Aux délices de la Torah

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Venir vivre en Israël = sonner le plus beau shofar du machia’h

+ Venir vivre en Israël = sonner le plus beau shofar du machia'h :

-> A Roch Hachana 1933, le rav Avraham haCohen Kook (Maamaré HaRéiya - vol.1 p.268) a fait le discours suivant dans la synagogue de la 'Hourva à Jérusalem :

"Ce jour-là, un grand shofar retentira, et ceux qui se sont perdus au pays d'Assyrie et ceux qui ont été rejetés au pays d'Égypte viendront se prosterner devant le Seigneur, sur la montagne sainte à Jérusalem" (Yéchayahou 27,13).

"Notre D. et D. de nos pères, sonnez le grand shofar pour notre liberté" (Moussaf pour Roch Hachana - Shofarot).
Le prophète a prophétisé au sujet d'un grand shofar de la rédemption (guéoula), et nous prions spécifiquement pour que le grand shofar retentisse ; car il existe différents niveaux de shofar de rédemption : Il y a un grand shofar, un shofar ordinaire de taille moyenne et un petit shofar.

Le shofar du machia'h est comparé au shofar ordinaire, c'est-à-dire le shofar de Roch Hachana. La loi juive détermine trois niveaux [de cacherout] en ce qui concerne le shofar de Roch Hachana :
1°/ la manière la plus appropriée d'accomplir la mitsva est d'utiliser une corne de bélier (Shoulchan Aroukh - Orakh Chayim 686:1).
2°/ à posteriori (bédi avad), tous les shofars sont casher (ibid.).
3°/ un shofar provenant d'un animal non casher ou d'un animal appartenant à un non-juif qui était vénéré comme un dieu est invalide (passoul). Cependant, si quelqu'un souffle dans un tel shofar, il s'acquitte de son obligation [à posteriori]. De plus, il est permis de souffler dans n'importe quel shofar si l'on ne peut pas se procurer un shofar casher, à condition de ne pas réciter de bénédiction dessus (voir Michna Béroura, ibid.).

Ces catégories halachiques mentionnées en rapport avec le shofar de Roch Hachana correspondent à différents niveaux du shofar de la rédemption (guéoula).

Qu'est-ce que le shofar de la rédemption exactement?
Lorsque nous parlons du "shofar du machia'h", nous faisons référence à un réveil et à une impulsion qui provoquent la renaissance et la rédemption du peuple juif. Ce réveil est la tékia (son du shofar) qui rassemble ceux qui sont perdus et mis à l'écart, les amenant à la Montagne Sainte à Jérusalem.

A différents moments de l'histoire juive, il y a eu un réveil et un désir [de rédemption] qui trouvaient leur origine dans la sainteté. Même aujourd'hui, il existe des groupes et des individus parmi le peuple juif qui ont un tel désir.
[Ce réveil sacré] repose sur une forte croyance en Hachem et en Sa Torah, [sur une compréhension] de la sainteté d'Israël et de sa mission, et sur le désir d'accomplir la volonté de D., qui est la rédemption complète d'Israël.
C'est là le grand et excellent shofar, le désir d'une nation d'être délivrée en raison de sa noble aspiration à accomplir sa grande mission, ce qui ne peut se faire lorsqu'elle [la nation] est exilée et opprimée.
[nous avons beaucoup de désirs de sainteté et nous comprenons qu'ils ne peuvent se matérialiser uniquement en étant en terre d'Israël. Ainsi, ce désir de sainteté est comme un shofar qui nous réveille à aller en Israël, mettant de côté toute considération de notre égo qui nous endort dans le confort, l'habitude de notre nation natale. ]

Cependant, parfois, ce désir sacré se détériore. Il n'y a pas beaucoup d'enthousiasme pour les idées nobles et sacrées. Néanmoins, la nature humaine saine, qui trouve également son origine dans la sainteté, existe toujours (au moins).
Cette nature humaine saine crée au sein de la nation un désir simple et naturel de devenir souveraine sur son territoire, de se lever et d'être libre, de mener une vie simple et libre, comme toutes les autres nations. Ce désir naturel, qui découle de sentiments patriotiques normaux, est le shofar ordinaire, de taille moyenne, que l'on trouve partout.
Celui-ci est également un shofar casher ; et même si le premier type est préférable, "à posteriori, tous les shofars sont casher".

Cependant, il existe également une troisième catégorie de shofar du machia'h, qui correspond également au shofar de Roch Hachana. Il s'agit d'un petit shofar invalide, utilisé sous la contrainte, lorsqu'il n'y a pas de shofar casher à disposition. Si l'enthousiasme sacré, avec son désir noble de rédemption qui en découle, a expiré, et si les sentiments nationalistes humains normaux, le désir de vivre honorablement en tant que nation, ont également expiré, [c'est-à-dire] s'il est impossible de souffler dans un shofar casher pour notre rédemption, nos ennemis viennent et soufflent [le shofar] de la rédemption dans nos oreilles.
Ils nous forcent à entendre le son du shofar. Ils crient et font du bruit dans nos oreilles, nous refusant le repos dans la diaspora.
Le shofar d'un animal impur devient le shofar du machia'h. Amalek, Petliura, Hitler, ... nous réveillent à la rédemption.
Celui qui n'a pas écouté le son du premier shofar, et celui qui n'a pas voulu écouter le son du deuxième shofar ordinaire non plus, parce que ses oreilles étaient fermées, écouteront le son du shofar impur et invalide. Il l'écoutera contre son gré.

Néanmoins, même lui s'acquitte de son obligation. Même [ce type de] nationalisme, celui du bâton, de la persécution des juifs, contient une forme de rédemption.
Cependant, on ne doit pas réciter de bénédiction sur ce type de shofar, [comme le dit la Michna] : "On ne récite pas de bénédiction sur tout ce qui est une sorte de malédiction" (Béra'hot 6:4).

Nous prions pour que Hachem, ne nous oblige pas à écouter le shofar invalide et impur. Nous ne désirons pas non plus le shofar ordinaire, de taille moyenne, presque profane. Nous prions : "Sonnez le grand shofar pour notre liberté", un shofar qui vient du plus profond de la sainteté de l'âme juive, de notre Saint des Saints. Alors, la rédemption (guéoula) sera totale.

Si tous les juifs étaient revenus en Israël, le 2e Temple n’aurait pas été détruit

+ Si tous les juifs étaient revenus en Israël, le 2e Temple n'aurait pas été détruit :

-> La nation d'Hachem a résidé la Terre de D. pendant près de 900 ans, atteignant les sommets de la sainteté avant de sombrer jusqu'à mériter l'exil. Lorsqu'ils ont quitté Sion, ils ont ressenti cette perte : "Sur les rives de Babylone, nous nous sommes assis et nous avons pleuré, en nous souvenant de Sion ... Comment chanterions-nous les cantiques du Seigneur sur une terre étrangère? Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite oublie [son habileté]. Que ma langue s'attache à mon palais, si je ne me souviens pas de toi, si je n'élève pas Jérusalem au-dessus de ma plus grande joie" (Téhilim 137,1-6).

Alors ils pleurèrent (réalisant la différence spirituelle énorme entre résider en Israël ou pas), mais lorsqu'ils arrivèrent en diaspora et s'adaptèrent à la vie babylonienne, ils s'habituèrent rapidement à leur nouvelle existence en exil. En peu de temps, l'amer devint doux et le doux devint amer.
Même après la déclaration de Cyrus (annonçant la construction du 2e Temple) : "Le Seigneur D. du ciel m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Judée. Que tous ceux d'entre vous qui appartiennent à son peuple, que son D. soit avec eux, montent à Jérusalem, en Judée, et construisent la maison du Seigneur D. d'Israël (Ezra 1,2-3), les "endormis" de Babylone ne se sont pas réveillés.
Et les 42 360 juifs qui sont retournés en terre d'Israël (Ezra 2,64) n'étaient pas les plus distingués : "Dix [divisions] généalogiques sont venues de Babylone ... des convertis, des esclaves affranchis, des illégitimes" (Kidouchin 69a).
Rachi explique : "Ezra a mis de côté tous les [juifs] indignes et les a emmenés avec lui", comme le dit Rabbi Elazar : "Ezra n'a pas quitté Babylone avant de l'avoir rendue [aussi pure] que de la farine fine" (Kidouchin 69b).

-> Rabbi Yé'hiel Halperin (Séder HaDorot 3413) écrit :
"Ezra, le prêtre et scribe, monta de Babylone à Jérusalem ... Nos Sages déclarent (dans le dernier chapitre de Kidouchin) que peu de juifs montèrent avec Ezra à Jérusalem ...
Certains disent que de nombreux juifs qui avaient été exilés en Egypte au moment de la destruction du 1er Temple y restèrent jusqu'à ce qu'Alexandre le Grand construise Alexandrie, moment auquel ces juifs s'y installèrent [à Alexandrie] et se multiplièrent. Ceux qui se rendirent dans les terres d'Ammon, de Moav et de Grèce firent de même. Les exilés qui se rendirent en Espagne firent également de même, car ils ne voulaient pas quitter leurs maisons, affirmant que la construction du 2e Temple n'était qu'un souvenir (comme une simple mémoire du 1ere Temple)."

[lorsque nous avons le confort de notre terre de résidence (bien qu'en exil), nous trouvons toutes les excuses les plus louables pour y rester, plutôt que d'envisager d'aller en terre Israël (ce qui est la véritable volonté d'Hachem). ]

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+ Les juifs du Yémen :

-> Le rabbi Shlomo Adeni (1567-1629), érudit du Yémen (enterré à 'Hevron), écrit dans l'introduction de son monumental commentaire sur la michna (Mélé'het Shlomo) :
"J'ai hérité d'une tradition de la maison de mon grand-père paternel, originaire des villes du Yémen, selon laquelle nous avons été exilés [là-bas] depuis le premier exil ... Nous avons également une tradition selon laquelle nous descendons du groupe auquel Ezra a demandé de venir [à Jérusalem] au moment de la construction du 2e Temple.
Ils ont refusé catégoriquement (aller en Israël, préférant rester au Yémen), alors il les a maudits en leur infligeant une pauvreté éternelle.
En raison de nos fautes, [cette malédiction] s'est pleinement réalisée dans notre exil, [sous la forme à la fois] d'une pauvreté dans la Torah et de difficultés financières, en particulier dans ma jeune famille ... L'indigence et la famine nous ont frappés, de sorte que les deux malédictions d'Ezra se sont réalisées à travers nous."

-> Le rav Yaakov Sapir (1822-1885) évoque également l'exil yéménite (dans son Even Sapir - ce livre est un recueil de ses impressions lorsqu'il a voyagé pour récolter des fonds pour la communauté des Pérouchim de Jérusalem (élèves du Gaon de Vilna) en l'année 1858). Il y écrit :
"Ils ont une tradition [au Yémen] selon laquelle leurs ancêtres sont venus vivre dans ce pays 42 ans avant la première destruction [du Temple] ... Lorsque Ezra est monté [en terre d'Israël] depuis Babylone [pour la construction du 2e Temple] et a envoyé des lettres à tous les juifs [les exhortant] à le rejoindre, il a également envoyé [une lettre aux juifs yéménites], mais ils ne sont pas venus ...
Le Grand Cohen, c'est-à-dire Ezra, s'est mis en colère contre eux et les a excommuniés par une interdiction sévère ... Ils n'ont ni paix ni tranquillité."

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+ Les juifs de Perse :

-> Dans son ouvrage Nid'hé Israël (p.128-129), le 2e président d'Israël, Its'hak Ben-Tzvi, rapporte une tradition préservée parmi les juifs perses, selon laquelle Guillard, un village situé à environ 70 kilomètres de la capitale iranienne, Téhéran, serait en réalité une forme déformée du nom hébreu Guil'ad.
Selon cette tradition, le roi d'Assyrie aurait exilé 60 000 juifs de la région de Guil'ad en Israël et les aurait emmenés en Perse, où ils se seraient installés et auraient construit une grande ville, ainsi que de nombreux villages environnants. Pendant de nombreuses générations, ces juifs de Guil'ad ont travaillé dans l'agriculture et ont vécu en sécurité au milieu des montagnes, libérés du joug des nations. Ils inspiraient même la crainte dans le cœur des tribus environnantes.
La tradition se poursuit et raconte comment Ezra et Né'hémia, ont envoyé des messagers à tous les juifs de Perse, leur demandant de retourner en terre d'Israël (au regard de la construction du 2e Temple).
Ezra lui-même s'est rendu dans le Guil'ad perse et a insisté pour que les descendants de ceux qui avaient été exilés du Guil'ad d'origine quittent leurs champs et leurs maisons et rejoignent les autres juifs qui revenaient de la diaspora.
Cependant, les Guil'adites refusèrent de partir, affirmant que la terre d'Israël était ravagé par la guerre, alors qu'ils vivaient en paix et jouissaient de la liberté dans leur nouvelle terre.
Ils affirmaient également qu'ils avaient beaucoup de terres, d'eau et d'air [dans leur nouvelle patrie], alors pourquoi quitteraient-ils leur lieu de vie pour voyager vers une [terre] lointaine ?

Ezra répondit que les bons moments étaient comme une ombre fugace et qu'il prévoyait des temps difficiles. Tout ce qu'ils avaient acquis leur échapperait : leurs biens fondraient comme neige au soleil et ils subiraient un exil cruel s'ils refusaient d'écouter la voix qui les appelait à retourner sur la terre de leurs ancêtres. Néanmoins, les juifs de Guil'ad s'endurcirent et ignorèrent les supplications et les reproches d'Ezra.
Ezra le scribe ajouta : Même si vous êtes nombreux aujourd'hui, ne croyez pas que cette situation durera éternellement. Des jours viendront, dit le Seigneur, où il ne restera même pas dix d'entre vous. Le peuple fut tellement indigné qu'il maudit Ezra, lui souhaitant de ne pas avoir le privilège de retourner à Jérusalem.
En effet ... les deux malédictions se réalisèrent : Ezra mourut sur le chemin du retour vers Jérusalem, et il ne resta même pas un minyan (quorum de dix hommes) à Guil'ad en Perse.

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+ Les prêtres (Cohen) et les Lévites de Djerba :

-> Une tradition similaire existe parmi les cohanim de Djerba (une île au large de la côte tunisienne), qui sont les descendants de Tsadok, le [grand] prêtre.
Lorsque le Premier Temple fut détruit, ces prêtres émigrèrent en Afrique ... Au début de l'ère du Second Temple, Ezra le scribe entreprit de rassembler les dispersés d'Israël, en particulier les Cohanim et les Lévi'im, qui étaient nés tels depuis leur naissance.
Lorsqu'il arriva à Djerba, il tenta de persuader les Cohanim de retourner à Jérusalem, mais ceux-ci refusèrent, affirmant qu'ils ne croyaient pas que le Second Temple fût divinement ordonné.
Ezra les maudit, eux et leurs descendants, les privant du privilège de se tenir devant Hachem et de Le servir tant que le Temple existerait.

-> Le rabbi Ra'hamim 'Haï 'Havita HaCohen (qui fut grand rabbin de Djerba) écrit également à propos de cette tradition. Il affirme qu'Ezra demanda uniquement aux Lévites de monter, et qu'après les avoir maudits, ceux-ci le maudirent à leur tour.
Les deux malédictions se réalisèrent : Ezra mourut avant d'atteindre la terre d'Israël, et eux moururent peu à peu (au cours d'une année) jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucun. En effet, jusqu'à récemment, aucun Lévite (Lévi) ne vivait à Djerba, et tout Lévite qui venait s'y installer évitait d'y rester une année entière, par crainte de la malédiction d'Ezra ... Il passait plutôt un mois de l'année dans une autre ville, afin de ne pas rester à Djerba pendant une année entière.

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+ La réponse d'Hachem :

-> Cette négligence (de vouloir revenir en terre d'Israël) a eu de graves conséquences, comme le révèle le midrach :
"Les rabbins interprètent le verset (Shir HaShirim 8,8-9) en référence à ceux qui sont sortis de la diaspora [babylonienne].
"Nous avons une petite sœur" = cela fait référence à ceux qui sont sortis de la diaspora (pour aller en Israël). "Petite" car ils étaient peu nombreux.
... "Si elle est un mur [nous construirons sur elle un rempart d'argent]" = si les juifs étaient montés [comme] un mur ("c'est-à-dire tous ensemble" - selon le Etz Yossef) de Babylone, le Saint Temple n'aurait pas été détruit une seconde fois.
[selon le Etz Yossef : "ils auraient dû monter [comme un] mur avant que ce décret [de destruction] ne soit pris, mais comme ils ne l'ont pas fait, leur faute a provoqué la promulgation de ce décret" ]

Rabbi Zéra se rendit au marché pour acheter quelque chose. Il dit à l'homme qui pesait [son achat] : "Assurez-vous de bien le peser". L'homme répondit : "Tu ne quitteras pas cet endroit, toi, le Babylonien, dont les ancêtres ont détruit le Temple!"
À ce moment-là, Rabbi Zéa se dit : "Mes ancêtres sont-ils différents des siens?"
Il entra dans la salle d'étude et entendit la voix de Rabbi Shila, qui était assis et enseignait : "Si elle était un mur = si les juifs avaient quitté la diaspora [comme un] mur, le Temple n'aurait pas été détruit une seconde fois".
[Rabbi Zéra] dit : "Ce juif ignorant (au marché) m'a bien enseigné."
[midrach Shir HaShirim rabba 8,11 ]

-> Le Talmud rapporte le récit suivant :
"Reich Lakich nageait dans le Jourdain. Rabba bar Bar-Chana est arrivé et lui a tendu la main [pour l'aider à sortir du fleuve]. Reih Lakih dit : "Par Dieu, je te déteste! [Rachi : Je déteste tous les habitants de Babylone, qui ne sont pas montés (en terre d'Israël) à l'époque d'Ezra, empêchant ainsi la Chékhina de revenir et de reposer sur le Second Temple.
Comme il est écrit : "Si elle est un mur, nous construirons sur elle une courtine d'argent ; et si elle est une porte, nous l'entourerons d'une planche de cèdre" (Shir HaShirim 8,9) = si vous vous étiez comportés comme un mur et étiez tous montés ensemble à l'époque d'Ezra, vous auriez été comparés à l'argent, qui ne se détériore pas.
Maintenant que vous êtes montés comme des portes, vous avez été comparés au bois de cèdre, qui se détériore [Rachi : une porte à deux battants s'ouvre un battant à la fois ; de même, vous êtes montés par moitié (c'est-à-dire de manière insuffisante)]."

-> Ailleurs, nos Sages (midrach Shir haShirim rabba 8,11) relatent :
"Lorsque Reich Lakich les voyait (les juifs babyloniens) se rassembler sur la place du marché, il leur disait : "Écartez-vous! ... Lorsque vous êtes venus [de Babylonie], vous ne vous êtes pas comportés comme un mur, et ici, vous venez former un mur?
Quand Rabbi Yo'hanan les voyait, il les provoquait en disant : "Si le prophète les a provoqués, comme il est dit : "Mon D. les méprisera, car ils ne l'ont pas écouté, et ils erreront parmi les nations" (Hochéa 9,17), devrais-je m'abstenir de les provoquer?!". "

-> L'auteur du Etz Yosef écrit dans son commentaire sur ce midrach :
"Peut-être Rabbi Yo'hanan voulait-il [tirer sa leçon] de la fin du verset : "Et ils erreront parmi les nations". Errer signifie le contraire de rester [fixement] au même endroit.
Ainsi, lorsque Rabbi Yo'hanan vit les juifs babyloniens se rassembler pour rester au même endroit, il les provoqua verbalement afin qu'ils se dispersent et errent d'un endroit à l'autre.
Il pensa : si le prophète les a mis en colère et les a maudits avec ces mots, ne devrais-je pas les provoquer de la même manière? Autrement dit, j'ai le droit de leur dire la même chose que le prophète leur a dite, étant donné qu'il m'a précédé avec ces paroles de réprimande."

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-> Rabbi Yéhouda HaLévi (1075-1141) détaille ce pont dans son séfer HaKouzari.
A ce sujet, voir : https://todahm.com/2025/06/06/terre-disrael-le-kouzari

On peut citer :
"C'est précisément cette faute qui nous a empêchés d'accomplir ce que Hachem nous avait promis pour le Second Temple, comme il est dit : "Réjouis-toi et sois heureuse, fille de Sion, [car je viens et je vais résider parmi toi, dit D.]" (Zé'haria 2,14).
Cela signifie que la Divinité était prête à résider [dans le Second Temple] comme elle l'avait fait auparavant [dans le Premier Temple], à condition que le peuple juif accepte dans son ensemble de retourner avec empressement en terre d'Israël.
Au lieu de cela, seuls quelques-uns sont revenus, tandis que la majorité, y compris les dirigeants importants, est restée à Babylone. Ils ont préféré la soumission dans la diaspora, afin de ne pas avoir à quitter leurs maisons et leurs affaires.

C'est peut-être ce que Shlomo voulait dire lorsqu'il a dit : "Je dors, mais mon cœur veille" (Shir HaShirin 5,2), comparant les juifs de la diaspora à quelqu'un qui dort. Même si l'on dort, le cœur veille et bat toujours, ce qui représente la constance de la prophétie qui était toujours parmi eux (et attendait leur retour).
[Et dans ce même verset, il est dit] : "Une voix! Mon bien-aimé frappe!", ce qui fait référence à l'appel d'Hachem à retourner en terre d'Israël.
Et "Ma tête est couverte de rosée" (ibid.) fait référence à la Présence divine, qui a quitté le refuge du Temple [et attendait à l'extérieur, comme quelqu'un qui attend dehors tandis que la rosée s'accumule sur sa tête].
Quand il est dit ensuite : "J'ai retiré ma robe" (Shir haShirim 5,3), cela fait référence à la lenteur du peuple juif à revenir [comme quelqu'un qui est trop paresseux pour enfiler sa robe et répondre à la porte].
Mon bien-aimé a passé sa main à travers l'interstice [de la porte] (Shir haShirim 5,4) fait référence à Ezra, Né'hémia et aux autres prophètes, qui ont exhorté le peuple à retourner en terre d'Israël, jusqu'à ce que certains acceptent finalement de revenir. Mais leur consentement à revenir n'était pas sincère, comme il est dit : "La force de celui qui porte les fardeaux s'est affaiblie" (Né'hémia 4,4).

Hachem, à son tour, les a récompensés en fonction de ce qui était caché dans leur cœur, de sorte que toute la sainteté qui est revenue était dans un état diminué, proportionnel à leur état diminué. En effet, la divinité ne repose sur une personne que dans la mesure où celle-ci y est réceptive, que ce soit beaucoup ou peu.
Si nous nous préparions correctement à accueillir le D. de nos ancêtres avec un cœur entier et une âme désireuse, nous Le rencontrerions de la même manière miraculeuse que nos ancêtres en Égypte. [en précision de la venue imminente du 3e Temple, nous devons désirer ardemment la terre d'Israël, et si nous pouvons y résider, en apprenant de notre erreur lors du 2e Temple. ]
C'est pourquoi nos récitations de phrases telles que "Prosternez-vous devant la montagne de Sa sainteté" (Téhilim 99,9), "Prosternez-vous devant Son marchepied" (Téhilim 99,5), "[Béni sois-Tu] qui ramènes Ta présence divine à Sion" (Amida - Shemoné Esré), et autres phrases similaires, ne sont [pour nous] que le gazouillis d'oiseaux [tels que les perroquets, qui imitent la voix humaine (nous ne pensons/vivons pas ce que nous disons!)] ; nous ne réfléchissons pas à ce que nous disons lorsque nous prononçons ces phrases et d'autres similaires. C'est comme vous le dites, roi Khazar."

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-> L'auteur du Otzar Né'hmad commente (le Kouzari ci-dessus) :
"Cela ressemble à un amant fidèle qui frappe à la porte de sa bien-aimée qui dort profondément, en disant : "Réveille-toi, ma bien-aimée! Combien de temps vas-tu dormir? Remplissons-nous d'amour".

"Car ma tête est remplie de rosée" (Shir HaShirin 5,2) fait référence à la Chékhina qui émane des ombres du Temple sacré : cela peut être comparé à un homme qui frappe à l'aube, attendant dehors que quelqu'un lui ouvre la porte. Il dit : "Combien de temps dois-je rester ici sous le ciel ouvert? Jusqu'à ce que ma tête se remplisse de la rosée du matin?!"
De même, la Chékhina attendait avec impatience [le retour des juifs], tandis qu'elle se tient au-delà de Ses ombres protectrices, c'est-à-dire le Temple.
Toutes ces analogies courantes sont un moyen de nous aider à comprendre [le message]."

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-> Le midrach (Tan'houma Tétsavé 13) : "Ezra leur dit de monter en terre d'Israël, mais ils ne voulurent pas le faire".
Le peuple bien-aimé d'Hachem négligea de monter à l'époque d'Ezra, l'empêchant ainsi de le délivrer complètement pendant l'ère du Second Temple.

-> Certes, la haine d'Hachem envers ceux qui ont rejeté la rédemption à l'époque d'Ezra ne s'est pas exprimée de la même manière qu'envers ceux qui ont rejeté la rédemption d'Égypte, mais elle a entraîné une punition qui n'était pas moins sévère. Deux mille ans de difficultés, de persécutions, de souffrances et d'effusions de sang, tel a été notre sort en raison de notre obstination à rester sur une terre étrangère.

Le passage suivant du Séder HaDorot (p.126) confirme cette idée :
"L'auteur du Sma explique pourquoi les mauvais décrets sont plus fréquents à Worms que dans toute autre communauté ou tout autre État. Les juifs se sont installés à Worms à l'époque de la destruction du Premier Temple. Après les 70 ans d'exil babylonien, les exilés sont retournés à Jérusalem et en terre d'Israël. Ceux qui s'étaient installés à Worms, cependant, ne sont pas revenus.
Les habitants de Jérusalem leur ont écrit pour les exhorter à venir s'installer en terre d'Israël ...
Mais ils n'en ont pas tenu compte, répondant : "Vous pouvez habiter dans la grande Jérusalem ; nous habiterons ici, dans la petite Jérusalem".
Cela s'est produit parce qu'ils étaient extrêmement riches et très distingués aux yeux du souverain et des non juifs.
C'est pourquoi les mauvais décrets ont été renouvelés à leur égard plus que dans toute autre communauté ou tout autre pays."

Terre d’Israël & pourquoi 80% des juifs sont morts en Egypte

+ Terre d'Israël & pourquoi 80% des juifs sont morts en Egypte :

-> Le Kli Yakar (1550-1619) écrit (Vayigach 47,27) :
"Israël (les juifs) s'est installé en Egypte, dans le pays de Gochen, et s'y est établi ; il s'est développé et s'est multiplié considérablement (Vayigach 47,27) : Ce verset tout entier accuse les enfants d'Israël ("s'y fixèrent (vayéa'hazou - Rachi : prendre possession [c'est notre terre - ex: Gochen, Paris ... devient la petite Jérusalem]), y crûrent et y multiplièrent prodigieusement").
Car Hachem a décrété : "Tes descendants seront étrangers [dans un pays qui n'est pas le leur]" (Lé'h Lé'ha 15,13).
Or, ils ont cherché à s'installer dans le lieu où il avait été décrété qu'ils seraient étrangers ... Le verset leur reproche cette "installation" (le fait de s'y fixer solidement, nous faisant oublier notre Terre unique!), car ils ont cherché une part dans une terre qui n'était pas le leur ...
Ils se sont tellement installés en Egypte qu'ils ne voulaient plus partir, jusqu'à ce que Hachem, doive les faire sortir de force.
Et ceux qui ne voulaient [toujours] pas partir sont morts pendant les trois jours d'obscurité."

-> Ailleurs, le Kli Yakar (A'haré Mot 18,3) écrit :
"Tout cela prouve qu'ils méprisaient la Terre Sainte, qui avait été choisie depuis l'époque des Patriarches comme un lieu sacré et pur, une Terre dont dépendent la plupart des mitsvot de la Torah.
Les juifs méprisaient tout cela, jusqu'à ce que Hachem doive les y amener contre leur gré."

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-> "Mon bien-aimé m'a répondu et m'a dit" (Shir HaShirim 2,10) : [Hachem dit aux Bné Israël] "Que faites-vous ici, dans un lieu souillé (l'Egypte - en opposition à la Terre Sainte) ... " Debout, Mon amie, Ma toute belle, et viens-t'en" (koumi la'h rayati, oul'hi lakh - Shir HaShirim 2,10).
[Israël] répondit : "Maître de l'Univers, Tu nous as dit que nous serions esclaves pendant 400 ans, et [ce temps] n'est pas encore écoulé".
[Hachem] répondit : "Il est déjà terminé", comme il est dit : "voici l'hiver qui est passé" (ki iné assétav avar - Shir Hashirim 2,11).
[midrach Chémot rabba 15,1 ]

Le Etz Yossef commente :
"De nombreux [juifs] voulaient que Moché les sauve de l'asservissement et les établisse comme hommes libres en Egypte, afin qu'ils n'aient pas à quitter leur lieu de naissance.
C'est pourquoi [Hachem] leur dit qu'ils devaient quitter [l'Égypte], afin qu'ils n'apprennent pas des égyptiens et ne commettent pas toutes sortes d'abominations, comme eux [les égyptiens]."

=> Comme c'est étonnant! Même après la révélation Divine incroyable qui a eu lieu lors des 8 premières plaies, même après le sang, les grenouilles, les poux, les animaux sauvages, la peste, les ulcères, la grêle et les sauterelles, cette faiblesse [d'être attaché à notre terre de naissance] est restée intacte.
Malgré l'accusation des anges sur la réalité : "Les égyptiens et les juifs sont tous deux des idolâtres" (Zohar Térouma 170b) [impliquant que la mer Rouge ne devait pas s'ouvrir pour les sauver des égyptiens], Hachem a ouvert la mer avec de nombreux miracles.
[malgré notre 49e niveau d'impureté sur 50, Hachem nous fait sortir d'Egypte d'une façon grandiose.]

Cependant, il y a un aspect où Hachem n'est pas indulgent, c'est lorsque nous sommes si liés dans le pays dans lequel nous vivons en exil, que nous n'avons pas véritablement envie de la terre d'Israël.

[on a tendance à penser que les 80% des juifs morts pendant la plaie de l'obscurité était des réchaïm, mais il ne faut pas oublier qu'ils étaient par exemple petits-enfants des tribus (ex: avoir comme grand-père Yéhouda, avec juste au-dessus Yaakov!), qu'ils n'ont pas succombé à l'immoralité très développée en Egypte ou bien au lachon ara ... et que les souffrances atroce de leur esclavage les ont beaucoup purifiés.
Mais on apprend qu'ils avaient un gros défaut : se sentir trop bien en Egypte (lieu de naissance, de vie), au point de ne pas avoir beaucoup de désir pour suivre Hachem jusqu'en terre d'Israël.

Or, l'exil d'Egypte est un condensé de tous les exils suivants, et donc nous devons prendre à cœur ce qui est arrivé à ces 80% (4/5e) de nos frères juifs qui étaient si magnifiques, mais dont leur amour, leur désir de la terre d'Israël n'était pas suffisamment dans leur cœur. (on doit tellement aimer Israël qu'aucun autre pays ne peut venir se comparer à lui!)
On doit désirer et aimer la terre d'Israël au maximum de ce que l'on peut, et diffuser cela autour de nous, afin si D. le veut qu'on n'ait pas 80% de juifs perdus lors de la guéoula, mais qu'au contraire on pourra tous sortir de l'exil et nous réjouir ensemble de la grandeur de notre papa Hachem, dans Sa si belle terre Israël qu'Il nous a donnés.
C'est peut être pour cela que la sortie d'Egypte est si souvent rappelée, car on doit apprendre de nos faiblesses passées. ]

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-> Le midrach (Chémot rabba 14,3) enseigne :
"Pourquoi [Hachem] a-t-il fait venir l'obscurité sur eux [les juifs] ?
... Hachem sonde le cœur des hommes. Il y avait des juifs réchaïm qui avaient des amis égyptiens et qui jouissaient d'honneur et de richesse en Egypte. Ils ne voulaient pas partir.
Hachem a dit : "Si je les frappe publiquement et qu'ils meurent, les égyptiens diront : "Tout comme nous souffrons, eux aussi souffrent!"
C'est pourquoi Il a fait venir l'obscurité sur les égyptiens pendant 3 jours, afin que [les juifs] puissent enterrer leurs morts sans que leurs ennemis ne s'en aperçoivent, et que les juifs louent Hachem pour cela."

-> Le rav Tsvi Glatt explique pourquoi Hachem est si stricte lorsque l'on se sent trop bien dans notre lieu d'exil. Notre existence en terre d'Israël fait partie de notre essence juive. Sans elle, il n'y a pas de peuple juif, et par conséquent pas de Torah : "Quiconque vit en dehors de la Terre est comme quelqu'un qui n'a pas de D." (guémara Kétoubot 110b).

-> Le Seigneur dit à Moché : "Maintenant, tu verras ce que je vais faire au Pharaon, car c'est d'une main forte qu'il les renverra, et c'est d'une main forte qu'il les chassera de son pays" (Shemot 6,1).
Le Nétsiv de Volozhin (1816-1893) dans son Haémek Davar commente :
"d'une main forte" = contre la volonté des Bné Israël ... Cela fait référence aux juifs qui ont refusé de partir tous ensemble ...
"il les chassera de son pays" = cela fait référence à ceux qui étaient [trop] paresseux pour partir."

-> Cette "paresse" à vouloir quitter notre lieu d'exil pour la terre d'Israël (ou à défaut y aspirer fortement), n'a pas causé qu'un petit nombre de juifs soient morts en Egypte, la Mékhilta (Béchala'h 13,18) enseigne :
""Les Bné d'Israël sont sortis du pays d'Égypte armés ('hamouchim)" (Béchala'h 13,18) :
Seul un sur cinq ('hamech) est sorti avec eux. Certains disent un sur cinquante ('hamichim), d'autres un sur cinq cents.
Rabbi Néhouraï dit : "Je le jure! Pas même un sur cinq mille [est sorti] ... "
Quand sont-ils morts? Pendant les trois jours d'obscurité, comme il est dit : "Nul ne voyait son frère", car ils [les juifs] enterraient leurs morts, et ils remerciaient et louaient Hachem du fait que leurs ennemis ne voyaient pas cela et ne se réjouissaient pas de leur chute."

=> Imaginons que malgré les 8 plaies, la présence de Moché, la fin de l'esclavage (1 an avant la sortie d'Egypte), ... les Bné Israël n'avaient pas plus que ça envie de suivre Hachem dans le désert pour aller en terre d'Israël (car après tout c'est pas si mal ici, on peut étudier la Torah, on peut bien faire les mitsvot, on a de l'argent, un travail, ...). Et c'est ainsi que sont morts parmi les juifs : 80% ; 98% ; 99,8% ; voir 99,98%.
Cela témoigne d'à quel point cela va contre la nature humaine (on doit se travailler là dessus), et à quel point cela est important pour Hachem.

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-> Le Nétsiv de Volozhin (rabbi Naftali Tsvi Yéhouda de Berlin) développe cette idée dans son commentaire sur la Haggadah :
"Nous étions les esclaves de Pharaon ..." (avadim ayinou léPharaon) : [L'auteur de la Haggadah] nous rapporte une autre chose remarquable [que Hachem a faite]. Il est facile pour un guerrier de libérer un prisonnier des mains de quelqu'un de plus puissant que lui, à condition que le prisonnier veuille être libéré et se donne les moyens de le faire.
Ce n'est toutefois pas aussi facile lorsque le prisonnier veut rester en prison. Cela peut être comparé à une personne qui frappe un animal pour le faire mettre bas. Une telle tactique ne fonctionnera tout simplement pas, car le fœtus ne veut pas sortir et la mère n'a pas assez de force pour le pousser de force.
De même, il y avait des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes qui ne voulaient pas quitter [l'Egypte], car elles étaient riches. Certaines étaient même des personnalités importantes du royaume. Après tout, les masses juives ne travaillaient pas pour les simples égyptiens, mais pour le royaume.

[Nos Sages] enseignent dans Torat Kohanim (parachat Béhar) : "pour être leurs esclaves" (Bé'houkotaï 26,13) : mais pas esclaves d'esclaves".
C'est pourquoi de nombreux juifs sont devenus riches et gras, méprisant le joug du Ciel, et ils ne voulaient pas quitter l'Egypte et se soumettre au joug de la Torah et du service divin.
Néanmoins, Hachem a fait sortir Israël d'Egypte. Cependant, la manière dont Il les a fait sortir, malgré ces deux obstacles, était avec une main puissante et un bras étendu ...
Nous devons nous souvenir de tout cela aujourd'hui également, alors que de nombreux Juifs nient la guéoula future (par exemple en s'installant confortablement en exil comme si on allait encore y rester des centaines d'années!), qu'elle vienne rapidement de nos jours. Mais Hachem régnera sur nous d'une main puissante."

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+ Quelques citations sur l'importance de la terre d'Israël, pour appréhender la gravité de la punition de la délaisser :

-> Le Zohar (Vayikra 73a) enseigne que la nation d'Israël, la Torah et Hachem ne font qu'un.
[on comprend l'importance à accorder à la Hachem, à la Torah, et bien cela devrait être identique pour la terre d'Israël, sinon notre vision du judaïsme n'est pas entière. ]

-> Nos Sages (midrach Béréchit rabba 46,9) commentent : "Si [les Bné Israël] entrent dans la Terre [d'Israël], ils acceptent Ma divinité, et sinon, ils ne l'acceptent pas".

-> Hachem dit à Moché : "Voici, la terre m'est chère, comme il est dit : "Une terre que le Seigneur ton D. recherche toujours" (Ekev 11,12), et Israël m'est cher, comme il est dit :"C'est parce que Hachem vous aime (les juifs)" (Vaét'hanan7,8).
Hachem dit : "Je ferai entrer le peuple d'Israël, qui m'est cher, dans la terre qui m'est chère".
[midrach Bamidbar rabba 23,7 ]

-> "Une fois que les juifs n'étaient plus présent en terre d'Israël, [Hachem] a dit : Si seulement [le peuple juif était avec Moi, même s'ils me mettent en colère [par leur comportement]".
[midrach Eikha rabbati 3,7]

-> "Rabbi Chimon bar Yo'haï dit : Hachem a donné 3 cadeaux spéciaux au peuple juif, et tous ont été donnés par l'intermédiaire des souffrances : la Torah, la terre d'Israël et le monde à Venir (olam aba)" (guémara Béra'hot 5a).
[on comprend l'importance du monde à Venir éternel, de la Torah, et quand est-il de notre relation avec la terre d'Israël. Hachem nous donne un cadeau précieux, et nous on Lui crache à la figure en préférant tranquillement une autre terre! ]

-> Un juif se doit d'appréhender les choses avec Vérité.
De même, qu'en apparence tous les êtres humains semblent identiques (ex: des yeux, une bouche), en réalité chaque juif a en lui une âme beaucoup plus élevée qui impacte les mondes Supérieures.
De même, on a l'impression que l'unité temporelle (les jours) sont identiques, mais on oublie la réalité du Shabbath (par exemple) qui est une autre dimension, au point d'être un semblant du monde à Venir.
De même, pour la réalité physique. On a l'impression que toutes les terres du monde sont identiques (ex: des arbres, de l'eau, des bâtiments), mais la terre d'Israël est à un niveau beaucoup plus élevé spirituellement que le reste.
Ainsi, refuser d'aimer, d'aspirer à la terre d'Israël (ex: lui préférant notre terre de naissance), c'est comme refuser d'être juif, refuser de profiter du jour du Shabbath, ... en disant à Hachem qui souhaitait par cela s'unir davantage avec nous : "laisse-moi tranquille! Tu ne m'intéresses pas! J'ai mieux à faire qu'être avec Toi!"
[peut-on vouloir la venue du machia'h avec un dévoilement du Divin, si actuellement on agit en contraction avec cela en n'accordant que peu de valeur, d'importance à la terre d'Israël. ]

Sortie d’Egypte = notre comportement transforme un mauvais décret en un bon

+ Sortie d'Egypte = notre comportement transforme un mauvais décret en un bon :

Moché dit à Hachem : "Voici, quand je viendrai vers les Bné Israël et que je leur dirai : Le D. de vos pères m'a envoyé vers vous, et qu'ils me diront : "Quel est son nom?", que leur répondrai-je?"
Hachem dit à Moché : "Je serai ce que je serai" (éyé char éyé).
Et il dit : "Tu diras ainsi aux Bné Israël : "Je serai m'a envoyé vers vous". (Chémot 3,13-14).

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Pitou'hé 'Hotam) enseigne :
Pourquoi Moïché pensait-il que les Bné Israël demanderaient : "Quel est son nom?" Ne connaissaient-ils pas déjà Son nom?
Nous pourrions peut-être suggérer ce qui suit : lorsque Hachem conclut une alliance avec Avraham (la brit ben habétarim), Il lui dit : "Et ils [une nation étrangère] les réduiront en esclavage [vos descendants] et les opprimeront pendant 400 ans" (Lé'h Lé'ha 15,13).
Sur la base de ce message, le peuple juif avait la certitude que son esclavage en Égypte durerait 400 ans.
Lorsque Hachem est apparu à Moché dans le buisson ardent et lui a dit que le moment de leur rédemption était venu, alors que les juifs n'étaient en Égypte que depuis 210 ans, Moché a été surpris et s'est demandé : "Comment se peut-il que Hachem ait dit quelque chose et n'ait pas tenu sa parole, à D. ne plaise? C'est inconcevable, car Hachem est Vérité, et la vérité est son sceau!"
Moché disait : "Maître de l'univers, lorsque je dirai au peuple juif que la fin de son exil est arrivée, il ne me croira pas. Au contraire, il répondra : "Quel est le nom d'Hachem? Hachem est la Vérité, et la vérité est Son sceau. Il est inconcevable qu'Il dise que nous serons esclaves pendant 400 ans, puis qu'Il revienne sur Sa parole."

Pour indiquer que Moché pensait vraiment cela dans sa question, le Nom d'Hachem (יהוה) contenu dans les mots : לִי מַה שְּׁמוֹ מָה (li ma chémo ma - à moi, Quel est son nom? que), car les dernières lettres de chaque mot sont יהוה (c'est-à-dire qu'ils connaissent le nom de Hachem, qu'Il est la Vérité ; par conséquent, ils ne peuvent pas croire que le moment de leur rédemption est déjà arrivé, car ils ne sont en Égypte que depuis 210 ans, et non 400).

"Je serai ce que je serai" (אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה). La signification de cela, comme nous le savons, est que la valeur numérique de אֶהְיֶה multipliée par elle-même est 441, ce qui est identique à אמת (émet - vérité).
Hachem leur fait savoir que toutes Ses promesses et tous Ses décrets sont conditionnels. Si une personne est mauvaise et que Hachem décrète quelque chose de mauvais à son encontre, le décret ne restera en vigueur que tant que cette personne restera mauvaise. Mais si elle se repent, le décret sera annulé.

La signification de : אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה (éyé acher éyé) est la suivante : "Je serai" avec cette personne tant qu'elle sera mauvaise. Mais si elle se repent, alors "ce que je serai" = je serai avec elle pour le bien.
L'inverse est également vrai : [si Hachem rend un bon jugement à l'égard d'une personne, mais que celle-ci devient mauvaise, le jugement ne sera pas exécuté].
Dans tous les cas, les jugements d'Hachem peuvent changer en fonction des actions d'une personne.

C'est une vérité absolue, car si Hachem rendait un mauvais jugement à l'égard d'une personne, et que cette personne s'amendait, il serait inconcevable qu'Hachem exécute son jugement initial.
De plus, si le décret n'est pas exécuté, cela ne signifie pas que Hachem l'a retiré, car dès le début, le décret n'était que conditionnel. Au contraire, la vérité d'Hachem se manifeste dans le fait qu'Il honore la condition qu'Il avait posée.

C'est pourquoi Hachem a dit :"Je serai ce que je serai" (אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה), car la valeur numérique de אֶהְיֶה multipliée par elle-même est égale à אמת (vérité).
De plus, cela suggère que la vérité absolue dépend de la vérité de ce qui se passera dans le futur : si une personne reste mauvaise (racha), alors il est vrai qu'elle mérite le décret mauvais. Mais si elle se repent, alors le décret est retiré, ce qui est également une expression de la vérité.

Lorsque Hachem a conclu une alliance avec Avraham, Hachem a décrété 400 ans d'esclavage. Cependant, les égyptiens les ont opprimés bien plus que nécessaire ; ils ont forcé le peuple juif à effectuer des travaux éreintants, jour et nuit. Malgré cela, le peuple juif est resté ferme dans sa croyance et a correctement protégé le brit.
Par conséquent, le nom d'Hachem qui implique la Rigueur (le jugement) a été transformé en Son nom qui implique la miséricorde [c'est-à-dire que Hachem a agi envers eux avec miséricorde plutôt qu'avec Rigueur].

Ceci est évoqué dans le verset suivant : "Et le peuple y eut foi ; ils comprirent que l'Éternel s'était souvenu des enfants d'Israël, qu'il avait considéré leur misère et ils courbèrent la tête et se prosternèrent" (Chémot 4,31).
Moché expliqua au peuple juif comment la rédemption pouvait avoir lieu plus tôt que prévu :
"Bien que Hachem ait décrété 400 ans d'esclavage, ce décret a été abrogé. Cela ne signifie pas que Hachem soit revenu sur Sa parole, D. nous en préserve, car la vérité est Son sceau. Au contraire, Son Nom est אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה (Je serai ce que je serai), ce qui signifie que Ses décrets dépendent des actions des hommes ; [bien qu'ils soient susceptibles de changer], ils sont toujours vrais."

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[la guéoula finale est à l'image de celle d'Egypte. Ainsi, dans notre vie, même quand tout peut sembler si sombre, qu'on peut si facilement désespérer, en réalité par nos actions on peut tout changer pour le bien, il y a toujours de l'espoir car notre papa c'est Hachem! ]

Terre d’Israël – Moché était impressionné de sa sainteté

+ Terre d'Israël - Moché était impressionné de sa sainteté :

-> Dans la paracha Vaét'hanan, la Torah rapporte comment Moché Rabbénou a prié pour obtenir la permission d'entrer en terre d'Israël. Le verset dit : "J'ai supplié Hachem à ce moment-là en disant".

Le rabbin du 'Hatam Sofer, le Haflaah, explique que Moché demandait à Hachem de lui permettre de prier correctement devant Lui. Cela ressemble à la façon dont nous introduisons nos prières par les mots "Hachem! Ouvre mes lèvres, et ma bouche proclamera Ta louange" (Ado-nay chéfataï tifta'h oufi yaguid téhilaté'ha) avant de commencer la prière de la Amida.

Le 'Hatam Sofer (drachot - Mahadourat 'Hatam Sofer - vol.5, drouch 17) remet en question l'explication ci-dessus de son maître, le Haflaah. Il demande pourquoi Moché Rabbeinu a ressenti le besoin de demander l'aide Divine à ce moment précis plutôt qu'à tout autre moment où il priait Hachem.

Il introduit sa réponse en expliquant pourquoi nous implorons l'aide divine d'Hachem avant de prier. La raison, explique-t-il, est que, en raison de notre grande crainte et de notre admiration devant le Roi des rois, nous nous sentons incapables d'articuler correctement nos prières.
Cependant, Moché était prêt à parler à Hachem à tout moment, sans préparation préalable, et nous ne trouvons nulle part qu'il ait jamais eu besoin de demander à Hahem de l'aider à prier comme il faut.
Ce n'est qu'à ce moment-là, debout sur la terre de Si'hon et d'Og, à la frontière de la terre d'Israël, qu'il ressentit soudainement une sainteté si puissante, surpassant même la sainteté qu'il avait connue lors de son ascension au Ciel, qu'il sentit qu'il avait besoin de l'aide divine pour surmonter sa crainte.

Le 'Hatam Sofer conclut par une déclaration puissante et inspirante : "La sainteté du sol de la terre d'Israël est plus grande et plus sacrée que les cieux de 'houtz laAretz (dehors d'Israël). Lorsqu'il ressentit cela, Moché comprit immédiatement qu'il avait besoin de l'aide d'Hachem pour prier correctement."

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=> Moché qui parlait face à face avec Hachem, qui a passé plusieurs fois 40 jours au Ciel avec Hachem, lorsqu'il a vu la terre d'Israël, il a été en admiration de cet endroit où Hachem est si présent à nos côtés, où l'on peut tellement s'élever et s'épanouir spirituellement.
Moché était prêt à tout donner pour pouvoir rentrer rien qu'une fois en Israël, et nous à quel point aspirons nous à être dans ce lieu?

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-> En Shevat 5775, un homme qui avait quitté les États-Unis pour s'installer en terre d'Israël a dit au rav Kanievsky qu'avant de s'installer en Israël, beaucoup de gens lui avaient dit qu'il était interdit de s'y installer de nos jours, mais qu'il fallait plutôt attendre la venue du machia'h pour le faire. Il a demandé au rav Kanievsky si ces personnes avaient raison.
Le rav a répondu : "Que D. préserve! C'est une mitsva de s'installer en terre d'Isrël!"
Il a demandé au rav si c'était une mitsva de la Torah qui s'appliquait encore aujourd'hui.
Le rav Kanievsky a répondu : "Oui!".

[être en Israël c'est faire à chaque seconde une mitsva de la Torah, qui a une valeur comme les 613 mitsvot de la Torah.
Alors qu'à notre génération Hachem fait en sorte qu'il n'a rarement été si accessible de faire cette importante mitsva, pourquoi alors oublions-nous cette mitsva, et parfois nous disons à Hachem qu'on est mieux dans une autre terre que celle où Sa présence est beaucoup plus là.
Si nous aspirons vraiment à la venue du machia'h, moment où Hachem se révélera enfin à Ses enfants, alors pourquoi ne voulons-nous pas aller en Israël où Il est déjà davantage présent, attendant notre retour vers Lui. ]

-> "Sache ce qui est au-dessus de toi" (da ma lémaala mima'h - Pirké Avot 2,1 )

-> Le Maguid de Mézéritch (Maguid Dévarav LéYaakov 208) explique : "Tu dois savoir que tout ce qui est au-dessus dépend de toi et de tes actes".
[chaque juif par ses actions impactent les mondes Supérieurs, qui par ricochet influence le monde ici-bas. ]

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-> De même, le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech Ha'haïm (chaar 1 chapitre 4) écrit :
"Que chaque juif doit prendre à cœur ce qui suit : il ne doit pas penser : "quelle est ma valeur, qu'accomplis-je dans ce monde avec mes actes insignifiants", car il doit comprendre et déterminer dans son esprit qu'aucun acte, aucune parole, aucune pensée n'est jamais perdu.
Quelle est la grandeur de ses actions et leur exaltation, tout monte haut selon sa racine, dans les mondes supérieurs.
Et celui qui comprend cela tremblera en réalisant jusqu'où vont ses mauvaises actions, ruinant et détruisant avec une faute mineure, bien plus que Névou'hadnétsar et Titus n'ont détruit (le saint Temple en bas)."

[ dans la note de bas de page, le rav de Volozhin explique avec cela la michna "da ma lémaala mim'ha" de la même manière que celle expliquée ci-dessus].

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-> b'h, par exemple également sur ce sujet : https://todahm.com/2021/11/07/notre-but-dans-ce-monde

Mayim a’haronim

L'importance de se laver les doigts après avoir mangé du pain (mayim a'haronim) : il faut garder à l'esprit que le Satan se tient juste à côté de la table et qu'il est capable d'exercer davantage d'emprise sur la personne au moment où elle mange, surtout si elle mange seule.
S'il y a trois personnes pour bénir avec le zimoun (un quorum), le Satan disparaît. Mais lorsqu'on se lave les doigts, on donne à Satan sa part, et il s'en va donc.
[rav 'Haïm Vital]

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-> Il ne faut jamais s’interrompre entre le lavage (ablution) des doigts (mayim a'haronim) et le Birkat Hamazon.
Un jour, une personne s’est plainte auprès de mon maître (le Arizal) d’avoir souffert pendant deux jours d’une douleur terrible aux épaules. Mon maître l’a regardé et lui a dit que cette douleur était due au fait qu’il avait interrompu le passage entre le lavage des doigts après le repas et le Birkat Hamazon en lisant un chapitre de la Michna.
Il avait ainsi enfreint la règle de nos Sages selon laquelle il faut prononcer la bénédiction immédiatement après s’être lavé les doigts ; dans ce cas, le mot Té'hef (immédiatement) s’est transformé en Katef (épaule) et il a ressenti de la douleur.
[rav 'Haïm Vital - Shaar HaMitsvot Ekev ]

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-> b'h, sur ce sujet de mayim a'haronim voir également : https://todahm.com/2025/04/07/le-sel-de-sodome

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+ Mayim A'haronim :

-> Mayin A'haronim, l'ablution des mains en fin de repas, est une obligation. [mayim a'haronim 'hova - Choul'han Arou'h 181,1]

Elle a été instaurée afin d'avoir les mains propres avant de réciter le birkat hamazone.
Et aussi, pour éliminer toute trace de sel de Sodome, qui est dangereux pour les yeux.
De nos jours, il est également à craindre que dans le sel de table se trouve un peu de sel de Sodome, ayant la même propriété de rendre aveugle.

Selon la Kabbala, la raison de cette ablution est de repousser les forces du mal (Kaf ha'Haïm 181,1).
Cette eau est très impure, on fera donc attention à ne pas se toucher son visage ou sa bouche avant de se sécher les doigts (Kaf ha'Haïm 181,1).

-> Celui qui méprise cette ablution verra ses jours raccourcis ('Hida dans Birké Yossef 181,7), sa subsistance (parnassa) sera diminuée (Aroukh haChoul'han 181,5) et il amènera sur lui des souffrances.
Le Yalkout Réouvéni rapporte que Iyov ne faisait pas cette ablution, et c'est ce qui lui attira toutes ses épreuves.

-> La halakha exige de laver les 2 premières articulations des doigts (Choul'han Arou'h 181,4) [et pour le pouce la 1ere (michna Broura 181,10)], mais il est bon de suivre l'avis de la Kabbala qui conseille de laver aussi la 3e articulation, celle qui est proche de la paume.
Malheureusement, certaines personnes méprisent cette halakha et mouillent à peine le bout des doigts, ce qui n'est pas valable selon le din (michna Broura 181,10).
Cependant, il ne faut pas non plus exagérer et se laver avec beaucoup d'eau, car cette eau selon la Kabbala est la part que reçoit le Satan.

-> Le 'Hida (Birké Yossef) rapporte les paroles de son grand-père, rabbi Avraham Azoulay, au nom du Talmud de Jérusalem, selon lequel celui qui ne s'interrompt pas entre Mayim A'haronim et le Birkat Hamazone empêche le Satan de formuler toutes ses accusations relatives au repas écoulé.

-> On raconte qu'une fois une personne alla rendre visite au saint Arizal et lui confia qu'elle souffrait énormément de son épaule.
Le Arizal regarda son front [car sur le front de la personne sont inscrites toutes ses fautes] et lui répondit : "La source de ta souffrance est que tu t'interromps entre Mayim A'haronim et le Birkat Hamazone, immédiatement après le Mayim A'haronim il faut faire le Birkat Hamazone", et du fait que tu n'as pas accompli ce précepte, tu souffres de ton épaule qui est appelée en hébreu : "katéf" (כָּתֵף) [mêmes lettres que Tékéf (immédiatement - תכף)].
Il lui conseilla de ne plus jamais s'interrompre, et son mal guérit.
[Kav haYachar - chap.87]

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-> La mayim a'haronim (ablution fin du repas) ne doit pas éclabousser la nourriture ou les ustensiles de cuisine (Ora'h 'Haïm 181:2) [de même, on essaie de verser un minimum de cette eau pour ne pas donner des forces aux puissances maléfiques]. ]

Lorsqu’une personne apporte une bougie dans une pièce obscure, l’obscurité disparaît complètement.
De même, lorsqu’une personne fait téchouva ; bien qu’elle se trouvait d’abord dans l'obscurité (spirituelle), lorsque la lumière de la Torah brille, cette obscurité disparaît complètement.
[Déguel Ma'hané Efraim - Likoutim Nitsavim ]

Vœu & pouvoir de notre parole

"Si un homme fait un vœu à Hachem ou prête serment pour établir une interdiction, il ne doit pas profaner sa parole" (Matot 30,3)

-> Par le vœu ou le serment qu’il a prononcé, il a édifié de grandes structures dans les mondes Supérieurs [et a rectifié et renforcé la Chékhina]. C’est pourquoi il doit veiller tout particulièrement à ne pas profaner sa parole.
S'il profane sa parole, il détruit tout ce qu’il a édifié dans les mondes Supérieurs. Car tout dépend de l’homme : par son pouvoir de parole, il édifie ou détruit ...

Une personne peut étudier la Torah, prier et faire des vœux et des serments pour accomplir les mitsvot. Pourtant, si elle ne se garde pas sur la place du marché, dans ses relations commerciales et dans ses paroles, en étant honnête et en agissant de bonne foi, le verset dit à propos d’une telle personne : "En vain le gardien veille" (Téhilim 127,1).
Sa Torah et sa prière sont vaines.

C’est analogue à une min'ha (une offrande de céréales) à Hachem qui doit être présentée dans un récipient pur ; si le récipient est impur, les deux sont rejetés.
La bouche est le récipient par lequel nous offrons nos paroles de Torah et de prière. Si elle est souillée par des propos inconvenants, et a fortiori par des mensonges et des tromperies, alors toutes les paroles de Torah et de prière prononcées par cette même bouche sont souillées et deviennent des abominations aux yeux de Hachem.
Les deux sont indissociables ; si une personne surveille sa bouche dans ses conversations quotidiennes, alors sa Torah et sa prière sont acceptées. Sinon, elles ne le sont pas.

Nous pouvons désormais comprendre le verset comme suit : Si une personne souhaite ériger des barrières par des serments et des vœux afin de renforcer sa Torah et ses mitsvot, alors "elle ne doit pas profaner sa parole" = tout ce qui sort de sa bouche dans les affaires profanes affectera les paroles sacrées qu’il prononce.
Lorsqu’il dit la vérité et que toutes ses actions sont sincères, alors ses paroles de Torah et de prière le seront également. Sinon, elles seront toutes nulles et non avenues.

C’est peut-être ce que le roi Salomon voulait dire lorsqu’il a déclaré : "Celui qui garde sa bouche et sa langue préserve son âme des ennuis" (Michlé 21,23). En d’autres termes, si une personne souhaite que ses prières et sa Torah soient acceptées, elle doit garder sa bouche de l’extérieur [dans la rue, lors de ses conversations quotidiennes] ; si sa bouche est souillée, alors sa Torah et sa prière sont une abomination.

Nous constatons que la guémara (Béra'hot 5b) désigne la prière par le terme "נפש" (néfech - âme), comme le dit le verset : "Celui qui déchire son âme dans sa colère" (Iyov 18,4).
La guémara commente que cela fait référence à une personne qui quitte la synagogue sans attendre que son ami ait fini de prier. [à cette époque, les synagogues se trouvaient en pleine campagne et il était dangereux de rentrer seul chez soi à pied. Si une personne se retrouvait seule pour terminer ses prières, elle perdait sa concentration, sa prière était "brisée", par crainte du trajet de retour. ]

Puisque la prière est appelée "âme", la Torah peut également être appelée "âme", car elles sont liées. En effet, il est tout à fait approprié que la Torah et la prière soient appelées "âme", car elles constituent la vie et l’âme d’une personne (juive).
Nous pouvons expliquer le verset "Celui qui garde sa bouche et sa langue" (cité plus haut) comme suit : si une personne garde comme il faut sa bouche et sa langue, si elle ne prononce ni mensonges, ni paroles trompeuses, ni bavardages inutiles, alors elle "préserve son âme des ennuis (problèmes)", et "son âme" fait référence à ses paroles de Torah et de prière. Elles ne seront pas rejetées, car elles sont intimement liées à son discours profane, comme nous l’avons mentionné plus haut.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Mattot 30,2-3]

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-> issu du dvar Torah : https://todahm.com/2026/07/16/limportance-de-la-parole-par-le-abir-yaakov

Sainteté & notre parole

Le roi David nous met en garde : "Qui est l’homme qui désire la vie, qui aime les jours où l’on voit le bien? Garde ta langue du mal, et tes lèvres de toute parole trompeuse" (Téhilim 34,13-14).
Pourquoi le roi David a-t-il besoin de faire précéder "Garde ta langue, etc." de la phrase "Qui est l’homme qui désire la vie, etc."?

La réponse est que la plupart des gens ne se soucient pas de garder leur langue. Ils pensent : "Quelle importance ce que je dis? Quel mal peut bien venir de quelques mots?"
En réponse à de telles pensées, le roi David s’adresse à nous : "Réveillez-vous de votre torpeur! Vous êtes aveugles à cet égard! Vos paroles inconvenantes (selon la Torah) vous empêchent de vous attacher à la sainteté comme vous le devriez, et elles dressent une barrière entre vous et votre D."

Le roi David dit : "Vous souhaitez vous attacher à la vie éternelle, et vous vous empressez d’accomplir toutes les mitsvot. Pourtant, vous ne prenez pas la peine de rectifier vos paroles?"
C’est pourquoi il commence par : "Qui est l’homme qui désire la vie?" = qui est la personne qui souhaite mener une vie de sainteté dans ce monde?
Et "qui aime les jours où l’on voit le bien?" = cela fait référence au monde à Venir, où l’on trouvera la vie éternelle et la joie. Si l’on désire ces choses, alors il faut "garder sa langue du mal, et ses lèvres de toute parole trompeuse".
La vie que tu recherches dépend de toi ; lorsque tu surveilles attentivement tes paroles, l’énergie vitale, telle qu’elle s’exprime à travers ta parole sainte, éveille l’énergie vitale dans les mondes Supérieurs où le pouvoir de la parole trouve ses racines. C’est ainsi qu’une personne atteint la sainteté.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Mattot 30,2-3 ]