Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Dont son nom était Mordé'haï" (Esther 2,5).

-> La guémara (Méguila 15a) affirme que le prophète Mala'hi était en réalité Mordé'haï.
Il était appelé Mala'hi (qui signifie littéralement "mon ange") parce qu'il était le vice-roi d'Achashveirosh (comme indiqué dans Esther 10,3).
Le Maharcha explique que, puisque Mordé'haï était vice-roi, il était aussi important qu'un ange (mala'h), et c'est pourquoi il était appelé Mala'hi.

Le rav 'Haïm Kanievsky propose une autre explication : le mot mala'h (ange) signifie littéralement
"messager" (comme dans Béréchit 32,4 : "vayichla'h Yaakov méla'him" - voir Onkelos).
Le vice-roi du roi est essentiellement son messager, qui transmet et exécute les ordres du roi.
Comme Mordé'haï était vice-roi, il était appelé Mala'hi, un terme qui désigne un messager.

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-> Selon le midrach (Esther raba 7,18) rapporte que lorsque Haman a publié son décret contre les juifs, Eliyahou HaNavi, dans le ciel, a informé Moché Rabbénou de ce décret. Moché a demandé à Eliyahou : "Y a-t-il une personne digne dans cette génération?" Eliyahou a répondu : "Oui, son nom est Mordé'haï."
"Dis-lui, a dit Moché, qu'il doit prier là-bas et que je prierai ici ; ensemble, nous pourrons demander la miséricorde de Hachem."
D'après le rav 'Haïm Kanievsky, il ressort de ce midrach que Mordé'haï était le seul juif vivant capable de prier efficacement pour annuler le décret d'Haman. C'est pourquoi il était considéré comme celui dont les prières étaient entendues par Hachem (ben chim'i [de chama par Hachem] - méguila 12b).

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+ Après la défaite d'Haman : "Les juifs avaient la lumière" (laYéhoudim ayéta ora - Esther 16b).

-> La guémara (Méguila 16b) précise que la lumière fait référence à la Torah.
Rachi explique qu'Haman avait interdit aux juifs d'étudier la Torah ; après sa chute, les juifs retrouvèrent la lumière de la Torah.

Le rav 'Haïm Kanievsky explique que c'est pour cela que Mordé'haï est le fils de Yaïr (ben Yaïr, ben chim'i - Esther 2,5) "illumina les yeux" du peuple juif (é'ir - illumina - Méguila 12b) : grâce à ses efforts, ils retrouvèrent la "lumière" éclatante de la Torah qu'Haman avait cherché à supprimer.

Etre ivre à Pourim

+ Etre ivre à Pourim :

-> La guémara (Méguila 7b) dit : "À Pourim, une personne est obligée de boire jusqu'à ne plus faire la différence entre "Béni soit Mordé'hai" et "Maudit soit Haman"." [ad délo yada]

Du point de vue halakhique, certains disent que nous sommes obligés de boire du vin jusqu'à l'ivresse. D'autres disent que l'obligation est de boire plus que d'habitude, puis de faire une sieste afin de perdre conscience pendant le sommeil. [Choulkhan Aroukh OC 695,2 ; Rama ad loc. ]

La caractéristique la plus importante de l'être humain, celle qui nous permet de faire des choix moraux, est notre "daat", notre discernement, notreconscience mûre, rationnelle et consciente. Tous nos efforts et toutes nos aspirations visent à acquérir toujours plus de daat.
Alors pourquoi sommes-nous obligés d'atteindre un état de "lo yada", d'ignorance, de perte de daat à Pourim?

La séfira la plus élevée est Kéter (une séfira est un attribut ou une émanation par laquelle Hachem interagit avec le monde). La réalité de cette séfira est si élevée qu'elle appartient au futur, au olam aba (monde à Venir), au yom shékoulo shabbath. Par conséquent, lorsqu'elle fait irruption dans notre monde, nous ne pouvons tout simplement pas l'absorber.

Il y a une limite à ce que nous pouvons supporter (ex: en raison de lien actuellement avec la matérialité, le physique étant limité), certains degrés de sensation sont tout simplement trop forts. Mais nous avons besoin du Kéter (cette émanation divine la plus puissante) pour nous sauver à Pourim.
[alors que le Kéter est là par moment à Kippour, il est présent toute la journée de Pourim. ]
Que fait donc le médecin lorsque le patient a besoin d'un traitement trop douloureux pour lui? Il l'endort.

C'est pourquoi nous renonçons à notre daat à Pourim. Nous savons que la conscience rationnelle et consciente empêchera simplement les lumières de Pourim de faire ce qu'elles doivent faire.
Nous abandonnons notre esprit à Hachem afin qu'Il puisse faire briller à travers nous les lumières les plus élevées et les plus puissantes de la réalité du Kéter, irradier nos âmes de ses rayons guérisseurs et nous guérir au plus profond de notre être.

Des choses amusantes se produisent lorsque Kéter touche le sol à Pourim.
Nous ne pouvons tolérer le goût de ce remède intense, il est donc masqué par des arômes sucrés. Le saint des saints de Kéter est recouvert de clowneries, de bruit et de chaos qui rendent tout le monde (même les soi-disant "sobres", comme nos rabbanim, nos anges vivant dans ce monde) ivre en ce jour.
Les petits enfants, tous dissimulés sous leurs costumes, sont ceux qui nous disent ce qu'est Pourim : une fête où tout le monde se déguise.

[c'est pourquoi les miracles de Pourim sont cachés dans la nature et pourquoi le nom d'Hachem est absent de la méguila. La racine d'où vient Pourim ne peut être "révélée" à notre époque, que lorsqu'elle est "dissimulée".
Le Maharal (Ohr 'Hadach - Hakdama) explique de manière similaire que les miracles provenant d'au-delà de ce monde doivent être cachés, tout comme tout ce qui est d'une grande sainteté. ]

En fait, Pourim ne peut tout simplement pas se manifester là où il y a une révélation d'Hachem. C'est pourquoi il n'y a pas un Pourim identique à Jérusalem, lieu où la Chékhina est davantage dévoilée, mais uniquement un Shoushan Pourim.
Ce n'est que dans la dissimulation que nous pouvons avoir pleinement Pourim.

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-> Le rabbi Naftali Katz d'Amsterdam dit : "A Pourim, ce que nous accomplissons habituellement par des prières larmoyantes, nous l'accomplissons à Pourim par des festins et des danses". [voir le Divré Shmouël]

-> Le 'Hidouché HaRim (Sifté Tsadik - Pourim 53) explique ainsi : une personne a accompli un acte très noble et a reçu le pouvoir de voir toutes ses bénédictions se réaliser. Cependant, on ne pouvait lui faire confiance avec ce pouvoir, car il aurait béni tout le monde pour tout. C'est pourquoi Hachem l'a rendu ivre.
De même, nous avons un pouvoir de prière énorme à Pourim (étant dans la réalité élevée du Kéter). C'est pourquoi nous sommes rendus ivres.

En réponse, un 'hassid demanda : "Rabbi, peut-être ne devrions-nous pas boire?"
Il lui répondit : "Si vous ne vous enivrez pas, ce ne sera pas Pourim pour vous".
Pourim est tout simplement trop grand pour que nous puissions l'absorber de manière consciente et responsable (notre état en ne buvant pas).
[l'alcool ne doit pas être utilisé pour lâcher prise animalement, mais plutôt spirituellement. On endort notre aspect animal, pour laisser la main à l'incroyable puissance divine de ce jour, de pouvoir nous impacter le plus possible. ]

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-> A Pourim, un objectif est de tendre vers un état où l'on est ivre. Or en temps normal, il n'y a rien de plus dégoûtant, de plus méprisant pour nos Sages que la personne qui se noie dans le vomi de son ivresse.
Quel est le sens de se représenter à Pourim dans un tel état?

Nous symbolisons le type de juif pour lequel Pourim a été créé : les plus bas (spirituellement parlant), ceux qui n'ont aucun mérite pour se présenter devant leur Créateur, qui ne peuvent tirer leur encouragement que du domaine de Kéter où se révèle la yé'hida.
[même un juif qui fait les pires choses garde intact (pure) en lui cette partie d'âme. Puisqu'il y a toujours en nous une part de divinité (prenant racine dans la plus haute sphère céleste, dans le kéter, ce qui n'est pas le cas pour les anges, les non juifs), on peut toujours reconstruire, on est toujours aimé et important auprès d'Hachem.
Selon nos Sages, il y a certes une diminution du niveau spirituel après chaque génération, mais il y a une augmentation de la 'taille' de la yé'hida en nous. L'idée est que plus nous sommes faibles, plus nous sommes dans un monde obscur spirituellement, alors le plus Hachem se doit d'être toujours à nos côtés pour notre bien.
Ainsi dans l'histoire, il n'y a jamais eu au sein de tout juif autant de divinité (âme) qui reste pure quoiqu'on puisse faire.
Pourim est un jour où l'influence de la séfira la plus élevée (kéter) est constamment là ; nous prenons du vin pour anesthésier et laisser ressortir cette yé'hida (la racine, le niveau le plus élevé des 5 niveaux de l'âme juive).
(Dans le monde de Kéterse trouve également la yé'hida, la racine insondable de l'âme juive où nous sommes fusionnés dans un lien avec notre Créateur.)
Alors qu'en temps normal nous semblons être une personne ordinaire, simple (voir remplie de fautes), à Pourim nous réalisons que cela est un déguisement que nous vend notre yétser ara, car en réalité tout juif est une partie d'Hachem (restant toujours pure). Nous sommes sublimes, brillants, et si magnifiques aux yeux d'Hachem. ]

Plus un tsadik est grand, plus il est sensible à la lumière, à la joie et au plaisir du Shabbat. Plus le niveau spirituel d'une personne est élevé, plus elle tire profit de Pessa'h, de Shavouot et de Souccot. Mais les personnes vertueuses tirent très peu de profit de Pourim.
Pour Pourim, il faut être bas, abattu et brisé. Plus nous nous sentez rejeté, expulsé et éloigné de la sainteté, plus nous profitons de Pourim. Moins nous nous sentons digne, plus nous ressentons profondément l'amour inconditionnel de Hachem.

A Pourim, nous découvrons une autre dimension du "vé'nahafo'h hou" (et cela s’est inversé ; le contraire s'est produit) : plus un juif semble petit, plus il devient grand à Pourim.
Pourim consiste à atteindre un point où tout se confond. Nous ne pouvons plus discerner la différence entre Mordé'haï et Haman, notre daat a disparu. C'est alors, nous accédons enfin au yé'hida, le point central de notre âme où rien de ce que nous faisons ou sommes ne fait de différence ; nous sommes simplement les enfants bien-aimés d'Hachem.
[c'est comme si on enlevait tous nos déguisements/masques de l'année, qu'on se mettait à nu en remontant à la source première d'un juif : c'est un enfant adoré de papa Hachem, dont son âme provient de la réalité la plus élevée, la plus intime de la divinité. ]

-> La valeur numérique : "Arour Haman" (ארור המן) est de 502, soit la même que : "Barou'h Mordé'haï" (ברוך מרדכי).
Dans un sens plus profond est que ces 2 expressions symbolisent que même si un juif est tombé si bas qu'extérieurement personne ne peut faire la différence entre lui et Haman, au cœur de la yé'hida, on peut dire qu'un juif est un juif.

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-> "Quelle grande nation a un D. qui lui est proche, comme l'est Hachem, notre D., chaque fois que nous l'invoquons?" (Vaét'hanan 4,7)
De même : "Hachem est proche de tous ceux qui L'appellent avec sincérité" (Téhilim 145,18).
[d'une certaine façon, en ce jour où l'on est dans la réalité la plus élevée (Kéter), où notre âme est davantage épanouie, le fait d'être ivre peut faire tomber le masque de tout ce qui normalement nous inhibe, nous empêche de vider notre intériorité à Hachem.
On se rend compte que le juif qui est plutôt "Arour Haman" comme celui qui est plutôt "Barou'h Mordé'haï", les deux sont autant écoutés et proches d'Hachem lorsqu'ils L'invoquent avec une total sincérité. ]

-> A Pourim, nous ne nous réjouissons pas de notre Torah, de notre prière ou de notre tsédaka. Nous ne tirons pas de satisfaction de nos accomplissements spirituels.
Aveuglés par la lumière de la grandeur de nos propres âmes (qui se dévoilent en ce jour), nous exultons : "Nous sommes juifs!"
Le grand secret révélé par le vin de Pourim est la bonté infinie de l'âme juive.
[par exemple, extérieurement on a un habit qui est identique à un non juif (ex: une bouche, des yeux), mais à l'intérieur nous avons une âme qui provient d'une racine beaucoup plus élevée (du sommet, de la couronne des séfirot), faisant que nous avons des capacités et un impact dans les mondes Supérieurs énorme à chaque seconde.
Nous nous réjouissons de la grandeur, de l'honneur d'être juif, et le vin facilite cet aspect festif, tout en endormant la responsabilité qui va avec, le stress d'être à la hauteur dans notre comportement.
A Pourim, dans le "Chochanat Yaakov", nous louons : "Mordé'haï haYéhoudi" (Mordé'haï le juif).
Le rabbi de Klausenbourg (dans son Shéfa 'Haïm) dit : 'haYéhoudi = "considérez le fait que Mordé'haï ne reçoit pas le titre de nassi, gaon ou tsadik, mais simplement celui de juif ; car c'est le titre le plus grand et le plus important de tous".

En effet, la plus grande louange pour un être humain est d'être juif(ve).
En ce sens, selon rabbi Na'hman de Breslev : "si un juif savait ce que c'est ["simplement" le fait] d'être juif, il serait joyeux et il danserait [non-stop sur ce que cela implique] jusqu'à ses 120 ans (im yéhoudi aya yodéa ...)".
(si nous avions réellement conscience de ce qu'implique le fait d'être juif, nous aurions besoin de nos 120 ans de vie, pour fêter cela, tellement c'est un cadeau énorme! )
Le Zohar dit que la plus grande joie est celle de savoir que nous sommes juifs. ]

-> A partir de cet état d'ivresse, nous pouvons nous réconcilier avec Hachem. Comme l'ont expliqué les Rabbanim de Slonim : imaginez quelqu'un qui a fait du tort à son meilleur ami, créant un fossé dans leur relation, mais qui se sent mal à l'aise de lui présenter ses excuses.
Il boit donc, relâchant ses inhibitions, et peut alors s'étreindre en pleurant : "Oh, comme je t'aime! Je suis tellement désolé! Soyons à nouveau les meilleurs amis!"
Le passé est le passé. Nous repartons à zéro à partir d'aujourd'hui. À Pourim, nous nous "réconcilions" avec notre Créateur.

[d'après le rav Moché Wolfson ]

Les juifs de Shoushan qui n’ont pas participé au festin

+ Les juifs de Shoushan qui n'ont pas participé au festin :

-> Le midrach (Esther raba 7,13) affirme que 18 500 juifs ont assisté au festin d'A'hachvéroch [destinés aux habitants de la capitale du royaume Shoushan].

-> Le rav 'Haïm Kanievsky dit :
Tous les juifs de Shoushan ne sont pas venus au festin.
Mordé'haï a conseillé aux juifs de ne pas y assister, et certains juifs l'ont écouté (voir midrach Esther raba 7,13). Combien ont écouté Mordé'haï?
La Méguila (Esther 9,6) indique que pendant la bataille du 13 Adar, les juifs de Shushan ont tué 500 personnes.
Le Targoum indique que ces 500 personnes étaient des Amalécites. On peut supposer que ce sont les juifs qui n'avaient pas assisté au festin qui ont eu l'occasion de tuer ces 500 Amalécites.
[étant donné que c'est parce qu'ils avaient assisté au festin d'A'hachvéroch qu'Haman avait été autorisé à promulguer son décret, comme l'indique la guémara (Méguila 12a), il est probable que les juifs qui avaient assisté au festin n'aient pas eu l'occasion d'être en première ligne pour tuer les Amalécites. ]

Alors, combien de juifs ont tué les 500 Amalécites?
La Torah nous commande d' "effacer" la mémoire d'Amalek. Il y a une autre mitsva à propos de laquelle il nous est ordonné d' "effacer" quelque chose, à savoir le commandement d'effacer le rouleau écrit pour la Sotah (femme infidèle ; voir Bamidbar chap.5).
Concernant cette mitsva, Yérouchalmi (Sotah 3:3) déclare que pour accomplir la mitsva d' "effacer" le rouleau, deux lettres doivent être effacées. Cela indique qu'effacer moins de deux éléments n'est pas considéré comme "effacer".
Si tel est le cas, afin d'accomplir la mitsva d' "effacer" Amalek, une personne doit "effacer" deux Amalécites. Nous pouvons donc en conclure que les 500 Amalécites ont été tués par un groupe de 250 juifs, chaque juif tuant deux Amalécites afin d'accomplir la mitsva d'effacer Amalek.

Nous pouvons donc en déduire que 250 juifs de Shoushan n'ont pas assisté au festin d'A'hachvéroch.
Shoushan comptait 18 750 juifs.

Michté véSim’ha

+ Michté véSim'ha (par le rav Wolfson) :

-> Le rabbi de Kamarna révèle un fait qu'il avait reçu en secret des tsadikim : lors du repas (séouda) de Pourim, même un simple juif peut s'élever de plus en plus haut jusqu'à la chambre de n'importe quel tsadik du Gan Eden dans laquelle il souhaite entrer.
"J'ai révélé ce secret", explique le rabbi de Kamarna, "par amour pour les juifs".

-> Alors que nous mangeons en compagnie de Mordé'haï et Esther, le cœur dans la chambre d'un tsadik auquel nous sommes connectés, notre objectif n'est pas de nous assurer d'obtenir une part de chaque type de viande qui sont sur la table, mais plutôt d'absorber les lumières de Pourim.
Durant tout Pourim, les lumières de la méguila, les matanot la'evyonim, les michloa'h manot, l'amour inconditionnel d'Hachem, notre acceptation renouvelée de la Torah, [toutes ses lumières spirituelles] se déverse dans la séouda de Pourim.

Chaque Yom Tov est lié à l'alimentation et a son propre type de nourriture. À Pessa'h, il a une mitsva de manger de la matsa ; à Shavouot, il existe une coutume de manger des mets laitiers ; nous mangeons dans la soucca à Souccot ; à Hanoucca, nous mangeons des beignets ; et à Pourim, nous consommons des oreilles d'Haman.
Manger fait partie de chaque jour élevé [du judaïsme], car c'est en ingérant de la nourriture matérielle que nous sommes capables d'absorber la lumière et la signification du Yom Tov, non seulement spirituellement, intellectuellement et émotionnellement, mais aussi physiquement.

L'ère du machia'h sera également inaugurée par une séouda.
Hachem a préparé la viande, le poisson et le vin de cette séouda pendant les six jours de la création.
Le vin de la séouda du machia'h est appelé : "yayin améchoumar ba'anavav", un vin conservé dans ses raisins. Il nous ouvrira à la conscience de cette ère nouvelle et exaltée.
[yayin méchoumar (יין המשומר) a la même guématria que Esther (אסתר), soit 661.]

Le vin bu pendant la fête de Pourim provient du vin du machia'h.
Un etrog, qui n'est qu'un agrume ordinaire valant quelques centimes, peut se vendre à des centaines d'euros (shekels) avant Souccot. Les noms d'Hachem, qui sont les halakhot de la mitsva, confèrent à l'etrog une valeur infinie.
De même, le vin ordinaire prend une valeur énorme à Pourim, car il est imprégné des lumières élevées de l'époque du machia'h.
[de même que durant toute l'année (hors souccot) un étrog n'a pas d'impact, de même un vin ordinaire a un pouvoir et un impact énorme à Pourim. ]

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-> Le michté, le festin qu'on accompagne avec du vin, occupe une place importante dans la fête de Pourim, car il a joué un rôle majeur dans la méguila. Du somptueux michté d'A'hachvéroch et Vachti, au michté qui a suivi le couronnement d'Esther, en passant par les deux michté qu'Esther a organisés pour A'hachvéroch et Haman, et les michté que les juifs ont célébrés après avoir reçu les lettres de Mordé'hai les informant de leur droit à l'autodéfense, chaque yéchoua (délivrance) est lié à son michté.

Par le michté de Pourim, nous puisons dans les michté du salut de la méguila. Tout comme lors des deux michté d'Esther, lorsque : "Le roi dit : Quelle est ta demande, et elle te sera accordée" (Esther 2,18).
Hachem se tourne vers chaque juif lors de la séouda de Pourim, et offre à chacun d'eux de répondre à ses demandes.

La présence de Mordé'haï et Esther ouvre les sphères célestes les plus élevées, appelées 'rav 'hessed" (bonté abondante).
En ce grand jour de Pourim, Hachem nous offre de répondre à nos demandes avec une "bonté abondante" ; il suffit de Lui demander.

[ ce rav 'hessed provient des sphères du Kéter (la séfira la plus élevée), où les 13 Attributs de miséricordes proviennent.
Ce type de 'hessed est beaucoup plus élevé que la séfira de 'hessed qui est l'opposé de la guéouva. ]

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+ La coutume de le finir dans la soirée :

-> Alors que selon la halakha, la séouda de Pourim devrait, pour l'essentiel, être consommée le jour même de Pourim, beaucoup ont pour coutume de se laver les mains juste avant le coucher du soleil et de poursuivre la séouda tard dans la nuit.

Ce faisant, les juifs se connectent à leur désir et à leur amour les plus profonds : Jérusalem. Car alors que Pourim s'achève partout dans le monde, il ne fait que commencer à Jérusalem, où Shoushan Pourim est célébré le 15 Adar. Et les juifs veulent faire la fête avec Jérusalem. Car qu'est-ce qui a déclenché l'histoire de Pourim et la menace d'anéantissement d'Haman?
Les juifs qui se sont joints à le festin d'A'hachvéroch pour célébrer que Jérusalem ne serait plus reconstruite (pour lui les 70 ans amenant à sa reconstruction étaient passés).
En faisant coïncider notre séouda avec le Pourim de Jérusalem, nous affirmons fermement : "Si j'oublie
Jérusalem, que ma main droite oublie [son habileté]" (Téhilim 137,5).
[d'une certaine façon, de même qu'on a pu fauté en participant au festin fêtant la non reconstruction du Temple (et donc renforcer notre désespoir de le voir reconstruit), de même à Pourim, nous fêtons notre certitude, notre émouna totale, notre impatience, que le Temple soit reconstruit au plus vite. ]

-> Tout comme les portes de la miséricorde restent ouvertes à Yom Kippour pour ceux qui prient encore la Né'ila après la tombée de la nuit, les chambres de Pourim [au ciel] restent ouvertes alors que nous nous réjouissons des derniers moments de notre séouda de Pourim.
Tant que c'est encore Pourim, nous pouvons nous connecter, prier pour des délivrances et supplier Hachem de reconstruire Jérusalem.

[rav Moché Wolfson]

Pourim & la changement de la nature du mois d’Adar

+ Pourim & la changement de la nature du mois d'Adar :

"Et le mois qui avait été transformé pour eux d'un mois de tristesse en un mois de joie" (Esther 9,22).

=> Quelle est la signification du fait que le mois d'Adar ait été transformé pour les juifs d'un mois de tristesse en un mois de joie? En quoi ce mois est-il significatif?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique qu'en réalité le principal salut qui s'est produit à l'époque de Pourim est que le mazal, le destin déterminé par les signes célestes, a été transformé pour les juifs.
Le mois d'Adar était en fait une période de mauvais mazal pour le peuple juif, comme l'indiquaient les sorts tirés par Haman. (Sanhédrin 102a, qui explique qu'il y a des moments plus propices que d'autres aux catastrophes.)

Cependant, Hachem a transformé la nature même du mois.
La nature du mois d'Adar a été tellement modifiée qu'il est dit que si un juif a un procès contre un non-juif, il doit le programmer pendant le mois d'Adar, car Adar est une période de bon mazal pour les juifs (Taanit 29a).
Ce fut le miracle principal de Pourim : le changement de la nature du mois.
Comme le dit la Agadat Esther (9,1) : "Venez voir comment ce jour, dont tous les sorciers et les astrologues avaient convenu que les juifs n'avaient aucun espoir de s'en sortir, ce jour même s'est transformé en un jour de salut pour les juifs, un jour où ils ont vaincu leurs ennemis".

C'est pour cette raison que la fête s'appelle "Pourim", du mot pour (tirage au sort), comme indiqué dans le verset (9,26). À première vue, ce choix de nom semble étrange ; pourquoi le tirage au sort est-il si important?
La réponse est que le miracle principal de Pourim fut que ce jour et ce mois, que les sorts d'Haman avaient prédit comme une période de mauvais mazal pour le peuple juif, se transformèrent en une période de bon mazal.

Vin de Pourim & mort de Rav Zéra

+ Vin de Pourim & mort de Rav Zéra :

-> Le guémara (Méguila 7b) rapporte :
Les Amoraïn Rabba et Rav Zéra ont mangé ensemble la Séouda de Pourim. Ils se sont enivrés, et Rabbah a tué Rav Zéra. Le lendemain, lorsque Rabba a retrouvé ses esprits, il a réalisé ce qu'il avait fait ; il a prié Hachem, et Rav Zéra a été ressuscité. L'année suivante, Rabba invita à nouveau Rav Zéra à se joindre à lui pour le repas de Pourim. Rav Zéra refusa, disant : "Un miracle ne se produit pas à chaque fois!"

-> Les commentateurs proposent de nombreuses explications à cette guémara. b'h, voir : 2°/ Meurtre mystérieux : https://todahm.com/2023/04/13/boire-du-vin-a-pourim-le-saviez-vous

-> Le rav 'Haïm Knaievsky propose une explication donnée par son père, le Steïpler :
Rabbah et Rav Zéra avaient des approches différentes de leur service d'Hachem.
Rabba était de nature très joyeuse (voir, par exemple, Shabbat 30b, qui indique que Rabba : "avant de commencer à enseigner la halakha aux Sages, il lançait une plaisanterie, ce qui les faisait applaudir. Ensuite, il s'asseyait dans la crainte et commença son enseignement").
Rav Zéra avait un caractère plus sombre : il jeûnait tous les vendredis en signe de deuil pour le Temple qui avait été détruit, et il jeûnait à de nombreuses reprises pour être épargné du châtiment dans le Guéhinam (voir Baba Métsia 85a ; Yérouchalmi - Taanit 2,12).

Or, lorsqu'une personne est ivre, ses traits de caractère intrinsèques sont souvent amplifiés. Ainsi, lorsque Rabba s'enivrait, il devenait encore plus joyeux. En revanche, Rav Zéra devenait plus morose (triste) et se mettait à pleurer.
Rabba se tourna alors vers Rav Zéra et lui dit : "Tu pleures maintenant, le jour de Pourim!" En signe de protestation, Rabba égorgea Rav Zéra.

Le rav 'Haïm Kanievsky ajoute avec légèreté : "Souvent, on voit des talmidé 'hakhamim ivres se mettre à pleurer sur leurs fautes. Si Rabba était là, il les tuerait! Selon lui, Pourim est un moment réservé à la joie!"

La forme des Tables de la Loi

-> De nombreuses personnes argumentent que les Tables de la loi (Lou'hot) avaient une forme carrée. Toutefois, depuis plusieurs siècles, nous pouvons constater que les Tables de la loi qui sont représentées dans les différentes synagogues présentent une partie carrée à leur base en bas tandis qu'elles sont arrondies sur le dessus.

Sur ce point, le rav Moutsafi rapporte une source qu'il a trouvée dans les paroles de Rabbi Moché Cordovéro qui a écrit que les Tables de la loi étaient conçues de lumière spirituelle qui descendait depuis les hauteurs des mondes supérieurs, ressemblant à deux gouttes d'eau de grande taille sur lesquelles étaient inscrites les 10 Paroles divines.
Lorsque Moché Rabbénou est revenu avec les Tables de la loi pour les faire descendre sur terre, elles ont pris une forme carrée depuis le bas, tout comme une goutte d'eau qui aurait été congelée prendrait une forme carrée et saisie en fonction du moule. Par contre, leur forme supérieure est restée intacte, comme dans les cieux, bien qu'elles soient descendues sur terre.
C'est la raison pour laquelle elles ont gardé une forme arrondie, comme une goutte d'eau, tandis qu'elles étaient carrées à leur base inférieure.
Nous apprenons d'ici une source selon laquelle les Tables de la loi étaient bien de forme arrondie au-dessus, tandis qu'elles avaient une forme carrée en dessous.

Les 613 mitsvot

-> Nous avons 248 commandements positifs et 365 commandements négatifs. Les 613 commandements définissent nos vies depuis le moment où nous naissons jusqu’à notre mort.
Pourquoi avons-nous autant de commandements?

Pour répondre à cette question, nous devons d’abord comprendre la relation unique que nous entretenons avec Hachem. Notre lien avec Hachem est comparable à celui d’un soldat qui est toujours en service, même lorsqu’il dort.
Et notre devoir, en tant que soldat fidèle [d'Hachem], est de reconnaître que nous sommes constamment en présence d'Hachem et que nous sommes tenus de lui offrir des dons ; ces dons sont les commandements que nous accomplissons.

En nous donnant tant de commandements, Hachem nous offre des occasions de lui offrir des dons à chaque instant de notre vie.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan ]

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+ Les mitsvot - une question de perspective :

-> Parfois, le parent devra se montrer strict avec son enfant et devra peut-être même le punir pour s’assurer qu’il fasse ce qu’il est censé faire. Lorsqu’il est réprimandé, l’enfant ne perçoit que le fait que son parent le réprimande. Il est incapable de voir la situation dans son ensemble.
Le parent, en revanche, voit au-delà du moment présent et sait à quel point il sera bénéfique pour son enfant d’accomplir cette tâche spécifique. Il se rend compte que le désagrément mineur et temporaire que l’enfant devra endurer sera largement compensé par les bienfaits dont il profitera à la fin.

De même, Hachem, qui voit le grand schéma des choses [dans sa globalité], sait qu’en accomplissant ses commandements, nous en tirerons un grand bénéfice.
Il peut y avoir des moments où nous n’apprécions pas cela, et Hachem n’a d’autre choix que d’être strict avec nous pour s’assurer que nous menions à bien la tâche.
La discipline perçue d'Hachem est en réalité une expression de son amour pour nous, car son désir ultime est de nous récompenser et de nous bénir pour avoir accompli ses commandements.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,1 ]

La tsara’at vient susciter des prières publiques

-> La guémara (Moéd Katan 5a) dit que la raison pour laquelle la personne atteinte de tsara'at doit s’écrier : "Je suis impur, je suis impur" (Tazria 13,45), est de susciter la miséricorde du public afin qu’il prie en sa faveur.

La raison pour laquelle il a besoin que le public prie en sa faveur est précisément qu’il n’a aucun espoir. [au regard de la gravité de tout lachon ara. ]
Ce n’est que grâce à l’intervention du public, dont le pouvoir de la prière peut annuler même les décrets les plus sévères (Roch Hachana 18a), qu’il peut être pardonné.

Ainsi, la tsara'at est en réalité une affliction (provenant du lachon ara - Arakhin 16a) qui conduit à son expiation, mais pas en raison de la souffrance causée par la maladie.
C’est plutôt parce que les gens savent désormais qu’il a besoin de leurs prières et que, grâce aux prières de la foule, il est pardonné.
S’il ne dépendait que de lui seul, il n’aurait en effet aucun espoir.
[Zéra Shimshon]

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[d'une certaine façon, nous avons besoin de l'aide d'autrui, comme pour expier notre attitude de lachon ara, où l'on a dénigrer, mal parler des autres. ]

"Mordé'haï sortit de chez le roi en costume royal, bleu d'azur et blanc, avec une grande couronne d'or (atéret zahav guédola)" (Esther 8,15)

-> Le rav 'Haïm Kanievsky dit que si Haman avait mentionné une "kéter malkhout" (couronne royale), alors cela ferait référence à la couronne personnelle d'A'hachvéroch.
Mais on a ici "atéret zahav", impliquant que Mordé'haï portait une couronne à caractère décoratif, plutôt qu'un symbole de pouvoir (ici le rav Kanievsky fait référence à Sotah 49b, qui traite d'autres types de couronnes qui ne sont pas de nature royale).

-> Le Targoum affirme que la couronne d'or portée par Mordé'haï fait référence à ses téfilin, qui étaient en or.
Le rav Kanievsky note que la halakha interdit le port de tefillin en or (Méguilah 24b) ; ainsi, le Targoum doit signifier que Mordé'haï plaçait ses tefillin ordinaires, en cuir, dans un réceptacle en or.

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+ "Et il habilla Mordé'haï" (Esther 6,11).

-> Lorsque Haman apporta à Mordé'haï les vêtements royaux, Mordé'haï protesta en disant qu'il était faible et sale à cause du jeûne et du fait qu'il portait un sac et de la cendre.
Comme tous les salons de coiffure et les bains publics de Shoushan avaient été fermés en l'honneur du défilé de Mordé'haï, Haman fut contraint de laver Mordé'haï et de lui couper les cheveux (Méguila 16a).

Cependant, Rachi (Méguila 16a) indique que le défilé de Mordé'haï eut lieu le 16 Nissan, le 2e jour de Pessa'h, qui est un jour de fête dans la diaspora.
Comment Mordé'haï a-t-il pu se faire couper les cheveux un jour de fête?

Le rav 'Haïm Kanievsky répond que, puisque Mordé'haï s'est fait couper les cheveux par un non-juif (Haman), il ne s'agissait que d'une restriction rabbinique.
Par respect pour le roi, une restriction rabbinique est levée le deuxième jour de Yom Tov. Comme il aurait été honteux de porter des vêtements royaux alors qu'il était sale et négligé, Mordé'haï a été autorisé à se faire couper les cheveux.

Le rav 'Haïm Kanievsky explique un verset de la Torah de la même manière.
La Torah indique que lorsque Yossef fut sorti de prison et amené devant Pharaon, il se rasa et changea de vêtements (Mikets 41,15). Cependant, les Sages (Roch Hachana 10b) enseignent que Yossef fut libéré de prison le jour de Roch Hachana. Comment aurait-il pu se raser?
Le midrach (Sechel Tov) dit que c'est le chef des échansons, qui était responsable de la libération de Yossef, qui l'a rasé. Comme c'était un non-juif qui l'avait rasé, il ne s'agissait que d'une restriction rabbinique, qui a été levée par respect pour le roi, car il aurait été inexcusable que Yossef se présente devant Pharaon sans être soigné.

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-> "La rose de Yaakov (shoshanat Yaakov) était joyeuse et heureuse lorsqu'ils virent ensemble Mordé'haï vêtu d'un habit bleu royal (té'hélét)" (chant de shoshanat Yaakov)

-> Le sens littéral de cette phrase est que les juifs se réjouirent lorsqu'ils virent Mordé'haï vêtu de l'habit royal.
Le rav 'Haïm Kanievsky suggère une autre interprétation. Le mot "té'hélet [Mordé'haï]" fait référence au té'hé'let, le fil bleu royal du tsitsit.
Avant d'enfiler les vêtements royaux d'A'hachvéroch, Mordé'haï prit soin d'y ajouter des tsitsit. Lorsque les juifs virent Haman faire défiler quelqu'un dans les rues, ils ne reconnurent pas tout de suite Mordé'haï dans ses atours royaux. Mais lorsqu'ils virent les tsitsit, ils comprirent que la personne à cheval était Mordé'haï, et ils se réjouirent.
Ainsi, le chant de Shoshanat Yaakov nous dit que les juifs étaient joyeux et heureux lorsqu'ils virent Mordé'haï vêtu de té'hélet ; c'est-à-dire que lorsqu'ils virent les tsitsit sur les robes royales, ils reconnurent Mordé'haï et se réjouirent.

Cependant, le rav Kanievsky ajoute qu'en réalité, il est peu probable que les vêtements d'A'hachvéroch aient nécessité des tsitsit. Seuls les juifs portaient intentionnellement des vêtements à quatre coins afin d'accomplir la mitsva des tsitsit. Les vêtements des non-juifs n'avaient généralement pas quatre coins et ne nécessitaient donc pas de tsitsit.

Alternativement, le rav Kanievsky dit que la phrase "lorsqu'ils virent ensemble Mordé'haï vêtu de té'hélet" peut faire référence à ce qui suit.
Le Tiféret Tsion dit que lorsque Haman réalisa qu'il n'avait d'autre choix que de conduire Mordé'haï à travers la place de la ville, il réfléchit à un moyen de minimiser son embarras. Lorsque Mordé'haï revêtit les habits royaux, Haman enfila les vêtements de Mordé'haï, espérant que les gens qui le voyaient supposeraient que c'était Mordé'haï qui conduisait le cheval (comme le supposa effectivement la fille d'Haman, qui vida un pot de chambre sur sa tête ; Méguila 16a).

Cependant, Haman n'a pas revêtu tous les vêtements de Mordé'haï. Mordé'haï n'avait pas retiré ses tsitsit et Haman ne pouvait donc pas les porter. Les juifs ont donc vu la personne conduisant le cheval revêtue des vêtements de Mordé'haï, mais ils ont réalisé que la personne chevauchant le cheval portait les tsitsit.
Malgré son déguisement, les juifs ont compris qu'Haman conduisait Mordé'haï, et ils se sont donc réjouis : "La rose de Yaakov était joyeuse et heureuse, lorsqu'ils virent ensemble Mordechai vêtu de té'hélet" ; c'est-à-dire que lorsqu'ils virent que Mordechai portait les tsitsit, ils furent heureux.
[c'est l'une des raisons possibles de la coutume de porter des costumes à Pourim : pour rappeler qu'Haman a tenté de se déguiser en Mordé'haï. ]