Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Il convient à toute personne craignant Hachem d’éprouver de la douleur face à la destruction du Temple. [Ora'h 'Haïm 1]
Une personne qui ne ressent aucune douleur face à la perte du Temple et face à toutes les souffrances du peuple juif devrait s’inquiéter pour elle-même. C’est le signe qu’elle se trouve en dehors du camp d’Israël. Elle devrait prier pour que, par la miséricorde d'Hachem, elle y soit ramenée, ressentir de la douleur face à ce qui leur manque et, par la suite, se réjouir de la reconstruction du Temple. ['Hidouché Harim - séfer Hazé'hout - p.61]

Une personne qui n’a pas de crainte du Ciel (yirat shamayim) ne sait pas pourquoi elle doit se lamenter, car elle estime que le monde est bon et qu’il ne lui manque rien. Seul un yaré shamayim peut ressentir qu’un monde sans le Temple est un monde détruit. [rav Wolbe - Alé Shour II, p.408]

La faute de ne pas avoir pleuré comme il se doit la destruction de Jérusalem est une raison suffisante pour justifier la longue durée de l’exil.
C’est la raison de toutes les destructions qui nous ont été infligées au cours de cet exil. [Yaavetz - Sidour Beit Yaakov - Ticha béAv]

9 Av & le lachon ara a coupé le flux de bénédiction du Temple

"Toute l’assemblée éleva la voix et pleura cette nuit-là" (Chéla'h Lé'ha 14,1)

-> Le peuple juif pleura en recevant le rapport négatif des explorateurs (méraglim) concernant la terre d'Israël.
Le Yalkout (Shimoni 744) dit que la date à laquelle le peuple juif pleura était le 9 Av. En réponse à leurs pleurs, Hachem dit : "Vous avez pleuré pour rien. En échange, je réserverai cette nuit comme une nuit de pleurs pour les générations futures."

Comme nous le savons, c’est à cette date que le premier et le deuxième Temple ont été détruits.
Le Zéra Shimshon pose la question suivante : quel est le lien entre la faute des explorateurs et la destruction du Temple?

Le Zéra Shimshon explique cela en clarifiant d’abord le verset suivant, qui fait référence à la destruction de Jérusalem et du Temple. Le verset dit : "La mort est montée par nos fenêtres, elle est entrée dans nos palais" (Yirmiyahou 9,20).
Le Zera Shimshon pose la question suivante : que signifie "la mort est montée par nos fenêtres" (ki ala mavét bé'haloténou)?

Pour comprendre cela, il cite le Touv Ha'aretz, qui explique en détail le processus ayant conduit à la destruction du Temple. Il écrit qu’au Ciel, directement au-dessus du Temple, se trouve une fenêtre, une ouverture. C’est par cette ouverture que tout le bien destiné à venir dans ce monde parvient au Temple, et de là, la bénédiction se répand à travers toute la terre d'Israël (puis dans le monde entier).
À l’époque du premier Temple, à mesure que les fauteurs se multipliaient, cette ouverture se refermait lentement ; plus précisément à cause de l’effet du souffle qui transportait les paroles de lachon ara.
Ce phénomène s’est poursuivi jusqu’au 9 Av, date à laquelle l’ouverture fut entièrement obstruée et où il n’y eut plus aucun flux de bénédiction, ce qui entraîna la destruction du Temple.

Sur cette base, le Zéra Shimshon explique que la signification de l’expression "la mort est montée par nos fenêtres" est très claire.
La mort et la destruction sont venues par "la fenêtre", car c’est avec sa fermeture que toute la destruction s’est produite.
Selon cette interprétation, lorsque la guémara (Yérouchalmi Péa 1,1) enseigne que le lachon ara prononcé en terre d'Israël tue quelqu’un à Rome, il ne s’agit plus d’une métaphore. Le lachon ara qui a bloqué le flux céleste de bénédictions a causé la mort partout, avec la destruction du Temple.

Pour en revenir au Yalkout, le Zéra Shimshon explique que, puisque la faute particulière qui a entraîné la destruction du Temple était le lachon ara, comme le montre le Touv Ha'aretz, et que c’était également la faute des explorateurs et du peuple juif qui a accepté leur lachon ara, Hachem a fait coïncider la destruction du Temple avec la même nuit où l’ensemble de la population juive s’était rendue coupable, des générations plus tôt, de lachon ara.

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-> "On peut dire qu’à chaque génération, l’homme doit se considérer comme s’il sortait lui-même de Jérusalem [suite à la destruction du Temple]"
[‘Hatam Sofer - drouch du 7 Av 5789]

-> "Toute génération qui n'est pas témoin de la reconstruction du Temple est considérée comme ayant causée sa destruction" (guémara Yérouchalmi Yoma 1,1).

=> On doit vivre le fait que ne pas assister à sa reconstruction, c'est comme vivre sa destruction, et la raison principale en est le souffle de notre lachon ara (chacun à son niveau), qui a tellement réduit le flux de bénédiction du Ciel, que le Temple ne peut pas être là.
Qu'Hachem nous aide à utiliser notre bouche pour le meilleur, pour de bonnes nouvelles, amen!

Le décès d’un tsadik n’expie qu’à une condition

"Et Miriam mourut, ... et il n’y avait plus d’eau pour la communauté (le puit de Miriam s'étant tari)" ('Houkat 20,1-2)

-> Les versets précédant le décès de Miriam évoquent la vache rousse et le processus par lequel ses cendres purifient ceux qui sont devenus impurs.
La guémara (Moéd Katan 28a) déduit de cette juxtaposition que, tout comme la vache rousse apporte la pureté, il en va de même pour la mort des justes (tsadikim).
La mort des justes expie les fautes du peuple juif.

Le Zéra Shimshon pose la question suivante : si la Torah voulait montrer que le décès des tsadikim expie les fautes, et qu’elle l’a fait en plaçant les détails concernant la Para Adouma (vache rousse) avant le décès de Miriam, pourquoi la Torah n’a-t-elle pas placé les lois relatives aux korbanot (sacrifices) ordinaires à côté de son décès?
Les korbanot ordinaires expient les fautes proprement dites, tandis que la vache rousse sert principalement à purifier une personne qui est devenue impure en entrant en contact avec un cadavre.
Si la Torah avait fait précéder le décès de Miriam par les lois relatives aux korbanot ordinaires, cette leçon aurait été présentée de manière bien plus marquée.

Le Zéra Shimshon explique que la mort d’une personne juste n’expie que si le peuple prend conscience que c’est à cause de ses fautes que le tsadik est décédé.
Si le décès d’un tsadik s’accompagne de repentance (téchouva), alors ce décès sert à expier. C’est pourquoi, même après le décès de Miriam, le puits s’est asséché. Bien qu’elle soit décédée et que cela aurait dû expier les fautes du peuple juif, et que, par conséquent, l’eau aurait dû continuer à couler, ce décès n’a pas suffi à apporter l’expiation et la bénédiction.
Il doit s’accompagner de la prise de conscience par le peuple que le tsadik quitte ce monde lorsque le peuple n’est plus digne de sa présence.

C’est pourquoi c’est précisément la vache rousse qui sert à enseigner cette leçon. [on reconnaît nos fautes par une téchouva sincères, ce qui génère une purification, à l'image de la vache rousse (qui rendait l'impur pur). ]

Il faut ajouter de l’eau aux cendres de la vache rousse pour qu’elles puissent purifier ce qui est impur. Les cendres seules ne suffisent pas à purifier quoi que ce soit.
Il en va de même pour le décès des tsadikim. Leur décès à lui seul ne suffit pas à apporter le pardon, et par conséquent, la bénédiction. Au contraire, si leur décès n’est pas accompagné de repentance (téchouva), le mal peut s’ensuivre.
[Zéra Shimshon]

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=> le décès d’un tsadik n’expire que si le peuple prend conscience que son décès est un message lui invoquant de se repentir.

Se réjouir de notre proximité avec Hachem

"Noa'h l’homme de la terre, s’est abaissé et a planté une vigne" (Noa'h 9,20)

-> Rachi commente : "Il s’est profané ('houlin), car il aurait dû d’abord se consacrer à un autre type de plantation."

=> En quoi le fait que Noa'h ait d’abord planté une vigne était-il si grave, au point de le faire passer du statut de tsaddik à celui de 'houlin, de profane?

Le rav Israel Moché Dushinsky, donne l'explication suivante.
Il semble que Noa'h ait appliqué à lui-même le verset (Michlé 31,6) : "Donne une boisson forte à celui qui est dans la détresse, et du vin à ceux dont l'âme est amère."

Après avoir quitté l'Arche et découvert le monde détruit, Noa'h était triste, et c’est pour cela qu’on le critique. Pourquoi avait-il besoin de se réjouir avec du vin?
Un tsadik de son envergure aurait dû se réjouir en s’attachant à Hachem, au point de ressentir tant de plaisir et de joie qu’il n’aurait pas eu besoin de vin du tout.
C’est ce que signifie le fait que Noa'h se soit rendu 'houlin (profane). S’il avait entièrement sanctifié sa vie pour Hachem, il n’aurait pas eu besoin de vin pour être joyeux.

En ce qui concerne la prière spéciale de la Hachkava récitée pour un défunt, comme il est d’usage dans de nombreuses communautés séfarades : mon maître (le Arizal) s’en moquait et disait : "Non seulement cela n'élève pas l’âme du défunt, mais dans certains cas, cela l’abaisse même si le défunt ne méritait pas une telle prière (si les mots élogieux ne sont pas en minimum en adéquation avec la réalité)."
[rav 'Haïm Vital - Shaar HaMitsvot 49 ]

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[il s'agit surtout du fait de dire des propos qui sont beaucoup trop exagérés, voir non réels sur le défunt. Le risque est qu'au Ciel on regarde avec plus de rigueur le dossier de celui qu'on présente comme une si grande personne (un tsadik étant jugé sur l'épaisseur d'un cheveu!).]

Les téfillin transforment notre perception. Ils ont la capacité spirituelle d’imprimer l’essence des mots écrits à l’intérieur des tefillin sur l’âme de ceux qui les portent. Les lettres se gravent dans l’essence même de l’âme.
L’essence spirituelle intérieure, qui est le but de ces passages de la Torah contenus dans les tefillin, contribue chaque jour à façonner l’âme juive. Elle forge les attitudes uniques du peuple juif. Elle contribue à donner une forme et une couleur uniques à tous les aspects de la vie, à la vie de l’âme, à la moralité et à l’essence juive tout entière.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 1:161 ]

Guéoula & Tou Bichevat

-> Nos Sages nous enseignent que nous avons été délivrés d'Egypte au cours du mois de Nissan et que nous serons également délivrés de notre exil actuel au cours du mois de Nissan.
Cet enseignement suit l'opinion de rabbi Yéhochoua selon laquelle le monde a été créé au mois de Nissan. Selon cette opinion, Adam a été créé le premier jour de Nissan, et le premier jour réel de la Création était le 25e jour d'Adar.
On peut donc supposer que le début du processus de Rédemption (guéoula) n'aura pas à attendre le début du mois de Nissan, mais qu'il aura déjà commencé le 25e jour d'Adar.
Comme ce qui se réalise est conçu 40 jours auparavant (40 jours de formation de l’embryon), c'est 40 jours avant le début de la guéoula que l'idée de délivrer le peuple juif surgira dans l'esprit d'Hachem.
Or, 40 jours avant le 25e jour du mois d'Adar, c'est Tou Bichvat.

Le rabbi de Rouzhin écrit que Tou Bichvat est le kéter (la couronne), des jours de la Rédemption (yémé haGéoula).

Il est de coutume de consommer des fruits à Tou Bichvat car, comme nous le dit la guémara (Sanhédrin 98a), le signe le plus fiable de la venue du machia'h est la prolifération et l'amélioration des fruits provenant de la terre d'Israël.
Tou Bichvat est le moment où nous pouvons avoir le pressentiment que la Rédemption est proche. Le processus définitif de la Guéoula a commencé. C'est une occasion spéciale d'aspirer à la guéoula.

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-> Rabbi Abba dit : "Il n’y a pas plus clair signe de la fin des temps que ce verset : "Et vous, Oh montagnes d’Israël, laissez grandir vos branches et laissez pousser vos fruits pour Mon peuple Israël, car leur venue s’approche." (Yé'hézkel 36,8).
[guémara Sanhédrin 98a]

Rachi d'expliquer : "Lorsque la terre d'Israël produira ses fruits en abondance, la fin sera proche, et il n’y pas de signe plus clair de la fin des temps".

[à Tou biChevat pour vivre cette réalité (que le machia'h est si proche en atteste les fruits d'Israël), nous voyons et goûtons de tels fruits. C'est une réalité concrète, le machia'h arrive immanent. Et une telle émouna renforcée est un mérite accélérant sa venue. ]

‘Hanoucca = première miracle de la guéoula

+ 'Hanoucca = première miracle de la guéoula :

-> Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - 'Hanoucca) écrit que le mot חנכה ('Hanoucca) est une allusion à l'inauguration du Temple ('hanoukat habayit) qui aura lieu dans le futur, lorsque nous mériterons le 3e Temple.
'Hanoucca dure huit jours. Le chiffre huit représente ce qui est au-delà de la nature (lémaala min hatéva). 'Hanoucca reflète bien ce symbolisme, car c'est le moment désigné pour inaugurer l'ère du machia'h (nouvelle ère).

-> La guémara (Yoma 29a) aborde la raison pour laquelle Esther a été comparée à l'ayélet hachakhar, l'étoile du matin (la lueur de l'aube). Tout comme l'étoile du matin marque la fin de la nuit, Pourim était le dernier des nissim (miracles), qu'Hachem a accomplis pour le peuple juif dans l'obscurité de l'exil.
Comment le Talmud peut-il dire que Pourim était le dernier des miracles, alors que Hanoucca vient après Pourim?
Le Sfat Emet ('Hanoucca תר"מ) explique qu'en réalité, 'Hanoucca n'est pas le dernier miracle de la galout (exil), mais le premier miracle de l'ère de la Rédemption (guéoula). C'est la première lueur de l'aube d'une nouvelle ère. Il représente le premier miracle de la guéoula finale, des jours du machia'h (yémé hamachia'h).

"Celui qui sacrifie aux dieux sera détruit ; [sacrifiez] uniquement à Hachem. Vous ne raillerez ni n'opprimerez l'étranger, car vous avez été étrangers au pays d'Égypte" (Michpatim 22,19-20)

-> La juxtaposition de ces deux versets implique ce qui suit : une personne qui se convertit était auparavant idolâtre. Le peuple juif doit veiller à ne pas la railler en lui disant : "Hier encore, tu étais idolâtre, et aujourd'hui, tu veux te placer sous l'aile protectrice de la Chékhina!"
Car, comme le dit la guémara (Baba Métsia 105b) : "Ne critique pas ton prochain pour un défaut que tu possèdes toi-même". Lorsque le peuple juif était en Egypte, il était également idolâtre.

"Il envoya les lettres à tous les juifs qui se trouvaient dans toutes les provinces du roi A'hachvéroch, les proches et les lointains" (Esther 9,20).

-> La Méguila note que Mordé'haï a envoyé des lettres à tous les juifs de l'empire, même ceux qui étaient loin.
La Méguila mentionne cela pour souligner que même si les juifs des coins reculés de l'empire n'avaient pas souffert du décret dans la même mesure que ceux qui vivaient près de Shoushan, puisque les lettres d'Haman n'avaient probablement pas atteint les provinces éloignées dans les quelques jours qui s'étaient écoulés entre la rédaction du décret et l'exécution d'Haman, tous les juifs se réjouirent néanmoins ensemble et acceptèrent la nouvelle fête, afin de remercier Hachem de leur délivrance.
[rav 'Haïm Kanievsky]