Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Vœu & pouvoir de notre parole

"Si un homme fait un vœu à Hachem ou prête serment pour établir une interdiction, il ne doit pas profaner sa parole" (Matot 30,3)

-> Par le vœu ou le serment qu’il a prononcé, il a édifié de grandes structures dans les mondes Supérieurs [et a rectifié et renforcé la Chékhina]. C’est pourquoi il doit veiller tout particulièrement à ne pas profaner sa parole.
S'il profane sa parole, il détruit tout ce qu’il a édifié dans les mondes Supérieurs. Car tout dépend de l’homme : par son pouvoir de parole, il édifie ou détruit ...

Une personne peut étudier la Torah, prier et faire des vœux et des serments pour accomplir les mitsvot. Pourtant, si elle ne se garde pas sur la place du marché, dans ses relations commerciales et dans ses paroles, en étant honnête et en agissant de bonne foi, le verset dit à propos d’une telle personne : "En vain le gardien veille" (Téhilim 127,1).
Sa Torah et sa prière sont vaines.

C’est analogue à une min'ha (une offrande de céréales) à Hachem qui doit être présentée dans un récipient pur ; si le récipient est impur, les deux sont rejetés.
La bouche est le récipient par lequel nous offrons nos paroles de Torah et de prière. Si elle est souillée par des propos inconvenants, et a fortiori par des mensonges et des tromperies, alors toutes les paroles de Torah et de prière prononcées par cette même bouche sont souillées et deviennent des abominations aux yeux de Hachem.
Les deux sont indissociables ; si une personne surveille sa bouche dans ses conversations quotidiennes, alors sa Torah et sa prière sont acceptées. Sinon, elles ne le sont pas.

Nous pouvons désormais comprendre le verset comme suit : Si une personne souhaite ériger des barrières par des serments et des vœux afin de renforcer sa Torah et ses mitsvot, alors "elle ne doit pas profaner sa parole" = tout ce qui sort de sa bouche dans les affaires profanes affectera les paroles sacrées qu’il prononce.
Lorsqu’il dit la vérité et que toutes ses actions sont sincères, alors ses paroles de Torah et de prière le seront également. Sinon, elles seront toutes nulles et non avenues.

C’est peut-être ce que le roi Salomon voulait dire lorsqu’il a déclaré : "Celui qui garde sa bouche et sa langue préserve son âme des ennuis" (Michlé 21,23). En d’autres termes, si une personne souhaite que ses prières et sa Torah soient acceptées, elle doit garder sa bouche de l’extérieur [dans la rue, lors de ses conversations quotidiennes] ; si sa bouche est souillée, alors sa Torah et sa prière sont une abomination.

Nous constatons que la guémara (Béra'hot 5b) désigne la prière par le terme "נפש" (néfech - âme), comme le dit le verset : "Celui qui déchire son âme dans sa colère" (Iyov 18,4).
La guémara commente que cela fait référence à une personne qui quitte la synagogue sans attendre que son ami ait fini de prier. [à cette époque, les synagogues se trouvaient en pleine campagne et il était dangereux de rentrer seul chez soi à pied. Si une personne se retrouvait seule pour terminer ses prières, elle perdait sa concentration, sa prière était "brisée", par crainte du trajet de retour. ]

Puisque la prière est appelée "âme", la Torah peut également être appelée "âme", car elles sont liées. En effet, il est tout à fait approprié que la Torah et la prière soient appelées "âme", car elles constituent la vie et l’âme d’une personne (juive).
Nous pouvons expliquer le verset "Celui qui garde sa bouche et sa langue" (cité plus haut) comme suit : si une personne garde comme il faut sa bouche et sa langue, si elle ne prononce ni mensonges, ni paroles trompeuses, ni bavardages inutiles, alors elle "préserve son âme des ennuis (problèmes)", et "son âme" fait référence à ses paroles de Torah et de prière. Elles ne seront pas rejetées, car elles sont intimement liées à son discours profane, comme nous l’avons mentionné plus haut.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Mattot 30,2-3]

<---->

-> issu du dvar Torah : https://todahm.com/2026/07/16/limportance-de-la-parole-par-le-abir-yaakov

Sainteté & notre parole

Le roi David nous met en garde : "Qui est l’homme qui désire la vie, qui aime les jours où l’on voit le bien? Garde ta langue du mal, et tes lèvres de toute parole trompeuse" (Téhilim 34,13-14).
Pourquoi le roi David a-t-il besoin de faire précéder "Garde ta langue, etc." de la phrase "Qui est l’homme qui désire la vie, etc."?

La réponse est que la plupart des gens ne se soucient pas de garder leur langue. Ils pensent : "Quelle importance ce que je dis? Quel mal peut bien venir de quelques mots?"
En réponse à de telles pensées, le roi David s’adresse à nous : "Réveillez-vous de votre torpeur! Vous êtes aveugles à cet égard! Vos paroles inconvenantes (selon la Torah) vous empêchent de vous attacher à la sainteté comme vous le devriez, et elles dressent une barrière entre vous et votre D."

Le roi David dit : "Vous souhaitez vous attacher à la vie éternelle, et vous vous empressez d’accomplir toutes les mitsvot. Pourtant, vous ne prenez pas la peine de rectifier vos paroles?"
C’est pourquoi il commence par : "Qui est l’homme qui désire la vie?" = qui est la personne qui souhaite mener une vie de sainteté dans ce monde?
Et "qui aime les jours où l’on voit le bien?" = cela fait référence au monde à Venir, où l’on trouvera la vie éternelle et la joie. Si l’on désire ces choses, alors il faut "garder sa langue du mal, et ses lèvres de toute parole trompeuse".
La vie que tu recherches dépend de toi ; lorsque tu surveilles attentivement tes paroles, l’énergie vitale, telle qu’elle s’exprime à travers ta parole sainte, éveille l’énergie vitale dans les mondes Supérieurs où le pouvoir de la parole trouve ses racines. C’est ainsi qu’une personne atteint la sainteté.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Mattot 30,2-3 ]

Accepter le daat des tsadikim

Rabbi Na'hman de Breslev dit que la principale raison pour laquelle nous nous éloignons d'Hachem est que nous nous fions à notre propre raisonnement logique. (Likouté Mohoran II,12)
Nous ne réalisons pas que la façon dont nous voyons le monde et nous-mêmes est loin de la réalité véritable. Cependant, il y a toujours un espoir incroyable.
Avec une grande miséricorde, Hachem nous envoie de formidables tsadikim qui se purifient des ténèbres de ce monde jusqu’à ce qu’ils puissent percevoir la vérité ultime.
Ensuite, ils nous révèlent cette vérité d’une manière qui peut nous aider dans toutes les situations possibles.
Par conséquent, la principale façon de faire téchouva est de rejeter notre propre séchel et de recevoir le daat des tsadikim.
[Likouté Mohoran I,123 ]

<--->

-> Le but des enseignements de la 'Hassidout (fondée par le Baal Chem Tov) est de nous faire prendre conscience que nous avons la capacité de faire venir le machia'h en parvenant à la conviction que Hachem est ici même avec nous, même dans l’incroyable amertume de l’exil.
Il est important pour nous de réaliser que lorsque le machia'h viendra, le monde entier aura exactement le même aspect qu’aujourd’hui. Ce qui changera, c’est notre façon de penser, en d’autres termes, la manière dont nous percevons le monde, les autres, nous-mêmes, ...
Notre esprit sera imprégné d’une conscience constante de la Providence divine.

Il est certain que les grands tsaddikim sont si profondément attachés à Hachem qu’ils possèdent déjà cette conscience, qui est un aspect du machia'h.
Grâce à cela, leur Torah a le pouvoir de nous sortir de notre obscurité et de nous rapprocher, nous aussi, de cet état d’esprit. Nous devrions donc cesser d’attendre passivement et prendre un nouveau départ en étudiant les livres des tsadikim, en discutant avec nos amis de leurs enseignements et en diffusant leur lumière aux quatre coins de la Terre.
[rav Nisan David Kivak]

Notre âme dépend du bien-être de notre corps

"Et Hachem forma l’homme de la poussière de la terre, et Il insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être vivant" (Bérechit 2,7)

=> Nous apprenons ici que oui, l’âme existe bel et bien ("souffle de vie"), mais que le corps vient en premier, ce qui lui confère une certaine priorité ; que le corps et l’âme, ensemble, font d’une personne "un être vivant" ; et que l’âme a elle aussi une certaine primauté, en ce qu’elle anime le corps et selon le principe du "le plus important vient en dernier" (a'haron a'haron 'haviv).
Cette dualité inhérente à l’être crée une tension qui conduit certaines personnes à minimiser l’importance du corps, voire à le négliger.

<--->

-> Un jour, alors qu'Hillel l’Ancien prenait congé de ses élèves, il continua à marcher avec eux [dans une direction différente de celle qu’il empruntait habituellement]. Ils lui dirent : "Rabbi, où vas-tu?"
Il répondit : "Accomplir une mitsva." Ils demandèrent : "Laquelle?"
Il répondit : "Me laver aux bains publics." Ils s’écrièrent : "Mais est-ce une mitsva?"
Il répondit : "Oui! Voyez comment la statue d’un roi, érigée dans les théâtres et les arènes, est frottée et maintenue propre ; on la garde, on lui donne à manger, et elle est même placée au rang des personnalités importantes du royaume. À plus forte raison moi, qui ai été créé bétsélem [à l'image du Roi des roi - Hachem] (je dois prendre soin de mon corps)!"
[midrach Vayikra raba 34,3]

=> Selon Hillel, le corps d'un juif a une vocation sacrée : il est le véhicule d’un être bétsélem (ayant une âme très élevée provenant de sous le Trône Divin. Tout juif héberge dans son corps une partie très haute et interne d'Hachem [infiniment plus sublime que celle présente chez les non-juifs]).

<--->

-> Le roi Shlomo écrit : "L'homme bon assure son propre bonheur" (gomel nafcho, ich 'hassed [חָסֶד] - Michlé 11,17)
Le midrach sur ce verset rapporte l’histoire de Hillel qui se rendait quotidiennement aux bains publics. Lorsque ses élèves lui demandèrent pourquoi il s’y rendait, il répondit qu’il était en route pour accomplir une mitsva. Face à leur perplexité, de quelle mitsva s’agissait-il?, il expliqua que prendre soin de son corps, qui était le véhicule par lequel il servait Hachem, était un impératif divin.

Le rav Shaya Karlinsky commente :
Nous avons l’habitude de considérer le 'hessed comme se limitant à ce que nous faisons pour les autres. Le roi Salomon le Roi et Hillel, s’appuyant sur le verset ci-dessus, nous enseignent que nous avons une obligation tout aussi impérieuse de faire preuve de 'hessed envers nous-mêmes et notre corps.
Selon Hillel le fait de prendre soin de son corps et une mitsva "impérative" (si le véhicule, corps, est bien entretenu alors le pilote, l'âme, peut naviguer sur la route de notre vie avec davantage d'efficacité et de confort).

<--->

-> Le Rambam (Messilat Yécharim III,27) écrit :
"L’homme possède deux perfections : une première perfection, qui est celle du corps, et une perfection ultime, qui est celle de l’âme. La première perfection consiste à être en bonne santé et dans le meilleur état physique possible ...
Une fois la première perfection atteinte, il est possible d’atteindre la perfection ultime, qui est indubitablement plus noble et constitue la seule cause de la préservation permanente."

=> Notre corps est un don précieux, plus précieux que la voiture la plus chère du monde, doté d’une vocation sacrée. L’apprécier comme un don qui mérite d’être chéri est le fondement de la santé et de la forme physique selon la Torah.
(le corps humain est d'une complexité et perfection total, signature de son Créateur, et de la confiance qu'Il a en nous l'octroyant dans un but élevé. )
Une âme a besoin d'un corps en bonne santé.

<--->

+ L'équilibre entre le corps et l'âme :

-> Le corps humain est si incroyablement stupéfiant qu’il n’est pas étonnant que certaines cultures et religions l’élèvent au rang d’objet de culte tandis que d’autres le dénigrent comme étant tout à fait profane.
La voie de la Torah est un équilibre : l’apprécier sans l’adorer, tout en le minimisant sans le sous-estimer.

-> En ce sens : après la mort, notre âme et notre corps se feront juger ensemble : https://todahm.com/2022/09/28/notre-ame-et-notre-corps-se-feront-juger-ensemble

<--->

-> Le corps et l’âme sont fusionnés dans un partenariat, l’un portant et l’autre guidant. Lorsque ce partenariat est harmonieux, le Béhéma (l'aspect animal, matériel) sert de véhicule au Bétselem (la partie divine en nous, l'âme).
[ex: parfois le véhicule a besoin de carburant, d'autre d'être au repos pour mieux repartir. Par ailleurs nous devons accepter aussi que ce véhicule n'est pas toujours au top, car parfois c'est ainsi qu'Hachem désire que nous le servions (sur cette partie du chemin de notre vie). Notre devoir est de faire de notre mieux, et de prier Hachem pour nous aider à avoir un véhicule fonctionnant au mieux. ]

-> Même si nous ne savons pas ce qu’est une âme (néchama), étant l’un des mystères de la Création puisque notre néchama décrite comme une " 'hélek Eloka" (partie de D.), est totalement pure et sublime et n’a rien à voir avec le monde physique, mais elle dépend néanmoins du corps.
C’est pourquoi il faut prendre soin de cet "hôte".
[rav Asher Zelig Weiss ]

-> Le 'Hafets 'Haïm (Déah véHachkafa - 387) enseigne :
"Le corps est comme un serviteur de l’âme, car c’est grâce à lui que la personne est capable d’accomplir la volonté divine en observant les mitsvot de la Torah ... ainsi, chaque membre d’une personne est capable d’acquérir le mérite des mitsvot de la Torah."

-> Nous ne pouvons imaginer à quel point le corps d’une personne est précieux aux yeux d'Hachem.
[rav Shnéour Zalman de Liadi ]

<--->

["chaque membre [du corps humain] d’une personne est capable d’acquérir le mérite des mitsvot de la Torah."
Le corps est au service de l'âme, et en un sens il bénéficie également de la nature précieuse de l'âme.
Comme une entité où les deux sont liés, avec le corps qui a aussi une finalité sacrée : être là pour donner le plus de force à l'expression dans le réel de notre divinité interne (âme).
La Torah appuie beaucoup sur la bonté avec autrui, mais il est tout aussi important de l'être avec soi-même pour répondre à nos manques/besoins nécessaires en terme physique, moral, émotionnel ... ]

<--->

-> Lorsque le corps est malade (physiquement, moralement), l’âme aussi est affaiblie, et on est incapable de prier correctement même lorsqu’on est pur de toute faute. Vous devez donc veiller très attentivement à la santé de votre corps.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 106]

<------------------>

-> b'h, sur la notion : d'être en bonne santé : https://todahm.com/category/z-divers/3-etre-en-bonne-sante

Il convient à toute personne craignant Hachem d’éprouver de la douleur face à la destruction du Temple. [Ora'h 'Haïm 1]
Une personne qui ne ressent aucune douleur face à la perte du Temple et face à toutes les souffrances du peuple juif devrait s’inquiéter pour elle-même. C’est le signe qu’elle se trouve en dehors du camp d’Israël. Elle devrait prier pour que, par la miséricorde d'Hachem, elle y soit ramenée, ressentir de la douleur face à ce qui leur manque et, par la suite, se réjouir de la reconstruction du Temple. ['Hidouché Harim - séfer Hazé'hout - p.61]

Une personne qui n’a pas de crainte du Ciel (yirat shamayim) ne sait pas pourquoi elle doit se lamenter, car elle estime que le monde est bon et qu’il ne lui manque rien. Seul un yaré shamayim peut ressentir qu’un monde sans le Temple est un monde détruit. [rav Wolbe - Alé Shour II, p.408]

La faute de ne pas avoir pleuré comme il se doit la destruction de Jérusalem est une raison suffisante pour justifier la longue durée de l’exil.
C’est la raison de toutes les destructions qui nous ont été infligées au cours de cet exil. [Yaavetz - Sidour Beit Yaakov - Ticha béAv]

9 Av & le lachon ara a coupé le flux de bénédiction du Temple

"Toute l’assemblée éleva la voix et pleura cette nuit-là" (Chéla'h Lé'ha 14,1)

-> Le peuple juif pleura en recevant le rapport négatif des explorateurs (méraglim) concernant la terre d'Israël.
Le Yalkout (Shimoni 744) dit que la date à laquelle le peuple juif pleura était le 9 Av. En réponse à leurs pleurs, Hachem dit : "Vous avez pleuré pour rien. En échange, je réserverai cette nuit comme une nuit de pleurs pour les générations futures."

Comme nous le savons, c’est à cette date que le premier et le deuxième Temple ont été détruits.
Le Zéra Shimshon pose la question suivante : quel est le lien entre la faute des explorateurs et la destruction du Temple?

Le Zéra Shimshon explique cela en clarifiant d’abord le verset suivant, qui fait référence à la destruction de Jérusalem et du Temple. Le verset dit : "La mort est montée par nos fenêtres, elle est entrée dans nos palais" (Yirmiyahou 9,20).
Le Zera Shimshon pose la question suivante : que signifie "la mort est montée par nos fenêtres" (ki ala mavét bé'haloténou)?

Pour comprendre cela, il cite le Touv Ha'aretz, qui explique en détail le processus ayant conduit à la destruction du Temple. Il écrit qu’au Ciel, directement au-dessus du Temple, se trouve une fenêtre, une ouverture. C’est par cette ouverture que tout le bien destiné à venir dans ce monde parvient au Temple, et de là, la bénédiction se répand à travers toute la terre d'Israël (puis dans le monde entier).
À l’époque du premier Temple, à mesure que les fauteurs se multipliaient, cette ouverture se refermait lentement ; plus précisément à cause de l’effet du souffle qui transportait les paroles de lachon ara.
Ce phénomène s’est poursuivi jusqu’au 9 Av, date à laquelle l’ouverture fut entièrement obstruée et où il n’y eut plus aucun flux de bénédiction, ce qui entraîna la destruction du Temple.

Sur cette base, le Zéra Shimshon explique que la signification de l’expression "la mort est montée par nos fenêtres" est très claire.
La mort et la destruction sont venues par "la fenêtre", car c’est avec sa fermeture que toute la destruction s’est produite.
Selon cette interprétation, lorsque la guémara (Yérouchalmi Péa 1,1) enseigne que le lachon ara prononcé en terre d'Israël tue quelqu’un à Rome, il ne s’agit plus d’une métaphore. Le lachon ara qui a bloqué le flux céleste de bénédictions a causé la mort partout, avec la destruction du Temple.

Pour en revenir au Yalkout, le Zéra Shimshon explique que, puisque la faute particulière qui a entraîné la destruction du Temple était le lachon ara, comme le montre le Touv Ha'aretz, et que c’était également la faute des explorateurs et du peuple juif qui a accepté leur lachon ara, Hachem a fait coïncider la destruction du Temple avec la même nuit où l’ensemble de la population juive s’était rendue coupable, des générations plus tôt, de lachon ara.

<----------->

-> "On peut dire qu’à chaque génération, l’homme doit se considérer comme s’il sortait lui-même de Jérusalem [suite à la destruction du Temple]"
[‘Hatam Sofer - drouch du 7 Av 5789]

-> "Toute génération qui n'est pas témoin de la reconstruction du Temple est considérée comme ayant causée sa destruction" (guémara Yérouchalmi Yoma 1,1).

=> On doit vivre le fait que ne pas assister à sa reconstruction, c'est comme vivre sa destruction, et la raison principale en est le souffle de notre lachon ara (chacun à son niveau), qui a tellement réduit le flux de bénédiction du Ciel, que le Temple ne peut pas être là.
Qu'Hachem nous aide à utiliser notre bouche pour le meilleur, pour de bonnes nouvelles, amen!

Le décès d’un tsadik n’expie qu’à une condition

"Et Miriam mourut, ... et il n’y avait plus d’eau pour la communauté (le puit de Miriam s'étant tari)" ('Houkat 20,1-2)

-> Les versets précédant le décès de Miriam évoquent la vache rousse et le processus par lequel ses cendres purifient ceux qui sont devenus impurs.
La guémara (Moéd Katan 28a) déduit de cette juxtaposition que, tout comme la vache rousse apporte la pureté, il en va de même pour la mort des justes (tsadikim).
La mort des justes expie les fautes du peuple juif.

Le Zéra Shimshon pose la question suivante : si la Torah voulait montrer que le décès des tsadikim expie les fautes, et qu’elle l’a fait en plaçant les détails concernant la Para Adouma (vache rousse) avant le décès de Miriam, pourquoi la Torah n’a-t-elle pas placé les lois relatives aux korbanot (sacrifices) ordinaires à côté de son décès?
Les korbanot ordinaires expient les fautes proprement dites, tandis que la vache rousse sert principalement à purifier une personne qui est devenue impure en entrant en contact avec un cadavre.
Si la Torah avait fait précéder le décès de Miriam par les lois relatives aux korbanot ordinaires, cette leçon aurait été présentée de manière bien plus marquée.

Le Zéra Shimshon explique que la mort d’une personne juste n’expie que si le peuple prend conscience que c’est à cause de ses fautes que le tsadik est décédé.
Si le décès d’un tsadik s’accompagne de repentance (téchouva), alors ce décès sert à expier. C’est pourquoi, même après le décès de Miriam, le puits s’est asséché. Bien qu’elle soit décédée et que cela aurait dû expier les fautes du peuple juif, et que, par conséquent, l’eau aurait dû continuer à couler, ce décès n’a pas suffi à apporter l’expiation et la bénédiction.
Il doit s’accompagner de la prise de conscience par le peuple que le tsadik quitte ce monde lorsque le peuple n’est plus digne de sa présence.

C’est pourquoi c’est précisément la vache rousse qui sert à enseigner cette leçon. [on reconnaît nos fautes par une téchouva sincères, ce qui génère une purification, à l'image de la vache rousse (qui rendait l'impur pur). ]

Il faut ajouter de l’eau aux cendres de la vache rousse pour qu’elles puissent purifier ce qui est impur. Les cendres seules ne suffisent pas à purifier quoi que ce soit.
Il en va de même pour le décès des tsadikim. Leur décès à lui seul ne suffit pas à apporter le pardon, et par conséquent, la bénédiction. Au contraire, si leur décès n’est pas accompagné de repentance (téchouva), le mal peut s’ensuivre.
[Zéra Shimshon]

<--->

=> le décès d’un tsadik n’expire que si le peuple prend conscience que son décès est un message lui invoquant de se repentir.

Se réjouir de notre proximité avec Hachem

"Noa'h l’homme de la terre, s’est abaissé et a planté une vigne" (Noa'h 9,20)

-> Rachi commente : "Il s’est profané ('houlin), car il aurait dû d’abord se consacrer à un autre type de plantation."

=> En quoi le fait que Noa'h ait d’abord planté une vigne était-il si grave, au point de le faire passer du statut de tsaddik à celui de 'houlin, de profane?

Le rav Israel Moché Dushinsky, donne l'explication suivante.
Il semble que Noa'h ait appliqué à lui-même le verset (Michlé 31,6) : "Donne une boisson forte à celui qui est dans la détresse, et du vin à ceux dont l'âme est amère."

Après avoir quitté l'Arche et découvert le monde détruit, Noa'h était triste, et c’est pour cela qu’on le critique. Pourquoi avait-il besoin de se réjouir avec du vin?
Un tsadik de son envergure aurait dû se réjouir en s’attachant à Hachem, au point de ressentir tant de plaisir et de joie qu’il n’aurait pas eu besoin de vin du tout.
C’est ce que signifie le fait que Noa'h se soit rendu 'houlin (profane). S’il avait entièrement sanctifié sa vie pour Hachem, il n’aurait pas eu besoin de vin pour être joyeux.

En ce qui concerne la prière spéciale de la Hachkava récitée pour un défunt, comme il est d’usage dans de nombreuses communautés séfarades : mon maître (le Arizal) s’en moquait et disait : "Non seulement cela n'élève pas l’âme du défunt, mais dans certains cas, cela l’abaisse même si le défunt ne méritait pas une telle prière (si les mots élogieux ne sont pas en minimum en adéquation avec la réalité)."
[rav 'Haïm Vital - Shaar HaMitsvot 49 ]

<--->

[il s'agit surtout du fait de dire des propos qui sont beaucoup trop exagérés, voir non réels sur le défunt. Le risque est qu'au Ciel on regarde avec plus de rigueur le dossier de celui qu'on présente comme une si grande personne (un tsadik étant jugé sur l'épaisseur d'un cheveu!).]

Les téfillin transforment notre perception. Ils ont la capacité spirituelle d’imprimer l’essence des mots écrits à l’intérieur des tefillin sur l’âme de ceux qui les portent. Les lettres se gravent dans l’essence même de l’âme.
L’essence spirituelle intérieure, qui est le but de ces passages de la Torah contenus dans les tefillin, contribue chaque jour à façonner l’âme juive. Elle forge les attitudes uniques du peuple juif. Elle contribue à donner une forme et une couleur uniques à tous les aspects de la vie, à la vie de l’âme, à la moralité et à l’essence juive tout entière.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 1:161 ]