "adorer une entité étrangère". Il n’est pas nécessaire de se prosterner physiquement devant une idole pour que cela soit considéré comme de l’idolâtrie.
Chaque fois que vous faites quelque chose qui va à l’encontre de la volonté d'Hachem, cela est considéré, à un degré moindre, comme une forme d’idolâtrie, car par vos actions, vous démontrez qu’il existe une entité ou une motivation en dehors d'Hachem qui vous guide.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,17 ]

Rendre visite au Temple

-> A l’époque du Temple, nous étions tenus d’effectuer un pèlerinage vers la demeure d'Hachem trois fois par an.
Et à l’ère messianique, lorsque le 3e Temple sera construit, nous nous rendrons au Temple chaque Shabbat et chaque Roch 'Hodech.

Pendant notre exil, alors que nous n’avons pas de Temple, existe-t-il un moyen de vivre l’élévation spirituelle que procure la visite du Temple?
Lorsque nous rendons visite à notre rabbi, notre maître, notre guide spirituel, cela équivaut à avoir visité le Temple.
[rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Shabbath ha'Hodech ]

Si nous ne sommes pas familiarisés avec l'hébreu, nous pouvons prier [nos demandes personnelles] dans la langue avec laquelle nous sommes le plus à l’aise, et Hachem chérit chaque mot que nous prononçons.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,1 ]

Tsitsit & la force du désir spirituel

-> A l’époque du Temple, les tsitsit étaient composés de quatre fils. Trois fils étaient blancs, et le quatrième fil était teint d’une couleur bleutée unique appelée : té'hélet.
Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de fabriquer la teinture pour le té'hélet, et nous avons dû remplacer ce fil par un autre fil blanc.

Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 2,2) écrit que même si nous ne pouvons pas porter les tsitsit comme le faisaient nos ancêtres, nous pouvons être récompensés comme si nous le faisions. Comment cela est-il possible?
Si nous déplorons sincèrement le fait que nos tsitsit soient actuellement incomplets et que nous attendons avec impatience le moment où nous pourrons les porter tels qu’ils devaient être, alors Hachem nous récompensera comme si nous portions le fil té'hélet.

Le fait de donner de l’argent aux pauvres prime sur le fait de donner de l’argent pour construire le Temple.
C'est la raison pour laquelle le roi David n’a pas mérité de construire le premier Temple.
Du vivant du roi David, une terrible famine sévissait sur le pays. Le roi David avait mis de côté une importante somme d’argent pour la construction du Temple, et il n’a pas utilisé suffisamment de ces fonds pour soulager les souffrances des pauvres.
C'est pourquoi l'honneur de construire le Temple ne lui fut pas accordé. Et cet honneur fut conféré à son fils, le roi Salomon.
[rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Shékalim]

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-> Lorsque nous faisons la charité (tsédaka), c’est comme si nous avions apporté un sacrifice au Temple.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach]

Lorsque nous essayons d’atteindre le niveau supérieur en matière de sainteté et de service d'Hachem, nous rencontrons très souvent des obstacles qui semblent insurmontables.
Cependant, nous devons nous rappeler qu’en réalité, ces obstacles ne sont que des illusions. Il existe toujours un moyen de les contourner.
Il nous suffit d’être patients, de rester fidèles à notre volonté et de continuer à chercher le chemin jusqu’à ce que Hachem nous le révèle.

L’erreur des explorateurs (méraglim) fut que, lorsqu’ils virent les géants imposants et les villes fortifiées, ils se découragèrent immédiatement et abandonnèrent, au lieu de poursuivre leur voyage vers la terre d'Israël (le niveau supérieur de sainteté) avec la émouna que Moché pourrait les aider à vaincre leurs ennemis (quelqu'ils soient).
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,46 ]

Le service du Cohen Gadol lors de Yom Kippour nous enseigne comment être un véritable juif.
Le Cohen Gadol accomplissait deux types de services : ceux qui se déroulaient dans le Kodech HaKodachim (saint des Saints) et ceux qui se déroulaient dans la Azara, à l’extérieur du Heikhal.
Les avodot accomplis dans le Kodech HaKodachim symbolisent la pratique de l’étude de la Torah et de la prière que nous accomplissons dans la kédoucha (sainteté) de la synagogue, tandis que les avodot (services) dans l’Azara représentent les activités que nous menons en dehors de la synagogue : manger, travailler, élever nos enfants, ...

Cela nous enseigne qu’il est important pour nous de développer un lien profond avec Hachem dans ces deux aspects de la vie et de ne pas commettre l’erreur de Nadav et Avihou, qui ne se sont pas mariés parce qu’ils pensaient que le but ultime de la vie était simplement de trouver Hachem dans le domaine de la kédoucha, le Kodech HaKodachim, et non dans le monde matériel.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Shabbat 7 ]

Les synagogues

-> Le peuple juif a été choisi par Hachem pour Le servir, se levant tôt chaque matin pour passer du temps dans les synagogues et les baté midrach (lieux d'étude), comme nous le disons dans nos prières : "Quelle chance nous avons, combien notre part est bonne, et combien notre sort est agréable ... nous avons de la chance car nous nous levons tôt", pour nous rendre aux synagogues et aux baté midrach, "et nous y restons jusque tard dans la nuit".

Celui qui aspire constamment à être à la synagogue et au beit midrach, et qui y passe son temps, mérite une part à la fois du Gan Eden inférieur et supérieur, qui sont les synagogues et les baté midrach du monde à Venir.
C'est le mesure pour mesure : dans ce monde, celui qui a vécu principalement dans les synagogues et les baté midrach ; par conséquent, il méritera de résider dans les synagogues et les baté midrach de le monde à Venir.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayé'hi 49,13]

Payer en réincarnation nos fautes actuelles envers autrui

-> Selon le 'Hafets 'Haïm (al haTorah - Haazinou 32,4) :
"Nous savons que les transgressions de l'homme vis-à-vis de son prochain ne sont pas expiées, même le jour de Yom Kippour, à moins d'avoir apaisé son prochain. [guémara Yoma 85b]
Ainsi, lorsqu'une personne a créé un dommage à son prochain en le maltraitant, par des paroles ou par des coups, et n'a pas demandé pardon pour cela, étant donné qu'il n'a pas effectué de réparation, il devra revenir dans le monde ici-bas, en réincarnation, afin de consoler son prochain envers qui il a fauté.
Lorsque l'homme arrive dans les mondes supérieurs et qu'il apprend la punition qui a été décrétée de redescendre à nouveau dans ce monde, une fois de plus, il se met immédiatement à pleurer et pousse des cris amers pour la faute qu'il a commise.
Il implore alors le Maître de l'univers, quant à sa première réincarnation : s'il était riche, il dira : "Le riche répond avec effronterie" (Michlé 18,23), puis déclare : si j'avais été crée, dès la première fois, pauvre, je n'aurais jamais été effronté de cette manière. Il supplie donc le Créateur de ne pas le renvoyer de nouveau dans ce monde-ci.
Lorsqu'il constate que le verdict du Jugement céleste est irrévocable et qu'il doit revenir à nouveau en réincarnation dans le monde, il supplie de pouvoir, cette fois-ci, être créé pauvre ou bien de naître avec un défaut, comme par exemple de naitre sans main, afin qu'il ne puisse plus frapper personne et ne plus s'enorgueillir.
Cependant, les accusateurs objectent et s'opposent à cette requête en affirmant que ceci ne saurait constituer un repentir digne de ce nom. Au contraire, ils souhaitent qu'il revienne de nouveau dans ce monde en étant riche, avec ses deux mains.
Ce n'est qu'au terme de nombreuses prières et de nombreuses supplications, avec l'appui et le soutien de ceux qui le défendent, qu'il pourra avoir le mérite que le Tribunal céleste accède à sa demande et le crée avec un défaut.
Ainsi, certains hommes se plaignent d'avoir hérité ici-bas d'une destinée difficile ou de défauts corporels, en ayant complètement oublié que c'est, en réalité, au prix de grandes difficultés qu'ils ont pu être créés avec des défauts afin qu'ils ne soient plus en mesure de recommencer a nuire a leurs prochains. "

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[la nature humaine fait que nous aimons avoir le dernier mot, ressortir supérieur dans notre confrontation avec autrui (notre honneur, notre égo, devant être défendu à tout prix), mais si nous savions le prix à payer pour cela, plutôt que de suivre la volonté d'Hachem, où l'on doit rechercher la paix avec autrui. ]